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	<title>Quatrième de couv &#187; police</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Sous la dalle, la colère gronde&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Aug 2022 08:15:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 Cette rentrée littéraire serait-elle celle de la sobriété ? Toute relative, cependant. En effet, le rendez-vous des auteurs et des maisons d&#8217;édition (en quête des prix de l&#8217;automne) est, pour la première fois depuis 20 ans, sous la barre des 500 romans publiés, 490 plus exactement (345 titres français et 145 étrangers). Une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DEUX-SECONDES.jpg" rel="lightbox[6067]"><img class="alignleft size-full wp-image-6072 colorbox-6067" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DEUX-SECONDES.jpg" alt="DEUX SECONDES" width="195" height="285" /></a>Cette rentrée littéraire serait-elle celle de la sobriété ? Toute relative, cependant. En effet, le rendez-vous des auteurs et des maisons d&rsquo;édition (en quête des prix de l&rsquo;automne) est, <strong>pour la première fois depuis 20 ans, sous la barre des 500 romans publiés, 490 plus exactement (345 titres français et 145 étrangers). Une baisse de 6% par rapport à l&rsquo;année dernière.</strong> Deux raisons sont avancées : la hausse du prix du papier et les incertitudes liées au rapprochement entre Editis et Hachette.</p>
<p><strong>Le nombre de premiers romans, lu, est en hausse</strong>. Vous savez, depuis plus de 10 ans que ce blog existe, à quel point je les aime ceux-là, premiers jets d&rsquo;auteurs (es) en devenir qui nous parlent d&rsquo;eux, de nous, des autres.</p>
<p><em><strong>Deux secondes d&rsquo;air qui brûle</strong></em> ne fait pas exception. <strong>Diaty Diallo</strong>, l&rsquo;auteure, a grandi entre les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, où elle vit toujours. Depuis l&rsquo;adolescence, elle pratique différentes formes d&rsquo;écriture (blog, fanzines, chansons, et désormais son premier roman).</p>
<p>Un roman court, dense, incandescent. L&rsquo;histoire, c&rsquo;est celle d&rsquo;une bande de potes. Il y a<strong> Astor</strong> (le narrateur, jeune adulte féru de botanique), mais aussi <strong>Chérif</strong>, <strong>Issa</strong>, <strong>Demba</strong>, <strong>Nil</strong> et les autres. Leur terrain de jeu ? La dalle en bas de chez eux. Mais aussi le parking, la friche, les toits et le quartier tout entier qu&rsquo;ils habitent, dans la banlieue de Paname. Au milieu du décor, une pyramide qui, sans &laquo;&nbsp;divulgâcher&nbsp;&raquo; la fin, fait partie des personnages.</p>
<p>Un quartier où chacun est dans son rôle. Et où le quotidien n&rsquo;est plus rose ni plus noir qu&rsquo;ailleurs. Entre les béton et les odeurs du parking, la vie s&rsquo;organise.</p>
<p>Un soir d&rsquo;été cependant, le 16 juillet, en marge d&rsquo;une énième interpellation, l&rsquo;un des amis d&rsquo;<strong>Astor</strong>, l&rsquo;un des frères de <strong>Chérif</strong>, se fait tuer par des policiers. Alors les jeunes s&rsquo;organisent, ensemble. Un soulèvement se prépare. Méthodique. Inattendu.</p>
<p>Un roman où la langue et le rythme claquent. Les rêves, eux, n&rsquo;ont plus assez de place. Reste la réalité. Froide. Et un peu d&rsquo;amour dans les yeux d&rsquo;<strong>Aïssa</strong>.</p>
<p><span id="more-6067"></span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left">Pour découvrir les premières pages :</p>
<p style="text-align: left"><a href="https://fr.calameo.com/read/005979625fcc1f517f4d1?authid=orLmn213UMp4">https://fr.calameo.com/read/005979625fcc1f517f4d1?authid=orLmn213UMp4</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est l&rsquo;odeur de la part qu&rsquo;on nous laisse. Des mètres de trottoir, quelques bancs, des triangles d&rsquo;herbe, des bouts de bois morts qu&rsquo;on transforme en braise pour cuire la viande. Le moindre coffre de voiture est possible sound system. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>On est débrouillards. On est joyeux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais nos réjouissances n&rsquo;en sont pas pour tout le monde. Il y en a qui ne nous voient que comme les rejetons braillards d&rsquo;ascendants qui avaient au moins la délicatesse de la fermer. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on fait ça, parler fort, mais on est quand même loin de passer toutes nos nuits à beugler sous des fenêtres. On a juste besoin d&rsquo;agitation, un peu. Attiser des feux, se raconter des trucs pour passer les jours qui rallongent et même ceux qui raccourcissent en fait et puis danser parfois.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pas grand-chose en somme. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 32 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Chérif et Issa répondent aux premières questions, pacifiques. J&rsquo;ai réussi mes partiels, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on fête, dit Chérif, on fait juste barbecue tranquille, on sait que c&rsquo;est pas autorisé mais on a essayé de pas être dangereux, de déranger personne, vous voyez bien  même on éteint le son si vous voulez. Il pourrait dire ce qu&rsquo;il veut, ce soir-là ce n&rsquo;est pas tout à fait pareil. Plus encore que d&rsquo;ordinaire, le processus semble avoir été écrit  à l&rsquo;avance, à l&rsquo;image d&rsquo;un scénario. Ses rôles assignés, d&rsquo;adjuvants, d&rsquo;antogonistes ; son élément perturbateur aussi et probablement quelques péripéties ; mais avec une fin en queue de poisson. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 122 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Sans aucune annonce, les réverbères et la pyramide s&rsquo;éteignent et plongent la place dans la pénombre. Seules les guirlandes continuent de clignoter. Les conversations se sont évanouies. L&rsquo;espace d&rsquo;un instant, en fermant les yeux, la place semble avoir été désertée par la foule. Mais, plongées dans une semi-obscurité, les mines sont simplement concentrées, dirigées vers l&rsquo;enfièvrement qui se profile. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il y a quelque chose à calmer ce soir. Ensemble. Quelque chose de dure qu&rsquo;il faut soulager à défaut de guérir. Ensemble.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Deux secondes d&rsquo;air qui brûle, Diaty Diallo, Seuil., 17,50€.</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Parce que céder, ce n&#8217;est pas consentir&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/29/parce-que-ceder-ce-nest-pas-consentir/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/29/parce-que-ceder-ce-nest-pas-consentir/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2022 07:22:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Tanguy Viel]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Tanguy Viel fait partie des auteurs chéris sur ce blog. C&#8217;est dit ! Des années que je suis le travail littéraire de celui qui est ami avec Laurent Mauvignier, mon auteur fétiche pour la vie Donc Tanguy Viel est de retour. Et après Article 353 du code pénal que vous pouvez retrouver ici et La disparition de Jim Sullivan, disponible là, voici La fille [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-VIEL1.jpg" rel="lightbox[5846]"><img class="alignleft size-full wp-image-5847 colorbox-5846" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-VIEL1.jpg" alt="TANGUY VIEL" width="178" height="245" /></a></strong></p>
<p><strong>Tanguy Viel</strong> fait partie des auteurs chéris sur ce blog. C&rsquo;est dit ! Des années que je suis le travail littéraire de celui qui est ami avec <strong>Laurent Mauvignier</strong>, mon auteur fétiche pour la vie <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5846" /></p>
<p>Donc Tanguy Viel est de retour. Et après <strong><em>Article 353 du code pénal</em></strong> que vous pouvez retrouver <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/02/28/martial-kermeur-meurtrier-desabuse/">ici</a></strong> et <em><strong>La disparition de Jim Sullivan,</strong></em> disponible <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/05/22/le-roman-americain-bidouille-par-tanguy-viel/">là</a></strong>, voici <em><strong>La fille qu&rsquo;on appelle</strong></em>.</p>
<p>La fille qu&rsquo;on appelle, c&rsquo;est <strong>Laura</strong>. Une (très) jolie jeune fille de 20 ans. Une fille un peu perdue. Une fille qui après avoir vécu à Rennes, avoir été mannequin et posé dévêtue, revient chez son père. Là, au bord de la mer. A Saint-Malo devine-t-on.</p>
<p>Son père, <strong>Max Le Corre</strong>, est une figure locale. Boxeur, en pleine préparation d&rsquo;un nouveau et dernier match, il est depuis des années le chauffeur du maire de la ville, <strong>Quentin Le Bars</strong>. Un drôle de type. Hâbleur, dragueur, manipulateur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5846"></span></p>
<p><strong>Laura</strong> cherche un appartement, un travail. Se présenter chez le maire sur les conseils de son père, elle n&rsquo;y voit aucune malice. On la retrouve pourtant au début de ce roman devant deux policiers, pour porter plainte. Oui, <strong>Quentin Le Bars</strong> a abusé d&rsquo;elle, de sa naïveté, de sa jeunesse. Installant sur la jeune fille une emprise qu&rsquo;elle ne brisera pas. Consentante ? Elle le réfute. Elle n&rsquo;avait pas le choix. Elle, la fille qu&rsquo;on appelle (call-girl) n&rsquo;avait pas la force. Son père ne s&rsquo;est pas remis de son dernier combat. Alors elle quémande une aide auprès du maire, elle n&rsquo;obtient rien. Reste enfermée dans une manipulation qu&rsquo;elle ne peut défaire. Céder, ce n&rsquo;est pas consentir&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est au casino que tout commence. L&rsquo;endroit est tenu par <strong>Franck Bellec</strong> et sa soeur, <strong>Hélène</strong>. Le premier mange dans la main du maire quand ce n&rsquo;est pas l&rsquo;inverse, tenus qu&rsquo;ils sont par une vassalité de bon aloi. La seconde a fait tourner la tête et le coeur de <strong>Max</strong>, qui a quitté sa femme, <strong>Marielle</strong>. Une histoire qui ne durera pas cependant. C&rsquo;est pourtant elle qui fera éclater la vérité, une fois <strong>Quentin Le Bars</strong> devenu ministre.</p>
<p>Comme dans nombre de ses romans, <strong>Tanguy Viel</strong> raconte l&rsquo;agencement malheureux dans lequel tombent des hommes et des femmes souvent notables, comme dans une souricière.</p>
<p>Un piège donc. Pour <strong>Laura</strong>, pour <strong>Quentin Le Bars</strong> devenu ministre. Pour <strong>Max Le Corre</strong> devenu apathique et désabusé.</p>
<p>Un roman rondement mené, autour de la province des notables, de la notion d&rsquo;emprise et de manipulation.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 49 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et Franck n&rsquo;a pas eu besoin d&rsquo;entendre ce qui se disait déjà entièrement et violemment dans la seule locution &laquo;&nbsp;par ailleurs&nbsp;&raquo; à cause de la manière dont Le Bars s&rsquo;était arrêté de lui-même en pleine phrase. Alors Franck silencieux avait déjà compris, déjà interprété le &nbsp;&raquo; par ailleurs&nbsp;&raquo;, non comme une carte maîtresse que l&rsquo;autre s&rsquo;apprêtait à abattre sur la table mais le simple rappel que leurs deux destins étaient assez liés pour qu&rsquo;il ne puisse se désolidariser comme ça, à savoir  : ce que tout le monde savait, que le bureau de Bellec n&rsquo;était rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une succursale de la mairie, là où se prenaient des décisions plus importantes qu&rsquo;au conseil municipal, au point que certains avaient surnommé l&rsquo;endroit &laquo;&nbsp;le ministère des finances&nbsp;&raquo;, et Bellec le grand argentier de la ville.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 81 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle, tout ce qu&rsquo;elle avait envie de leur dire, en les écoutant chanter sur le bord de l&rsquo;écume, c&rsquo;était qu&rsquo;elles arrivaient trop tard, qu&rsquo;avec les dieux c&rsquo;est toujours la même chose, ils débarquent après la bataille et on dirait que leur joie consiste à alimenter les regrets comme on souffle sur les braises. Et elle les entendait presque rire, la regardant de cet air espiègle que seuls les êtres imaginaires peuvent conserver dans l&rsquo;air acide, répétant comme une chorale d&rsquo;enfants : Oh qu&rsquo;as-tu fait, Laura, qu&rsquo;as-tu fait ?</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 119 :</strong>  <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Alors c&rsquo;était plus facile, plus nécessaire aussi de considérer que les choses avaient été ce qu&rsquo;elles devaient être, oublieuse de ce qu&rsquo;elle avait elle-même considéré si longtemps comme un piège dont elle n&rsquo;était pas parvenue à se défaire, essayant de se dire désormais, se justifiant auprès d&rsquo;un tribunal intérieur que voilà, c&rsquo;est normal, il m&rsquo;a rendu service et je lui ai rendu service, rien de plus, aucun drame là-dedans – et c&rsquo;était sa manière à elle de s&rsquo;en sortir avec ça, apaisée soudain de rendre si prosaïque cette chose qui les avait si violemment liés, non, pas violemment, un simple deal, insistait-elle, un échange de bons procédés et qu&rsquo;est-ce que ça peut leur faire à tous si en guise de monnaie il y a mon propre corps en gage ?&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La fille qu&rsquo;on appelle, Tanguy Viel, Les Editions de Minuit, 16€</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le flacon et l&#8217;ivresse en attendant le typhon&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/03/15/le-flacon-et-livresse-en-attendant-le-typhon/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Mar 2019 08:05:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Céline Minard est une auteure assez inclassable qui a su, de livre en livre, se construire une place. A part. Ses romans nous emmènent, en tout cas pour les derniers parus, dans un décor de western ( &#171;&#160;Faillir être flingué&#160;&#187;), nous entraînent en haute montagne à l&#8217;abri des gens (&#171;&#160;Le grand jeu&#160;&#187;)&#8230; ou [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #008080">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/couverturebacchantesminard.jpg" rel="lightbox[4549]"><img class="alignleft wp-image-4551 size-medium colorbox-4549" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/couverturebacchantesminard-300x300.jpg" alt="couverturebacchantesminard" width="300" height="300" /></a></p>
<p><strong>Céline Minard</strong> est une auteure assez inclassable qui a su, de livre en livre, se construire une place. A part.</p>
<p>Ses romans nous emmènent, en tout cas pour les derniers parus, dans un décor de western (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/08/16/a-louest-toujours-du-nouveau/"> &laquo;&nbsp;Faillir être flingué&nbsp;&raquo;</a></strong>), nous entraînent en haute montagne à l&rsquo;abri des gens (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/04/17/le-choix-de-vivre-hors-jeu/">&laquo;&nbsp;Le grand jeu&nbsp;&raquo;</a></strong>)&#8230; ou dans un bunker ultra sécurisé dans la baie de Hong Kong.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Bacchantes&nbsp;&raquo;</strong>, elle revisite avec brio les codes du film de braquage autour de la thématique du vin pour distiller un cocktail explosif où l’ivresse se mêle à la subversion.</p>
<p>Au fil des pages, on ne se pose pas la question du pourquoi, ni du comment dans ce braquage peu ordinaire. Reste le spectacle d&rsquo;une société qui marche définitivement sur la tête, d&rsquo;un désastre capitaliste. Et un roman qui donne la part belle aux femmes : elles ont pris le pouvoir à l&rsquo;intérieur du bunker tandis que d&rsquo;autres, une surtout, <strong>Jackie Thran,</strong> cherchent des solutions pour les en faire sortir. Des femmes puissantes, cinglées, féminines, efficaces.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4549"></span></p>
<p>Voilà cinquante-neuf heures, en effet, que la brigade de <strong>Jackie Thran</strong> encercle la cave à vin la plus sécurisée de Hong Kong, installée dans d’anciens bunkers de l’armée anglaise. Un groupe de malfaiteurs &#8211; en réalité trois héroïnes dionysiaques (trois femmes, <strong>Bizzie la clown</strong> hyperactive ; <strong>Jelena Drogan, spécialiste des explosifs surnommée la Bombe</strong> et <strong>Livia Scilla, dite La Brune</strong>. S&rsquo;y ajoute un rat, Illiad) est parvenu à s’y introduire et garde en otage l’impressionnant stock qui y est entreposé. Le rêve d&rsquo;<strong>Ethan</strong> <strong>Coetzer</strong>, qui réunit les amateurs de vins les plus fortunés du monde alors que le typhon Shanshan approche (classé 10 sur l&rsquo;échelle de Beaufort), est en train de s&rsquo;écrouler.</p>
<p>Un roman loufoque par son sujet mais rondement bien mené, malgré la fin, un peu bancale à mon goût. Mais l&rsquo;esprit<strong> Minard</strong> est là, intact. Et c&rsquo;est chouette !</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 15 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Dès qu&rsquo;il a su que Hong Kong était sur la route du typhon, Ethan Coetzer a dressé un plan de table idéal, passé des commandes et envoyé des invitations. Certains de ses hôtes auraient tout juste le temps d&rsquo;atterrir avant la tempête qui s&rsquo;annonce formidable. Il leur fallait un certain goût du risque, tempéré par la certitude de vivre un moment de totale sécurité chez lui, dans l&rsquo;oeil du cyclone, dans sa pupille. Il les avait choisis pour ça. Ce n&rsquo;était pas une opération marketing, c&rsquo;était un manifeste. Et quelque chose comme un grain de sable est en train d&rsquo;anéantir non seulement sa soirée mais aussi sa carrière.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 32 :</strong><em>&nbsp;&raquo; &#8211; Bande de débiles ! J&rsquo;ai une brigade prête à intervenir sur-le-champ, je n&rsquo;ai qu&rsquo;à faire un signe. Vous risquez votre vie, vous saisissez ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;écran se fige quelques secondes. Quand l&rsquo;image repart, les trois braqueuses sont alignées face à la caméra, au garde-à-vous. La Clown se tourne lentement vers la droite, la Brune, lentement vers la gauche, la Bombe, au milieu, croise les bras, arrondit la bouche et dit  :</em></p>
<p style="text-align: left"><em>-Ô. </em><br />
<em>Au bout d&rsquo;un moment, elle tend devant elle son boitier, montre de l&rsquo;index un bouton rouge à côté du joystick et répète d&rsquo;une voix neutre le message du tweet envoyé soixante-cinq heures auparavant. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>- Vous ne pouvez plus entrer. Nous avons tout ouvert. Nous avons tout relié.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 56 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] les paroles de la Brune l&rsquo;ont suffoqué. Il a vu aussi clairement qu&rsquo;elle ses cent mille bouteilles, alignées, privées de lumière, couchées dans leurs cellules individuelles, aussi impuissantes que d&rsquo;authentiques otages. Chacune est un condensé, une métonymie organique, la rencontre d&rsquo;un savoir-faire avec un sol et une année hasardeuse et unique. Elles sont toutes chargées de mémoire, pleines d&rsquo;avenir, dans chacune une vie fermente. Ses caves d&rsquo;élevage, de maturation, de garde auxquelles il a si soigneusement veillé se sont transformées en une dure prison noire d&rsquo;où elles ne ressortiront peut-être pas, pas vivantes. Il en est révolté. Malade. Ce qui le trouble le plus, c&rsquo;est que ces femmes montrent tous les signes d&rsquo;une vraie connaissance du vin, et qui le connaît, l&rsquo;aime. Elles ne peuvent pas tout boire, une vie n&rsquo;y suffirait pas, ni trois.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Bacchantes&nbsp;&raquo;, Céline Minard, Rivages, 13,50€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Entre Paris et Roissy, vouloir tout foutre en l&#8217;air</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2016 07:09:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre plongée dans les titres de la rentrée littéraire. Loin des choix prémâchés et des incontournables que l&#8217;on peut facilement contourner (pour peu qu&#8217;on décide de ne pas se laisser guider par les critiques et le mainstream), voici un roman profondément ancré dans notre époque, dans nos questionnements. Avec &#171;&#160;Police&#160;&#187;, Hugo Boris [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/POLICE-COUV.jpg" rel="lightbox[3724]"><img class="alignleft size-full wp-image-3728 colorbox-3724" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/POLICE-COUV.jpg" alt="POLICE COUV" width="195" height="308" /></a> Poursuivons notre plongée dans les titres de la rentrée littéraire. Loin des choix prémâchés et des incontournables que l&rsquo;on peut facilement contourner (pour peu qu&rsquo;on décide de ne pas se laisser guider par les critiques et le mainstream), voici un roman profondément ancré dans notre époque, dans nos questionnements.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Police&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Hugo Boris – </strong>un auteur que je ne connaissais<strong> –</strong> signe après <strong>&laquo;&nbsp;Le baiser sur la nuque&nbsp;&raquo;,</strong> <strong>&laquo;&nbsp;La délégation norvégienne&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Je n&rsquo;ai pas dansé depuis longtemps&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Trois grands fauves&nbsp;&raquo;</strong>, un cinquième roman puissant, rythmé, haletant.</p>
<p>Une nuit d&rsquo;été, caniculaire, un équipage de police secours doit remplir une mission inhabituelle : conduire <strong>Asomidin Tohirov</strong>,  un jeune Tadjik, à l&rsquo;aéroport, afin condamné  à mort dans son pays.  <strong><em>&nbsp;&raquo; Ce dernier a dénoncé des enlèvements de travailleurs au Tadjikistan, des pratiques de travail forcé sur des chantiers de construction en Russie. Il en a d&rsquo;abord été victime. Il s&rsquo;est fait enlever, on l&rsquo;a envoyé travailler sur des chantiers, mais il a réussi à s&rsquo;évader, à rentrer&nbsp;&raquo;</em> </strong>(page 45).</p>
<p>Le temps du trajet, <strong>Virginie</strong>, <strong>Aristide</strong> et <strong>Erik</strong>, trois policiers en tenue habitués à toutes sortes de missions bien différentes de celle-ci, vont devoir faire un choix.</p>
<p>De quoi faire exploser leurs certitudes. Leur rapport à l&rsquo;autorité, à la liberté. A la mort. Dans l&rsquo;habitacle, dans ce huis clos, des destins se jouent.</p>
<p><span id="more-3724"></span></p>
<p><strong>Virginie</strong>, mariée et maman, vit une histoire adultérine avec <strong>Aristide</strong> dont elle enceinte, elle doit d&rsquo;ailleurs avorter le lendemain ; <strong>Aristide</strong>, grande gueule, se rend compte de l&rsquo;inanité de sa vie ; <strong>Erik,</strong> lui, le plus gradé, le plus âgé, comprend  qu&rsquo;il a beaucoup trop donné à son travail pour ne pas le regretter aujourd&rsquo;hui. Et lui aussi se met à douter du bien-fondé de cette mission.</p>
<p>Emprisonnés dans leurs propres questionnements, le temps d&rsquo;un trajet de Paris à Roissy dans une voiture de police qui fixe le huis-clos, ils se retrouvent face à un dilemme. Doivent-ils obéir ?</p>
<p>Loin des interrogations de la police judiciaire par exemple, voilà une tranche de vie trop peu décrite et écrite dans la littérature contemporaine. Les gardiens de la paix se décrivent souvent comme des &laquo;&nbsp;couteaux suisses&nbsp;&raquo;, confrontés à tout ce que la société peut avoir de moins ragoûtant.</p>
<p>Et nous, qu&rsquo;aurions-nous fait dans cette même voiture ?</p>
<p><strong>Hugo Boris parle ici de la manière dont il a construit son roman, dès 2010</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/L_wcH5edcSg?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 59-60 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Passe encore d&rsquo;être des tâcherons aux mille besognes qu&rsquo;on appelle au bout du bout quand l&rsquo;école n&rsquo;y arrive plus, que les assistantes sociales baissent les bras, que les gardiens d&rsquo;immeuble pètent les plombs. Passe d&rsquo;être les couteaux suisses de l&rsquo;ordre républicain, de supporter la hiérarchie et ses chefaillons en tous genres quand la tâche n&rsquo;est rien de moins que de labourer la mer. Passe de ne pas chanter en travaillant, de se prendre de plein fouet, sans filtre, tous les problèmes dans lesquels se débat ce pauvre monde, d&rsquo;essuyer des jets de petits pois congelés, d&rsquo;oeufs pourris, de piles électriques, de boules de pétanque. Passe les travaux de peinture d&rsquo;un commissariat à l&rsquo;autre, passe d&rsquo;avoir honte de son métier, passe de le cacher ) ses voisins et aux parents de la crèche. Mais ce soir, c&rsquo;est trop pour elle. Cette nuit, dans ce véhicule, à hauteur de Nogent-sur-Marne, la situation n&rsquo;est pas franche. La mort s&rsquo;est assise entre eux dans cette voiture. La mort avec fouet à chiens. La mort qui pue.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 112-113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] En service, il n&rsquo;était déjà plus étanche d&rsquo;une intervention à l&rsquo;autre, désormais incapable de remettre les compteurs à zéro. Après trois heures d&rsquo;insultes, il ne savait plus écouter patiemment la vieille dame suivante sans lui faire payer les injures dont elle ignorait tout. Après l&rsquo;interpellation d&rsquo;un mari violent qui frappait sa femme devant ses gosses, recueillir sans trembler une plainte pour vol d&rsquo;enjoliveurs. Il avait quinze ans de fond. Quinze ans qu&rsquo;il enterrait ses désirs, que la vie lui passait à côté. Quinze ans qu&rsquo;il préparait vaguement sa mutation, son retour en Bretagne, épuisé comme une sentinelle qu&rsquo;on a oublié de relever. Il s&rsquo;était laissé mécaniser, abîmer par le métier, ne donnait plus aux gens que de la technique. Il commençait à tirer sur la bête. Au point que ses cheveux avaient blanchi précocement. Il n&rsquo;avait plus de couleur à la bouche. Quand il regardait maintenant son visage dans la glace, ses cicatrices d&rsquo;acné mal soignées, il voyait un homme triste.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 125 -126 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Virginie risque un oeil pour vérifier encore. Leur prisonnier est debout devant la portière, à l&rsquo;endroit exact où elle l&rsquo;a laissé, tétanisé devant le mur serré des arbres. Pourquoi laisse-t-il échapper une si belle occasion ? Ça n&rsquo;a pas de sens. Ce ne sont pas les troncs sombrement dressés, les taillis griffus qui l&rsquo;arrêtent. Elle admet à contrecoeur ce que son intelligence refuse de voir depuis tout à l&rsquo;heure. Son regard, cet effroi qu&rsquo;elle a senti au fond de sa poitrine quand elle lui a fait vider la voiture&#8230; La police qui te libère, après qu&nbsp;&raquo;on a décidé de te renvoyer dans ton pays, alors qu&rsquo;on n&rsquo;a pas cru à ton histoire, ça n&rsquo;existe pas dans son champ des possibles. Virginie lui a ouvert la porte pour mieux le perdre. Ils vont l&rsquo;abattre d&rsquo;une balle dans la nuque. Ils cherchent un prétexte, ont été mandatés pour une opération de basse police. Il suppure de peur, certain qu&rsquo;ils l&rsquo;ont conduit jusqu&rsquo;ici pour une corvée de bois.S&rsquo;il s&rsquo;élance entre les arbres, ils vont lui éclater le crâne à coups de crosse et l&rsquo;enterrer sur place. Voilà ce qu&rsquo;il se dit, enfermé dans son silence. Il ne se doute pas qu&rsquo;ils tentent de l&rsquo;aider. Il ne peut pas deviner que la police tadjike et la police française ne sont pas la même cantine&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Police&nbsp;&raquo;, de Hugo Boris, Grasset, 17,50€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Réclusion volontaire&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/05/30/reclusion-volontaire/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 May 2016 08:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2016 Et une vraie bonne surprise pour la fin !  &#171;&#160;Le cas Annunziato&#160;&#187; aura été le dernier premier roman que j&#8217;ai dévoré pour cette sélection 2016 du prix Roblès. Un (court) roman de haute volée, enlevé, drôle et loufoque à souhait.   L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Fabrizio Annunziato, traducteur installé à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Sélection prix Roblès 2016</span></strong></p>
<p>Et une vraie bonne surprise pour la fin !  <strong>&laquo;&nbsp;Le cas Annunziato&nbsp;&raquo;</strong> aura été le dernier premier roman que j&rsquo;ai dévoré pour cette sélection 2016 du <strong>prix Roblès. Un (court) roman de haute volée, enlevé, drôle et loufoque à souhait.</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CAS-ANNUNZIATO.jpg" rel="lightbox[3594]"><img class="alignleft size-full wp-image-3596 colorbox-3594" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CAS-ANNUNZIATO.jpg" alt="CAS ANNUNZIATO" width="178" height="245" /></a>  L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de<strong> Fabrizio Annunziato</strong>, traducteur installé à Paris et en visite à Florence. Deux de ses amis l&rsquo;enferme dans l&rsquo;une des cellules de l&rsquo;ancien couvent dominicain San Marco, transformé en musée national.</p>
<p>Plutôt que s&rsquo;en plaindre, <strong>Fabrizio</strong>, qui a un manuscrit à traduire va trouver là l&rsquo;endroit idéal pour mener à bien son travail. Surtout que la belle serveuse habite tout tout près&#8230;</p>
<p>L&rsquo;histoire va, le jour de la découverte de l&rsquo;enfermement volontaire, trouver un retentissement bien étonnant. Les médias s&rsquo;emparent de l&rsquo;affaire du reclus volontaire.</p>
<p>Nous sommes au printemps 2002.  En Italie, Berlusconi fait des siennes et la population est dans la rue, c&rsquo;est la grève générale. En France, la campagne électorale pour les présidentielles bat son plein.</p>
<p>Dans sa cellule, <strong>Fabrizio</strong> vit quelque chose de fort. Intense. Intime.</p>
<p><span id="more-3594"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Yan Gauchard raconte la génèse de ce premier roman. </strong></p>
<p>Nantais, ce dernier est journaliste de PQR à Presse-Océan. Il avait entamé le chapitre de son premier roman il y a quinze ans avant de s&rsquo;y replonger alors qu&rsquo;un accident de vélo le cloue chez lui.</p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/Xprg-pru2gM?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 12-13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Personne ne s&rsquo;aperçoit de la disparition de Fabrizio Annunziato, hormis ses amis, hilares. Camelia Dei Bardi elle-même a oublié l&rsquo;épisode funeste, absorbée par la mort de son père : quand elle s&rsquo;en souviendra ce soir, beaucoup plus tard, elle pensera naturellement que l&rsquo;homme aura crié, qu&rsquo;une employée sera venue le délivrer, que ses amis auront protesté, mais non. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La vie de Fabrizio Annunziato se trouve changée en l&rsquo;espace de deux minutes, d&rsquo;aspirant-geôlier à prisonnier. Et puis, très vite, la condition de captif se prolonge en raison de la bousculade et de trouble suscités par l&rsquo;annonce de la mort du père de Camelia dei Bardi, – Camelia dei Bardi en pleurs, toute retournée, déconfite, enlaidie par les grimaces de la peine. L&rsquo;émotion, qui est souvent contagion, s&rsquo;empare des collègues de Camelia dei Bardi, déjà partie en direction du marché. On ferme le bâtiment de façon précipitée. Le couple d&rsquo;amis de Fabrizio Annunziato tient sa revanche. Chacun sort, sauf le traducteur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 55 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas une question de surprise, de subite fièvre tachycardique : ça relève de l&rsquo;effroi. Ce n&rsquo;est pas tant le physique de Fabrizio Annunziato. Certes, il a changé durant cette fin de semaine mais n&rsquo;exagérons rien : ce n&rsquo;est pas Nosferatu non plus. Même hagard, les yeux exorbités, même arborant une barbe épaisse, toutes variations physionomiques qui, conjugées à la torpeur des jours passés, vous dessinent fatalement un masque livide et chassieux, le traducteur n&rsquo;a rien d&rsquo;un monstre, pas même le visage trouble d&rsquo;un fou, dangereux ou non, échappé d&rsquo;une institution psychiatrique&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97 :</strong><em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;est assez mal partie pour l&rsquo;anachorète littéraire. Les premiers sondages traduisent le désarroi des Florentins. On soutenait sans faillir la libération du traducteur, ému, amusé et parfois inquiet de ses rocambolesques aventures pénitentiaires. Maintenant, on se demande s&rsquo;il n&rsquo;est pas un peu fou, ce qui lénifie sacrément l&rsquo;ardent soutien originel. Sans compter que, bien sûr : un couvent, même muséographique, reste sacré. N&rsquo;y habite pas qui veut, de son plein gré s&rsquo;entend. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le cas Annunziato&nbsp;&raquo;, Yan Gauchard, Editions de Minuit, 12,50€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		<title>La Russie façon Prilepine</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/05/la-russie-facon-prilepine/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/05/la-russie-facon-prilepine/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2015 08:28:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA["Une fille nommée Aglaé"]]></category>
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		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[Zakhar Prilepine]]></category>

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		<description><![CDATA[Les valises sont prêtes ? A moins que vous ne soyez déjà en train de barboter&#8230; Pour certains, les vacances viennent de commencer. Pour d&#8217;autres, elles se préparent. Entre la crème scolaire, le maillot de bain et le tire-bouchon ( pour le rosé !) , il doit bien vous rester une petite place pour un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PRILEPINE.jpg" rel="lightbox[3100]"><img class="alignleft size-full wp-image-3103 colorbox-3100" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PRILEPINE.jpg" alt="PRILEPINE" width="120" height="227" /></a></em>Les valises sont prêtes ? A moins que vous ne soyez déjà en train de barboter&#8230; Pour certains, les vacances viennent de commencer. Pour d&rsquo;autres, elles se préparent. Entre la crème scolaire, le maillot de bain et le tire-bouchon ( pour le rosé !) , il doit bien vous rester une petite place pour un livre, non ?</p>
<p>Poursuivons dans nos conseils de l&rsquo;été. Après l&rsquo;espagnole <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/"><strong>Milena Busquets</strong></a>, pourquoi ne pas filer bien plus à l&rsquo;Est ? En suivant, par exemple, le russe <strong>Zakhar Prilepine</strong>.</p>
<p>Les lecteurs curieux habitués à parcourir mon blog savent que j&rsquo;apprécie particulièrement cet auteur au parcours assez peu orthodoxe. Retrouvez ici mon post sur <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/11/13/nouvelles-de-la-campagne-russe/"><strong>&laquo;&nbsp;Des chaussures pleines de vodka chaude&nbsp;&raquo;</strong> </a></p>
<p>et ici celui consacré à <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/07/14/implacables-chroniques-russes/">&laquo;&nbsp;Je viens de Russie&nbsp;&raquo;. </a></strong></p>
<p>Bref, avec <strong>&laquo;&nbsp;Une fille nommée Aglaé&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;auteur et journaliste fait ce qu&rsquo;il écrit de mieux, des nouvelles sur son pays à travers des thèmes qui lui sont chers : la figure du père, les rapports compliqués voire impossibles entre hommes et femmes, la confrontation des classes sociales, le temps qui passe&#8230;</p>
<p><span id="more-3100"></span></p>
<p>Ici, ce sont sept histoires à travers la Russie profonde qui se laissent raconter. La langue est parfois crue, cinglante. Les mots fusent. Pas de demi-mesure ni de faux-semblant.</p>
<p>Ses sept nouvelles se présentent toutes comme des tableaux. Avec un fond très noir, l&rsquo;alcool et la déveine en prime. Le fatalisme est la dérision sont de mise dans ces histoires qui se déroulent au coeur d&rsquo;une campagne abandonnée et triste.</p>
<div id="attachment_3105" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ZakharPrilepine_2-672x359.jpg" rel="lightbox[3100]"><img class="wp-image-3105 size-medium colorbox-3100" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ZakharPrilepine_2-672x359-300x160.jpg" alt="(Photo AFP)" width="300" height="160" /></a><p class="wp-caption-text">(Photo AFP)</p></div>
<p>Fils d’un professeur et d’une infirmière russes, <strong>Zakhar Prilepine</strong> termine la faculté philologique (linguistique) de l’Université d’État de Nijni Novgorod. Il a été commandant dans le service des OMON (forces spéciales de police) et a pris part à des combats en Tchétchénie entre 1996 et 1999. Membre du parti national-bolchevique de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Limonov">Limonov</a></strong>  depuis 1996, il est l’un des intellectuels protestataires les plus célèbres de Russie. Il s’est fait connaître du grand public en 2004 avec son roman <strong>« Patologii »</strong>, relatant sa guerre de Tchétchénie.Puis<strong> « San’kia »</strong>, fiction sur le terrorisme, paru en 2006, lui a valu la célébrité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 34 : &laquo;&nbsp;Une fille nommée Aglaé&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Dehors, il faisait froid, on était un 7 mars, le temps était dégueulasse. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand on cherche à arrêter un véhicule, il ne faut surtout pas gesticuler, sinon on pense que vous êtes saoul, et personne ne s&rsquo;arrête. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai trouvé un endroit entre les flaques d&rsquo;eau, et j&rsquo;ai levé la main. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Comme il n&rsquo;y a pas du tout de travail dans cette ville, tout le monde a besoin de se faire un peu de fric, et c&rsquo;est pour ça que le premier qui est passé a freiné tout de suite. Le deuxième a freiné aussi, mais trop tard. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>- Quartier Nord, ai-je dit au chauffeur en me glissant sur le siège arrière. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il n&rsquo;a pas dit son prix, mais de toute façon, chez nous, c&rsquo;est toujours cinquante roubles d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre de la ville, on n&rsquo;a donc pas à marchander. C&rsquo;est là que je me suis rappelé que je n&rsquo;avais pas d&rsquo;argent sur moi ; et pire encore, que je n&rsquo;en avais pas non plus chez moi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 154-155 : &nbsp;&raquo; L&rsquo;interrogatoire&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;La dernière fois qu&rsquo;ils avaient contrevenu à la loi, c&rsquo;était sans doute un an auparavant, lorsque dans une compagnie de hasard quelqu&rsquo;un avait proposé de faire tourner un joint – ils l&rsquo;avaient fait tourner. Alekseï aimait fumer de l&rsquo;herbe, mais n&rsquo;en achetait, semble-t-il, jamais lui-même. Novikov, en revanche, y était indifférent – il avait cessé de boire de la vodka depuis un certain temps. Il se contentait d&rsquo;un peu de bière, de vin, d&rsquo;un petit verre de cognac&#8230; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Supposer qu&rsquo;Alekseï pouvait avoir commis quelque chose dans ce genre était difficile à admettre : ils se téléphonaient presque chaque jour, Novikov connaissait tous ses revenus et ses dépenses, son cercle de connaissances ainsi que ses habitudes. Novikov avait beau chercher, il ne voyait dans la vie de son ami aucun recoin qui pût abriter un vice caché. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;était un homme souriant, tendre, un peu désordonné, dénué de toute méchanceté. Il avait été pendant toute sa jeunesse passionné de photographie, et il lisait les livres que lui passait Novikov. Si on ne les lui avait pas donnés, il n&rsquo;en aurait jamais eu connaissance. Mais il lisait toujours ce qu&rsquo;on lui proposait, comprenait tout et s&rsquo;en souvenait. Dans sa vie apparaissaient de temps en temps des filles, cependant, il s&rsquo;en séparait toujours conformément  à son caractère  – d&rsquo;une façon brouillonne, avec douceur, en souriant, sans faire de vagues.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 301 : &laquo;&nbsp;L&rsquo;ombre d&rsquo;un nuage sur l&rsquo;autre rive&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;– C&rsquo;est quoi, la jalousie ? me demande-t-elle. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je regarde, sans pouvoir détacher mes yeux, le curseur brillant de sa fermeture éclair, et parfois seulement, d&rsquo;un coup d&rsquo;oeil rapide, son ongle cassé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– C&rsquo;est quelque chose d&rsquo;autre, dis-je avec difficulté. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Dans ce cas, n&rsquo;importe quelle qualité humaine chez un homme, et la même chez la femme, doit avoir des noms différents. Il n&rsquo;y a aucune raison de désigner la jalousie masculine et la jalousie féminine par le même mot. La bêtise, la bassesse, la lâcheté et, je ne sais pas, moi, la trahison, doivent être considérées  comme des concepts différents selon que l&rsquo;on est un homme ou une femme. Tu comprends ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Non.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>– C&rsquo;est simple. Ce qui est normal pour une femme vaudrait à un homme qu&rsquo;on le tue. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Et le contraire ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle réfléchit.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Non, répondit-elle fermement. Il faut tuer un homme pour tout.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff"> Encore une virée réussie dans la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Ce que j&rsquo;aime dans l&rsquo;univers de Prilepine, c&rsquo;est le mordant des situations, le contexte social toujours décortiqué et l&rsquo;espoir toujours trop mince que cela change un peu. Pas super encourageant, me direz-vous ? Peut-être. La Russie contemporaine, quoi&#8230;</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une fille nommée Aglaé&nbsp;&raquo;, Zakhar Prilepine, Actes sud, 23€.</strong> </em></p>
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