Flux pour
Articles
Commentaires

PAS DUPE

 

Yves Ravey  a l’art et la manière de vous raconter une histoire en à peine une centaine de pages ! De la transformer, d’en faire quelque chose d’unique. Et de drôle. C’est encore le cas pour son nouveau roman, le seizième en trente ans pour cet auteur et dramaturge sexagénaire qui, cette fois, nous emmène loin. Jusqu’en Californie.

Vous trouverez plusieurs de ces précédents romans (« Un notaire peu ordinaire », « Sans état d’âme », « Trois jours sans ma tante », chroniqués sur mon blog au fil des années.

L’histoire ? Elle commence mal. Par la mort (accidentelle ?) de Tippi, la femme volage et extravertie de Salvatore Meyer. A la manière d’un épisode de Columbo, tout n’est pourtant pas aussi évident que ça en a l’air.

Tippi boit, roule vite, trompe son mari, fait la fête, mais il parait curieux qu’elle ait raté ce virage de la route de Santa Clarita. Et l’inspecteur Costa va exploiter toutes les pistes, traquer tous les détails tandis que Salvatore doit faire face à son beau-père, à sa voisine Gladys… et à toutes ses contradictions.

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Autant vous le dire tout de suite, ce livre, – un premier roman – est totalement barré  et un brin tordu ! La novelliste américaine Jen Beagin a changé de format. Elle vit à Hudson, dans l’État de New York, a collaboré à plusieurs revues et publié des nouvelles. «  On dirait que je suis morte » a reçu un accueil enthousiaste outre-Atlantique et a été finaliste de plusieurs prix.

9782283031797

 

 

L’histoire ? Mona a vingt-quatre ans, une vie cabossée, une âme pure et une intuition désastreuse lorsqu’il s’agit de se construire une vie meilleure. Le jour, Mona fait des ménages pour gagner sa vie, vidant au passage les tiroirs d’anxiolytiques de ses riches clients.

Le soir, celle qui surnomme Dieu Bob, distribue des seringues aux junkies de Lowell, Massachusetts. C’est là qu’elle tombe amoureuse de M. Dégoûtant, un artiste raté et sans dents. Une histoire courte, intense… et dont l’issue va sérieusement perturber la jeune femme au parcours déjà chaotique qui n’en avait vraiment pas besoin…

C’est le début d’une odyssée trash et burlesque qui la mènera jusqu’au Nouveau-Mexique.

Là-bas, au milieu de loufoques en tout genre, elle s’évertuera, à force de cuvettes à récurer, de drogues plus ou moins douces et d’introspections un brin erratiques, à trouver sa place dans le monde entre une médium collectionneuse de poupées, un père détraqué, des voisins végans et un cancéreux possiblement pervers…

Bref, ce roman est détonant, sucré, trash, foutraque… et revigorant  car affranchi des règles ! Les scènes, les mots sont crus. Et racontent la vie d’une d’une tranche de l’Amérique d’aujourd’hui.

 

 

 

 

Continuez à lire »

 

zoom-la-guerre-des-pauvres

 Moins de 70 pages ! Pas de doute, Eric Vuillard, prix Goncourt 2017, a l’art de la concision. Et le sens de l’Histoire.
Après « L’Ordre du jour », qui nous annonçait la Seconde Guerre mondiale, il nous emmène à la fin du Moyen-âge pour nous parler des pauvres et d’un certain Thomas Müntzer qui a voulu changer leurs destins, loin de l’office en latin et du pouvoir des princes.  « La guerre des pauvres » est un récit.
220px-Thomas_Muentzer
L’histoire ? Nous sommes en 1524 dans le sud de l’Allemagne. Les pauvres se soulèvent. Le mouvement s’étend, gagne la Suisse et l’Alsace. Un jeune homme se distingue, un théologien, Thomas Müntzer.
Un peu trop exalté et radical pour réellement influencer l’Histoire, l’homme a cependant laissé une trace. Et a inspiré Eric Vuillard qui nous demande de le suivre.
Thomas Müntzer a puisé dans la Bible les arguments d’une révolution sociale contre les princes. Et profitera de la révolte des paysans pour diffuser ses idées.
Un récit bref et dense à la fois qui nous emmène également en Grande-Bretagne avant un retour à Zwichau, une des premières villes à avoir introduit la réforme luthérienne.

Ici, Eric Vuillard fait œuvre de mémoire, rendant justice à des milliers d’entre eux qui, un jour, ont fait le choix de lutter le pouvoir qu’il soit économique, social, politique ou religieux, et ceux qui le tiennent.
 Extraits

Page 13 : « Il parle. On l’écoute. Il cite les Evangiles : “Vous ne pouvez servir Dieu et les richesses.”

Il croit pouvoir lire les textes tout simplement, à la lettre ; il croit en une chrétienté authentique et pure. Il croit que tout est écrit noir sur blanc dans saint Paul, qu’on trouve tout ce qu’il faut dans les Evangiles. Voilà ce qu’il croit.

Et c’est cela qu’il va prêcher aux pauvres tisserands, aux mineurs, à leurs femmes, à tous les misérables de Zwickau. Il cite l’Evangile et met un point d’exclamation derrière. Et on l’écoute. Et les passions remuent, car ils sentent bien, les tisserands, que si on tire le fil toute la tapisserie va venir, et ils sentent bien, les mineurs, que si on creuse assez loin toute la galerie s’effondre. Alors, ils commencent à se dire qu’on leur a menti. »

Page 46 : « C’est en essayant d’organiser la révolte en Thuringe, à Allstedt, que Müntzer se détacha des autres prédicateurs. Le fond devint social, enragé. La frange huppée de ses sympathies se mit à prendre peur. Il parlait d’un monde sans privilèges, sans propriété, sans Etat. Il excitait avec force contre l’oppression. Il appelait Luther “la chair qui mène molle vie à Wittenberg”. Il disait : “Il faut que le monde entier reçoive un grand coup ”. »

 Pages 58-59  : « Pourtant la fausse parole transmettra entre les lignes un éclat de vérité. “Ce ne sont pas les paysans qui se soulèvent, c’est Dieu ! ” – aurait dit Luther, au départ, dans un cri admiratif épouvanté. Mais ce n’était pas Dieu. C’étaient bien les paysans qui se soulevaient. A moins d’appeler Dieu la faim, la maladie, l’humiliation, la guenille. Ce n’est pas Dieu qui se soulève, c’est la corvée, la censives, les dîmes, la mainmorte, le loyer, la taille, le viatique, la récolte de paille, le droit de première nuit, les nez coupés, les yeux crevés, les corps brûlés, roués, tenaillés. Les querelles sur l’au-delà portent en réalité sur les choses de ce monde. »

« La guerre des pauvres », Eric Vuillard, Actes Sud, 8,50€

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , ,

Troisième roman pour Elisabeth Filhol. Et troisième univers décliné au fil d’une langue précise et claire. Cette fois encore, en découvrant la couverture sur la pile d’une table de librairie, je n’ai pas hésité.

zoom-doggerland

 

Cette auteure quinquagénaire sait arpenter des terrains d’écriture pour le moins exotiques. Son premier roman, « La centrale », nous avait menés dans le monde des sous-traitants du nucléaire. Le second, « Bois II », dans celui des patrons, via la séquestration de l’un d’eux.

Élisabeth Filhol a grandi et a fait sa scolarité à La Rochelle. Diplômée du Master Finance d’entreprise, elle a d’abord travaillé en audit, puis en gestion de trésorerie, principalement en milieu industriel, et plus tard dans le conseil aux comités d’entreprises. Elle vit à Angers.

L’histoire de ce troisième roman ? Elle commence par une tempête qui s’annonce. Qui arrive. Xaver va bientôt déferler ( une vraie tempête née le 4 décembre 2013 qui a provoqué la mort de neuf personnes et des milliers de sinistrés) sur les côtes du nord de l’Europe.

Ted Hamilton surveille cela de très près. C’est son métier. Installé dans le Devon, il surveille, il anticipe. Et prévient sa sœur, installée à plusieurs centaines de kilomètres de là, qu’il ne vaut mieux pas qu’elle prenne l’avion pour se rendre au Danemark, pour un colloque.

Margaret, chercheuse, mariée à un chercheur, elle est mère d’un fils jeune adulte – ,  s’y rendra cependant. Pour le colloque, pour son sujet de recherche aussi. Des décennies que cette quadragénaire travaille sur le Doggerland.

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , ,

David Foenkinos, je l’ai rencontré au hasard d’un salon littéraire, à Saumur. C’était au début des années 2000. Il venait de sortir son premier roman,  » Inversion de l’idiotie ». Je me souviens d’un chouette moment avec un auteur à l’univers atypique, avec une plume bien sentie. J’avais aimé. Je l’ai suivi quelques années. Avant de passer à autre chose. Lui, est devenu un auteur à succès, télégénique en plus ;-)

Son dernier roman m’a intrigué. A cause de la promotion faite autour. Je me suis dit, il se passe un truc, là, non ? Alors j’ai plongé dans « Deux sœurs ». Et ? Eh bien, pas grand-chose.  Mais je vous raconte quand même maintenant que j’y suis.

FOENKINOS

 

L’histoire ? C’est celle de Mathilde. La trentaine. Avec Etienne, elle forme un couple heureux. Du moins le croit-elle. Professeur de français dans un lycée, elle adore son métier et ses élèves.

En Croatie, alors qu’ils étaient en vacances, Etienne a évoqué l’idée de se marier, de fonder une famille. Sauf qu’Etienne va la quitter. Brutalement. Soudainement. Iris, son ancienne compagne, est rentrée de l’étranger. Ils se sont vus. Vont se revoir. L’univers de Mathilde s’effondre.

Le proviseur du lycée tente de l’aide. Sa voisine psychiatre aussi. Mais Mathilde sombre. Perd provisoirement son travail. Et ne peut plus rester dans l’appartement qu’elle occupait avec Etienne. Elle s’installe chez sa soeur, Agathe dans le petit appartement qu’elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili.

Une cohabitation éprouvante se dessine. Mathilde jalouse sa sœur, mais va se rapprocher beaucoup de sa petite nièce. Elle fera de même avec son beau-frère. Au point de déséquilibrer le couple et la famille de sa sœur.

Et puis il y a un drame au coeur de ce huis-clos familial.

Inutile de vous dire que ce roman est sombre. Particulièrement sombre. Qu’il nous dépeint une personnalité glaçante, inattendue. Et surtout, qu’il est cousu de fil blanc. J’ai donc perdu (un peu de mon) temps.

Extraits

Page 65 : « Avec les jours, la colère augmentait. Jamais elle n’avait ressenti une telle haine ; cela lui faisait presque mal dans la poitrine ; c’était effroyable. Depuis toujours, elle détestait ces histoires de jalousie, d’agressivité, elle essayait sans cesse de chasser toute pensée négative ; elle était incapable de comprendre cette force noire qui la happait et la plongeait dans des pensées morbides. C’était absurde. Il n’y avait rien à faire. Le cœur de l’autre est un royaume impossible à gouverner. Il faut se taire et accepter. Ou, éventuellement, mourir. »

Page 120 : « […] Mathilde s’excusa pour ce ratage. Agathe finit par proposer : “Allez-y tous les deux. On prendra une baby-sitter pour Lili.” Ils avaient un peu protesté, mais il était évident que c’était la meilleure solution pour ne pas gâcher les billets. Un peu plus tard dans la soirée, Agathe se leva de son lit. Elle alla vérifier quelque chose dans son agenda. A la date du 24 novembre, elle avait bien noté sa soirée à la banque. Mathilde avait déjà fouillé dans ses affaires, alors elle aurait pu tout à fait tomber sur cette information. Aurait-elle pu prendre intentionnellement des places ce jour-là ? Non, ce n’était pas possible. Elle n’aurait pas fait ça. Mais il fallait admettre qu’elle agissait d’une manière si imprévisible parfois. Agathe ne savait plus que penser, alors elle préféra se dire que toute cette histoire n’était qu’un malheureux concours de circonstances. »

Page 154 : « Le mardi suivant, Mathilde se prépara pour aller à cette soirée d’anniversaire qui n’existait pas. Le reflet parfait de son existence. Il lui semblait vivre chaque jour davantage une vie qui n’existait pas. Elle errait dans un royaume où ses actions n’arrivaient pas à s’incarner concrètement. Si son passé devenait flou, l’avenir prenait la forme d’une lubie à laquelle personne ne pouvait croire. Les deux sœurs se souhaitèrent mutuellement une bonne soirée, et Mathilde ajouta : « Tu embrasseras bien Emmanuel pour moi. » Avec un sourire qui lui barrait le visage, Agathe répondit qu’elle n’y manquerait pas. Rien ne valait un petit trait d’humour, y compris le plus dérisoire ou le plus minable, pour faire croire que tout allait bien. Leur relation devenait franchement pathétique. »

« Deux sœurs », David Foenkinos, Gallimard, 17€

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , ,

Rentrée littéraire 

838_3._bertrand_belin_c_bastien_burger

Bertrand Belin (photo Bastien Burger)

Un touche-à-tout talentueux ! Je connaissais Bertrand Belin chanteur, je viens de découvrir l’auteur, qui avec « Grands carnivores » signe son (déjà) troisième roman. Après « Requin » et « Littoral », ce Breton d’origine installé à Paris revient sur les tables des librairies. Un début d’année faste pour ce quadragénaire musicien, auteur, compositeur et comédien. Outre son nouveau roman, il vient de sortir son sixième album,  » Persona », et est à l’affiche d’un film « Ma vie avec James Dean », dont il a également composé la musique.

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Rentrée littéraire

couverturebacchantesminard

Céline Minard est une auteure assez inclassable qui a su, de livre en livre, se construire une place. A part.

Ses romans nous emmènent, en tout cas pour les derniers parus, dans un décor de western ( « Faillir être flingué »), nous entraînent en haute montagne à l’abri des gens (« Le grand jeu »)… ou dans un bunker ultra sécurisé dans la baie de Hong Kong.

Avec « Bacchantes », elle revisite avec brio les codes du film de braquage autour de la thématique du vin pour distiller un cocktail explosif où l’ivresse se mêle à la subversion.

Au fil des pages, on ne se pose pas la question du pourquoi, ni du comment dans ce braquage peu ordinaire. Reste le spectacle d’une société qui marche définitivement sur la tête, d’un désastre capitaliste. Et un roman qui donne la part belle aux femmes : elles ont pris le pouvoir à l’intérieur du bunker tandis que d’autres, une surtout, Jackie Thran, cherchent des solutions pour les en faire sortir. Des femmes puissantes, cinglées, féminines, efficaces.

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , ,

 Rentrée littéraire
9782330118051
Pour échapper, le temps d’un dimanche d’été, à sa femme enceinte et à ses trois enfants, Albert s’incruste au baptême de Franny, la fille d’un flic, Fix, qu’il connaît vaguement.
Tandis que les invités se laissent gagner par l’ivresse, il succombe à la beauté renversante de Beverly, la mère du bébé baptisé ce jour de 1964.
Le baiser qu’ils échangent est le premier des éboulements que subiront leurs familles, à jamais liées.
Albert ( que tous appellent Bert) et Beverly se marient  et quittent la Californie pour la Virginie.
Chaque été, ils se retrouvent avec leurs six enfants sur les bras – un petit clan plus ou moins livré à lui-même, prêt à tout pour tromper l’ennui. Mais un drame fait voler en éclats cette fratrie recomposée.
Des années plus tard, alors qu’elle travaille comme serveuse dans le bar d’un hôtel de luxe, Franny a un soir l’honneur inattendu de servir quelques whiskys à un auteur culte qu’elle révère, Leo Posen.

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

VIGILE OK

 Rentrée littéraire

Hyam Zaytoun est comédienne. Regardez bien, vous l’avez déjà vue. Elle joue régulièrement pour le théâtre, le petit et le grand écran. Elle est par ailleurs auteure d’un feuilleton radiophonique  et collabore à l’écriture de scénarios. « Vigile » est son premier roman. Il est autobiographique.

La comédienne Hyam Zaytoun

La comédienne Hyam Zaytoun

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une histoire tragique, du moins au début, mais qui, heure après heure, jour après jour, va enfin pouvoir aller vers le beau et l’ensoleillé.

Cinq ans après les faits, Hyam Zaytoun a mettre des mots sur les maux qui ont touchés son compagnon, comme elle, comédien. Impliqué dans la vie d’une troupe de théâtre.

« Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir… il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque. »

Il sera placé en coma artificiel pendant plusieurs jours. Le corps médical est sceptique sur ses chances de s’en sortir sans dommage.

La jeune femme et mère de famille va mobiliser toutes les énergies et les peurs qui la transpercent pour raconter l’urgence, la nécessité d’avancer, de faire face. Son texte, court, déploie une puissance et beaucoup, beaucoup d’amour. On reste lié à ce récit, à cette fougue vitale… Un premier roman (autobiographique) plein d’espoir et de promesses littéraires à venir.

Extraits

Page 11 :« Ça ne va pas. On ne peut pas continuer comme ça. 

Ce n’est pas de s’être disputés, pas non plus d’avoir dit qu’on allait dans le mur, qu’il fallait gagner plus d’argent sinon on ne s’en sortirait pas. A peine dits, ces mots-là, je les regrette. Tu fais tout ce que tu peux et moi aussi. Non, la pensée qui me traverse n’a rien à voir avec tout cela. Elle me fait peur autrement. C’est une alerte physique, la sensation d’être en survoltage, oui, une histoire de pulsation. »

Page 37 :« […] Walid est persuadé que tu vas t’en sortir. Sans doute parce qu’il a lui-même réchappé à son infarctus. Avoir à lui rappeler qu’il a été opéré à temps et n’a pas fait d’arrêt cardiaque, le convaincre que tu n’as que d’infimes chances de t’en sortir, cela me brise.

Mon père doit le sentir. Pour la première fois, il se met en retrait. Il s’assoit doucement dans la salle d’attente et je vois à son visage qu’il a compris. J’ai pitié de lui comme s’il avait vieilli d’un coup, perdu sa fantaisie, sa façon d’attirer toute l’attention. »

Page 49 :« […] Je n’ai jamais intégré une troupe au long cours. Mes aventures de théâtre sont ponctuelles et chaque fois différentes. Mais je partage le même métier. On a fait ce choix de rester au plus près de l’enfance, de croire à l’invisible. Malgré la précarité, les difficultés, le sentiment de n’être jamais arrivés. Toi et moi, c’est aussi pour cela qu’on s’aime, que l’on se comprend si bien. Toi et moi, c’est grâce à cela que l’on s’est rencontrés. »

« Vigile », de Hyam Zaytoun, Le Tripode, 13 euros.

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Rentrée littéraire 

Une très (très) jolie découverte ! A chaque rentrée littéraire, je vise les premiers romans. Des années que je plonge allègrement dans leurs pages pour aller à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont franchi le pas de l’écriture et de l’édition. Une aventure.

PIANO

 

Ce premier roman, « Piano ostinato », est un bijou.  Vraiment. Sorti le 3 janvier, alors que l’on se remettait à peine des agapes du réveillon, j’espère qu’il ne restera pas dans l’ombre des livres « poids lourds » de cette rentrée littéraire d’hiver.

Arrivé sur les tables des libraires sans tambour ni trompettes, voici un roman dont la petite musique devrait vous enchanter.

Son auteure, Ségolène Dargnies, est enseignante, professeure de lettres agrégée après avoir été journaliste.

 

 

Continuez à lire »

Marqueurs:, , , , , , , , , , , , ,

« Articles plus récents - Articles plus anciens »