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	<title>Quatrième de couv &#187; accident</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>T.Singer ou la vie surplace&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 08:35:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Un roman venu du Nord, ça vous dit ? Je ne connaissais pas cet auteur norvégien avant de tomber sur &#171;&#160;T.Singer&#160;&#187;, le troisième roman traduit en français du Norvégien Dag Solstad. Ce dernier est considéré comme un romancier très cérébral dont l&#8217;oeuvre a évolué au fil des décennies. Ses héros des années 1990, par exemple, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/T.SINGER.jpg" rel="lightbox[5610]"><img class="alignleft size-full wp-image-5612 colorbox-5610" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/T.SINGER.jpg" alt="T.SINGER" width="250" height="392" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman venu du Nord, ça vous dit ? Je ne connaissais pas cet auteur norvégien avant de tomber sur <strong>&laquo;&nbsp;T.Singer&nbsp;&raquo;</strong>, le troisième roman traduit en français du Norvégien <strong>Dag Solstad</strong>.</p>
<p>Ce dernier est considéré comme un romancier très cérébral dont l&rsquo;oeuvre a évolué au fil des décennies.</p>
<p>Ses héros des années 1990, par exemple, partagent le sentiment que la culture et la société déclinent, et que la marchandisation et l&rsquo;uniformisation prennent le pouvoir, et qu&rsquo;ils se retrouvent en dehors de leur temps. Au lieu d&rsquo;essayer de combattre le déclin, ils se retirent en eux-mêmes et finissent par être des spectateurs de la réalité qui les entoure. En parallèle à cette thématique du retrait, le style narratif devient plus philosophique et se rapproche de l&rsquo;essai.</p>
<p>C&rsquo;est le cas dans <strong>&laquo;&nbsp;T.Singer&nbsp;&raquo;</strong>, publié en 1999.</p>
<p>Auteur d’une trentaine de livres, <strong>Dag Solstad</strong> est le seul auteur norvégien à avoir obtenu trois fois le <strong>prix de la Critique littéraire norvégienne</strong>. Il est également récipiendaire du <strong>prix de Littérature du Conseil nordique</strong> en 1989 pour <i>Roman 1987 </i>et en 2017, pour l’ensemble de son œuvre, du prix nordique de l’Académie suédoise, considéré comme le « petit Nobel ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5610"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ?</p>
<p>A 34 ans, <strong>Singer,</strong> dont on ne saura jamais quel prénom se cache derrière la lettre T, est un auteur sans succès ni inspiration qui obtient son diplôme de bibliothécaire. Il décide de quitter <strong>Oslo</strong> pour s&rsquo;installer en province, à <strong>Notodden</strong>, dans une ville où personne ne le connaît. Là, il tombe amoureux d&rsquo;une céramiste qu&rsquo;il épousera d&rsquo;ailleurs. Ensemble, ils élèveront la fille de <strong>Merete</strong>. Et c&rsquo;est tout ? Non.</p>
<p>Le mariage se délite. Le jour de l&rsquo;accident de voiture dans lequel <strong>Merete</strong> meurt, un nouveau chapitre s&rsquo;ouvre pour <strong>Singer</strong>. Mais lequel ? Veuf à 39 ans, il décide de retourner à Oslo avec <strong>Isabella</strong> qui n&rsquo;a encore que 6 ans. Il l&rsquo;élèvera, embourbé dans la culpabilité. Mais sans jamais cependant nouer une relation profonde avec la petite fille. Sans jamais dire non plus que le couple qu&rsquo;il formait avec sa mère était au bord de la séparation.</p>
<p>Le narrateur, au ton narquois, et aux digressions nombreuses, tente de nous expliquer au plus près la vie pleine d&rsquo;un homme creux. L&rsquo;employé modèle fut un mari parfait, un veuf exemplaire et un beau-père qui s&rsquo;est donné de la peine. Et après ? Qu&rsquo;est-ce qui le remplit ? Qu&rsquo;est-ce qui l&rsquo;habite ? <strong>T.Singer</strong> est détaché de tout. Et de tous. A l&rsquo;exception d&rsquo;un ami de longue date qu&rsquo;il finira pourtant par faire fuir.</p>
<p>Au fil des pages, une langue riche, pleine, sans chapitre ni respiration. Et pas moins de 300 pages pour évoquer un vide et comment un homme est capable, consciemment, de passer à côté de sa vie, tout en ratiocinant. Un tour de force.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Il était, surtout au moment où commence ce récit, en proie à de sérieuses cogitations sur la signification qu&rsquo;avait tout cela pour sa vie. Au moment où commence ce récit, Singer est sur le point d&rsquo;aller s&rsquo;installer dans la petite ville de Notodden pour de bon. Il est âgé de trente-quatre ans et sur le point d&rsquo;intégrer un poste à la bibliothèque de Notodden. Sa jeunesse est terminée, il y a survécu. En tout état de cause, ces images infestées par la honte menacent à présent de déchirer en mille morceaux la mythologie de sa vie. Si elles ont une part de vérité, ce qu&rsquo;elles ont dans la mesure où il est patent qu&rsquo;elles surgissent dans sa conscience avec un tel effet taraudant, alors elles doivent avoir une certaine signification dans sa vie &#8211; force lui est de reconnaître, aujourd&rsquo;hui, à trente-quatre ans, en tant que bibliothécaire diplômé étonnamment tard.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 144 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Sous l&rsquo;influence d&rsquo;un coup de foudre amoureux, Singer a indéniablement changé. On reconnaît à peine en lui l&rsquo;homme qui a été présenté en amont de ce récit. Si on l&rsquo;observe maintenant, il est une personne créée par Merete Saethre, entretenue, soignée par elle. Oui, nous pouvons même affirmer sans commettre d&rsquo;erreur que le Singer qui nous voyons maintenant a été créé à l&rsquo;image de Merete Saethre, mais non sans un certain ravissement émanant de l&rsquo;homme amoureux qu&rsquo;il est. Il est en d&rsquo;autres termes un homme qui aspire à atteindre une figure embellie de lui-même, créée pour lui par la femme qu&rsquo;il aime, une silhouette idéalisée qu&rsquo;il veut remplir tout entier.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 255-356 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle évoluait à travers les pièces de l&rsquo;appartement avec la plus grande évidence, elle grandissait, s&rsquo;allongeait et s&rsquo;étirait vers la vie, vers son avenir de jeune femme, elle grandissait, se redressait  et s&rsquo;étirait vers ça, vers son avenir de jeune femme. Singer le voyait bien. Elle évoluait ici, entourée d&rsquo;un homme étranger, lequel était tout aussi présent ici, qui subvenait en outre à ses besoins. A croire qu&rsquo;elle ne remarquait même pas sa présence. Elle n&rsquo;avait pour ainsi dire rien contre lui, mais il ne signifiait rien pour elle, Singer était forcé de l&rsquo;admettre, maintenant qu&rsquo;Isabella s&rsquo;étirait vers sa féminité. Et il le vivait avec une douleur encore plus grande que lorsqu&rsquo;elle était enfant car, désormais, la situation désignait en permanence nul autre que lui-même : Singer, le bibliothécaire âgé de quarante-six ans, vivant une existence confinée.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;T.Singer&nbsp;&raquo;, de Dag Solstag, Editions Noir sur blanc. Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, 19€. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sous le soleil californien, l&#8217;étau se resserre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/10/sous-le-soleil-californien-letau-se-resserre/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Jun 2019 10:01:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Yves Ravey  a l&#8217;art et la manière de vous raconter une histoire en à peine une centaine de pages ! De la transformer, d&#8217;en faire quelque chose d&#8217;unique. Et de drôle. C&#8217;est encore le cas pour son nouveau roman, le seizième en trente ans pour cet auteur et dramaturge sexagénaire qui, cette fois, nous [&#8230;]]]></description>
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Yves Ravey </strong> a l&rsquo;art et la manière de vous raconter une histoire en à peine une centaine de pages ! De la transformer, d&rsquo;en faire quelque chose d&rsquo;unique. Et de drôle. C&rsquo;est encore le cas pour son nouveau roman, le seizième en trente ans pour cet auteur et dramaturge sexagénaire qui, cette fois, nous emmène loin. Jusqu&rsquo;en Californie.</p>
<p>Vous trouverez plusieurs de ces précédents romans (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/07/13/yves-ravey-et-son-notaire-pas-tres-clair/">&laquo;&nbsp;Un notaire peu ordinaire&nbsp;&raquo;</a></strong>, <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/11/23/comme-un-air-de-polar/">&laquo;&nbsp;Sans état d&rsquo;âme&nbsp;&raquo;</a></strong>, <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/10/cette-si-chere-tatie-vicky/">&laquo;&nbsp;Trois jours sans ma tante&nbsp;&raquo;</a></strong>, chroniqués sur mon blog au fil des années.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle commence mal. Par la mort (accidentelle ?) de <strong>Tippi</strong>, la femme volage et extravertie de <strong>Salvatore Meyer</strong>. A la manière d&rsquo;un épisode de Columbo, tout n&rsquo;est pourtant pas aussi évident que ça en a l&rsquo;air.</p>
<p><strong>Tippi</strong> boit, roule vite, trompe son mari, fait la fête, mais il parait curieux qu&rsquo;elle ait raté ce virage de la route de Santa Clarita. Et l&rsquo;inspecteur <strong>Costa</strong> va exploiter toutes les pistes, traquer tous les détails tandis que <strong>Salvatore</strong> doit faire face à son beau-père, à sa voisine <strong>Gladys</strong>… et à toutes ses contradictions.</p>
<p><span id="more-4674"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong><em>Page 28 : </em></strong><em>« La voiture de Bruce ayant quitté le garage, j’ai opéré une fouille du secrétaire de Tippi, dans sa chambre. J’en ai profité pour introduire mes effets personnels, ainsi que mes affaires de toilette, pour masquer notre séparation, en cas de visite inopportune de la police. Depuis plus de six mais, nous ne dormions plus ensemble, mais ça ne regardait personne. »</em></p>
<p><strong><em>Page 84 : </em></strong><em>« Pour la première fois, je me suis mis à douter des paroles de l’inspecteur. Je lui ai demandé s’il se sentait bien. Et pourquoi je me sentirais mal, monsieur Meyer ? Parce que cette affaire devrait être classée depuis longtemps, et vous le savez. »</em></p>
<p><strong><em>Page 120 : </em></strong><em>[…] Et puis, autre chose : nous pensons que votre femme aurait pu être victime d’une manipulation. C’est bizarre, vous savez, suite à notre dernier entretien, j’étais prêt à abandonner, j’ai même demandé au juge de clore l’instruction. Mais il y a eu comme une étincelle, souvenez-vous, monsieur Meyer, vous avez dit que votre femme tenait beaucoup à ce collier, c’est un cadeau de son père. Alors tout s’est renversé. Maintenant, je pense : nous allons perquisitionner la maison de Bruce Cazale. Mais, ai-je répondu : La maison de Bruce Cazale, c’est aussi la mienne, je vous signale ! »</em></p></blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Pas dupe&nbsp;&raquo;, Yves Ravey, Editions de Minuit, 14,50€ </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Rester vivante !</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/06/rester-vivante/</link>
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		<pubDate>Thu, 06 Dec 2018 08:01:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Un premier roman ? Youpi ! Et celui d&#8217;Adeline Dieudonné, une Belge de 35 ans, est une réussite. Un roman initiatique, acide et drôle. Qui, par moments, vous glace aussi les sangs. Bref, &#171;&#160;La vraie vie&#160;&#187; est une histoire étrange qui vous garde en alerte jusqu&#8217;à la dernière ligne&#8230; Tous les ingrédients du conte y [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-vraie-vie-recadre.jpg" rel="lightbox[4483]"><img class="alignleft wp-image-4484 size-medium colorbox-4483" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-vraie-vie-recadre-200x300.jpg" alt="la-vraie-vie-recadre" width="200" height="300" /></a></p>
<p>Un premier roman ? Youpi ! Et celui d&rsquo;<strong>Adeline Dieudonné,</strong> une Belge de 35 ans, est une réussite. Un roman initiatique, acide et drôle. Qui, par moments, vous glace aussi les sangs.</p>
<p>Bref,<strong> &laquo;&nbsp;La vraie vie&nbsp;&raquo;</strong> est une histoire étrange qui vous garde en alerte jusqu&rsquo;à la dernière ligne&#8230;</p>
<p>Tous les ingrédients du conte y sont, distillés dans un décor de cité pavillonnaire contemporaine sans âme. C&rsquo;est là que la narratrice, que l&rsquo;on suit de l&rsquo;âge de 11 ans à celui de 15 ans, vit entre une mère éteinte, effacée et battue, qu&rsquo;elle compare à une amibe ; un père violent qui bat sa femme, regarde (trop) la télé et boit (trop) de whisky et un petit frère, Gilles de quatre ans son cadet, devenu mutique après avoir assisté à un accident mortel aussi comique que tragique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4483"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors la pré-adolescente va se battre. Remuer ciel et terre pour que son petit frère retrouve le sourire et cesse de martyriser les animaux&#8230; A l&rsquo;ombre de la hyène empaillée, trophée de leur père chasseur, elle va imaginer un plan : remonter le temps. Retrouver le moment d&rsquo;avant le drame. Elle cherche, met un scénario au point ( il ne lui manque qu&rsquo;une nuit d&rsquo;orage), veut être aussi savante que Marie Curie pour y parvenir&#8230;</p>
<p>Au fil des pages, celle dont son père voudrait faire une proie, va se battre. Physiquement résister à cet environnement toxique. Tout en découvrant la sensualité et des sensations que son corps va emmagasiner pour lutter encore plus fort&#8230; La narratrice est une guerrière. Et veut rester vivante.</p>
<p>Un premier roman étonnant, bouillant, électrisant. <strong>Adeline Dieudonné</strong> – auteure de trois nouvelles et d&rsquo;une pièce de théâtre qu&rsquo;elle a d&rsquo;ailleurs également jouée – l&rsquo;a écrit en écoutant très fort de la musique métal. Un signe <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-4483" /></p>
<p>D&rsquo;ailleurs, depuis sa sortie, ce premier roman engrange les distinctions :<strong> prix du Roman Fnac</strong>,<strong> prix Filigranes,</strong> <strong>prix Première Plume</strong>&#8230; et le <strong>Renaudot des lycéens</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un extrait de l&rsquo;émission &laquo;&nbsp;La grande librairie&nbsp;&raquo; dans laquelle Adeline Dieudonné raconte la genèse de son premier roman :</strong></p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/cA3niat_A0k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 45 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je crois que mon père n&rsquo;aimait pas son travail. Il était comptable au parc d&rsquo;attractions qui avait mis le zoo en faillite. &laquo;&nbsp;Les gros mangent les petits&nbsp;&raquo;, il disait. Ça avait l&rsquo;air de lui faire plaisir. &nbsp;&raquo; Les gros mangent les petits.&nbsp;&raquo; Moi,e je trouvais ça incroyable de travailler dans un parc d&rsquo;attractions. Le matin, quand je partais à l&rsquo;école, je me disais : &nbsp;&raquo; Mon père va passer sa journée au parc d&rsquo;attractions.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère ne travaillait pas. Elle s&rsquo;occupait de ses chèvres, de son jardin, de Coco et de nous. Elle s&rsquo;en fichait d&rsquo;avoir de l&rsquo;argent à elle. Tant que sa carte de crédit passait. Ma mère n&rsquo;a jamais semblé gênée par le vide. Ni par l&rsquo;absence d&rsquo;amour.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 113 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aimais la nature et sa parfaite indifférence. Sa façon d&rsquo;appliquer son plan précis de survie et de reproduction, quoi qu&rsquo;il puisse se passer chez moi. Mon père démolissait ma mère et les oiseaux s&rsquo;en foutaient. Je trouvais ça réconfortant. Ils continuaient de gazouiller les arbres grinçaient, le vent chantait dans les feuilles du châtaignier. Je n&rsquo;étais rien pour eux. Juste une spectatrice. Et cette pièce se jouait en permanence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 127 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Moi, je voulais avancer. J&rsquo;avais treize ans et on me parlait encore de la composition de la cellule. Et je n&rsquo;aimais pas non plus mon prof parce qu&rsquo;il était mou. Il avait démissionné de tout. Son odeur était le premier signe de son laisser-aller, mais tout le reste suivait. D&rsquo;ailleurs, tout le monde à l&rsquo;école était mou. Les profs, les élèves. Les uns étaient bêtement vieux et les autres allaient vite le devenir. Un peu d&rsquo;acné, quelques rapports sexuels, les études, les gosses, le boulot et hop ! Ils seront vieux et ils n&rsquo;auront servi à rien. Moi, je voulais être Marie Curie. Je n&rsquo;avais pas de temps à perdre.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;La vraie vie&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Adeline Dieudonné, L&rsquo;Iconoclaste, 17€</em></strong></p>
<p style="text-align: left">
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		<title>Face à face hypnotique sous la neige</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/06/25/face-a-face-hypnotique-sous-la-neige/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jun 2018 07:13:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Voilà encore un roman devant lequel j&#8217;aurais pu passer sans le voir. Grave erreur ! Heureusement, mes deux libraires préférées ( à Tours et à Quimperlé, en Bretagne) m&#8217; ont, chacune à leur tour, vanté les talents de Christian Guay-Poliquin, qui signe avec &#171;&#160;Le poids de la neige&#160;&#187;, son deuxième roman, largement primé de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà encore un roman devant lequel j&rsquo;aurais pu passer sans le voir. Grave erreur ! Heureusement, mes deux libraires préférées ( à Tours et à Quimperlé, en Bretagne) m&rsquo; ont, chacune à leur tour, vanté les talents de <strong>Christian Guay-Poliquin</strong>, qui signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Le poids de la neige&nbsp;&raquo;</strong>, son deuxième roman, largement primé de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique ( dont le prix France-Québec).</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-le-poids-de-la-neige.jpg" rel="lightbox[4264]"><img class="alignleft size-full wp-image-4267 colorbox-4264" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-le-poids-de-la-neige.jpg" alt="zoom-le-poids-de-la-neige" width="380" height="542" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>Dans son premier roman déjà, une panne d&rsquo;électricité faisait partie du décor, de l&rsquo;histoire. On la retrouve ici, en plein hiver, dans une petite bourgade déjà isolée qui, pendant les longs mois de l&rsquo;hiver canadien, va se retrouver totalement coupée du monde.</p>
<p>De quoi exacerber les tensions, de faire naître aussi des solidarités, parfois de façade seulement.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est simple. Et tragique. Un homme, qui a quitté le village depuis dix ans, visiblement en mauvais termes avec son père, revient. Il sait que ce dernier est en train de mourir. Il reviendra trop tard cependant et est victime d&rsquo;un accident, grave. Les jambes écrasées, il ne peut être évacué ni réellement pris en charge à cause de la neige, de la panne d&rsquo;électricité.</p>
<p>C&rsquo;est <strong>Matthias</strong>, lui aussi échoué là depuis déjà plusieurs semaines, qui va devoir prendre en charge le blessé. Il le soigne, le nourrit et pourra ainsi espérer regagner la ville et sa femme qui l&rsquo;attend ( c&rsquo;est en tout cas ce qu&rsquo;il dit) dès le premier convoi organisé, au printemps. A l&rsquo;écart du village, les deux hommes vont devoir cohabiter.  C&rsquo;est l&rsquo;homme blessé qui raconte.  Il n&rsquo;a pas encore recouvré l&rsquo;usage de la parole ni celui de ses jambes. <strong>Matthias,</strong> sexagénaire ou septuagénaire, veille sur lui. Il y a aussi des visites, celles de <strong>Maria</strong> la vétérinaire, de <strong>José,</strong> de <strong>Joseph</strong>, d&rsquo;autres encore qui voient dans le jeune homme secouru, mécanicien de métier, l&rsquo;occasion de pouvoir enfin fuir&#8230;</p>
<p>D&rsquo;une cohabitation non choisie qui n&rsquo;est pas simple va naître une complicité laborieuse. Mais il y a la neige, le silence, le temps qui passe et cet hiver qui n&rsquo;en finit pas. Il y a les rancoeurs, les petites trahisons, les larcins et ce quotidien colmaté qui les tue à petit feu&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4264"></span></p>
<p>Dans une ambiance devenue menaçante, le fascinant décor devient mortifère au fil des pages. La tension narrative est palpable. Chaque geste est pensé, pesé. Tout compte. Un roman fascinant. Vraiment.</p>
<p><strong>Ici, une vidéo dans laquelle l&rsquo;auteur explique son intention d&rsquo;écriture : </strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/9ioqJv7yXvg?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 18 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je connais pourtant ce décor par coeur. Je l&rsquo;observe depuis longtemps. Je ne me souviens plus vraiment de l&rsquo;été, à cause de la fièvre et des médicaments, mais j&rsquo;ai vu le lent mouvement du paysage, le ciel gris de l&rsquo;automne, la lumière rougeoyante des arbres. J&rsquo;ai vu les fougères se faire mâcher par le givre, les hautes herbes casser à la moindre brise, les premiers flocons se poser sur le gel gelé. J&rsquo;ai vu les traces laissées par les bêtes qui inspectaient les alentours après la première neige. Depuis, le ciel n&rsquo;en finit plus d&rsquo;ensevelir le décor. L&rsquo;attente domine le paysage. Et tout a été remis au printemps. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 52 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Avant la neige, tu ne voulais rien avaler et voilà que tu manges comme un goinfre. Comme un porc. Souvent, j&rsquo;ai eu peur que la fièvre t&rsquo;emporte. Mais tu t&rsquo;en es sorti à chaque fois. Tu es mon obstacle, mon contretemps. Et mon billet de retour. Tu as beau rester de glace, je sais que tu t&rsquo;accroches désespérément à mes phrases. Tu supportes peut-être bien la douleur, mais tu crains la suite. Alors je te raconte des choses. N&rsquo;importe quoi. Quelques éclats de souvenirs, de fantômes, de mensonges. Chaque fois ton visage s&rsquo;éclaircit. Pas beaucoup, mais un peu. Le soir, je te parle aussi de mes lectures. Longuement parfois, jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;aube chasse la nuit. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Tu devrais peut-être t&rsquo;étendre sur le divan, lui dis-je doucement. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ses yeux s&rsquo;ouvrent alors comme les tisons d&rsquo;une forge sous les coups d&rsquo;un soufflet. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est toi qui me dis quoi faire maintenant ? C&rsquo;est toi qui me maternes ? C&rsquo;est toi qui décides désormais, qui commandes ? Tu boites peut-être, mais tes plaies se sont bien refermées. Tu n&rsquo;as plus besoin de moi, c&rsquo;est ça ? Ma présence t&rsquo;encombre, te dérange, et tu cherches à me le faire comprendre. Tu vas mieux, certes, mais qu&rsquo;est-ce que tu comptes faire maintenant ? Tu as quelque part où aller ? Tu veux rester ici ? La neige s&rsquo;accumule, la nourriture manque et les gens désertent le village. Je ne peux pas croire que je suis encore ici, vocifère-t-il entre ses dents, je ne sais même plus comment tout cela est arrivé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ses pupilles convergent dans ma direction</em>, comme un viseur qui me garde en joue.</p>
<p style="text-align: left">C&rsquo;est de la faute, tout est de la faute !&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p><em> </em></p>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Le poids de la neige&nbsp;&raquo;, Christian Guay-Poliquin, Les éditions de l&rsquo;Observatoire, 19 €.</strong></em></p>
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		<title>Dans les tiroirs secrets de l&#8217;amour</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/12/24/dans-les-tiroirs-secrets-de-lamour/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/12/24/dans-les-tiroirs-secrets-de-lamour/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 24 Dec 2017 09:43:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire   Une rentrée littéraire est aussi l&#8217;occasion de découvrir de nouveaux auteurs, pas forcément les auteurs de premiers romans, non, des auteurs qui ont déjà publié et qui, par la grâce d&#8217;une maison d&#8217;édition inspirée, sortent du lot et laissent alors découvrir leurs univers, déjà construit. C&#8217;est le cas avec Etienne Deslaumes, que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #33cccc">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIOLENCES-OK.jpg" rel="lightbox[4099]"><img class="alignleft  wp-image-4100 colorbox-4099" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIOLENCES-OK.jpg" alt="VIOLENCES OK" width="246" height="317" /></a>  Une rentrée littéraire est aussi l&rsquo;occasion de découvrir de nouveaux auteurs, pas forcément les auteurs de premiers romans, non, des auteurs qui ont déjà publié et qui, par la grâce d&rsquo;une maison d&rsquo;édition inspirée, sortent du lot et laissent alors découvrir leurs univers, déjà construit.</p>
<p>C&rsquo;est le cas avec <strong>Etienne Deslaumes</strong>, que je ne connaissais pas jusqu&rsquo;à présent.</p>
<p>Il signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner&nbsp;&raquo;</strong>, son troisième roman après <strong>&laquo;&nbsp;Emilien et le souci de définition&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Journal ambigu d&rsquo;un cadre supérieur&nbsp;&raquo;</strong>, qui lui avait valu un succès critique.</p>
<p>Après avoir longtemps travaillé comme cadre sup dans un groupe d&rsquo;assurance, <strong>Etienne Deslaumes</strong>, quinquagénaire, est formateur et enseignant en droit immobilier.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner&nbsp;&raquo;</strong> est un roman choral. Chapitre après chapitre, ce sont deux générations de personnages qui prennent la parole à tour de rôle.</p>
<p>Mais tout commence par un enterrement, celui d&rsquo;<strong>Armande</strong>. La jolie quinqua est morte après avoir été renversée par une voiture. Accident ? Suicide ? Tous se posent la question. <strong>Armande</strong>, sa vie durant, s&rsquo;est laissée porter. Pour tout. Elle a épousé <strong>Christophe,</strong> un cadre prometteur et déjà riche. A élevé deux filles. Puis s&rsquo;est vengée. De l&rsquo;infidélité de son mari <strong>Christophe</strong> d&rsquo;abord puis de sa frustration et de l&rsquo;ennui de sa vie.</p>
<p>Elle raconte. Comme <strong>Christophe</strong> dont elle a fini par divorcer. Comme <strong>Patrici</strong>a et <strong>Emilien</strong>, un couple d&rsquo;amis tellement proches, mais pourtant si secrets. Comme les enfants de ceux-ci, <strong>Margaux</strong> et <strong>Aubin.</strong></p>
<p>Au fil des monologues, d&rsquo;autres histoires se dessinent. Ambigües. D&rsquo;autres explications se font jour. Pas toujours belles.</p>
<p>Entre petits arrangements avec la morale et lâchetés ordinaires, <strong>Etienne Deslaumes</strong> nous parlent d&rsquo;eux. Et de nous.</p>
<p>Unité de lieu et de temps donc pour ce roman à tiroirs autour de l&rsquo;amour et des questions qu&rsquo;il pose quand il est là. Ou pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Découvrez ici une interview d&rsquo;Etienne Deslaumes</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/DnsqdrUFILg?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 37 (Armande)  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il est devenu le bras armé de ma paresse. : puisque je me mariais avec un homme qui avait une bonne situation dans une banque, qui parlait déjà, à vingt-cinq ans, de monter sa boîte, je n&rsquo;avais plus besoin de finir mes études ni de travailler. Ouf! Le raisonnement (ce n&rsquo;était pas vraiment un raisonnement, c&rsquo;était à demi-conscient, à ce moment-là) était un peu osé, parce qu&rsquo;un peu démodé. Mais bon, personne n&rsquo;y a trouvé à redire ; pas même mes parents, plutôt flattés que leur fille connaisse une fin bourgeoise. Lorsque mon bonheur escompté avec Christophe m&rsquo;a été arraché, ce qui fut aussi très vite fait, j&rsquo;ai détesté mon mari parce qu&rsquo;il me rendait malheureuse. Ensuite, il était un pis-aller : l&rsquo;instrument de mon confort. Bref, ce qui me guidait, dans mon rapport à lui, dans le bon comme dans le mauvais, c&rsquo;était toujours moi, re-moi et encore moi. Ce que lui pouvait ressentir ? Bof&#8230; je n&rsquo;y pensais que très rarement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 109-110 (Patricia) :</strong><em>&laquo;&nbsp;Si j&rsquo;ai pris du champ avec Emilien, ce n&rsquo;est peut-être pas parce qu&rsquo;il m&rsquo;a déçue, en ne faisant pas pour moi ce qu&rsquo;Armande a fait : comprendre mes points faibles, en tenir compte, composer avec, me donner des outils pour les combattre sans me brusquer. Je me suis éloignée de lui, de tous mes semblables, sauf d&rsquo;Armande précisément, car elle était la seule à avoir compris que je ne redeviendrais jamais comme avant et que, pour qu&rsquo;une partie de moi continue à vivre et, peut-être, je dis bien “peut-être”, à être heureuse, il fallait admettre qu&rsquo;une autre partie était morte&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 131 (Christophe) :</strong><em>&laquo;&nbsp;A bien y réfléchir, si j&rsquo;ai autant renoncé c&rsquo;est par lâcheté, par peur de souffrir. Lorsque j&rsquo;ai vu Emilien en larmes, à plus de quarante ans, parce qu&rsquo;on l&rsquo;avait plaqué, je me souviens m&rsquo;être senti satisfait de ne plus pouvoir me trouver dans ce genre de situation. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je me suis gouré. On ne vit pas mieux en se mettant sous cloche. On vit moins bien, au contraire. On vit moins bien parce qu&rsquo;on vit moins.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner&nbsp;&raquo;, Etienne Deslaumes, Buchet Chastel, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Tout foutre en l&#8217;air&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/11/16/tout-foutre-en-lair/</link>
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		<pubDate>Thu, 16 Nov 2017 08:46:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Paul-Bernard Moracchini]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Un premier roman, ça faisait longtemps, non ? Je sais, c&#8217;est un peu ma marotte ! Cette fois, je vous entraine dans l&#8217;univers imaginé par Paul-Bernard Moracchini, un trentenaire qui se partage entre Nice, La Corse et bientôt Paris, nous explique sa maison d&#8217;édition, Buchet Chastel. Après un parcours scientifique bien rempli, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ffff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-fuite.jpg" rel="lightbox[4081]"><img class="alignleft size-full wp-image-4083 colorbox-4081" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-fuite.jpg" alt="la fuite" width="250" height="414" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un premier roman, ça faisait longtemps, non ? Je sais, c&rsquo;est un peu ma marotte ! Cette fois, je vous entraine dans l&rsquo;univers imaginé par<strong> Paul-Bernard Moracchini</strong>, un trentenaire qui se partage entre Nice, La Corse et bientôt Paris, nous explique sa maison d&rsquo;édition, <strong>Buchet Chastel</strong>.</p>
<p>Après un parcours scientifique bien rempli, ce dernier a choisi de se consacrer uniquement à l&rsquo;écriture et la composition. Musicien professionnel (guitariste, chanteur et harmoniciste) au sein de plusieurs formations, <strong>Paul-Bernard Moracchini</strong> n&rsquo;a jamais cessé d&rsquo;écrire depuis qu&rsquo;en 2015, il a été été lauréat du Prix Jeune écrivain.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;La fuite&nbsp;&raquo;</strong> est donc son premier roman. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un homme et d&rsquo;une fuite. Devenu prisonnier d&rsquo;une société, d&rsquo;un mode de vie qu&rsquo;il a fini par mépriser, un homme, jeune, s&rsquo;en va. Comme ça. Quitte la ville, sa vie pour s&rsquo;enfoncer dans la forêt. Sans que l&rsquo;on sache précisément où. Seul un chien, <strong>Lione</strong>, l&rsquo;accompagnera dans sa quête d&rsquo;autre chose.</p>
<p>Un roman ramassé, qui laisse entendre une petite musique un peu désespérée. Une errance onirique, parfois poétique, mais avec, toujours, un fusil à la main.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;ancien petit garçon qui avait grandi à la campagne avant de devoir rejoindre la ville pour raisons de santé, retourne alors à son animalité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 29 :</strong><em>&laquo;&nbsp;On la croirait remontée des profondeurs abyssales, puis abandonnée au soleil d&rsquo;une terrasse d&rsquo;été. Le jabot de murène craquelle sur toute sa surface. Mon regard le parcourt de bas en haut pour se figer sur une bouche fripée comme un derrière de chien et peinturlurée d&rsquo;une rouge sang de boeuf. Comme je la regarde avec insistance, la triste vamp s&rsquo;esclaffe. Spectacle d&rsquo;épouvante. Elle me ramène soudain à tout ce que je voudrais laisser derrière moi. Son masque pittoresque des campagnes a pu me tromper un moment, mais elle est en réalité aussi insupportable que les hommes de la ville, que les hommes du train ou ceux de la gare. Plus je fuis et plus j&rsquo;ai besoin de fuir plus loin encore. Mon seuil de tolérance envers mes semblables est au plus bas. Il ne s&rsquo;agit plus de quitter le quotidien morne d&rsquo;un carcan social, c&rsquo;est au-delà&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 67 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Plusieurs semaines passèrent. La peau tannée du sanglier était posée sur ma couche et, après chaque repas, je m&rsquo;étendais sur le lit tandis que mes orteils se perdaient entre les soies et les poils longs de la hure. Alors j&rsquo; m&rsquo;égarais à la fantaisie d&rsquo;une sieste. C&rsquo;était devenu une habitude, un caprice modeste, mais confortable. D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;avais à présent tout le confort nécessaire, ou peut-être avais-je sans le savoir revu à la baisse ma notion du confort.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 121 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La rencontre avec Camille devait être aussi fade et superficielle qu&rsquo;une de nos présentations PowerPoint puisque je ne m&rsquo;en souviens que de manière très vague. Suite à une romance à distance de quelques mois, ma femme obtint sa mutation pour venir s&rsquo;installer dans ma toute nouvelle acquisition : un petit pavillon de banlieue. la maison était accompagnée d&rsquo;un crédit dont le nombre d&rsquo;années dépassait celui de mes anniversaires, ainsi que d&rsquo;un chien dont la race ne soupçonnait même pas la notion de chasse. Mais je portais le masque aveuglément et avais alors la conviction profonde que tout cela me plaisait et même me correspondait.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;La fuite&nbsp;&raquo;, Paul-Bernard Moracchini, Buchet Chastel, 14€.</em></strong></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>François, serial lover impérissable&#8230; ou presque</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/11/06/francois-serial-lover-imperissable-ou-presque/</link>
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		<pubDate>Mon, 06 Nov 2017 08:44:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire On continue notre balade à travers les romans de la rentrée littéraire. Ma petite sélection du jour est bourrée d&#8217;humour et de folie. La vraie. François Szabowski signe avec &#171;&#160;L&#8217;amour est une maladie ordinaire&#160;&#187; chez Le Tripode, un roman bizarroïde mais très attachant ( avec une couverture sur laquelle posent quatre fois le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ccff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-MALADIE.jpg" rel="lightbox[4062]"><img class="alignleft wp-image-4063 size-medium colorbox-4062" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-MALADIE-225x300.jpg" alt="AMOUR MALADIE" width="225" height="300" /></a></p>
<p>On continue notre balade à travers les romans de la rentrée littéraire. Ma petite sélection du jour est bourrée d&rsquo;humour et de folie. La vraie.</p>
<p><strong>François Szabowski</strong> signe avec <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour est une maladie ordinaire&nbsp;&raquo;</strong> chez <strong>Le Tripode</strong>, un roman bizarroïde mais très attachant ( avec une couverture sur laquelle posent quatre fois le même type en slip kangourou, ça aide !)</p>
<p>Dans une interview à son éditeur, <strong>François Szabowski</strong> explique s&rsquo;être inspiré de l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme, sans cesse déçue de ses histoires d&rsquo;amour après quelques temps pour écrire ce roman.</p>
<p>Seuls les moments passés avec un ex-compagnon décédé dans un accident, trouvaient encore grâce à ses yeux. Elle n&rsquo;avait pas eu le temps de voir ses défauts, de moins l&rsquo;aimer.<em> &nbsp;&raquo; Son amour pour lui était immortel, justement parce qu&rsquo;il était mort.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Une trame dont l&rsquo;auteur s&rsquo;est inspirée pour imaginer son personnage, prénommé d&rsquo;ailleurs comme lui. Pas un hasard.<em> &nbsp;&raquo; Je pars toujours de moi, de ce que je vis&nbsp;&raquo;,</em> explique-t-il encore. Et de poursuivre :<em> &laquo;&nbsp;Ce livre est le résultat, et la trace, de mon état émotionnel et de mes préoccupations à un moment donné de ma vie. Mais ni ma vie ni ma personne ne sont intéressantes : je ne raconte donc jamais ce qui m&rsquo;est vraiment arrivé. Le François de ce roman, c&rsquo;est donc moi sans être du tout moi. François est l&rsquo;amalgame de pensées ou réflexions que j&rsquo;ai pu avoir, et de certaines personnes effectivement que j&rsquo;ai côtoyées intimement, qui s&rsquo;enfermaient dans le déni, dans l&rsquo;aveuglement, dans une forme – certes présentable, tout à fait fonctionnelle – de profonde folie&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p><span id="more-4062"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est donc celle de <strong>François</strong>. Ecrivain et pigiste à Paris. Mais surtout amoureux. Il aime <strong>Marie</strong>. Qui l&rsquo;aime en retour. Mais justement, avant que leur histoire ne s&rsquo;essouffle, avant que l&rsquo;amour soit moins fort, il décide de disparaître. Et d&rsquo;organiser sa mort. Rien que ça.</p>
<p><strong>Didier,</strong> qui n&rsquo;est pas son demi-frère ( mais qui n&rsquo;a de toute façon aucun souvenir de ce qui lui est arrivé) l&rsquo;aide à mettre sur pied son exfiltration. Il sera donc écrasé par le métro. Cette fois. Un exercice qu&rsquo;ils reproduiront deux fois encore ( <strong>Roxane,</strong> <strong>Anna</strong>).</p>
<p>Pour le meilleur et pour le pire&#8230; car <strong>François</strong> qui veut tant disparaître pour préserver l&rsquo;amour dans les yeux de sa dulcinée malgré sa disparition physique, disparaît littéralement peu à peu&#8230;</p>
<p>Au fil des pages et de ses histoires d&rsquo;amour, il élabore des stratagèmes toujours plus élaborés.</p>
<p>Un roman drôle, très contemporain, rythmé et bien mené.</p>
<p><strong>François Szabowski</strong> est un écrivain né en 1977. Il a notamment publié aux éditions Les Forges de Vulcain : <strong>&laquo;&nbsp;Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent &laquo;&nbsp;</strong> ; <strong>&laquo;&nbsp;Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du coeur &laquo;&nbsp;</strong>;<strong> &laquo;&nbsp;Les majorettes, elles, savent parler d’amour &laquo;&nbsp;; &laquo;&nbsp;Il faut croire en ses chances ; La famille est une peine de prison à perpétuité et autres proverbes&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left">Page 8 : &laquo;&nbsp;Je me suis effondré sur l&rsquo;oreiller, effaré. J&rsquo;étais enfin parfaitement heureux. C&rsquo;était horrible. L&rsquo;homme est en effet une machine merveilleuse, capable de passer une existence entière les pieds dans la crotte un sourire béat aux lèvres. Il peut vivre partout. Dans des taudis. Dans des déserts. à Beauvais. Tant qu&rsquo;il a l&rsquo;impression que le monde où il vit est le seul qui existe. Mais dès qu&rsquo;on lui fait goûter autre chose, il ne peut plus revenir en arrière. J&rsquo;ai alors réalisé que nous ne pourrions pas aller plus loin. Que nous étions arrivés au sommet. Qu&rsquo;inexorablement, notre amour ne pouvait plus désormais que décliner. Et que je ne le supporterais pas.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 38 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai reposé les jumelles sur le guéridon. Mon visage ruisselait de larmes. Je suis tombé à genoux, et je me suis mis à sangloter de joie, en voyant défiler devant mes yeux ce qu&rsquo;allait être la vie de Marie après ma disparition. Ce manque poignant qu&rsquo;elle allait ressentir au quotidien pendant les premiers mois, ponctué d&rsquo;atroces moments de détresse, quand elle repasserait par les lieux, les cafés, bancs, squares et rues où nous avions vécus ; dans cette ville qui, sans moi, ne ressemblerait plus qu&rsquo;à un décor en carton-pâte. Cette effroyable sensation de vide qui allait trouer sa vie. L&rsquo;incurable mélancolie qui allait peu à peu la remplacer. Ce regard vague, qu&rsquo;elle aurait en soirée au milieu des rires de ses amis. Et même, après quelques années, cette tristesse soudaine qui lui sauterait encore à la gorge, en pleine joie, et l&rsquo;obligerait à aller s&rsquo;isoler sur le balcon pour fumer une cigarette. Des garçons viendront la rejoindre, et chercheront à profiter de cette solitude pour essayer de l&rsquo;entreprendre. Et elle les enverra paître, sèchement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 121 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me suis arrêté un peu plus loin sur la rue Saint-Martin. Je suis resté planté sur le trottoir, vers le croisement avec la rue aux ours, et j&rsquo;ai contemplé cette vie incessante autour de moi, tout ce monde dont je ne faisais plus partie. Pour tous ces gens, ici, à Paris, et aussi sans doute les milliards d&rsquo;autres être humains qui peuplaient la Terre, je n&rsquo;existais pas. Ils ne me voyaient pas. A part si je les touchais, apparemment. Même si le processus avait dû être progressif, j&rsquo;ai eu une impression étrange en pensant que cela faisait plusieurs semaines que les gens ne me voyaient pas, que pour eux je n&rsquo;existais pas, et que je ne m&rsquo;en étais pas rendu compte. Je n&rsquo;avais pas vu la différence. Tout ça m&rsquo;avait paru normal, à quelques bizarreries près. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour est une maladie ordinaire&nbsp;&raquo;, François Szabowski, Le Tripode, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Comme une errance radioactive&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/09/22/comme-une-errance-radioactive/</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Sep 2017 07:24:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Et voici la rentrée littéraire ! Un moment à part. Dans les starting-blocks et les piles des librairies, des romans ( et surtout leurs éditeurs) visent les prix littéraires. Il ne faut pas se rater, plaire aux critiques, au public ( accessoirement ?). Pour vous aider à trouver de jolies pépites dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ccff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OTSWALD.jpg" rel="lightbox[4045]"><img class="alignleft size-full wp-image-4046 colorbox-4045" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OTSWALD.jpg" alt="OTSWALD" width="409" height="599" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et voici la rentrée littéraire ! Un moment à part. Dans les starting-blocks et les piles des librairies, des romans ( et surtout leurs éditeurs) visent les prix littéraires. Il ne faut pas se rater, plaire aux critiques, au public ( accessoirement ?).</p>
<p>Pour vous aider à trouver de jolies pépites dans cette avalanche de romans, français et étrangers, vous découvrirez, au fil des semaines, quelques-unes de ces nouveautés.</p>
<p><strong>Quelques chiffres pour commencer :</strong></p>
<p>&#8211; cette rentrée littéraire voit arriver <strong>581 romans et recueils de nouvelles</strong> de la mi-août à la fin du mois d&rsquo;octobre ( contre 560 en 2016).</p>
<p>&#8211; <strong>Côté français</strong> : 390 titres ( +6% par rapport à l&rsquo;an passé). Parmi eux, des premiers romans bien sûr : 81 contre 66 en 2016. De quoi faire de jolies découvertes !</p>
<p>-<strong> Côté étranger</strong> : 191 livres ( on en comptait cinq de plus en 2016).</p>
<div class="text-inner">  A noter que ce cru littéraire se veut particulièrement ancré dans le réel. Les questions sociétales s&rsquo;étalent au fil des pages. Et <strong><a title="Un article pour mieux appréhender cette manière de développer un sujet" href="https://www.actualitte.com/article/monde-edition/de-la-fiction-a-la-biographie-l-exofiction-un-genre-qui-brouille-les-pistes/66392">l&rsquo;exofiction</a></strong> nourrit toujours les auteurs.</div>
<p>Pour commencer cette revue (subjective et non-exhaustive), un premier roman. Oui, je sais, j&rsquo;ai toujours une bonne raison pour vous présenter un nouvel auteur, un nouvel univers. Celui de <strong>Thomas Flahaut</strong> nous est pour le moins contemporain. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Ostwald&nbsp;&raquo;</strong> il nous plonge dans une catastrophe de type Tchernobyl, dans l&rsquo;Est de France après un accident nucléaire à la centrale de <strong>Fessenheim.</strong></p>
<div class="copy-paste-block">
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FESSENHEIM.jpg" rel="lightbox[4045]"><img class="alignleft size-full wp-image-4051 colorbox-4045" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FESSENHEIM.jpg" alt="FESSENHEIM" width="960" height="638" /></a><strong>Fessenheim</strong> ? Rappelez-vous&#8230; Il s&rsquo;agit de la plus ancienne centrale nucléaire en exploitation en France. Depuis ce mois de juillet, elle est totalement à l&rsquo;arrêt.  Précisons que l’ensemble de <strong>Fessenheim</strong> doit fermer au moment de la mise en service du <strong>réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville</strong> (Manche), prévue en 2019, une perspective confirmée par le nouveau gouvernement français mais contestée par des élus régionaux et les syndicats d’EDF, comme nous l&rsquo;explique un article paru dans <em>Le Monde</em>, le 24 juillet (avec AFP).</p>
<p>Et l&rsquo;article de préciser :<em> &laquo;&nbsp;En 2016, la centrale de Fessenheim a produit 8,4 milliards de kWh, soit « environ 65 % de la consommation d’électricité alsacienne », selon des données fournies par EDF. Cet aspect est régulièrement mis en avant par les défenseurs de la centrale, qui mettent en garde contre une situation de pénurie énergétique en cas de fermeture définitive.</em></p>
<p><em>A l’inverse, les militants antinucléaires – vent debout depuis des décennies contre une centrale qu’ils considèrent comme vétuste et dangereuse – s’appuient sur les fréquents arrêts des réacteurs pour affirmer qu’une fermeture ne mettrait pas en danger l’approvisionnement énergétique de l’Est, ou de la France en général.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Dans ce premier roman , un accident intervient dans la centrale nucléaire de Fessenheim après un tremblement de terre.</strong> Pas de catastrophe. Du moins au départ. On se veut rassurant. Mais il y a cette noria de bus et de camions, ses villages et villes vidées, ses camps qui se remplissent finalement. <strong>Noël</strong> (le narrateur) et son frère <strong>Félix</strong>, enfants, jeunes adultes d&rsquo;un couple divorcé qui a connu le chômage et le déclassement ( la famille était alors installée à <strong>Belfort</strong>, la mère y est restée, le père, lui, s&rsquo;est installé à <strong>Ostwald</strong>), flottent entre les deux villes. L&rsquo;un est étudiant, l&rsquo;autre devrait commencer à travailler.</p>
<p>Ils comprennent que l&rsquo;heure est grave quand ils se retrouvent dans un de ces camps de réfugiés, improvisé dans la forêt. Mais ce qui s&rsquo;y passe choquent et dépassent les deux frères qui vont fuir, découvrir un monde au bord du chaos. Deux frères qui aiment d&rsquo;ailleurs la même jeune fille, <strong>Marie</strong>, qui continue de jouer avec leurs coeurs. <strong>&laquo;&nbsp;Ostwald&nbsp;&raquo;</strong> raconte cette errance dans un Grand Est imaginaire, si proche pourtant. Une écriture sèche, une originalité brillante.</p>
</div>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #ff0000">Premier roman</span></strong></p>
<p>Né en 1991, <strong>Thomas Flahaut</strong> a étudié le théâtre à Strasbourg, il rejoint ensuite la Suisse pour suivre un cursus en écriture littéraire. Diplômé de la Haute école des arts de Berne, il vit et travaille à Lausanne, où il a cofondé le collectif littéraire franco-suisse Hétérotrophes.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 63 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Des cercles colorés se déploient comme des ondes autour de la centrale, à travers les forêts noires recouvrant les ballons vosgiens, les champs et les zones urbaines, plus claires. Un journaliste décode la signification des couleurs. Rouge : déjà évacué. Orange : à Paris, on y réfléchit. Jaune, couleur qui recouvre le territoire de Belfort : il n&rsquo;y a théoriquement rien à craindre. La prise régulière de pastilles d&rsquo;iode est tout de même nécessaire. La télévision et le monde bégaient. Et nous, nous les écoutons, nous les regardons bégayer. Tout le pays doit être comme nous. Les yeux vides, la bouche ouverte et les idées engourdies, figé dans l&rsquo;atmosphère de peur diffuse d&rsquo;avant les grandes paniques. Fixant silencieusement les lumières de la télévision qui colorent le brouillard des événements. Regardant, anxieux, si l&rsquo;endroit où l&rsquo;ont vit est plongé dans le rouge, l&rsquo;orange ou le jaune et soupirant, soulagé, si on se trouve assez loin du rouge. Après le jaune, c&rsquo;est le vert des forêts. S&rsquo;il y a un danger là, il est invisible, et c&rsquo;est au moins une consolation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 135 :</strong><em> &laquo;&nbsp;L&rsquo;homme soupire. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ils ont foutu le feu parce qu&rsquo;ils voulaient partir, les soldats, et nous laisser là. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Une moue misérable tire les coins de sa bouche jusqu&rsquo;à la racine de son double menton. Les communes de Lingolsheim et d&rsquo;Ostwald sont voisines. La carte que j&rsquo;ai reconstituée à partir des rares informations distillées par le transistor de David ne disait rien de l&rsquo;ampleur de ce qui était en train de se passer. Depuis la centrale de Fessenheim, c&rsquo;est tout le pays qui se vide.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 151 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Attendre le matin, le ciel pâle, l&rsquo;heure de rentrer dans les pas des collégiens qui se rendent en cours, et traîner sa nausée de salles blanches et tristes en salles blanches et tristes. Tout ce qui s&rsquo;est passé les a fait disparaître, ces habitudes. Et je ne sais plus qu&rsquo;une chose, il y a Félix et moi, sans rien à nous dire, un silence imposé et hanté par une dernière chimère. La famille n&rsquo;existe plus vraiment, mais nous avançons ensemble. Nous traversons Strasbourg. Le ronronnement de la Golf accompagne notre errance. Le vent froisse et blanc et le bleu du drapeau grec, dans cette avenue des Vosges que nous empruntons encore dans une nouvelle révolution. Je me répète des mots et des histoires perdus dans la nuit.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Ostwald&nbsp;&raquo;, Thomas Flahaut, Les Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Survivre à la terrible déflagration&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/03/survivre-a-la-terrible-deflagration/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2016 08:16:01 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Olivier Adam est de retour ! Deux ans après &#171;&#160;Peine perdue&#160;&#187; dont vous trouverez ma critique ici et quatre ans après &#171;&#160;Les lisières&#160;&#187;, formidable roman sur les classes moyennes grâce auquel j&#8217;avais découvert cet auteur quadragénaire désormais installé du côté de Saint-Malo ( à découvrir là ), il revient dans les piles de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span> </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENVERSE-OK.jpg" rel="lightbox[3444]"><img class="alignleft size-full wp-image-3447 colorbox-3444" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENVERSE-OK.jpg" alt="RENVERSE OK" width="193" height="300" /></a></p>
<p><strong>Olivier Adam</strong> est de retour ! Deux ans après <strong>&laquo;&nbsp;Peine perdue</strong>&nbsp;&raquo; dont vous trouverez ma critique <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/">ici </a></strong>et quatre ans après <strong>&laquo;&nbsp;Les lisières&nbsp;&raquo;</strong>, formidable roman sur les classes moyennes grâce auquel j&rsquo;avais découvert cet auteur quadragénaire désormais installé du côté de Saint-Malo ( à découvrir <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/">là</a> </strong>), il revient dans les piles de romans de la rentrée littéraire de l&rsquo;hiver avec <strong>&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>La renverse ? C&rsquo;est cette période, de durée variable, séparant deux phases de marées (montante ou descendante) durant laquelle le courant devient nul. La renverse, cette situation d&rsquo;étal, c&rsquo;est ce que vivra Antoine des années durant. Pour oublier. Pour ne plus penser.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous plonge dans la rubrique faits divers de notre histoire contemporaine française. Au fil des pages, on reconnait, en filigrane, plusieurs élus, parfois de haut rang, qui se sont illustrés dans des affaires sordides. Dans le désordre, <strong>Georges Tron</strong>, <strong>Dominique Strauss-Kahn</strong>, <strong>Patrick Balkany</strong> ou encore <strong>Jérôme Cahuzac. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3444"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Antoine</strong>, le narrateur. On le trouve en Bretagne, employé dans une librairie. Là, il vit une histoire avec <strong>Chloé.</strong> Une histoire dans laquelle il ne s&rsquo;investit pas. Et plus il y a l&rsquo;annonce. Celle de la mort de <strong>Jean-François Laborde</strong>. Ministre éphémère, il a été, des mandats durant, le sénateur-maire de la ville dans laquelle<strong> Antoine</strong> a grandi, en région parisienne. Il vient de mourir dans un accident de voiture. D&rsquo;un coup, une énorme vague submerge le jeune adulte. Et pour cause.</p>
<div id="attachment_3449" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM3.jpg" rel="lightbox[3444]"><img class="wp-image-3449 size-full colorbox-3444" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM3.jpg" alt="OLIVIER ADAM" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Olivier Adam</p></div>
<p>Dix ans plus tôt, l&rsquo;homme était éclaboussé par un scandale politico-sexuel. Sordide. Antoine s&rsquo;en souvient. Sa mère, <strong>Cécile Brunet</strong>, était la maîtresse de <strong>Laborde</strong>. Sa complice aussi, diront les victimes. L&rsquo;enquête conclut finalement à un non-lieu. Mais à quel prix ? Deux familles détruites, des gamins livrés à eux-mêmes et une rumeur qui n&rsquo;en finit pas d&rsquo;enfler.</p>
<p>Alors <strong>Antoine,</strong> le lycéen inspiré, fuit. Son frère, ses parents, sa ville, sa vie. Finit par s&rsquo;en aller avec <strong>Laetitia</strong>, la fille de <strong>Laborde</strong>. Sans chercher à comprendre. Sans vouloir savoir vraiment ce qui est faux, ce qui est vrai.</p>
<p>Par flash-backs, il raconte les affres du pouvoir et la déflagration provoquée par le fait divers : le calvaire des enfants, l&rsquo;impossibilité pour les victimes, des petites gens, à pouvoir être entendues, le traumatisme toujours vivace même dix ans après. A-t-il été à la hauteur ? A-t-il réagi comme il aurait fallu ou s&rsquo;est-il dérobé ? Sa mémoire, elle, reste sélective&#8230;</p>
<p><strong>J&rsquo;ai retrouvé avec plaisir le style d&rsquo;Olivier Adam sur un sujet effectivement jamais abordé, celui des victimes collatérales à tout scandale. L&rsquo;occasion aussi de plonger dans les descriptions toujours justes de l&rsquo;auteur, des abords, des lisières de nos décors contemporains. Un bon moment de lecture.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 37 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Ecrivant cela j mesure d&rsquo;ailleurs combine déjà, avant même la renverse, nous nous parlions pue, en dehors des aspects pratiques de la vie que nous menions côte à côte. Je mesure combine sous ses abords banals nous formions une famille singulière, désertée par la joie, plombée par l&rsquo;esprit de sérieux, glacée par une tristesse diffuse, indéfinissable, figés dans une réserve et une pudeur maladives, qui interdisaient toute étreinte, toute confidence, toute tendresse manifeste, toute intimité réelle. De toute façon, tout allait de soi à mes yeux. Comme tout va toujours de soi pour les enfants. Le lieux dans lesquels ils vivent. Le couple que forment leurs parents. Rien ne leur paraît vraiment étrange ni déplacé , ni simplement questionnable. Evidemment aujourd&rsquo;hui, je ne peut m&rsquo;empêcher de penser que quelque chose clochait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 124-125 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;affaire elle-même était loin, tout le monde avait été blanchi, Laborde avait été réélu et ma mère virée de ses listes, on disait partout qu&rsquo;il l&rsquo;avait répudiée, que sa femme l&rsquo;avait exigé et je savais que c&rsquo;était vrai. Tout cela était enterré mais Camille en avait conscience, nous n&rsquo;en aurions jamais vraiment terminé. Le suel moyen d&rsquo;en finir était de couper le lien, nous l&rsquo;avions fait et de devions sous aucun prétexte revenir en arrière. Nos parents étaient des dingues, notre mère avait du sang sur les mains. Notre mère était une folle détraquée et narcissique, qui ne faisait même pas pitié. Son cynisme et son égocentrisme maladifs interdisaient qu&rsquo;elle puisse nous en inspirer une once. Camille savait cela aussi bien que moi, j&rsquo;ignorais comment mais il en savait autant, quand je croyais lui apprendre quelque chose que je tenais de Laetitia, il le savait déjà. Il disait : mais toi, t&rsquo;étais jamais là. Avant mon départ pour Bordeaux t&rsquo;étais jamais là. Toujours fourré chez Nicolas, enfermé dans ta chambre. Tu évitais les dîners, les soirées, mais moi&#8230; Moi, j&rsquo;ai tout pris de face. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 189 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le suicide de Celia B. ne changea rien. Une fois le non-lieu prononcé, pour ce que j&rsquo;en sais, à M. tout reprit son cours tranquille. A quelques détails près. Laborde n&rsquo;était plus ministre délégué et la configuration politique était sur le point de basculer. Personne au gouvernement ne songea à le réintégrer. Il allait devoir patienter avant de regagner sa place, ça prendrait des années, et il n&rsquo;en semblait plus si loin quand l&rsquo;accident qui avait provoqué sa mort s&rsquo;était produit. Il avait certes perdu son siège de sénateur dans l&rsquo;histoire, mais les prochaines élections qui s&rsquo;annonçaient se profilaient avantageusement le concernant : la nouvelle majorité avait déçu et une alternance s&rsquo;annonçait, dont il serait l&rsquo;un des bénéficiaires. En attendant, un peu moins d&rsquo;un an après la clôture de l&rsquo;instruction, il fut réélu triomphalement à la mairie de M., à la tête d&rsquo;une liste où ne figurait pas ma mère.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;, Olivier Adam, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
</blockquote>
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		<title>Jacques Lusseyran, un destin éclairé</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Feb 2015 10:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Et la lumière fut"]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
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		<category><![CDATA[Jacques Lusseyran]]></category>
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		<description><![CDATA[Un homme. Un destin. Et, des années après, un écrivain pour raconter ce que trop de gens n&#8217;ont pas vouloir voir et entendre. L&#8217;homme, c&#8217;est Jacques Lusseyran. Son destin ? Celui d&#8217;un enfant qui, devenu accidentellement aveugle à 8 ans, sera un grand résistant, déporté à Buchenwald puis professeur apprécié aux Etats-Unis, son handicap lui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VOYANT.jpg" rel="lightbox[2929]"><img class="alignleft size-full wp-image-2932 colorbox-2929" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VOYANT.jpg" alt="VOYANT" width="195" height="290" /></a>Un homme. Un destin. Et, des années après, un écrivain pour raconter ce que trop de gens n&rsquo;ont pas vouloir voir et entendre. L&rsquo;homme, c&rsquo;est <strong>Jacques Lusseyran</strong>. Son destin ? Celui d&rsquo;un enfant qui, devenu accidentellement aveugle à 8 ans, sera un grand résistant, déporté à Buchenwald puis professeur apprécié aux Etats-Unis, son handicap lui interdisait d&rsquo;enseigner en France jusqu&rsquo;à la fin des années 50.</p>
<p>L&rsquo;écrivain ? C&rsquo;est<strong> Jérôme Garcin</strong>. Le &laquo;&nbsp;patron&nbsp;&raquo; du <strong>Masque et la Plume</strong> ( chaque dimanche à 20h sur France Inter), journaliste au <strong>Nouvel Obs</strong> est aussi <em>&laquo;&nbsp;un passeur&nbsp;&raquo;</em> comme il me l&rsquo;a expliqué ce jeudi, lors d&rsquo;une interview. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Le voyant&nbsp;&raquo;</strong>, il signe la biographie d&rsquo;un homme&#8230; extraordinaire.</p>
<p>Un homme que l&rsquo;Histoire a oublié. Trop brillant, trop différent. <strong>Jérôme Garcin</strong> s&rsquo;est employé, après avoir eu accès aux archives personnelles de <strong>Jacques Lusseyran</strong>, a remettre cet homme dans la lumière. Pour longtemps. Déjà des producteurs se disputent les droits pour le cinéma et enfin, une plaque honorifique va être posée à Paris, où l&rsquo;homme a grandi et s&rsquo;est battu avec ses armes à lui, avant d&rsquo;être arrêté par la Gestapo.</p>
<p><span id="more-2929"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_0719.jpg" rel="lightbox[2929]"><img class="alignleft wp-image-2937 size-medium colorbox-2929" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_0719-300x225.jpg" alt="IMG_0719" width="300" height="225" /></a> Jérôme Garcin</strong> nous emmène avec lui dans la vie de <strong>Jacques Lusseyran</strong>, de la naissance à la mort, dans un accident de voiture sur une petite route de France empruntée au hasard d&rsquo;un séjour de vacances. Il a 47 ans et une légende naît. Du moins de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique où l&rsquo;homme a, depuis des années déjà, acquis le statut de héros, <strong>&laquo;&nbsp;the Blind Hero of the French Resistance&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Un portrait qui n&rsquo;occulte pas la part d&rsquo;ombre d&rsquo;un homme que la vie de famille n&rsquo;aura pas rendu très heureux. L&rsquo;auteur ne cachera pas, non plus, l&rsquo;admiration de <strong>Lusseyran</strong> pour un gourou, Bonnet dit Georges Saint-Bonnet.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pas d&rsquo;hagiographie donc mais un portrait tout en nuances pour mieux cerner cet homme habité par une force et une foi en l&rsquo;homme épatantes.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Jacques Lusseyran a su réagir et inverser le cours des tragédies. Un type pareil, je ne pensais pas le rencontrer un jour &laquo;&nbsp;, m&rsquo;expliquait encore Jérôme Garcin. </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 : </strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Car il rendait grâce au ciel qui, en le privant de l&rsquo;essentiel, lui avait fait approcher une vérité plus essentielle encore. Il l&rsquo;exposait ainsi :  “La découverte fondamentale, je l&rsquo;ai faite dix jours à peine après l&rsquo;accident qui m&rsquo;avait rendu aveugle. Elle me laisse encore ébloui. Je ne peux l&rsquo;exprimer qu&rsquo;en termes très directs et très forts : j&rsquo;avais perdu mes deux yeux, je ne voyais plus la lumière du monde, et la lumière était toujours là. Imaginez ce que cette surprise a pu être pour un petit garçon de moins de huit ans. C&rsquo;est vrai, la lumière, je ne la voyais plus hors de moi, sur les choses, mélangée aux choses et jouant avec elles ; et tout le monde autour de moi était convaincu que je l&rsquo;avais à jamais perdue. Mais je la retrouvais ailleurs. Je la retrouvais au-dedans de moi et, ô merveille !, elle était intacte.”&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 84 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Il ne voyait plus depuis ses huit ans, mais c&rsquo;est à Fresnes qu&rsquo;il est vraiment devenu aveugle. Même son puissant regard intérieur ne pouvait pas traverser l&rsquo;épaisse muraille d&rsquo;une geôle. Soudain, il n&rsquo;y avait plus de lumière au fond de lui. Et bientôt, dans un camp de concentration, il verrait ce que son regard sans vie lui avait jusqu&rsquo;alors épargné : le repoussant spectacle de la laideur des hommes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 94 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“Je ne vais pas vous montrer Buchenwald”, écrit le prisonnier sans yeux, laissant ainsi accroire qu&rsquo;il aurait, s&rsquo;il l&rsquo;avait voulu, la faculté de représenter la géhenne où il fut plongé. Mais, après avoir bien réfléchi, il a fait un choix qui n&rsquo;est pas sans évoquer une version tragique du mot fameux de Bartleby : “I would prefer not to&#8230;”</em></p>
<p style="text-align: left"><em>En somme, il doit à son infirmité un supplément de dignité. Ne pas voir oblige. On n&rsquo;a jamais mieux touché du doigt l&rsquo;horreur concentrationnaire qu&rsquo;à travers le regard mort d&rsquo;un vivant d&rsquo;à peine vingt ans.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;avais déjà beaucoup aimé son précédent livre, le roman &laquo;&nbsp;Bleus Horizons&nbsp;&raquo; dont vous pouvez trouver trace<strong><a style="color: #0000ff" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/04/02/bleus-horizons-ou-la-lutte-contre-loubli/"> ici</a></strong>. Je connaissais donc l&rsquo;art de raconter des histoires de Jérôme Garcin, tout en finesse et sensibilité. J&rsquo;ai dévoré &laquo;&nbsp;Le voyant&nbsp;&raquo; en un petit après-midi, fascinée par le destin de Jacques Lusseyran, sous le charme du style de Garcin. A découvrir absolument !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le voyant&nbsp;&raquo;, Jérôme Garcin, Gallimard, 17,50€.</strong></em></p>
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