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LOVE ME TENDER

Le moins de mots possible. Mais un ton. Une économie d’écriture qui va de pair avec son changement de vie. De perspectives. De paradigmes.

J’ai dévoré « Love me tender «  d’une traite. Une lecture provoquée par le confinement et la liste des meilleures ventes de ma librairie tourangelle préférée ! A sa sortie en janvier, ce livre avait engendré beaucoup de promotion autour de son auteure, Constance Debré. Trop pour moi.

Et pour cause. Elle a un nom (Constance est l’arrière petite-fille de Robert ; la petite-fille de Michel, qu’elle déteste ; la fille de François, l’ancien grand reporter qui vit à Montlouis et la nièce de Jean-Louis et de Bernard). Et a fait des choix radicaux à contre-courant dans notre société qui rêve de confort et de conformité aux standards en cours.

Alors j’ai ouvert ce roman d’autofiction. Et je ne l’ai refermé qu’une fois lu. Sonnée. Troublée aussi.

Au fil des pages de cette autofiction, Constance. Constance qui se débat pour continuer à voir son fils, Paul, dont son ex-mari le prive en arguant de terribles supputations.  Constance qui a rendu sa robe noire d’avocate, mais aussi les clés de son appartement…

 

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COLOMBO OK

Un premier roman… j’ai déjà l’oeil qui frise ! « Rendez-vous à Colombo » est arrivé jusqu’à moi et c’était plutôt une bonne idée. Je vous raconte. Sarah Malartre, l’auteure, est juriste. Comme la narratrice de son roman, Nina qui intervient auprès des migrants et les accompagne dans leurs démarches pour obtenir le statut de réfugié.

Après des études de philosophie du droit et de droit international public, Sarah Malartre a occupé plusieurs postes dans des tribunaux internationaux afin de rejoindre des associations.

Dans ce premier roman, l’histoire de son héroïne Nina, la narratrice, se mêle à celles des hommes et des femmes qu’elle accompagne, qu’elle aide, qu’elle soutient. Au point parfois de ne plus marquer de limites.

Alors que son compagnon lui annonce qu’il la quitte, alors qu’elle apprend que son père est gravement malade, elle sombre. Et se raccroche aux vies de SohrabGermudeNourFatou, Issa et les autres dont les malheurs sont autrement plus graves.  Quoique.

Une rencontre improbable avec un autre homme peut-elle la sauver ? De quoi remettre nos attentes et nos épreuves à leur place.

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ESPERANCES OK

 

Pas vraiment ma cam… je le savais en ouvrant  » Nos espérances « , nouveau roman d’Anna Hope, dont je n’avais rien lu jusque-là. Je vais mettre cela sous le compte du coronavirus, ça lui apprendra ;-)

L’histoire ? Elle est contemporaine. Traverse les années 90 jusqu’aux années 2010 et nous parle des parcours de trois amies, anglaises. Trois trajectoires, trois histoires qui s’entremêlent. Entre petites trahisons, rancunes sévères et retrouvailles joyeuses.

Hannah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 1990 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l’art, l’activisme, l’amour et leur avenir, qu’elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire.

 

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COURAGE OKOK

 

Hugo Boris, je l’avais découvert avec POLICE,  formidable roman sorti en 2016 qui, le temps d’une nuit, nous entraînait dans une voiture de police le temps d’un transfert. Un roman pêchu et terriblement contemporain qui a fait l’objet d’une adaptation pour le cinéma.

Le film d’Anne Fontaine avec Omar SyVirginie Effira et Grégory Gadebois devait sortir sur les écrans le 1er avril. Le confinement en a décidé autrement.

Ici, découvrez la bande-annonce du film qui sortira finalement en septembre :

Cette fois, pas de récit ou de roman. Mais un patchwork de morceaux glanés, de saynètes vues et retranscrite sur des bouts de papier par l’auteur et déposés dans une pochette.

Pendant quinze ans, l’auteur a noté, observé, raconté ce qu’il a vu dans le métro, dans le RER. Il y raconte ses lâchetés, les nôtres aussi. Et aussi les petits actes héroïques.

 

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GOLF BLANCHE

Un premier roman. Quelle joie ! Celui que je vous présente aujourd’hui m’aura laissé un drôle de goût dans la bouche cependant. A cause de son histoire.

Charles Sitzenstuhl, 31 ans, signe avec « La Golf blanche » un premier roman visiblement autobiographique. Il n’a d’ailleurs prévenu que sa mère de la sortie de ce roman dérangeant. 

Conseiller politique du ministre de l’Economie Bruno Le Maire, le trentenaire est en charge des dossiers internationaux et européens. Une mission, lourde, pour ce jeune homme homme, élu local à Sélestat.

Sélestat, justement. Cette petite ville du Bas-Rhin en Alsace, sert de décor à cette histoire. Celle d’une famille de la classe moyenne, dans les années 90.

Il y a le père, responsable technique dans une usine qui fabrique des cuisines. Il est Allemand. Il est violent, humiliant, insultant, méprisant. Il est marié à une institutrice et le père de deux enfants, Charles et Flora.

 

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EFFET MATERNELUn récit, fort. Eclairant. Et sensible. Virginie Linhart a ce talent de puiser dans son récit de vie pour nous faire partager ce qu’ont connu les enfants des soixante-huitards. Devenus adultes, ils essayent de vivre entre leur héritage familial et ce qu’ils ont décidé d’en faire.

Documentariste et écrivaine, Virginie Linhart a utilisé cette matière pour raconter. Je l’avais découverte via son récit « Le jour où mon père s’est tu », dans lequel elle évoquait le parcours de son père, Robert Linhart, philosophe et théoricien de Mai-68 qui fut le fondateur de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes. En 1978, celui qui rejoindra un temps les chaînes d’une usine Citroën écrira « L’établi ».

En février 1981, il fera une tentative de suicide en avalant une forte dose de médicaments. Sauvé, il entre dans une phase de mutisme familial et politique presque complet qui se prolonge durant de longues années tout en restant maître de conférences en sociologie à l’université Paris-VIII-Saint-Denis.

 

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404

Un monde où la vidéo nous manipulera, ça vous dit ? Certains diraient que nous y sommes déjà. Dans son nouveau roman Sabri Louatah nous montre à quoi nous pourrions être confrontés via un roman, un thriller politique et rural à la fois.

Je vous raconte ? L’auteur des « Sauvages » ( un roman en quatre tomes qui a donné lieu à une adaptation sur Canal +) a voulu  » regarder la brèche, sans ciller, et raconter cette tragédie française de la partition et de la séparation ethnique à travers le destin d’une poignée de personnages réunis dans une petite commune de l’Allier. Pile au centre de la France et de toutes les tensions qui la traversent… »

Sabri Louatah a imaginé une France de futur soumise à la manipulation technologique mais aussi à la guerre raciale. A 36 ans, cet ancien gamin de Saint-Etienne désormais installé aux Etats-Unis, nous plonge dans l’univers des « deepfakes »,  ces « mirages », des fausses vidéos hyperréalistes qui se transforment en armes redoutables.

Nous sommes en 2022, le pays est désormais dirigé par une femme populiste et autoritaire. Une femme dont la réputation a été très largement écornée par un « mirage » : la vidéo d’un viol dont elle aurait été la victime par le chef d’Etat algérien. De quoi déstabiliser le pays ?

 

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UNE MACHINE COMME MOI

Et si on plongeait non pas dans le futur, mais dans un passé très avancé ? Cap sur l’uchronie avec Ian McEwan qui signe son quinzième roman avec « Une machine comme moi ».

Nous sommes en 1982, dans la banlieue de Londres. Tout a l’air presque normal. Presque seulement. Imaginez plutôt : dans la guerre qui oppose le gouvernement britannique à l’Argentine à propos des Malouines… c’est l’Argentine qui s’est imposée. Et les Beatles viennent de se recomposer après une pause artistique. Pour le reste, à Londres, on conduit des voitures autonomes, on pratique le télétravail et on peut acheter un androïde…

C’est d’ailleurs ce que vient de faire Charlie, 32 ans, ancien avocat fiscaliste qui a décidé de sacrifier l’héritage de sa mère pour se payer Adam, l’un des 25 androïdes imaginés par Alan Turing ( il a inventé l’ordinateur et a déchiffré les codes secrets nazis)… dont la biographie officielle s’arrête en 1954. Là, celui qui sera condamné à une castration chimique pour homosexualité, est dans les d‘Ian McEwan un chercheur respecté et mondialement connu.

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FULMARD

 

Je sais, je sais, ça vire à l’obsession ! Jean Echenoz fait partie de ma vie… enfin surtout de ma bibliothèque. Et ça fait des années que ça dure ! Il vient de publier son dix-huitième roman. Je n’en ai lu que seize… Vous pouvez en trouver ici ou encore .

Celui-ci renoue, je trouve, avec l’ambiance des premiers romans, tous publiés depuis le début aux Editions de Minuit. C’est barré, foutraque, drôle et, évidemment, terriblement bien écrit.

Je vous raconte ? La vie de Gérard Fulmard est, comment dire, morne, triste et un peu désoeuvrée.

 

 

Ancien steward, il a dû quitter son travail. Malgré lui. Mais en conséquence d’une décision judiciaire dont on connait pas la nature. Bref, il vit dans l’appartement de la rue Erlanger autrefois occupée par sa mère. La rue Erlanger, oui. Celle dans laquelle Mike Brant a trouvé la mort en se jetant d’une fenêtre. Celle aussi ou, six ans plus tard, un étudiant japonais et cannibale se rendait célèbre après avoir « cuisiné » une jeune femme…

Le roman s’ouvre sur un autre événement. La chute d’un morceau de vieux satellite pile sur le supermarché où il a l’habitude de faire ses courses… Le premier de ses soucis. Qui vont se succéder. Pas le plus grave au final.

La vie de Gérard Fulmard change de dimension le jour où il décide de créer sa propre agence, Cabinet Fulmard assistance. CFA, donc. Et voilà notre anti-héros qui se retrouve « homme de main » au sein de la Fédération populaire indépendante ( FPI), petit parti extrémiste en proie à des difficultés de direction alors que la tête d’affiche de la petite structure aurait été enlevée… 

De péripétie en rebondissement, telle celle d’un saint, la vie de Gérard s’offre à nous yeux et nos zygomatiques. Pour la première fois, Jean Echenoz use du « je » et dépend un personnage pas perspicace pour deux sous, un pantouflard qui se rêve en Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117… 

 Une histoire qui reprend les codes du roman noir. Jean Echenoz est de retour, et c’est une (très) bonne nouvelle ! 

 

 Extraits

Page 17 : « […] A part ce nom, je ne suis pas sûr de provoquer l’envie : je ressemble à n’importe qui en moins bien. taille au-dessous de la moyenne et poids au-dessus, physionomie sans grâce, études bornées à un brevet, vie sociale et revenus proches de rien, famille réduite à plus personne, je dispose de forts peu d’atouts, peu d’avantages ni de moyens. Encore heureux que j’aie pu reprendre ces deux pièces et demie après le décès de ma mère, elles étaient locativement les siennes et je n’ai pas changé les meubles. C’est là qu’à présent je me tiens, fenêtres entrouvertes sur une rue peu passante. Elle a beau être située dans le quartier d’Auteuil contenant principalement des gens à l’aise, il n’empêche qu’elle n’est pas bien gaie, la rue Erlanger. Sur elle aussi, je reviendrai. » 

Page 106 : « Considérant les événements récents, j’ai dressé un bilan et deux conclusions s’imposaient. La première : chaque fois que j’avais cru tenir une affaire, elle avait tourné très vite court. La seconde : j’avais eu finalement de la chance, ç’aurait pu être pire mais au moins j’aurais essayé. Et me retrouvant au point de départ, me suis-je dit, peut-être pourrais-je aller prendre conseil auprès de Bardot. Même s’il avait mon dernier commanditaire et si j’avais échoué dans l’exécution de ses consignes, il me tenait avant tout lieu de thérapeute : en tant que tel, je voulais croire qu’il ne m’en tiendrait pas rigueur. « 

Page 167 : «  Quand j’ai appelé le lendemain matin, j’étais à ma fenêtre où souvent je me poste quand je n’ai rien à faire, très souvent. Je guettais un fait nouveau dans la rue Erlanger, n’importe lequel m’aurait suffi mais je sais bien qu’il ne s’en produit guère, ce n’est pas tous les jours qu’un chanteur de charme s’y jette de son balcon ni qu’un fils de famille jaune y ingurgite une étudiante blonde. Je ne doute que d’autres existences brèves s’y déroulent, comme partout, mais je crains qu’elles ne présentent pas le même intérêt scénique. S’il est cependant une vie qui a failli s’y voir abrégée, c’est celle de la rue Erlanger elle même en 1942, et ici j’ouvre une parenthèse ». 

 « Vie de Gérard Fulmard », Editions de Minuit.

 

EN GUERRE Tout est-il donc figé ? Le déterminisme, la reproduction sociale sont-ils si forts qu’ils cloisonnent nos vies ? 

L’amour ou ce qui y ressemble ne peut-il pas dépasser le côté improbable de ces rencontres ? 

François Bégaudeau, dont je n’avais encore rien lu, tente d’y répondre dans un roman qui nous parle de nous, de vous et de notre époque si socialement précaire. 

Puisque la rencontre entre un prince et une bergère ne peut résulter que d’un accident, il en sera de même pour Romain Praisse et Louisa Makhloufi ! Le premier vit dans le centre de cette ville jamais nommée où il est fonctionnaire territorial tendance bobo. Louisa, elle, vit en périphérie. Avec Cristiano. Elle est manutentionnaire sur une plateforme Amazon, lui travaille dans une entreprise qui fabrique des pièces. Il est ouvrier. Mais l’entreprise vit ses derniers moments.

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