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	<title>Quatrième de couv &#187; liberté</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Introspection montagnarde et libertaire</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2020 09:31:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Erri De Luca je l&#8217;ai découvert l&#8217;an dernier, à travers un très joli livre, pudique, joyeux et si intime à la fois : &#171;&#160;Le tour de l&#8217;oie&#160;&#187;. Alors, touchée au coeur par son écriture, je n&#8217;ai pas hésité longtemps avant d&#8217;ouvrir &#171;&#160;Impossible&#160;&#187;, nouveauté de cette rentrée littéraire de l&#8217;automne. &#171;&#160;On part en montagne pour éprouver la solitude, pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072860829_195x320.jpg" rel="lightbox[5460]"><img class="alignleft size-full wp-image-5464 colorbox-5460" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072860829_195x320.jpg" alt="product_9782072860829_195x320" width="195" height="306" /></a></p>
<p><strong>Erri De Luca</strong> je l&rsquo;ai découvert l&rsquo;an dernier, à travers un très joli livre, pudique, joyeux et si intime à la fois : <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/21/a-ce-fils-qui-aurait-pu-etre-la/"><strong>&laquo;&nbsp;Le tour de l&rsquo;oie&nbsp;&raquo;</strong></a>.</p>
<p>Alors, touchée au coeur par son écriture, je n&rsquo;ai pas hésité longtemps avant d&rsquo;ouvrir <strong>&laquo;&nbsp;Impossible&nbsp;&raquo;</strong>, nouveauté de cette rentrée littéraire de l&rsquo;automne.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule face à l’immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent se présenter, d’une rencontre avec un cerf au franchissement d’une forêt déracinée par le vent.<br />
Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l’alerte. Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable, impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l’affaire, qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité.<br />
Dans un roman d’une grande tension, <strong>Erri De Luca</strong> reconstitue l’échange entre un jeune juge et un accusé, vieil homme « de la génération la plus poursuivie en justice de l’histoire d’Italie ». Mais l’interrogatoire se mue lentement en un dialogue et se dessine alors une riche réflexion sur l’engagement, la justice, l’amitié et la trahison.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5460"></span></p>
<p>Voilà pour la quatrième de couverture.  Au fil des pages, au fil du dialogue entre le magistrat et l&rsquo;ancien activiste, un affrontement apparaît. Sous forme de questions et de réponses. Un interrogatoire qui se transforme, qui évolue en dialogue, en discussion. Mais deux générations s&rsquo;opposent. Deux conceptions philosophiques aussi. Entre deux hommes. L&rsquo;un d&rsquo;eux n&rsquo;a rien à perdre, aguerri, même à l&rsquo;enfermement.</p>
<p>Pour adoucir le texte, <strong>Erri De Luca</strong> nous offre les lettres que le héros écrit, sans les envoyer, à celle qu&rsquo;il aime depuis des années. Malgré l&rsquo;engagement et ce qu&rsquo;il implique.</p>
<p><strong>Erri De Luca</strong>, aujourd&rsquo;hui septuagénaire, a des obsessions que sont la justice, la liberté, le combat politique, la trahison, l&rsquo;amour et la montagne. Elles transpirent de ses pages. C&rsquo;est beau, c&rsquo;est intense. C&rsquo;est violent et puissant. Et divinement  bien écrit. Une introspection sur l&rsquo;engagement et la culpabilité, qui éclaire.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il me soupçonne d&rsquo;avoir jeté cet homme du haut de la vire. Pour toi, peu importe que je sois coupable ou non. Tu m&rsquo;as voulu tel que j&rsquo;étais, tu ne t&rsquo;es pas souciée de mon passé. Tu ne m&rsquo;as rien demandé sur cette époque d&rsquo;affrontements et de colères publiques. Je te suis reconnaissant de ta volonté : de faire que le passé commence avec nous deux. Celui que j&rsquo;étais avant t&rsquo;importe peu. Tu ne me quitterais pas si j&rsquo;étais déclaré coupable. Nous en avons parlé un jour, de façon abstraite. Si je devais aller en prison tu ne viendrais pas me voir et tu m&rsquo;écrirais pas, mais tu m&rsquo;attendrais. Nous nous sommes même serré la main pour sceller notre pacte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 97 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ammoremio, une autre lettre s&rsquo;ajoute à celles non expédiées. Je reste en isolement, ainsi il n&rsquo;y a aucune possibilité de recevoir des visites. Je n&rsquo;en souhaite pas, pas plus que des lettres. C&rsquo;est un lieu pour hommes seuls, un couloir de cellules individuelles, de monastère, sans prières. Les moines d&rsquo;ici s&rsquo;en remettent aux avocats, ce sont eux qui s&rsquo;occupent des prières. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mon affaire est expérimentale. Pousser un homme à avouer un crime politique, le dernier ajouté à une époque expirée. On veut me persuader qu&rsquo;ainsi se termine un registre d&rsquo;actes judiciaires. L&rsquo;aveu d&rsquo;une vengeance politique servirait à fermer une parenthèse reste ouverte jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Car aucun de ceux qui ont trahi leurs propres camarades n&rsquo;a été atteint par une vengeance. Le plateau de la balance reste incliné.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 119 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Q. Je vais vous le dire. Cet homme sur la vire de Bandiarac vous à précédé intentionnellement, en sachant que vous iriez à cet endroit. Et, une fois arrivé, il s&rsquo;est retourné et il est venu au-devant de vous. Vous vous êtes trouvé en face de lui et vous n&rsquo;avez pas compris ce qui se passait jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il vous dise son nom. Il était là pour mettre à l&rsquo;épreuve votre réaction dans un endroit inévitable. Il vous avait traqué. A quelle réaction s&rsquo;attendre ? Tout était possible, de la lutte à la réconciliation. Vous avez réagi en sachant que se jouait la vie d&rsquo;un seul ou celle de tous les deux. Que s&rsquo;est-il passé, dites-le-moi ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>R. Etant sûr, pour ma part, que ça n&rsquo;est pas arrivé, je continue à ne pas savoir comment j&rsquo;aurais réagi.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Q. J&rsquo;insiste. C&rsquo;est arrivé. Vous ne le suiviez pas, mais lui vous précédait. Vous me l&rsquo;avez dit dans le premier interrogatoire que je suis allé relire. Vous me disiez déjà comment ça s&rsquo;était passé : c&rsquo;était cet homme qui vous précédait.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Impossible&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Erri De Luca, Gallimard, 16,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Chronique familiale d&#8217;un policier-poète</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/19/chronique-familiale-dun-policier-poete/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2020 05:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les vacances sont une occasion en or pour (ré)découvrir des lieux, des endroits qui, d&#8217;emblée, vous attirent. La preuve avec ma virée bordelaise. Impossible de ne pas pousser les portes de Mollat, la plus grande librairie indépendante de France et la première en terme de chiffre d&#8217;affaires et de titres en rayon ( elle abrite 265.000 [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-mer-c-est-rien-du-tout-formatpoche.jpg" rel="lightbox[5341]"><img class="alignleft size-full wp-image-5344 colorbox-5341" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-mer-c-est-rien-du-tout-formatpoche.jpg" alt="livre-mer-c-est-rien-du-tout-formatpoche" width="120" height="185" /></a></p>
<p>Les vacances sont une occasion en or pour (ré)découvrir des lieux, des endroits qui, d&rsquo;emblée, vous attirent. La preuve avec ma virée bordelaise. Impossible de ne pas pousser les portes de <strong>Mollat</strong>, la plus grande librairie indépendante de France et la première en terme de chiffre d&rsquo;affaires et de titres en rayon ( elle abrite 265.000 livres soit 160.000 titres).  Cette immense librairie se situe à l&rsquo;emplacement de la dernière maison de <strong>Montesquieu</strong>.</p>
<p>Là, des livres à profusion, évidemment&#8230; Et cette petite pépite, dévorée dans le train du retour.</p>
<p>Un livre de poche, eh oui, ce n&rsquo;est pas courant par ici. Un récit autobiographique de surcroît. Et là, vous vous dites que le soleil bordelais a eu raison de moi&#8230; <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5341" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5341"></span></p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;La mer c&rsquo;est rien du tout&nbsp;&raquo;</strong> ( publié en grand format en 2016), <strong>Joël Baqué</strong> signe un recueil de bouts d&rsquo;enfance et d&rsquo;adolescence, des morceaux de vie d&rsquo;homme aussi. Des micro-textes qui nous racontent la vie d&rsquo;une famille installée du côté de Béziers.</p>
<p>Une famille languedocienne, qui vit chichement, entre un père exploitant viticole radin qui hurle ; une mère mutique et effacée et trois enfants, dont <strong>Joël Baqué</strong>.</p>
<p><strong>Jöel,</strong> c&rsquo;est le sportif, celui qui deviendra le plus jeune gendarme de France, avant d&rsquo;embrasser une carrière dans la police. C&rsquo;est aussi celui qui, à travers le livre d&rsquo;entretiens consacré à l&rsquo;écrivain et poète <strong>Francis Ponge</strong> donné par un vacancier sur une plage dont il assurait la surveillance comme CRS, découvrira le pouvoir des mots et de la poésie. <strong>Paul,</strong> son petit frère, qui bégaie, devient facteur tout en tentant d&rsquo;assumer son homosexualité.<strong> Valérie</strong>, elle, à la beauté éblouissante, rejoindra l&rsquo;armée tout en étant mannequin.</p>
<p>A travers des souvenirs, des anecdotes, des sensations, celui qui fut commandant de police nous fait voyager à travers la France pompidolienne, la France des classes ouvrières, des taiseux et de ceux qui n&rsquo;osent pas.</p>
<p>Les époques se mélangent avec toujours ces mêmes personnages. Ceux qu&rsquo;il connait le mieux, ceux qui l&rsquo;ont vu grandir. On découvre la mue de <strong>Joël</strong>, aujourd&rsquo;hui quinquagénaire, installé à Nice. Le commandant de police, est déjà l&rsquo;auteur de quatre romans et de plusieurs recueils de poésie.</p>
<p>Alors entre un père castrateur et une mère qui avale des cachets &laquo;&nbsp;fervessants&nbsp;&raquo;, il nous raconte ses années 70 à lui. Les silences, les refus, la vie quotidienne d&rsquo;une famille régie par le paternel qui a mis dans un même panier tout ce qu&rsquo;il n&rsquo;aime ou ne comprend pas, les &laquo;&nbsp;bouillacades&nbsp;&raquo;. Et tout y passe. Même la mer, qui ne serait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un attrape-touristes&#8230;</p>
<p>Un récit bref, fragmentaire, d&rsquo;où ressortent les images. C&rsquo;est fin, sensible, drôle aussi. Et c&rsquo;est la vie.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 9 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mon père nous disait, à Valérie et à moi : &nbsp;&raquo; Votre mère c&rsquo;est rien du tout, elle fait son cinéma !&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em> &laquo;&nbsp;Votre mère c&rsquo;est rien du tout, c&rsquo;est la tramontane, ça les rend folles les femmes. &nbsp;&raquo; ( Variante.)</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Souvent elle annonçait : &laquo;&nbsp;Je vais me reprendre un cachet fervessant ! &nbsp;&raquo; Plus mon père criait, plus elle s&rsquo;enfonçait dans la </em>fervessance<em> (son malheur conjugal n&rsquo;était pas soluble dans l&rsquo;aspirine, même effervescente).</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ignore si j&rsquo;ai été plutôt heureux ou plutôt pas heureux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Dans sa chambre, seule ou avec Martine, ma soeur écoutait des disques tout en feuilletant des magazines allégés en texte mais pas en photos. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Paul bégayait facilement avec les gens, Valérie était facilement regardée par les hommes, mon père hurlait facilement sur ma mère, qui allait facilement s&rsquo;enfermer dans le magasin. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Dans l&rsquo;Hérault, on nomme &laquo;&nbsp;magasin&nbsp;&raquo; une remise ou un garage. Le nôtre était en quérons comme la maison. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;argent, c&rsquo;est mon père qui le gagnait et nous qui le gaspillions.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 35-36 :</strong><em> &laquo;&nbsp;De nouveaux voisins sont arrivés que mon père a immédiatement détestés parce qu&rsquo;ils étaient sociables (il aimait ne pas aimer). L&rsquo;homme nous donnait du congre et de la roussette qu&rsquo;il pêchait (dans &laquo;&nbsp;La mer qu&rsquo;est rien du tout, mais l&rsquo;océan&nbsp;&raquo;, etc.). Mon père n&rsquo;osait pas refuser mais dans son dos jetait le poisson aux chats. J&rsquo;avais consulté un livre de recettes pour pouvoir dire au voisin qu&rsquo;on l&rsquo;avait mangé avec de la tomate et des câpres. Mon père aimait pourtant le poisson. Quand il avait bien mangé : &laquo;&nbsp;Ah oui ! Au moins votre mère c&rsquo;est une bonne cuisinière, pour ça on peut pas dire! &laquo;&nbsp;, sur le même ton que &nbsp;&raquo; La mer c&rsquo;est rien du tout, mais l&rsquo;océan&nbsp;&raquo;, etc.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La mer c&rsquo;est rien du tout&nbsp;&raquo;, Joël Baqué, #formatpoche POL, 9€. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Rescapés d&#8217;un monde qui se délite&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/01/11/rescapes-dun-monde-qui-se-delite/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Jan 2018 08:45:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire La rentrée littéraire d&#8217;hiver vient de s&#8217;ouvrir. La petite rentrée ? Les esprits chagrins le pensent. Pas moi. Il y a parmi les 499 romans publiés en janvier et février quelques pépites. Forcément. Parmi ces livres nouveaux, 145 romans français dont 64 premiers. Une aubaine. Pour ouvrir la saison, j&#8217;ai cependant décidé de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff00ff"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p>La rentrée littéraire d&rsquo;hiver vient de s&rsquo;ouvrir. La petite rentrée ? Les esprits chagrins le pensent. Pas moi. <strong>Il y a parmi les 499 romans publiés en janvier et février quelques pépites. Forcément. Parmi ces livres nouveaux, 145 romans français dont 64 premiers.</strong> Une aubaine. Pour ouvrir la saison, j&rsquo;ai cependant décidé de choisir l&rsquo;auteure <strong>Marie Redonnet.</strong> Pas une nouvelle venue. Mais une &laquo;&nbsp;revenante&nbsp;&raquo; si j&rsquo;ose dire. Après des années de silence, elle est de retour !</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRIO.jpg" rel="lightbox[4159]"><img class="alignleft size-full wp-image-4151 colorbox-4159" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRIO.jpg" alt="TRIO" width="225" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je l&rsquo;avais découverte en 2016, grâce au conseil avisé d&rsquo;une libraire tourangelle avisée ( ne jamais négliger les conseils de ces professionnels !). <strong>Marie Redonnet, </strong>sexagénaire,<strong> </strong>publiait alors <strong>&laquo;&nbsp;La femme au colt 45&Prime;</strong>. Un roman court, percutant. Détonant. A redécouvrir<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/06/28/une-femme-une-arme-un-destin/">ici</a>.</strong></p>
<p>Alors j&rsquo;ai poursuivi la découverte un peu plus loin. L&rsquo;an dernier,  Le Tripode décidait de publier en un seul volume –<strong> &laquo;&nbsp;Héritières&nbsp;&raquo;</strong>–, trois romans publiés il y  a trente ans aux Editions de Minuit. Nouvelle claque. Et c&rsquo;est par<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/24/des-heritieres-soumises-au-poids-du-passe/"><strong> là</strong></a>.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Trio pour un monde égaré&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Marie Redonnet</strong> confirme qu&rsquo;elle appartient à un groupe à part. Celui des auteurs qui, de livre en livre, inspecte le moindre recoin de leur univers, autour d&rsquo;une même thématique. Sans se perdre. Sans nous lasser non plus. Ici, pas de lieu, ni de dates.</p>
<p>Un décor flou pour aller mieux au coeur de la matrice et des personnages. Et la guerre. Toujours. La violence aussi. Et cette quête des personnages, trois rescapés, à sauver leur liberté. De penser et d&rsquo;agir. Coûte que coûte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4159"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans la postface, une autobiographie inédite de l&rsquo;auteure, celle-ci explique notamment que ces trois récits sont <strong><em>&laquo;&nbsp;souterrainement reliés et inspirés par [sa] vie entre la France et le Maroc&nbsp;&raquo;. </em></strong>Trois voix qui émergent<strong><em> &laquo;&nbsp;d&rsquo;un monde déréglé par la guerre et les massacres&nbsp;&raquo;. </em></strong></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Il y en a trois.  Qui s&rsquo;intercalent. Qui se répondent. D&rsquo;abord <strong>Willy Chow</strong>. C&rsquo;est un ancien rebelle qui vit dans une bergerie entre la mer et les collines. Il tente d’oublier un passé trouble, mais la guerre fait à nouveau rage à la frontière et menace la paix de son domaine&#8230;</p>
<p>Il y a aussi le scientifique <strong>Douglas Marenko. </strong>Qui n’est pas <strong>Douglas Marenko</strong>. Emprisonné dans une cellule d’un nouveau genre après avoir tenté de fuir son pays, on voudrait pour des raisons qu’il ignore lui faire endosser une nouvelle identité. Il résiste jusqu’à ce que ses geôliers lui présentent une femme censée être son épouse, et qu’il sait avoir connue&#8230; Etrange.<br />
Et il y a une femme. <strong>Tate Combo</strong>. Elle aussi a quitté son pays, après une prophétie de son père qui prédisait la destruction de son village. Elle vit désormais dans la mégapole Low Fow, où un photographe en vogue a décidé d’en faire, à force d’opérations chirurgicales, l’incarnation d’une déesse qu’il vénère. Le jour où elle décide de rompre cette métamorphose imposée, des avions s’écrasent sur les tours de la ville&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 30-31 : (Tate Combo) </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;En dépit des analgésiques et des calmants, je souffrais terriblement. J&rsquo;assistais malgré moi à cette douloureuse métamorphose que Bram Rift photographiait avec ravissement. Je me prêtais à toutes ses demandes comme c&rsquo;était écrit sur mon contrat. Il me sortait dans les lieux à la mode, il me présentait à ses amis, il se servait de moi à sa guise. J&rsquo;en éprouvais de la jouissance et je ne pouvais lui résister. C&rsquo;était plus fort que moi. Mais en secret je le haïssais et rêvais de le tuer Ses photographies me fascinaient. J&rsquo;étais une jeune africaine à la peau noire et au visage négroïde en train de devenir par la magie de la science médicale une jeune déesse à la blancheur éclatante et aux traits d&rsquo;une finesse extrême. Mais devenue blanche, ma couleur noire continuait de rayonner. Sur les photos de Bram Rift, elle triomphait alors même qu&rsquo;elle avait disparu. C&rsquo;était là ma victoire secrète ! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97  : (Willy Chow)</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Moi aussi comme Jimmy Fango j&rsquo;aime le désert. Je pars seul plusieurs jours. Je marche jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement. Je m&rsquo;endors enveloppé dans mon sac de couchage en contemplant les étoiles. Parfois le bruit furtif d&rsquo;une bête qui rôde me réveille et me garde en alerte. Je vais saluer les nomades. Ils me connaissent et m&rsquo;accueillent comme leur hôte. On échange les nouvelles. Le désert connaît de grands changements et ils n&rsquo;en sont plus les maîtres. Cette fois, je sens une tension inhabituelle, une inquiétude qu&rsquo;il n&rsquo;arrivent pas à dissimuler. Ils n&rsquo;ont pas envie de prolonger notre rencontre. Ils ne me disent rien de leurs projets. Je ne leur pose pas de questions. Avant de les quitter je leur donne l&rsquo;accolade de l&rsquo;amitié comme si je ne devais pas les revoir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 127-128 : (Douglas Marenko) </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Une nuit, réveillé par un cauchemar au cours duquel les yeux bandés je tombais au fond d&rsquo;un ravin, je la surprends installé à mon bureau en train d&rsquo;effacer rageusement la mémoire de mon ordinateur et toutes les sauvegardes que j&rsquo;ai faites de mes plus récents travaux. Comment peut-elle en connaître les codes secrets que je prends soin de changer chaque jour ? Elle me regarde avec mépris. “Tu n&rsquo;es qu&rsquo;un imposteur! Je voulais te donner une chance. Quand j&rsquo;ai appris que tu étais détenu à la prison d&rsquo;Akuba, j&rsquo;ai eu pitié de toi. Je suis devenue ta femme pour te sauver. Mais tu n&rsquo;as rien compris à ce qui arrivait. Rokto Sark a déjoué ta ruse. Sans lui qui me protégeait, j&rsquo;étais perdue.”&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Trio pour un monde égaré&nbsp;&raquo;, Marie Redonnet, Le Tripode. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sous les frondaisons, captivante dystopie</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/24/sous-les-frondaisons-captivante-dystopie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/24/sous-les-frondaisons-captivante-dystopie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Oct 2017 07:13:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[" Notre vie dans les forêts"]]></category>
		<category><![CDATA[drones]]></category>
		<category><![CDATA[dystopie]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Et si on se plongeait dans un roman de science-fiction ? Mais attention, écrit par Marie Darrieussecq. Et là, forcément, ça fait une sacrée différence. En même temps, je ne suis pas fan de science-fiction, tandis que les romans de cette auteure et psychanalyste m&#8217;ont très souvent plus. La preuve encore avec &#171;&#160;Notre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #00ffff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-notre-vie-dans-les-forets.jpg" rel="lightbox[4069]"><img class="alignleft size-full wp-image-4072 colorbox-4069" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-notre-vie-dans-les-forets.jpg" alt="livre-notre-vie-dans-les-forets" width="120" height="176" /></a> Et si on se plongeait dans un roman de science-fiction ? Mais attention, écrit par <strong>Marie Darrieussecq</strong>. Et là, forcément, ça fait une sacrée différence. En même temps, je ne suis pas fan de science-fiction, tandis que les romans de cette auteure et psychanalyste m&rsquo;ont très souvent plus.</p>
<p>La preuve encore avec <strong>&laquo;&nbsp;Notre vie dans les forêts&nbsp;&raquo;</strong>, dernier opus en date. La dernière fois que Quatrième de couv a parlé de <strong>Marie Darrieussecq</strong>, c&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/08/27/il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes-nous-dit-elle/">ici</a></strong>.</p>
<p>Elle nous emmène cette fois dans une histoire étrange ( un peu comme avec <strong>&laquo;&nbsp;Truismes&nbsp;&raquo;</strong>, le premier roman qui l&rsquo;avait révélée au grand public). La narratrice se prénomme <strong>Viviane</strong>. Psychologue spécialiste du traumatisme, elle vit désormais dans la forêt avec d&rsquo;autres qui, comme elle, ont fui après avoir libéré plusieurs de leurs <em>&laquo;&nbsp;moitiés&nbsp;&raquo;</em>, des presque clones qui sont autant de <em>&laquo;&nbsp;réservoirs de pièces détachées&nbsp;&raquo;.</em> On ne sait rien du lieu où tous se cachent, rien de ce qui a bien pu se passer.</p>
<p><span id="more-4069"></span></p>
<p>Reste la volonté farouche, vitale même, de <strong>Viviane</strong> à tout raconter. Vite. A expliquer ce qui se passe, à parler de <strong>Marie</strong>, sa moitié depuis qu&rsquo;elle est enfant, à revenir sur les échanges avec ses patients d&rsquo;avant, à évoquer son histoire d&rsquo;amour, la relation à son chien, etc.</p>
<p>Un roman court, tout en tension, drôle et effrayant à la fois. Un texte post-traumatique pour mieux dénoncer une mainmise technologique totalitaire, encadrée par des robots et des drones. Un roman politique donc. Le prolongement d&rsquo;une nouvelle publiée il y a vingt ans déjà et qui résonne de manière particulière alors qu&rsquo;ici et là dans le monde, des situations se tendent, des conflits se cristallisent avec, toujours, une menace pesant lourdement sur la liberté.</p>
<p>Une dystopie captivante.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque son nouveau roman</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/sbAjafjHPNQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 28-29 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je faisais partie de ces pools de psys d&rsquo;urgence qu&rsquo;on a mis sur tous les gros coups du début du millénaire. Sale époque. Mais je traitais aussi les accidents banals, la voiture emboutie et le bruit qui perdure dans la tête, le boum, les acouphènes, les phobies qui s&rsquo;installent, la routine du traumatisme. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Jusqu&rsquo;à ce cliqueur qu&rsquo;on m&rsquo;adresse pour un simple stress au travail. Il avait vécu une échauffourée, je n&rsquo;appelle pas ça un attentat. Quand il était gamin, au lycée, ils avaient été confinés pendant qu&rsquo;un assaillant déambulait avec une machette. J&rsquo;ai des collègues qui traitent les assaillants. Ça m&rsquo;aurait intéressée je crois. Bon, mon patient remettait lui-même à sa juste place cet incident qui n&rsquo;avait pas plus coupé sa vie en deux que le jour où sa mère lui avait annoncé que son père n&rsquo;était pas son père – il y a une routine de la vie psychologique humaine.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 62 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Tout ça se situe avant le patient zéro mais ça m&rsquo;a quand même perturbée. J&rsquo;en référais à mon contrôleur mais j&rsquo;ai eu des crises d&rsquo;asphyxie plus fréquentes que d&rsquo;habitude. Je suis née avec un seul poumon. Marie, grâce à la génétique, en avait deux forcément, elle est parfaite Marie, donc j&rsquo;ai subi une assez lourde opération, à l&rsquo;âge de trois ans, où on m&rsquo;a greffé un poumon de Marie. Aucun souvenir, mais ma mère m&rsquo;en parlait souvent, elle pleurait à chaque fois et ça me perturbait. La greffe n&rsquo;a jamais vraiment pris. La cicatrice me faisait mal. Je peux à peine lever le bras tellement les tissus sont raides. Et puis, toujours essoufflée. Les psys qui m&rsquo;avaient en charge à l&rsquo;époque disaient que c&rsquo;était l&rsquo;angoisse, qui compromettait la prise de la greffe. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 151-152 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Nous, les fugitifs, nous récupérons des moitiés dès que nous pouvons. Au début je croyais que la motivation était la même pour tous : cette nostalgie que je ressentais, moi, d&rsquo;avoir été longtemps loin de Marie. Si longtemps à ne pas pouvoir la toucher, lui parler, si longtemps face à son sommeil. J&rsquo;ai cru qu&rsquo;on voulait tous retrouver nos moitiés à cause de ce manque. En fait, c&rsquo;est plus compliqué. J&rsquo;en viens à me dire que nous avons chacun une histoire différente avec nos moitiés. En tout cas, quand je suis arrivée, une attaque avait été organisée contre un petit centre de province, un black-out provoqué pendant lequel une dizaine de moitiés avaient pu être récupérées et transportées dans un camion. Ça restait des actions ponctuelles, me disait le cliqueur. Cet amateurisme l&rsquo;énervait. Un plan de plus grande envergure était en préparation. Il s&rsquo;agissait de vider entièrement le Centre , ils campaient dans cette forêt pour préparer leur coup.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Notre vie dans les forêts&nbsp;&raquo;, Marie Darrieussecq, P.O.L., 16€</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Des héritières soumises au poids du passé</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/24/des-heritieres-soumises-au-poids-du-passe/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Aug 2017 08:18:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[  Si une libraire attentive aux goûts de ses clients ne m&#8217;avait pas parlé de Marie Redonnet, je n&#8217;aurais jamais su que cette auteure avait un univers épatant et un style ciselé. Qui fait mouche. De retour dans les librairies l&#8217;an dernier après &#171;&#160;une crise de création&#160;&#187; qui aura duré dix ans, Marie Redonnet partage [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HERITIERES.jpg" rel="lightbox[3973]"><img class="alignleft wp-image-3974 size-medium colorbox-3973" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HERITIERES-224x300.jpg" alt="HERITIERES" width="224" height="300" /></a>  Si une libraire attentive aux goûts de ses clients ne m&rsquo;avait pas parlé de <strong>Marie Redonnet</strong>, je n&rsquo;aurais jamais su que cette auteure avait un univers épatant et un style ciselé. Qui fait mouche.</p>
<p>De retour dans les librairies l&rsquo;an dernier après <strong>&laquo;&nbsp;une crise de création&nbsp;&raquo;</strong> qui aura duré dix ans, <strong>Marie Redonnet</strong> partage avec les lecteurs un univers unique. En marge.</p>
<p>Après <strong>&laquo;&nbsp;Une femme au colt 45&Prime;</strong> dont je vous ai parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/06/28/une-femme-une-arme-un-destin/">ici</a></strong>, j&rsquo;ai décidé de remonter dans l&rsquo;oeuvre de <strong>Marie Redonnet</strong>. Et j&rsquo;ai plongé dans <strong>&laquo;&nbsp;Héritières&nbsp;&raquo;</strong>, un recueil de trois romans précédents ( sorti cet hiver), publiés une première fois il y a trente ans. Trois portraits de femme. Trois histoires dans lesquelles le personnage principal se retrouve empêché, entravé, contraint à se battre par tous les moyens pour sauver son identité et/ou recouvrer sa liberté. Mais les démons sont parfois à l&rsquo;intérieur&#8230;</p>
<p>Son éditeur, Le Tripode, explique : <em>&nbsp;&raquo; Lorsqu’en 1986 paraît le roman &laquo;&nbsp;<strong>Splendid Hôtel&nbsp;&raquo;</strong> aux <strong>Éditions de Minuit</strong>, nul ne sait alors que ce texte ne constitue en fait que le premier volet  d’un triptyque exceptionnel de cohérence et de force. Trente ans après leur genèse, voici les trois romans enfin rassemblés pour donner la pleine mesure d’une œuvre où, au sein de sociétés qui vacillent,  nous découvrons la vie de trois femmes en quête de leur identité.  D&rsquo;un roman à l&rsquo;autre, tandis que la violence se fait latente à chaque page, se révèle la beauté de ces trois êtres qui ne renoncent jamais &laquo;&nbsp;</em></p>
<div id="attachment_3975" style="width: 748px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARIE-REDONNET.jpg" rel="lightbox[3973]"><img class="size-full wp-image-3975 colorbox-3973" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARIE-REDONNET.jpg" alt="Marie Redonnet (photo Christophe Ono-Dit-Biot)" width="738" height="984" /></a><p class="wp-caption-text">Marie Redonnet<br />(photo Christophe Ono-Dit-Biot)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Je donne des voix à des femmes venues de nulle part&nbsp;&raquo;</strong></em>, aime à dire <strong>Marie Redonnet</strong> qui, dans ce recueil, réunit trois romans écrits à six mois d&rsquo;intervalle à chaque fois et publiés dans la foulée entre 1986 et 1987, aux Editions de Minuit. Le Tripode les a réunis, histoire de faire vivre à nouveau ce triptyque, composé de <strong>&laquo;&nbsp;Splendid Hotel&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Forever Valley&nbsp;&raquo;</strong> et enfin <strong>&laquo;&nbsp;Rose Mélie Rose&nbsp;&raquo;. Trois histoires écrites au scalpel.<br />
</strong></p>
<p><span id="more-3973"></span></p>
<p>Le <strong>Splendid Hotel</strong> est construit au bord d&rsquo;un marais. L&rsquo;héroïne en a hérité à la mort de sa grand-mère. Un cadeau qui devient vite empoisonné.</p>
<p>Alors voilà <em>&nbsp;&raquo; Vingt-trois chants où le “ je ” d&rsquo;une femme sans nom, sans âge, sans visage, dit la Passion du Splendid Hôtel, son trésor, sa chose, légué par grand-mère qui l&rsquo;a fait construire au bord du marais virulent. Splendid Hôtel déjà délabré, attaqué, miné, et qui ne cessera d&rsquo;endurer tous les fléaux, de souffrir de tous les maux, dont le pire : la tendance fatale de ses sanitaires à se boucher, la narratrice toujours occupée à les déboucher. Laborieuse, infatigable narratrice, toute consacrée aux soins du Splendid Hôtel, dévouée aux malheureux clients – les anonymes, attirés par les enseignes clignotantes, et les professionnels du Chemin de fer venus imposer au marais leur grand œuvre –, harcelée qu&rsquo;elle est pendant ce temps par ses deux sœurs parasites, Ada la malade et Adel la comédienne ratée, l&rsquo;une et l&rsquo;autre semant sans cesse le trouble et la zizanie. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Forever Valley :</strong> Une jeune fille vit seule avec le père dans l&rsquo;ancien presbytère d&rsquo;un hameau de montagne. Le père, qui voit la paralysie le gagner, confie l&rsquo;adolescente à <strong>Massi</strong>, la patronne du dancing voisin. Celle-ci offre à sa protégée une robe à volants en organdi et des souliers vernis à talon, et lui apprend à se conduire comme il faut avec les clients, en particulier les douaniers, qui viennent danser ici le samedi soir. Le reste de la semaine, la jeune fille le consacre à des fouilles dans le jardin du presbytère, pour y chercher des morts.</p>
<p><strong>Rose Mélie Rose :</strong> <strong>Rose</strong> meurt le jour où <strong>Mélie</strong> a douze ans et ses premières règles. Alors <strong>Mélie</strong> quitte le magasin de souvenirs de l&rsquo;Ermitage pour aller à Oat – prononcer “ O-at ” – au bord de la mer, avec dans son sac le livre de légendes, cadeau de <strong>Rose</strong>. Il y a deux côtés à Oat : le côté de la lagune et des très vieux : <strong>Nem</strong>, <strong>Mélie</strong>, et des vieux : le brocanteur, le photographe ; et le côté du port avec <strong>Pim</strong>, <strong>Yem</strong>, <strong>Cob,</strong> <strong>mademoiselle Marthe</strong>. <strong>Mélie</strong> vit au 7 rue des Charmes, va aux goûters dansants du Continental, va une fois au Bastringue, puis découvre la plage aux Mouettes. Elle a toujours avec elle son polaroïd, pour les douze photos qu&rsquo;elle aura à faire en écrivant au dos la légende, et en les glissant l&rsquo;une après l&rsquo;autre dans son livre de légendes, pour <strong>Rose.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18</strong> (<strong>&laquo;&nbsp;Splendid Hotel&nbsp;&raquo;</strong>) :<em> &nbsp;&raquo; C&rsquo;est une chance qu&rsquo;on construise la voie ferrée. On dit qu&rsquo;elle va contourner le marais. Tous les clients viennent du chantier. Ils préfèrent loger à l&rsquo;hôtel plutôt que de dormir dans les tentes que la compagnie leur donne. Ils ont beau se plaindre du mauvais fonctionnement des sanitaires, le Splendid Hôtel est une providence pour eux. Je fais tout ce que je peux pour leur être agréable. Je m&rsquo;occupe tout particulièrement des sanitaires. Par cette chaleur surtout, il faut veiller à ce que l&rsquo;écoulement se fasse. Les hommes du chantier m&rsquo;en savent gré. J&rsquo;ai besoin d&rsquo;eux. Ce n&rsquo;est pas comme mes soeurs. Je me passerais très bien de leur présence. Je n&rsquo;ai jamais vécu avec elles, et voilà qu&rsquo;elles partagent ma vie. C&rsquo;est mère qui leur a demandé de revenir au Splendid, un peu avant de mourir. Elle ne m&rsquo;a pas demandé mon avis. Elle voulait que je m&rsquo;occupe de mes soeurs quand elle ne serait plus là pour s&rsquo;occuper d&rsquo;elles. Mais moi je préfère m&rsquo;occuper des clients du Splendid plutôt que de mes soeurs.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 : ( Forever Valley&nbsp;&raquo;) :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai été voir Massy comme le père me l&rsquo;a demandé pour qu&rsquo;elle fasse mon éducation. Je n&rsquo;ai encore jamais parlé au père de mon projet personnel. Si ça se trouve, il penserait que je n&rsquo;ai pas encore l&rsquo;âge de le réaliser, et il s&rsquo;y opposerait. Il ne me parle que de Massi. Massi ne va plus au cimetière depuis qu&rsquo;elle a ouvert le dancing. Je n&rsquo;ai encore jamais été chez Massi un samedi soir. Je n&rsquo;avais pas l&rsquo;âge, et je ne sais pas danser. Massi est très stricte sur le règlement. L&rsquo;entrée du dancing est interdite aux moins de seize ans. C&rsquo;est peut-être parce que je viens juste d&rsquo;avoir seize ans que le père veut que Massi fasse mon éducation, pour que je puisse aller au dancing le samedi soir. Massi a approuvé la décision du père. Elle est contente que le père m&rsquo;envoie parce qu&rsquo;elle a besoin de quelqu&rsquo;un pour la seconde le samedi soir. Il y a bien les filles de la laiterie de la vallée d&rsquo;en bas qui travaillent au dancing, mais Massi dit qu&rsquo;elle ne peut pas compter sur elles pour tout. Elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle me présenterait aux douaniers. Les douaniers, c&rsquo;est sa clientèle préférée. Elle dit que j&rsquo;ai droit à la meilleure clientèle parce que le père m&rsquo;a donné la meilleure éducation. C&rsquo;est la première fois que Massi m&rsquo;a fait monter à l&rsquo;étage. Il y a beaucoup de chambres. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 350- 351 (&laquo;&nbsp;Rose Mélie Rose&nbsp;&raquo;) :</strong><em> &laquo;&nbsp;Quand je suis arrivée à la plage aux Mouettes, j&rsquo;ai tout de suite été dans la Buick. Dès que je me suis couchée sur la banquette arrière, j&rsquo;ai perdu connaissance. Je ne sais pas combien de temps s&rsquo;est passé avant que je revienne à moi. La banquette de la Buick est tachée de sang. Le sang continue de couler. C&rsquo;est mauvais de perdre tout ce sang. Dans quel état est la Buick. Elle est toute rouillée et maintenant la banquette arrière est tachée de sang. Les mouettes ont fini par déchirer la capote avec leur bec. Elles ont envahi la Buick. Il y a en a partout sur les fauteuils avant, il y en a plein serrées contre moi sur la banquette arrière, il y en a sur le capot qui me regardent à travers le pare-brise, qui regardent le sang. Les mouettes me tiendraient chaud si je n&rsquo;avais pas si froid. Je tremble de froid.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Héritières&nbsp;&raquo;, de Marie Redonnet, Le Tripode, 19€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Femme libre, toujours tu chériras la mer&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2016 09:07:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Nous ne sommes qu&#8217;au printemps et je vous annonce déjà le roman de l&#8217;année. Je m&#8217;emballe ? Pas si sûr. En refermant &#171;&#160;Le grand marin&#160;&#187;, premier roman de Catherine Poulain,  j&#8217;ai pris une claque. Comme en l&#8217;ouvrant d&#8217;ailleurs. Tout cela à cause de la première phrase. Je vous raconte ? &#171;&#160;Il faudrait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff6600"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="alignleft size-full wp-image-3524 colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN.jpg" alt="GRAND MARIN" width="409" height="599" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous ne sommes qu&rsquo;au printemps et je vous annonce déjà le roman de l&rsquo;année. Je m&rsquo;emballe ? Pas si sûr. En refermant <strong>&laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;,</strong> premier roman de <strong>Catherine Poulain</strong>,  j&rsquo;ai pris une claque. Comme en l&rsquo;ouvrant d&rsquo;ailleurs. Tout cela à cause de la première phrase. Je vous raconte ?</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Il faudrait toujours être en route pour l&rsquo;Alaska. Mais y arriver à quoi bon.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Des mots qui invitent à embarquer. <strong>Catherine Poulai</strong>n l&rsquo;a fait, elle. Dix ans de sa vie sur les bateaux de pêche en Alaska. Seule femme à bord. Pour la beauté du geste, et une putain de liberté chérie depuis ses vingt ans et son départ de Manosque.</p>
<p>D&rsquo;Europe en Asie en passant par l&rsquo;Amérique,<strong> Catherine Poulain</strong>, &laquo;&nbsp;runaway&nbsp;&raquo; jamais lassée, aura été barmaid à Hong-Kong, ouvrière agricole au Canada, employée d&rsquo;une conserverie de poisson en Islande&#8230; et donc pêcheuse en Alaska, là-bas, du côté de Kodiak.</p>
<p>Elle y passera dix ans, de 1993 à 2003. A cette date, les services de l&rsquo;Immigration lui intiment l&rsquo;ordre de quitter le pays. Elle n&rsquo;est pas en règle. Elle regagne la France. Aujourd&rsquo;hui, cette quinquagénaire au visage buriné et aux mains qui intimident, se partage son temps entre deux activités : bergère dans les Alpes-de-Haute-Provence et employée dans les vignobles du Bordelais.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3523"></span></p>
<div id="attachment_3539" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG-0783-moonset-harbor-alaska.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="wp-image-3539 size-medium colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG-0783-moonset-harbor-alaska-300x200.jpg" alt="IMG-0783-moonset-harbor-alaska" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Kodiak, Alaska (Photo Marion Owen)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ses carnets noircis pendant ses heures de quart, elle les a gardés jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une rencontre avec un écrivain également journaliste lui fasse comprendre qu&rsquo;elle tenait là un matériau fantastique pour un roman. Le premier. <strong>Catherine Poulain</strong> a, au fil d&rsquo;entrevues, expliqué avoir toujours voulu écrire.</p>
<p>A 56 ans, elle signe un roman magistral. Parce qu&rsquo;il lui ressemble ? En partie. Nul doute que <strong>Lili,</strong> le brin de femme qui monte à bord du <em>Rebel</em> pour y enchainer les saisons de pêche (morue noire, du flétan et du saumon), s&rsquo;inspire de la propre vie de l&rsquo;auteure.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3535" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN-PHOTO.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="wp-image-3535 size-medium colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN-PHOTO-300x192.jpg" alt="GRAND MARIN PHOTO" width="300" height="192" /></a><p class="wp-caption-text">Catherine Poulain (photo Geoffroy Mathieu)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Lili</strong>, &laquo;&nbsp;la petite Française&nbsp;&raquo; embarque donc. Illégale. Et inexpérimentée. Qu&rsquo;importe. Elle apprendra. Quitte à risquer de perdre la vie, à cause de blessures gravissimes. Elle reste. S&rsquo;accroche dans une obsession du mouvement. Boit des bières avec les autres et ne compte pas ses heures. Oublie sa fatigue et son corps qui crie &laquo;&nbsp;Stop&nbsp;&raquo;. Elle reste pour <strong>Jude</strong>. &laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est lui. Comme elle, il a une trentaine d&rsquo;années. Un taiseux travailleur et alcoolique. <strong>Lili</strong> l&rsquo;apprivoise. Et ils s&rsquo;aimeront.</p>
<p><strong>Mais ces deux-là peuvent-ils se contenter d&rsquo;une vie comme les autres, avec son possible confort et ses règles sociales ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un livre puissant. Romanesque. Et divinement bien écrit. Chapeau bas !</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 33-34 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me lève aux aurores. Je saute au bas de ma couchette. Ça m&rsquo;appelle. Le dehors, l&rsquo;air d&rsquo;algues et de coquillages, les corbeaux sur le pont, les aigles dans le mât; le cri des mouettes sur les eaux lisses du port. Je prépare le café pour les deux hommes. Je sors. Je cours sur les docks. Les rues sont désertes. Je rencontre le jour nouveau. Je retrouve le monde d&rsquo;hier. La nuit l&rsquo;a caché puis rendu. Je rentre au bateau hors d&rsquo;haleine, Jesse et Ian se lèvent à peine. Les gars qui seront de l&rsquo;équipage ne vont pas tarder à arriver. Je bois le café avec eux. Mais qu&rsquo;ils sont lents. Mon pied remue sous la table. Je pourrais pleurer d&rsquo;impatience. Attendre est une douleur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Est-ce que mourir va durer longtemps ? Je renifle et me mouche entre deux doigts. C&rsquo;est triste, je pense en regardant le ciel, la mer, c&rsquo;est tellement dommage de mourir. Mais sans doute que c&rsquo;est normal aussi, s&rsquo;en être allée si loin et seule, si loin vers le si Grand Nord, là où on l&rsquo;appelle “the Last Frontier”, la dernière frontière et l&rsquo;avoir franchie, la frontière, avoir trouvé son bateau et se retrouver transportée de joie sur l&rsquo;océan, à y penser le jour et la nuit, à n&rsquo;en dormir presque plus sur son coin de plancher sale. Connaître des jours, des nuits, des aubes belles à en renier son passé, à y vendre son âme. Oui, avoir osé la franchir, la frontière, ça ne pouvait être que pour y trouver la mort, y pêcher sa fin très rouge et très belle, un poisson ruisselant de mer et de sang, venu se ficher dans ma main comme une flèche flamboyante. Je revois mon départ, la traversée des déserts dans le car au lévrier bleu, le ciel de l&rsquo;anorak et ses nuages de duvet autour de moi&#8230; C&rsquo;était donc pour cela que je partais, cette force qui me donnait  toutes les audaces, gagner ma mort. Je revois Manosque-les-Couteaux où je ne mourrai pas, enfin, traquée dans une chambre obscure. Je ne pleure plus. Je redescends dans le carré. Ma main est devenue inerte. Une fois de plus je me sens fautive en voyant les hommes s&rsquo;affairer sur le pont. Je me recroqueville dans la coursive. Il y  fait sombre et chaud. Je serre ma main contre mon ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 224 :</strong><em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi qui vais pleurer si ça continue – s&rsquo;il me regarde encore avec ces yeux de chien blessé –, c&rsquo;est moi qui pleure. Je le repousse. Je sens ses côtes sous mes mains. Une dernière fois je vois son visage écorché, grand enfant éperdu, avant qu&rsquo;il ressorte. Ce soir ce sera bien ma faute s&rsquo;il boit des gins tonics jusqu&rsquo;à rouler par terre. Je m&rsquo;enfonce dans l&rsquo;antre de ma couchette. Je m&rsquo;enfouis tout entière dans mon duvet. J&rsquo;ai déchargé dix tonnes de poisson, je me suis battue au pic avec la glace de la cale, je me suis rebellée et j&rsquo;ai fait le tour des bars, rencontré un trappeur triste. Mon skipper veut m&rsquo;emmener pêcher à Hawaï et Jude au motel. Manosque-les-Couteaux m&rsquo;attend toujours. C&rsquo;est beaucoup pour une même journée. Les hommes sont repartis au bar. J&rsquo;entends l&rsquo;eau glisser sur le flanc du bateau.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;, De Catherine Poulain, Editions de l&rsquo;Olivier, 19€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Toujours prisonnier&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/01/toujours-prisonnier/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2015 07:32:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Jeanne Benameur]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre virée à travers les romans de cette nouvelle rentrée littéraire ! Au programme, une première halte, pour moi, dans les mots de Jeanne Benameur, auteure de &#171;&#160;Otages intimes&#160;&#187;. Voici un roman, le onzième de Jeanne Benameur, également auteure d&#8217;ouvrages pour la jeunesse, de recueils de poésie et de pièces de théâtre, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><span class="coul1" style="color: #ff9900"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
</blockquote>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Otages-intimes-159x300.jpg" rel="lightbox[3176]"><img class="alignleft size-full wp-image-3178 colorbox-3176" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Otages-intimes-159x300.jpg" alt="Otages-intimes-159x300" width="159" height="300" /></a>Poursuivons notre virée à travers les romans de cette nouvelle rentrée littéraire ! Au programme, une première halte, pour moi, dans les mots de <strong>Jeanne Benameur</strong>, auteure de <strong>&laquo;&nbsp;Otages intimes&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Voici un roman, le onzième de<strong> Jeanne Benameur,</strong> également auteure d&rsquo;ouvrages pour la jeunesse, de recueils de poésie et de pièces de théâtre, qui nous plonge dans la vie d&rsquo;<strong>Etienne</strong>, photographe de guerre.</p>
<p>Dans un pays dont nous ne saurons rien, <strong>Etienne</strong> a été pris en otage, des mois durant. L&rsquo;heure de sa libération a enfin sonné. <strong>Etienne</strong> est libre, certes, mais tellement prisonnier encore de ses pensées.</p>
<p>Il rejoint sa mère,<strong> Irène</strong>, dans le village qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais quitté. C&rsquo;est là, entre promenades et musique, qu&rsquo;il fait le point. Qu&rsquo;il cherche des solutions. Qu&rsquo;il retrouve également <strong>Enzo</strong>, son ami ébéniste et <strong>Jofranka</strong>, petite fille venue de très loin, devenue avocate à La Haye, pour défendre la voix des femmes.</p>
<p>Tous les trois ont grandi ensemble.  <strong>Jofranka</strong> et <strong>Enzo</strong> se sont mariés. Avant de se séparer.  <strong>Emma</strong>, elle, compagne d&rsquo;<strong>Etienne</strong> jusqu&rsquo;à son enlèvement, lui a écrit une lettre&#8230;</p>
<p><span id="more-3176"></span></p>
<p>Alors <strong>Etienne</strong> tente de retrouver sa place dans le monde, dans son monde. Sans pouvoir oublier cependant le regard de cette femme capté par son appareil-photo quelques secondes avant d&rsquo;être enlevé.</p>
<p><strong>Dans une interview, Jeanne Benameur revient sur la genèse de ce roman. Née en 1952 d&rsquo;un père algérien et d&rsquo;une mère italienne, elle a été profondément marquée par la guerre d&rsquo;Algérie.<br />
</strong></p>
<p><em><span class="coul1"><strong>&laquo;&nbsp;Pour que j’ouvre un chantier d’écriture</strong>, il faut que je sois traversée par une question qui insiste, s’impose. Je sens à un moment que ce n’est que par l’écriture que “ ça ” va prendre forme. Le roman me permet d’explorer, jusqu’au bout et par des facettes différentes, un questionnement, ce que dans la vie je ne peux pas faire. Le roman est une quête qui m’est nécessaire au moment où je l’écris.</span></em></p>
<p><em><span class="coul1"> Avec Otages intimes, le questionnement était : quelle part de nous est toujours prise en otage ? Tous, nous sentons parfois qu’un territoire en nous reste inexploré, fermé. Ces espaces dont nous ne sommes pas libres appellent parfois. Il faut souvent ce qu’on nomme “ une crise ” pour aller y voir… se risquer à découvrir.</span></em></p>
<p><em><span class="coul1"> Je vis dans un monde où les images de la guerre sont omniprésentes, sur les écrans, dans toutes les actualités. La guerre, je l’ai vécue lorsque j’étais enfant, à cinq ans, quand toute ma famille fut attaquée par ceux que l’on connaîtrait ensuite sous le sigle OAS (&laquo;&nbsp;Ça t’apprendra à vivre&nbsp;&raquo;, Babel).</span></em></p>
<p><em><span class="coul1"> J’ai été “ sidérée ” par la violence des hommes. De cette sidération on ne revient pas indemne. L’intensité vécue au moment du péril, rien ne pourra plus l’égaler. À part, pour moi, l’intensité de l’écriture. C’est sans doute pour cela que le corps a une telle “ vie ” dans mes textes.</span></em></p>
<p><em><span class="coul1"> C’est la première fois que je peux me lancer dans la fiction sur ce terrain-là qui m’habite depuis si longtemps. Les questions d’écriture n’en ont été que plus aiguës. J’espère que corps, imaginaire et pensée trouvent leur forme juste par ce texte.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 68 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Chaque nuit depuis son retour, il faut qu&rsquo;il lutte pour ne pas se sentir réduit.  Il lutte contre le sentiment d&rsquo;avoir perdu quelque chose d&rsquo;essentiel, quelque chose qui le faisait vivant parmi les vivants .Il n&rsquo;y a pas de mot pour ça. Alors dormir dans la chambre de l&rsquo;enfance, non. Il a besoin d&rsquo;un lieu que son corps n&rsquo;a jamais occupé, comme si ce corps nouveau qui est le sien ne pouvait plus s&rsquo;arrimer aux anciens repères. La grande, l&rsquo;immense joie du retour qu&rsquo;il n&rsquo;osait même plus rêver, il n&rsquo;arrive pas à la vivre. Il est toujours au bord. Sur une lisière. Il n&rsquo;a pas franchi le seuil de son monde. L&rsquo;exil, c&rsquo;est ça ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 102-103 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Loin, très loin de la chambre de Jofranka, une autre femme ne dort pas. Elle est nue, auprès d&rsquo;un homme qu&rsquo;elle aime. Est-ce que cela suffit ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;homme s&rsquo;est endormi. Elle le regarde. Elle a toujours aimé le sommeil des hommes auprès d&rsquo;elle. Dans le souffle des corps endormis, elle écouté. Parfois elle dépose un baiser sur l&rsquo;épaule du dormeur ou au creux de ses reins. C&rsquo;est sa façon d&rsquo;aimer. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Etienne se réveillait toujours. Un homme sur le qui-vive. Elle n&rsquo;osait plus. Alors elle posait ses lèvres en pensée sur son corps de la nuit, ne le touchait pas. Elle regardait sans fin cette peau qui s&rsquo;était frottée à la peur à la détresse à l&rsquo;horreur. La peau reste lisse. Sous la peau, le sang charrie les images. Il y avait chez elle un effroi.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est cet effroi qu&rsquo;elle a fui ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;horreur est contagieuse.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle a écrit Je suis lâche. Etienne ou peut-être forte de la vie à laquelle je tiens tant. Toi, tu est un intermittent de la vie. Moi pas. Il aurait fallu que je puisse, comme toi, mettre tout de côté, à l&rsquo;abri dans un coin de ma tête, de mon coeur, pour pouvoir vivre quand même. En t&rsquo;attendant. Toujours en t&rsquo;attendant. Je n&rsquo;ai pas pu.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 151:</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je n&rsquo;ai jamais su prendre soin de qui que ce soit. Je ne sais que prendre des risques. Pour moi. Rapporter ce que j&rsquo;ai pu arracher au chaos du monde. Je ne sais faire que ça. Prendre soin c&rsquo;est pour les pères de famille les époux les engagés du quotidien. Moi je ne signe que mes photos, la durée des jours tranquilles je n&rsquo;ai jamais su la signer, je ne m&rsquo;y suis jamais engagé. Jamais. Je suis en pointillé. Un homme en pointillé. Et on prend ça pour de l&rsquo;héroïsme ! les seuls héros ce sont ceux qui restent. Et qui vivent.&nbsp;&raquo;<br />
</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> </span></strong></p>
<p><span style="color: #0000ff"> <span style="color: #333333">On peut se sentir prisonnier, mais quand on est libre. Et ce, à différents niveaux de lecture. Voilà ce que nous dit Jeanne Benameur à travers l&rsquo;histoire d&rsquo;Etienne, de sa mère et ses deux meilleurs amis. Lui a choisi l&rsquo;action. Comme Jofranka. Irène et Enzo ont trouvé d&rsquo;autres moyens de se sentir libres. Et entiers. A chacun sa quête de liberté. Un roman qui se lit très facilement, malgré, par moments, une ponctuation qui disparaît. Sans raison.</span></span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Otages intimes&nbsp;&raquo;, Jeanne Benameur, Actes sud, 18,80€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le destin empêché de Bénédicte Ombredanne</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/13/le-destin-empeche-de-benedicte-ombredanne/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2014 14:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous poursuivons notre petit cheminement à travers les nouveautés de cette rentrée littéraire. Parmi elles, des livres surprises et d&#8217;autres, particulièrement attendus. C&#8217;était le cas avec &#171;&#160;L&#8217;amour et les forêts&#160;&#187;, nouvel opus d&#8217;Eric Reinhardt, auteur dont j&#8217;ai particulièrement apprécié les deux derniers romans,  &#171;&#160;Cendrillon&#160;&#187;, et &#171;&#160;Le système Victoria&#160;&#187;, que j&#8217;avais évoqué ici. Un roman encensé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-ET-FORETS.jpg" rel="lightbox[2642]"><img class="alignleft size-full wp-image-2646 colorbox-2642" style="margin: 10px" alt="AMOUR ET FORETS" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-ET-FORETS.jpg" width="195" height="292" /></a>Nous poursuivons notre petit cheminement à travers les nouveautés de cette rentrée littéraire. Parmi elles, des livres surprises et d&rsquo;autres, particulièrement attendus. C&rsquo;était le cas avec <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour et les forêts&nbsp;&raquo;</strong>, nouvel opus d&rsquo;<strong>Eric Reinhardt</strong>, auteur dont j&rsquo;ai particulièrement apprécié les deux derniers romans,  <strong>&laquo;&nbsp;Cendrillon&nbsp;&raquo;</strong>, et <strong>&laquo;&nbsp;Le système Victoria&nbsp;&raquo;</strong>, que j&rsquo;avais évoqué<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/09/18/au-coeur-du-systeme-reinhardt/"> ici. </a></strong></p>
<p>Un roman encensé ici et là déjà par les critiques. Le public devrait également apprécier ce magnifique portrait de femme. Celui de <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>.</p>
<p>L&rsquo;idée de ce roman est née d&rsquo;une rencontre entre <strong>Eric Reinhardt</strong> et l&rsquo;une de ses lectrices. Dans les Inrockuptibles du 13 au 19 août, l&rsquo;auteur explique :<strong><em> &nbsp;&raquo; J&rsquo;étais dans le train et ma voisine m&rsquo;a accosté. Elle m&rsquo;avait vu dans une émission littéraire à la télé et elle m&rsquo;a dit : “Vous êtes celui qui doit raconter mon histoire”. J&rsquo;étais sous le choc : c&rsquo;était une histoire de harcèlement conjugal&nbsp;&raquo;.</em> </strong></p>
<p>De ce témoignage et d&rsquo;une partie des correspondances entretenues avec d&rsquo;autres lectrices, Eric Reinhardt a imaginé son roman.</p>
<p><span id="more-2642"></span></p>
<p>Si dans <strong>&laquo;&nbsp;Le système Victoria&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;héroïne incarnait la capitalisme, le pouvoir de l&rsquo;entreprise et l&rsquo;argent, <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>, elle, est une femme entravée, empêchée, avilie par le pouvoir tout-puissant&#8230; de son mari <strong>Jean-François –, </strong>épousé par défaut, par dépit – que l&rsquo;on pourrait ranger parmi les pervers narcissiques.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est donc celle de cette femme. Professeure de lettres dans un lycée de l&rsquo;Est de la France, à Metz, elle est mariée et mère de deux enfants. Ses rêves se sont envolés. Ceux de son mari ne se sont pas réalisés non plus. Il fait payer le prix de son échec à sa femme, plus cultivée, plus profonde que lui. Suite à une soi-disante prise de conscience de son mari de ce qu&rsquo;il fait vivre à sa femme, <strong>Bénédicte</strong> décide de s&rsquo;inscrire sur un site de rencontres. Via internet, elle fait la connaissance d&rsquo;un homme<strong>, Christian, </strong>qui le temps d&rsquo;un après-midi, lui fera comprendre que sa vie pourrait être différente, et que l&rsquo;amour existe. Au milieu de la forêt, son horizon s&rsquo;éclaircit, son corps exulte et son coeur s&rsquo;emballe. Un épisode, unique et précieux, qui remet en cause le (très) fragile équilibre que <strong>Bénédicte</strong> tente de maintenir. Sa vie bascule. Tout s&rsquo;emballe. Elle ne s&rsquo;en remettra pas.</p>
<p>Très admirative de l&rsquo;oeuvre romantique de <strong>Villiers de l&rsquo;Isle-Adam</strong>, elle se rapproche du narrateur, qui n&rsquo;est autre qu&rsquo;un écrivain ( Eric Reinhardt aime endosser ce rôle), pour partager des souvenirs de lecture&#8230; et évoquer sa vie par fragments.  Un lien se crée. Une correspondance naît. Mais elle ne sauvera pas <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>. Le narrateur se fera enquêteur auprès de la soeur jumelle de Bénédicte notamment&#8230; trop tard cependant.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 53 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sa décision était prise, le cheminement qui l&rsquo;y avait conduite avait été accompli pendant la brève durée de son repas. Pourtant, jusqu&rsquo;à ce soir de mars, l&rsquo;idée de se rendre sur ce genre de sites ne s&rsquo;était même jamais présentée à son esprit, y compris dans ses fantasmes les inavouables. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;explosion qui venait de se produire avait été d&rsquo;une puissance inouïe, accentuée par l&rsquo;attitude de rétention dont elle avait fait preuve ces dix dernières années : rétention de désirs, de pulsions, de gaieté, de rêves, d&rsquo;espérance, d&rsquo;exigences, d&rsquo;ambition, de tendresse, de colère, de révolte. Les conséquences de cette posture de renoncement avaient été comparables en définitive à une insidieuse accumulation d&rsquo;explosifs, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle avait découvert ce soir-là quand la présence de toute cette dynamite entreposée par son abnégation dans un recoin obscur de son cerveau avait encore amplifié la violence du souffle. Un observateur présent dans la maison au moment des faits aurait pu percevoir distinctement deux détonations successives, la première liée au temps présent et aux aveux humides du mari, la seconde au gâchis qu&rsquo;elle se disait qu&rsquo;elle avait fait des années dernièrement écoulées. La seconde avait été encore plus assourdissante que la première.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle se dirait plus tard qu&rsquo;elle aurait dû tirer profit de l&rsquo;avantage qu&rsquo;elle avait pris à ce moment-là sur son mari pour imposer de nouvelles normes relationnelles. Si elle avait été un peu plus prévoyante, elle lui aurait expliqué ce qu&rsquo;elle attendait de leur vie commune, elle aurait pérennisé ce rééquilibrage par des repères placés entre eux comme autant d&rsquo;épingles de couturière piquées dans le tissu d&rsquo;une robe pour en marquer l&rsquo;ourlet.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 299:</strong> <em>&nbsp;&raquo; Elle m&rsquo;a dit un matin qu&rsquo;elle avait toujours adoré le mot surrender, entendu dans une chanson fameuse. A présent, elle savait pourquoi : elle connaissait la raison d&rsquo;être de cet obscur attachement pour ce mot. </em>Surrender. Reddition<em>. Il est beau, ce mot, non ? m&rsquo;a-t-elle dit ce matin-là? Reddition, avec ses deux d, c&rsquo;est sublime, tu ne trouves pas ? Mais enfin, ai-je protesté, qu&rsquo;est ce que tu racontes, tu dis n&rsquo;importe quoi ! Pas du tout, m&rsquo;a répliqué calmement pas jumelle.  Je t&rsquo;assure, Marie-Claire. Le moment est venu de me rendre. Le bonheur n&rsquo;a pas voulu de moi, j&rsquo;ai pourtant tout fait pour le mériter, tant pis, ma décision est prise, j&rsquo;abandonne.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pas de doute, Eric Reinhardt sait parler des femmes&#8230; et aux femmes. Avec ce nouveau roman, formidable portrait, il nous parle de l&rsquo;intime, de ce qui ne se voit pas, de ce qu&rsquo;on ne dit pas. Et qu&rsquo;il faut deviner. La langue de Reinhardt, riche, précise, nous entraîne dans les méandres de l&rsquo;âme et des sentiments. Jusqu&rsquo;à la fin de Bénédicte. A découvrir absolument. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour et les forêts&nbsp;&raquo;, Eric Reinhardt, Gallimard, 21,90€.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La propagande jusque sur la poutre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/01/27/la-propagande-jusque-sur-la-poutre/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Jan 2014 12:07:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Premier coup de coeur littéraire de l&#8217;année !  Avec &#171;&#160;La petite communiste qui ne souriait jamais&#160;&#187;, Lola Lafon signe un roman atypique, insolite et terriblement attachant. Ecrivain et musicienne, Lola Lafon, née en 1975, est déjà l&#8217;auteure de trois romans. Elle a également signé deux albums. &#160; &#160; Souvenez-vous ( pour ceux qui ont plus [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Premier coup de coeur littéraire de l&rsquo;année !  Avec <strong>&laquo;&nbsp;La petite communiste qui ne souriait jamais&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Lola Lafon</strong> signe un roman atypique, insolite et terriblement attachant.</p>
<p>Ecrivain et musicienne, <strong>Lola Lafon, </strong>née en 1975, est déjà l&rsquo;auteure de trois romans. Elle a également signé deux albums.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-petite-communiste-qui-ne-souriait-jamaisM136618.jpg" rel="lightbox[2296]"><img class="alignleft size-full wp-image-2302 colorbox-2296" style="margin: 10px" alt="la-petite-communiste-qui-ne-souriait-jamais,M136618" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-petite-communiste-qui-ne-souriait-jamaisM136618.jpg" width="184" height="340" /></a><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Souvenez-vous ( pour ceux qui ont plus de quarante ans !) . Aux Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, une jeune athlète de 14 ans, roumaine, fait oublier toutes les gymnastes précédentes. Nadia Comaneci engrange les 10 et devient une icône pour la moitié de la planète.</strong></p>
<p>La petite sylphide, objet politique de propagande, n&rsquo;a peur de rien. Sauf qu&rsquo;on la prive de liberté. Mais à quel prix ? Alors elle ferme les yeux, ne peut va voir ni se souvenir de que le couple<strong> Ceausescu</strong> a bien pu dire et faire croire. Qui ment ? Qui dit la vérité ? Le roman oscille entre les versions jusqu&rsquo;à la fuite vers les Etats-Unis, peu de temps avant la chute du système communiste roumain.</p>
<p><strong>Lola Lafon</strong>, qui a vécu en Roumanie jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de 12 ans et qui y retourne régulièrement, porte un regard sans concession sur ce personnage au corps gracile et musclé, imperturbable sur les barres et les poutres. Ici, pas de biopic à la sauce américaine, de biographie qui enjolive. Non, <strong>Nadia Comaneci</strong>, comme le dit elle-même l&rsquo;auteure, est <strong>&laquo;&nbsp;l&rsquo;anti-Britney Spears, une image d&rsquo;adolescente hypermédiatisée mais pas hypersexualisée&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2296"></span></p>
<p>Ce roman est un portrait. Celui d&rsquo;une enfant prodigieuse et d&rsquo;un corps élastique que l&rsquo;adolescence va ranger parmi les autres. Celui d&rsquo;un pays dont le chaos s&rsquo;annonce. Celui enfin d&rsquo;une fuite et d&rsquo;une quête d&rsquo;autre chose, entre 1969 et 1990.</p>
<p>A travers le roman<strong>, Lola Lafon</strong> alterne les narrateurs.<strong> Béla Karolyi</strong>, l&rsquo;entraîneur atypique aux méthodes musclées, s&rsquo;exprime, Nadia, ses amies. Et <strong>la Securitate</strong> qui veille. Une correspondance (imaginaire)entre l&rsquo;auteur et la gymnaste ponctue également ce roman puissant.</p>
<p><strong>Plongez dans les souvenirs des JO de Montréal et regardez les prouesses de Nadia Comaneci ici : </strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 29 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je reçois, suite à ma demande de témoignages pour entreprendre cet ouvrage, des dizaines de lettres et plus encore de mails de fans de Nadia C. La plupart de ces femmes ont une quarantaine d&rsquo;années, d&rsquo;autres, très jeunes, n&rsquo;ont pas l&rsquo;âge de l&rsquo;avoir vue en direct à Montréal. Mais toutes se souviennent du choc. De leur ébahissement lorsque Nadia C. détraque l&rsquo;ordinateur. De leur soudain dégoût des céréales trop sucrées, ces paquets remplis de mini-gadgets jetables, une abondance déplacée au royaume de l&rsquo;héroïque privation. De leur rejet des jupes si peu pratiques pour jouer à Nadia C., celle dont le justaucorps blanc devient le miroir accusateur de leur vie trop molle et sans devoirs. Car Nadia C. n&rsquo;est pas que légère. Elle est puissante et impitoyable. Nadia C. ne sourit jamais, ne dit jamais merci, ce sont les adultes qui la supplient de leur accorder un regard. Elle se tait, distante et concentrée, entourée d&rsquo;adultes en survêtement, étranges profs de gym qui la félicitent respectueusement. Celle qui vient d&rsquo;un pays que personne, pas même les parents, ne connaissait avant que la télé ne l&rsquo;évoque.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 77</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Béla scrute ses cernes, son odeur, boit-elle suffisamment entre les entraînements ? Et il doit également s&rsquo;occuper de celles qui forment le décor maintenant, des figurantes : les autres filles de l&rsquo;équipe. Ennuyeuses, prévisibles, leur peur et leur fatigue qu&rsquo;elles tentent de dissimuler quand Nadia, elle, est une plante carnivore de dangers dont il faut la gaver. Elle suit ce que son corps lui dicte, ce corps capable d&rsquo;inscrire le feu dans l&rsquo;air, une Jeanne d&rsquo;Arc magnésique. Elle grignote l&rsquo;impossible, le range de côté pour laisser de la place à la suite, toujours la suite.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 275-276 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] La fée sans autre désir que celui d&rsquo;accrocher à son cou fragile des médailles dorées dégage aujourd&rsquo;hui un parfum moite, son attitude est choquante, disent-ils. Certes, mais “son apparence n&rsquo;est bien plus ! ” assène un célèbre éditorialiste américain en guise de conclusion. Car c&rsquo;est de ça dont il est question : de tissus trop courts, pas assez chers, de nacres mal appliquées, de rouge trop rouge et de chair insouciante. Son péché, résume le </em>New York Times<em> : “Elle est devenue comme les autres.”</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Alors elle sera jugée comme les autres.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Lola Lafon l&rsquo;annonce d&rsquo;emblée : &laquo;&nbsp;La petite communiste qui ne souriait jamais&nbsp;&raquo;, n&rsquo;est pas une reconstitution historique de la vie de Nadia Comaneci. L&rsquo;auteure a choisi<em> &laquo;&nbsp;de remplir les silences de l&rsquo;histoire et ceux de l&rsquo;héroïne et de garder la trace des multiples hypothèses et versions d&rsquo;un monde évanoui&nbsp;&raquo;</em>. Un parti pris qui plonge le lecteur dans l&rsquo;Europe d&rsquo;avant, celle du Rideau de fer, des mensonges et des privations organisées.</span> <span style="color: #0000ff">Le roman de la fin de l&rsquo;innocence. Un vrai coup de coeur et la découverte d&rsquo;une jolie plume. </span></p>
<p style="text-align: left"><strong>&laquo;&nbsp;La petite communiste qui ne souriait jamais&nbsp;&raquo;, de Lola Lafon, Actes Sud, 21€.</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au milieu des brigands et de leurs mensonges&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/05/la-grace-des-brigands/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/05/la-grace-des-brigands/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 05 Sep 2013 09:06:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Véronique Ovaldé]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Nous y sommes ! Deux fois par an, la France est traversée, agitée par la rentrée littéraire. Un phénomène typiquement français qui nous entraîne sur divers continents à travers moult horizons. Cette fois encore, je vais vous présenter quelques-uns de ces nouveaux romans qui m&#8217;ont plu. Ou pas. Pas question de suivre des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline"><strong><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Rentrée littéraire</span></strong></span></p>
<p>Nous y sommes ! Deux fois par an, la France est traversée, agitée par la rentrée littéraire. Un phénomène typiquement français qui nous entraîne sur divers continents à travers moult horizons. Cette fois encore, je vais vous présenter quelques-uns de ces nouveaux romans qui m&rsquo;ont plu. Ou pas.</p>
<p>Pas question de suivre des diktats des chroniqueurs en vue ou les buzz fabriqués par les maisons d&rsquo;édition&#8230; Ici, que des livres choisis à cause d&rsquo;un titre, d&rsquo;un auteur&#8230; ou d&rsquo;une quatrième de couv.</p>
<p>Après <strong>Marie Darrieussecq</strong>, j&rsquo;ai choisi de vous parler de &laquo;&nbsp;<strong>La grâce des brigands&nbsp;&raquo;</strong>, le  nouveau roman de <strong>Véronique Ovaldé, </strong>dont les lecteurs de ce blog ont déjà découvert l&rsquo;univers<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/23/partir-pour-etre-libre-enfin/"> ici.</a></strong></p>
<div id="attachment_1980" style="width: 373px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/veronique-ovalde_2536470.jpg" rel="lightbox[1975]"><img class=" wp-image-1980  colorbox-1975" style="margin: 10px" alt="veronique-ovalde_2536470" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/veronique-ovalde_2536470.jpg" width="363" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : AFP photo Gabriel Bouys</p></div>
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<p>Véronique Ovaldé est née en 1972. Elle est écrivain et également éditrice chez Points. En 2009, son roman<strong> &laquo;&nbsp;Ce que je sais de Vera Candida&nbsp;&raquo;</strong>, reçoit le 18e  <strong>prix Renaudot des lycéens</strong>, mais aussi le <strong>prix France Télévision</strong>s  et le grand<strong> Prix des lectrices de Elle.</strong></p>
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<p><span id="more-1975"></span></p>
<p><!--more--></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_La-grace-des-brigands_54281.jpeg" rel="lightbox[1975]"><img class="alignleft size-full wp-image-1983 colorbox-1975" style="margin: 10px" alt="cvt_La-grace-des-brigands_5428" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_La-grace-des-brigands_54281.jpeg" width="174" height="256" /></a></p>
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<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Maria Cristina Väätonen</strong> qui a choisi, à 16 ans, de quitter Lapérouse, le grand Nord canadien et sa famille toxique pour vivre son rêve d&nbsp;&raquo;écriture sous le soleil de Santa Monica. Jusqu&rsquo;au jour où sa mère, à qui elle n&rsquo;a pas parlé depuis dix ans, l&rsquo;appelle. Il s&rsquo;agit de &laquo;&nbsp;sauver&nbsp;&raquo; le petit <strong>Peeleete</strong>, le fils de sa soeur<strong> Meena</strong>, entrée dans une secte.</p>
<p>Un narrateur anonyme, et qui le reste jusqu&rsquo;au bout du roman, nous raconte alors la vie de <strong>Maria Cristina. </strong>Nous dévoile ses cicatrices, ses blessures et comment l&rsquo;écriture lui a permis de vivre une nouvelle vie, une autre vie.</p>
<p>Entre un père taciturne, une mère bigote et caractérielle et une soeur diminuée après un accident qui la jalouse, <strong>Maria Cristina</strong> a préféré fuir. Avant d&rsquo;écrire un roman autobiographique dans lequel elle règle ses comptes ( et écrit que sa mère et sa soeur sont mortes dans un accident, ce qui est totalement faux!)  et de rencontrer un auteur heroïnomane et dandy qui, tout en attendant de se voir remettre le prix Nobel de littérature, profite du talent de sa protégée.  Et puis il y a Judy Garland, l&rsquo;homme de confiance de Claramunt qui, sous un nom volé, va permettre à notre héroïne de vivre une belle histoire, bien qu&rsquo;un peu courte&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 40-41 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle sait qu&rsquo;aller jusqu&rsquo;à Lapérouse va la replonger dans son enfance, qu&rsquo;elle pourrait considérer ce trajet comme une tentative de réconciliation même si elle se fout de la réconciliation, ou du moins c&rsquo;est ce dont elle se persuade, elle se fout de parler à sa mère et que celle-ci ait du mal à s&rsquo;abstenir de lui reprocher son absence à l&rsquo;enterrement du père, elle se fout de ce que sa mère dira à propos de sa vie en Californie, elle dira, Du moment que tu es heureuse, mais ce sera faux, la mère de Maria Cristina prononcera ces mots parce qu&rsquo;elle pensera qu&rsquo;une mère doit les prononcer, la mère de Maria Cristina a sûrement été vexée par le succès de sa fille et ce qui était écrit sur elle dans son premier roman, vexée et sans doute jalouse, puisque la jalousie est bien le nerf de la guerre dans cette famille, elle a été vexée et jalouse si du moins elle a été informée du succès de sa fille, et elle a dû en être informée, il y a la radio et la télévision à Lapérouse, même si Marguerite Richaumont n&rsquo;écoute que les vêpres à la radio, elle anime d&rsquo;ailleurs peut-être encore l&rsquo;émission locale qu&rsquo;elle présentait par le passé </em>( Plus près de toi, Seigneur)<em>, Lapérouse n&rsquo;est pas aussi rétrograde qu&rsquo;elle, la ville a dû suivre plus ou moins le mouvement général et s&rsquo;intéresser à ce qui se passe au-delà de ses frontières, ses limites se sont faites plus poreuses, quelqu&rsquo;un a pu arrêter Marguerite Richaumont dans la rue principale de Lapérouse et lui dire, J&rsquo;ai vue votre fille à la télévision, et Marguerite Richaumont a dû hausser les sourcils, et ensuite elle a fait comme si elle était au courant pour que personne ne mesure l&rsquo;étendue de leurs dissensions ou elle s&rsquo;est offusquée de cette information en serrant son cabas contre son ventre et en répondant, Je n&rsquo;ai pas de fille qui s&rsquo;appelle Maria Cristina.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 79 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Maria Cristina avait été un bébé accommodant et silencieux sans doute pour contrebalancer la clameur et les cris poussés par sa soeur depuis sa naissance. Chacun utilise une stratégie à sa portée quand il tombe dans une famille comme celle des Väätonen-Richaumont. Elle devint une petite fille dissimulatrice et discrète. Quand elle ne se battait pas avec sa soeur et n&rsquo;était pas dans la forêt, elle lisait. Elle allait à la bibliothèque de Lapérouse, prenait des livres qui louaient le Seigneur et les présentait à sa mère quand elle revenait. Au fond de son sac, elle cachait un ou deux romanciers démoniaques qu&rsquo;elle lut trop tôt, Henry Miller ou Norman Mailer. La littérature passait en fraude dans la maison rose&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Au momeny où elle rencontra Claramunt, Maria Cristina, malgré le réconfort que lui apportait sa cohabitation avec Joanne, n&rsquo;arrivait pas à prendre ce que celle-ci appelait de la hauteur. Prends de la hauteur, lui répétait constamment Joanne en fumant des joints sur le canapé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Maria Cristina, en quelque sorte, se débattait. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle voulait retourner dans la forêt. Elle ne l&rsquo;aurait avoué pour rien au monde mais c&rsquo;était là qu&rsquo;elle voulait aller. C&rsquo;était le seul recours qu&rsquo;elle avait jamais eu pour se sentir un peu moins anxieuse. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>N&rsquo;oublions pas que Maria Cristina avait été une petite fille qui, pour trouver le sommeil, mettait en scène son propre enterrement et se délectait de la détresse et des remords de ceux qu&rsquo;elle laisserait derrière elle. Ce genre de petite fille, quand elle devient grande, se transforme en une personne d&rsquo;une intranquillité encombrante.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Véronique Ovaldé a ce talent rare de nous emmener avec elle sans la moindre difficulté. Son écriture, peut-être ici plus introspective mais qui garde encore sa fantaisie, nous entraîne dans le sillage de ses personnages aux profondes cicatrices. Pour la première fois, l&rsquo;auteure aborde le thème de l&rsquo;écriture et de ses effets. Un roman savoureux à dévorer dans ces derniers jours d&rsquo;été au milieu de ces brigands et de leurs mensonges&#8230; </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La grâce des brigands&nbsp;&raquo;, Véronique Ovaldé, les Editions de l&rsquo;Olivier, 19,50€.</strong></em></p>
</blockquote>
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