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	<title>Quatrième de couv</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Le roman américain bidouillé par Tanguy Viel</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 08:24:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[archétypes]]></category>
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		<description><![CDATA[Le roman américain, ça marche. La preuve ? Jetez un oeil aux têtes de gondoles et sur les tables des librairies. Tous les grands noms sont là, qui, chaque saison, reviennent avec de nouvelles histoires&#8230; et les mêmes recettes, semble-t-il, efficaces. Vous en trouverez d&#8217;ailleurs bon nombre sur ce blog. &#160; &#160; Tanguy Viel, lui, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le roman américain, ça marche. La preuve ? Jetez un oeil aux têtes de gondoles et sur les tables des librairies. Tous les grands noms sont là, qui, chaque saison, reviennent avec de nouvelles histoires&#8230; et les mêmes recettes, semble-t-il, efficaces. Vous en trouverez d&rsquo;ailleurs bon nombre sur ce blog.</p>
<div id="attachment_1724" class="wp-caption alignleft" style="width: 397px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PHOTO-TANGUY-VIEL.jpg" rel="lightbox[1718]"><img class=" wp-image-1724  colorbox-1718" style="margin: 10px" alt="Photo  : Roland Allard" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PHOTO-TANGUY-VIEL.jpg" width="387" height="192" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Roland Allard</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a title="Découvrez la bibliographie de l'auteur ici" href="http://www.leseditionsdeminuit.fr/f/index.php?sp=livAut&amp;auteur_id=1464"><strong>Tanguy Viel</strong></a>, lui, romancier français vivant en France, a décidé de faire écrire à son narrateur un roman américain. Une gageure ? Ce serait mal connaître l&rsquo;auteur de <strong>&laquo;&nbsp;Paris-Brest&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Insoupçonnable&nbsp;&raquo;</strong> ou encore <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;absolue perfection du crime&nbsp;&raquo;</strong> qui s&rsquo;est plongé dans les clichés et les archétypes chers à la littérature yankee avec un certain talent.</p>
<p>Vous agitez le tout et vous obtenez <strong>&laquo;&nbsp;La disparition de Jim Sullivan&nbsp;&raquo;</strong>, paru aux <strong>Editions de Minuit</strong>. Un petit bijou d&rsquo;ironie et de loufoquerie.</p>
<p><span id="more-1718"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-VIEL.jpg" rel="lightbox[1718]"><img class="alignleft  wp-image-1723 colorbox-1718" style="margin: 10px" alt="TANGUY VIEL" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-VIEL.jpg" width="108" height="146" /></a></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de ce narrateur qui lassé de voir que les romans américains deviennent souvent des romans internationaux, décide de se servir des codes en vigueur outre-Atlantique pour écrire son nouveau roman.</p>
<p>Au fil des pages, une fois les poncifs collectés et repatinés, le narrateur nous plonge dans son histoire. Elle nous entraîne au Michigan et plus précisément à Detroit, dans les pas de<strong> Dwayne Koster</strong>, un universitaire ( il enseigne la littérature américaine). Quinquagénaire, il est  quitté par sa femme<strong> Susan</strong> qu&rsquo;il trompait avec une de ses étudiantes,<strong> Milly,</strong> jeune femme qui travaille en parallèle dans un <em>dinner</em>. De son côté, <strong>Susan</strong> le trompait avec <strong>Alex Dennis</strong>, également universitaire et bien plus charismatique que Dwayne.</p>
<p>Ah oui ! J&rsquo;oubliais : <strong>Dwayne Koster est fan de Jim Sullivan, ce chanteur des seventies disparu mystérieusement en 1975 dans le désert du Nouveau-Mexique.</strong> Et les Etats-Unis sont en guerre contre l&rsquo;Irak.</p>
<p>De chapitre en chapitre, notre héros va vivre une descente aux enfers au volant de sa Dodge des années 60. Le décor est planté. Rien ne manque. Jusqu&rsquo;à la crosse de hockey dans le coffre, mais chut, je ne peux pas tout vous raconter !</p>
<p><strong> Dans cette vidéo, Tanguy Viel raconte la construction de son roman</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/05/22/le-roman-americain-bidouille-par-tanguy-viel/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Pages 10-11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Même dans le Montana, même avec des auteurs du Montana qui s&rsquo;occupent de chasse et de pêche et de provisions de bois pour l&rsquo;hiver, ils arrivent à faire des romans qu&rsquo;on achète aussi bien à Paris qu&rsquo;à New-York. Cela, c&rsquo;est une chose qui m&rsquo;échappe. Nous avons des hectares de forêts et de rivières, nous avons un pays qui est deux fois le Montana en matière de pêche et de chasse et nous ne parvenons pas à écrire des romans internationaux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 89</strong> : <em>&laquo;&nbsp;[...] Et chaque jour aussi, en déjeunant là, chez Milly, il s&rsquo;imaginait encore partir sur les routes d&rsquo;Amérique avec elle sur le siège passager, sa jupe noire de serveuse qu&rsquo;elle aurait gardée tellement ils seraient partis vite et les miles comme des fils barbelés qu&rsquo;ils auraient mis entre eux et ce Michigan-là, trop sale ou trop vulgaire pour lui, pensait-il. Parce que c&rsquo;est vrai que là, sur la Va, Dyke Avenue, l&rsquo;Amérique de Sterling Heights, l&rsquo;Amérique des façades blanches et des profs de fac, elle était très, très loin.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong> Page 106</strong> :<em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;est un point très important du roman américain, l&rsquo;adultère. C&rsquo;est même une obsession du roman américain, que le mari ou la femme, même après le divorce, ait une histoire avec quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, et si possible alors, avec la personne que l&rsquo;autre déteste le plus. Et je ne sais pas si on saisit bien que ce Dwayne a compris de ces histoires d&rsquo;empereur et de messager, mais ce qui est sûr, c&rsquo;est qu&rsquo;à partir de ce jour-là, il a commencé à pointer là, à Rochester Hills, dans les soirs ténébreux qui ouvraient cette histoire, avec l&rsquo;autoradio qui hésitait entre Jim Sullivan et la guerre en Irak.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong> Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Les romans de Tanguy Viel sont toujours des petits bijoux de construction, d&rsquo;inventivité et d&rsquo;humour décalé. La preuve encore avec &laquo;&nbsp;La disparition de Jim Sullivan&nbsp;&raquo; qui nous entraîne outre-Atlantique, mais sans perdre de vue nos repères français. Tanguy Viel sait écrit des romans américains. Et il le fait si bien qu&rsquo;on se dit&#8230; qu&rsquo;heureusement pour nous, il est Français ! </span></p>
<p><em><strong> &nbsp;&raquo;La disparition de Jim Sullivan&nbsp;&raquo;, de Tanguy Viel, Les Editions de Minuit, 14€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Prix Roblès 2013 : “Le coursier de Valenciennes” de Clélia Anfray</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/05/13/prix-robles-2013-le-coursier-de-valenciennes-de-clelia-anfray/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 11:08:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>

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		<description><![CDATA[Roblès 2013 Plus qu&#8217;un ! Je viens d&#8217;achever le cinquième des six premiers romans sélectionnés pour le prix Roblès 2013. J&#8217;ai donc suivi Clélia Anfray dans son histoire intitulée &#171;&#160;Le coursier de Valenciennes&#160;&#187;, paru chez Gallimard. Agrégée de Lettres modernes, enseignante et chercheuse au CNRS, Clélia Anfray s&#8217;est inspirée d&#8217;une histoire vraie pour son premier [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center"><span style="color: #ff0000">Roblès 2013</span></h3>
<p>Plus qu&rsquo;un ! Je viens d&rsquo;achever le cinquième des six premiers romans sélectionnés pour le <strong>prix Roblès 2013</strong>. J&rsquo;ai donc suivi <strong>Clélia Anfray</strong> dans son histoire intitulée <strong>&laquo;&nbsp;Le coursier de Valenciennes&nbsp;&raquo;</strong>, paru chez Gallimard.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COURSIER.jpg" rel="lightbox[1678]"><img class="alignleft  wp-image-1681 colorbox-1678" style="margin: 10px" alt="COURSIER" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COURSIER.jpg" width="65" height="96" /></a>Agrégée de Lettres modernes, enseignante et chercheuse au CNRS, <strong>Clélia Anfray</strong> s&rsquo;est inspirée d&rsquo;une histoire vraie pour son premier roman.</p>
<p>Celle de <strong>Pierre Créange</strong>, mort dans les mêmes conditions que l&rsquo;un des personnages du roman, <strong>Pierre Weill</strong>. C&rsquo;est un codétenu de<strong> Pierre Créange</strong> qui a fait parvenir aux vivants et à la postérité les écrits de ce dernier.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de<strong> Simon Abramovitch</strong>. Nous sommes six ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. <strong>Simon, vendeur de chaussures basé en Auvergne, décide de s&rsquo;acquitter enfin d&rsquo;une promesse. Elle concerne l&rsquo;un de ses compagnons d&rsquo;infortune, Pierre Weill, dont il partagea le quotidien dans un camp de travail, pendant la guerre, Klein Mangersdorf.</strong></p>
<p><span id="more-1678"></span></p>
<p><strong>Simon</strong> a une enveloppe à remettre à la famille de Pierre. Il la retrouve à <strong>Valenciennes, ville qui se reconstruit</strong>. Sa femme est morte. <strong>Restent sa belle-soeur, Suzanne, qui sans mari ni enfant a pris sous son aile Pierre, Renée et Henri, qui n&rsquo;étaient que des enfants à la disparition de leurs parents.</strong></p>
<p>En frappant chez les Weill, devenus la famille Viéville, Simon rencontre Suzanne. Puis Renée et Henri. Lui, tout dégoulinant de l&rsquo;eau de pluie qui tombe sur la ville, se réchauffe dans l&rsquo;intérieur coquet et douillet de la famille de Pierre, le poète.</p>
<p>Là, dans la maison cossue, les membres de la famille ont décidé d&rsquo;oublier. De faire sans. En changeant de nom, en n&rsquo;affichant plus sa foi pour le judaïsme, en tournant la page, en se reconstruisant dans une ville qui en fait tout autant.</p>
<p>Quand l&rsquo;enveloppe est ouverte, l&rsquo;histoire bascule. Simon vient de réduire à néant l&rsquo;équilibre retrouvé. En effet, outre la lettre adressée à sa femme et un poème, il y a un morceau de papier sur lequel figure un nom et un lieu. Celui du passeur qui, pendant la guerre a &laquo;&nbsp;vendu&nbsp;&raquo; Pierre et sa femme, les menant de manière certaine vers la mort.</p>
<p>Renée et Henri ont toujours été certains qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de lui. Cette confirmation, qui arrive enfin, les oblige à penser à ce qu&rsquo;ils vont en faire. Henri veut le rencontrer&#8230; Simon va aller jusque le tuer d&rsquo;un coup de chaussure. Pour quel résultat ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Pages 10-11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La guerre avait brisé net ses vocations de peintre. Mais il s&rsquo;en était remis, un peu comme tout le monde. L&rsquo;essentiel n&rsquo;était-il pas de casser sa croûte et de trouver chaussure à son pied ? Renoncer n&rsquo;était jamais au fond qu&rsquo;une affaire d&rsquo;habitude. Comme tout le reste. C&rsquo;était peut-être pour ça qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais compris Pierre. Simon, lui, n&rsquo;avait sans doute pas l&rsquo;âme d&rsquo;un poète, mais il était quand même sensible aux choses. La pitance et le mariage, c&rsquo;était faute de mieux. Dans une autre vie, il aurait été peintre. Il n&rsquo;y avait pas à tortiller. Hochant la tête à cette pensée, il se remit à observer les reflets versatiles des pavés qu&rsquo;il recomposait comme un puzzle mobile. </em></p>
<p><em>Soudain, en voulant esquiver une rigole, il loupa son enjambée et fit gicler l&rsquo;eau, comme une source. C&rsquo;était bien sa veine. Depuis l&rsquo;ourlet, qu&rsquo;il avait lui-même recousu, jusqu&rsquo;aux genoux, son pantalon était trempé. Après toutes ces années, il avait fini par prendre des habitudes de vieux garçon.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 48 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Simon fit le récit qu&rsquo;il avait déjà fait quelques heures plus tôt. Renée le scrutait de ses yeux fixes et profonds qu&rsquo;il tâchait d&rsquo;éviter. Avide de tout connaître, elle semblait revivre les derniers instants du père. Elle l&rsquo;écoutait comme elle aurait lu un roman, espérant lui trouver une issue heureuse, s&rsquo;ingéniant à oublier, le temps du récit, que cette fin-là, irréfutable et certaine, elle la connaissait déjà. Ses deux genoux faisaient par instants des mouvements nerveux qui contrastaient avec le fixité grave de son visage. Lorsqu&rsquo;elle apprit avec quelle férocité les lunettes de son père avaient été brisées, ses lèvres tressaillirent involontairement. Mais ses deux yeux inamovibles le ne quittaient pas. Elle attendait. Elle espérait une suite qui ne venait pas. Ce départ pour Auschwitz avait quelque chose d&rsquo;inachevé auquel elle ne parvenait pas à se résoudre. Pourquoi son père était-il mort quand cet homme, là, devant elle, cet inconnu, ce simple marchand de chaussures, en avait réchappé ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong> Page 138 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Un monde les séparait. Il en avait la certitude désormais : rien ne le distinguerait plus de ses bourreaux. Longtemps, il avait isolé l&rsquo;acte de ses conditions. Tuer, dans son idée, était d&rsquo;une autre nature que tuer son bourreau. Si l&rsquo;un était le mal absolu, l&rsquo;autre était glorieux et ennoblissait même le criminel. Depuis sa libération, il avait  construit sa vie autour de cette certitude-là.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un bon début et une mauvaise fin. Ce court roman laisse un goût d&rsquo;inachevé. Dommage. On a du mal à y croire, à comprendre la réaction de Simon face à cet homme, ancien douanier et passeur. On ne croit pas non plus au mode opératoire utiliser pour l&rsquo;éliminer. Bref, le sujet est original et aurait pu faire vivre un roman passionnant. Là, l&rsquo;histoire fait pschitt ! &laquo;&nbsp;Le coursier de Valenciennes&nbsp;&raquo; ne laisse pas un souvenir impérissable, loin s&rsquo;en faut.<br />
</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le coursier de Valenciennes&nbsp;&raquo;, de Clélia Anfray, Gallimard, 14,90€.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Prix Roblès 2013 : &#171;&#160;Sauver Mozart&#160;&#187; de Raphaël Jerusalmy</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/04/29/prix-robles-2013-sauver-mozart-de-raphael-jerusalmy/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 19:39:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[attentat]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
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		<category><![CDATA[Deuxième Guerre mondiale]]></category>
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		<category><![CDATA[sanatorium]]></category>
		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2013]]></category>

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		<description><![CDATA[Roblès 2013 Où en êtes-vous dans la lecture des six premiers romans sélectionnés pour le Roblès 2013 ? Je viens de finir &#171;&#160;Sauver Mozart&#160;&#187;, de Raphaël Jerusalmy. Encore une bonne surprise. &#160; Raphaël Jerusalmy, a déjà écrit deux ouvrages mais pas de roman. Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure et de la Sorbonne, ce dernier a [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center"><span style="color: #ff0000">Roblès 2013</span></h3>
<p>Où en êtes-vous dans la lecture des six premiers romans sélectionnés pour le <strong><a title="Découvrez ici la sélection 2013" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/07/viviane-elisabeth-fauville-ou-une-certaine-idee-de-la-folie/#more-1486">Roblès 2013</a> </strong>? Je viens de finir <strong>&laquo;&nbsp;Sauver Mozart&nbsp;&raquo;</strong>, de <strong>Raphaël Jerusalmy</strong>. Encore une bonne surprise.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MOZART.jpg" rel="lightbox[1661]"><img class="alignleft  wp-image-1665 colorbox-1661" style="margin: 10px" alt="MOZART" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MOZART.jpg" width="72" height="137" /></a></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AVT_Raphael-Jerusalmy_3045.jpeg" rel="lightbox[1661]"><img class="alignleft  wp-image-1664 colorbox-1661" style="margin: 10px" alt="AVT_Raphael-Jerusalmy_3045" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AVT_Raphael-Jerusalmy_3045.jpeg" width="120" height="160" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Raphaël Jerusalmy</strong>, a déjà écrit deux ouvrages mais pas de roman. Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure et de la Sorbonne, ce dernier a fait une carrière au sein des services de renseignements militaires israéliens. Aujourd&rsquo;hui, il est marchand de livres anciens en Israël.</p>
<p>Pour<strong> &laquo;&nbsp;Sauver Mozart&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Raphaël Jerusalmy</strong> a obtenu le Prix littéraire de l&rsquo;Ecole normale supérieure de Cachan 2013.</p>
<p><span id="more-1661"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce court romande 149 pages publié chez <strong>Actes Sud</strong> ? <strong>C&rsquo;est celle de Otto. J.Steiner. Critique musical installé à Salzbourg, en Autriche, Otto est vieux et malade. Il vit dans un sanatorium. Nous sommes au lendemain de l&rsquo;Anschluss, à l&rsquo;été 1939.</strong></p>
<p><strong>Otto</strong> est juif, seul, tuberculeux. Il tient un journal qu&rsquo;il espère pouvoir remettre à son fils, parti. Il n&rsquo;aime que la musique et tente de s&rsquo;y réfugier alors que la guerre, les privations et la culture hitlérienne s&rsquo;installent.</p>
<p>De juillet 1939 à août 1940, d&rsquo;un festival de musique dédié à Mozart à un autre, nous suivons la vie d&rsquo;Otto qui, bien que malade, veut rester debout. Digne. Patiemment, ce dernier va d&rsquo;ailleurs orchestrer la vengeance de la musique contre l&rsquo;Histoire. Avec plus ou moins de succès tandis que son quotidien se dégrade. Faim, froid, trahisons et autres petites lâchetés.</p>
<p>Pour aller plus loin, voici l&rsquo;article consacré à un documentaire diffusé sur France 5. On y parle de résistance à l&rsquo;opéra Garnier. Le lien est <a href="http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-programmes/LE-MAG-N-15-2013/articles/p-17892-Un-air-de-resistance-a-l-Opera.htm">ici</a>.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Pages 46-47 :</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Lundi 29 janvier 1940</p>
<p><em>Cloué au lit depuis hier. Le gardien de nuit m&rsquo;a ramassé dans la cour. Tout gelé. Samedi a été très dur. Dès le réveil, j&rsquo;ai senti que ça n&rsquo;allait pas. Gorge sèche, grelottements, maux de poitrine, de dos, crampes, nausée. Je n&rsquo;ai rien voulu dire. De dessous les draps, j&rsquo;ai vu les autres comme dans un brouillard. On aurait dit des ombres chinoises. Je n&rsquo;arrivais plus à respirer, comme quelqu&rsquo;un qui se noie. Günter m&rsquo;a apporté de l&rsquo;eau. De l&rsquo;eau, à un noyé ?  </em></p>
<p><em>La nuit, encore pire. Poussée de fièvre, diarrhée. Honte. Colère. Lorsque les autres se sont enfin endormis, je me suis traîné jusqu&rsquo;à la cour et je me suis étendu dans la neige. J&rsquo;ai regardé les branches des arbres, le ciel d&rsquo;où tombait un rayon de lune. </em></p>
<p><em>Ce suicide, ça m&rsquo;a fait du bien&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Page 53 </strong><em><strong>:</strong> &laquo;&nbsp;Je comprends le désarroi de Hans. Cette ingérence des nazis dans le programme du </em>Festspiele<em> est inadmissible. Révoltante. Faire du festival un vulgaire outil de propagande, un amusement troupier, c&rsquo;est un comble. Prendre Mozart en otage. L&rsquo;avilir ainsi. N&rsquo;y a-t-il donc personne pour empêcher un tel outrage ? </em></p>
<p><em>Cette fois-ci, ils dépassent les bornes ! On ne peut tout de même pas les laisser faire une chose pareille. Sans s&rsquo;insurger, sans réagir. Il faut mettre fin à cette mascarade. A tout prix. Il faut sauver Mozart ! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong> Pages 102-103 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Ce matin, Stephan nous a annoncé que l&rsquo;enquête était terminée et que nous pouvions descendre à la cantine. Tout le monde cherchait à savoir ce qui s&rsquo;était passé. L&rsquo;intendant est entré, suivi du personnel. Il nous a informés que le docteur Müller avait été arrêté sur dénonciation du précédent concierge. Pour trafic de drogue. Müller revendait nos médicaments à une bande de malfrats. Au marché noir. Nous étions traités à l&rsquo;aspirine, en cachet ou en poudre, et au paracétamol dilué dans de l&rsquo;eau, pour les piqûres. D&rsquo;où la statistique. </em></p>
<p><em>Dans l&rsquo;armoire de pharmacie, il n&rsquo;y avait rien que des concoctions improvisées. Du sucre, des farines, des sirops de fruits, des colorants de teinturerie. Et même de la térébenthine. Rien qui puisse nous guérir. Ni tuer Hitler. &laquo;&nbsp;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong> Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un texte ironique et cruel. Un régal que ce premier roman qui nous entraîne dans la vie de ce critique tuberculeux qui se lance dans un attentat musical. Le texte, sous forme de journal, se lit d&rsquo;une traite. Pas question pour lui que les marches militaires remplacent l&rsquo;oeuvre de Mozar ! Otto se bat contre plus fort que lui avec sa seule passion comme arme. L&rsquo;humour est grinçant, la gravité, elle, se fait malicieuse. A découvrir. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Sauver Mozart&nbsp;&raquo;, de Raphaël Jerusalmy, Actes Sud, 17,10€.</strong> </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>“Adèle et moi” ou le destin de vies qui s&#8217;entremêlent&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 14:08:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Abolir les frontières entre le passé et aujourd&#8217;hui. Se jouer des faits et des souvenirs, en inventer d&#8217;autres, tout aussi crédibles&#8230; Pourquoi pas ? C&#8217;est en tout le chemin qu&#8217;a suivi Julie Wolkenstein qui signe avec &#171;&#160;Adèle et moi&#160;&#187;, son sixième roman. Et quel roman ! Vous suivez au fil des 595 pages quatre vingts [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Abolir les frontières entre le passé et aujourd&rsquo;hui. Se jouer des faits et des souvenirs, en inventer d&rsquo;autres, tout aussi crédibles&#8230; Pourquoi pas ? C&rsquo;est en tout le chemin qu&rsquo;a suivi <strong>Julie Wolkenstein</strong> qui signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Adèle et moi&nbsp;&raquo;</strong>, son sixième roman. Et quel roman ! Vous suivez au fil des 595 pages quatre vingts ans de la vie d&rsquo;une femme, Adèle, arrière-grand-mère de la narratrice, dont celle-ci découvre la vie et l&rsquo;existence à la mort de son père, en triant des papiers.</p>
<p><strong>Julie Wolkenstein</strong>,  née en 1968, enseigne la littérature comparée à l’Université de Caen, elle est la fille de l&rsquo;Académicien <strong>Bertrand Poirot-Delpech</strong>, décédé en 2006.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ADELE.jpg" rel="lightbox[1621]"><img class="alignleft  wp-image-1629 colorbox-1621" style="margin: 10px" alt="ADELE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ADELE.jpg" width="180" height="180" /></a>Elle a découvert la vie de cette aïeule à la mort de son père. A partir de documents, du mémorandum conservé par l&rsquo;une de ses tantes, elle a tenté de reconstituer le parcours de cette femme pas banale dont la vie aura été marquée par un secret de famille, le décès de trois de ses quatre enfants, la découverte de la cote normande et plus particulièrement de Saint-Pair.</p>
<p><span id="more-1621"></span></p>
<p>L&rsquo;auteure explique le cheminement qu&rsquo;elle a suivi. L&rsquo;enquête qu&rsquo;elle n&rsquo;a finalement pas menée et l&rsquo;option choisie pour raconter l&rsquo;histoire du roman <strong>&laquo;&nbsp;Adèle et moi&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/04/18/adele-et-moi-ou-le-destin-de-vies-qui-sentremelent/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<div id="attachment_1628" class="wp-caption alignleft" style="width: 394px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/saint-pair-sur-mer.jpg" rel="lightbox[1621]"><img class=" wp-image-1628  colorbox-1621" style="margin: 10px" alt="Saint-Pair ( photo Annick Leduc)" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/saint-pair-sur-mer.jpg" width="384" height="256" /></a><p class="wp-caption-text">Saint-Pair ( photo Annick Leduc)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center">C&rsquo;est cette commune, cette cote et cette mer qui, aujourd&rsquo;hui encore, servent de trait d&rsquo;union entre l&rsquo;auteure et son ancêtre, entre la narratrice et cette arrière-grand-mère.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Adèle</strong> qui, fille d&rsquo;un homme volage et déjà orpheline de mère, découvre la mer à l&rsquo;âge de 10 ans parce qu&rsquo;elle et sa demi-soeur Pauline,  rejoignent la Normandie pour se mettre à l&rsquo;abri.<strong> Nous sommes en 1870 et c&rsquo;est la guerre. La première des trois qu&rsquo;Adèle vivra dans sa chair.</strong></p>
<p>Parallèlement à ce parcours de vie, celui de la narratrice, auteure, divorcée, mère de famille et amoureuse qui se plonge dans le passé d&rsquo;une arrière-grand-mère qu&rsquo;elle découvre.</p>
<p>Adèle, nous la suivons au fil de son adolescence, sa découverte de la chasse, de l&rsquo;amour<strong>. </strong>Au fil de ses maisons aussi, qu&rsquo;elle occupe en fonction du calendrier, à Paris, à Sèvres et à Saint-Pair. <strong>La mort de son père, la rencontre avec Charles, les enfants qui naissent, le milieu de la haute bourgeoisie qu&rsquo;elle fréquente mais y avoir totalement sa place, la construction de sa maison à Saint-Pair </strong>( la première du village), son caractère colérique, sa sensualité, ses drames intérieurs, la vérité sur sa mère qu&rsquo;elle découvre à plus de cinquante ans&#8230; sont autant d&rsquo;aspects de la vie d&rsquo;Adèle que découvre le lecteur.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 187 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Peu à peu, Adèle a cessé de se cacher pour se mettre en colère. Elle est chez elle après tout, rue Barbet-de-Jouy, elle est majeure, elle est riche et lorsqu&rsquo;un grain de sable s&rsquo;introduit où que ce soit dans le déroulement de ses activités quotidiennes, elle fait de moins en moins d&rsquo;efforts pour contenir son irritation. Elle n&rsquo;a plus besoin de jeter des objets : la plupart du temps, elle se contente d&rsquo;émettre des vibrations puissantes qui suffisent à la défouler. Son objectif devient plus raffiné : il s&rsquo;agit de manifester sa mauvaise humeur avec assez de subtilité pour terrasser en silence celui ou celle qui l&rsquo;a provoquée, idéalement, </em>qu&rsquo;on se sente gravement en tort sans qu&rsquo;elle ait besoin de l&rsquo;expliquer.<em> Et l&rsquo;assassinat stupide de Jacques la conforte encore dans la légitimité de ses accès.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 251</strong> :<em>&laquo;&nbsp;Les souvenirs se superposent, étés après étés : les premiers pas des “bébés Armand-Duval” sur la plage, leurs derniers pas aussi, bien plus tard, puisque trois de ses enfants mourront avant elle ; l&rsquo;engloutissement de leur jeunesse, de ce nouveau “temps de l&rsquo;insouciance” qu&rsquo;Adèle connaîtra ici, aussi inexorable que celui de la forêt de Scissy au début du VIIIe siècle ; les palissades élevées puis démontées devant les chantiers toujours plus nombreux [...] Adèle vieillira et le temps lui semblera le plus souvent s&rsquo;écouler dans cette seule direction, enlaidissant ses souvenirs, abîmant le paysage, tuant ceux qu&rsquo;elle aime, réduisant le périmètre de ses promenades et de ses centres d&rsquo;intérêt. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais heureusement, ici, ici surtout, le temps lui offrira quelquefois la grâce de refluer en sens inverse et de voir ressusciter, même pour un quart de seconde, subreptice, imprévisible, les époques plus heureuses qu&rsquo;il avait paru couler définitivement vers le fond et qui remontent, refont surface à l&rsquo;improviste, accélérant le pouls d&rsquo;Adèle.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 370 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Mais si comme je l&rsquo;imagine Saint-Pair est la clé d&rsquo;Adèle comme elle est la mienne, si nous y avons vu toutes les deux, à un siècle d&rsquo;écart, le lieu où nous pouvions idéalement coïncider avec nous-m^mes, il  a des chances pour que nous partagions d&rsquo;autres choses. Et je reconnais dans sa situation sociale, toujours pressentie, à moitié sue mais tue et qui lui revient en boomerang au printemps 1914, une après-midi pluvieuse, avec cette vérité maladroitement formulée par Marie-Hélène sous le portrait ovale qu&rsquo;elle, Adèle, restera toujours marginale dans le milieu qu&rsquo;elle fréquente, je reconnais dans cette situation quelque chose qui m&rsquo;est familier, que j&rsquo;ai vécu moi aussi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #0000ff">Vous dire que j&rsquo;ai aimé ce roman est un euphémisme. Je l&rsquo;ai dévoré !</span> <span style="color: #0000ff">L&rsquo;histoire, la forme, le décor&#8230; tout me parle. Au lieu d&rsquo;avoir mené une véritable enquête, l&rsquo;auteure a déplacé le curseur plus loin dans la fiction, dans l&rsquo;invention. Cela donne le portrait d&rsquo;une femme libre, sure de ses choix, autonome et fière. Une précurseure assurément dans cette France de la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Un beau portrait de femme. En résonance, celui de la narratrice, un peu perdue, un peu triste de tout ce qui n&rsquo;est plus. Entre flux et reflux, voilà un roman qui offre une (très) belle éclaircie ! A lire.<br />
</span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Adèle et moi&nbsp;&raquo;, de Julie Wolkenstein, chez P.O.L., 22 €. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Bleus horizons ou la lutte contre l&#8217;oubli</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 10:35:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Centenaire oblige, la Première Guerre mondiale sera assurément très un thème &#171;&#160;à la mode&#160;&#187; l&#8217;an prochain. Unsujet qui réunira d&#8217;ailleurs  les spécialistes de la question à Blois, à l&#8217;automne, pour les Rendez-vous de l&#8217;Histoire. Si ce blog a, à de nombreuses reprises, évoqué le sujets à travers des romans, il ne l&#8217;avait jamais fait à [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Centenaire oblige, la Première Guerre mondiale sera assurément très un thème &laquo;&nbsp;à la mode&nbsp;&raquo; l&rsquo;an prochain. Unsujet qui réunira d&rsquo;ailleurs  les spécialistes de la question à Blois, à l&rsquo;automne, pour les <strong>Rendez-vous de l&rsquo;Histoire.</strong></p>
<p>Si ce blog a, à de nombreuses reprises, évoqué le sujets à travers des romans, il ne l&rsquo;avait jamais fait à travers la plume de <strong>Jérôme Garcin.</strong> C&rsquo;est désormais chose faite !</p>
<div id="attachment_1609" class="wp-caption alignleft" style="width: 81px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MIRMONT.jpg" rel="lightbox[1601]"><img class=" wp-image-1609   colorbox-1601" style="margin: 10px" alt="Jean de La Ville de Mirmont" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MIRMONT.jpg" width="71" height="96" /></a><p class="wp-caption-text">Jean de La Ville de Mirmont</p></div>
<p>En janvier dernier, <strong>celui-ci publiait chez Gallimard, &nbsp;&raquo; Bleus horizons&nbsp;&raquo;</strong>. L&rsquo;occasion, au fil d&rsquo;un roman brillant et bouleversant de plonger dans la vie de <strong>Jean de La Ville de Mirmont</strong>, un écrivain et poète né à Bordeaux qui, à l&rsquo;âge de 27 ans en novembre 1914, meurt sur le front de Verneuil, sur le Chemin des Dames. Deux mois seulement après avoir quitté Bordeaux et rejoint son régiment.</p>
<p>Le jeune auteur, intime de <strong>François Mauriac</strong>, laisse derrière lui <strong>un roman &nbsp;&raquo; Les dimanches de Jean Dézert&nbsp;&raquo;, des contes et un recueil de poèmes &laquo;&nbsp;L&rsquo;horizon chimérique&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<blockquote><p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BLEUS-HORIZONS_ouvrage.jpg" rel="lightbox[1601]"><img class="alignleft  wp-image-1610 colorbox-1601" style="margin: 10px" alt="BLEUS-HORIZONS_ouvrage" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BLEUS-HORIZONS_ouvrage.jpg" width="62" height="91" /></a>De ce destin tragique, <strong>Jérôme Garcin</strong> imagine un roman et invente le personnage de <strong>Louis Gémon</strong>, qui, devenu camarade de front de Jean va, à son retour à la vie civile, mettre toute son énergie à faire vivre l&rsquo;oeuvre de son ami. Au point d&rsquo;en oublier sa propre existence, ses désirs.</p>
<p><strong>Jean et Louis</strong> avaient la même appétance pour les mots, la littérature. <strong>Louis</strong> va, des années durant, mener une enquête sur la vie de son ami, rencontrer l&rsquo;éditeur <strong>Bernard Grasset</strong>, le compositeur <strong>Gabriel Fauré</strong> qui mit ses poèmes en musique mais aussi <strong>François Mauriac</strong>, qui fut l&rsquo;ami d&rsquo;enfance de Jean. Jean était solaire, rêvait de voyages et vouait une dévotion à sa mère, issue de l&rsquo;artistocratie protestante bordelaise. Louis, lui, est un être plus terne, introverti qui se rêve écrivain.</p></blockquote>
<p>Rappelons que <strong>Jérôme Garcin</strong> a entamé, il y a plusieurs années déjà, un travail de mémoire à travers ses romans successifs.</p>
<p><span id="more-1601"></span></p>
<div id="attachment_1608" class="wp-caption alignright" style="width: 298px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GARCIN-II.jpg" rel="lightbox[1601]"><img class="wp-image-1608  colorbox-1601" style="margin: 10px" alt="(Photo Catherine Hélie pour Gallimard)" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GARCIN-II.jpg" width="288" height="217" /></a><p class="wp-caption-text">(Photo Catherine Hélie pour Gallimard)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Journaliste, producteur et l&rsquo;animateur de l&rsquo;émission littéraire &laquo;&nbsp;<strong>Le Masque et la plume</strong>&nbsp;&raquo; sur France Inter (depuis 1989), il est directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Observateur et est membre du comité de lecture de la Comédie-Française.</p>
<p>Lauréat du prix Médicis en 1994, du prix Roger Nimier en 1998, ainsi que du prix Duménil, Jérôme Garcin<em> &nbsp;&raquo; refuse de laisser les choses mourir une seconde fois&nbsp;&raquo;</em> et utilise la littérature pour le faire. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Bleus horizons&nbsp;&raquo;</strong>, comme avec <strong>&laquo;&nbsp;Olivier&nbsp;&raquo;</strong>, un livre fort, paru en 2011, dans lequel il évoquait la disparition de son frère jumeau Olivier, mort à 6 ans après avoir été renversé par une voiture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire de son roman, il l&rsquo;évoque à l&rsquo;antenne de France info :</p>
<iframe src="http://www.franceinfo.fr/player/export-reecouter?content=921515" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Pages 19-20 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Dès que Jean sut mon amour de la littérature, nous sympathisâmes. Un soir, il me confia, d&rsquo;une voix légèrement chuintante, qu&rsquo;il écrivait, qu&rsquo;il venait même de publier son premier roman,</em> Les dimanches de Jean Dézert<em>, et qu&rsquo;il vous avait laissé par écrit, à vous seule, un ordre testamentaire : “ J&rsquo;ai un volume de vers tout prêt, </em>l&rsquo;Horizon chimérique<em>. Tu le trouveras sur la table de ma chambre. Et tu le publieras”. Il me lut ce mot sans se vanter, un peu comme s&rsquo;il m&rsquo;informait qu&rsquo;il s&rsquo;était fait vacciner contre la variole ou le typhus. Pour ma part, je lui parlai du récit sur mon enfance dont  j&rsquo;avais déjà rédigé une dizaine de chapitres et de mes lectures de chevet. Nous découvrîmes que nous cherchions la compagnie des mêmes poètes, Baudelaire, Laforgue, Moréas et Jammes. Il me répétait souvent : “ Tu verras, Louis, la guerre nous rendra plus forts. Et nous écrirons mieux après&#8230;” &nbsp;&raquo; </em><strong><br />
</strong></p>
<p><strong>Page 71</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Le 8 septembre 1914, Jean reçut sa feuille de route. Il la baisa, la caressa, la respira. Il pleura aussi, mais de joie en lisant et relisant sa convocation. Car il était attendu, deux jours plus tard, à la caserne de Libourne où il partit avec cette ferveur que mettent les pèlerins à rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle, cette naïveté des enfants qui rentrent chez eux après des vacances en colonie. Le garçon que je rencontrai pour la première fois était heureux et si plein d&rsquo;idéal qu&rsquo;on l&rsquo;eût dit inconscient du danger. Il ressemblait plus à un chevalier des croisades qu&rsquo;à un soldat et attribuait à la protection de Dieu son invincibilité. Pourtant, il n&rsquo;avait plus que deux mois à vivre. C&rsquo;est quoi, deux mois ? Huit semaines, soixante jours, une broutille, un coup de vent, le temps d&rsquo;un soupir, une éternité.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 194 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle voulait m&rsquo;attirer vers la lumière, je revenais sans cesse à la grande nuit de 14. Elle était douée pour les éclats de rire, je me complaisais dans les les pleurs secs. Avec le temps, j&rsquo;ai laissé Jean prendre une place de plus en plus grande dans notre couple. J&rsquo;ai négligé Constance pour un mort. Et je n&rsquo;ai pas su écouter ses avertissements. Un matin, elle disparut, emportant avec elle toutes ses affaires. Elle me laissa une lettre sur la table de nuit&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">A travers ce roman, j&rsquo;ai découvert un auteur qui, comme Alain-Fournier et d&rsquo;autres, a vu la Grande guerre anéantir sa vie et son talent. Au fil des pages, des mots de Jean de La Ville de Mirmont reprennent vie.  J&rsquo;ai découvert aussi l&rsquo;écriture, le style de Jérôme Garcin. Riche et sensible. J&rsquo;ai beaucoup aimé comment ce dernier décrit la relation qui unit Jean et Louis au-delà de tout. Même de la mort. Louis s&rsquo;excuse-t-il d&rsquo;être encore en vie ? Est-ce pour cela qu&rsquo;il s&rsquo;oublie pour faire vivre l&rsquo;oeuvre de Jean ? Un roman touchant, bouleversant. A lire absolument. </span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #000000"><em><strong>&laquo;&nbsp;Bleus horizons&nbsp;&raquo;, de Jérôme Garcin, Gallimard, 16,90€</strong></em></span></p>
<p style="text-align: left"> </p>
</blockquote>
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		<title>Prix Roblès 2013 : &#171;&#160;Un homme effacé&#160;&#187; d&#8217;Alexandre Postel</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 10:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Postel]]></category>
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		<description><![CDATA[Roblès 2013 Poursuivons notre lecture des six premiers romans sélectionnés pour le prix Roblès 2013. Après &#171;&#160;Viviane Elisabeth Fauville&#160;&#187; et &#171;&#160;L&#8217;angle mort&#160;&#187; dont vous pouvez lire mes posts ici et là, j&#8217;ai opté pour &#171;&#160;Un homme effacé&#160;&#187; d&#8217;Alexandre Postel. Bonne pioche ! Et véritable bonne surprise de la sélection. &#160; Le premier roman de cet [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center"><span style="color: #ff0000">Roblès 2013</span></h3>
<p>Poursuivons notre lecture des six premiers romans sélectionnés pour le <strong><a title="Retrouvez dans la NR l'article évoquant les modalités du prix Roblès" href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2013/03/09/Six-romans-a-retourner-sous-toutes-leurs-coutures-1363696">prix Roblès 2013</a></strong>.</p>
<p>Après<strong> &laquo;&nbsp;Viviane Elisabeth Fauville&nbsp;&raquo;</strong> et<strong> &laquo;&nbsp;L&rsquo;angle mort&nbsp;&raquo;</strong> dont vous pouvez lire mes posts<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/07/viviane-elisabeth-fauville-ou-une-certaine-idee-de-la-folie/"> ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/19/prix-robles-2013-langle-mort-de-veronique-merlier/">là</a></strong>, j&rsquo;ai opté pour<strong> &laquo;&nbsp;Un homme effacé&nbsp;&raquo;</strong> d&rsquo;<strong>Alexandre Postel</strong>. Bonne pioche ! Et véritable bonne surprise de la sélection.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOMME-EFFACE.jpg" rel="lightbox[1641]"><img class="alignleft  wp-image-1648 colorbox-1641" style="margin: 10px" alt="HOMME EFFACE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOMME-EFFACE.jpg" width="120" height="177" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le premier roman de cet enseignant en littérature parisien, né en 1982, est plus que prometteur. Il a remporté le prix <strong>Landerneau Découvertes</strong> et, il y a quelques semaines le <strong>Goncourt du premier roman</strong>, et ce, avec une large majorité.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est simple et tragique. C&rsquo;est celle de <strong>Damien North</strong>, professeur de philosophie à l&rsquo;université. Veuf depuis 12 ans – son épouse, artiste peintre s&rsquo;est suicidée – <strong>North, petit-fils d&rsquo;une figure politique historique </strong>mène une vie simple, triste et sans fantaisie.</p>
<p>Un jour, des policiers frappent à sa porte. <strong>Ils trouvent  sur son ordinateur des images pédopornographiques. Damien North sait qu&rsquo;il est innocent mais la machine s&rsquo;emballe.</strong> Un  véritable engrenage. Jusqu&rsquo;au procès au cours duquel son avocat lui demande de plaider coupable, la prison où il fréquente un véritable pédophile.<strong> Damien North ne s&rsquo;est pas défendu. Forcément coupable, donc.</strong></p>
<p>Une lettre l&rsquo;innocente mais comment un soi-disant monstre peut-il se transformer en victime ? Et s&rsquo;il était vraiment coupable ? <strong>Autour de lui, ses collègues, son frère, ses voisins et plus largement la société se laissent prendre au piège.</strong> Dans un sens, puis dans l&rsquo;autre. Au fil des images désormais retouchées à jamais de la vie d&rsquo;un homme. <strong>Damien North</strong> s&rsquo;éloigne, se coupe de toute vie sociale. Assez de signes pour prouver sa culpabilité, non ?</p>
<p><span id="more-1641"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A travers ce roman brillant, composé en deux parties ( &laquo;&nbsp;les jours atroces&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;les jours féroces&nbsp;&raquo;)</strong>, le jeune auteur démontre toute l&rsquo;importance des images dans notre société. Des conventions sociales aussi. Il se penche aussi sur le regard qu&rsquo;on porte sur un homme (a priori) blanchi. Mais à quel prix ? Avec quelles traces indélébiles ?</p>
<p><strong>Dans la vidéo ici, Alexandre Postel explique sa démarche</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/25/prix-robles-2013-un-homme-efface-dalexandre-postel/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 47 </strong> :<em> &laquo;&nbsp;Depuis la mort de Sylvia, il était entré, comme on le dit des arbres, en dormance. La caresse, l&rsquo;étreinte d&rsquo;un autre corps, dont le besoin s&rsquo;était parfois fait sentir au commencement de ce long sommeil, se présentaient maintenant à sa mémoire dans le silence enlisé des images qui surnagent d&rsquo;un rêve. A peine se définissait-il encore, lorsqu&rsquo;il songeait à ces choses-là, comme un être sexué. Il se flattait d&rsquo;être parvenu, à force de tristesse, d&rsquo;ascèse et d&rsquo;oubli, à une sorte de neutralité impalpable et supérieure.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 93 :</strong><em>&laquo;&nbsp;-&#8230; une grande solitude émotionnelle et sociale&#8230; un homme peu expansif, difficile à approcher, qui consacre le plus clair de son temps à son travail&#8230; une certaine rigidité inscrite dans sa structure mentale&#8230; </em></p>
<p><em>Et voilà que le gouffre s&rsquo;approfondissait, s&rsquo;élargissait, sous les coups de pioche du docteur. Pourquoi le dépeindre sous un jour si sombre ? Leurs entretiens ne s&rsquo;étaient pas mal déroulés pourtant. Lafaye ne lui avait pas paru particulièrement hostile. Au contraire : d&rsquo;une neutralité presque déroutante. Alors quoi ? Fallait-il en conclure que le psychiatre disait la vérité ? Etait-ce cela, Damien North ? Un homme peu expansif, difficile à approcher, une structure mentale rigide ? Rien que cela ? Il en avait le coeur serré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pages 198-199 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[...] Sur internet, les réseaux sociaux pullulaient de groupes à sa gloire ; plusieurs sites à vocation citoyenne voyaient dans sa mésaventure le parfait exemple des excès où conduit une politique sensationnaliste et répressive. Parfois aussi, à la manière de ses vanités – crâne, compas, sablier, citron – dont les maîtres d&rsquo;antan ornaient quelque recoin de leurs toiles, le hasard des algorithmes plaçait parmi les résultats un des articles parus au moment du procès, lorsqu&rsquo;on le traînait dans la boue. Biasini l&rsquo;avait prévenu : internet n&rsquo;oubliait rien. </em></p>
<p><em>Ces gratifications dérisoires, ces attentions minuscules heurtaient North plus qu&rsquo;elles ne le touchaient, car il ne pouvait s&rsquo;empêcher d&rsquo;attendre de la part des autres une réparation qu&rsquo;ils étaient incapables de lui donner. Et plus le temps passait, plus sa frustation s&rsquo;intensifiait. La colère qui s&rsquo;était déclarée dans la voiture de Biasini s&rsquo;étendait, faute de pouvoir s&rsquo;exprimer, à la terre entière. North s&rsquo;endormait dessus chaque soir. Elle lui dévorait le coeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #0000ff">Le premier roman d&rsquo;Alexandre Postel remportera-t-il le prix Roblès 2013 ? A ce stade de mes lectures, j&rsquo;avoue que <strong>&laquo;&nbsp;Un homme effacé&nbsp;&raquo;</strong> se présente plutôt bien dans mon classement. A cela, plusieurs raisons. Le sujet d&rsquo;abord. Evoquer l&rsquo;internet par le biais d&rsquo;un fait-divers en dit long sur notre société, notre environnement. Son personnage ensuite. Damien North agace avant de créer une empathie à son encontre. Il parle de nous. De nos contradictions, de nos silences coupables, de nos renoncements. Son style enfin. Ce premier roman est plein de suspense et dispose de plusieurs niveaux de lecture. Un régal ! </span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Un homme effacé&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Alexandre Postel, Gallimard, 17,90€.</strong> </em></p>
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		<item>
		<title>Le meilleur des jours</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/</link>
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		<pubDate>Sat, 23 Mar 2013 16:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[autofiction]]></category>
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		<description><![CDATA[Encore un premier roman ? Et pourquoi pas. Les derniers exemples étaient plutôt intéressants. Continuons ! Cette fois, nous suivons Yassaman Montazami,auteure de &#171;&#160;Le meilleur des jours&#160;&#187;, publié chez Sabine Wespieser éditeur, cette maison d&#8217;édition indépendante qui, depuis, dix ans, s&#8217;est construit un intéressant catalogue. Yassaman Montazami,  qui vit en France depuis 1974, est née [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un premier roman ? Et pourquoi pas. Les derniers exemples étaient plutôt intéressants. Continuons ! Cette fois, nous suivons <strong>Yassaman Montazami</strong>,auteure de <strong>&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;</strong>, publié chez <a title="Découvrez le site de la maison d'édition" href="http://www.swediteur.com/"><strong>Sabine Wespieser éditeur</strong></a>, cette maison d&rsquo;édition indépendante qui, depuis, dix ans, s&rsquo;est construit un intéressant catalogue.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/c_le-meilleur-des-jours_1346/" rel="attachment wp-att-1540"><img class="alignleft  wp-image-1540 colorbox-1533" style="margin: 10px" alt="C_Le-Meilleur-des-jours_1346" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C_Le-Meilleur-des-jours_1346.jpeg" width="120" height="157" /></a>Yassaman Montazami, </strong> qui vit en France depuis 1974, est née à Téhéran en 1971. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;</strong>, elle raconte la vie d&rsquo;un personnage de fiction fortement inspiré par son propre père, <strong>Behrouz,</strong> ce qui signifie &laquo;&nbsp;le meilleur des jours&nbsp;&raquo;, en persan. D&rsquo;où le titre de ce court roman.</p>
<p><strong>Behrouz</strong>, c&rsquo;est un enfant né prématurément dans une famille d&rsquo;Iran cossue. Behrouz, cet éternel étudiant, adulé par sa mère. Un intellectuel fantasque mais fragile assez éloigné des contingences du quotidien.</p>
<p>La preuve ? Il n&rsquo;a jamais travaillé, entretenu jusqu&rsquo;à la fin par l&rsquo;argent de sa mère. Un point commun qu&rsquo;il partageait avec le personnage de sa thèse jamais achevée, Karl Marx. <strong>&nbsp;&raquo; Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas&nbsp;&raquo;, affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait pas oeuvrer à l&rsquo;abolition du salariat et être salarié – c&rsquo;était incompatible&nbsp;&raquo;,</strong> écrit l&rsquo;auteure.</p>
<p><span id="more-1533"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autre caractéristique de ce personnage atypique : il avait déjà quitté son pays avant la révolution de 1979. C&rsquo;est de Paris qu&rsquo;il a vécu le changement de régime et ses dommages collatéraux. Et il en a honte. Pour se racheter, il accueille des réfugiés qu&rsquo;ils soient militants communistes ou épouse de colonel&#8230;</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque le personnage inspiré par son père</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17</strong> :<em> &laquo;&nbsp;A compter de ce jour, convaincue que sa survie dépendrait uniquement des soins qu&rsquo;elle et elle seule pourrait lui prodiguer, Rosa exerça sur l&rsquo;enfant une attention de chaque instant, qui ne tarda pas à tourner à la persécution. Elle était littéralement obsédée par les repas du petit, leur confection, leur présentation et, en dernier, lieu, leur ingestion. [...] Faire manger son fils était devenu son unique préoccupation&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;A force d&rsquo;entendre toutes ces histoires, il m&rsquo;était apparu qu&rsquo;un vrai Iranien était nécessairement un fugitif. Aussi m&rsquo;arrivait-il quelquefois de regretter que nous nous soyons installés en France avant la révolution : nous n&rsquo;avions pas pu mettre à l&rsquo;épreuve notre endurance et notre courage – nous connaissions l&rsquo;exil, mais nous n&rsquo;avions pas connu l&rsquo;exode.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le relatif assouplissement politique du régime islamique par suite de l&rsquo;élection du président réformateur Mohammad Khatami en 1997 fut le première raison pour laquelle, quand il se sépara de ma mère, mon père choisit de retourner en Iran, où il n&rsquo;avait plus posé les pieds depuis près de vingt ans, plutôt que de rester à Paris, ville qui était en outre irrémédiablement associée à l&rsquo;échec de son mariage et à celui de sa thèse. Après plusieurs semaines d&rsquo;insouciance en compagnie de Bibi, dont les élans passionnés l&rsquo;enivrèrent commun un jeune homme vivant son premier grand amour, il partit à la recherche de ses vieux amis communistes, dont il n&rsquo;avait cessé, deux décennies durant, de recevoir de tragiques nouvelles : comme il l&rsquo;aurait été s&rsquo;il n&rsquo;avait pas quitté Téhéran six mois avant la Révolution, la plupart avait été arrêtés, emprisonnés et torturés sous l&rsquo;accusation de faits de subversion, de complot contre l&rsquo;Etat ou de collusion avec l&rsquo;étranger.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pour tout vous dire, c&rsquo;est la quatrième de couverture ( on ne se refait pas !) qui m&rsquo;a donné envie de lire ce premier roman. Un court livre de 138 pages qui ne pas cependant pas laissé de souvenir impérissable. On a du mal à s&rsquo;attacher aux personnages. Ils manquent peut-être un peu de profondeur. Dommage ! Avec Persepolis, Marjane Satrapi nous avait plongés dans l&rsquo;Iran en révolution. Là, on l&rsquo;observe de loin. De Paris. Un bel hommage cependant à celui que l&rsquo;auteure a chéri tout au long de sa vie. Malgré des faiblesses et ses contradictions.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;, de Yassaman Montazami, Sabine Wespieser éditeur, 15€.</span></strong></em></p>
</blockquote>
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		<item>
		<title>Prix Roblès 2013 : &#171;&#160;L&#8217;angle mort&#160;&#187; de Véronique Merlier</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 09:37:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[aveu]]></category>
		<category><![CDATA[Cécile]]></category>
		<category><![CDATA[couple]]></category>
		<category><![CDATA[délitement]]></category>
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		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[secret]]></category>
		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2013]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance]]></category>
		<category><![CDATA[Véronique Merlier]]></category>

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		<description><![CDATA[Roblès 2013 Deuxième des six premiers romans à lire pour le prix Roblès 2013. Après la (très) bonne surprise découverte à travers le roman de Julia Deck que vous pouvez retrouver ici, j&#8217;ai plongé dans &#171;&#160;L&#8217;angle mort&#160;&#187; de Véronique Merlier. Enseignante en lettres classiques à l&#8217;université de Paris Ouest Nanterre, Véronique Merlier a 39 ans. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/19/prix-robles-2013-langle-mort-de-veronique-merlier/angle-mort/" rel="attachment wp-att-1582"><img class="alignleft  wp-image-1582 colorbox-1579" style="margin: 10px" alt="ANGLE MORT" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ANGLE-MORT.jpg" width="240" height="351" /></a></p>
<h3 style="text-align: center"><span style="color: #ff0000">Roblès 2013</span></h3>
<p>Deuxième des six premiers romans à lire pour<a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2013/03/09/Six-romans-a-retourner-sous-toutes-leurs-coutures-1363696"><strong> le prix Roblès 2013</strong></a>. Après la (très) bonne surprise découverte à travers le roman de <strong>Julia Deck </strong>que vous pouvez retrouver<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/07/viviane-elisabeth-fauville-ou-une-certaine-idee-de-la-folie/"><strong> ici</strong></a>, j&rsquo;ai plongé dans <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;angle mort&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Véronique Merlier.</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/19/prix-robles-2013-langle-mort-de-veronique-merlier/veronique-merlier/" rel="attachment wp-att-1583"><img class="alignleft  wp-image-1583 colorbox-1579" style="margin: 10px" alt="Véronique Merlier" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Véronique-Merlier.jpg" width="122" height="173" /></a></p>
<p>Enseignante en lettres classiques à l&rsquo;université de Paris Ouest Nanterre,<strong> Véronique Merlier</strong> a 39 ans.<strong> L&rsquo;histoire de son premier roman ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un couple qui se délite.</strong> Il y a <strong>Cécile</strong>, une institutrice maman d&rsquo;un petit Pierre, et qui vient de faire une fausse couche. Et puis <strong>François</strong>. Son mari. Un homme dans la retenue, toujours en retrait et qui protège ses secrets.</p>
<p>Et des secrets il y en a.  L&rsquo;été de la mort de son grand-mère, <strong>François, homosexuel refoulé,</strong> a une relation sexuelle avec un homme tandis que sa femme et son fils vident la maison de la défunte.</p>
<p>L&rsquo;aveu de François met évidemment le couple en danger. Cécile veut comprendre. Savoir que cache cet angle mort, cet endroit qu&rsquo;on ne voit pas. A quel prix ? <strong>Tandis que François tente de trouver enfin son équilibre, sa jeune épouse sombre quand elle doit se résoudre à accepter la vérité.</strong> Et la fin de son couple. Au fil de ce court roman, les chapitres alternent leurs positions et sentiments de François et Cécile.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 22-23 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Ce ne sont que des mots. Rien de mortel. Ils sont plus forts que cela, tout de même. Toutes ces années passées, la vie ensemble, leur fils, cette joie des jours s&rsquo;écoulant, tout ce qu&rsquo;ils partagent. Ils s&rsquo;en sortiront.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Un bref instant, elle trouve même insensé le tremblement sourd qui continue de l&rsquo;agiter. Ce ne sont que des mots. Maintenant qu&rsquo;ils sont dits. Que la lumière s&rsquo;est faite sur ce qui était tu. Il suffisait d&rsquo;une fois, peut-être, et que les mots soient dits. Il suffisait d&rsquo;une fois pour que cela s&rsquo;éteigne. C&rsquo;est arrivé, c&rsquo;est arrivé, voilà. Ce sera difficile à oublier, sans doute. Mais elle ne se sent pas trahie. Elle n&rsquo;est pas une femme trompée, ce n&rsquo;est pas pareil. Cela n&rsquo;a rien à voir. Il y a désir qui était tu, qui s&rsquo;est exprimé, voilà. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 44</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Elle n&rsquo;a pas vu, elle n&rsquo;a rien vu. De ce qui se tramait dans l&rsquo;angle mort, à la lisière de sa vie, elle n&rsquo;a rien vu. Elle n&rsquo;en avait même jamais eu l&rsquo;idée. Elle avait probablement choisi François pour cette ombre légère, pour ce flou qui émanait de lui. Il ne ressemblait pas aux autres garçons, si sûrs d&rsquo;eux-mêmes, si conscients de leur force. Dans un groupe, en famille, quoi qu&rsquo;il fasse, François semblait toujours en retrait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 124-125</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Il avait cru, chaque fois, atteindre un point d&rsquo;équilibre. Il avait avoué son homosexualité. Il la vivait. Rien n&rsquo;était détruit. Et pourtant, cela ne suffisait pas. Cela ne suffirait jamais. Le soulagement et la satisfaction l&rsquo;avaient enivré, entraîné sur un chemin dont il percevait à présent les limites. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La libération était trompeuse ; elle ne se contentait pas de ce qu&rsquo;il lui avait jeté en pâture jusque-là. La première rencontre sous le pont, l&rsquo;aveu à Cécile, les autres hommes dans le hammam qu&rsquo;il s&rsquo;était mis à fréquenter, tout cela n&rsquo;était pas suffisant. Elle voulait plus. Elle le voulait tout entier. Sans attaches, sans femme, sans enfant. Un vagabond nocturne dont elle pourrait disposer à sa guise. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Son tourment était sans fin. Toutes les solutions lui faisaient horreur. Il avait cru à l&rsquo;harmonie entre la nuit et le jour, à l&rsquo;emboitement parfait des deux parties. Mais plus rien ne se complétait désormais, trop de pièces manquaient ; l&rsquo;image était laide et incompréhensible.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Je ne vais pas vous mentir, je n&rsquo;ai pas du tout aimé &laquo;&nbsp;L&rsquo;angle mort&nbsp;&raquo;. Pas à cause de son sujet, plutôt intéressant, mais à cause de la forme de ce roman, court mais sans style. La fin est évidente. Sans surprise.  Je trouve que l&rsquo;auteure ne va pas au bout de ses personnages.On reste sur sa faim. Dommage. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;angle mort&nbsp;&raquo;, de Véronique Merlier, Arléa, 17€.</strong></em></p>
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		<title>Chez Julian Barnes, la mémoire danse</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/14/chez-julian-barnes-la-memoire-danse/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/14/chez-julian-barnes-la-memoire-danse/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2013 14:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a des livres qui vous parlent, qui vous marquent. En ce début d&#8217;année, impossible de ne pas être sous le charme du dernier roman de Julian Barnes, &#160;&#187; Une fille, qui danse&#160;&#187;. L&#8217;auteur anglais a d&#8217;ailleurs obtenu le Man Booker Prize en 2011 pour ce titre. &#160; Julian Barnes, né à Leicester en [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des livres qui vous parlent, qui vous marquent. En ce début d&rsquo;année, impossible de ne pas être sous le charme du dernier roman de<strong> Julian Barnes, &nbsp;&raquo; Une fille, qui danse&nbsp;&raquo;</strong>. L&rsquo;auteur anglais a d&rsquo;ailleurs obtenu le <strong>Man Booker Prize</strong> en 2011 pour ce titre.</p>
<div id="attachment_1555" class="wp-caption alignleft" style="width: 228px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/14/chez-julian-barnes-la-memoire-danse/1215851_british-author-julian-barnes-poses-after-winning-the-2011-man-booker-prize-for-fiction-with-his-book-the-sense-of-an-ending-at-the-guildhall-in-london/" rel="attachment wp-att-1555"><img class=" wp-image-1555   colorbox-1551" style="margin: 10px" alt="Julian Barnes (Reuters)" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/1215851_british-author-julian-barnes-poses-after-winning-the-2011-man-booker-prize-for-fiction-with-his-book-the-sense-of-an-ending-at-the-guildhall-in-london.jpg" width="218" height="97" /></a><p class="wp-caption-text">Julian Barnes (Reuters)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Julian Barnes</strong>, né à Leicester en 1946, a étudié à Oxford et travaillé comme journaliste dans les années 70. Après un premier roman,<strong> &laquo;&nbsp;Metroland&nbsp;&raquo;</strong>, paru en 1980, il a signé quatre polars du pseudonyme de <strong>Dan Kavanagh</strong> (le nom de famille de son épouse, Pat, décédée en 2008).</p>
<p>C&rsquo;est sous son vrai nom que ce francophile patenté, traducteur de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;<strong>Alphonse Daudet</strong>, a acquis la notoriété. En 1986, il obtient le prix Médicis pour son essai <strong>&laquo;&nbsp;Le Perroquet de Flaubert&nbsp;&raquo;</strong>. Il écrit aussi <strong>&laquo;&nbsp;Love, etc.&nbsp;&raquo;</strong>, qui décroche le pric Fémina étranger et sera porté à l&rsquo;écran par la réalisatrice française Marion Vernoux. suivront<strong> &laquo;&nbsp;Arthur &amp; George&nbsp;&raquo;</strong>, ou encore son recueil de nouvelles <strong>&laquo;&nbsp;Pulsations&nbsp;&raquo;</strong>, etc.</p>
<p><span id="more-1551"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/14/chez-julian-barnes-la-memoire-danse/barnes/" rel="attachment wp-att-1556"><img class="alignleft  wp-image-1556 colorbox-1551" style="margin: 10px" alt="BARNES" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BARNES.jpg" width="120" height="176" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans<strong> &laquo;&nbsp;Une fille, qui danse&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Julian Barnes</strong> nous plonge dans la vie de <strong>Tony Webster des années 60 à nos jours</strong>. Le livre se compose de deux parties. La première nous emmène sur un campus. Tony et ses amis sont étudiants. Il y a là <strong>Tony, Alex et Colin.</strong> Et puis très vite, <strong>Adrian</strong> se mêle au groupe. Adrian, le plus brillant des quatre, le plus intelligent et le plus ombrageux aussi.Il y a aussi  <strong>Veronica</strong>. Celle qui sort avec Tony, finit par coucher avec lui avant de rejoindre Adrian. Tony voit rouge. Ecrit une terrible lettre adressée aux deux amants. A 22 ans, Adrian se suicide. Le décor est planté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Dans la seconde partie, Tony est retraité, divorcé de Margaret, plutôt dépité. Ses rêves de jeunesse ne se sont pas réalisés. Il y a les remords, les regrets et cette bizarre affaire : <strong>Sara, la mère de Veronica lègue à Tony le journal intime d&rsquo;Adrian.</strong> Pour comprendre, Tony retrouve la trace de Veronica et plonge dans ses souvenirs, les vrais et ceux qu&rsquo;il se réinvente. Tony mène une enquête dans ce qu&rsquo;il a fait, ce dont il se souvient. La terrible vérité, que je ne vous dévoilerai pas, est à la hauteur de ce roman. Mais peut-on se fier à sa mémoire ?</p></blockquote>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 20-21 :</strong><em> &laquo;&nbsp;En ce temps-là nous nous voyions comme des garçons maintenus dans quelque enclos, attendant d&rsquo;être lâchés dans la vraie vie. Et quand ce moment viendrait, notre vie – et le temps lui-même – s&rsquo;accélérerait. Comment pouvions-nous savoir que la vraie vie avait de toute façon commencé, que certains avantages avaient déjà été acquis, certains dégâts déjà infligés ? Et que notre libération nous ferait seulement passer dans un plus vaste enclos, dont les frontières seraient d&rsquo;abord invisibles. En attendant, nous étions affamés de livres et de sexe, méritocrates et anarchistes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 112</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Peut-être que tout ce que je veux dire en fait, c&rsquo;est que, étant sorti avec Veronica autrefois, je n&rsquo;avais plus peur d&rsquo;elle. Et donc j&rsquo;ai commencé ma campagne de harcèlement par mails. J&rsquo;étais résolu à être poli, insensible aux affronts, persistant, ennuyeux, amical : autrement dit, à mentir. Bien sûr, il ne faut qu&rsquo;une fraction de seconde pour effacer un mail, mais il ne faut guère plus de temps pour remplacer le mail effacé. Je viendrais à bout de sa résistance à force d&rsquo;amabilité, et j&rsquo;obtiendrais le journal d&rsquo;Adrian. Il n&rsquo;y avait pas de &laquo;&nbsp;feu non éteint dans ma poitrine&nbsp;&raquo; – je l&rsquo;avais assuré à Margaret ;  et quant à ses conseils plus généraux, disons que l&rsquo;un des avantages d&rsquo;être un ex-mari est qu&rsquo;on n&rsquo;a plus besoin de justifier son comportement. Ni de suivre des suggestions.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 129-130 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[...] Mon plus jeune moi était revenu choquer mon moi plu âgé avec ce que ce moi avait été, ou était, ou était parfois capable d&rsquo;être. Et n&rsquo;avais-je pas songé tout récemment à la façon dont les témoins de notre vie se raréfient et, avec eux, notre principale corroboration ? Maintenant j&rsquo;avais une bien indésirable corroboration de ce que j&rsquo;étais, ou avait été. Si seulement c&rsquo;était cette lettre que Veronica avait brûlée&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Ce roman aura été pour moi une double découverte. Je n&rsquo;avais jamais lu Julian Barnes. J&rsquo;ai découvert un auteur et un style. J&rsquo;ai découvert également une façon de raconter une histoire. Au coeur de ce qui pourrait être le journal intime de Tony, le lecteur ( et moi par la même occasion) se laisse prendre aux dires du narrateur avant de se rendre compte que son récit n&rsquo;est pas fiable et qu&rsquo;il s&rsquo;est arrangé avec ses souvenirs. Se gardant le beau rôle. Bref, Barnes nous mène par le bout du nez&#8230; et c&rsquo;est jubilatoire ! Un grand roman. Bonne pioche !<br />
</span></p>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;Une fille, qui danse&nbsp;&raquo;, de Julian Barnes, Mercvre de France, 19€.</em></strong></p>
</blockquote>
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		<title>Prix Roblès 2013 : Viviane Elisabeth Fauville ou une certaine idée de la folie</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Mar 2013 12:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vanina</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[divorce]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2013]]></category>
		<category><![CDATA[Viviane Elisabeth Fauville]]></category>

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		<description><![CDATA[Roblès 2013 C&#8217;est reparti ! Le prix Roblès 2013 a démarré il y a quelques jours. L&#8217;idée ? Des comités de lecteurs vont, à travers tout le département du Loir-et-Cher mais aussi ailleurs en France et dans le monde, lire les six premiers romans sélectionnés avant d&#8217;en élire un. Parmi ces lecteurs, des professionnels mais [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center"><span style="color: #ff0000">Roblès 2013</span></h3>
<p>C&rsquo;est reparti !<strong> Le prix Roblès 2013</strong> a démarré il y a quelques jours.</p>
<p>L&rsquo;idée ? Des comités de lecteurs vont, à travers tout le département du Loir-et-Cher mais aussi ailleurs en France et dans le monde, lire les six premiers romans sélectionnés avant d&rsquo;en élire un. Parmi ces lecteurs, des professionnels mais aussi et surtout des amoureux de la littérature, des rencontres.</p>
<p>Rappelons que le <strong>prix</strong> <strong>Emmanuel Roblès</strong> organisé par les bibliothèques de Blois-Agglopolys existe depuis 1990.<strong> Il est décerné chaque année en juin à l&rsquo;auteur d&rsquo;un premier roman écrit en langue française.</strong> La sélection soumise au choix de ces comités de lecteurs est étroitement liée à celle établie par les jurés du Prix Goncourt du premier roman.</p>
<p>Pour ceux qui se demandent qui était Emmanuel Roblès (1914-1995), voici quelques infos.  Il publie ses deux premiers romans avant la Seconde Guerre mondiale,<strong> &laquo;&nbsp;L’action&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Travail d’homme&nbsp;&raquo;</strong>. En 1948, il obtient le <strong>prix Fémina</strong> pour <strong>&laquo;&nbsp;Les hauteurs de la ville&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>Roblès, éditeur au Seuil est aussi l&rsquo;auteur d’une pièce de théâtre, il collabore à l’écriture de scénarii et d’adaptations de roman pour Luis Buñuel et Luchino Visconti au cinéma et à la télévision. Elu à l’Académie Goncourt en 1973,  il se rendait régulièrement à Blois pour la remise du Prix Goncourt du Premier Roman.</p>
<p>Découvrez l&rsquo;article paru dans la Nouvelle République <a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2013/03/09/Six-romans-a-retourner-sous-toutes-leurs-coutures-1363696"> ici. </a></p>
<p><strong>Et la sélection 2013 ?</strong></p>
<ul>
<li> <strong><em>« La Plume de l&rsquo;ours »</em></strong>, Carole Allamand, Stock.</li>
<li> <strong><em>« Le Coursier de Valenciennes »</em></strong>, Clélia Anfray, Gallimard.</li>
<li> <strong><em>« Viviane Elisabeth Fauville »</em></strong>, Julia Deck, éditions de Minuit.</li>
<li><strong><em>« Sauver Mozart »</em></strong>, Raphaël Jerusalmy, Actes Sud.</li>
<li> <strong><em>« L&rsquo;Angle mort »</em></strong>, Véronique Merlier, Arléa.</li>
<li><strong><em> « Un homme effacé »</em></strong>, Alexandre Postel, Gallimard.</li>
</ul>
<p><span id="more-1486"></span></p>
<p>Retrouvez ici l&rsquo;un des romans sélectionnés.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/19/beckett-la-vie-et-les-abeilles/viviane-couv/" rel="attachment wp-att-1480"><img class="alignleft  wp-image-1480 colorbox-1486" style="margin: 10px" alt="VIVIANE COUV" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIVIANE-COUV.jpg" width="108" height="148" /></a>Un livre bizarre. Et une façon d&rsquo;aborder la folie plutôt originale. Voilà ce qui ressort du premier roman de <strong>Julia Deck</strong>, intitulé <strong>&laquo;&nbsp;Viviane Elisabeth Fauville&nbsp;&raquo;.  Julia Deck</strong> livre là un premier roman réussi et prometteur. L&rsquo;ancienne chargée de communication (elle a quitté son métier en 2005 pour pouvoir écrire) devenue secrétaire de rédaction a intégré la maison Minuit&#8230; au bout d&rsquo;un seule tentative. Une jolie prouesse !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je vous raconte ? Il suffit de jeter un coup d&rsquo;oeil à la quatrième de couverture : <strong> &laquo;&nbsp;Vous êtes Viviane Elisabeth Fauville. Vous avez quarante-deux ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p><strong> Julia Deck</strong> nous plonge dans une histoire pas banale, à travers Paris et surtout à travers les personnalités de son héroïne qui avec sa fille, son mari, son psy ou le policier ne se comporte jamais de la même façon. Et la jeune femme de se lancer dans une curieuse enquête : elle suit et rencontre tous ceux qui auraient eu une bonne raison de mettre fin à la vie dudit pyschanalyste, fait divers excessivement rare, par ailleurs ( j&rsquo;ai vérifié!).</p>
<p><!--more--></p>
<p><strong>Viviane Elisabeth Fauville</strong> est chargée de communication chez les bétons Biron. Bonne place, bon salaire. Mais ces certitudes de bourgeoise s&rsquo;éffritent les unes après les autres. Son mariage, les règles de l&rsquo;ordre social. Mais la psychanalyse n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;elle était. Alors l&rsquo;héroine sombre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pendant 155 pages, vous vous laissez prendre au jeu du personnage principal, sérieusement frappé quand même, incarné par plusieurs pronoms personnels. <strong>Tandis qu&rsquo;elle décroche et bascule lentement, elle s&rsquo;accroche cependant à ses repères spatio-temporels dans Paris.</strong> Et arrive à faire détourner les soupçons de meurtre sur d&rsquo;autres&#8230; tout en administrant des médicaments non-appropriés à sa petite fille&#8230;</p>
<p><strong>Une vidéo ici pour découvir l&rsquo;auteure</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/07/viviane-elisabeth-fauville-ou-une-certaine-idee-de-la-folie/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Jusqu&rsquo;à deux heures de l&rsquo;après-midi, vous accomplissez les formalités administratives liées au démanégement, au divorce, à l&rsquo;allocation de parent isolé. Vous achetez aussi quelques vêtements, passez chez le coiffeur, acceptez les services de la manucure. Autrefois, vos amies déjà mères se plaisaient à répéter que vous, qui ne le seriez sans doute jamais, aviez bien de la chance de pouvoir vous occuper de vous. La chance tournerait-elle, vous avez résolu d&rsquo;épargner à votre descendance la responsabilité de votre beauté racornie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 76-77</strong> : <em>&laquo;&nbsp;En somme, la veuve est libre, et je prends aussitôt mon poste rue du Roi-de-Sicile. Je n&rsquo;ai eu aucun mal à me procurer l&rsquo;adresse. Propulsés sur le devant de la scène, les héros de faits divers n&rsquo;ont pas eu le temps de se mettre sur liste rouge : ils figurent tous dans l&rsquo;annuaire. Sur Internet, il est aussi très facile de visualiser l&rsquo;emplacement de leur pâté de maisons, de le survoler, et même de se faire une idée de la façade. Enfin, j&rsquo;ai localisé un porche à proximité où monter la garde. Cette fois, je n&rsquo;ai pas fait de manières pour endormir la petite, qui s&rsquo;est insurgée lorsque j&rsquo;ai voulu vaquer à mes occupations. Je lui ai adminitré ces produits qu&rsquo;on dit nuisibles en dessous de six ans, mais je les connais, ces tisanes, elles n&rsquo;endorment que les morts : tout juste induiront-elles une vague somnolence. Puis j&rsquo;ai quitté l&rsquo;appartement en poussant à fond les radiateurs, j&rsquo;aime que ma fille ait bien chaud.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 110</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Vous conservez un souvenir assez précis de votre mariage. A cette époque, chaque instant était une fête, et la grimace du docteur semblait dire ma pauvre, vous avez vingt ans de retard. Oui, vous en aviez près de quarante et l&rsquo;impression de marcher sur l&rsquo;eau. Vous étiez insupportable. Le moindre événement était prétexte à raconter comme on vous aimait, comme vous aimiez. Le docteur rongeait son frein mais vous n&rsquo;en aviez cure. Il était payé pour entendre, aucun détail ne lui serait épargné. Il attendait son heure.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"> <strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Assassiner son psychanalyste avec un couteau de cuisine offert par sa propre mère, avouez que ce n&rsquo;est pas banal&#8230; Ce roman, délicieusement foutraque, est un petit plaisir de lecture. Un premier roman prometteur. Et une approche de la folie douce puis meurtrière plutôt originale. Un bon cru, aussi pour le prix Roblès. Mais ça n&rsquo;engage que moi. A suivre !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Viviane Elisabeth Fauville&nbsp;&raquo;, Julia Deck, Les éditions de Minuit, 13,50€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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