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Rentrée littéraire 

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La rentrée littéraire, ce sont aussi des titres venus d’ailleurs. Et des premiers romans. La preuve avec « Le lièvre d’Amérique » de Mireille Gagné et publié à la maison d’édition québécoise La Peuplade.

Voici un curieux roman. Son autrice, qui publie ici son premier roman après avoir, depuis 2010, écrit de la poésie et des nouvelles, le définit comme « une fable animalière néolibérale qui s’adresse à celles et ceux qui se sont égarés « .

Mireille Gagné comme elle l’explique dans la petite vidéo ci-après, sait de qui elle parle. L’an dernier, celle qui travaille à temps plein, écrit et élève deux enfants, a connu « un épisode de surmenage ».  Un sujet en or pour celle qui, à travers la poésie, aime à analyser la frontière entre le prédateur et sa proie à travers le prisme des animaux. Elle avait son sujet.

L’histoire du « Lièvre d’Amérique » ? C’est celle de Diane, célibataire, sans enfants ni amis. Qui se remet d’une opération. Pour être toujours plus performante, ne plus perdre de temps à dormir. L’employée modèle qu’elle est déjà veut encore aller plus loin.

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PETITE DERNIERE

Rentrée littéraire

De quoi mettre un grand coup de pied (salutaire ?) dans les piles de livres de cette rentrée littéraire ? Le premier roman de Fatima Daas est un concentré d’énergie, une petite bombe de quelque chose de différent.

Les éditions Noir sur Blanc signe là un texte inédit dans sa forme, son ton et son message. Une autofiction qui pulse comme un rap.

Fatima Daas a 29 ans. Elle a grandi à Clichy-sous-Bois, entourée d’une famille nombreuse. Au collège, elle se rebelle, revendique le droit d’exprimer ses idées et écrit ses premiers textes. Elle se définit comme une féministe intersectionnelle.

La quatrième de couverture de « La petite dernière «  vous donne une idée. Percutante.

 » Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom. »

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Rentrée littéraire

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Rachid Benzine, je l’ai découvert pendant le confinement, au hasard d’un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J’avais alors dévoré « Ainsi parlait ma mère », dont je vous ai parlé ici

Rachid Benzine est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce « Lettres à Nour » a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. Rachid Benzine est islamologue, politologue, enseignant.

Né en 1971, il est arrivé en France à l’âge de 7 ans avec sa famille marocaine.

Codirecteur de la collection Islam des lumières aux éditions Albin Michel, il s’attache à penser un islam en phase avec notre temps et s’investit également dans le dialogue islamo-chrétien.

Dans ce nouveau roman, « Dans les yeux du ciel », il nous entraîne dans le sillage de Nour, une prostituée quadragénaire, arabe, musulmane. Dont la vie va basculer pendant les « Printemps arabes ». C’est la voix de Nour qui nous guide. Une intermédiaire improbable car elle incarne, par la vie qu’elle mène, tous les mensonges. Mais elle parle.

 

 

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Rentrée littéraire

MAUVIGNIER OKOK

Jour de fête ! Laurent Mauvignier est de retour et quand on sait la place qu’il occupe dans mon panthéon littéraire, on peut bien pavoiser, croyez-moi ;-)

Oui, l’oeuvre de Laurent Mauvignier ponctue, livre avec livre, les posts de ce blog depuis 2011. Je suis cet auteur, né à Tours et qui a grandi dans le sud-Touraine, depuis son premier roman. Je l’ai interviewé aussi, en 2016. Vous pouvez retrouver tout cela ici mais aussi .

L’auteur, désormais installé à Toulouse, est donc de retour avec un gros roman de 640 pages. Un roman noir. Très noir. Une première pour l’auteur de « Apprendre à finir » (Prix du Livre Inter) et de nombreuses pièces de théâtre.

L’histoire ? Elle nous mène sur la commune rurale de La Bassée. Une commune qui ne figure sur aucune carte. Un lieu fictif qui pourrait cependant faire penser à Descartes, où il a grandi. Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années.

 

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Rentrée littéraire 

LA FILLE DU PERE OK

Un premier roman. L’un des soixante-cinq que nous offre cette rentrée littéraire post-Covid. Encore une fois, j’ai entamé une danse de la joie ! Avec « La Fille du père »Laure Couraige signe un texte fort sur la relation père-fille écrasante, étouffante, aliénante. Bref, toxique. Pas si courant.

Alors pour s’en libérer, la narratrice a pris la plume. Elle la trempe dans l’acide, l’incruste dans les plaies pour mieux dénouer les liens qui l’attachent à son père. Ce sont des intellectuels. Pas de tableau brossé de la misère sociale ici. La relation éclate, argument contre argument. Avec violence. Si la narratrice s’est longtemps réfugiée dans le silence, elle a décidé enfin de s’en affranchir. De dire. Et d’écrire.

Trentenaire, Laure Gouraige est diplômée de philosophie.

 

« J’avais donc dit, un jour mon père et moi nous nous fâcherons », écrit-elle. Elle vient d’avoir trente ans. Le moment où jamais pour dire ce qu’elle a sur le coeur à son géniteur, son guide pendant longtemps, celui qui la freine et l’empêche désormais.

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Rentrée littéraire 

GEANTE

Quelle claque ! Le roman « La Géante » m’est arrivé via la boîte à lettres. Je l’ai dévoré. J’en garde des images, des sensations. Je n’avais jamais lu un roman de Laurence Vilaine. Avec « La Géante », la quinquagénaire installée à Nantes, signe son troisième roman. Un conte qui nous parle d’amour et de vie. Sauf que Noële ne connait pas le premier et a réglé la seconde dans un lieu délimité par les montagnes

Noële, la narratrice, a toujours vécu au pied de la Géante, là, à Fontanalbe, dans les Alpes-Maritimes. C’est là qu’elle a grandi après avoir rejoint La Tante, un jour de drame. Avec son père, son frère. Leur mère vient de mourir…

Dans la montagne, Noële suit le rythme des saisons, a fait siennes les herbes et les plantes médicinales pour les tisanes et les onguents en suivant scrupuleusement au fil des années les consignes de sa tante. Au fil des ans, la vieille femme est devenue un peu sorcière. Chaque samedi, les villageois viennent chercher de quoi les soulager, les soigner. Noële, elle, a fini par oublier qui elle était. Ou aurait pu être.

A ses côtés, son frère, surnommé Rimbaud qui ne parle pas, mais qui chante avec le petit-duc.

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Les vacances sont une occasion en or pour (ré)découvrir des lieux, des endroits qui, d’emblée, vous attirent. La preuve avec ma virée bordelaise. Impossible de ne pas pousser les portes de Mollat, la plus grande librairie indépendante de France et la première en terme de chiffre d’affaires et de titres en rayon ( elle abrite 265.000 livres soit 160.000 titres).  Cette immense librairie se situe à l’emplacement de la dernière maison de Montesquieu.

Là, des livres à profusion, évidemment… Et cette petite pépite, dévorée dans le train du retour.

Un livre de poche, eh oui, ce n’est pas courant par ici. Un récit autobiographique de surcroît. Et là, vous vous dites que le soleil bordelais a eu raison de moi… ;-)

 

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NOUVELLES ETE

 Des nouvelles ! Waouh, cela fait une éternité que je n’en avais pas lues ! En mai, au Mercure de France, un recueil est paru, écrit par Anne Serre. L’occasion de plonger dans ce format littéraire court et spécifique. Un genre qui, en France, peine à trouver sa place, à la différence des Etats-Unis, par exemple. Dommage.

La sexagénaire est l’auteure d’une quinzaine de romans et de nombreuses nouvelles. Son style est défini comme appartenant au « réalisme magique « .

Au fil des pages, des histoires parfois un peu étranges, drôles, curieuses, se dessine un autoportrait en trente-trois facettes.

On y trouve une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenirs’estompe…

Un univers à la Lewis Carroll.

 

Anne Serre a obtenu, pour ce recueil, le prix Goncourt de la nouvelle 2020.

Extraits

Pages 38-39 dans « Fort comme un Turc » :[…] Il maniait doucement et délicatement le revolver, l’air de réfléchir. Je me dis que cet objet avait sans doute appartenu à son père et qu’il en était le dépositaire. Je me dis que lorsqu’il rêvait dans son bureau, cet objet, pour l’une ou l’autre raison que j’ignorais, devait servir à sa rêverie, l’accompagner. J’étais sûre qu’il ne songeait ni à se tuer ni à tuer quiconque ; il n’était pas homme à tuer. Mais j’ai pensé alors qu’il ne fallait peut-être pas aller surprendre, même pour jouer, un amant dans sa vie conjugale, un amant dans son autre vie. Que c’était peut-être cela qui pouvait tuer. Les gens ont bien le droit d’avoir deux vies. Il me semble même beaucoup plus naturel qu’ils en aient deux qu’une seule. Une personne qui a une seule vie, un seul visage, me parait d’une certaine manière plus inquiétante qu’une personne qui a une double ou triple vie. »

Page 74 dans « A travers champs » :« Nous n’avons jamais revu Charles ni Jeanne qui l’épousa l’été suivant. Dans les nouvelles, les romans, il y a souvent des chutes en forme d’explication qui permettent d’avaler une histoire et de bien la digérer. Dans la vie, parfois, il n’y en a pas. Quelque chose de terrible et d’inattendu se produit, que certainement la psychologie expliquerait, mais ni Robert ni moi ne sommes de grands psychologues. Pour lui, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne, j’ai toujours ressenti les ruptures comme venant du ciel, comme décidées par le destin qui travaille avec acharnement à la tapisserie de votre vie. Et jusqu’ici, rien n’a démenti cette impression. »

Page 119 dans « Un péché »:« Ne pas répondre à son désir est un péché lui disais-je. Et cette fois il protestait, mais je voyais bien qu’il n’en pensait pas moins. Mon père était très fin. 

C’est un péché car il faut vivre, car la mort nous attend, car aller droit vers ce qu’on aime est la seule direction qui vaille. Et, de plus, disais-je à mon père avec qui j’avais ce genre de conversations, quand je pense à la véritable peine, au chagrin que me causent ces personnes me regardant avec méfiance, hostilité, mais intérêt aussi – pourquoi ne me repoussent-elles pas ? Pourquoi sont-elles si curieuses de moi ? -, je m’étonne qu’elles ne prennent jamais, par ailleurs, la mesure de mon courage. 

Mais c’était peut-être la mesure que prenait tante Amélie en me regardant de manière circonspecte. »

« Au coeur d’un été tout en or », Anne Serre, Mercure de France.

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HOMMES BLOG

Un univers double. Pas banal. Emmanuelle Bayamack-Tam, qui avait remporté le Prix du Livre Inter 2019 avec « Arcadie » ( pas lu) signe sous le nom de Rebecca Lighieri ses romans les plus noirs, ceux où la violence physique rythme les chapitres. Avec « Les garçons de l’été », dont vous trouverez la critique icij’avais pu savourer l’autre écriture de celle dont j’avais déjà beaucoup aimé « Je viens »

Avec « Il est des hommes qui se perdront toujours », – un titre tiré d’un texte d’Antonin Artaud que l’auteure apprécie particulièrement -, nous voici plongés dans une cité, fictive, des quartiers nord de Marseille. Là, sous le soleil et près d’une colline qui la sépare des gitans, vit une famille. Dysfonctionnelle. Il y a le père, Karl. Un Belge arrivé là par hasard avec une femme qu’il ne sera pas garder. Avec Loubna, il a fondé une famille, composée de trois enfants. Deux garçons et une fille qui ont eu à coeur, année après année, de rester vivants. Karl est violent, maltraitant. Infect. Aux limites de la folie. Sa femme se tait, concentrée sur les maux de son benjamin, Mohand, alors polyhandicapé et souffre-douleur officiel de son père.

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Au coeur de la machine du KGB, ça vous dit ? Mais attention, à hauteur d’hommes, avec ceux qui, bon gré, mal gré, se posaient des questions sur ce qu’ils devaient faire ou pas. Sur la légitimité des décisions validées par les caciques du parti tout puissant. Pour cela, il suffit de plonger dans le dernier roman d’Iegor Gran, inspiré de la propre histoire de son père écrivain et dissident soviétique, André Siniavski.

En septembre 1965, les hommes du KGB débarquent chez ses parents. Iegor est alors âgé de 9 mois. Grâce aux documents conservés, parmi lesquels le procès-verbal d’interpellation, par ses parents – la famille a rejoint l’Ouest et la France en 1973 – Iegor, ingénieur devenu écrivain sans que jamais son père ne le voie de ses yeux ( il décède en 1997, un an avant la sortie du premier roman d’Iegor qui a pris le patronyme de sa femme, Gran) avait sous la main une matière formidable et les noms de tous ceux qui ont mis à mal la carrière de son père, le condamnant à plusieurs années de camp avec son ami poète Iouli Daniel.

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