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Rentrée littéraire

made in trenton

Un premier roman, ça vous dit ? Celui-ci est assez particulier, je vous préviens. Il part d’une bonne idée à laquelle on a cependant (un peu)  du mal à adhérer jusqu’au bout. Enfin, je vous laisse juger…

L’histoire ? Elle est étonnante. Déstabilisante aussi. Tout commence en 1946, dans le New-Jersey. A Trenton, on travaille l’acier. Un outil d’émancipation pour les classes laborieuses  après les horreurs de la guerre. Abe Kunstler est de ces ouvriers pauvres qui travaillent dur pour assurer le quotidien.

Il est travailleur, obstiné, bon camarade, buveur invétéré ( pour donner le change et brouiller les pistes)… et différent. Et pour cause. Il se présente comme « mutilé » pendant la guerre et laisse souvent une drôle d’impression ici et là. Personne n’imagine cependant qui y est en réalité.

Si je vous le dis d’emblée, la lecture de ce roman va sérieusement perdre de sa saveur, non ? Disons que le héros de ce premier roman n’a pas dit la vérité sur son identité. Il s’est inventé un nom, une vie. Un passé.

Des décennies qu’il la cache au regard de tous. Lui, le moins baraqué de ses collègues, est aussi celui qui prend le plus soin des autres…

 

 

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Un silence qui tue…

Rentrée littéraire

 

MALHEUR DU BAS

 

Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin.

Inès Bayard a 26 ans seulement et signe avec « Le malheur du bas » un premier opus suffocant. Dérangeant.

L’histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. Marie et Laurent forment un couple jeune, moderne, riche. Elle est cadre dans une banque, il est un avocat pénaliste dont le succès ne fait que grandir. Ils vivent à Paris. Débordés mais heureux.

Et puis, un soir, dans un parking, Marie est violée par son supérieur, dans la voiture de ce dernier. Elle n’en parlera pas. Et quand elle tombe enceinte, elle est persuadée qu’il ne peut s’agir que du fruit de cette relation non consentie.

 

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Rentrée littéraire

MISS SARAJEVO

 

 

Quelle joie de retrouver l’écriture et le style d’Ingrid Thobois ! J’ai découvert cette auteure au hasard d’une chronique dans un magazine féminin. C’était à propos du livre « Le plancher de Jeannot » dont vous pouvez retrouver le post ici.

Elle est de retour pour cette rentrée littéraire ( auteure de plusieurs romans, elle écrit aussi pour la jeunesse) avec « Miss Sarajevo », un roman puissant qui s’étale sur plusieurs décennies, entre Paris, Rouen et Sarajevo.

L’histoire ? C’est celle de Joaquim. On ne rencontre à vingt ans, en 1993. A Sarajevo. Au coeur de la guerre, donc. Là, armé de son seul appareil-photo, il découvre un monde.  Se confronte à la mort. Et le pays natal de celle qu’il aime, sa professeur, Ludmilla.

Au fil des semaines alors qu’il réapprend une certaine joie d’être au monde, installé dans une famille, il pense à la sienne. Une famille désunie, silencieuse qui n’a toujours pas trouvé les mots pour expliquer et adoucir la mort voulue de Viviane, sa soeur cadette, qui s’est jetée par la fenêtre de l’appartement familial, à Rouen.

Personne n’a su. Personne n’a vu.

 

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Rentrée littéraire 

Un moment attendu. Chaque année. A la rentrée littéraire de septembre ( qui commence dès la mi-août), des coups se jouent. En vue des prix distribués pour la plupart en novembre. Alors, forcément, les titres qui ont l’honneur des piles de librairies à cette date, voient la cote de leurs auteurs augmenter. A moins que l’abondance de romans ne leur nuise…

Pour cette rentrée littéraire 2018, on compte 567 romans dont 381 de littérature française. Parmi eux également, 94 premiers romans. 

Cette année encore, au fil des semaines, je vous ferai découvrir les romans que j’ai particulièrement aimés. Français comme étrangers. Nés de romanciers aguerris ou de nouveaux venus.

ROBE OK

Commençons par « La robe blanche » de Nathalie Léger, dont j’avais découvert l’oeuvre via « Supplément à la vie de Barbara Loden ».

Autre ambiance cette fois. Dans « La robe blanche », la narratrice va, au fil des pages, faire s’entrecroiser deux histoires. La première, qui sert de trame, est celle de Pippa Bacca. Née en 1974 du côté de Milan, Giuseppina Pasqualino di Marineo, deviendra artiste conceptuelle sous le nom de Pippa Bacca.

En 2008, avec l’artiste Silvia Moro, elle décide de faire une performance itinérante. L’idée ? De Milan à Jérusalem, vêtues d’une robe de mariée, permettre le « mariage entre les différents peuples et nations ».

Une aventure artistique insensée qui doit leur faire traverser les pays de l’ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie puis enfin la Palestine et Israël. Les deux jeunes femmes avaient décidé de porter leur robe tout au long du périple avant de les exposer. D’étape en étape, elles lavaient notamment les pieds des sages-femmes…

A Istanbul, les deux jeunes femmes se séparent. Doivent se retrouver au Liban. Pippa Bacca, prise en stop, sera cependant violée et étranglée. Retrouvée morte. Une fin tragique pour leur projet « Brides on tour ».

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TOMBEE DES NUES

Un livre court au rythme haletant pour une histoire lourde. Avec « Tombée des nues », Violaine Bérot, quinquagénaire installée dans les Pyrénées, propose un nouveau roman qui ne laisse pas indifférent. Impossible. A cause de son sujet, grave et mystérieux à la fois : le déni de grossesse.

L’histoire, c’est donc celle de Baptiste et Marion qui ont décidé de reprendre une ferme, dans la montagne, à la lisière d’un village un peu paumé. Là, elle se charge d’élever des chèvres quand lui fait pousser des légumes et bâtit leur foyer. Un vie simple.

Jusqu’à cette nuit du 29 février. Froide et enneigée. Là, dans la baignoire de la maisonnée, Marion met au monde une petite fille. Elle ne savait cependant pas qu’elle était enceinte, qu’un petit être se lovait dans son ventre. Un choc. Un traumatisme que le couple va devoir encaisser. Avec pour chacun d’entre eux, une réaction différente. Quand Baptiste, qui n’avait jamais voulu d’enfant, savoure l’arrivée inopinée de cette petite, Marion se calfeutre dans le silence, se terre dans son lit. Elle n’avait rien demandé, rien vu. Rien ressenti. L’acceptation va prendre du temps. Plusieurs jours.

Sitôt la nouvelle sue au village – c’est Dédé, le voisin qui les a conduits tous les trois à l’hôpital – la communauté s’organise. Il faut aménager la maison, tricoter de la layette, trouver un prénom à bébé… et s’occuper du cheptel !

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Et de trois pour Julie Douard ! Après un premier roman remarqué « Après l’enfance », en 2010, donc lu avant la création de ce blog en 2011 et « Usage communal du corps féminin » (2014) dont vous pouvez retrouver la chronique ici, Julie Douard, professeure de philosophie à Caen et par ailleurs auteure de plusieurs pièces de théâtre, est de retour.

Cette fois, son terrain de jeu est le siège d’une entreprise de papeterie et de matériel de bureau. Une entreprise dans laquelle des gens s’ennuient. Se cachent, boivent, cherchent l’amour, tentent de se retrouver par l’entremise d’un coach… Bref, essayent de s’en sortir. Des quadras désemparés qui doivent en outre se coltiner une hiérarchie surmenée et dépassée. Bienvenue dans le monde du travail des années 2000 !

Au fil des 63 courts chapitres, Julie Douard signe un roman à la fois drôle et cruel. Une estampille qui marque l’oeuvre de l’auteure. Et un régal pour ses lecteurs et lectrices, je vous le confirme ;-)

Il y a donc Michon, coaché par Bernard et Chantal, sa femme, en sous-main, pour enfin trouver l’amour et donner du sens à sa  vie. Il y a François, qui chaque jour, se cache sous son bureau pour, durant quelques minutes, se protéger un peu de la vacuité des choses. Mais aussi Sophie, assistante zelée et humiliée chaque jour davantage par son supérieur Jean-Charles Michel. Et encore Henri, lui, se noie dans le sport depuis qu’il héberge le serbe Goran. Un coach qu’il aimerait aussi mettre dans son lit.

Au fil des semaines et des mois, ces personnages se croisent, se cotoient, se détestent, s’allient… Et finiront  par devoir tous ensemble participer à un semi-marathon aux couleurs de leur entreprise. Ambiance vaudevillesque pour ce roman à rebondissements.

C’est frais, drôle, burlesque et rondement mené. Idéal pour cet été… loin du bureau ;-)

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Au bord de la mère…

 

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Alors que vous avez étalé votre serviette de plage sur le sable, avez-vous pensé à apporter le livre qui pourrait s’accommoder de ce moment ? A la rentrée littéraire de la fin de l’été 2017 était sorti « Souvenirs de la marée basse », de Chantal Thomas. Les critiques lues et entendues à l’époque donnaient envie. Ce n’est pourtant qu’en ce mois de juillet que j’ai pris le temps de plonger dedans. Plonger, justement.

Au fil des pages, Chantal Thomas, dont je n’avais jusque-là jamais rien lu, puise dans son histoire familiale et personnelle pour brosser le portrait d’une femme, sa mère, Jackie. Une femme particulière. Libre de ses mouvements. Restée enfant. Une nageuse hors-pair, insatiable, mais une femme demeurée fragile.

Adolescente, Jackie s’est baignée dans le grand canal du château de Versailles. Acte fondateur d’une légende aquatique. C’est en installant  à Arcachon avec ses parents Eugénie et Félix que Jackie vivra sa passion au quotidien. Des heures durant.

Une passion et une gourmandise pour la liberté qu’elle ne transmettra pas immédiatement à sa fille, Chantal, née d’une union avec un dessinateur industriel aussi sportif que silencieux, mort prématurément à l’âge de 43 ans.

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Ne jamais oublier. Ni les faits, ni celles et ceux qui en ont été les victimes. Scholastique Mukasonga en a pris le parti. A 60 ans, celle qui est désormais française, garde au coeur et dans la tête toute son histoire rwandaise.

Dans « Un si beau diplôme ! », elle revient à nouveau sur son histoire avec, cette fois, un récit. Sensible et fort à la fois.

Elle, la petite fille tutsie malmenée par l’histoire des hommes de son pays, déportée au Burundi, s’est accrochée aux rêves de son père pour décrocher un diplôme. « Un beau diplôme, c’est ce qui te sauvera de la mort qui nous ait promise « , lui a-t-il dit. L’émancipation de sa fille, il le sait, passera par l’école. Elle sera assistante sociale. Coûte que coûte.

« Le français m’a sauvée », explique d’ailleurs l’auteure dont l’oeuvre a déjà croisé la route de Quatrième de couv. C’était ici.

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TANGUY COLERE A DISPARU

 

« Tanguy Colère a disparu »

Nous voilà prévenus !  Au fil des pages, reste à savoir pourquoi. Et où peut désormais se trouver cet ancien militant antifasciste, leader charismatique.

Raphaëlle Riol signe là un quatrième roman à plusieurs voix qui nous dresse le portrait aiguisé d’un homme plein de failles, de secrets et de contradictions derrière ses discours longtemps jusque-boutistes.

Tanguy s’est vu attribuer le surnom devenu patronyme de « Colère ». Il est de tous les combats, quitte à user de la violence. Celle qui tuera d’ailleurs son frère Tony.

De quoi donner le ton. Mais, cela, c’était avant.

Un soir d’août 2016, Tanguy disparaît. Juste après l’incendie volontaire qui ravage la fameuse « Villa Dollar » dans l’enceinte de laquelle le quadragénaire s’est installée depuis plusieurs mois, tombé en amour pour cette propriété baroque au jardin somptueusement sauvage, appartenant à une héritière américaine, Poppy Philipps, dite « Poppy Peau Rouge ». Là, l’ancien militant devenu paysagiste a beaucoup changé. C’est en tout cas ce que se dit Xavier, devenu enseignant, et vieil ami, perdu de vue plusieurs années.

Deux mois après la disparition de l’imprévisible Tanguy, Xavier raconte. Idem pour Mia, jeune femme serveuse au service d’un patron véreux, ex-conquête éphémère de Xavier et qui se vivra une aventure avec Tanguy.

 

 

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Voilà encore un roman devant lequel j’aurais pu passer sans le voir. Grave erreur ! Heureusement, mes deux libraires préférées ( à Tours et à Quimperlé, en Bretagne) m’ ont, chacune à leur tour, vanté les talents de Christian Guay-Poliquin, qui signe avec « Le poids de la neige », son deuxième roman, largement primé de l’autre côté de l’Atlantique ( dont le prix France-Québec).

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Dans son premier roman déjà, une panne d’électricité faisait partie du décor, de l’histoire. On la retrouve ici, en plein hiver, dans une petite bourgade déjà isolée qui, pendant les longs mois de l’hiver canadien, va se retrouver totalement coupée du monde.

De quoi exacerber les tensions, de faire naître aussi des solidarités, parfois de façade seulement.

L’histoire ? Elle est simple. Et tragique. Un homme, qui a quitté le village depuis dix ans, visiblement en mauvais termes avec son père, revient. Il sait que ce dernier est en train de mourir. Il reviendra trop tard cependant et est victime d’un accident, grave. Les jambes écrasées, il ne peut être évacué ni réellement pris en charge à cause de la neige, de la panne d’électricité.

C’est Matthias, lui aussi échoué là depuis déjà plusieurs semaines, qui va devoir prendre en charge le blessé. Il le soigne, le nourrit et pourra ainsi espérer regagner la ville et sa femme qui l’attend ( c’est en tout cas ce qu’il dit) dès le premier convoi organisé, au printemps. A l’écart du village, les deux hommes vont devoir cohabiter.  C’est l’homme blessé qui raconte.  Il n’a pas encore recouvré l’usage de la parole ni celui de ses jambes. Matthias, sexagénaire ou septuagénaire, veille sur lui. Il y a aussi des visites, celles de Maria la vétérinaire, de José, de Joseph, d’autres encore qui voient dans le jeune homme secouru, mécanicien de métier, l’occasion de pouvoir enfin fuir…

D’une cohabitation non choisie qui n’est pas simple va naître une complicité laborieuse. Mais il y a la neige, le silence, le temps qui passe et cet hiver qui n’en finit pas. Il y a les rancoeurs, les petites trahisons, les larcins et ce quotidien colmaté qui les tue à petit feu…

 

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