Flux pour
Articles
Commentaires

Rentrée littéraire 

Une très (très) jolie découverte ! A chaque rentrée littéraire, je vise les premiers romans. Des années que je plonge allègrement dans leurs pages pour aller à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont franchi le pas de l’écriture et de l’édition. Une aventure.

PIANO

 

Ce premier roman, « Piano ostinato », est un bijou.  Vraiment. Sorti le 3 janvier, alors que l’on se remettait à peine des agapes du réveillon, j’espère qu’il ne restera pas dans l’ombre des livres « poids lourds » de cette rentrée littéraire d’hiver.

Arrivé sur les tables des libraires sans tambour ni trompettes, voici un roman dont la petite musique devrait vous enchanter.

Son auteure, Ségolène Dargnies, est enseignante, professeure de lettres agrégée après avoir été journaliste.

 

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , ,

 

Rentrée littéraire hiver 2019

RENTREE BLOG

C’est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l’hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure.

Au fil des mois de janvier et février, 493 nouveaux romans vont sortir. Parmi eux, 336 romans français. Parmi eux également, 77 premiers romans ( soit une hausse de 20% par rapport à la rentrée littéraire de l’hiver 2018).

Alors, parce qu’il n’y a pas que Michel Houellebecq dans la vie ( son nouveau roman est édité à 320.000 exemplaires !), je vais essayer de vous donner envie de plonger dans les (autres) romans de ce rendez-vous littéraire. Une sélection, forcément subjective. C’est parti !

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

 

Un premier roman ? Allez, laissez-vous tenter… Celui que je vais vous présenter mérite toute votre attention. Il est brillant, tourbillonnant, vif, sensible… et finalement tragique. Son auteure, Pauline Delabroy-Allard, jeune trentenaire, signe là un premier roman jubilatoire.

Ca-raconte-SarahL’histoire ? C’est celle de la narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom), professeure de lettres, séparée, une petite fille de 4 ans et en pleine période « de latence » dans sa vie. A un dîner de réveillon, Sarah fait son entrée. Dans un tourbillon.

Violoniste concertiste, Sarah voyage de concert en concert. Elle est mal fagotée, parle mal, s’enflamme, puis se fâche, se frappe. Rapidement, Sarah et la narratrice deviendront inséparables. Amies, puis amantes. Une découverte pour l’une comme pour l’autre. Et le début d’une passion. Qui, apprend-on dès les premières pages du roman, finira mal. Par la mort de Sarah.

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , ,

Un titre suffit parfois à donner envie de plonger dans un roman ! La preuve avec « A son image », dernier roman en date de Jérôme Ferrari. La quatrième de couverture confirme le l’intérêt. Et les premières lignes nous entraîne déjà…

Chouette découverte que ce roman, écrit par le lauréat du prix Goncourt 2012 (« Le sermon sur la chute de Rome ») !

Né de parents corses, Jérôme Ferrari a grandi en région parisienne. Auteur de onze titres, cet agrégé de philosophie est actuellement en poste au lycée français d’Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.

A SON IMAGEL’histoire ? C’est celle d’Antonia. Elle périt dans un tragique accident de voiture dès les premières pages de ce roman dur et lumineux à la fois. La jeune femme vit en Corse, dans le sud de l’île. Elle gagne sa vie en faisant des photos de mariage, de fêtes.

L’ancienne salariée du journal régional a choisi de travailler autrement. Librement. Ce soir-là, un morceau de son passé est remonté à la surface : alors qu’elle couvre un mariage, elle reconnait Dragan, autrefois rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Des heures de discussion s’engagent, jusqu’à ce qu’elle décide de rentrer et que sa voiture tombe dans un ravin.

Dans le village, c’est le choc. Pour son oncle et parrain, c’est un drame. Devenu prêtre, c’est lui qui va conduire les obsèques, dire l’oraison funèbre…

 

L’occasion de replonger dans le passé. De raconter la vie de sa nièce adorée, celle à qui il avait offert un appareil-photo pour ses 14 ans, celle à qui il avait donné de l’argent pour qu’elle puisse rejoindre l’ex-Yougoslavie et photographier la guerre de près. Comment se pardonner à l’heure des obsèques ?

D’évoquer aussi le lien indéfectible qui a uni Antonia à Pascal B. l’un des figures montantes du FLNC.

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

 

DESARTHE OK

 Prendre du champ. Traverser un océan pour essayer de voir plus clair sur sa vie, sur ses proches… et sur son pays. Voilà ce que Sylvie Vickery décide de faire, en suivant Hector, son mari, poète et universitaire sexagénaire, qui vient de décrocher un poste en Caroline du Nord, là-bas, aux Etats-Unis. C’est de là qu’ils vivront, à distance donc, les attentats du 13 novembre. Dans une indifférence polie.

C’est également en Amérique que Sylvie va découvrir la vie adultérine de son mari, et le rôle que joue son fils unique –un adolescent si différent des autres – aux côtés de ses camarades. Lester se fait appeler Absalom Absalom, est une émule de Saint-Augustin et prend des airs de gourou.

Sylvie, elle, qui s’est toujours évertuée depuis sa rencontre et son mariage avec Hector, à la non-action et  » à n’être rien  » comme elle dit, poursuit, avec lucidité mais en silence, l’introspection familiale. Loin de ses répères. Jusqu’au scandale. Jusqu’au retour.

Elle ne maîtrise pas bien la langue, ni les codes. Trop cultivée, trop libre de tout aussi.

Première fois que j’ouvre un roman d’Agnès Desarthe, lauréate en 1996 du prix du Livre Inter pour « Un secret sans importance » et auteure de nombreux romans remarqués (« Dans la nuit brune », « Une partie de chasse », « Ce coeur changeant »). J’ai été un peu déçue par ce roman qui, je trouve, survole plusieurs sujets sans les approfondir cependant. Dommage. Beau portrait de femme cependant.

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

 

BALLES PERDUES

 

Encore un bon conseil de ma libraire bretonne  ! Une bonne pioche que je veux partager avec vous. Je vous préviens, ce n’est pas le roman le plus drôle de l’année, ni le plus léger. Loin de là !

Jennifer Clement (auteure de « Prières pour celles qui furent volées » notamment), que je ne connaissais pas jusque-là, est poète, biographe et romancière. Elle a grandi dans le Connecticut. La quinquagénaire vit désormais à Mexico.

L’histoire ?

Margot a 17 ans et un nourrisson sous les bras quand elle quitte sa famille et la vie cossue aux bonnes manières dans laquelle elle a toujours vécu. Elle s’installera dans sa voiture, une Mercury dont elle fera un nid douillet pour elle et sa fille. Une solution qui se voulait temporaire. Elle durera quatorze ans…

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

CVT_Leurs-enfants-apres-eux_2834

Si les personnages de Nicolas Mathieu avaient vécu à notre époque, il se peut qu’on les aurait retrouvés sur les barrages montés par les Gilets jaunes.  Pour dénoncer une société sur laquelle ils n’ont plus de prise et dans laquelle ils ne croient plus…

Le deuxième roman de Nicolas Mathieu se déroule dans les années 90. Ses personnages vivent à Heillange, dans le bassin lorrain, sinistré. Les hauts fourneaux ont déjà été fermés. Le chômage et la précarité font partie du paysage…

Dans ce décor post-industriel, Anthony promène son ennui. Sa violence aussi.

A 14 ans, le gamin, fils unique, ne travaille pas à l’école, traîne des journées entières avec son cousin. Comme pendant cet été 1992. C’est là qu’il rencontrera Steph qui ne rêve que de s’en aller, loin de toute cette grisaille.

Un soir, Anthony vole la moto de son père pour rejoindre une fête. Le deux-routes sera volé par Hacine, un autre adolescent, qui traficote, qui s’ennuie tout autant.

Un événement qui va sérieusement ébranlé l’équilibre familial autour d’Anthony. Séparation de ses parents, alcoolisme morbide de son père…

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Rester vivante !

la-vraie-vie-recadre

Un premier roman ? Youpi ! Et celui d’Adeline Dieudonné, une Belge de 35 ans, est une réussite. Un roman initiatique, acide et drôle. Qui, par moments, vous glace aussi les sangs.

Bref, « La vraie vie » est une histoire étrange qui vous garde en alerte jusqu’à la dernière ligne…

Tous les ingrédients du conte y sont, distillés dans un décor de cité pavillonnaire contemporaine sans âme. C’est là que la narratrice, que l’on suit de l’âge de 11 ans à celui de 15 ans, vit entre une mère éteinte, effacée et battue, qu’elle compare à une amibe ; un père violent qui bat sa femme, regarde (trop) la télé et boit (trop) de whisky et un petit frère, Gilles de quatre ans son cadet, devenu mutique après avoir assisté à un accident mortel aussi comique que tragique.

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , ,

Rentrée littéraire 

Jeffrey Eugenides est de retour ! Profitons-en ! L’auteur américain, lauréat du prix Pulitzer, excusez du peu, écrit un livre… tous les neuf ans. Après « Virgin suicides » ( salué par la critique et adapté au cinéma par Sofia Coppola), « Middlesex » et « Le roman du mariage », le sexagénaire est de retour avec un premier recueil de nouvelles « Des raisons de se plaindre ».

DES RAISONSNouveau format donc pour celui qui nous parle de l’Amérique d’aujourd’hui. Toujours. Les dix nouvelles réunies dans son recueil ont été écrites et publiées ( dans le New Yorker) au fil des trente dernières années.

Là, souvent réécrites ou lissées, indiquent des journalistes, elles évoquent des illusions perdues, nous font rencontrer des couples dysfonctionnels, et une middle-class américaine perdue… entre consumérisme et perte des valeurs morales. Bref, gros coup de spleen sur les USA !

J’ai préféré les plus récentes des nouvelles compilées là. A chaque nouvelle histoire, le ou les personnages principaux ( en majorité des hommes, donc), se trouvent à un carrefour de leur existence. Ils ont fait des choix, ou subissent ceux faits à leur insu. Font, dès lors, preuve de mauvaise foi, ou déni… ou de culpabilité.

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Rentrée littéraire 

 

SOUPLESSE OS

On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu’en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs.

Là, on suit D.W. Wilson, un auteur trentenaire qui, après un premier roman, signe là un recueil de nouvelles passionnant, « La souplesse des os ». 

C’est là que nous croisons une dizaine de personnages qui, au fil de ce recueil de douze nouvelles, se croisent. Se quittent. Se battent. S’expliquent. Ou, au contraire, ne trouveront jamais les mots…

Des pères et leurs fils, des amis, des frères… Un monde où les hommes sont rudes, taiseux, virils… et pas toujours fins. Vulnérables aussi. Mais également dignes, obstinés.

Les bonnes intentions se transforment parfois en échecs cuisants, les non-dits gâchent des vies…

Au final, des histoires qui, mises bout à bout, peuvent se lire comme un roman ou, au choix, comme une succession de bouts de vie rondement menée. Bien écrites.

 

QUEBEC

Dans un parc, au Québec, que j’ai arpenté en septembre 2017.

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

« Articles plus récents - Articles plus anciens »