Archives de catégorie : Un Goncourt dans la Grande Guerre

23 juin 1915. Hélas ! mon pauvre ami Cordonnier est tué.

23 juin 1915.
Cordonnier (à gauche) sur la photo que Bedel avait faite de la popote du 2e bataillon
Hélas ! mon pauvre ami Cordonnier est tué.
Ah ! ’était fatal. Ce qui devait arriver est arrivé. A la bataille de Montigny, en septembre, j’avais passé plusieurs heures d’angoisse, disant à Caussade : « Je suis persuadé que Cordonnier est […]

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13-18 juin 1915. Je passe quelques jours à Paris.

13-18 juin 1915.
Je passe quelques jours à Paris. Tristesse dans ces jours : l’oncle d’Orbigny se meurt. Dans sa grande barbe blanche, le teint jaune, le visage décharné, il est terrifiant comme une apparition. Son délire l’entraîne dans la colère. Et la colère de ce vieillard est douloureuse comme un drame. La tante épouvantée n’ose […]

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9 juin 1915. Une lettre de Cordonnier m’apprend que je suis décoré de la Légion d’honneur.

9 juin 1915. La Génauraie, Thuré

Une lettre de Cordonnier m’apprend que je suis décoré de la Légion d’honneur. Quelle joie ! Vite un ruban pour ma boutonnière. Et je suis fier comme jamais je ne l’ai été dans ma vie.

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8 juin 1915. Je voudrais être ici. Je n’y suis pas.

8 juin (1915) La Génauraie, Thuré

Je voudrais être ici. Je n’y suis pas. Je suis là-bas, sur les pentes ravagées d’un plateau célèbre. Je suis blanc de la boue de L’Artois, dans les boyaux de Notre-Dame de Lorette. Les roses d’ici sont trop roses, le sable est trop doux à mes pieds, le vent […]

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29 mai 1915. Ce n’est plus la guerre.

29 mai 1915. La Genauraie1
Ce n’est plus la guerre.
Après plusieurs mois de silence, le cahier de 1914 resté à la Genauraie, qu’il avait abandonné pour commencer son Journal de route et que sa femme avait continué d’août à la fin décembre 1914, reprend vie.
L’été est revenu et moi je suis venu… Entre l’hiver […]

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28 mai 1915. Je quitte Lyon

28 mai 1915. Lyon
Je quitte Lyon avec un congé de deux mois et un œil aveugle.

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26 mai 1915. Je quitte l’hôpital des Anglais.

26 mai 1915. Lyon
Je quitte l’hôpital des Anglais.
Pour satisfaire aux exigences de l’Administration, il faut que je passe quelques jours dans un dépôt de convalescents avant de partir en congé de convalescence.
Ce dépôt est virtuellement installé dans les bâtiments de l’ex-Exposition. En réalité je passe ces trois jours avec le capitaine Le Folcalvez […]

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23 mai 1915. Oui, l’Italie intervient et déclare la guerre à l’Autriche.

23 mai 1915. Lyon
Oui, l’Italie intervient et déclare la guerre à l’Autriche.
A Lyon, il y a 70.000 Italiens. Ils manifestent bruyamment leur joie d’avant-guerre. Ils seront moins joyeux dans quelques jours quand ils sauront ce que c’est…
J’ai des nouvelles du régiment. Le colonel m’écrit le vide que fait mon absence !…* Le régiment est […]

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16-20 mai 1915. Je vais mieux. Les vertiges disparaissent.

16-20 mai 1915.

Je vais mieux. Les vertiges disparaissent. Il me reste une tache rouge devant l’œil gauche : elle fait un huit monumental qui s’interpose entre la beauté des choses et moi. Je porte un bandeau noir sur l’œil. Je ressemble à Neipperg.
Une lettre de Madame Roederer : Roederer est interné à Ingolstadt, fort n°8. […]

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15 mai 1915. Nous sommes ici une vingtaine d’officiers.

15 mai 1915.  Lyon (Point-du-Jour)
Nous sommes ici une vingtaine d’officiers. Je suis le seul blessé. Les autres soignent de vagues entérites, de lointaines gastralgies, d’improbables rhumatismes. Ils ont un état d’esprit déconcertant, songent à des convalescences de plusieurs mois, parlent de la guerre comme d’une chose éloignée à jamais de leurs préoccupations.
La liberté […]

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