19 déc 2011
mariellaesvant

La politique du buzz

Jean-Luc Mélenchon avait donné le ton avec ses happenings politiques, Christine Boutin et Eva Joly lui ont emboité le pas de bonne grâce, le PS essaie mais ne perce pas… Signe que le marketing prend du poids face aux idées et s’impose en politique, l’art du  »buzz » fait désormais partie de la boîte à outils de la campagne 2012… Et la concurrence est rude !

Ces dernières semaines, pas de doute, c’est bien Eva Joly, 68 ans, qui mène le concours de clics. Ses vidéos de chatons contre l’abstention ont détrôné sa réponse en chanson aux propos douteux sur son accent qui a atteint 150 000 vues sur Dailymotion. Et comme le buzz, ce n’est pas que de la vidéo, elle explore de nouvelles pistes en participant à la campagne « adoptez une cellule photovoltaïque », ou en publiant un scénario parodique de « Bref », la mico-série qui cartonne sur Canal +.

 

Si la doyenne des candidates paraît si branchée, c’est qu’elle a derrière elle une ruche discète et dévouée, le SAV d’Eva Joly, qui se décarcasse pour fire entendre le bourdonnement de leur reine. Et ça rapporte : grâce à ses coups sur le web, la candidate aux poches vides a récolté plus de 100.000 euros de dons via Internet.

Christine Boutin, d’un an sa cadette, a décidé de ne pas se laisser faire. Catho de droite ou pas, elle aussi peut buzzer. Elle avait déjà fait parler d’elle avec son quizz perso « Je ne suis pas celle que vous croyez »,  et a vient de se mettre au happening, laissant les JT se charger de la vidéo.  C’était samedi aux Galeries Lafayette… son petit Noël à elle.

 

 
 
Quant au PS, il va de sa petite vidéo rigolote quand l’envie lui en prend, mais n’en abuse pas. La dernière tentative en date, dénonçant les mesures fiscales de Sarkozy via quelques clichés « de riches », plutôt bien ficelée, n’a pas encore atteint les 80.000 vues. (C’est Eva Joly qui doit rigoler !)


La droite creuse la dette c’est vous qui payez… par PartiSocialiste
Sans aller jusqu’aux vidéos de chaton, les socialistes distillent sur Internet quelques outils plutôt drôles et pas forcément inutiles. L‘abécédaire des propos contradictoires de Nicolas Sarkozy en est un, qui a connu un certain succès. Et en profitent pour dénoncer les tentatives de dumping du principal adversaire de François Hollande, comme cette passerelle un peu grossière entre le site de l’Elysée et la page de Nicolas Sarkozy, future candidat de l’Ump…

Jean-Luc Mélenchon, devenu poli, semble avoir abandonné pour un temps ses coups médiatiques. Le candidat du Front de gauche revient à une communication plus classique, se contentant la plupart du temps de commenter l’actualité, et celle de ses adversaires, sur son compte Twitter. Histoire de faire oublier un peu Mélenchon le médiatique au profit des idées.

François Bayrou, le candidat du Modem, a su s’entourer d’une équipe de web-campagne efficace, les « nousbayrou », qui explorent tout ce que les réseaux sociaux peuvent faire pour une campagne – dernier « coup », la tweet-interview -, et lui forgent une image de candidat connecté.

Toutes ces méthodes empruntées au marketing viral sont efficaces pour faire parler se soi. Mais ne sont pas sans risques… Même wikipedia le dit :

Si  le « buzz » – ou « ramdam » si l’on tient à franciser – est devenu quasi-incontournable, même en politique, il n’est jamais aussi efficace que combiné aux classiques (spot tv ou banner publicitaire online, affichage, presse ou radio). Ce qui s’appelle, selon la définition d’Emmanuel Vivier sur le Journal du Net, le marketing à 360°. Rien que ça.

2 Comments

  • Très bon éclairage, merci.
    Et il faut reconnaître que les Verts – oups, EELV – font montre d’un certain humour et d’une pincée salutaire d’auto-dérision.
    Reste à se pencher maintenant sur le « hidden buzz », à savoir la communication cachée à coups d’enfumage de médias et de storytelling. Plus difficile à décrypter, mais je compte sur votre légendaire talent, amis du blog Présidentielle.

    • On peut voir que vous vous y connaissez en marketing viral, amis du blog des Pieds carrés… mais comme le dit l’article, point trop n’en faut !

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