François Bayrou pose les conditions avant d’envisager de choisir son camp
En 2007, François Bayrou n’avait rallié aucun camp. Le troisième homme, pourtant en position de force, n’avait voulu pactiser ni avec Nicolas Sarkozy ni avec Ségolène Royal. Arrivé cinquième en 2012, il a décidé d’adresser une lettre de deux pages aux finalistes, Nicolas Sarkozy et François Hollande pour poser les conditions d’un éventuel ralliement… ou de consignes de vote . Après avoir été évoqué comme possible premier ministre par Jean-Pierre Raffarin ou Alain Juppé, le président du MoDem qui a toujours marqué plus franchement ses distances avec Nicolas Sarkozy, demande aux deux candidats restants de mieux prendre en compte » la réalité des faits » et la situation réelle du pays.
Alors qu’il s’est exprimé dans la journée sur les propos de Nicolas Sarkozy jugeant que « les préoccupations des électeurs de M. Bayrou et du Front national sont les mêmes, même si les chemins sont différents… » dans une interview de l’Est Républicain, jugeant cette phrase offensante pour ses électeurs, il reconnaît que » et parce que nous allons vivre ces moments difficiles, l’attitude personnelle des gouvernants comptera beaucoup. C’est une question de valeurs, personnelles autant que politiques « .
Hollande – Sarkozy : deux visions de l’immigration
Alors que les deux adversaires, restés seuls en course pour le deuxième tour de la présidentielle, cherchent à se positionner par rapport à l’électorat du Front national (18,5% des voix du premier tour), la thématique de l’immigration revient au coeur de la campagne. Pendant que Nicolas Sarkozy et François Hollande se déploient sur le terrain, labourant au passage l’électorat du Front national, leur garde rapprochée s’affrontent déjà sur les positionnements de leurs poulains. L’Ump accuse, à tord, le parti socialiste de vouloir régulariser tous les sans-papiers.
Débat Ségolène Royal / JF Copé – JT 13h France 2… par eric3362
En visite en Bretagne, François Hollande a lui aussi tendu la main à l’électorat du Front national, contestant à Nicolas Sarkozy l’exclusivité du « patriotisme » et de la « protection », affirmant que lui aussi entendait les « ceux qui sont allés vers les vents mauvais du vote extrême » - « retraités », « agriculteurs », « ceux qui sont loin du travail » ou qui « travaillent beaucoup » sans gagner suffisamment, mais se refusant à poser l’immigration comme bouc émissaire « Moi je ne ferai pas de l’immigré la question qui nous séparera dans cette élection « .
En filigrane, ce sont donc les propositions de chacun des candidats sur l’immigration, peu discutée avant le premier tour, qui reviennent sur le devant de la scène. Dans un post précédent, le blog présidentiel était revenu sur les positions de chacun des dix candidats. Dont Nicolas Sarkozy et François Hollande.
La presse étrangère prédit un second tour très difficile à Nicolas Sarkozy
Pour Angelique Chrisafis correspondante du Guardian à » le total de Sarkozy doit être vu comme un échec personnel « . Si elle explique que le premier tour place François Hollande dans une position favorable, une large part de son papier concerne la poussée de l’extrême droite et de son nouveau visage : Marine Le Pen. Son score la plaçant » au coeur de l’aile droite de la politique française « . Et les chances pour Nicolas Sarkozy de l’emporter dépendent en grande partie sur le report des voix, précise-t-elle. » Tous n’iront pas automatiquement vers Nicolas Sarkozy au second tour. Il y a une large franche anti système parmi eux « .
« Aujourd’hui le liant de la gauche, c’est l’anti-sarkozysme »
Malgré un score exceptionnel du parti socialiste, et de la gauche en général, au premier tour du scrutin présidentiel, le politologue Rémi Lefebvre, spécialiste du PS, professeur à l’université de Lille 2, fait le constat qu’il «n’y a pas de progression des idées de gauche». «Même si François Hollande est élu, il y a un phénomène de droitisation de la société incontestable, estime-t-il. Cette élection risque d’être une élection en trompe l’oeil parce que les idées de droite ne sont absolument pas défaites». Le résultat, selon lui, de l’abandon par le candidat socialiste du discours de transformation sociale pour un discours «défensif, inscrit dans un contexte économique difficile». Interview.
Claude Greff égare son discours sur le trottoir
Claude Greff serait une ministre désordonnée ? L’histoire est anecdotique, mais rafraîchissante en ces temps de lutte politique acharnée.
Hier soir, un journaliste de Rue 89, essayant de s’extraire de la foule réunie à la Mutualité autour de Nicolas Sarkozy, a ramassé un document sur le trottoir. A priori, un bout de papier anodin qu’il s’apprêtait à jeter à la poubelle, par souci de propreté. Cédant à sa curiosité, il n’a pas pu s’empêcher de jeter un coup d’oeil : le document était intitulé « éléments de langage pour mot d’accueil de Claude Greff ». Un titre pour le moins intriguant.
Il s’agissait en fait de l’ébauche d’un discours de bienvenue, que l’ancienne députée d’Indre-et-Loire réservait au président sortant pour sa venue dans le département aujourd’hui. Sur trois pages, elle fustigeait les médias, contre qui « Nicolas Sarkozy a dû se battre seul », et dénonçait « une propagande savamment organisée par la gauche ». Mais, écrivait-elle, « les Français ne sont pas de ceux que l’on manipule si facilement ». Aussi, la secrétaire d’Etat à la famille conclut en disant au président sortant « tu peux compter sur nous ! »
Elle a finalement pris la parole cet après-midi à Saint-Cyr-sur-Loire. En bonne élève, la ministre doit toujours garder un brouillon d’avance.
En 1999, un premier débat Sarkozy-Hollande sur l’Europe
Nicolas Sarkozy réclame trois débats d’entre-deux-tours, François Hollande répond non. On en parle dans les médias, on crie à l’opportunisme ou à la lâcheté. Mais qui se souvient que ces deux là se sont déjà affrontés lors d’un débat télévisé ? C’était sur TF1, en mai 1999, lors de la campagne pour les élections européennes. Les deux têtes de liste RPR et PS étaient invités à répondre aux questions de Michel Field, présentateur de l’émission Public.
Une fois passé le générique aux lettres dorées ultra-kitch, on arrive sur un plateau tout simple. Une table rouge, un fond noir, trois sièges. La présentation des candidats laisse place à la publicité au bout d’une minute : nostalgie à la vue des Imac de toutes les couleurs, et de la Lancia Upsilon première génération. Treize années ont passé depuis, un monde. Mais les idées, elles, sont restées les mêmes. Les éléments de langage aussi.
Résultats officiels : un des meilleurs taux de participation
Le ministère de l’Intérieur a publié lundi 23 avril, les résultats définitifs (en attente de validation par le Conseil constitutionnel) du premier tour de l’élection présidentielle de 2012. Un premier tour marqué par une forte participation (79,47 % de votants pour 77,95 % de bulletins exprimés).
Au final, François Hollande recueille le vote de 10.273.582 d’électeurs soit 28,63 % des voix. Nicolas Sarkozy compte environ 520.000 suffrages de moins avec 9.753.844 voix et 27,18 % des voix. En 2007, celui qui allait devenir président de la République avait recueilli 11.448.663 voix soit 31,18 %.
Premier tour de l’élection présidentielle 2012 par Ministere_interieur
Puisqu’il faut bien donner les résultats
C’est fait. L’ère numérique a dépassé la loi. L’opération #RadioLondres sur Twitter dont nous parlions hier, a permis à des milliers d’internautes de transmettre les premières estimations des résultats du premier tour par des tweets codés. Toute la journée, ils ont ainsi écrit « nain » à la place de « Sarkozy », et « flan » à la place de Hollande. Un moyen d’échapper à la loi du 19 juillet 1977, qui punit de 75.000 euros d’amende la diffusion de sondages sortie des urnes avant 20 heures un soir d’élection.
Les chiffres diffusés dès la fin de la matinée provenaient tous de médias étrangers, qui ne sont pas soumis à cette interdiction, et principalement du site de la RTBF, la radio-télévision belge. Ils s’appuyaient sur des sondages réalisés par des instituts français, diffusés dès la fin de la matinée pour les Dom, puis dès 16 heures pour les estimations générales. Ces scores provisoires ont ensuite circulé à grande vitesse sur le web, par un effet boule-de-neige. N’y tenant plus, l’Agence France Presse a elle-même diffusé les résultats de trois sondages à 18h45.
Sondage sortie des urnes : avec #radiolondres, Twitter balance
Ce qui a commencé comme un blague un peu potache pourrait se révéler une véritable opération de dézinguage de la loi électorale. Celle qui interdit de diffuser les sondages sous embargo ou les tendances « sortie des urnes » avant 20h, réseaux sociaux compris. Pour détourner l’interdiction – et éviter les 75.000 euros d’amendes – que les médias suisses et belges ont déjà prévu d’outrepasser, les « Twittos » se sont lancés dans un concours de noms de code, balisés par le hashtag #radiolondres. Florilèges.
D’autres résistants du web lui ont emboîté le pas, avec une série de métaphores et de surnoms facilement identifiables.
Les tops de la campagne
Dans l’abécédaire de la campagne 2012, des petits nouveaux (Twitter, buzz, fact-checking, primaire, live…), des indémodables (sondages, 20h, meetings) et quelques éphémères… Petit lexique, non exhaustif, des mots qui ont rythmé la sphère politico-médiatique, tendue vers les deux tours de l’élection présidentielle.
20h. C’est là que Dominique de Villepin a annoncé sa candidature (sur TF1) puis son retrait (sur France 2) faute de parrainages. Là aussi (celui de TF1) que Nicolas Sarkozy a officiellement levé le faux suspens sur sa candidature. Là encore (sur France 2) où François Hollande s’est précipité après l’annonce officielle – et attendue – de sa candidature de son fief corrèzien. Là enfin (sur TF1) que Frédéric Nihous a annoncé son renoncement… et son ralliement à Nicolas Sarkozy. Bref, c’est à l’heure de la soupe et sur petit écran que l’histoire (de la campagne) se fait encore.
Buzz. Entre les vidéos parodiques, les tweet-clash et les clash tout court, la présidentielle s’est parfois transformée en machine à clics pour les partis et les médias en ligne. Sur le mode « peu importe le fond, pourvu qu’on en parle ». Eva Joly a amusé la galerie avec ses vidéos de chatons contre l’abstention, Mélenchon a connu son apogée avec une version remaniée à sa gloire d’un tube de Philippe Catherine… La liste des « coups », quasi-quotidiens, est trop longue pour l’ébaucher. Cette tendance a d’ailleurs été dénoncée avec virulence par François Bayrou, à la peine dans les sondages, lors d’un meeting près de Nantes : « Si, tous les jours, on vous propose une idée complètement fumeuse, juste pour faire le buzz. Alors, ce n’est pas de la démocratie, c’est de la démagogie .» Le même s’est pourtant projeté il y a peu dans un jeu vidéo avec code secret pour l’entrée… Le « buzz » est même devenu une rubrique à part entière pour certains médias. Et ça ne va pas s’arrêter avec la campagne.
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