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	<title>Quatrième de couv &#187; enquête</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Tempête gothique autour d&#8217;un crâne</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Nov 2023 08:03:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 2022, en pleine crise de l’hôpital, Camille Cambon, médecin légiste vaillante et brillante, reçoit un mail énigmatique. Il y est question du peintre Goya et de son crâne volé après son inhumation à Bordeaux en 1828, et dont on a depuis perdu la trace. D’abord portraitiste officiel de la cour, aimé des puissants, le maître espagnol devint, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Alchimies.jpg" rel="lightbox[6509]"><img class="alignleft size-full wp-image-6511 colorbox-6509" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Alchimies.jpg" alt="Alchimies" width="409" height="600" /></a></p>
<p>En 2022, en pleine crise de l’hôpital, <strong>Camille Cambon</strong>, médecin légiste vaillante et brillante, reçoit un mail énigmatique. Il y est question du peintre <strong>Goya</strong> et de son crâne volé après son inhumation à Bordeaux en 1828, et dont on a depuis perdu la trace.</p>
<p>D’abord portraitiste officiel de la cour, aimé des puissants, le maître espagnol devint, à la suite d’une maladie, l’observateur implacable et visionnaire des ténèbres de l’âme humaine.<br />
Les parents de<strong> Camille</strong> (<strong>Pierre</strong> et <strong>Léa</strong>, il était médecin légiste, elle était médecin généraliste) et son parrain, <strong>Alexandre</strong>, neurologue, se sont passionnés pour l’oeuvre de<strong> Goya</strong>, avant de devenir des scientifiques de renommée internationale.</p>
<p>A la mort de ses parents dans un accident de plongée il y a trente ans, c&rsquo;est <strong>Alexandre</strong> qui a veillé sur <strong>Camille</strong>.</p>
<h4 style="text-align: center">Comme une enquête aux allures gothiques</h4>
<p><strong>Camille</strong> part rencontrer à Bordeaux sa mystérieuse correspondante, <strong>Jeanne</strong>, ancienne directrice de théâtre qui a bien connu ces trois-là, alors étudiants en médecine, dans les années 1960, et semble tout savoir de leur obsession partagée pour <strong>Goya</strong>.</p>
<p>Une quête effrénée, entre passion scientifique et déraison, où chacun a pris toutes les libertés et tous les risques, au point de s’y brûler les ailes.</p>
<p><strong>Sarah Chiche</strong> signe là son cinquième roman. Je l&rsquo;avais découverte avec son précédent roman, <em><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/25/ecrire-pour-ne-pas-etre-engloutie/">Saturne</a></strong></em>. Que j&rsquo;avais beaucoup aimé. C&rsquo;est donc tout naturellement que j&rsquo;ai ouvert <em><strong>Les alchimies</strong></em>. Tout autant aimé et qui, contrairement au reste de son oeuvre est une pure fiction.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6509"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une fois ouvert, on ne lâche plus ce roman qui ressemble à une enquête autour d&rsquo;un célèbre crâne et du quotidien d&rsquo;une femme de 48 ans, un peu perdue. L&rsquo;occasion aussi pour <strong>Camille</strong> de (re)découvrir l&rsquo;histoire de ses parents et de son parrain. Et des démons qui les ont traversés. Et de s&rsquo;interroger sur ce qu&rsquo;est le génie.</p>
<p><strong><em>Les alchimies</em></strong>, roman aux allures picaresques, permet aussi aux lecteurs de constater la déliquescence de l&rsquo;hôpital public, mais aussi de suivre la relation souvent compliquée entre une mère et sa fille adolescente, tout en regardant un couple se défaire&#8230; Un chouette moment de lecture !</p>
<p style="text-align: left"><strong>Retrouvez Sarah Chiche qui raconte son roman :</strong></p>
<p style="text-align: left"><a href="https://youtu.be/lIihg9AyZeM?si=VfMZfqZfHOb_opQa">https://youtu.be/lIihg9AyZeM?si=VfMZfqZfHOb_opQa</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 22 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;affaire du charnier de l&rsquo;université n&rsquo;était pas tout à fait nouvelle. Elle avait éclaté trois ans plus tôt : un article dans un hebdomadaire à grand tirage avait révélé que depuis trente ans, tandis que des générations d&rsquo;étudiants (étudiants dont j&rsquo;avais été, des années plus tôt) assistaient à leurs cours de médecine, de biologie, de sociologie, des monceaux de morts anonymes pourrissaient au-dessus de leurs têtes. On avait raconté que les préparateurs en anatomie, responsables des prélèvements sanguins, des embaumements et de la découpe des corps pour la recherche médicale, évoluaient dans une puanteur qui se répandait au moins jusqu&rsquo;au troisième étage, là où étudiants et professeurs circulaient toute la journée. On ne pouvait ne pas la sentir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 98 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] A chaque lecture, les mêmes phrases, le même émerveillement, le même effroi. A chaque fois, ces nuits où l&rsquo;enfance crevait sans bruit, je découvrais la porte d&rsquo;entrée vers un rêve nouveau où Goya m&rsquo;était un ami cher. Les mots de mon père coulaient dans mes yeux. Sur le fond noir des murs, les personnages du peintre finissaient par apparaître : soldats, duchesse, enfant à l&rsquo;oiseau, moines dépravés, joueurs aux yeux bandés, grand bouc dans sa prairie, carrosse assailli de bandits, brunes alanguies sur un sofa, inquisiteurs aux bouches coupantes comme des ciseaux, pourchassant mon parrain sortant nu de la chambre de mes parents. J&rsquo;étais incapable de bouger, incapable de crier.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 188 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;De la peine qu&rsquo;avait ressentie mon père lors de la publication de son unique livre, je n&rsquo;avais jamais rien su. A mes yeux d&rsquo;enfant, son Goya avait nécessairement été un succès. Mais par ricochet, alors que j&rsquo;écoutais Jeanne, une pensée me traversa l&rsquo;esprit : sans doute avait-il été bien dur pour mon père d&rsquo;assister au triomphe qui avait accueilli la parution de chacun des ouvrages de mon parrain, et ce dès le premier, Neuropolis, au milieu des années 1980, au moment où les techniques d&rsquo;imagerie cérébrale commençaient à prendre de l&rsquo;ampleur. Cet essai inaugural (Alexandre en publierait ensuite un tous les deux ans) avait été salué par les uns comme le plus fascinant état des lieux des connaissances du cerveau et du système nerveux, critiqué par d&rsquo;autres, mais en tout cas abondamment discuté et même traduit en plusieurs langues.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>Les alchimies, Sarah Chiche, Seuil, 19,50€</strong></em></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au coeur de la machine qui lamine</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/11/10/au-coeur-de-la-machine-qui-lamine/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/11/10/au-coeur-de-la-machine-qui-lamine/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Nov 2022 08:21:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire automne 2022 Je pourrais vous parler de Laurent Gaudé pendant des heures. Mais ça ne serait pas vraiment raisonnable, hein ? Je suis cet auteur et dramaturge depuis une vingtaine d&#8217;années. Je l&#8217;ai rencontré à plusieurs reprises au festival d&#8217;Avignon où plusieurs de ses pièces ont été mises en scène. Pour la première fois Laurent Gaudé s&#8217;essaye à la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire automne 2022</span></strong></p>
<p><img class="alignleft wp-image-6121 size-medium colorbox-6119" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHIEN-51-158x300.jpg" alt="CHIEN 51" width="158" height="300" /></p>
<p>Je pourrais vous parler de<strong> Laurent Gaudé</strong> pendant des heures. Mais ça ne serait pas vraiment raisonnable, hein ? Je suis cet auteur et dramaturge depuis une vingtaine d&rsquo;années. Je l&rsquo;ai rencontré à plusieurs reprises au festival d&rsquo;Avignon où plusieurs de ses pièces ont été mises en scène.</p>
<p>Pour la première fois <strong>Laurent Gaudé</strong> s&rsquo;essaye à la dystopie en présentant <strong><em>Chien 51</em></strong>, un roman d&rsquo;anticipation mâtiné de polar.</p>
<p>L&rsquo;histoire ?</p>
<p>C’est dans une salle sombre, au troisième étage d’une boîte de nuit fréquentée du quartier RedQ, que <strong>Zem Sparak</strong> passe la plupart de ses nuits. Là, grâce aux visions que lui procure la technologie Okios, aussi addictive que l’opium, il peut enfin retrouver l’Athènes de sa jeunesse. Mais il y a bien longtemps que son pays n’existe plus. Désormais expatrié, <strong>Zem</strong> n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante.<br />
Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel <strong>Zem</strong> s’est depuis longtemps retranché.</p>
<p>Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, <strong>Salia Malberg</strong>, il se lance dans une longue investi­gation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, <strong>Zem</strong> a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi.</p>
<p>Que cache la découverte d&rsquo;un second corps éventré ? Quelles ramifications ? Jusqu&rsquo;où peut aller le cynisme et la quête du pouvoir dans un monde séparé en trois zones : celle des  cilariés (contraction de citoyens et salariés) privilégiés, celle de la classe moyenne et enfin celle des pauvres ?  <strong>Zem</strong>, exilé et déclassé,<strong> </strong>va tenter de le comprendre. Pour se racheter aussi.</p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> explique que <strong><em>Chien 51</em></strong> est un projet auquel il pensait depuis plusieurs années. <em>&laquo;&nbsp;Etonnamment, j&rsquo;ai retrouvé dans l&rsquo;écriture de ce roman d&rsquo;anticipation le même plaisir que pour <strong>La mort du roi Tsongor</strong>. Laisser mon imagination se déployer, inventer un univers, avec son histoire, ses règles, ses aspirations et ses dysfonctionnements. Et puis surtout, interroger notre monde, par ricochet. <strong>Chien 51</strong>, c&rsquo;est une version possible de demain Un reflet grimaçant de notre visage.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span id="more-6119"></span></p>
<p><strong>Laurent Gaudé lit un extrait de son nouveau roman : </strong></p>
<p><a href="https://youtu.be/Q5RDu2mzQ9w">https://youtu.be/Q5RDu2mzQ9w</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 136 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il y a un fossé entre eux deux. Le Love Day, pour elle, ne pose pas de problème. Elle est née avec. C&rsquo;est ainsi. Elle va faire ce qu&rsquo;elle fait chaque fois : coucher avec des hommes et des femmes au hasard de la soirée, ceux qu&rsquo;elle croise, ceux avec qui elle travaille, le serveur du restaurant dans lequel elle va manger deux fois par semaine, le premier qui la regardera avec désir. Elle va le faire comme tous ceux de sa génération. Parce que GoldTex dit que c&rsquo;est bien, que c&rsquo;est même nécessaire, que cela rend les cilariés plus heureux et qu&rsquo;après une longue période d&rsquo;effort, il est normal de se faire du bien.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 177 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais dès le début, il sent que quelque chose est anormal. Les forces de son corps se sont évanouies. Il ne peut plus rien faire que laisser la vision se développer. Il est dans le quartier de Monastiraki, près de la place Mitropolèos. Il déambule et se rapproche de la rue Voulis. Cela lui semble étrange Il connaît bien cette rue. C&rsquo;est ici que vivait son ami Héraclès Mourikos. Est-ce un hasard ? Les voitures défilent au pas. Tout est plus lent que dans le réel. Il ne se passe jamais rien, normalement, dans les visions. C&rsquo;est une règle. Les images sont sélectionnées pour n&rsquo;inclure aucun événement. C&rsquo;est juste un paysage vivant, une toile de fond avec le spectacle d&rsquo;une humanité qui passe et repasse. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 233 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Et il serre de plus en plus fort. Sur ce bout de trottoir, il sent chacun des frissons qui montent d&rsquo;elle. Le flot d&rsquo;images immondes lui parcourt les veines et le cerveau. Il sait qu&rsquo;elle n&rsquo;en reviendra peut-être jamais, ou en tout cas qu&rsquo;il faudra des mois, des années de lente rééducation. Ils l&rsquo;ont massacrée de l&rsquo;intérieur. C&rsquo;est comme si elle allait être torturée pendant les dix années à venir, incapable de s&rsquo;extraire de l&rsquo;océan de cauchemars : meurtres, pornographie, tortures&#8230; Ils l&rsquo;ont soumise à une vague d&rsquo;images de souillures et son esprit ne peut que les subir, essayant de les décrire au moment où il les voit passer, mais il y en a trop, cela va trop vite, alors elle balbutie et se noie.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Chien 51, Laurent Gaudé, Actes Sud, 22€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La possibilité (ou pas) du pardon</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/17/la-possibilite-ou-pas-du-pardon/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/17/la-possibilite-ou-pas-du-pardon/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Sep 2022 09:57:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire été 2022 Plonger dans l&#8217;épopée sanglante des militants gauchistes à travers une émission de radio, et imaginer un roman à partir de cela qui résonne avec une histoire personnelle enfouie qui a enfin refait surface&#8230; Tel est, très résumée, l&#8217;histoire du nouveau roman de Monica Sabolo dont j&#8217;avais beaucoup, beaucoup aimé Eden, publié en 2019. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-6089 colorbox-6087" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIE-CLANDESTINE.jpg" alt="VIE CLANDESTINE" width="195" height="285" /><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p>Plonger dans l&rsquo;épopée sanglante des militants gauchistes à travers une émission de radio, et imaginer un roman à partir de cela qui résonne avec une histoire personnelle enfouie qui a enfin refait surface&#8230; Tel est, très résumée, l&rsquo;histoire du nouveau roman de <strong>Monica Sabolo</strong> dont j&rsquo;avais beaucoup, beaucoup aimé <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/11/28/au-coeur-de-la-foret-le-passage-vers-un-ailleurs/"><strong><em>Eden</em></strong></a>, publié en 2019.</p>
<p>Tout commence assez mal dans ce roman à la matière autobiographique. L&rsquo;écrivaine (journaliste jusqu&rsquo;en 2014), dans son appartement qui n&rsquo;en finit pas de prendre l&rsquo;eau, n&rsquo;a pas vraiment le moral ni d&rsquo;histoire à raconter. Et puis elle écoute un podcast de <strong>Philippe Drouelle</strong>, l&rsquo;homme des <em>Affaires sensibles</em> sur France Inter. La vie des membres d&rsquo;Action directe l&rsquo;accompagne. La traverse, la transperce. Et trouve un étonnant écho en elle.</p>
<p>Autour de la fin tragique de <strong>Georges Besse</strong>, un soir d&rsquo;automne 1986 à Paris, <strong>Monica Sabolo</strong> qui signe ici son septième roman, trouve matière à écrire. Et tisse, en parallèle,  une autre histoire : celle de son enfance et de son adolescence cossue puis désargentée entre Italie et Suisse, au coté d&rsquo;un homme qu&rsquo;elle croyait être son père. A l&rsquo;aube de la trentaine elle apprendra que celui dont elle ne savait finalement pas grand-chose n&rsquo;en était rien. Un homme qui a abusé d&rsquo;elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6087"></span></p>
<p>De ces vies en cachette qu&rsquo;elle croise, de cette violence et du secret, elle construit un roman dense et passionnant. Haletant. Sensible et politique à la fois.</p>
<p>On l&rsquo;accompagne volontiers dans son enquête romanesque autour des vies de <strong>Nathalie Ménigon</strong>, <strong>Joëlle Aubron</strong> et leurs camarades de lutte armée. Une manière pour elle d&rsquo;avancer et de pardonner. Un très bon roman, définitivement.</p>
<div id="attachment_6092" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AFFICHE.jpg" rel="lightbox[6087]"><img class="wp-image-6092 size-medium colorbox-6087" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AFFICHE-300x231.jpg" alt="@La République du Centre" width="300" height="231" /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon</p></div>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 163-164 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je déterre et m&rsquo;approprie ce qui, de même que les céramiques sacrées précolombiennes, les bijoux dont sont parés les squelettes, se devait d&rsquo;être enseveli pour toujours et n&rsquo;appartenir à personne, sinon à la terre et à l&rsquo;obscurité. Je redoute la blessure que leur causera ce livre. Je suis une profanatrice. Une fois encore, je mène une double vie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Qui rembourse les dettes que la vie a contractées envers nous ? Qui se charge de nous rendre ce qu&rsquo;elle nous doit, ce que l&rsquo;on a payé, et paye encore ? Avec le temps se dessine la perspective que personne ne s&rsquo;en acquitte jamais. Nul ne parle de cette chose-là. Ni ma mère ni mon frère ne l&rsquo;ont jamais évoquée Chacun essaye de l&rsquo;apprivoiser dans son coin. Mais désormais j&rsquo;ai l&rsquo;impression de me rembourser sur leur dos. Alors qu&rsquo;ils me croient plongée dans le récit d&rsquo;un groupe terroriste des années 80, je confectionne un engin sophistiqué, composé de papier, de nitroglycérine et d&rsquo;une mèche à combustion lente, qui finira par tout faire sauter.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 263 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Après des mois d&rsquo;enquête, j&rsquo;ai toujours très peu d&rsquo;éléments sur Nathalie Ménigon, et pourtant j&rsquo;en sais plus sur elle que sur mon propre père. J&rsquo;ai vécu auprès d&rsquo;Yves S. depuis l&rsquo;âge de trois ans, et l&rsquo;ai connu jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il sorte de mon existence, ou plutôt que je m&rsquo;échappe de la sienne en claquant la portière d&rsquo;une voiture trente ans plus tard, mais de lui j&rsquo;ignore presque tout. J&rsquo;ai en tête qu&rsquo;il est né à Paris, parce que c&rsquo;est inscrit sur mon acte de naissance, celui où il est indiqué qu&rsquo;il m&rsquo;a reconnue le jour où il a épousé ma mère. Je n&rsquo;ai aucune idée de l&rsquo;endroit où il a grandi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 271-272 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je sais désormais que ce qui s&rsquo;annonce n&rsquo;est pas ce que je croyais. Je l&rsquo;ai compris ce matin, en faisant les mêmes gestes que la veille, attrapant mon sac de voyage, dans lequel j&rsquo;ai glissé mon carnet noir, un pull-over, et, ce qui me paraît soudain tout à fait incongru, un panettone pour Nathalie Ménigon. J&rsquo;ai pris un panettone sans y penser, je réalise maintenant que c&rsquo;est la spécialité de Milan, la ville où tout a commencé pour moi, il y a plus de quarante ans. J&rsquo;ai compris ce matin que je n&rsquo;allais pas rencontrer l&rsquo;héroïne de mon roman, enfin pas seulement. Je ne vais pas non plus rencontrer une militante, ni une combattante, ni même l&rsquo;ex-ennemie publique numéro 1, condamnée deux fois à la réclusion à perpétuité, notamment pour les assassinats de l&rsquo;ingénieur général de l&rsquo;armement, René Audran, en 1985, et du P-DG de Renault, en 1986. Non, je vais rencontrer Yves S. Et je vais lui poser les questions que je ne lui ai jamais posées.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La vie clandestine, Monica Sabolo, Gallimard, 21€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Mine de rien, un salaud&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/05/07/mine-de-rien-un-salaud/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/05/07/mine-de-rien-un-salaud/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 07 May 2021 11:54:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Yves Ravey]]></category>

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		<description><![CDATA[Yves Ravey est de retour. Comme un métronome, il revient tous les deux ans ou presque avec une nouvelle histoire. Et à chaque fois, je savoure le moment. Parce que je sais que sa mécanique est rondement pensée, que l&#8217;histoire va vite tourner au fait divers sans jamais que le roman, noir et concis, ne tombe [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ADULTERE.jpg" rel="lightbox[5622]"><img class="alignleft size-full wp-image-5623 colorbox-5622" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ADULTERE.jpg" alt="ADULTERE" width="178" height="245" /></a></p>
<p><strong>Yves Ravey</strong> est de retour. Comme un métronome, il revient tous les deux ans ou presque avec une nouvelle histoire. Et à chaque fois, je savoure le moment. Parce que je sais que sa mécanique est rondement pensée, que l&rsquo;histoire va vite tourner au fait divers sans jamais que le roman, noir et concis, ne tombe dans les poncifs du genre.</p>
<p>Un des chouchoux de Quatrième de couv, que vous pouvez retrouver<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/11/23/comme-un-air-de-polar/">ici</a>, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/10/cette-si-chere-tatie-vicky/">là</a></strong> mais aussi <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/10/sous-le-soleil-californien-letau-se-resserre/">ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/07/13/yves-ravey-et-son-notaire-pas-tres-clair/">là</a>.</strong></p>
<p>Bref, un bonbon acide et doux à la fois. Et <strong>&laquo;&nbsp;Adultère&nbsp;&raquo;,</strong> dix-septième roman de l&rsquo;auteur installé à Besançon, n&rsquo;échappe pas à la règle.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? <em>&laquo;&nbsp;<strong>Jean Seghers</strong> est inquiet : sa station-service a été déclarée en faillite. Son veilleur de nuit-mécanicien lui réclame ses indemnités et, de surcroît, il craint que sa femme entretienne une liaison avec le président du tribunal de commerce. Alors il va employer les grands moyens&nbsp;&raquo;</em>, nous explique la quatrième de couverture.</p>
<p>Que croyez-vous qu&rsquo;il arrivât ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5622"></span></p>
<p>Comme dans ses autres romans, <strong>Yves Ravey</strong> plonge ses personnages, des petites gens qui tentent de s&rsquo;en sortir, dans des arnaques minables, des crimes maladroits et autres virées libératoires vouées à l&rsquo;échec&#8230; Par principe.</p>
<p>Rapidement, l&rsquo;intrigue se dévoile sous nos yeux. <strong>Jean Seghers</strong>, garagiste franc-comtois aux abois, qui vient de découvrir la vérité sur la fidélité de sa femme, se pose peu de questions, s&rsquo;inquiète pas ou prou des dommages collatéraux de ses gestes criminels, quitte à trouver des parades face à l&rsquo;enquêtrice de la compagnie d&rsquo;assurances ou aux gendarmes.</p>
<p>Bref, mine de rien, <strong>Jean Seghers</strong> essaye de se sortir de ce mauvais pas. Et l&rsquo;art d&rsquo;<strong>Yves Ravey</strong> fait le reste. Une fois encore.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 49 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai continué de l&rsquo;interroger : Parle-moi franchement, dois-moi comment tu te sens avec moi ? Elle a ignoré ma question, elle a dit que je devais revoir les registres de compte avant le placement définitif en règlement judiciaire, ensuite elle est venue vers moi, m&rsquo;a serré dans ses bras. J&rsquo;étais dans le bureau et je remettais l&rsquo;argent du dernier client dans la caisse portative. Elle m&rsquo;a demandé : Mais pourquoi toutes ces questions&#8230; ? Jean ? Sais-tu ce que j&rsquo;aimerais ? Offre-moi plutôt un beau voyage une croisière sans retour. J&rsquo;ai demandé ce que dirait Walden dans ce cas. Mais je me moque de Walden, et tu le sais, a-t-elle poursuivi. Elle est sortie. Je ne l&rsquo;ai pas quittée des yeux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 81 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] J&rsquo;ai quitté l&rsquo;adjudant, suis entré dans le bar, épargné par l&rsquo;incendie, puis dans le bureau, constatant la paroi vitrée, restée intacte, mais noircie, la boutique, les accessoires dégradés en partie par le jet des lances à incendie. J&rsquo;ai décroché le portrait de Remedios, couvert d&rsquo;un voie de suie grise. Derrière moi, le soupir de Walden, qui ne m&rsquo;a pas quitté d&rsquo;une semelle, et cette interrogation, de sa voix rauque : Comment a-t-il fait son compte ? J&rsquo;aurais aimé savoir qui était ce &laquo;&nbsp;il&nbsp;&raquo; dont il parlait, car à part moi et Ousmane lui-même, qui serait, selon mes calculs, accusé d&rsquo;avoir commis cet incendie, je ne voyais personne d&rsquo;autre. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 103-104 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et qu&rsquo;allez-vous faire, Hunter, dans mon bureau à moitié ravagé par l&rsquo;eau des lances à incendie ? D&rsquo;abord, je retiens votre disponibilité à me fournir des renseignement, je vais donc vous demander de collaborer, comme cela, vous serez tenu au courant des différentes phases de l&rsquo;enquête. Je vais chercher dans l&rsquo;emploi du temps de la victime au cours de ces deux dernières semaines, et je vais tenter de pénétrer a personnalité. Rien de moins. Car, sans vous en rendre compte, vous venez d&rsquo;orienter mon enquête dans une direction imprévue, et je vous donne raison : c&rsquo;est d&rsquo;abord, mais cette fois, avec certitude, un incendie volontaire. Votre thèse concernant votre employé n&rsquo;est peut-être pas soutenable, je le reconnais, mais elle est pertinente : l&rsquo;incendiaire se serait emprisonné lui-même, par maladresse. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;Adultère&nbsp;&raquo;, Yves Ravey, Editions de Minuit, 14,50€.</em></strong></p>
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		<item>
		<title>Parce que le deuil reste compliqué&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/08/parce-que-le-deuil-reste-complique/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/08/parce-que-le-deuil-reste-complique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2020 06:18:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[addictin]]></category>
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		<category><![CDATA[Anne Pauly]]></category>
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		<description><![CDATA[Merci le confinement ! Sans lui, il se pourrait bien que je n&#8217;aurais eu ce live entre les mains. C&#8217;est en parcourant la liste des meilleures ventes de la ma librairie tourangelle préférée que je suis tombée sur &#171;&#160;Avant que j&#8217;oublie&#160;&#187;, d&#8217;Anne Pauly. La quadragénaire, qui vit et travaille à Paris, a toujours voulu écrire. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/avant_que_j_oublie-191x300.jpg" rel="lightbox[5218]"><img class="alignleft size-full wp-image-5221 colorbox-5218" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/avant_que_j_oublie-191x300.jpg" alt="avant_que_j_oublie-191x300" width="191" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: left">Merci le confinement ! Sans lui, il se pourrait bien que je n&rsquo;aurais eu ce live entre les mains. C&rsquo;est en parcourant la liste des meilleures ventes de la ma librairie tourangelle préférée que je suis tombée sur &laquo;&nbsp;Avant que j&rsquo;oublie&nbsp;&raquo;, d&rsquo;<strong>Anne Pauly</strong>.</p>
<p style="text-align: left">La quadragénaire, qui vit et travaille à Paris, a toujours voulu écrire. Devenue adulte, elle reprend ses études. Et ce sont les premières pages de ce qui allait devenir <strong>&laquo;&nbsp;Avant que j&rsquo;oublie&nbsp;&raquo;</strong> qu&rsquo;elle a rendu comme projet pour son Master de création littéraire.</p>
<p style="text-align: left">Celle qui fut correctrice dans un cabinet d&rsquo;avocats, puis dans un journal de faits divers avant de rejoindre le secrétariat de rédaction d&rsquo;un magazine féminin aurait mis quatre ans pour achever son premier roman après avoir trouvé tout un tas de prétextes. &laquo;&nbsp;Il fallait en finir avec le deuil&nbsp;&raquo;, explique <strong>Anne Pauly</strong>.</p>
<p style="text-align: left">Au fil des pages, l&rsquo;histoire d&rsquo;un frère et d&rsquo;une soeur ( la narratrice, qui ressemble beaucoup à<strong> Anne Pauly</strong>), confrontés à la mort de leur père et au deuil. Une manière de tisser sa propre histoire sur les côtés, en filigrane.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-5218"></span></p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;occasion pour l&rsquo;autrice de &laquo;&nbsp;revenir avec nuance&nbsp;&raquo; sur le personnage de ce père trop vite réduit à celui d&rsquo;un homme violent, alcoolique, victime aussi d&rsquo;un certain mépris de classes. Dont <strong>Anne Pauly</strong>  dit avoir souffert aussi.</p>
<p style="text-align: left">A travers cette fiction familiale, <strong>Anne Pauly</strong> veut aussi évoquer ces hommes et ces femmes qui meurent, anonymes après une vie faite de joies et de peines, de grandes détresses et de bonheurs simples. Comme son père qu&rsquo;elle dépeint, in fine, grâce à l&rsquo;enquête qu&rsquo;elle mène, comme un &laquo;&nbsp;contemplatif sensible&nbsp;&raquo;, sans nier ses côtés moins positifs.</p>
<p style="text-align: left">Le ton est sensible, drôle et frais. Un plaisir d&rsquo;écriture qui, pour ceux qui ont vécu le deuil d&rsquo;un parent, permettra de (re)plonger dans les bons et les mauvais souvenirs par le prisme d&rsquo;un alcoolique unijambiste et collectionneur improbable.</p>
<p style="text-align: left">Le 8 juin 2020, <strong>Anne Pauly</strong> a reçu le <strong>Prix du Livre Inter</strong>.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Dans la France de Giscard, il fallait se comporter comme un homme et il avait joué, comme tant d&rsquo;autres, la comédie de son temps. Mais il n&rsquo;a jamais voulu entendre. Mais il n&rsquo;a jamais voulu entendre qu&rsquo;il avait exagéré avec tout ça. Quand il m&rsquo;était arrivé de lui rappeler, par discrètes allusions, sa période d&rsquo;imprégnation éthylique, courant globalement de mes trois ans à mes quinze ans, et les dommages collatéraux qu&rsquo;elle avait entraînés pour nous tous, il avait toujours répondu &laquo;&nbsp;Je buvais pas tant que ça. Et puis avec ta mère, on s&rsquo;est jamais compris. Elle était dure, têtue, possessive. Elle te gardait pour elle.&nbsp;&raquo;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 73 :</strong><em>&laquo;&nbsp;On l&rsquo;avait signé l&rsquo;armistice, des années auparavant. Par étapes. Une première fois quand il avait lâché sa bouteille et que tout le monde avait pu reprendre sa juste place dans cette famille de cinglés. La guerre des tranchées s&rsquo;était enfin achevée : les pertes étaient importantes niveau joie de vivre et confiance en la vie, surtout pour le fils, mais en ce qui me concernait, on avait trouvé des arrangements. Sa vraie personnalité, enfin débarrassée des hardes puantes de l&rsquo;alcool, était ressortie : un contemplatif fin mais gauche, gentil mais brutal, généreux mais autocentré, dévoré par l&rsquo;anxiété et la timidité, incroyablement empêché. Un touriste de la vie. Contre toute attente, le monstre était humain, vulnérable, attachant.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 128 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Finalement, ce qui me semblait le plus difficile, c&rsquo;était de ne plus l&rsquo;entendre du tout, de ne plus avoir de nouvelles de lui, et au début, machinalement, je regardais mon téléphone pour vérifier qu&rsquo;il ne m&rsquo;avait pas appelée, mais non. Une fois, j&rsquo;avais même composé son numéro pour voir mais j&rsquo;étais tombée sur la voix vraiment désolée de la dame des télécoms qui disait que ce numéro n&rsquo;était plus attribué. C&rsquo;était un peu dingo de faire ça mais après tout, lui-même n&rsquo;était pas hermétique à ces mondes parallèles. Il me l&rsquo;avait dit : Je suis sûr qu&rsquo;on n&rsquo;est pas seuls et qu&rsquo;il y a des choses qu&rsquo;on ne voit pas. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Avant que j&rsquo;oublie&nbsp;&raquo;, Anne Pauly, Verdier, 14€</strong></em></p>
<p style="text-align: center">
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		</item>
		<item>
		<title>Coup de chaud sur l&#8217;adolescence coupable&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/08/28/coup-de-chaud-sur-ladolescence-coupable/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/08/28/coup-de-chaud-sur-ladolescence-coupable/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2019 07:58:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<category><![CDATA[mort]]></category>
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		<category><![CDATA[premier amour]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[silence]]></category>
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		<category><![CDATA[Victor Jestin]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman ? Youpi ! Une fois de plus, quel plaisir de se laisser porter par l&#8217;envie, l&#8217;histoire et les mots de celui ou celle qui se lance. Qui voit son aventure littéraire aboutir. Jour de gloire donc pour Victor Jestin, 25 ans,  jeune Parisien diplômé du Conservatoire européen d&#8217;écriture audiovisuelle. &#171;&#160;La [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #ffcc00">Rentrée littéraire</span></h4>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-Chaleur_1303.jpg" rel="lightbox[4792]"><img class="alignleft size-full wp-image-4795 colorbox-4792" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-Chaleur_1303.jpg" alt="CVT_La-Chaleur_1303" width="250" height="367" /></a></p>
<p>Un premier roman ? Youpi ! Une fois de plus, quel plaisir de se laisser porter par l&rsquo;envie, l&rsquo;histoire et les mots de celui ou celle qui se lance. Qui voit son aventure littéraire aboutir. Jour de gloire donc pour <strong>Victor Jestin</strong>, 25 ans,  jeune Parisien diplômé du Conservatoire européen d&rsquo;écriture audiovisuelle.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;</strong> fait donc partie des 524 nouveaux romans de la rentrée littéraire. Celle des prix. Celle des bonnes pioches et des jolies découvertes ?</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Léonard</strong>, un adolescent de 17 ans qui passe ses vacances en famille dans un camping du sud-ouest. Il s&rsquo;ennuie ferme. Préfère faire la vaisselle, seul, plutôt que de jouer avec des jeunes de son âge. Il reste en grande partie à la vie du camping. Et pas question pour lui de participer à l&rsquo;injonction du bonheur qu&rsquo;on lui distille à longueur d&rsquo;activités.</p>
<p>Une nuit, la veille du retour à la maison, tout bascule cependant. Il tombe sur<strong> Oscar</strong>, un autre jeune vacancier. Mais l&rsquo;adolescent est en train de mourir, étouffé, affalé sur une balançoire. <strong>Léonard</strong> le laisse mourir. Mais fera ensuite le curieux choix de l&rsquo;enterrer dans le sable. Et de  vivre avec son secret jusqu&rsquo;à la fin des vacances.</p>
<p>Une situation singulière pendant laquelle il tombera également amoureux de<strong> Luce</strong>. Une jeune fille qui, comme avec <strong>Oscar,</strong> joue avec ce jeune homme toujours à part.</p>
<p>Au fil des pages, voilà un roman efficace à l&rsquo;écriture simple et fluide.</p>
<p><span id="more-4792"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Victor Jestin parle de son roman ici</strong></p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/sDibDjyNKFo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 29 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle fixait le garçon fièrement et il secouait la tête pour dire non. J&rsquo;ai détaillé l&rsquo;alligator, ses yeux jaunes, sa carapace verte, la barre de métal qui sortait de sa gueule pour que les enfants s&rsquo;y accrochent. J&rsquo;ai senti ma lèvre trembler et les larmes revenir du fond de la nuit dernière, rattraper leur retard. Peu de bêtises en dix-sept ans. Aucune véritable grosse bêtise. Je n&rsquo;avais jamais triché, volé, frappé. Insulté rarement. La haine et la colère, je les avais accumulées sagement. Ce n&rsquo;était pas un accident. J&rsquo;avais laissé mourir Oscar. J&rsquo;aurais pu le sauver et je ne l&rsquo;avais pas fait. Ensuite, j&rsquo;avais caché son corps. Je ne me rappelais plus pourquoi. J&rsquo;aurais pu m&rsquo;en aller&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p><strong>Page 36 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Le camping avait ses propres lois. Deux semaines de vacances, c&rsquo;était une vie entière On y arrivait comme on naît, pâle et seul. On en repartait dans un soupir de tristesse ou de soulagement comme on meurt. Les amitiés se faisaient, se défaisaient au détour des allées. Les cœurs s&rsquo;enflammaient et se brisaient dans une même journée. J&rsquo;avais vu quelquefois Luce et Oscar être amis, être amoureux, ou s&rsquo;ignorer. Je marchais désormais avec elle comme si j&rsquo;étais lui. Des garçons nous observaient.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 107 :</strong><em> &laquo;&nbsp;On chantait derrière la toile. On s&rsquo;amusait. C&rsquo;était un long cortège carillonnant autour de ma tente. Quelle est donc la différence, ai-je pensé, avec toutes ces fois où j&rsquo;étais là, caché, à attendre aussi que les gens passent ? Qu&rsquo;est qui a changé depuis ? J&rsquo;ai un peu vieilli. J&rsquo;ai embrassé une fille, je l&rsquo;ai perdue. Oscar est mort. Oscar est mort parce qu&rsquo;il a voulu mourir, parce qu&rsquo;il était triste et qu&rsquo;il a eu l&rsquo;idée  de s&rsquo;enrouler les cordes autour du cou pour que quelque chose advienne. Oscar est mort à cause de moi qui n&rsquo;ai pas bougé, et je n&rsquo;ai pas bougé car à cet instant je ne pouvais pas, je préférais mourir, comme lui, et nous nous sommes regardés mourir l&rsquo;un l&rsquo;autre, pendant que les autres dansaient.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;, Victor Jestin, Flammarion, 15€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left">
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		<title>Sous le soleil californien, l&#8217;étau se resserre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/10/sous-le-soleil-californien-letau-se-resserre/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Jun 2019 10:01:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA["Pas dupe"]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Yves Ravey  a l&#8217;art et la manière de vous raconter une histoire en à peine une centaine de pages ! De la transformer, d&#8217;en faire quelque chose d&#8217;unique. Et de drôle. C&#8217;est encore le cas pour son nouveau roman, le seizième en trente ans pour cet auteur et dramaturge sexagénaire qui, cette fois, nous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PAS-DUPE.jpg" rel="lightbox[4674]"><img class="alignleft size-full wp-image-4676 colorbox-4674" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PAS-DUPE.jpg" alt="PAS DUPE" width="178" height="245" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Yves Ravey </strong> a l&rsquo;art et la manière de vous raconter une histoire en à peine une centaine de pages ! De la transformer, d&rsquo;en faire quelque chose d&rsquo;unique. Et de drôle. C&rsquo;est encore le cas pour son nouveau roman, le seizième en trente ans pour cet auteur et dramaturge sexagénaire qui, cette fois, nous emmène loin. Jusqu&rsquo;en Californie.</p>
<p>Vous trouverez plusieurs de ces précédents romans (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/07/13/yves-ravey-et-son-notaire-pas-tres-clair/">&laquo;&nbsp;Un notaire peu ordinaire&nbsp;&raquo;</a></strong>, <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/11/23/comme-un-air-de-polar/">&laquo;&nbsp;Sans état d&rsquo;âme&nbsp;&raquo;</a></strong>, <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/10/cette-si-chere-tatie-vicky/">&laquo;&nbsp;Trois jours sans ma tante&nbsp;&raquo;</a></strong>, chroniqués sur mon blog au fil des années.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle commence mal. Par la mort (accidentelle ?) de <strong>Tippi</strong>, la femme volage et extravertie de <strong>Salvatore Meyer</strong>. A la manière d&rsquo;un épisode de Columbo, tout n&rsquo;est pourtant pas aussi évident que ça en a l&rsquo;air.</p>
<p><strong>Tippi</strong> boit, roule vite, trompe son mari, fait la fête, mais il parait curieux qu&rsquo;elle ait raté ce virage de la route de Santa Clarita. Et l&rsquo;inspecteur <strong>Costa</strong> va exploiter toutes les pistes, traquer tous les détails tandis que <strong>Salvatore</strong> doit faire face à son beau-père, à sa voisine <strong>Gladys</strong>… et à toutes ses contradictions.</p>
<p><span id="more-4674"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong><em>Page 28 : </em></strong><em>« La voiture de Bruce ayant quitté le garage, j’ai opéré une fouille du secrétaire de Tippi, dans sa chambre. J’en ai profité pour introduire mes effets personnels, ainsi que mes affaires de toilette, pour masquer notre séparation, en cas de visite inopportune de la police. Depuis plus de six mais, nous ne dormions plus ensemble, mais ça ne regardait personne. »</em></p>
<p><strong><em>Page 84 : </em></strong><em>« Pour la première fois, je me suis mis à douter des paroles de l’inspecteur. Je lui ai demandé s’il se sentait bien. Et pourquoi je me sentirais mal, monsieur Meyer ? Parce que cette affaire devrait être classée depuis longtemps, et vous le savez. »</em></p>
<p><strong><em>Page 120 : </em></strong><em>[…] Et puis, autre chose : nous pensons que votre femme aurait pu être victime d’une manipulation. C’est bizarre, vous savez, suite à notre dernier entretien, j’étais prêt à abandonner, j’ai même demandé au juge de clore l’instruction. Mais il y a eu comme une étincelle, souvenez-vous, monsieur Meyer, vous avez dit que votre femme tenait beaucoup à ce collier, c’est un cadeau de son père. Alors tout s’est renversé. Maintenant, je pense : nous allons perquisitionner la maison de Bruce Cazale. Mais, ai-je répondu : La maison de Bruce Cazale, c’est aussi la mienne, je vous signale ! »</em></p></blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Pas dupe&nbsp;&raquo;, Yves Ravey, Editions de Minuit, 14,50€ </strong></em></p>
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		<title>Plus de petite musique chez Olivier Adam ?</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/03/12/plus-de-petite-musique-chez-olivier-adam/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/03/12/plus-de-petite-musique-chez-olivier-adam/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Mar 2018 08:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Chanson de la ville silencieuse"]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Olivier Adam, je l&#8217;attendais. Sûrement un peu trop. Son nouveau roman &#171;&#160;Chanson de la ville silencieuse&#160;&#187;, n&#8217;est, à mon avis, pas à la hauteur de &#171;&#160;Les Lisières&#160;&#187;, formidable livre grâce auquel je l&#8217;avais découvert il y a plusieurs années ( à lire ici). Avaient suivis &#171;&#160;Peine perdue&#160;&#187; et &#171;&#160;La renverse&#160;&#187;. Je vous raconte [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-chanson-de-la-ville-silencieuse.jpg" rel="lightbox[4196]"><img class="alignleft size-full wp-image-4197 colorbox-4196" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-chanson-de-la-ville-silencieuse.jpg" alt="zoom-chanson-de-la-ville-silencieuse" width="380" height="591" /></a><strong>Olivier Adam</strong>, je l&rsquo;attendais. Sûrement un peu trop. Son nouveau roman <strong>&laquo;&nbsp;Chanson de la ville silencieuse&nbsp;&raquo;</strong>, n&rsquo;est, à mon avis, pas à la hauteur de <strong>&laquo;&nbsp;Les Lisières&nbsp;&raquo;</strong>, formidable livre grâce auquel je l&rsquo;avais découvert il y a plusieurs années ( à lire <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/"><strong>ici</strong>)</a>. Avaient suivis <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/">&laquo;&nbsp;Peine perdue&nbsp;&raquo;</a></strong> et<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/03/survivre-a-la-terrible-deflagration/"> &laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;</a>.</strong></p>
<p>Je vous raconte quand même. Chez <strong>Olivier Adam</strong>, quadra inspiré depuis une bonne quinzaine d&rsquo;années, il y a des thématiques récurrentes : les douleurs familiales, le manque, l&rsquo;absence, la fuite également.</p>
<p>Cette fois, la toile de fond nous parle d&rsquo;un homme, <strong>Antoine Schaeffer</strong>, qui après une carrière nationale et internationale, une stature d&rsquo;icône, a décidé de déserter. De prendre la tangente. Quinze ans déjà qu&rsquo;il ne parle plus aux journalistes, qu&rsquo;il ne sort plus de disque.</p>
<p>Donné pour mort alors que sa voiture vient d&rsquo;être retrouvée, il aurait cependant été aperçu dans les rues sinueuses et étroites de Lisbonne, où il pousserait la chansonnette avec sa guitare. Est-ce lui ? Pour sa fille, éditrice installée à Paris, il est temps d&rsquo;aller  voir. De comprendre et, peut-être de pardonner.</p>
<p>C&rsquo;est elle qui nous parle. A la première personne. C&rsquo;est donc cette jeune femme un peu effacée ( elle n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas de prénom dans le roman), trop ballottée dans son enfance entre un père toujours entre deux excès et une mère incapable d&rsquo;amour, qui nous parle d&rsquo;elle et de son père.</p>
<p>Dommage que le tempo ne soit pas le bon. Dommage que les répétitions nous enferment dans une histoire qui a, je trouve, du mal à toucher.</p>
<p>Bref, une lecture monotone. Sans surprise. Pas même celle du style.</p>
<p>Pas de petite musique cette fois&#8230;</p>
<p>Dommage.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un extrait de l&rsquo;émission &laquo;&nbsp;La grande librairie&nbsp;&raquo;:</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/SNYuPtBQEVk?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 70 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je n&rsquo;ai jamais pu saisir mon père. Moi pas plus que quiconque. Je lui ai connu mille visages. Parfois, dans la même année, le même mois, la même semaine, vous n&rsquo;aviez pas affaire au même homme. Tourmenté ou serein. Jouisseur ou ascète. Zen ou déglingué. Au fond du trou ou exalté. Mondain ou solitaire. Bavard ou muet. Noceur ou paysan. Mystique ou cynique. Dandy magnétique, semi-clochard céleste, rockeur inflammable, rongé d&rsquo;alcool. [&#8230;] &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 133 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Les premiers temps ses parents ont l&rsquo;air impressionnés de m&rsquo;avoir sous leur toit. Prennent mes silences et ma discrétion pour du mépris. Elle est pas un peu bêcheuse ta copine ? Je ne le suis pourtant pas, je crois. C&rsquo;est juste que j&rsquo;observe, ébahie. Ces mots, ces gestes, ces façons d&rsquo;être. Des parents. Des enfants. Des frères et soeurs. Leur manière de parler, de se mouvoir, d&rsquo;occuper le temps. Les repas en famille. Les chicaneries. Les moments complices. Le quotidien partagé. Les courses au supermarché. Les jeux de société. La musique reléguée à l&rsquo;accessoire, au décoratif, au superflu. Je lui envie tout.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 178 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je suis la fille d&rsquo;un père sans sépulture, sans cendres à disperser. Celle qui croit voir un fantôme sur une photo floue. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l&rsquo;Alfama. Qui guette un chanteur errant, une étoile dépouillée d&rsquo;elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. Sa maison, son compte en banque, ses amis, sa fille. Sa vie elle-même. Qui se serait défait d&rsquo;une peau ancienne, réincarné en mendiant, en musicien vagabond. Un homme qui aurait choisi la dernière adresse de son grand amour. Pour lui chanter à elle, partout éparpillées dans l&rsquo;air, les chansons qu&rsquo;il lui dédie.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Chanson de la ville silencieuse&nbsp;&raquo;, Olivier Adam, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Autour d&#8217;un petit Jésus volé et d&#8217;un privé loufoque&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/09/01/autour-dun-petit-jesus-vole-et-dun-prive-loufoque/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/09/01/autour-dun-petit-jesus-vole-et-dun-prive-loufoque/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2016 08:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[hiver]]></category>
		<category><![CDATA[Joël Egloff]]></category>
		<category><![CDATA[loufoque]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>
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		<description><![CDATA[Joël Egloff, que je suis depuis son premier roman publié en 1999 ( &#171;&#160;Edmond Ganglion &#38; fils&#160;&#187;), a su construire un univers bien à lui, fait de personnages un peu inadaptés, pas toujours à l&#8217;aise, et un peu foutraques. La preuve encore cette fois avec &#171;&#160;J&#8217;enquête&#160;&#187;, sorti au printemps&#8230; et totalement adapté pour une après-midi [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JENQUETE.jpg" rel="lightbox[3656]"><img class="alignleft size-full wp-image-3659 colorbox-3656" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JENQUETE.jpg" alt="J'ENQUETE" width="250" height="414" /></a><strong>Joël Egloff</strong>, que je suis depuis son premier roman publié en 1999 ( <strong>&laquo;&nbsp;Edmond Ganglion &amp; fils&nbsp;&raquo;</strong>), a su construire un univers bien à lui, fait de personnages un peu inadaptés, pas toujours à l&rsquo;aise, et un peu foutraques. La preuve encore cette fois avec <strong>&laquo;&nbsp;J&rsquo;enquête&nbsp;&raquo;</strong>, sorti au printemps&#8230; et totalement adapté pour une après-midi à la plage ou dans un hamac.  Ou dans tout autre endroit, d&rsquo;ailleurs&#8230;</p>
<p>Avec ce sixième roman, le quadragénaire Joël Egloff poursuit son travail d&rsquo;écriture. Loin des grosses machines éditoriales. Rappelons cependant qu&rsquo;il a remporté le prix du Livre Inter en 2005 pour <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;étourdissement&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Avec ce nouveau roman qui, avec son titre, annonce tout de suite la couleur, on se laisse embarquer dans une histoire totalement abracadabrantesque. Ou presque.</p>
<p>Nous voilà dans une petite ville, après Noël. Dans la crèche installée par le prêtre, le <strong>père Steiger</strong> et son sacristain, <strong>M.Beck</strong>, l&rsquo;enfant Jésus a disparu. Il faut trouver qui a fait ça et pourquoi. Rien de tel qu&rsquo;un privé pour mener l&rsquo;enquête. Sauf que ce dernier, qui vient visiblement de se lancer dans la profession, est assez approximatif et trop obstiné pour réussir cette affaire pourtant dérisoire. Il s&rsquo;accroche à des détails qui ne veulent rien dire, à des supputations indigentes&#8230; Pas grand-chose à faire pour le sauver et le tirer de ce mauvais pas ! Il s&rsquo;enfonce.</p>
<p>Ajoutez à cela la pression économique (pour lui, cette affaire est une aubaine !) que maintient sur lui sa femme ( qui va finir par s&rsquo;agacer de devoir attendre son retour) et vous obtenez un roman plaisant à lire et pour lequel l&rsquo;enquête ne sera, in fine, qu&rsquo;un prétexte à évoluer dans une société de personnages saugrenus.</p>
<p><span id="more-3656"></span></p>
<p><strong>Découvrez ici l&rsquo;univers de Joël Egloff pour ce nouveau roman</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/wnqMOzDzDHQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 84-85 :</strong><em>[&#8230;] &laquo;&nbsp;Et puis j&rsquo;ai repensé à mon indice. Je me suis tourné sur le côté, j&rsquo;ai ouvert le tiroir de la table de chevet et y ai plongé la main pour ressortir, avec précaution, le petit papier dans lequel je l&rsquo;avais placé. Je l&rsquo;ai déplié et m&rsquo;en suis saisi entre le pouce et l&rsquo;index. J&rsquo;ai allongé le bras en direction de la lumière et j&rsquo;ai fermé un oeil pour mieux l&rsquo;observer.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>De deux choses l&rsquo;une, me suis-je dit, cette bouloche provient soit du vêtement du coupable, soit du vêtement de l&rsquo;un de ceux qui ont installé la crèche, ce qui serait nettement moins profitable à l&rsquo;enquête.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Troisième hypothèse, plus décevante encore, c&rsquo;est le vent qui l&rsquo;a apportée là par hasard, et elle ne concerne en rien notre affaire. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 110 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Comment ça va ? J&rsquo;ai demandé. Elle m&rsquo;a dit que le petit toussait un peu moins. Tant mieux, j&rsquo;ai fait. Mais le grand a vomi, a-t-elle ajouté. Nom de Dieu, j&rsquo;ai dit, quand c&rsquo;est pas l&rsquo;un, c&rsquo;est autre. On dirait parfois qu&rsquo;ils le font exprès. J&rsquo;ai dû appeler le type du chauffage, aussi, a-t-elle enchainé, qui ne pourra venir que demain. J&rsquo;ai dit qu&rsquo;elle lui demande bien, surtout, de n&rsquo;encaisser le chèque qu&rsquo;à la fin du mois. On est à la fin du mois, m&rsquo;a-t-elle rappelé. J&rsquo;ai dit que c&rsquo;était pas grave, que ça irait bien, de toute façon, vu que j&rsquo;allais toucher mon avance demain matin. Et à part ça ? m&rsquo;a-t-elle demandé. Ça avance plutôt bien, j&rsquo;ai fait. Je commence à y voir beaucoup plus clair. Elle s&rsquo;en est réjouie, et puis m&rsquo;a tout de même avoué qu&rsquo;elle s&rsquo;inquiétait pour moi, que c&rsquo;était pour ça, aussi, qu&rsquo;elle avait mal dormi. Elle a ajouté que c&rsquo;était tout de même moins dangereux quand j&rsquo;étais gardien de square et que, tout compte fait, ça gagnait mieux. Je n&rsquo;ai pas relevé. Je lui ai dit de ne pas s&rsquo;en faire, lui ai promis d&rsquo;être bien prudent et de lui téléphoner demain.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 210 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Cependant, je ne m&rsquo;inquiétais pas outre mesure. Il y a toujours, quelle que soit l&rsquo;affaire, un moment où l&rsquo;enquête piétine. Le tout c&rsquo;est d&rsquo;en être conscient et de ne pas s&rsquo;en faire. C&rsquo;est un passage obligé. Un temps qui permet de réfléchir et de prendre son élan. Il faut, en quelque sorte, savoir piétiner pour mieux sauter.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;J&rsquo;enquête&nbsp;&raquo;, Joël Egloff, Buchet-Chastel, 16€.</strong> </em></p>
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		<title>Survivre à la terrible déflagration&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/03/survivre-a-la-terrible-deflagration/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2016 08:16:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Olivier Adam est de retour ! Deux ans après &#171;&#160;Peine perdue&#160;&#187; dont vous trouverez ma critique ici et quatre ans après &#171;&#160;Les lisières&#160;&#187;, formidable roman sur les classes moyennes grâce auquel j&#8217;avais découvert cet auteur quadragénaire désormais installé du côté de Saint-Malo ( à découvrir là ), il revient dans les piles de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span> </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENVERSE-OK.jpg" rel="lightbox[3444]"><img class="alignleft size-full wp-image-3447 colorbox-3444" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENVERSE-OK.jpg" alt="RENVERSE OK" width="193" height="300" /></a></p>
<p><strong>Olivier Adam</strong> est de retour ! Deux ans après <strong>&laquo;&nbsp;Peine perdue</strong>&nbsp;&raquo; dont vous trouverez ma critique <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/">ici </a></strong>et quatre ans après <strong>&laquo;&nbsp;Les lisières&nbsp;&raquo;</strong>, formidable roman sur les classes moyennes grâce auquel j&rsquo;avais découvert cet auteur quadragénaire désormais installé du côté de Saint-Malo ( à découvrir <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/">là</a> </strong>), il revient dans les piles de romans de la rentrée littéraire de l&rsquo;hiver avec <strong>&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>La renverse ? C&rsquo;est cette période, de durée variable, séparant deux phases de marées (montante ou descendante) durant laquelle le courant devient nul. La renverse, cette situation d&rsquo;étal, c&rsquo;est ce que vivra Antoine des années durant. Pour oublier. Pour ne plus penser.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous plonge dans la rubrique faits divers de notre histoire contemporaine française. Au fil des pages, on reconnait, en filigrane, plusieurs élus, parfois de haut rang, qui se sont illustrés dans des affaires sordides. Dans le désordre, <strong>Georges Tron</strong>, <strong>Dominique Strauss-Kahn</strong>, <strong>Patrick Balkany</strong> ou encore <strong>Jérôme Cahuzac. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3444"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Antoine</strong>, le narrateur. On le trouve en Bretagne, employé dans une librairie. Là, il vit une histoire avec <strong>Chloé.</strong> Une histoire dans laquelle il ne s&rsquo;investit pas. Et plus il y a l&rsquo;annonce. Celle de la mort de <strong>Jean-François Laborde</strong>. Ministre éphémère, il a été, des mandats durant, le sénateur-maire de la ville dans laquelle<strong> Antoine</strong> a grandi, en région parisienne. Il vient de mourir dans un accident de voiture. D&rsquo;un coup, une énorme vague submerge le jeune adulte. Et pour cause.</p>
<div id="attachment_3449" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM3.jpg" rel="lightbox[3444]"><img class="wp-image-3449 size-full colorbox-3444" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM3.jpg" alt="OLIVIER ADAM" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Olivier Adam</p></div>
<p>Dix ans plus tôt, l&rsquo;homme était éclaboussé par un scandale politico-sexuel. Sordide. Antoine s&rsquo;en souvient. Sa mère, <strong>Cécile Brunet</strong>, était la maîtresse de <strong>Laborde</strong>. Sa complice aussi, diront les victimes. L&rsquo;enquête conclut finalement à un non-lieu. Mais à quel prix ? Deux familles détruites, des gamins livrés à eux-mêmes et une rumeur qui n&rsquo;en finit pas d&rsquo;enfler.</p>
<p>Alors <strong>Antoine,</strong> le lycéen inspiré, fuit. Son frère, ses parents, sa ville, sa vie. Finit par s&rsquo;en aller avec <strong>Laetitia</strong>, la fille de <strong>Laborde</strong>. Sans chercher à comprendre. Sans vouloir savoir vraiment ce qui est faux, ce qui est vrai.</p>
<p>Par flash-backs, il raconte les affres du pouvoir et la déflagration provoquée par le fait divers : le calvaire des enfants, l&rsquo;impossibilité pour les victimes, des petites gens, à pouvoir être entendues, le traumatisme toujours vivace même dix ans après. A-t-il été à la hauteur ? A-t-il réagi comme il aurait fallu ou s&rsquo;est-il dérobé ? Sa mémoire, elle, reste sélective&#8230;</p>
<p><strong>J&rsquo;ai retrouvé avec plaisir le style d&rsquo;Olivier Adam sur un sujet effectivement jamais abordé, celui des victimes collatérales à tout scandale. L&rsquo;occasion aussi de plonger dans les descriptions toujours justes de l&rsquo;auteur, des abords, des lisières de nos décors contemporains. Un bon moment de lecture.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 37 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Ecrivant cela j mesure d&rsquo;ailleurs combine déjà, avant même la renverse, nous nous parlions pue, en dehors des aspects pratiques de la vie que nous menions côte à côte. Je mesure combine sous ses abords banals nous formions une famille singulière, désertée par la joie, plombée par l&rsquo;esprit de sérieux, glacée par une tristesse diffuse, indéfinissable, figés dans une réserve et une pudeur maladives, qui interdisaient toute étreinte, toute confidence, toute tendresse manifeste, toute intimité réelle. De toute façon, tout allait de soi à mes yeux. Comme tout va toujours de soi pour les enfants. Le lieux dans lesquels ils vivent. Le couple que forment leurs parents. Rien ne leur paraît vraiment étrange ni déplacé , ni simplement questionnable. Evidemment aujourd&rsquo;hui, je ne peut m&rsquo;empêcher de penser que quelque chose clochait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 124-125 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;affaire elle-même était loin, tout le monde avait été blanchi, Laborde avait été réélu et ma mère virée de ses listes, on disait partout qu&rsquo;il l&rsquo;avait répudiée, que sa femme l&rsquo;avait exigé et je savais que c&rsquo;était vrai. Tout cela était enterré mais Camille en avait conscience, nous n&rsquo;en aurions jamais vraiment terminé. Le suel moyen d&rsquo;en finir était de couper le lien, nous l&rsquo;avions fait et de devions sous aucun prétexte revenir en arrière. Nos parents étaient des dingues, notre mère avait du sang sur les mains. Notre mère était une folle détraquée et narcissique, qui ne faisait même pas pitié. Son cynisme et son égocentrisme maladifs interdisaient qu&rsquo;elle puisse nous en inspirer une once. Camille savait cela aussi bien que moi, j&rsquo;ignorais comment mais il en savait autant, quand je croyais lui apprendre quelque chose que je tenais de Laetitia, il le savait déjà. Il disait : mais toi, t&rsquo;étais jamais là. Avant mon départ pour Bordeaux t&rsquo;étais jamais là. Toujours fourré chez Nicolas, enfermé dans ta chambre. Tu évitais les dîners, les soirées, mais moi&#8230; Moi, j&rsquo;ai tout pris de face. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 189 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le suicide de Celia B. ne changea rien. Une fois le non-lieu prononcé, pour ce que j&rsquo;en sais, à M. tout reprit son cours tranquille. A quelques détails près. Laborde n&rsquo;était plus ministre délégué et la configuration politique était sur le point de basculer. Personne au gouvernement ne songea à le réintégrer. Il allait devoir patienter avant de regagner sa place, ça prendrait des années, et il n&rsquo;en semblait plus si loin quand l&rsquo;accident qui avait provoqué sa mort s&rsquo;était produit. Il avait certes perdu son siège de sénateur dans l&rsquo;histoire, mais les prochaines élections qui s&rsquo;annonçaient se profilaient avantageusement le concernant : la nouvelle majorité avait déçu et une alternance s&rsquo;annonçait, dont il serait l&rsquo;un des bénéficiaires. En attendant, un peu moins d&rsquo;un an après la clôture de l&rsquo;instruction, il fut réélu triomphalement à la mairie de M., à la tête d&rsquo;une liste où ne figurait pas ma mère.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;, Olivier Adam, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
</blockquote>
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