25 oct 2011
Presidentielle 2012

Nucléaire : ce qu’en disent les partis

Éva Joly, candidate d’Europe Ecologie les Verts, veut emmener le candidat socialiste François Hollande vers une sortie du nucléaire en France. Pour l’eurodéputée, ce que propose le député correzien n’est pas assez. Mieux, elle souhaite même faire venir François Hollande à Fukushima, où elle vient de se rendre.

Pour Éva Joly, dans son interview au Monde, « la gauche serait folle de ne pas sortir du nucléaire ». Elle conditionne même un accord avec le PS à la présidentielle à un calendrier de sortie du nucléaire.

La rencontre entre Eva Joly et des familles de Fukushima. Photo postée sur son twitter.

La rencontre entre Eva Joly et des familles de Fukushima. Photo postée sur son twitter.

Pour le Parti socialiste, justement, le projet pour 2012 donne un cadre large sur le nucléaire :

« Il s’agit de garantir l’indépendance et la sécurité énergétique de la France, donc de sortir de la dépendance au pétrole et au nucléaire. »

Le PS veut aller vers un accroissement dans les années à venir de la part du non-nucléaire au profit d’énergies renouvelables ainsi qu’un « moratoire sur l’accroissement des capacités nucléaires« . Par ailleurs, les exportations de technologies nucléaires (y compris le MOX) seront interdites sur les pays ou zones à risque ».

Et pour que la puissance publique reprenne le contrôle sur le nucléaire civil. Si le PS arrive au pouvoir, un audit approfondi sera fait, disent les socialistes. Mais dans le projet, il n’y a ni mention ni engagement sur une sortie du nucléaire.

Du côté de l’UMP, aucune trace du mot nucléaire dans le projet pour 2012 tel qu’il est pour le moment dévoilé, le site étant pour le moment consacré au bilan des quatre premières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy.Pour le président de la République, il n’est toutefois pas question de sortir du nucléaire. Surtout, dans son aspect civil car la France continue de bien vendre à l’étranger les centrales et leur technologie.

Lors du campus UMP consacré au programme du PS, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, avait estimé à « 750 milliards », le montant des investissements nécessaires à faire pour sortir du nucléaire. Néanmoins, le parti de la majorité plancherait aussi sur un développement des énergies alternatives puisque Eric Besson expliquait il y a peu au Monde qu’il avait lancé une commission Energie2050 pour étudier le scénario d’une baisse de 50 % de la part du nucléaire en 2025.

Le Front national présente son projet pour 2012 le 19 novembre. Mais Marine Le Pen affirmait, mardi 14 juin sur France Inter, que la sortie du nucléaire était  » un objectif qu’il faut avoir à l’esprit parce que c’est une énergie énormément dangereuse. » Un objectif mais pas forcément une finalité.

« On pourrait consulter les Français, mais il faudrait que le débat explique clairement quelles sont les solutions alternatives ».

Le MoDem ne se prononce pas non plus pour une sortie du nucléaire. Dans une tribune, pour Mediapart, Jean-Luc Benhamias, membre du « shadow cabinet » du parti, estime qu’il faut que la France se tourne vers une mixité énergétique où la part du nucléaire serait réduite et où les énergies renouvelables et la sobriété,  les économies d’énergie montent en puissance. Pour le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling, il s’agit d’avancer sans s’imposer de dogmes. Il explique que le leader François Bayrou ne s’est pas positionné sur la question mais qu’aucune solution n’est à écarter pour le moment.

« Si on commence par dire « pour ou contre le nucléaire », on va avoir un débat stressant, dogmatique, diviseur, qui ne répondra de toute façon pas aux questions essentielles »

Le Front de gauche, quant à lui, souhaite organiser un débat sur la question. Sortir du nucléaire ou créer un pôle nucléaire public et sécurisé sont les deux options offertes par le programme. Le 15 mars, pour autant, son leader, Jean-Luc Mélenchon, disait qu’une sortie du nucléaire était un impératif.

Dominique de Villepin s’était prononcé pour ramener à 50 % la production la part du nucléaire, tandis que Nicolas Dupont-Aignan préfère poser la question de la gestion des centrales qu’il ne veut pas confier exclusivement à l’espace privé.  Philippe Poutou, pour le NPA prend position pour une sortie du nucléaire.

Enfin, Greenpeace classe lui aussi, à sa manière, les positions des différents candidats et des possibles.

Le questionnaire date du mois d'août 2011.

 

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