Archives par mot-clef : Maurice Bedel

11 février 1916. Il neige, il neige.

Il neige, il neige.
On me donne quatre équipes de skieurs norvégiens pour la relève et le transport de mes blessés et de mes malades.
Ils sont là seize jeunes gens vigoureux, élégants et souples, tous hommes du monde, amis fervents de le France, dont la plupart parlent la langue. Ils sont patronnés […]

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10 février 1916. Il neige sans arrêt.

10 février 1916.
Il neige sans arrêt. La forêt s’alourdit sous son blanc ouatage. La route de la Schlucht constamment obstruée accapare toutes les troupes disponibles du secteur et l’on voit des centaines d’hommes vêtus de peaux de moutons, de peaux de chèvres, de peaux de veaux pelleter la neige et la rejeter dans le […]

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9 février 1916. Avec un traîneau à chiens, nous avons fait un parcours d’une vingtaine de kilomètres

9 février 1916.
Avec un traîneau à chiens que tantôt Haas, tantôt moi nous conduisons, nous avons fait cet après-midi un parcours d’une vingtaine de kilomètres par Gazon-Martin, le Reichberg, le col de Luspach, le Rudlin, le Valtin et retour de ce dernier village au Taneck. Entre le Rudlin et le Valtin la neige de […]

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8 février 1916. les Allemands ont bombardé la route de Munster

8 février 1916.
Pendant toute la matinée les Allemands ont bombardé la route de Munster au-dessous de l’hôtel de l’Altenberg, arrêtant toute circulation et nous tuant… quatre mulets. Les pauvres sapins sont dans un état lamentable et ma belle forêt de l’Altenberg où j’aime tant me promener devient une sinistre clairière. C’est de la faute […]

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4 au 6 février 1916. Vie de paresse et de farniente

4- 5- 6 février
Vie de paresse et de farniente en attendant quelque chose, n’importe quoi, un combat, un incendie, un marmitage.
Le temps est beau. Le soleil est chaud. Je vais, l’après-midi, sur le rocher du Kruppenfels ou au balcon du Ringbuhlkopf regarder les occupants du Linge se crapouilloter. Il y a dans nos […]

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3 février 1916. Des zeppelins ont bombardé Paris et sa banlieue, faisant des victimes nombreuses

3 février 1916.
Des zeppelins ont bombardé Paris et sa banlieue, faisant des victimes nombreuses.
Des zeppelins ont arrosé une province anglaise tuant et blessant plus de cent cinquante personnes.
Le front serait-il le dernier endroit où l’on dorme en paix ? Certes nous ne couchons pas sous des lambris dorés, mais nos trois mètres de […]

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2 février 1916. Que les nuits sont belles illuminées par les fusées !

2 février 1916.
Que les nuits sont belles illuminées par les fusées ! Il semble que chaque soir une troupe d’habiles artificiers nous donne un spectacle sur la scène du Reichackerkopf. De la terrasse de la Schlucht nous voyons s’élever vers le ciel étoilé puis gracieusement s’incliner vers le sol obscur les furtives comètes des fusées […]

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1er février 1916. Il neige.

1er février 1916.
Il neige.
L’artillerie déclenche à 17h un tir énorme, soudain et bref, du côté de Metzeral. Ca me coûte un flacon de révélateur1 que l’ébranlement de ma cagna fait chavirer sur la planche où il se trouvait.

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Bedel ne cesse de prendre des photos qu’il développe lui-même.

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31 janvier 1916. Chaque soir, une pièce allemande de 130 que nous appelons « la Folle » marque par quelques obus la fin de notre dîner

31 janvier 1916.
Chaque soir, une pièce allemande de 130 que nous appelons « la Folle » marque par quelques obus la fin de notre dîner. L’adresse est de franchir entre deux éclatements les deux cents mètres qui séparent notre cave du chemin du Tanet où l’on est à l’abri. Les obus se suivent généralement à 3 […]

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30 janvier 1916. Un jeune soldat à moustache blonde, à fort accent tourangeau, célèbre la messe

30 janvier Dimanche.
Un jeune soldat à moustache blonde, à fort accent tourangeau, célèbre la messe dans un abri de bombardement de la Schlucht. Quelle chapelle ! Trois mètres de rondins, de rochers, de terre, en forment le toit. L’intérieur est éclairé de trois bougies dont la lueur vacillante fait miroiter les rondins humides des parois. Une […]

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