« Silence dans les rangs et vacarme sur la route »

Le bruit de l’agglo de Tours s’est fait entendre jusqu’en banlieue de Strasbourg. Un Wissembourgeois prénommé Antoine, qui anime Pumpernickel, un blog satirique sur l’actualité alsacienne, a en effet consacré un très long billet à l’enquête sur le bruit dans l’agglomération tourangelle, publiée dans La Nouvelle République, le 4 février. (Lire la page 1 de ce dossier NR, puis la page 2).

Il n’est pas gentil avec nous, son billet. Pas gentil du tout. Un poil méchant, même, comme vous pourrez le constater en cliquant ici.  

Pourquoi ça ? Nous avons longuement discuté au téléphone avec Antoine, et tout s’est éclairé. Sa maman habite à Tours, au bord de l’A10. 

Et elle en bave, sa maman, faut le croire. Elle vit dans un immeuble où elle a emménagé il y a 45 ans, avant la construction de l’autoroute. Antoine nous en veut car il estime que le témoignage que nous avons publié dans l’enquête, celui de Renée et de Raymonde (qui se plaignent surtout des trains), minimise les nuisances provoquées par le trafic sur l’A10. (Pensez-vous, lecteur, que la situation décrite par ces riveraines de l’A10 soit idyllique ?)

L'autoroute A10, péage de Monnaie en Indre-et-Loire

En moyenne, 35.000 véhicules passent chaque jour au péage de Monnaie sur l'autoroute A 10. (Photo archives NR, Jean-François Bignon)

Au fond, ce sont les propos de Gérard Garrido, vice-président de Tour(s)plus chargé du développement durable, qui mettent Antoine Michon très en colère. Il n’est pas d’accord avec l’élu tourangeau, Antoine, pas du tout :

« Gérard Garrido utilise une langue de bois caractérisée. On dirait le Politburo qui nous raconte les statistiques de production de ciment en Allemagne de l’Est », déclare le blogeur alsacien.

Selon lui, donc, cette carte stratégique du bruit de l’agglo de Tours – réalisée rappelons-le par le cabinet Sol Data, à partir de modélisations moyennes du bruit réparties sur 24 heures -, cette carte donc, « n’est qu’un plan à la gomme », qui revient à dire : »Silence dans les rangs et vacarme sur les routes. » 

D’autre part, Antoine estime que les murs antibruit d’1,5m installés par Cofiroute, c’est de la rigolade, comparés aux « vrais murs » installés le long des deux fois cinq voies de l’autoroute qui relie Amsterdam à Utrecht (La mie d’Antoine est née aux Pays-Bas).

Diagnostic, vous avez dit diagnostic ?

La carte du bruit de l’agglo n’est qu’un diagnostic, a expliqué dans la NR Gérard Garrido. Le vice-président de Tour(s)plus a annoncé également qu’un plan d’actions, dit plan de prévention du bruit, allait être mis au point dans un délai d’un an. Cela inspire à Antoine ce parallèle percutant :

« J’ai un cancer. Le diagnostic est posé. Que penseriez-vous d’un médecin qui vous dirait : Vous êtes diagnostiqué, mais ne comptez pas sur nous pour qu’on vous soigne. » Enfin, pas tout de suite. »

Dernier point : Oui, affirme Antoine, une telle autoroute urbaine (l’A10 traversant l’agglo de Tours) est une aberration. Même si désormais la vitesse y est limitée à 90 km/h pour les voitures et à 80 km/h pour les camions. 

Pour mieux connaître Antoine : il a 57 ans, il a milité chez les écologistes, « mais ça m’ennuyait », dit-il en reprenant la chanson de Boris Vian. Trop réalistes, les Verts, alors qu’Antoine, lui, est un « fondiste ». Un radical. Antoine a donc quitté les Verts il y a 20 ans et désormais, il fréquente l’extrême-gauche.



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2 comments


  1. Pigiste bénévole et occasionnel sur le blog de Pumpernickel, je ne peux que m’inquiéter de l’apparente indifférence manifestée par le « septième vice-président » chargé du développement durable vis à vis d’un citoyen qui n’a d’autre défaut que de se mêler de ce qui le regarde, ainsi que sa mère très âgée contrainte de respirer un air pollué, tout en entendant en permanence le vacarme des engins motorisés – Dieu merci, elle est un peu sourde.

    Il est bien dommage que des élus, peu avares de conseils et de leçons à toute occasion, se comportent avec une morgue dont on craint qu’ils n’aient pas vraiment les moyens ou le talent. C’est encore plus triste quand il s’agit de gens labellisés de gauche (socialiste, en cette occurrence) qui ne manquent jamais de se draper dans des principes qui, ici, les dépassent.

    Sur le fond, je dois bien avouer que je n’ai aucun espoir de voir s’améliorer une situation qui dure depuis des lustres, et ce ne sont ni les études, cartes et rapports divers de cabinets tous aussi spécialisés les uns que les autres, ni les déclarations prononcées la main sur le cœur et le regard fixé sur le ligne bleue des Vosges qui me feront croire à la volonté de changement ou d’action de ceux qui ont, depuis longtemps, baissé pavillon devant les forces qu’ils dénoncent.

    RH

  2. Christophe Gendry

    Toujours sur ce même sujet, les élus verts du conseil municipal, David Chollet et François Lafourcade, nous ont adressé le communiqué suivant :
    _____________________________________
    Pollution de l’air à Tours : pour des solution globales.

    Suite aux articles parus dans la Nouvelle République du 14 février, les élus Verts de Tours souhaitent rappeler leur attachement à la mise en œuvre de solutions d’ensemble à la pollution de l’air à Tours par le dioxyde d’azote.

    En effet, les archives des campagnes de mesures disponibles sur le site Lig’air montrent que c’est sur le long terme que les normes du règlement européen sur le dioxyde d’azote ne sont pas respectées à Tours. Plutôt que de relancer une agitation autour de projets ad hoc qui ne font que déplacer les nuisances, dont le projet de contournement autoroutier de Tours est un exemple emblématique, il faut :

    1 réduire les besoins en déplacements motorisés par un meilleur aménagement du territoire permettant de recourir davantage aux modes actifs et non polluants de circulation (marche à pied, vélo) et réaménager les voiries et les liaisons interquartiers dans ce sens. C’est un des enjeux du Scot de l’agglomération de Tours qui doit être adopté en 2013.

    2 réduire le recours à l’automobile au sein des modes de déplacement au profit des transports publics. Les travaux de la première ligne de tramway, qui sont sans doute une des sources de l’aggravation de la pollution en 2011, sont aussi un des éléments de réponse à cette pollution. Cette première ligne n’est certes pas suffisante, et le prochain PDU devra proposer une deuxième ligne de tramway avec un réseau de bus rénové et performant, associé à des perspectives de développement de l’étoile ferroviaire pour des liaisons suburbaines plus efficaces et plus fréquentes. Il devra aussi fixer des objectifs de réduction de circulation de poids lourd à destination de Tours Centre.

    3 accompagner l’amélioration de la performance du parc automobile, dont le renouvellement par du matériel à la motorisation hybride ou électrique permettra de réduire les émissions de polluants. Les collectivités locales et les professionnels ont sur ce point un devoir d’exemplarité.