Archives par mot-clef : Maurice Bedel

27.9.1916. Le vent secoue la toile de mon marabout

Camp d’Aïn-Leuh -27 septembre 16-
Le vent secoue la toile de mon marabout, un vent froid, sec, que la poussière rouge rend tangible. Sous une tente voisine, un Marocain accompagne sa monotone et plaintive mélopée en tapant du tam-tam sur un tambourin. D’autres Marocains s’interpellent dans leur rude langage chargé de gutturales… Une sentinelle, le […]

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2 septembre 1916. « Vous êtes relevé du front pour partir au Maroc »

2 septembre Schluchtmatt
« …Allô ? Docteur Bedel ? – Oui. – On vous avertit de Gérardmer que vous êtes relevé du front pour partir au Maroc. Votre ordre de départ vous sera envoyé demain… »
La nouvelle, tant attendue, tombe comme une torpille dans ma sérénité.
Hé quoi ? Je vais donc vous quitter pour toujours – pour toujours ?- […]

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29 août 1916. Les Allemands se sont plu à mêler aujourd’hui le tonnerre de leurs obusiers aux tonnerres de la foudre

29 août 1916.

Les Allemands, qui ne négligent jamais une occasion de s’affirmer wagnériens, se sont plu à mêler aujourd’hui le tonnerre de leurs obusiers aux tonnerres de la foudre. Ce fut un grand concert de basses. Les arbres en firent les frais : abattus par les tourbillons de l’orage ou par le choc puissant des […]

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28 août 1916. « LA ROUMANIE A DECLARE LA GUERRE A L’AUTRICHE »

28 août 1916.  Schluchtmatt
Au petit jour, il en passe toujours, des isolés par petits groupes dolents sous la pluie battante. Un médecin – le médecin de ce troupeau- entre dans le poste pour se mettre à l’abri un instant. C’est un gros homme à barbiche noire. Il souffle et crache. Il me parle. Je […]

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27 août 1916. Les blessés continuent d’affluer

27 août 1916. Schluchtmatt
Les blessés continuent d’affluer. Depuis ce matin le Reichackerkopft subit un incroyable crapouillotage de la part des Allemands. On voit s’élever, sans répit, des tranchées françaises les énormes choux-fleurs noirâtres, jaunâtres, blanchâtres des minen, fumées mélangées de mottes de terre, de quartiers de roches. Le vacarme est assourdissant.
Il me vient d’abord […]

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26 août 1916. un homme du 253 a les deux yeux enlevés, un bras brisé et la mâchoire démolie

26 août 1916. Schluchtmatt
Parmi les blessés d’aujourd’hui, un homme du 253 a les deux yeux enlevés, un bras brisé et la mâchoire démolie. Eclats de torpille. Il gît là, à mes pieds, sur le plancher ensanglanté de mon poste. Il gémit avec son accent méridional si tragique en la circonstance : « Ah !…Ah !… Hélasse !… Monsieur le doqueteurre !… […]

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25 août 1916. Je ne puis guère bouger de mon poste de secours.

25 août 1916. Schluchtmatt
Je ne puis guère bouger de mon poste de secours. Les blessés sont ici plus nombreux qu’à Schiessroth. Ma journée se passe en tête-à-tête avec les noirs sapins du Silber-Wald. Pas gai ce tête-à-tête.

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23-24 août 1916. Peu de blessés.

23-24 août 1916. Schluchtmatt
Peu de blessés. Des méridionaux du 253ème, geignards et exagérés, qui poussent des cris gutturaux à la vue de mon bistouri et de mes pinces. […] Surtout des blessés par crapouillots. A Ampfersbach le crapouillotage continue assez violent. Je vois les ruines lamentables de ce joli village s’effondrer chaque jour davantage. Il reste […]

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22 août 1916. Je remplace pour quelques jours Morancé, absent

22 août 1916. Poste de secours de Schluchtmatt
Je remplace pour quelques jours Morancé, absent, à son poste de Schluchtmatt. C’est une petite baraque en rondins, semblable à toutes les petites baraques du secteur. Seulement à l’intérieur il règne un luxe inusité et qui s’explique par la proximité des ruines de l’hôtel de l’Altenberg. Je […]

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2 au 16 août 1916. Quand il fait très beau c’est vraiment très beau, l’Alsace.

2 au 16 août 1916.
Il fait très beau. Quand il fait très beau c’est vraiment très beau, l’Alsace.
Je vais, je viens, je furète partout, je passe une journée à Metzeral dans les ruines puantes, une journée à Mittlach qui reçoit depuis quelque temps de sévères bombardements (un infirmier tué l’autre jour dans […]

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