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	<title>Quatrième de couv &#187; quête</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>A la vie, à la mort malgré le chaos</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Dec 2023 12:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean Hatzfeld fait partie de mon panthéon littéraire personnel. C&#8217;est comme ça. Et ça fait plus de 20 ans que ça dure. J&#8217;avais commencé à lire ses livres avant de le rencontrer. Avant donc qu&#8217;il me pousse à me rendre au Rwanda pour essayer de comprendre ce que lui avait ressenti pendant et après le génocide [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Tu-la-retrouveras.jpg" rel="lightbox[6520]"><img class="alignleft size-full wp-image-6522 colorbox-6520" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Tu-la-retrouveras.jpg" alt="Tu la retrouveras" width="546" height="799" /></a></p>
<p><strong>Jean Hatzfeld</strong> fait partie de mon panthéon littéraire personnel. C&rsquo;est comme ça. Et ça fait plus de 20 ans que ça dure. J&rsquo;avais commencé à lire ses livres avant de le rencontrer. Avant donc qu&rsquo;il me pousse à me rendre au Rwanda pour essayer de comprendre ce que lui avait ressenti pendant et après le génocide des Tutsis.</p>
<p>Bref, chaque nouveau roman de cet ancien reporter de guerre est pour moi un réel plaisir de découverte. Et, évidemment, de lecture. C&rsquo;est encore le cas avec <strong><em>Tu la retrouveras</em></strong>, sorti à la fin de cet été.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous entraîne à Budapest en 1944. Nous sommes dans un zoo, en partie détruit. Et pour cause. La ville est assiégée par les soldats nazis. A l&rsquo;extérieur, des régiments de l&rsquo;Armée rouge attendent de faire tomber la ville.</p>
<p>Cet hiver 1944-1945 est terriblement froid. Il est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;un des plus vigoureux du 20e siècle.</p>
<h4 style="text-align: center">à la vie, à la mort</h4>
<p>Là, dans le zoo où les animaux encore présents vivent en liberté, deux fillettes d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années. C&rsquo;est là qu&rsquo;elles se sont refugiées. Qu&rsquo;elles apprennent à se connaître et qu&rsquo;elles vont devenir les meilleures amies du monde. Il y a <strong>Sheindel</strong>, enfant juive dont les parents ont été tués. Il y a <strong>Izeta</strong>, enfant tzigane qui s&rsquo;est retrouvée seule après la mort de ses parents, arrêtés.</p>
<p>Là, dans cette enclave un peu protégée, elles organisent leur quotidien, entourées de hyènes, d&rsquo;une mère orang-outan et de dromadaires.</p>
<p>Pour les aider, <strong>Dumitru</strong>. Le lieutenant vétérinaire moldave passe régulièrement. Et les aide quand il le peut.</p>
<p>Mais le destin s&rsquo;acharne et <strong>Sheindel</strong> et <strong>Izeta</strong> vont être séparées. S&rsquo;ouvre alors la deuxième partie du livre, 40 ans plus tard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6520"></span></p>
<p><strong>Sheindel</strong> est devenue zoologue. Elle a retrouvé <strong>Dumitru</strong>, avec qui elle échange des lettres. Mais qu&rsquo;est devenue <strong>Izeta</strong> ? Un journaliste, Frédéric, se mêle de la quête. Jusqu&rsquo;à Sarajevo.</p>
<p>Tout au long du roman, le Danube sert de fil. De la dernière année de la Deuxième Guerre mondiale jusqu&rsquo;à celle qui a déchiré les Balkans. Un territoire que <strong>Jean Hatzfeld</strong> connait particulièrement. L&rsquo;auteur a choisi d&rsquo;écrire sur un siège car il sait que dans cette situation <em>&laquo;&nbsp;les gens se comportent différemment&nbsp;&raquo;</em>. Il a installé son histoire dans un zoo car il <em>&laquo;&nbsp;aime les animaux&nbsp;&raquo;</em> et a choisi de les faire cohabiter avec les deux fillettes. Un roman qui parle du mal, mais aussi d&rsquo;espoir. Malgré tout. Un roman sombre et lumineux à la fois.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 94 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;]  &#8211; Attrapés ensemble, égorgés ensemble. D&rsquo;abord elle. C&rsquo;est pire aussi de voire l&rsquo;autre mourir au couteau. Ma mère était maigre er forte, très courageuse. Jamais peur. Elle nous disait : Nous, les Tziganes, on ne veut de nous nulle part, nous pouvons aller partout. Sauf dans les lieux maudits. Dans le camion, elle n&rsquo;a montré aucune tristesse, à cause de nous, je sais. Elle a parlé de choses sans importance, personne ne l&rsquo;écoutait, sauf nous. Avant, les gens venaient la chercher pour accorder leur piano dans les villes où on allait. Elle gagnait plus d&rsquo;argent que tout le monde. Les routes étaient si longues, elle chantait, elle dansait. Je n&rsquo;arrive pas à croire que je ne l&rsquo;entendrai plus jamais. Même pour une petite chanson&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 121 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Aimer si fort des êtres aussi détestés, pour des gamines, c&rsquo;est extraordinaire. Même si elles ne s&rsquo;en rendent pas compte, elles le sentent&#8230; Cet amour, je le dois à Izeta. Izeta divise le monde entre ceux qu&rsquo;on aime et ceux qui ne vous aiment pas, et à la première seconde elle a accueilli les hyènes en amie, comme des êtres pris dans la même débâcle que nus, avec qui nous allions faire. Sa famille les aimait. </em>Eh&rsquo;ad. Nem mikh tsurik di lib gehat ones !<em> &#8211; ramène-moi ceux que j&rsquo;ai aimés ! C&rsquo;est du yiddish. Je n&rsquo;ai jamais tant prié&#8230; L&rsquo;autre jour, je remarque deux raies de poils noirs sur l&rsquo;une des hyènes, elles forment un Y sur son poitrail. Je l&rsquo;interpelle : Toi, tu es la petite-fille d&rsquo;Andronica qui avait le même Y.[&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 177 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Etait-ce un temps long ? Long n&rsquo;est pas le mot s&rsquo;agissant de l&rsquo;impression des Bosniens qui luttaient pour ne pas tout perdre et des journalistes pris dans un tourbillon d&rsquo;histoires de guerre, qui les uns comme les autres ne se relâchent jamais assez pour prendre du recul et penser aux jours qui passaient. De la même façon que Dumitru dit de ses champs de bataille du Dniepr et de la plaine hongroise, de ce temps enfui : &laquo;&nbsp;C&rsquo;est après que le temps s&rsquo;allonge brutalement, la désolation s&rsquo;impose, si soudaine que cela déboussole. Après, quand ça devrait finir mais que tout commence en réalité parce qu&rsquo;on prend conscience seulement alors de tous ceux et de tout ce qu&rsquo;on a perdus.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Tu la retrouveras, Jean Hatzfeld, Gallimard, 19,50 euros</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Jusque dans les étoiles, suivre Gio</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/11/12/jusque-dans-les-etoiles-suivre-gio/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/11/12/jusque-dans-les-etoiles-suivre-gio/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Nov 2023 15:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dimitri Rouchon-Borie]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Je découvre encore les romans sortis lors de la rentrée littéraire d&#8217;août et septembre. Un régal de plonger dans toutes ces nouvelles histoires, déclinées dans différents villes et pays, à différentes époques&#8230; L&#8217;occasion aussi de retrouver quelques-uns de mes auteur(e)s chéri(e)s dans de nouvelles aventures. Alors imaginez ma joie quand j&#8217;ai reçu les épreuves non-corrigées du Chien des étoiles, second [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="page">
<p><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/le-chien-des-etoilesOK.jpg" rel="lightbox[6406]"><img class="alignleft wp-image-6409 size-medium colorbox-6406" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/le-chien-des-etoilesOK-225x300.jpg" alt="le-chien-des-etoilesOK" width="225" height="300" /></a></em></p>
<div id="page">
<p>&nbsp;</p>
<div id="page">
<p>Je découvre encore les romans sortis lors de la rentrée littéraire d&rsquo;août et septembre. Un régal de plonger dans toutes ces nouvelles histoires, déclinées dans différents villes et pays, à différentes époques&#8230; L&rsquo;occasion aussi de retrouver quelques-uns de mes auteur(e)s chéri(e)s dans de nouvelles aventures.</p>
<div id="page">
<p>Alors imaginez ma joie quand j&rsquo;ai reçu les épreuves non-corrigées du <strong><em>Chien des étoiles, </em></strong>second roman de <a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/prix-robles-4-6-dimitri-rouchon-borie-ou-le-demon-et-les-mots-de-l-horreur"><strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong></a> !</p>
<p>Agé de 46 ans, ce dernier était jusqu&rsquo;à l&rsquo;été dernier, journaliste au <em>Télégramme</em>, à Saint-Brieuc, où il était en charge des faits divers et de la justice. Il travaille désormais à Rennes.</p>
<p>En 2021, je l&rsquo;ai interviewé, puis rencontré lors de la remise du prix Roblès, à Blois, qu&rsquo;il venait de remporter (entre autres prix, pas moins de 13 au total !) pour <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/14/au-pied-de-la-colline-lenfance-nue/">Le Démon de la colline aux loups</a></strong>. <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> est également l&rsquo;auteur de <em>Ritournelle</em> et de <em>Fariboles,</em> toujours au<em> Tripode. </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce nouveau roman ? <strong>Gio</strong> a vingt ans, peut-être un peu plus. Sa vie n’est plus la même depuis qu’un lâche lui a planté un tournevis dans le crâne. Désormais, <strong>Gio</strong> voit ce que peu de gens devinent. La beauté de la nuit. L’appel des chouettes. La grandeur de ses amis <strong>Papillon,</strong> muet mais qui s&rsquo;est inventé un langage et la belle <strong>Dolores</strong>, 16 ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6406"></span></p>
<p>Voilà un étonnant road movie gitan, cruel, beau et doux à la fois. Une épopée singulière. Et divinement bien écrite. <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> confirme ici son talent à raconter autrement les histoires. Avec beaucoup d&rsquo;humanité. Que ce soit dans un train de marchandises, sous une tente ou dans une maison à l&rsquo;écart d&rsquo;un village.</p>
<p><strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> explique avoir écrit ce texte en deux mois. Une histoire qui l&rsquo;a laissé sans défense aucune, <em>&laquo;&nbsp;bouleversé par une émotion aigüe, et que je parvenais pas à mettre à distance&nbsp;&raquo;. </em>Il poursuit en disant que ce nouveau roman est un livre sur le lien et la séparation, sur l&rsquo;atrocité de la perte et comment on récrée malgré tout un monde après ça.</p>
<p>C&rsquo;est cruel et lumineux. Un régal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 35 : </strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] &#8211; Voilà venu le temps qu&rsquo;on parlemente et qu&rsquo;on fixe la dette. Vous avez ici le crédit d&rsquo;une vie. Et si vous étiez pas des cousins, peut-être, mais je dis bien peut-être, qu&rsquo;on vous aurait déjà brûlé vifs dans les grottes qui servent de maisons à vos manières préhistoriques. Regardez bien mon fils qui est revenu vivant de la mort où vous l&rsquo;avez jeté. Regardez. La pluie qui nous tombe sur la gueule, c&rsquo;est sa tristesse à lui, c&rsquo;est la malédiction que vous lui avez glissée dans le crâne. Regarde Michal comme elle est grasse la pluie. Et toi, Tino, sniffe, nom de Dieu, sniffe si ça sent pas les enfers.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 147 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pour les autres Gio est devenu le Fou Hurlant, une légende des transcontinentaux. On dit que des trimards cherchent son train juste pour le rencontrer et dire qu&rsquo;ils ont voyagé avec le fantôme des rails. Et comme les surveillants le laissent tranquille, et les douanes aussi, et la police, ceux qui ont le courage de venir s&rsquo;approcher de son tombeau ferroviaire sont finalement un peu plus tranquilles qu&rsquo;ailleurs. D&rsquo;autres ont préféré sauter au milieu de nulle part pour échapper à l&rsquo;atmosphère atroce qu&rsquo;il distille.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 193 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Camarade a cette façon d&rsquo;apaiser la tension du dessin. La fresque avait raconté la guerre du clan Belco, le train, elle avait montré ensuite la capitale et le quartier Est, les chevaux de Micek, la bagarre des deux géants et les putes de Grand-Mère. Papillon n&rsquo;avait rien oublié de tout ça, et, à sa mort, il avait presque achevé son travail. Il lui restait juste à dessiner Dolores, Gio et lui-même tout en haut, au milieu. Au-dessus il avait fait des nuages et il avait dit à Gio que c&rsquo;était le ciel du paradis qu&rsquo;il devrait faire là.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
</div>
<p><em><strong> Le chien des étoiles, Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode, 19 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>A ce père qu&#8217;il n&#8217;a pas compris&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/11/05/a-ce-pere-quil-na-pas-compris/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/11/05/a-ce-pere-quil-na-pas-compris/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Nov 2023 14:37:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Rachid Benzine]]></category>
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		<description><![CDATA[Quel plaisir de retrouver Rachid Benzine ! L&#8217;auteur de Ainsi parlait ma mère, de Dans les yeux du ciel et de Voyage au bout de l&#8217;enfance est présent sur les tables des librairies pour cette rentrée littéraire. Avec Les silences des pères, l&#8217;islamologue, chercheur et écrivain, nous emmène dans un road trip de la mémoire. L&#8217;histoire ? Un fils, Français d&#8217;origine marocaine et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147776_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[6499]"><img class="alignleft size-full wp-image-6501 colorbox-6499" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147776_couverture_Hres_0.jpg" alt="147776_couverture_Hres_0" width="409" height="600" /></a></p>
<p>Quel plaisir de retrouver <strong>Rachid Benzine</strong> !</p>
<p>L&rsquo;auteur de <a style="font-style: italic;font-weight: bold" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/07/a-cette-femme-quil-aimera-toujours/">Ainsi parlait ma mère</a>, de <strong><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/">Dans les yeux du ciel</a> et de <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/07/voyage-au-bout-de-lenfer-a-hauteur-denfant/">Voyage au bout de l&rsquo;enfance</a> </em></strong>est présent sur les tables des librairies pour cette rentrée littéraire.</p>
<p>Avec <em><strong>Les silences des pères</strong></em>, l&rsquo;islamologue, chercheur et écrivain, nous emmène dans un road trip de la mémoire.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Un fils, Français d&rsquo;origine marocaine et pianiste classique de renommée internationale, apprend au téléphone le décès de son père. Ils s’étaient éloignés : un malentendu, des drames puis des non-dits, et la distance désormais infranchissable.</p>
<p>Maintenant que l’absence a remplacé le silence, le fils revient à Trappes, le quartier de son enfance, pour veiller avec ses soeurs la dépouille du défunt et trier ses affaires. Tandis qu’il débarrasse l’appartement, il découvre une enveloppe épaisse contenant quantité de cassettes audio, chacune datée et portant un nom de lieu. Il en écoute une et entend la voix de son père qui s’adresse à son propre père resté au Maroc.</p>
<p>Il y raconte sa vie en France, année après année. Notre narrateur décide alors de partir sur les traces de ce taiseux dont la voix semble comme resurgir du passé.</p>
<p>Le nord de la France, les mines de charbon des Trente Glorieuses, les usines d’Aubervilliers et de Besançon, les maraîchages et les camps de harkis en Camargue : le fils entend l’histoire de son père et le sens de ses silences.</p>
<p>Un roman sensible, qui raconte la difficulté pour un père et son fils de se retrouver. De dépasser les non-dits et l&rsquo;incompréhension qui éloigne parfois ceux qui s&rsquo;aiment.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6499"></span></p>
<p>Un roman qui permet également de toucher du doigt le quotidien d&rsquo;un ouvrier émigré en France durant les années 50-60. Au document s&rsquo;ajoute alors une réflexion, tout en nuances, sur le deuil et le déni. Une fois encore Rachid Benzine fait mouche.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 21-22 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Il a fallu qu&rsquo;il meure pour que je revienne. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Vingt-deux années. Et rien n&rsquo;a changé. La même dalle de béton. Les mêmes visages. Ceux d&rsquo;enfants devenus pères, de pères devenus grands-pères, de petits-enfants qui grandissent à l&rsquo;ombre des mêmes tours. Tout disparaîtra avec eux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;a pas souffert&nbsp;&raquo;, me disent mes soeurs comme pour me rassurer. Je n&rsquo;ose pas leur avouer que je le croyais déjà parti depuis plusieurs années. Qu&rsquo;il n&rsquo;était plus qu&rsquo;un lointain souvenir. &laquo;&nbsp;il est encore à l&rsquo;appartement, dans sa chambre. Si tu veux le voir.&nbsp;&raquo; Elles me remercient d&rsquo;être présent. &laquo;&nbsp;C&rsquo;est important, ça lui aurait fait plaisir. &nbsp;&raquo; Je n&rsquo;ose pas leur dire que ce sont des paroles convenues. Que leur deuil n&rsquo;est pas le mien. Que pour pleurer quelqu&rsquo;un, il faut l&rsquo;avoir aimé. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 54 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Ses doigts, en effet, racontent l&rsquo;envergure d&rsquo;une vie de labeur au fond d&rsquo;une mine. Le syndrome des &laquo;&nbsp;doigts blancs&nbsp;&raquo; &#8211; la vascularisation ne se fait plus. Ses phalanges ont quasiment perdu leur motricité. Je salue mon hôte mais avant même que je puisse en dire davantage, le vieil homme se relève brusquement : &nbsp;&raquo; Tu as sa voix&#8230; sa voix quand on est arrivés en France. C&rsquo;est comme si il était là. Tu es de la famille d&rsquo;Ahmed Chehlaoui, n&rsquo;est-ce pas ? &nbsp;&raquo; J&rsquo;acquiesce, je me présente. Il me serre dans ses bras et colle sa joue sur la mienne. Ses larmes salées se frayent un chemin jusqu&rsquo;à mes lèvres. Il se confond en excuses de ne pas avoir pu être à l&rsquo;enterrement. Les invocations qu&rsquo;il vient d&rsquo;achever c&rsquo;était pour lui, pour mon père, même si Allah, il n&rsquo;en doute pas, l&rsquo;avait déjà accueilli à bras ouverts en son Paradis.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 137 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je me retrouve sur une route silencieuse qui passe non loin du pont du Gard, dont la voie serpente entre des platanes grillés par le soleil du Midi. Je suis toujours sonné par la voix grésillante de mon père qui se superpose aux contours de ce paysage de garrigue. J&rsquo;entends encore une de ses phrases lapidaires, faite pour tirer un trait sur une vie, accepter l&rsquo;inacceptable : &laquo;&nbsp;Pour le mariage, j&rsquo;ai fait comme tu m&rsquo;as dit.&nbsp;&raquo; La bande magnétique s&rsquo;était comme étranglée à ces mots, et avait laissé place à un long silence.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Les silences des pères, Rachid Benzine, Seuil, 17,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>L&#8217;autofiction et sa magicienne&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/10/22/lautofiction-et-sa-magicienne/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/10/22/lautofiction-et-sa-magicienne/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 07:16:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chloé Delaume agite le landerneau de la littérature depuis une vingtaine d&#8217;années. Une magicienne des mots que cette auteure que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;interviewer il y a quelques années quand elle vivait encore à Tours (Indre-et-Loire). De quoi me souvenir d&#8217;une rencontre étonnante et enrichissante. Je n&#8217;ai pas lu toute son oeuvre. Le dernier roman pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/149772_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[6553]"><img class="alignleft size-full wp-image-6556 colorbox-6553" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/149772_couverture_Hres_0.jpg" alt="149772_couverture_Hres_0" width="409" height="600" /></a></p>
<p><strong>Chloé Delaume</strong> agite le landerneau de la littérature depuis une vingtaine d&rsquo;années. Une magicienne des mots que cette auteure que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;interviewer il y a quelques années quand elle vivait encore à Tours (Indre-et-Loire). De quoi me souvenir d&rsquo;une <a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/a-l-abri-des-vieilles-pierres-elle-fait-grandir-une-voix-bienveillante">rencontre étonnante et enrichissante</a>.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas lu toute son oeuvre. Le dernier roman pour moi, c&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/11/02/quadra-sur-le-marche-de-lamour-et-des-desillusions/">Le coeur synthétique</a>.</strong></p>
<p>Je l&rsquo;ai retrouvée avec plaisir en cette rentrée littéraire. L&rsquo;histoire de <strong><em>Pauvre folle</em></strong> ? Pour comprendre la nature de sa relation avec <strong>Guillaume</strong>, <strong>Clotilde Mélisse</strong> observe les souvenirs qu’elle sort de sa tête, le temps d’un voyage en train direction Heidelberg.</p>
<h3 style="text-align: center">Comme une résonnance</h3>
<p>Tandis que par la fenêtre défilent des paysages de fin du monde,<strong> Clotilde</strong> revient sur les événements saillants de son existence. La découverte de la poésie dans la bibliothèque maternelle, le féminicide parental, l’adolescence et ses pulsions suicidaires, le diagnostic posé sur sa bipolarité. Sa rencontre, dix ans plus tôt, avec<strong> Guillaume</strong>, leur lien épistolaire qui tenait de l’addiction, l’implosion de leur idylle au contact du réel.</p>
<p>Car<strong> Guillaume</strong> est revenu, et depuis dix-sept mois<strong> Clotilde</strong> perd la raison. Elle qui s’épanouissait au creux de son célibat voit son cœur et son âme ravagés par la résurgence de cet amour impossible.</p>
<p>La décennie passée ne change en rien la donne : <strong>Guillaume</strong> est toujours gay, et qui plus est en couple. Aussi <strong>Clotilde</strong> espère, au gré des arrêts de gare, trouver une solution d’ici le terminus.</p>
<p><span id="more-6553"></span></p>
<p>Dans toutes les histoires d’amour se rejouent les blessures de l’enfance : on guérit ou on creuse ses plaies. <strong>Chloé Delaume</strong> explore cette réalité, à l&rsquo;aune de sa propre histoire, le tout en vers de huit à douze pieds.<em> &laquo;&nbsp;90% de ce qui arrive à <strong>Clotilde</strong> m&rsquo;est arrivé&nbsp;&raquo;</em>, assume <strong>Chloé Delaume</strong> dans une interview au Monde, en septembre.</p>
<p>Pour tenter de (se) comprendre sa relation à <strong>Guillaume</strong>,<strong> Clotilde</strong> extirpe ses souvenirs les uns après les autres de son propre cerveau, afin de reconstituer un puzzle tandis que le train avance dans la nuit. De quoi ausculter ce qui a construit cette histoire d&rsquo;amour et de mots. Mais avec le filtre féministe de l&rsquo;auteure, sans oublier celui de son humour ravageur. Au final, un roman enthousiasmant, détonnant et terriblement moderne.</p>
<p>Rappelons que <strong>Chloé Delaume</strong> a fait sien l&rsquo;univers de l&rsquo;autofiction. La quinquagénaire un peu rock se définit elle-même comme <em>&laquo;&nbsp;personnage de fiction&nbsp;&raquo;</em>. Née <strong>Nathalie Derain</strong>, elle s&rsquo;est choisie un prénom (issu de <strong><em>L&rsquo;écume des jours</em></strong>) et un nom (issu de <em>L&rsquo;Arve et l&rsquo;Aume</em>, d&rsquo;<strong>Antonin Artaud</strong>) pour réinventer son avenir après des épisodes extrêmement traumatiques (son père a tué sa mère devant ses yeux, avant de se suicider).</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La fin du monde n&rsquo;a pas du tout la forme prévue&nbsp;&raquo;</em>, débute et achève son livre. Tout un programme ! Un roman à savourer.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Clotilde ne veut pas crever avant d&rsquo;avoir vu les filles et les femmes se relever une à une en se tenant la main. Carmagnole sororale démantelant un système qui colonise corps et pensée ; renversant en riant les valeurs de la phallocratie ; détruisant en choeur de colère les bastions du souverain virilisme. Ensemble elles doivent dans sans le son des canons : on ne peut pas tuer les moeurs, juste les faire évoluer. Briser le plafond de verre ne se fait pas à la hache, trancher la jugulaire ou le sexe des mâles alpha saloperait la moquette et en faisant des martyrs. Ce ne sont pas des armes qui leur sont nécessaires, mais plutôt des outils.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 147 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sur la tablette il y a des miettes, Clotilde prestement la nettoie. Il lui reste moins de deux heures avant de descendre au train et d&rsquo;effectuer le dernier changement. Le temps presse, il lui faut comprendre à quoi ressemble le puzzle, si possible avant d&rsquo;atteindre Heidelberg. Elle ressort de son crâne les souvenirs fermement cousus de fil blanc et de plastique, tente de lire dans la mosaïque, constate qu&rsquo;il manque des éléments. Alors elle plonge une main tout au fond de sa tête et saisit un petit bout de mémoire gélatineux. Elle le presse légèrement entre le pouce et l&rsquo;index, ça fait de la musique, un début de mélodie, clochettes électroniques, cordes synthétiques, une envolée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 188 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Où vont les souvenirs quand ils sont engloutis ? Combien perd-on de souvenirs tout au long de sa vie ? Que reste-il des corps quand on ne s&rsquo;en souvient plus ? Des souvenirs d&rsquo;elleetlui, des souvenirs récents, c&rsquo;était le plus précieux, le cube rose comme de la chair, l&rsquo;ouverture porte bleue. A quoi sert le puzzle si sa mémoire y meurt ? Clotilde a chaud maintenant, très chaud, elle est en sueur. Elle n&rsquo;a pas très envie de se rappeler la suite. Elle n&rsquo;a pas très envie mais il le faut. Ce qu&rsquo;elle arrache de la tête ressemble à une escalope, un morceau de dinde morte, de dinde élevée au grain, très fin, un peu gluant, aux reflets jaunis de gras. Il est si malléable que le coudre au puzzle s&rsquo;opère en un tournemain, Clotilde, de ses petits ciseaux, coupe le fil, le noeud fait. Elle a aussi de plus en plus envie de pleurer.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Pauvre folle, Chloé Delaume, Seuil, 19,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Quand la station se vide&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/10/05/quand-la-station-se-vide/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Oct 2023 07:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été-automne 2023 &#160; Parmi les 466 nouveaux romans de la rentrée, des dizaines de pépites imaginées par des primo-écrivains. De quoi plonger dans des univers nouveaux, et arpenter, au fil des pages, des styles singuliers. L&#8217;histoire de Hors saison, écrit par Basile Mulciba ? Elle se déroule de nos jours, dans une station de ski en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire été-automne 2023</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HORS-SAISON1.jpg" rel="lightbox[6481]"><img class="alignleft size-full wp-image-6485 colorbox-6481" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HORS-SAISON1.jpg" alt="HORS SAISON" width="400" height="585" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parmi les 466 nouveaux romans de la rentrée, des dizaines de pépites imaginées par des primo-écrivains. De quoi plonger dans des univers nouveaux, et arpenter, au fil des pages, des styles singuliers.</p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong><em>Hors saison</em></strong>, écrit par <strong>Basile Mulciba</strong> ?</p>
<p>Elle se déroule de nos jours, dans une station de ski en hiver. Tout le monde attend la neige qui tarde à tomber. <strong>Yann</strong>, un jeune homme d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;années, interrompt ses études de médecine &#8211; il est en 4e année &#8211; pour venir travailler comme saisonnier.</p>
<p>Il connaît peu la montagne et encore moins les codes du mode saisonnier. Seul le temps qui passe lui donne le courage de s&rsquo;approcher des autres.</p>
<p>A la Saint-Sylvestre, la neige n&rsquo;est toujours pas arrivée. Les saisonniers, eux, s&rsquo;en vont les uns après les autres.</p>
<p><strong>Yann</strong> a été recruté par <strong>Hans</strong>, qui dirige le vieil hôtel hérité de <span id="js-showResume" class="showResume">son père et qui commence à subir comme les autres les conséquences de l&rsquo;absence de neige. Tandis que peu à peu la station se vide, les deux hommes décident de rester. Et apprennent à se connaître. A s&rsquo;aimer aussi. </span></p>
<p><strong>Yann</strong> marche beaucoup. Repousse ses limites aussi. Et tente de comprendre les raisons de sa fuite.</p>
<p>Les descriptions précises et sensibles écrites par <strong>Basile Mulciba</strong> participent de cette virée dans un monde qui disparaît peu à peu du fait des dérèglements climatiques, une société qui perd ses repères, tandis que le désir, lui, nourrit toujours ceux qui y vivent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Basile Mulciba</strong> est originaire de Bretagne. Il a grandi en Guadeloupe et vit aujourd&rsquo;hui à Paris.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Yann se levait tôt mais restait allongé de longues minutes, à contempler les poutres du plafond, se remémorant presque chaque matin, avant de sortir de la chambre, la conversation avec Anne-Lise et ne sachant toujours pas très bien ce qu&rsquo;il était venu chercher. Sa colère, le doute et les remises en question s&rsquo;étaient dissipés et il fut même étonné de comprendre que c&rsquo;était elle qui, sans complètement le maîtriser, avait fait naître en lui l&rsquo;éventualité d&rsquo;un départ. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Après plusieurs jours, il avait l&rsquo;impression que l&rsquo;existence à la station trouvait son rythme et que, malgré l&rsquo;absence de neige, l&rsquo;activité démarrait peu à peu, comme une vieille mécanique fatiguée et pleine de poussière dont on chauffe le moteur en prévision d&rsquo;un grand voyage.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 134 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ce soir-là, Hans et Joachim semblèrent au sommet de leur amitié. D&rsquo;humeur festive et joyeuse, ils entraînèrent Florence avec eux. Yann participa aux conversations tout en sentant en retrait. Il repensait à la fin de la discussion avec Joachim et au sous-entendu qu&rsquo;il avait fait, que Hans puisse être la raison première de son désir de rester. Le trouble qu&rsquo;il ressentait à sa vue et à son contact ne le quittait plus depuis qu&rsquo;il l&rsquo;avait vu danser. Joachim l&rsquo;avait compris et, plutôt que de le lier ou de le contenir, il commençait à l&rsquo;accepter.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 148 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant une semaine, des masses d&rsquo;air glacé venues du nord succédèrent aux pluies humides, gorgées des eaux chaudes de l&rsquo;océan, sans que jamais les phénomènes ne se croisent ou ne se superposent. Les quelques personnes qui demeuraient en station et que Yann et Hans croisaient n&rsquo;acceptaient pas de ne plus rien comprendre, de ne plus rien maîtriser. Ceux qui restaient étaient les plus aigris, les plus hargneux, rongés par la crainte de tout perdre ou par le désespoir d&rsquo;une vie de travail déjà en ruine.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Hors saison, Basile Mulciba, Gallimard, 19,50 euros. </strong></em></p>
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		<item>
		<title>À la dérive&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/07/31/a-la-derive/</link>
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		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 10:04:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Alex]]></category>
		<category><![CDATA[arnaques]]></category>
		<category><![CDATA[Emma Cline]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Simon]]></category>
		<category><![CDATA[vols]]></category>

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		<description><![CDATA[L’été touche à sa fin à Long Island, et Alex n’est plus la bienvenue. Un faux pas lors d’un dîner et Simon lui paye un billet retour pour New York. Sans ressources, avec pour toute possession un téléphone qui a pris l’eau et ce don qu’elle a d’orienter à sa guise les désirs des autres, Alex décide de s’attarder dans les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-6372 colorbox-6368" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/I23405.jpg" alt="I23405" width="280" height="456" /></p>
<p>L’été touche à sa fin à Long Island, et <strong>Alex</strong> n’est plus la bienvenue. Un faux pas lors d’un dîner et <strong>Simon</strong> lui paye un billet retour pour New York. Sans ressources, avec pour toute possession un téléphone qui a pris l’eau et ce don qu’elle a d’orienter à sa guise les désirs des autres, <strong>Alex</strong> décide de s’attarder dans les parages et se met à dériver tel un fantôme entre les avenues bordées de haies, les allées de garage protégées par des grilles et les dunes écrasées de soleil. Elle passe la semaine à errer, d’une rencontre à l’autre, refusant d’en rester là : <strong>Simon</strong> sera sûrement content de la voir arriver à sa fête du Labor Day.</p>
<p>Voici le postulat de départ de ce nouveau roman de l&rsquo;écrivaine américaine <strong>Emma Cline</strong>. Une jeune auteure trentenaire, elle est née en Californie, dont je suis le travail depuis plusieurs années déjà comme je vous le raconte <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/22/quand-les-filles-partent-en-vrille/">ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/07/22/dans-la-tete-dharvey/">là</a></strong>.</p>
<p><em>« Alex vida son verre de vin, puis son verre d’eau. L’océan semblait calme, d’un noir plus sombre que le ciel. Ses paumes devinrent moites sous l’effet d’une vague d’angoisse. Soudain, il paraissait illusoire que quoi que ce soit puisse rester caché, qu’elle puisse passer avec succès d’un <span class="details">monde à l’autre. »</span></em></p>
<h3 class="heading__StyledHeading-sc-5jxglz-0 jztCkt">Une figure de parasite</h3>
<p>Alex a 22 ans. Et plus beaucoup d&rsquo;illusions. Elle s&rsquo;est retrouvée dans de sales draps à New-York et se trouve déjà fanée. Simon pouvait-il lui apporter ce qu&rsquo;elle attendait ? Sûrement.</p>
<p>Mais cela peut-il durer au-delà de l&rsquo;été qu&rsquo;elle passe au bord de la mer ? Elle va tout foutre en l&rsquo;air, dans une piscine. Sans se résoudre cependant à dire adieu à cette vie-là&#8230; Tout va rentrer dans l&rsquo;ordre, croit-elle. Question de temps. Et de pilules qu&rsquo;elle avale (et vole) sans vergogne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6368"></span></p>
<p>Sept jours durant, elle erre. Elle fomente. Elle ment. Beaucoup. Elle vole. Elle réfléchit. Elle arnaque. Sans se remettre en question cependant.</p>
<p class="heading__StyledHeading-sc-5jxglz-0 jztCkt"> Alex avait décidé de se laisser flotter. Elle continue à le faire. Certaine d&rsquo;y arriver&#8230; Se laisse dériver sans perdre de vue la prochaine fête organisée par Simon où elle se dit sûre de le reconquérir. Malgré les coups de fil incessants et les menaces de celui qu&rsquo;elle a volé&#8230;</p>
<p class="article_link">Sept jours plus tard, elle se présente à la fête. Défaite.</p>
<p class="article_link" style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="article_link" style="text-align: left"><strong>Page 22 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; La fin de l&rsquo;été, elle la passerait ici, avec Simon, et en septembre&#8230; Simon avait son appartement en ville. Il était question qu&rsquo;Alex y emménage. Chaque fois que Simon évoquait un probable avenir, Alex baissait les yeux. Faute de quoi, son désespoir apparaîtrait de manière trop évidente. Simon croyait encore qu&rsquo;Alex avait son appartement, et c&rsquo;était important. Il fallait maintenir l&rsquo;illusion de l&rsquo;indépendance économique, lui laisser croire que c&rsquo;était lui qui dirigeait tout. La retenue s&rsquo;imposait, à ce stade.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><strong>Page 160 : </strong><em><strong>&laquo;&nbsp;</strong>[&#8230;] Les nounous portaient des chemises aux couleurs aveuglantes qui venaient d&rsquo;un restaurant de Saint-Martin ou de Moustique, elles transportaient des sacs en plastique de chez Citarella contenant des sachets de mini carottes détrempées qu&rsquo;elles infligeraient aux enfants. </em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><em>Ceux-ci évoluaient dans un royaume à part, ils sautillaient au bord de l&rsquo;eau, ne revenant vers les nounous que pour subir une nouvelle application de crème solaire. Les enfants ressemblaient trop à Alex. Tolérés, mais pas indispensables, pas assez puissants.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><strong>Page 244 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle était partie de chez Simon le mardi. On était samedi. Le temps avait pris un aspect un peu trouble, un peu irréel. </em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><em>C&rsquo;était insoutenable, quelque part. Insupportable. Pourtant, elle avait tenu, non ? Puisqu&rsquo;elle était là. Une sensation familière, une sensation diffuse qui revenait trop facilement. Ces moments où elle savait, avec certitude, qu&rsquo;elle n&rsquo;existait pas. Cela l&rsquo;avait terrorisée, au début. Certains jours en ville qui s&rsquo;écoulaient sans laisser sur elle le moindre impact. De lourds orages d&rsquo;été dehors. Alex se grattait les jambes jusqu&rsquo;au sang et mangeait des sachets de carottes à en vomir &#8211; ça ne l&rsquo;empêchait pas de continuer à les manger. La nausée finissait par se tasser sur elle-même. Certaines heures de la nuit où la mort semblait une évidence, où elle se présentait comme la seule issue possible. </em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><em>Cette sensation était moins effrayante à présent. Ici, au bord de cette piscine froide. Peut-être était-elle le fantôme qu&rsquo;elle avait toujours pensé être. C&rsquo;était peut-être un soulagement.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p class="heading__StyledHeading-sc-5jxglz-0 jztCkt"><strong><em>Emma Cline, l’Invitée, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch. La Table Ronde, 23 €.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Changer de braquet et se rencontrer soi-même</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/10/28/changer-de-braquet-et-se-rencontrer-soi-meme/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Oct 2022 06:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Cassius]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été/automne 2022 Quelle claque ! Je n&#8217;avais pas lu Fief qui a valu, à David Lopez d&#8217;obtenir le prix du Livre Inter. C&#8217;était son premier roman. Autant dire que le second, Vivance, était particulièrement attendu. Alors J&#8217;y suis entrée. Vite. Et je ne l&#8217;ai plus lâché. Impossible d&#8217;abandonner le narrateur, dont on ne connait ni le nom, ni [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff"><strong>Rentrée littéraire été/automne 2022</strong></span></p>
<p><b><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIVANCE.jpg" rel="lightbox[6108]"><img class="alignleft size-full wp-image-6110 colorbox-6108" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIVANCE.jpg" alt="VIVANCE" width="409" height="600" /></a></b></p>
<p>Quelle claque ! Je n&rsquo;avais pas lu <em><strong>Fief</strong> </em>qui a valu, à <strong>David Lopez</strong> d&rsquo;obtenir le prix du Livre Inter. C&rsquo;était son premier roman. Autant dire que le second, <strong><em>Vivance</em></strong>, était particulièrement attendu. Alors J&rsquo;y suis entrée. Vite. Et je ne l&rsquo;ai plus lâché.</p>
<p>Impossible d&rsquo;abandonner le narrateur, dont on ne connait ni le nom, ni l&rsquo;âge exact, ni le parcours de vie dans les détails. Il est séparé, ne travaille pas ou plus. Aime les chats et plus particulièrement celui qui partage son maison, <strong>Cassius</strong>. Il a un vélo qui a aussi un p&rsquo;tit nom, <strong>Séville</strong>. Un vélo qu&rsquo;il va enfourcher. Et partir. D&rsquo;abord pour retrouver <strong>Cassius</strong> qui a pris la fuite après les inondations.</p>
<p>Des semaines, des mois ? Sans autre boussole que celle de ces envies et des rencontres qu&rsquo;il fait, il arpente un territoire &#8211; montagneux &#8211; dont on saura jamais le nom. Une échappée solitaire au milieu de gens paumés.</p>
<p>Au fil de son parcours, des rencontres dans la France des marges. Des hommes et des femmes : <strong>Denis</strong>, <strong>Noël</strong>, <strong>Maurice</strong>, <strong>Francine</strong>&#8230; Le narrateur leur parle, il les accompagne, il les fuit. Il les aime. Il s&rsquo;allège aussi. Au propre comme au figuré. Il souffre aussi. Physiquement. Psychiquement. Et finira par rentrer. Plus riche. Plus affûté que jamais.</p>
<p>Plus vivant que jamais ? Le titre de ce roman extrêmement bien écrit, reprend une notion psychologique. La vivance ( le mot vivance vient du néologisme du mot espagnol <em>vivencia)</em> est une notion présente à notre esprit lors de toute séance de sophrologie et lors de chacune de ses étapes. Le principe est celui de la rencontre du corps et de la psyché à l’intérieur de la conscience. Cette rencontre, qui se produit en niveau sophronique, apporte un ou des changements parfois intimes et profonds.)</p>
<p>A 32 ans, <strong>David Lopez</strong>, issu du master de Création littéraire de l&rsquo;université Paris 8, signe là un deuxième roman percutant. Rempli de petits riens et d&rsquo;un grand tout.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6108"></span></p>
<p><strong>David Lopez était l&rsquo;invité de Rebecca Manzoni, en septembre, sur France Inter. L&rsquo;émission est à découvrir ici : </strong></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/totemic/totemic-du-mardi-13-septembre-2022-7226880">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/totemic/totemic-du-mardi-13-septembre-2022-7226880</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 111 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Dehors la chaleur est écrasante, le soleil a atteint son zénith. La maison de Noël, en vieilles pierres, garde la fraîcheur, on y est bien. Il s&rsquo;est isolé dans sa chambre, de la dépendance où je nettoie Séville j&rsquo;entends sa télévision. Sans pouvoir distinguer les pots je crois reconnaître les ambiances sonores des documentaires animaliers de mon enfance, en particulier la voix du narrateur, son rythme, sa lenteur. Sa contemplation. C&rsquo;est à peine si on s&rsquo;est parlé depuis l&rsquo;arbalète. J&rsquo;ai annoncé que cette journée de repos était aussi l&rsquo;occasion de me réorganiser, m&rsquo;occuper de mon corps, de ma monture et de mon paquetage, alors j&rsquo;ai échafaudé un plan en trois axes à base d&rsquo;étirements des jambes, de nettoyage de la chaîne et de rangements des sacoches. Noël n&rsquo;a plus été très loquace après ça. Je crois qu&rsquo;il regrette d&rsquo;être allé si loin dans ses confessions. Depuis que je suis sur ce vélo les autres me parlent tous de leurs désirs inassouvis. Ils sont beaucoup à se construire un horizon, pas si lointain, qu&rsquo;ils parent d&rsquo;une aura d&rsquo;impossibilité, comme pour pouvoir le garder en réserve, sous le coude, un possible, un recours, une promesse. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 188 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Marcher dans ce genre de petite ville inconnue me rappelle mes escapades avec Renata. Comme on prenait les routes départementales on aimait beaucoup s&rsquo;arrêter dans les communes, investir des lieux que seuls fréquentent leurs habitués. On dépareillait dans le décor, la sensation de nouveauté était mutuelle. Avec Renata on s&rsquo;est beaucoup aimés. On s&rsquo;est détestés aussi, mais moins, raison pour laquelle ça a un peu duré. Elle n&rsquo;était pas d&rsquo;une beauté évidente, de celle qu&rsquo;on identifie en photo, ces beautés figées relatives aux traits, à l&rsquo;harmonie supposée conforme.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 200 :</strong><em>&laquo;&nbsp;En vagabondant je me rends disponible à ce que les choses arrivent. Et là où beaucoup s&rsquo;imaginent que ces choses abondent, beaucoup se trompent. Il n&rsquo;arrive généralement rien. Je roule je roule je roule, les lignes blanches défilent, et les filles me klaxonnent sans s&rsquo;arrêter. Je suis trop occupé pour m&rsquo;échapper du réel. Il est trop dans mon corps pour que je puisse faire semblant de l&rsquo;ignorer. Cette fille, à la terrasse, cette fille ensoleillée, c&rsquo;est parce que mes pieds touchent terre que j&rsquo;en suis curieux. Le sol me ramène au monde, le monde à la vie, la vie à mon corps, et mon corps à mon plus simple appareil.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Vivance, David Lopez, Seuil, 19,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Entre deux langues, trouver sa voix</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/22/entre-deux-langues-trouver-sa-voix/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/22/entre-deux-langues-trouver-sa-voix/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Sep 2022 08:02:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 Une histoire. Insolite et sensible. Une histoire de prénom et d&#8217;identité. Une histoire d&#8217;histoires. Celle  de Polina Panassenko que l&#8217;on devine en filigrane. Née à Moscou, la jeune femme est auteure, traductrice et comédienne. Il y a 7 ans, elle avait publié une enquête. Elle signe avec Tenir sa langue son premier roman. Que nous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TENIR-SA-LANGUE.jpg" rel="lightbox[6079]"><img class="alignleft wp-image-6078 size-medium colorbox-6079" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TENIR-SA-LANGUE-215x300.jpg" alt="TENIR SA LANGUE" width="215" height="300" /></a>Une histoire. Insolite et sensible. Une histoire de prénom et d&rsquo;identité. Une histoire d&rsquo;histoires. Celle  de <strong>Polina Panassenko</strong> que l&rsquo;on devine en filigrane.</p>
<p>Née à Moscou, la jeune femme est auteure, traductrice et comédienne. Il y a 7 ans, elle avait publié une enquête. Elle signe avec <strong><em>Tenir sa langue</em></strong> son premier roman.</p>
<p>Que nous dit la quatrième de couverture ?</p>
<p>&nbsp;&raquo; Ce que je veux moi, c&rsquo;est porter le prénom que j&rsquo;ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. &nbsp;&raquo;</p>
<p>Un peu plus d&rsquo;un an après la disparition de l&rsquo;URSS, <strong>Polina</strong>, sa soeur et ses parents ont rejoint la France. Et Saint-Etienne. Elle devient <strong>Pauline</strong>. Pour mieux s&rsquo;intégrer. Deux prénoms pour deux vies qui se chevauchent, qui se répondent. Jusqu&rsquo;au jour où la jeune femme décide de récupérer son prénom de naissance, au tribunal alors qu&rsquo;elle doit renouveler son passeport. Pas si simple. Elle doit justifier du bien-fondé de sa démarche. Adolescente, elle avait mis au point un &laquo;&nbsp;Code personnel d&rsquo;honneur patriotique&nbsp;&raquo;, pour ne rien perdre de ses racines russes puisque sa mère y tenait tant. En classe de 4e, <strong>Polina</strong> est naturalisée de fait, puisque son père l&rsquo;est au préalable.</p>
<p>Ce premier roman est construit autour d&rsquo;une vie entre deux langues et deux pays. D&rsquo;un côté, la Russie de l&rsquo;enfance, celle de la datcha, de l&rsquo;appartement communautaire où les générations se mélangent, celle des grands-parents inoubliables et de<strong> Tiotia Nina</strong>. De l&rsquo;autre, la France, celle de la <i>materneltchik</i>, des mots qu&rsquo;il faut conquérir et des Minikeums. La maladie de sa mère aussi, les questions restées sans réponse.</p>
<p>Un premier roman drôle et tendre à la fois.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 69 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Dans la salle éblouissante, les choses empirent de jour en jour. A l&rsquo;instant où la sirène retentit, je ferme la bouche jusqu&rsquo;à ce que ma mère arrive. Deux de mes voisins de table ont fini par comprendre qu&rsquo;ils avaient carte blanche. Quoi qu&rsquo;ils fassent, quoi qu&rsquo;ils me fassent, je ne pourrai jamais faire usage de sons à leur encontre. L&rsquo;immense femme-adulte ne me sera d&rsquo;aucun secours. Impunité totale. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;immense femme-adulte informe ma mère de mon mutisme. On me parle encore et encore de la langue qu&rsquo;il me manque. La langue du français. C&rsquo;est pour elle que je dois y aller. Je dois retourner à la </em>materneltchik<em> pour qu&rsquo;elle me pousse. Tu la chanteras comme un oiseau, tu verras. Tchik-tchirik, fait le moineau.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 107-108 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Ma mère aussi veille sur mon russe comme sur le dernier oeuf du coucou migrateur. Ma langue est son nid. Ma bouche, la cavité qui l&rsquo;abrite. Plusieurs fois par semaine, ma mère m&rsquo;amène de nouveaux mots, vérifié l&rsquo;état de ceux qui sont déjà là, s&rsquo;assure qu&rsquo;on n&rsquo;en perd pas en route. Elle surveille l&rsquo;équilibre de la population globale. Le flux migratoire : les entrées et sorties des mots russes et français. Gardienne d&rsquo;un vaste territoire dont le frontières sont en pourparlers Russe. Français. Russe. Français Sentinelle de la langue, elle veille au poste-frontière. Pas de mélange. Elle traque les fugitifs français hébergés dans mon russe.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 122 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je suis la seule de ma famille à avoir perdu l&rsquo;accent russe. La paroi entre le français et le russe est devenue étanche. Plus rien ne filtre au travers. On m&rsquo;a dit C&rsquo;est dingue ça, on n&rsquo;entend rien du tout, non mais c&rsquo;est vrai, c&rsquo;est vrai, pas un pète de quelque chose. L&rsquo;accent c&rsquo;est quelque chose. Rien du tout c&rsquo;est ce qu&rsquo;il m&rsquo;en reste. Ce sont les oreilles des autres qui actent la rupture, s&rsquo;étonnent qu&rsquo;il ne soit plus là. </em>Tu as un français impeccable.<em> Impeccable. Une cuisine bien lavée. Pas de pelures coincées dans le trou de l&rsquo;évier. Pas de taches sur la nappe. Même pas une miette accrochée à l&rsquo;éponge. Mais si mon français est impeccable, le français de ma mère, il est quoi ? Et celui de mon père ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;accent c&rsquo;est ma langue maternelle.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Tenir sa langue, Polina Panassenko, Editions de l&rsquo;Olivier, 18€</em></strong></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>La possibilité (ou pas) du pardon</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/17/la-possibilite-ou-pas-du-pardon/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/17/la-possibilite-ou-pas-du-pardon/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Sep 2022 09:57:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire été 2022 Plonger dans l&#8217;épopée sanglante des militants gauchistes à travers une émission de radio, et imaginer un roman à partir de cela qui résonne avec une histoire personnelle enfouie qui a enfin refait surface&#8230; Tel est, très résumée, l&#8217;histoire du nouveau roman de Monica Sabolo dont j&#8217;avais beaucoup, beaucoup aimé Eden, publié en 2019. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-6089 colorbox-6087" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIE-CLANDESTINE.jpg" alt="VIE CLANDESTINE" width="195" height="285" /><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p>Plonger dans l&rsquo;épopée sanglante des militants gauchistes à travers une émission de radio, et imaginer un roman à partir de cela qui résonne avec une histoire personnelle enfouie qui a enfin refait surface&#8230; Tel est, très résumée, l&rsquo;histoire du nouveau roman de <strong>Monica Sabolo</strong> dont j&rsquo;avais beaucoup, beaucoup aimé <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/11/28/au-coeur-de-la-foret-le-passage-vers-un-ailleurs/"><strong><em>Eden</em></strong></a>, publié en 2019.</p>
<p>Tout commence assez mal dans ce roman à la matière autobiographique. L&rsquo;écrivaine (journaliste jusqu&rsquo;en 2014), dans son appartement qui n&rsquo;en finit pas de prendre l&rsquo;eau, n&rsquo;a pas vraiment le moral ni d&rsquo;histoire à raconter. Et puis elle écoute un podcast de <strong>Philippe Drouelle</strong>, l&rsquo;homme des <em>Affaires sensibles</em> sur France Inter. La vie des membres d&rsquo;Action directe l&rsquo;accompagne. La traverse, la transperce. Et trouve un étonnant écho en elle.</p>
<p>Autour de la fin tragique de <strong>Georges Besse</strong>, un soir d&rsquo;automne 1986 à Paris, <strong>Monica Sabolo</strong> qui signe ici son septième roman, trouve matière à écrire. Et tisse, en parallèle,  une autre histoire : celle de son enfance et de son adolescence cossue puis désargentée entre Italie et Suisse, au coté d&rsquo;un homme qu&rsquo;elle croyait être son père. A l&rsquo;aube de la trentaine elle apprendra que celui dont elle ne savait finalement pas grand-chose n&rsquo;en était rien. Un homme qui a abusé d&rsquo;elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6087"></span></p>
<p>De ces vies en cachette qu&rsquo;elle croise, de cette violence et du secret, elle construit un roman dense et passionnant. Haletant. Sensible et politique à la fois.</p>
<p>On l&rsquo;accompagne volontiers dans son enquête romanesque autour des vies de <strong>Nathalie Ménigon</strong>, <strong>Joëlle Aubron</strong> et leurs camarades de lutte armée. Une manière pour elle d&rsquo;avancer et de pardonner. Un très bon roman, définitivement.</p>
<div id="attachment_6092" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AFFICHE.jpg" rel="lightbox[6087]"><img class="wp-image-6092 size-medium colorbox-6087" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AFFICHE-300x231.jpg" alt="@La République du Centre" width="300" height="231" /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon</p></div>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 163-164 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je déterre et m&rsquo;approprie ce qui, de même que les céramiques sacrées précolombiennes, les bijoux dont sont parés les squelettes, se devait d&rsquo;être enseveli pour toujours et n&rsquo;appartenir à personne, sinon à la terre et à l&rsquo;obscurité. Je redoute la blessure que leur causera ce livre. Je suis une profanatrice. Une fois encore, je mène une double vie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Qui rembourse les dettes que la vie a contractées envers nous ? Qui se charge de nous rendre ce qu&rsquo;elle nous doit, ce que l&rsquo;on a payé, et paye encore ? Avec le temps se dessine la perspective que personne ne s&rsquo;en acquitte jamais. Nul ne parle de cette chose-là. Ni ma mère ni mon frère ne l&rsquo;ont jamais évoquée Chacun essaye de l&rsquo;apprivoiser dans son coin. Mais désormais j&rsquo;ai l&rsquo;impression de me rembourser sur leur dos. Alors qu&rsquo;ils me croient plongée dans le récit d&rsquo;un groupe terroriste des années 80, je confectionne un engin sophistiqué, composé de papier, de nitroglycérine et d&rsquo;une mèche à combustion lente, qui finira par tout faire sauter.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 263 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Après des mois d&rsquo;enquête, j&rsquo;ai toujours très peu d&rsquo;éléments sur Nathalie Ménigon, et pourtant j&rsquo;en sais plus sur elle que sur mon propre père. J&rsquo;ai vécu auprès d&rsquo;Yves S. depuis l&rsquo;âge de trois ans, et l&rsquo;ai connu jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il sorte de mon existence, ou plutôt que je m&rsquo;échappe de la sienne en claquant la portière d&rsquo;une voiture trente ans plus tard, mais de lui j&rsquo;ignore presque tout. J&rsquo;ai en tête qu&rsquo;il est né à Paris, parce que c&rsquo;est inscrit sur mon acte de naissance, celui où il est indiqué qu&rsquo;il m&rsquo;a reconnue le jour où il a épousé ma mère. Je n&rsquo;ai aucune idée de l&rsquo;endroit où il a grandi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 271-272 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je sais désormais que ce qui s&rsquo;annonce n&rsquo;est pas ce que je croyais. Je l&rsquo;ai compris ce matin, en faisant les mêmes gestes que la veille, attrapant mon sac de voyage, dans lequel j&rsquo;ai glissé mon carnet noir, un pull-over, et, ce qui me paraît soudain tout à fait incongru, un panettone pour Nathalie Ménigon. J&rsquo;ai pris un panettone sans y penser, je réalise maintenant que c&rsquo;est la spécialité de Milan, la ville où tout a commencé pour moi, il y a plus de quarante ans. J&rsquo;ai compris ce matin que je n&rsquo;allais pas rencontrer l&rsquo;héroïne de mon roman, enfin pas seulement. Je ne vais pas non plus rencontrer une militante, ni une combattante, ni même l&rsquo;ex-ennemie publique numéro 1, condamnée deux fois à la réclusion à perpétuité, notamment pour les assassinats de l&rsquo;ingénieur général de l&rsquo;armement, René Audran, en 1985, et du P-DG de Renault, en 1986. Non, je vais rencontrer Yves S. Et je vais lui poser les questions que je ne lui ai jamais posées.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La vie clandestine, Monica Sabolo, Gallimard, 21€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
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		<title>L&#8217;identité, sa quête inattendue</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/05/29/lidentite-sa-quete-inattendue/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 May 2022 07:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Haïti]]></category>
		<category><![CDATA[héritage]]></category>
		<category><![CDATA[histoire familiale]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Laure Gouraige]]></category>
		<category><![CDATA[quête]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<category><![CDATA[repères]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Laure Gouraige a publié un premier roman (La fille du père) en 2020, que j&#8217;avais beaucoup aimé. La voici de retour avec Les idées noires avec une idée de départ pas banale. Je vous raconte ? &#171;&#160;Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire&#160;&#187;. Voilà. Autour de cette idée, le roman qui est écrit à la deuxième personne du pluriel (histoire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires.jpg" rel="lightbox[6038]"><img class="alignleft wp-image-6040 size-medium colorbox-6038" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires-204x300.jpg" alt="idees-noires" width="204" height="300" /></a></p>
<p><strong>Laure Gouraige</strong> a publié un premier roman (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/"><em>La fille du père</em></a></strong>) en 2020, que j&rsquo;avais beaucoup aimé. La voici de retour avec <strong><em>Les idées noires</em></strong> avec une idée de départ pas banale. Je vous raconte ? <em>&laquo;&nbsp;Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire&nbsp;&raquo;.</em> Voilà.</p>
<p>Autour de cette idée, le roman qui est écrit à la deuxième personne du pluriel (histoire que le lecteur se sente concerné), nous plonge dans la quête d&rsquo;identité subite d&rsquo;une traductrice de l&rsquo;allemand. Tout commence par un message téléphonique laissé par un journaliste pour une émission de radio. Le message lui demande de témoigner du racisme anti-Noirs dont elle est victime. Notre héroïne est donc noire. Un détail qui lui aurait échappé ? On dirait. Ce message devient une obsession. Littéralement.</p>
<p>Née d&rsquo;un père haïtien et d&rsquo;une mère française ( comme <strong>Laure Gouraige</strong>), notre traductrice remet tout en cause. De ses cheveux à ses plats préférés. Jusqu&rsquo;aux remarques de ses amis. L&rsquo;humour est corrosif, le ton parfois clivant.</p>
<p>Lui suffira-t-il de se rendre en Haïti via les Etats-Unis où vit une partie de sa famille pour avoir des certitudes sur son identité, sur son sentiment d&rsquo;appartenance ou pas ? Pas sûr.</p>
<p>Comme dans son premier roman,<strong> Laure Gouraige</strong> explore la question de l&rsquo;identité. Si dans <strong><em>La fille du père</em></strong>, elle tentait de se défaire de l&rsquo;influence paternelle, elle pose ici la question d&rsquo;un héritage. Inconscient.</p>
<p><strong> Laure Gouraige explique la genèse de son roman ici :</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires.jpg" rel="lightbox[6038]">https://youtu.be/WtCrOMECU1s</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 15 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A vingt-neuf ans vous étiez sérieusement déprimée, l&rsquo;approche de la trentaine ne promettait qu&rsquo;unes perspective morbide. A trente et un an vous avez définitivement renoncé à vous pulvériser hors du bocal. Vous avez été recrutée comme traductrice. Allemand-français, s&rsquo;il vous plaît. Vous avez un chat, il ne cohabite pas avec vous, au mieux, il vous tolère. L&rsquo;amour que vous lui portez, votre habitat en lin, votre crise</em><em>de la trentaine, votre monde prévisible, c&rsquo;était cela votre identité. Aujourd&rsquo;hui ce schéma vous presse mollement le ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64-65 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Le bricolage génétique qui vous a fait naître est un échec. Incapable de piocher dignement en Italie, vous auriez eu le teint plus jovial, les cheveux denses, le sourcil déterminé. Non, vous êtes pourvue des gènes blanc de blanc de votre mère. La cellulite, le cheveu cassant, vaguement gras, la jambe estampée de bleus, de pied plat. Aussi hasardeuse que soit la biologie, votre conception est un fiasco. Ce sont vos cheveux qui gagnent le trophée du ratage. Fins mais bouclés, plats sur le crâne, frisés dans la nuque, raides sur le devant, l&rsquo;ensemble sème la confusion. Petite, le dimanche c&rsquo;était le grand chambardement, votre mère s&rsquo;attaquait au démêlage, vous trimbaliez vos cheveux livres. Les autres jours, pressée par l&rsquo;école, vous les attachiez. Je les hais, vous répétez cela régulièrement que vous détestez vos cheveux. Je les déteste, je les déteste, je les déteste, je donnerais tout pour les changer. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 127 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Vous êtes bien laide ce matin. Il ne reste de votre supposé bronzage qu&rsquo;une pelure repoussante. La crème After Sun a étouffé les cloques, néanmoins vous vous désagrégez. Dur, dur de vous promener à l&rsquo;ombre, Miami vous sollicite au grand jour. Une ville gaie, verdoyante, vous êtes stupéfaite qu&rsquo;elle soit si verte, le seul adjectif à votre disposition. Vous avez ressassé l&rsquo;excursion au commissariat, le schnock paléontologue, le linoléum, les palmiers tout foutus, quand le détail le plus singulier vous a fait tressaillir. Lorsque le schnock vous a tendu son stylo, vous l&rsquo;avez naturellement saisi de la main droite. Ultérieurement, c&rsquo;est avec cette main que vous avez complété les premières lignes de son formulaire à la noix, puis coché la case </em>other<em>, entre deux protestations. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Les idées noires, Laure Gouraige, POL, 17€</em></strong></p>
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