Archives par mot-clef : Maurice Bedel

1er août 1916. L’arrière est d’un optimisme qui devient indécent.

1er août 1916.
Je suis allé en permission. J’en reviens. L’arrière est d’un optimisme qui devient indécent. Parce que les Allemands ne sont pas entrés à Verdun, parce que quelques nouvelles pièces d’artillerie aussi excellentes qu’elles sont peu nombreuses nous ont permis de gagner quelques pieds carrés de terrain au sud de la Somme, parce […]

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13 juillet 1916. A l’école des Allemands, nous prenons des manières de faire la guerre que nous n’avions pas assez de voix pour critiquer il y a encore un an.

13 juillet 1916
A l’école des Allemands, nous prenons des manières de faire la guerre que nous n’avions pas assez de voix pour critiquer il y a encore un an.
Au Braunkopf nous jetons dans les postes d’écoute allemands des prospectus, des brochures, invitant les Allemands à se rendre ou bien leur démontrant la ruine […]

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12 juillet 1916. Et la Somme ?

12 juillet 1916.
Et la Somme ?
Ca marche au sud, du côté français. Ca marche trop bien. Nous voilà à Biaches, aux portes de Péronne. On a pris tout ce terrain, ce village, ces fortins, ces labyrinthes avec une aisance, voire une élégance, de haut goût et de splendide tenue. Mais les Anglais ont […]

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8 juillet 1916. Je déjeune avec Passerat dans sa tranchée de l’Altmatt.

8 juillet 1916.
Je déjeune avec Passerat dans sa tranchée de l’Altmatt. Il fait chaud. Dans les boyaux, on étouffe. Il semble que les jambes avancent dans une rivière d’eau tiède. Le rapide agent de liaison file, son casque à la main, le front rouge et mouillé, le souffle bruyant. Le veilleur, à son […]

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7 juillet 1916. Par le sentier défilé et masqué de Pfeiferberg, je vais jusqu’au Braunkopf

7 juillet 1916.
Par le sentier défilé et masqué de Pfeiferberg, je vais jusqu’au Braunkopf… Au flanc de la petite montagne quelques hommes courbés creusent des fosses. Un soldat, une étole au cou, blanche et or sur sa capote bleu sale, dit des prières. Quatre formes humaines engainées dans des toiles de tente sont […]

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6 juillet 1916. La préparation de l’attaque du Bois-Noir commence.

6 juillet 1916.
17h : Braoum ! ououououm !… Broum ! Braoum ! Brabraoum !… Broum ! ouam… ouam… ouam !…
La préparation de l’attaque du Bois-Noir commence. Il fait une jolie fin d’après-midi d’été. Les sommets sont mauves. Les tranchées sont roses. On va se tuer. On tue déjà. Toutes les batteries du secteur sont déchaînées en un terrible tonnerre, tonnerre des départs, tonnerre […]

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5 juilet 1916. Attaque-t-on ? N’attaque-t-on pas ?

5 juilet 1916.
Depuis ce matin il pleut à flots, une pluie mêlée de neige et de glaçons. J’attends que le canon donne le signal de l’attaque du Bois-Noir… Et le canon se tait. La journée se passe énervante. Attaque-t-on ? N’attaque-t-on pas ? Je pense que le temps affreux ne permet pas de déclencher l’infanterie.

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4 juillet 1916. la Grrrande offensive n°4 ou 5 est déclenchée, par les Français au sud de la Somme et par les Anglais au nord

4 juillet 1916.
Depuis près d’un an que je suis dans les Hautes-Vosges j’entends annoncer « pour le lendemain » l’attaque du Bois-Noir. Aujourd’hui le capitaine Jeansolein, directeur des batteries du secteur Gaschney-Wurmsa, m’assure que c’est bien pour demain. Le 42ème d’infanterie qui doit attaquer du Braunkopf en est également persuadé. Des monceaux d’obus s’accumulent autour […]

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1er juillet. les tranchées de l’Altmattkopf sentent l’os sec et l’urine fermentée

1er juillet
Sous le soleil ardent de juillet, les tranchées de l’Altmattkopf sentent l’os sec et l’urine fermentée. Mais tout le long des boyaux, des fleurs de prairie vous caressent les joues et leur parfum se mêle à l’horrible odeur. On traverse ainsi de Gaschney aux pentes ouest de l’Altmatt un beau pâturage que […]

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29 juin 1916. un enfant de la classe 16 cueille des groseilles et les mange gloutonnement

29 juin 1916.
Dans un jardin envahi d’orties, entre les murs calcinés des maisons de Metzeral, un enfant de la classe 16 cueille des groseilles et les mange gloutonnement encore qu’elles ne soient pas mûres. Il s’est glissé là comme je m’y suis glissé et tandis qu’il se gave de fruits verts je cueille entre […]

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