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DESARTHE OK

 Prendre du champ. Traverser un océan pour essayer de voir plus clair sur sa vie, sur ses proches… et sur son pays. Voilà ce que Sylvie Vickery décide de faire, en suivant Hector, son mari, poète et universitaire sexagénaire, qui vient de décrocher un poste en Caroline du Nord, là-bas, aux Etats-Unis. C’est de là qu’ils vivront, à distance donc, les attentats du 13 novembre. Dans une indifférence polie.

C’est également en Amérique que Sylvie va découvrir la vie adultérine de son mari, et le rôle que joue son fils unique –un adolescent si différent des autres – aux côtés de ses camarades. Lester se fait appeler Absalom Absalom, est une émule de Saint-Augustin et prend des airs de gourou.

Sylvie, elle, qui s’est toujours évertuée depuis sa rencontre et son mariage avec Hector, à la non-action et  » à n’être rien  » comme elle dit, poursuit, avec lucidité mais en silence, l’introspection familiale. Loin de ses répères. Jusqu’au scandale. Jusqu’au retour.

Elle ne maîtrise pas bien la langue, ni les codes. Trop cultivée, trop libre de tout aussi.

Première fois que j’ouvre un roman d’Agnès Desarthe, lauréate en 1996 du prix du Livre Inter pour « Un secret sans importance » et auteure de nombreux romans remarqués (« Dans la nuit brune », « Une partie de chasse », « Ce coeur changeant »). J’ai été un peu déçue par ce roman qui, je trouve, survole plusieurs sujets sans les approfondir cependant. Dommage. Beau portrait de femme cependant.

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BALLES PERDUES

 

Encore un bon conseil de ma libraire bretonne  ! Une bonne pioche que je veux partager avec vous. Je vous préviens, ce n’est pas le roman le plus drôle de l’année, ni le plus léger. Loin de là !

Jennifer Clement (auteure de « Prières pour celles qui furent volées » notamment), que je ne connaissais pas jusque-là, est poète, biographe et romancière. Elle a grandi dans le Connecticut. La quinquagénaire vit désormais à Mexico.

L’histoire ?

Margot a 17 ans et un nourrisson sous les bras quand elle quitte sa famille et la vie cossue aux bonnes manières dans laquelle elle a toujours vécu. Elle s’installera dans sa voiture, une Mercury dont elle fera un nid douillet pour elle et sa fille. Une solution qui se voulait temporaire. Elle durera quatorze ans…

 

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Si les personnages de Nicolas Mathieu avaient vécu à notre époque, il se peut qu’on les aurait retrouvés sur les barrages montés par les Gilets jaunes.  Pour dénoncer une société sur laquelle ils n’ont plus de prise et dans laquelle ils ne croient plus…

Le deuxième roman de Nicolas Mathieu se déroule dans les années 90. Ses personnages vivent à Heillange, dans le bassin lorrain, sinistré. Les hauts fourneaux ont déjà été fermés. Le chômage et la précarité font partie du paysage…

Dans ce décor post-industriel, Anthony promène son ennui. Sa violence aussi.

A 14 ans, le gamin, fils unique, ne travaille pas à l’école, traîne des journées entières avec son cousin. Comme pendant cet été 1992. C’est là qu’il rencontrera Steph qui ne rêve que de s’en aller, loin de toute cette grisaille.

Un soir, Anthony vole la moto de son père pour rejoindre une fête. Le deux-routes sera volé par Hacine, un autre adolescent, qui traficote, qui s’ennuie tout autant.

Un événement qui va sérieusement ébranlé l’équilibre familial autour d’Anthony. Séparation de ses parents, alcoolisme morbide de son père…

 

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Rester vivante !

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Un premier roman ? Youpi ! Et celui d’Adeline Dieudonné, une Belge de 35 ans, est une réussite. Un roman initiatique, acide et drôle. Qui, par moments, vous glace aussi les sangs.

Bref, « La vraie vie » est une histoire étrange qui vous garde en alerte jusqu’à la dernière ligne…

Tous les ingrédients du conte y sont, distillés dans un décor de cité pavillonnaire contemporaine sans âme. C’est là que la narratrice, que l’on suit de l’âge de 11 ans à celui de 15 ans, vit entre une mère éteinte, effacée et battue, qu’elle compare à une amibe ; un père violent qui bat sa femme, regarde (trop) la télé et boit (trop) de whisky et un petit frère, Gilles de quatre ans son cadet, devenu mutique après avoir assisté à un accident mortel aussi comique que tragique.

 

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Rentrée littéraire 

Jeffrey Eugenides est de retour ! Profitons-en ! L’auteur américain, lauréat du prix Pulitzer, excusez du peu, écrit un livre… tous les neuf ans. Après « Virgin suicides » ( salué par la critique et adapté au cinéma par Sofia Coppola), « Middlesex » et « Le roman du mariage », le sexagénaire est de retour avec un premier recueil de nouvelles « Des raisons de se plaindre ».

DES RAISONSNouveau format donc pour celui qui nous parle de l’Amérique d’aujourd’hui. Toujours. Les dix nouvelles réunies dans son recueil ont été écrites et publiées ( dans le New Yorker) au fil des trente dernières années.

Là, souvent réécrites ou lissées, indiquent des journalistes, elles évoquent des illusions perdues, nous font rencontrer des couples dysfonctionnels, et une middle-class américaine perdue… entre consumérisme et perte des valeurs morales. Bref, gros coup de spleen sur les USA !

J’ai préféré les plus récentes des nouvelles compilées là. A chaque nouvelle histoire, le ou les personnages principaux ( en majorité des hommes, donc), se trouvent à un carrefour de leur existence. Ils ont fait des choix, ou subissent ceux faits à leur insu. Font, dès lors, preuve de mauvaise foi, ou déni… ou de culpabilité.

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Rentrée littéraire 

 

SOUPLESSE OS

On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu’en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs.

Là, on suit D.W. Wilson, un auteur trentenaire qui, après un premier roman, signe là un recueil de nouvelles passionnant, « La souplesse des os ». 

C’est là que nous croisons une dizaine de personnages qui, au fil de ce recueil de douze nouvelles, se croisent. Se quittent. Se battent. S’expliquent. Ou, au contraire, ne trouveront jamais les mots…

Des pères et leurs fils, des amis, des frères… Un monde où les hommes sont rudes, taiseux, virils… et pas toujours fins. Vulnérables aussi. Mais également dignes, obstinés.

Les bonnes intentions se transforment parfois en échecs cuisants, les non-dits gâchent des vies…

Au final, des histoires qui, mises bout à bout, peuvent se lire comme un roman ou, au choix, comme une succession de bouts de vie rondement menée. Bien écrites.

 

QUEBEC

Dans un parc, au Québec, que j’ai arpenté en septembre 2017.

 

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Rentrée littéraire

Jean Hatzfeld, interviewé en décembre 2015 pour La Nouvelle République (Photo Patrice Deschamps)

Jean Hatzfeld, interviewé en décembre 2015 pour La Nouvelle République (Photo Patrice Deschamps)

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Jean Hatzfeld est de retour  en cette rentrée littéraire ! Imaginez ma joie ! Jean Hatzfeld, que j’ai interviewé en décembre 2015, est un journaliste et écrivain que je suis depuis des années. Et que j’admire aussi beaucoup.

Ses écrits sur le génocide rwandais font autorité. Et constituent une partie de son oeuvre. Vous en retrouverez trace ici et . Mais pas seulement.

Jean Hatzfeld, ancien journaliste sportif, ancien reporter de guerre pour Libération, et désormais romancier inspiré, a élargi la palette de ses univers littéraires. La preuve ici et .

C’est aussi le cas pour « Deux mètres dix », publié ces jours derniers chez Gallimard. L’homme a plongé avec bonheur dans ses souvenirs de grand journaliste sportif pour imaginer ce nouvel opus, ancré dans notre histoire contemporaine. De la Guerre froide à nos jours.

 

 

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Rentrée littéraire

made in trenton

Un premier roman, ça vous dit ? Celui-ci est assez particulier, je vous préviens. Il part d’une bonne idée à laquelle on a cependant (un peu)  du mal à adhérer jusqu’au bout. Enfin, je vous laisse juger…

L’histoire ? Elle est étonnante. Déstabilisante aussi. Tout commence en 1946, dans le New-Jersey. A Trenton, on travaille l’acier. Un outil d’émancipation pour les classes laborieuses  après les horreurs de la guerre. Abe Kunstler est de ces ouvriers pauvres qui travaillent dur pour assurer le quotidien.

Il est travailleur, obstiné, bon camarade, buveur invétéré ( pour donner le change et brouiller les pistes)… et différent. Et pour cause. Il se présente comme « mutilé » pendant la guerre et laisse souvent une drôle d’impression ici et là. Personne n’imagine cependant qui y est en réalité.

Si je vous le dis d’emblée, la lecture de ce roman va sérieusement perdre de sa saveur, non ? Disons que le héros de ce premier roman n’a pas dit la vérité sur son identité. Il s’est inventé un nom, une vie. Un passé.

Des décennies qu’il la cache au regard de tous. Lui, le moins baraqué de ses collègues, est aussi celui qui prend le plus soin des autres…

 

 

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Un silence qui tue…

Rentrée littéraire

 

MALHEUR DU BAS

 

Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin.

Inès Bayard a 26 ans seulement et signe avec « Le malheur du bas » un premier opus suffocant. Dérangeant.

L’histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. Marie et Laurent forment un couple jeune, moderne, riche. Elle est cadre dans une banque, il est un avocat pénaliste dont le succès ne fait que grandir. Ils vivent à Paris. Débordés mais heureux.

Et puis, un soir, dans un parking, Marie est violée par son supérieur, dans la voiture de ce dernier. Elle n’en parlera pas. Et quand elle tombe enceinte, elle est persuadée qu’il ne peut s’agir que du fruit de cette relation non consentie.

 

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Rentrée littéraire

MISS SARAJEVO

 

 

Quelle joie de retrouver l’écriture et le style d’Ingrid Thobois ! J’ai découvert cette auteure au hasard d’une chronique dans un magazine féminin. C’était à propos du livre « Le plancher de Jeannot » dont vous pouvez retrouver le post ici.

Elle est de retour pour cette rentrée littéraire ( auteure de plusieurs romans, elle écrit aussi pour la jeunesse) avec « Miss Sarajevo », un roman puissant qui s’étale sur plusieurs décennies, entre Paris, Rouen et Sarajevo.

L’histoire ? C’est celle de Joaquim. On ne rencontre à vingt ans, en 1993. A Sarajevo. Au coeur de la guerre, donc. Là, armé de son seul appareil-photo, il découvre un monde.  Se confronte à la mort. Et le pays natal de celle qu’il aime, sa professeur, Ludmilla.

Au fil des semaines alors qu’il réapprend une certaine joie d’être au monde, installé dans une famille, il pense à la sienne. Une famille désunie, silencieuse qui n’a toujours pas trouvé les mots pour expliquer et adoucir la mort voulue de Viviane, sa soeur cadette, qui s’est jetée par la fenêtre de l’appartement familial, à Rouen.

Personne n’a su. Personne n’a vu.

 

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