Archives par mot-clef : Maurice Bedel

20 mars 1915. Ce sont vraiment ici les gorges de l’Enfer.

20 mars 1915. Wargemoulin
Ce sont vraiment ici les gorges de l’Enfer. D’ailleurs peut-on entrer au royaume des ténèbres autrement que par d’étroits et sombres boyaux ? Le soleil lui-même ne peut faire prendre pour réel son éclat. L’alouette a la voix fausse, l’alouette qui tirelire au-dessus des cadavres, séduite par le scintillement des boutons de […]

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19 mars 1915. Voici le cas que fait le communiqué de notre succès du 16.

19 mars 1915. Wargemoulin
Voici le cas que fait le communiqué de notre succès du 16 :
« Au nord de Mesnil, la position conquise hier, 16 mars, a plus d’importance encore que ne l’indiquait le communiqué précédent.
En fait, nous nous sommes emparés de la crête militaire à l’ouest de la croupe 196 sur une longueur […]

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18 mars 1915. Il tombe de gros obus.

18 mars 1915. Wargemoulin
Il tombe de gros obus. Il passe des blessés par petits paquets lamentables. Des zouaves auto-mutilés, sinistres arsouilles qui ne savent même pas mentir. Il en arrive trois ensemble : ils me content qu’ils se sont perdus dans les boyaux après avoir été blessés et qu’ils n’ont pu trouver Mesnil-les-Hurlus. L’un a […]

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17 mars 1915. Petit jour. Tambourinade de 75 contre une contre-attaque allemande, arrêtée net

17 mars 1915. Mesnil les Hurlus
Petit jour. Tambourinade de 75 contre une contre-attaque allemande, arrêtée net. Le fortin reste à nous. Il est spacieux, sept ou huit mètres carrés, un toit de 8 ou 10m d’épaisseur. A l’intérieur, des mitrailleuses, lance-bombes et autres joujoux. Aussi des saucisses, du rhum, des cigarettes, une machine aérifère, […]

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15 mars 1915. Je passe ma journée à me reposer sous les marmites de Wargemoulin.

15 mars 1915. Wargemoulin
Je passe ma journée à me reposer sous les marmites de Wargemoulin. Elles arrivent par trois, tuant, ravageant. Deux chevaux sont tués. Neuf hommes tués et blessés par un seul obus tombé sur le toit de la grange voisine de celle où reposent nos blessés.
Les blessés défilent. Le capitaine Bachelrie1 […]

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14 mars 1915. Je monte, avec mon bras en écharpe, jusqu’à la tranchée d’attaque

14 mars 1915. Mesnil les Hurlus
Je monte, avec mon bras en écharpe, jusqu’à la tranchée d’attaque de cette nuit relever avec Cobigo les blessés restés là. Déjà on marche sur eux, on les achève d’un coup de pied involontaire. Des troupiers silencieux, efflanqués, vidés, sont là dans ce coin d’enfer au milieu des cadavres […]

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13 mars 1915. Oh ! la guerre, la guerre…

13 mars 1915. Le Mesnil-les-Hurlus (Marne)
Oh ! la guerre, la guerre… Journée d’horreur, d’anéantissement, de dégoût de vivre par certitude de mourir.
Perthes, Mesnil, Beauséjour, noms célèbres dans les communiqués, pays de la tragédie qu’aucune imagination n’avait jamais prévue.
Dans la nuit, à 10h, nous quittons Laval. Marche lente, coupée d’arrêts perpétuels sur la route, […]

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12 mars 1915. Ah ! L’épouvantable cloaque !

12 mars 1915. Laval-sur-Tourbe
… Sur Tourbe ! Et comment !…
Ah ! L’épouvantable cloaque !
Imaginez du fumier liquéfié. Sur cette liqueur des loques rouges, des loques bleues, des pains, de la viande, des bouteilles… On enfonce là-dedans jusqu’au-dessus des chevilles. Dans ce hangar, où gisait déjà le cadavre éparpillé d’un cheval, une énorme flaque de sang mêlée […]

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11 mars 1915. Ce bivouac est hors de description

11 mars 1915 –Somme-Tourbe
Ce bivouac est hors de description : imaginez un vaste champ de boue de deux ou trois kilomètres carrés, quelques paillottes, quelques gourbis en branchages de pins, un ensemble de misère, de saleté et de tristesse indescriptible. Dans cette boue, des os, des pains moisis, des bouteilles vides, des cercles de tonneaux, […]

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10 mars 1915. Vingt kilomètres de Champagne pouilleuse avec de la neige sur le nez et des convois sur les pieds.

10 mars 1915. Somme-Tourbe (Marne)

Vingt kilomètres de Champagne pouilleuse avec de la neige sur le nez et des convois sur les pieds.
Arrivée à la nuit tombante dans un village absolument rasé, sans traces de maisons autres que des tas de briques. Dans les champs dévastés on a élevé quelques gourbis en […]

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