16 fév 2012
mariellaesvant

Parrainages : Lepage, Le Pen et Boutin main dans la main devant les Sages

Ce n’est pas le glaive et la balance mais le « crayon » et la « gomme » qu’ont brandi Corinne Lepage, Christine Boutin et Marine Le Pen devant le conclave du Conseil constitutionel. La première court après ses parrainages au volant de son hybride, la seconde a renoncé après un pélérinage sans sacrement, et la troisième fait du bruit, beaucoup de bruit. Elles ont en commun une quête infructueuse qui pourrait leur barrer les portes de la campagne présidentielle. Cet improbable ménage à trois – l’écolo, la catho et la … candidate FN – a scellé son union sur l’autel des parrainages et espère faire sauter le sacro-saint verrou posé en 1962. Les Sages les ont entendus jeudi, et publieront leur verdict le 21 février, à 17h, sur le site internet de l’institution.

Pendant des semaines, Christine Boutin a tenté de convaincre les maires de la parrainer. Sans succès.

Si l’avocat de Corinne Lepage, la candidate de Cap 21, a invité les Sages à sortir leur trousse d’écolier – « puisque le législateur n’a pas utilisé le crayon, il vous incombe d’utiliser la gomme  » – c’est que le Conseil constitutionnel, qui n’a pas compétence à écrire la loi, peut en revanche décidé d’abroger l’alinéa de la loi du 6 novembre 1962 qui établit la publicité des parrainages. Pour faire passer cette question prioritaire de constitutionalité (QPC), l’improbable trio brandit une réforme de 2008 qui dit que « la loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participations équitables des partis à la République ».

Il y a donc la question de la loi, que le Conseil constitutionnel tranchera. Aussi, il y a la question politique. Celui du « pluralisme politique », avancé par le n°2 du FN, Louis Alliot. Et celui qui agite l’actualité. Devant le désarroi (certains pensent que c’est feint) de Marine Le Pen, et surtout ses menaces (« faire battre l’UMP aux législatives », entre autres), François Bayrou avait appelé les « dirigeants des grands courants démocratiques » a tenir le stylo de leurs élus pour qu’ils parrainent la candidate frontiste. Fin de non-recevoir de la part de Nicolas Sarkozy – « Vous ne voulez quand même pas que je m’occupe d’elle aussi ! » – du PS, via Manuel Valls – « Vous vous rendez compte ! Des responsables politiques se réunissant dans une arrière-boutique pour répartir des signatures ! » – d’Eva Joly – « Ce n’est pas mon problème, il ne faut pas compter sur moi, les règles sont les mêmes pour tous et je veux qu’elles soient respectées » – et de Jean-Luc Mélenchon – « voici ce que sont devenues les institutions de la Ve République: un téléthon en faveur de la candidature lepéniste… ». Qui se sont donc reconnus comme « dirigeants des grands courants démocratiques ». Dominique De Villepin, Frédéric Nihous, Nicolas Dupont-Aignan et les autres, pas tous assurés d’obtenir les 500 parrainages, ne sont pas exprimés. Même la première concernée a obligeament refusé « l’aide » du candidat centriste.

Les instituts de sondage, Ifop en tête, ont pris la candidate FN au mot. Et se sont prêtés au jeu de la mesure d’intentions de vote sans Marine Le Pen et les autres candidats ric rac. Résultat : le désistement de Morin (effectif), Boutin (effectif), Lepage et Villepin… Résultat : ça ne change pas (grand chose). Selon le JDD, qui a publié ce sondage le 4 février, « François Hollande garderait la tête avec 33 % des voix (+ 3,5), mais à égalité avec Nicolas Sarkozy (+ 8,5). François Bayrou obtiendrait 17 % (+ 4,5), devant Jean-Luc Mélenchon avec 9 (+ 1). Eva Joly gagnerait un demi-point (3 %) à égalité avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui multiplierait par trois son score. » Politique fiction, a priori, puisque pas grand monde ne croit à l’éviction de Marine Le Pen. Elle même, se dit « confiante ». C’est sa « nature optimiste » qui parle.

 

 

 

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