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Rentrée littéraire 

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Bertrand Belin (photo Bastien Burger)

Un touche-à-tout talentueux ! Je connaissais Bertrand Belin chanteur, je viens de découvrir l’auteur, qui avec « Grands carnivores » signe son (déjà) troisième roman. Après « Requin » et « Littoral », ce Breton d’origine installé à Paris revient sur les tables des librairies. Un début d’année faste pour ce quadragénaire musicien, auteur, compositeur et comédien. Outre son nouveau roman, il vient de sortir son sixième album,  » Persona », et est à l’affiche d’un film « Ma vie avec James Dean », dont il a également composé la musique.

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Rentrée littéraire

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Céline Minard est une auteure assez inclassable qui a su, de livre en livre, se construire une place. A part.

Ses romans nous emmènent, en tout cas pour les derniers parus, dans un décor de western ( « Faillir être flingué »), nous entraînent en haute montagne à l’abri des gens (« Le grand jeu »)… ou dans un bunker ultra sécurisé dans la baie de Hong Kong.

Avec « Bacchantes », elle revisite avec brio les codes du film de braquage autour de la thématique du vin pour distiller un cocktail explosif où l’ivresse se mêle à la subversion.

Au fil des pages, on ne se pose pas la question du pourquoi, ni du comment dans ce braquage peu ordinaire. Reste le spectacle d’une société qui marche définitivement sur la tête, d’un désastre capitaliste. Et un roman qui donne la part belle aux femmes : elles ont pris le pouvoir à l’intérieur du bunker tandis que d’autres, une surtout, Jackie Thran, cherchent des solutions pour les en faire sortir. Des femmes puissantes, cinglées, féminines, efficaces.

 

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 Rentrée littéraire
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Pour échapper, le temps d’un dimanche d’été, à sa femme enceinte et à ses trois enfants, Albert s’incruste au baptême de Franny, la fille d’un flic, Fix, qu’il connaît vaguement.
Tandis que les invités se laissent gagner par l’ivresse, il succombe à la beauté renversante de Beverly, la mère du bébé baptisé ce jour de 1964.
Le baiser qu’ils échangent est le premier des éboulements que subiront leurs familles, à jamais liées.
Albert ( que tous appellent Bert) et Beverly se marient  et quittent la Californie pour la Virginie.
Chaque été, ils se retrouvent avec leurs six enfants sur les bras – un petit clan plus ou moins livré à lui-même, prêt à tout pour tromper l’ennui. Mais un drame fait voler en éclats cette fratrie recomposée.
Des années plus tard, alors qu’elle travaille comme serveuse dans le bar d’un hôtel de luxe, Franny a un soir l’honneur inattendu de servir quelques whiskys à un auteur culte qu’elle révère, Leo Posen.

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VIGILE OK

 Rentrée littéraire

Hyam Zaytoun est comédienne. Regardez bien, vous l’avez déjà vue. Elle joue régulièrement pour le théâtre, le petit et le grand écran. Elle est par ailleurs auteure d’un feuilleton radiophonique  et collabore à l’écriture de scénarios. « Vigile » est son premier roman. Il est autobiographique.

La comédienne Hyam Zaytoun

La comédienne Hyam Zaytoun

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une histoire tragique, du moins au début, mais qui, heure après heure, jour après jour, va enfin pouvoir aller vers le beau et l’ensoleillé.

Cinq ans après les faits, Hyam Zaytoun a mettre des mots sur les maux qui ont touchés son compagnon, comme elle, comédien. Impliqué dans la vie d’une troupe de théâtre.

« Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque. »

Il sera placé en coma artificiel pendant plusieurs jours. Le corps médical est sceptique sur ses chances de s’en sortir sans dommage.

La jeune femme et mère de famille va mobiliser toutes les énergies et les peurs qui la transpercent pour raconter l’urgence, la nécessité d’avancer, de faire face. Son texte, court, déploie une puissance et beaucoup, beaucoup d’amour. On reste lié à ce récit, à cette fougue vitale… Un premier roman (autobiographique) plein d’espoir et de promesses littéraires à venir.

Extraits

Page 11 :« Ça ne va pas. On ne peut pas continuer comme ça. 

Ce n’est pas de s’être disputés, pas non plus d’avoir dit qu’on allait dans le mur, qu’il fallait gagner plus d’argent sinon on ne s’en sortirait pas. A peine dits, ces mots-là, je les regrette. Tu fais tout ce que tu peux et moi aussi. Non, la pensée qui me traverse n’a rien à voir avec tout cela. Elle me fait peur autrement. C’est une alerte physique, la sensation d’être en survoltage, oui, une histoire de pulsation. »

Page 37 :« […] Walid est persuadé que tu vas t’en sortir. Sans doute parce qu’il a lui-même réchappé à son infarctus. Avoir à lui rappeler qu’il a été opéré à temps et n’a pas fait d’arrêt cardiaque, le convaincre que tu n’as que d’infimes chances de t’en sortir, cela me brise.

Mon père doit le sentir. Pour la première fois, il se met en retrait. Il s’assoit doucement dans la salle d’attente et je vois à son visage qu’il a compris. J’ai pitié de lui comme s’il avait vieilli d’un coup, perdu sa fantaisie, sa façon d’attirer toute l’attention. »

Page 49 :« […] Je n’ai jamais intégré une troupe au long cours. Mes aventures de théâtre sont ponctuelles et chaque fois différentes. Mais je partage le même métier. On a fait ce choix de rester au plus près de l’enfance, de croire à l’invisible. Malgré la précarité, les difficultés, le sentiment de n’être jamais arrivés. Toi et moi, c’est aussi pour cela qu’on s’aime, que l’on se comprend si bien. Toi et moi, c’est grâce à cela que l’on s’est rencontrés. »

« Vigile », de Hyam Zaytoun, Le Tripode, 13 euros.

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Rentrée littéraire 

Une très (très) jolie découverte ! A chaque rentrée littéraire, je vise les premiers romans. Des années que je plonge allègrement dans leurs pages pour aller à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont franchi le pas de l’écriture et de l’édition. Une aventure.

PIANO

 

Ce premier roman, « Piano ostinato », est un bijou.  Vraiment. Sorti le 3 janvier, alors que l’on se remettait à peine des agapes du réveillon, j’espère qu’il ne restera pas dans l’ombre des livres « poids lourds » de cette rentrée littéraire d’hiver.

Arrivé sur les tables des libraires sans tambour ni trompettes, voici un roman dont la petite musique devrait vous enchanter.

Son auteure, Ségolène Dargnies, est enseignante, professeure de lettres agrégée après avoir été journaliste.

 

 

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Rentrée littéraire hiver 2019

RENTREE BLOG

C’est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l’hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure.

Au fil des mois de janvier et février, 493 nouveaux romans vont sortir. Parmi eux, 336 romans français. Parmi eux également, 77 premiers romans ( soit une hausse de 20% par rapport à la rentrée littéraire de l’hiver 2018).

Alors, parce qu’il n’y a pas que Michel Houellebecq dans la vie ( son nouveau roman est édité à 320.000 exemplaires !), je vais essayer de vous donner envie de plonger dans les (autres) romans de ce rendez-vous littéraire. Une sélection, forcément subjective. C’est parti !

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Un premier roman ? Allez, laissez-vous tenter… Celui que je vais vous présenter mérite toute votre attention. Il est brillant, tourbillonnant, vif, sensible… et finalement tragique. Son auteure, Pauline Delabroy-Allard, jeune trentenaire, signe là un premier roman jubilatoire.

Ca-raconte-SarahL’histoire ? C’est celle de la narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom), professeure de lettres, séparée, une petite fille de 4 ans et en pleine période « de latence » dans sa vie. A un dîner de réveillon, Sarah fait son entrée. Dans un tourbillon.

Violoniste concertiste, Sarah voyage de concert en concert. Elle est mal fagotée, parle mal, s’enflamme, puis se fâche, se frappe. Rapidement, Sarah et la narratrice deviendront inséparables. Amies, puis amantes. Une découverte pour l’une comme pour l’autre. Et le début d’une passion. Qui, apprend-on dès les premières pages du roman, finira mal. Par la mort de Sarah.

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Un titre suffit parfois à donner envie de plonger dans un roman ! La preuve avec « A son image », dernier roman en date de Jérôme Ferrari. La quatrième de couverture confirme le l’intérêt. Et les premières lignes nous entraîne déjà…

Chouette découverte que ce roman, écrit par le lauréat du prix Goncourt 2012 (« Le sermon sur la chute de Rome ») !

Né de parents corses, Jérôme Ferrari a grandi en région parisienne. Auteur de onze titres, cet agrégé de philosophie est actuellement en poste au lycée français d’Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.

A SON IMAGEL’histoire ? C’est celle d’Antonia. Elle périt dans un tragique accident de voiture dès les premières pages de ce roman dur et lumineux à la fois. La jeune femme vit en Corse, dans le sud de l’île. Elle gagne sa vie en faisant des photos de mariage, de fêtes.

L’ancienne salariée du journal régional a choisi de travailler autrement. Librement. Ce soir-là, un morceau de son passé est remonté à la surface : alors qu’elle couvre un mariage, elle reconnait Dragan, autrefois rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Des heures de discussion s’engagent, jusqu’à ce qu’elle décide de rentrer et que sa voiture tombe dans un ravin.

Dans le village, c’est le choc. Pour son oncle et parrain, c’est un drame. Devenu prêtre, c’est lui qui va conduire les obsèques, dire l’oraison funèbre…

 

L’occasion de replonger dans le passé. De raconter la vie de sa nièce adorée, celle à qui il avait offert un appareil-photo pour ses 14 ans, celle à qui il avait donné de l’argent pour qu’elle puisse rejoindre l’ex-Yougoslavie et photographier la guerre de près. Comment se pardonner à l’heure des obsèques ?

D’évoquer aussi le lien indéfectible qui a uni Antonia à Pascal B. l’un des figures montantes du FLNC.

 

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DESARTHE OK

 Prendre du champ. Traverser un océan pour essayer de voir plus clair sur sa vie, sur ses proches… et sur son pays. Voilà ce que Sylvie Vickery décide de faire, en suivant Hector, son mari, poète et universitaire sexagénaire, qui vient de décrocher un poste en Caroline du Nord, là-bas, aux Etats-Unis. C’est de là qu’ils vivront, à distance donc, les attentats du 13 novembre. Dans une indifférence polie.

C’est également en Amérique que Sylvie va découvrir la vie adultérine de son mari, et le rôle que joue son fils unique –un adolescent si différent des autres – aux côtés de ses camarades. Lester se fait appeler Absalom Absalom, est une émule de Saint-Augustin et prend des airs de gourou.

Sylvie, elle, qui s’est toujours évertuée depuis sa rencontre et son mariage avec Hector, à la non-action et  » à n’être rien  » comme elle dit, poursuit, avec lucidité mais en silence, l’introspection familiale. Loin de ses répères. Jusqu’au scandale. Jusqu’au retour.

Elle ne maîtrise pas bien la langue, ni les codes. Trop cultivée, trop libre de tout aussi.

Première fois que j’ouvre un roman d’Agnès Desarthe, lauréate en 1996 du prix du Livre Inter pour « Un secret sans importance » et auteure de nombreux romans remarqués (« Dans la nuit brune », « Une partie de chasse », « Ce coeur changeant »). J’ai été un peu déçue par ce roman qui, je trouve, survole plusieurs sujets sans les approfondir cependant. Dommage. Beau portrait de femme cependant.

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BALLES PERDUES

 

Encore un bon conseil de ma libraire bretonne  ! Une bonne pioche que je veux partager avec vous. Je vous préviens, ce n’est pas le roman le plus drôle de l’année, ni le plus léger. Loin de là !

Jennifer Clement (auteure de « Prières pour celles qui furent volées » notamment), que je ne connaissais pas jusque-là, est poète, biographe et romancière. Elle a grandi dans le Connecticut. La quinquagénaire vit désormais à Mexico.

L’histoire ?

Margot a 17 ans et un nourrisson sous les bras quand elle quitte sa famille et la vie cossue aux bonnes manières dans laquelle elle a toujours vécu. Elle s’installera dans sa voiture, une Mercury dont elle fera un nid douillet pour elle et sa fille. Une solution qui se voulait temporaire. Elle durera quatorze ans…

 

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