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Rentrée littéraire été-automne 2023

HORS SAISON

 

Parmi les 466 nouveaux romans de la rentrée, des dizaines de pépites imaginées par des primo-écrivains. De quoi plonger dans des univers nouveaux, et arpenter, au fil des pages, des styles singuliers.

L’histoire de Hors saison, écrit par Basile Mulciba ?

Elle se déroule de nos jours, dans une station de ski en hiver. Tout le monde attend la neige qui tarde à tomber. Yann, un jeune homme d’une vingtaine d’années, interrompt ses études de médecine – il est en 4e année – pour venir travailler comme saisonnier.

Il connaît peu la montagne et encore moins les codes du mode saisonnier. Seul le temps qui passe lui donne le courage de s’approcher des autres.

A la Saint-Sylvestre, la neige n’est toujours pas arrivée. Les saisonniers, eux, s’en vont les uns après les autres.

Yann a été recruté par Hans, qui dirige le vieil hôtel hérité de son père et qui commence à subir comme les autres les conséquences de l’absence de neige. Tandis que peu à peu la station se vide, les deux hommes décident de rester. Et apprennent à se connaître. A s’aimer aussi. 

Yann marche beaucoup. Repousse ses limites aussi. Et tente de comprendre les raisons de sa fuite.

Les descriptions précises et sensibles écrites par Basile Mulciba participent de cette virée dans un monde qui disparaît peu à peu du fait des dérèglements climatiques, une société qui perd ses repères, tandis que le désir, lui, nourrit toujours ceux qui y vivent.

 

Basile Mulciba est originaire de Bretagne. Il a grandi en Guadeloupe et vit aujourd’hui à Paris.

Extraits

Page 64 :« Yann se levait tôt mais restait allongé de longues minutes, à contempler les poutres du plafond, se remémorant presque chaque matin, avant de sortir de la chambre, la conversation avec Anne-Lise et ne sachant toujours pas très bien ce qu’il était venu chercher. Sa colère, le doute et les remises en question s’étaient dissipés et il fut même étonné de comprendre que c’était elle qui, sans complètement le maîtriser, avait fait naître en lui l’éventualité d’un départ. 

Après plusieurs jours, il avait l’impression que l’existence à la station trouvait son rythme et que, malgré l’absence de neige, l’activité démarrait peu à peu, comme une vieille mécanique fatiguée et pleine de poussière dont on chauffe le moteur en prévision d’un grand voyage. »

Page 134 :« Ce soir-là, Hans et Joachim semblèrent au sommet de leur amitié. D’humeur festive et joyeuse, ils entraînèrent Florence avec eux. Yann participa aux conversations tout en sentant en retrait. Il repensait à la fin de la discussion avec Joachim et au sous-entendu qu’il avait fait, que Hans puisse être la raison première de son désir de rester. Le trouble qu’il ressentait à sa vue et à son contact ne le quittait plus depuis qu’il l’avait vu danser. Joachim l’avait compris et, plutôt que de le lier ou de le contenir, il commençait à l’accepter. »

Page 148 :« Pendant une semaine, des masses d’air glacé venues du nord succédèrent aux pluies humides, gorgées des eaux chaudes de l’océan, sans que jamais les phénomènes ne se croisent ou ne se superposent. Les quelques personnes qui demeuraient en station et que Yann et Hans croisaient n’acceptaient pas de ne plus rien comprendre, de ne plus rien maîtriser. Ceux qui restaient étaient les plus aigris, les plus hargneux, rongés par la crainte de tout perdre ou par le désespoir d’une vie de travail déjà en ruine. »

Hors saison, Basile Mulciba, Gallimard, 19,50 euros. 

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