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Rentrée littéraire

zoom-chanson-de-la-ville-silencieuseOlivier Adam, je l’attendais. Sûrement un peu trop. Son nouveau roman « Chanson de la ville silencieuse », n’est, à mon avis, pas à la hauteur de « Les Lisières », formidable livre grâce auquel je l’avais découvert il y a plusieurs années ( à lire ici). Avaient suivis « Peine perdue » et « La renverse ».

Je vous raconte quand même. Chez Olivier Adam, quadra inspiré depuis une bonne quinzaine d’années, il y a des thématiques récurrentes : les douleurs familiales, le manque, l’absence, la fuite également.

Cette fois, la toile de fond nous parle d’un homme, Antoine Schaeffer, qui après une carrière nationale et internationale, une stature d’icône, a décidé de déserter. De prendre la tangente. Quinze ans déjà qu’il ne parle plus aux journalistes, qu’il ne sort plus de disque.

Donné pour mort alors que sa voiture vient d’être retrouvée, il aurait cependant été aperçu dans les rues sinueuses et étroites de Lisbonne, où il pousserait la chansonnette avec sa guitare. Est-ce lui ? Pour sa fille, éditrice installée à Paris, il est temps d’aller  voir. De comprendre et, peut-être de pardonner.

C’est elle qui nous parle. A la première personne. C’est donc cette jeune femme un peu effacée ( elle n’a d’ailleurs pas de prénom dans le roman), trop ballottée dans son enfance entre un père toujours entre deux excès et une mère incapable d’amour, qui nous parle d’elle et de son père.

Dommage que le tempo ne soit pas le bon. Dommage que les répétitions nous enferment dans une histoire qui a, je trouve, du mal à toucher.

Bref, une lecture monotone. Sans surprise. Pas même celle du style.

Pas de petite musique cette fois…

Dommage.

 

Un extrait de l’émission « La grande librairie »:

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 Extraits

Page 70 :« Je n’ai jamais pu saisir mon père. Moi pas plus que quiconque. Je lui ai connu mille visages. Parfois, dans la même année, le même mois, la même semaine, vous n’aviez pas affaire au même homme. Tourmenté ou serein. Jouisseur ou ascète. Zen ou déglingué. Au fond du trou ou exalté. Mondain ou solitaire. Bavard ou muet. Noceur ou paysan. Mystique ou cynique. Dandy magnétique, semi-clochard céleste, rockeur inflammable, rongé d’alcool. […] « 

Page 133 : » Les premiers temps ses parents ont l’air impressionnés de m’avoir sous leur toit. Prennent mes silences et ma discrétion pour du mépris. Elle est pas un peu bêcheuse ta copine ? Je ne le suis pourtant pas, je crois. C’est juste que j’observe, ébahie. Ces mots, ces gestes, ces façons d’être. Des parents. Des enfants. Des frères et soeurs. Leur manière de parler, de se mouvoir, d’occuper le temps. Les repas en famille. Les chicaneries. Les moments complices. Le quotidien partagé. Les courses au supermarché. Les jeux de société. La musique reléguée à l’accessoire, au décoratif, au superflu. Je lui envie tout. »

Page 178 :« […] Je suis la fille d’un père sans sépulture, sans cendres à disperser. Celle qui croit voir un fantôme sur une photo floue. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l’Alfama. Qui guette un chanteur errant, une étoile dépouillée d’elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. Sa maison, son compte en banque, ses amis, sa fille. Sa vie elle-même. Qui se serait défait d’une peau ancienne, réincarné en mendiant, en musicien vagabond. Un homme qui aurait choisi la dernière adresse de son grand amour. Pour lui chanter à elle, partout éparpillées dans l’air, les chansons qu’il lui dédie. »

« Chanson de la ville silencieuse », Olivier Adam, Flammarion, 19€.

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