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	<title>Quatrième de couv &#187; couple</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>L&#8217;art de réinventer sa vie&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 09:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2023 La rentrée littéraire 2023 est la moins prolifique du siècle, avec “seulement” 466 romans, contre 490 l’an passé, et 521 en 2021. Ce qui nous laisse quand même des tas de possibilités de découvertes et de rencontres avec des auteurs aguerris ou débutants. Parmi les petites pépites de cette nouvelle édition, Trust, second roman [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #800080">Rentrée littéraire été 2023</span></h4>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-6451 colorbox-6448" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRUST.jpg" alt="TRUST" width="195" height="295" /></p>
<p>La rentrée littéraire 2023 est la moins prolifique du siècle, avec “seulement” 466 romans, contre 490 l’an passé, et 521 en 2021. Ce qui nous laisse quand même des tas de possibilités de découvertes et de rencontres avec des auteurs aguerris ou débutants.</p>
<p>Parmi les petites pépites de cette nouvelle édition, <em><strong>Trust</strong></em>, second roman de <strong>Hernan Diaz</strong> et lauréat 2023 du prix Pulitzer. L&rsquo;an dernier, lors de sa sortie dans les librairies américaines, l&rsquo;ancien président Barack Obama l&rsquo;avait mis sur sa liste des romans préférés.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est quadruple. Ce qui peut décontenancer au départ de la lecture. Quatre parties composent le roman  de cet écrivain argento-américain, aujourd&rsquo;hui directeur adjoint de l&rsquo;Institut hispanique de l&rsquo;Université Columbia. <strong><em>Au loin</em></strong> en 2017, son premier roman, a été finaliste du prix Pulitzer et du Pen/Faulkner Award et lauréat du prix Page/America. Il vit depuis vingt ans à New York.</p>
<p>On découvre d&rsquo;abord la vie de <strong>Benjamin Rask</strong> et de sa femme, <strong>Helen</strong>. Une vie romancée par l&rsquo;auteur <strong>Harold Vanner</strong>. Nous sommes dans les années 30, à New York.  La Grande Dépression frappe l&rsquo;Amérique de plein fouet., Wall Street est encore sous le choc du krach boursier de 1929.</p>
<p>Un homme, néanmoins, a su faire fortune là où tous se sont effondrés. Héritier d&rsquo;une famille d&rsquo;industriels devenu magnat de la finance, il est l&rsquo;époux aimant d&rsquo;une fille d&rsquo;aristocrates.</p>
<p><span id="more-6448"></span></p>
<h4 style="text-align: center">Le pouvoir de la fiction</h4>
<p>Mais l&rsquo;image que donne ce couple cultivé et richissime décrite par <strong>Harold Vanner </strong>ne serait pas flatteuse dans <em><strong>Obligations</strong></em>, estime<strong> </strong><strong>Andrew Bevel, </strong>dont l&rsquo;auteur a fouillé la vie et celle de sa femme <strong>Mildred</strong>. Parce qu&rsquo;il veut rétablir &laquo;&nbsp;sa&nbsp;&raquo; vérité <strong>Andrew Bevel</strong> recrute <strong>Ida Patenza</strong> pour écrire sa biographie (<strong><em>Ma vie</em></strong>) et s&rsquo;y donner le bon rôle.</p>
<p><strong>Ida</strong>, justement, fille d&rsquo;un imprimeur qui a lu Marx, raconte à son toue ce qu&rsquo;elle vit au fil de ces mois d&rsquo;écriture. Et puis il y a les carnets et les archives de <strong>Mildred</strong> que la jeune femme parcourt à titre posthume. Une nouvelle vérité se dessine. Derrière le vernis, c&rsquo;est une vie qui s&rsquo;écaille et une histoire de l&rsquo;argent et de la puissance qui se dessine au fil des pages.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un roman à la gloire de la littérature, qui peut tout réinventer&nbsp;&raquo;</em>, indiquait, en juin, <strong>Hernan Diaz</strong> lors d&rsquo;une émission sur France Culture. C&rsquo;est passionnant et très bien écrit. Une très chouette découverte et un exemple, s&rsquo;il en fallait encore un, du pouvoir d&rsquo;un roman !</p>
<div class="ExpressionSummary">
<p><strong>Ecoutez-le sur France Culture : </strong></p>
<div class="Expression-guests svelte-ovxtmj">
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj"><a href="https://youtu.be/JUDLVTe6J30">https://youtu.be/JUDLVTe6J30</a></p>
<div class="ExpressionSummary"></div>
<div class="ExpressionSummary" style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></div>
<div class="ExpressionSummary" style="text-align: left"></div>
</div>
<blockquote>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><strong> Page 24 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Si on lui avait posé la question, Benjamin aurait sans doute eu du mal à expliquer ce qui l&rsquo;attirait dans le monde de la finance. Sa complexité, oui, mais aussi le fait qu&rsquo;il voyait le capital comme un être antiseptiquement vivant. Il bouge, mange, croît, se reproduit, tombe malade et peut mourir. Mais il est propre. Avec le temps, cette idée s&rsquo;imposa à lui avec davantage de clarté. Plus l&rsquo;opération était de grande envergure, plus il se tenait à distance de ses détails concrets.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><strong>Pages 235-236 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mes amis et mes relations me disent qu&rsquo;ils sont navrés pour ce livre. Comprenez-vous à quel point c&rsquo;est irritant ? Parce que, à travers leurs témoignages de sympathie, ils reconnaissent avoir lu ce tissu de foutaises. On dirait que tout le monde a lu cette saleté. Et tout le monde comprend bien que nous en sommes le sujet. Vous verrez par vous-même. Ce ne pourrait être personne d&rsquo;autre. Les gens considèrent que c&rsquo;est une source digne de foi peut-être parce que quelques détails sont vaguement corrects. Il y a même des journalistes qui se fient aux indices et aux pistes qu&rsquo;on y trouve, essayant de corroborer certaines scènes et certains passages. Rendez-vous compte. Les événements imaginaires de cette fiction ont une présence plus forte dans la réalité que les faits avérés de ma vie.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><strong>Page 304 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Retranscrire et retravailler les mots de Bevel. Inventer une vie pour Mildred. Composer une fiction pour l&rsquo;homme sans cravate. Je me suis persuadée que c&rsquo;était le travail qui me forçait à m&rsquo;enfermer chez moi les jours suivants. Mais c&rsquo;était la peur. J&rsquo;ai déplacé le bureau dans un coin loin de la fenêtre, et là, recroquevillée sur ma machine à écrire, j&rsquo;ai bûché sur ces histoires. </em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><em>Vers la fin de cette semaine de réclusion, je me suis rendue compte qu&rsquo;écrire une version complètement inventée pour l&rsquo;extorqueur servait de source d&rsquo;inspiration majeure à l&rsquo;autre histoire que je développais pour Bevel. Ces récits se nourrissaient et se façonnaient l&rsquo;un l&rsquo;autre. Ce qui était une impasse ici apparaissait comme une piste fructueuse là.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
</blockquote>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><em><strong>Trust, Hernan Diaz, Editions de l&rsquo;Olivier, 23,50 euros. Traduction par Nicolas Richard. </strong></em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Au volant d&#8217;un bus, se libérer enfin&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/05/15/au-volant-dun-bus-se-liberer-enfin/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 May 2023 06:37:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Sagnard]]></category>
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		<description><![CDATA[ Le résumé de ce roman paraissait singulier. Et donnait envie de s&#8217;y plonger. Bonne pioche ! Le deuxième roman d&#8217;Arnaud Sagnard remplit toutes ses promesses ! L&#8217;auteur est journaliste,  rédacteur en chef au Nouvel Observateur depuis 2014. Précédemment, il avait participé à la création du magazine GQ et de 20 minutes. Son premier roman Bronson avait été publié en 2016.  La filature avait été [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILATURE.jpeg" rel="lightbox[6308]"><img class="alignleft wp-image-6315 size-full colorbox-6308" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILATURE.jpeg" alt="LA FILATURE" width="600" height="959" /></a></div>
<div> Le résumé de ce roman paraissait singulier. Et donnait envie de s&rsquo;y plonger. Bonne pioche ! Le deuxième roman d&rsquo;<strong>Arnaud Sagnard</strong> remplit toutes ses promesses !</p>
<div>L&rsquo;auteur est journaliste,  rédacteur en chef au <em>Nouvel Observateur</em> depuis 2014. Précédemment, il avait participé à la création du magazine <em>GQ</em> et de <em>20 minutes</em>. Son premier roman <strong><em>Bronson</em></strong> avait été publié en 2016.</div>
<div> <strong><em>La filature</em> </strong>avait été commencé cette même année. Il faudra une vingtaine de versions à l&rsquo;auteur avant d&rsquo;arriver au résultat escompté. L&rsquo;histoire ? Elle n&rsquo;est pas banale. Elle nous emmène à Los Angeles.</div>
<div>Là, dans la mégalopole, un expert en assurances, <strong>Jonathan Harris</strong>, a une semaine pour suivre discrètement <strong>Daniel Stein</strong>, un conducteur de bus de 62 ans, qui vient d’être soudainement rétrogradé.</div>
<div>C’est que ce dernier passe, à son insu, un test pour éprouver la « flexibilité » de l’entreprise –  à la clé, un contrat d’assurance de plusieurs centaines de millions. Mais rien ne se passe comme prévu.</div>
<h3>Un roman noir et grinçant</h3>
<div> <strong>Daniel Stein,</strong> employé modèle et chauffeur sur la ligne 2, prisée parce qu&rsquo;elle arpente les beaux quartiers, acceptera-t-il de rejoindre les &laquo;&nbsp;Hiboux&nbsp;&raquo;, le service de nuit et son lot de clodos et de junkies ?</div>
<div>Au fil des jours et de sa filature, le malaise de l’assureur grandit. Le sexagénaire agit bizarrement, sans s&rsquo;effondrer cependant. Sans se mettre en colère non plus. Mais son comportement ne cadre pas avec ses états de service. Il prépare quelque chose. Mais quoi ? <strong>Daniel Stein</strong> parle en revanche. Dans sa tête, au poisson coincé dans sa gorge, à son enregistreur aussi. Pas à ses contemporains. A l&rsquo;exception notable de son ex-femme. Une réminiscence de l&rsquo;enfance. D&rsquo;un parcours chaotique aussi.</div>
<div> On suit le chauffeur à travers la ville quand il est au volant de son bus, mais aussi et surtout quand il conduit sa Chevrolet Impala.</div>
<div>On suit aussi l&rsquo;expert en assurances, de plus en plus dépité. Et les témoignages des personnages extérieurs s&rsquo;insèrent aussi au fil des chapitres de ce roman noir et grinçant. Qui bascule peu à peu dans l&rsquo;étrange.</div>
<div></div>
<div></div>
<h2 style="text-align: center"> Extraits</h2>
<blockquote>
<div style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Cette fois-ci, ma mission consiste à suivre non plus une entreprise mais un individu et à observer son comportement pendant une semaine car de lui, qui ignore tout cela, dépendent des dizaines de millions de dollars. Une semaine pour l&rsquo;étudier sous toutes les coutures, le jour, la nuit, peu importe. La mallette à mes pieds contient les documents, assez légers, qu&rsquo;ils m&rsquo;ont donnés sur lui. Selon toute vraisemblance, cet homme grand et maigre, âgé de soixante-deux ans, est un être de basse intensité. Il ne porte pas d&rsquo;alliance ni ne possède de téléphone portable, sans doute ne veut-il pas être joint ni lié à qui que ce soit. Chez nous, les assureurs, c&rsquo;est un signe d&rsquo;alerte, cela signifie que la personne est proche, si elle n&rsquo;y est pas déjà plongée, de la marginalité.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 88 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Autrement dit, Daniel Stein emportait l&rsquo;unique mémoire de la boîte. Sans, la LACMTA n&rsquo;aura pas les moyens de s&rsquo;opposer aux recours juridiques des salariés, c&rsquo;était là sa vengeance, son attentat silencieux. </em></div>
<div style="text-align: left"><em>A l&rsquo;extérieur, un sans-abri passa sans le voir. L&rsquo;abruti qui suivait Stein dans sa japonaise n&rsquo;était plus là, il ne saurait rien de son forfait. A cette heure-là, il devait dormir en famille, croyant sa cible rentrée à la maison après le match. Les commanditaires avaient surestimé leur séide, on ne confiait pas ce genre de tâche à quelqu&rsquo;un comptant ses heures de sommeil.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 149 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;ai sous-estimé le chauffeur de la ligne 2. Il a la foi, quelle que soit sa congrégation, baptiste, pentecôtiste ou autre chose, il n&rsquo;y a pas de meilleur signe de stabilité. A tous les coups, il croit en Dieu pour emmerder son père communiste. L&rsquo;énergie, il l&rsquo;a déjà retrouvée, d&rsquo;où ses récents dérapages, mais maintenant, avec un socle spirituel et une direction à suivre, il peut aisément accepter de bosser la nuit. Et à moi, le million !&nbsp;&raquo;</em></div>
</blockquote>
<div style="text-align: left"><em><strong>La filature, Arnaud Sagnard, Stock, 19,50€</strong></em></div>
</div>
<div></div>
<div></div>
<div></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand le passé si noir s&#8217;invite à la fête&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/03/quand-le-passe-si-noir-sinvite-a-la-fete/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2020 08:05:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA["Histoires de la nuit"]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Jour de fête ! Laurent Mauvignier est de retour et quand on sait la place qu&#8217;il occupe dans mon panthéon littéraire, on peut bien pavoiser, croyez-moi Oui, l&#8217;oeuvre de Laurent Mauvignier ponctue, livre avec livre, les posts de ce blog depuis 2011. Je suis cet auteur, né à Tours et qui a grandi dans le sud-Touraine, depuis son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAUVIGNIER-OKOK.jpg" rel="lightbox[5328]"><img class="alignleft size-full wp-image-5331 colorbox-5328" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAUVIGNIER-OKOK.jpg" alt="MAUVIGNIER OKOK" width="195" height="267" /></a></p>
<p>Jour de fête ! <strong>Laurent Mauvignier</strong> est de retour et quand on sait la place qu&rsquo;il occupe dans mon panthéon littéraire, on peut bien pavoiser, croyez-moi <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5328" /></p>
<p>Oui, l&rsquo;oeuvre de <strong>Laurent</strong> <strong>Mauvignier</strong> ponctue, livre avec livre, les posts de ce blog depuis 2011. Je suis cet auteur, né à Tours et qui a grandi dans le sud-Touraine, depuis son premier roman. Je l&rsquo;ai interviewé aussi, en 2016. Vous pouvez retrouver tout cela<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/10/06/tranches-de-vie-pendant-la-catastrophe/"> ici</a></strong> mais aussi <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/11/prendre-la-tangente-pour-sauver-lamour/">là</a>.</strong></p>
<p>L&rsquo;auteur, désormais installé à Toulouse, est donc de retour avec un gros roman de 640 pages. Un roman noir. Très noir. Une première pour l&rsquo;auteur de <strong>&laquo;&nbsp;Apprendre à finir&nbsp;&raquo;</strong> (Prix du Livre Inter) et de nombreuses pièces de théâtre.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous mène sur la commune rurale de <strong>La Bassée. </strong>Une commune qui ne figure sur aucune carte. Un lieu fictif qui pourrait cependant faire penser<strong> </strong>à Descartes, où il a grandi. Il ne reste presque plus rien à <strong>La Bassée</strong> : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent <strong>Bergogne</strong>, sa femme <strong>Marion</strong> et leur fille <strong>Ida</strong>, ainsi qu’une voisine, <strong>Christine</strong>, une artiste installée ici depuis des années.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5328"></span></p>
<p>Là, dans ce hameau des Trois filles seules, vivent <strong>Christine de Haas</strong> et son chien. L&rsquo;artiste a quitté la ville et son mari, sa vie d&rsquo;avant pour s&rsquo;installer à l&rsquo;écart. Mais tout à côté de la famille de <strong>Patrice Bergogne</strong> qui a reprise la ferme de son père. <strong>Patrice</strong>, paysan un peu bourru et mal à l&rsquo;aise avec son corps a épousé <strong>Marion</strong>. Ils élèvent <strong>Ida</strong>, leur fille. Enfin, celle de <strong>Marion</strong>, découvrirons-nous au fil de cet épais roman. Une vie de couple où les mots et les gestes ont désormais compliqués. Car trop de secrets demeurent.</p>
<p><strong>Marion</strong> travaille dans une imprimerie, dans la petite ville la plus proche. Le soir de ses quarante ans, la vie de tous ces personnages bascule. Complètement. Irrémédiablement. Définitivement. L&rsquo;arrivée de <strong>Denis</strong> et de ses deux frères <strong>Christophe</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Bègue&nbsp;&raquo;</strong> alors que se prépare la fête d&rsquo;anniversaire va replonger <strong>Marion</strong> dans son passé. Trois inconnus pour <strong>Patrice</strong>, <strong>Ida</strong> et <strong>Christine</strong>. Tout comme les jeunes années de <strong>Marion</strong>. Personne ne savait. Et personne n&rsquo;en sortira indemne.</p>
<p>Pas question de trop en dire et prendre alors le risque de &laquo;&nbsp;divulgâcher&nbsp;&raquo; les rebondissements de ce roman psychologiquement lourd, aux longues phrases pour approcher au plus près des personnages. La marque de fabrique de <strong>Laurent Mauvignier</strong>.</p>
<p>Tout y est. La tension qui s&rsquo;installe au fil des minutes. Elle ira crescendo tout au long de la soirée. On la sent, on la voit, on la lit. Un thriller à la campagne, affûté. Terriblement. Et le portrait, toujours juste, des classes modestes. Dont l&rsquo;auteur est lui-même issu.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 190 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Parfois elle voit bien comment sa mère ne répond pas à Patrice, comment il semble parler tout seul et attendre des réponses qui ne viennent pas, et, souvent, elle voit comment lui regarde fixement sa femme. Si elle pouvait lire dans ses yeux, il se peut qu&rsquo;elle lirait de la colère, de la haine, du ressentiment, de la tristesse, du remords, de la déception, de la solitude, de l&rsquo;incompréhension pareille à celle qu&rsquo;elle éprouve lorsqu&rsquo;elle le voit fixant sa mère qui ne répond pas, ne l&rsquo;entend sans doute même pas, et combien de fois alors c&rsquo;est Ida qui doit dire, </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Maman, papa te parle.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>car elle sait qu&rsquo;elle, sa mère va l&rsquo;entendre, </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Oui, pardon ma chérie.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>et qu&rsquo;ensuite Marion se tournera vers Patrice. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ida sait que ce soir ce ne sera pas comme ça. Il n&rsquo;y aura pas ces moments de flottement pendant lesquels ils restent tous les trois à table, évacuant tout ce qui les concerne pour parler du boulot et des faits divers qu&rsquo;on a entendus à la télé, et puis de rien, surtout de rien.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 372-373 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais cette fixité, elle ne peut toujours pas la supporter, comme si les yeux de Patrice étaient trop inquisiteurs pour qu&rsquo;elle assume ce face-à-face &#8211; comme si elle était incapable de s&rsquo;attendre à y trouver autre chose qu&rsquo;une confrontation ou même, déjà, une condamnation, une sorte d&rsquo;accusation qu&rsquo;elle redoute de ne pas pouvoir supporter à ce moment-là, s&rsquo;imaginant ne pas en être capable alors qu&rsquo;elle voudrait trouver ses yeux, oui, de tout coeur, elle voudrait trouver en lui une réponse à son angoisse, de la compréhension, de l&rsquo;amour, elle est sûre qu&rsquo;il comprendrait, qu&rsquo;il verrait qu&rsquo;elle veut s&rsquo;excuser parce que c&rsquo;était déjà comme si tout le monde était d&rsquo;accord pour dire que ce qui se passe ce soir est en partie de sa faute et, alors qu&rsquo;elle voudrait s&rsquo;excuser à cause de cette soirée, maintenant elle voudrait que Patrice l&rsquo;excuse pour tout ce qu&rsquo;elle lui fait subir depuis des années et dont elle sait qu&rsquo;il encaisse presque sans rien dire, s&rsquo;énervant parfois parce qu&rsquo;il  a trop bu ou parce que sa patience est à bout ; elle sait, aussi clairement qu&rsquo;elle sait n&rsquo;avoir jamais voulu le savoir tout à fait, que c&rsquo;est à cause de ce qu&rsquo;elle ne lui donne pas, et pas seulement le sexe, mais aussi tout ce qu&rsquo;elle lui refuse de tendresse et de temps.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 531-532 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Elle a encore ce vague espoir qu&rsquo;on ne l&rsquo;entendra pas, que les filles ne comprendront pas qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas la fille sensass et cool à qui personne ne résiste, qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas celle qu&rsquo;elles croient connaître. Et maintenant elle leur en vaut presque de la naïveté avec laquelle elles l&rsquo;avaient crue si forte, si puissante, elle leur en veut tant soudain qu&rsquo;elle voudrait se retourner et les agresser toutes les deux, oui, cette pulsion, cette envie qu&rsquo;elle doit réprimer de leur foncer dessus pour tout dégommer, s&rsquo;en prendre à elles deux pour leur gueuler que depuis que&rsquo;elle vit ici, évidemment, rien ni personne n&rsquo;a pu avoir la moindre prise sur sa vie ni sur elle, ils sont tellement gentils les gens d&rsquo;ici, vous le saviez pas ?&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Histoires de la nuit&nbsp;&raquo;, Laurent Mauvignier, Les Editions de Minuit.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
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		<title>Chercher son salut parmi les champs de tabac&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/07/10/chercher-son-salut-parmi-les-champs-de-tabac/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2020 10:29:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une très chouette découverte ! Une de plus ! Je ne connaissais pas Catherine Elaine Morgan, auteure américaine quadragénaire installée dans le Kentucky. Son deuxième roman, traduit en français l&#8217;an dernier &#8211; &#160;&#187; Le sport des rois &#171;&#160;, avait beaucoup plu aux critiques et aux lecteurs. Elle avait d&#8217;ailleurs été finaliste du prix Pulitzer avec ce roman. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TOUS-LES-VIVANTS-OK.jpg" rel="lightbox[5183]"><img class="alignleft size-full wp-image-5187 colorbox-5183" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TOUS-LES-VIVANTS-OK.jpg" alt="TOUS LES VIVANTS OK" width="195" height="285" /></a></p>
<p>Une très chouette découverte ! Une de plus ! Je ne connaissais pas <strong>Catherine Elaine Morgan</strong>, auteure américaine quadragénaire installée dans le Kentucky. Son deuxième roman, traduit en français l&rsquo;an dernier &#8211; <strong>&nbsp;&raquo; Le sport des rois &laquo;&nbsp;</strong>, avait beaucoup plu aux critiques et aux lecteurs. Elle avait d&rsquo;ailleurs été finaliste du prix Pulitzer avec ce roman.</p>
<p>Celui-ci, <strong>&nbsp;&raquo; Tous les vivants &laquo;&nbsp;</strong>, c&rsquo;est le premier écrit. Il date d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années. <strong>C.E. Morgan</strong> avait alors 34 ans.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle se déroule, ai-je lu dans des articles sur ce roman, dans les années 80. Au fil des pages, rien ne permet de le dater de manière précise. Là n&rsquo;est pas le sujet. Dans <strong>&laquo;&nbsp;Tous les vivants&nbsp;&raquo;</strong>, ce qui compte ce sont les deux personnages et le décor. Nous sommes dans le Kentucky. A la campagne. Profonde. Ici, des champs de tabac à perte de vue. Ici, une ferme, isolée. A l&rsquo;intérieur, un couple qui apprend à se découvrir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5183"></span></p>
<p>Quelques mois seulement que <strong>Orren</strong> et <strong>Aloma</strong> se connaissent. Ils se sont rencontrés dans un établissement scolaire,  lors d&rsquo;une sortie. Il a conduit les élèves. Elle est professeure de piano. Elle a vingt ans et est orpheline. Lui, âgé de 23 ans, s&rsquo;est occupé de la ferme familiale avec son frère <strong>Cash</strong> et sa mère <strong>Emma</strong> depuis la mort de son père. Ils se trouvent, s&rsquo;apprivoisent. Mais tout va très vite. Alors que la mère et le frère d&rsquo;<strong>Orren</strong> meurent dans un accident de voiture, il demande à <strong>Aloma</strong> de venir s&rsquo;installer avec lui. La tâche est immense. Il y a les champs de tabac, la pluie qui ne vient pas et cette ferme qu&rsquo;il doit impérativement faire tourner pour vivre. Sauf que ces deux-là, dont les corps s&rsquo;attirent souvent brutalement, ne savent pas se parler, se comprendre encore.</p>
<div id="attachment_5186" style="width: 777px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CE-MORGAN.jpg" rel="lightbox[5183]"><img class="size-full wp-image-5186 colorbox-5183" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CE-MORGAN.jpg" alt="Catherine Elaine Morgan (Photo Guy Mendes pour Gallimard)" width="767" height="431" /></a><p class="wp-caption-text">Catherine Elaine Morgan (Photo Guy Mendes pour Gallimard)</p></div>
<p>Face à la brutalité impatiente d&rsquo;<strong>Orren</strong>, <strong>Aloma</strong> tente de temporiser. Elle s&rsquo;improvise femme au foyer, paysanne sans y parvenir vraiment. Les désillusions s&rsquo;accumulent pour la jeune femme naïve qui doit prendre ses marques dans une maison décrépie, remplie de souvenirs et de fantômes qui ne sont pas les siens.</p>
<p>Ce que veut <strong>Aloma</strong>, c&rsquo;est pouvoir continuer à jouer du piano. Coûte que coûte. Elle rejoint l&rsquo;église de la ville la plus proche. Propose ses services au révérend <strong>Bell Johnson</strong> qui n&rsquo;attendait plus rien. Son horizon s&rsquo;ouvre. Mais pas seulement. Tant de questionnements se multiplient aussi pour celle qui sera tour à tour tentatrice, indifférente, furieuse, désespérée, inquiète voire inquiétante.</p>
<p>Le roman ne dure que le temps d&rsquo;une saison. Mais quel spectacle ! Celui de la nature, celui des sentiments. On sent, on entend, on voit.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Elle descendit à tâtons les marches en bois et gagna les ombres du salon. Pourquoi tenait-il à vivre dans cette vieille maison plutôt que dans la neuve où il y avait de la lumière, du linoléum et l&rsquo;eau courante, elle ne comprenait pas. On aurait dit qu&rsquo;il voulait montrer au monde entier, un monde qu&rsquo;il ne regardait même pas, qu&rsquo;il était seul à présent, qu&rsquo;il était douloureux d&rsquo;être le dernier survivant, mais qu&rsquo;il réussirait à surmonter sa souffrance. Peut-être la surmonterait-il mieux si elle était plus grande, comme si se vautrer dans la douleur était le secret pour endurer la souffrance.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 112-113 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;était pas uniquement la peur qu&rsquo;il découvre qu&rsquo;elle vivait avec Orren sans être mariée, il y avait autre chose, la sensation d&rsquo;une langue molle et inutile dans sa bouche quand elle était e face de lui. Elle se sentait presque intimidée par lui. En conséquence de quoi, elle savait qu&rsquo;il la pensait plus douce et plus accommodante qu&rsquo;elle n&rsquo;était en réalité ; pourtant, cela avait beau être faux &#8211; la vie avait été trop dure avec elle pour qu&rsquo;elle puisse se permettre d&rsquo;être douce -, elle se révélait incapable d&rsquo;y changer quoi que ce soit. Ou incapable d&rsquo;en avoir envie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 139 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Qu&rsquo;est-ce que tu crois ? lance-t-elle, trop acerbe. Ses joues s&rsquo;empourprèrent d&rsquo;une rougeur qui n&rsquo;échappa pas à l&rsquo;observation d&rsquo;Orren. Elle croisa les bras sur la poitrine et aspira une lèvre sous ses dents. ce n&rsquo;était pas sa faute si elle était née au milieu de nulle part et avait passé la plus grande partie de son enfance dans une pension au fin fond d&rsquo;un trou. Elle avait appris le piano. Et c&rsquo;était une chose qui resterait toujours hors de sa portée à lui. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Sois pas désagréable, dit-il. Personne a dit que t&rsquo;en étais pas capable. Je demande, c&rsquo;est tout.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Tous les vivants&nbsp;&raquo;, C.E. Morgan, Gallimard, 19€. Traduit par Mathilde Bach. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>La loi de Murphy, version XXL</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/09/15/la-loi-de-murphy-version-xxl/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Sep 2019 08:43:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Olivier Adam est de retour ! J&#8217;avais découvert ses personnages à travers le roman &#171;&#160;Les lisières&#160;&#187;, dont j&#8217;avais particulièrement apprécié la vision de la France des périphéries. J&#8217;avais voulu prolonger avec &#171;&#160;Peine perdue&#160;&#187;, que j&#8217;avais trouvé moins percutant. Puis avec &#171;&#160;La renverse&#160;&#187;, qui nous rappelait qu&#8217;en politique comme ailleurs, la chute peut être [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #ffcc00">Rentrée littéraire</span></h4>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM4.jpg" rel="lightbox[4797]"><img class="alignleft wp-image-4800 size-medium colorbox-4797" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM4-197x300.jpg" alt="OLIVIER ADAM" width="197" height="300" /></a><strong>Olivier Adam</strong> est de retour ! J&rsquo;avais découvert ses personnages à travers le roman <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/">&laquo;&nbsp;Les lisières&nbsp;&raquo;</a></strong>, dont j&rsquo;avais particulièrement apprécié la vision de la France des périphéries. J&rsquo;avais voulu prolonger avec <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/">&laquo;&nbsp;Peine perdue&nbsp;&raquo;</a></strong>, que j&rsquo;avais trouvé moins percutant. Puis avec <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/03/survivre-a-la-terrible-deflagration/">&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;</a></strong>, qui nous rappelait qu&rsquo;en politique comme ailleurs, la chute peut être terrible, irrémédiable. Tragique même.</p>
<p>Bref, j&rsquo;ai replongé. Pour le meilleur ou pour le pire ? Allez savoir. Dans ce nouveau roman, <strong>Olivier Adam</strong> convoque à nouveau son avatar, <strong>Paul.</strong> <strong>Steiner</strong> ou <strong>Lerner</strong> au fil des romans dans lesquels il nous donnent des nouvelles de sa vie, de ses amours… et de ses emmerdes.</p>
<p>Ses emmerdes, justement. A 45 ans, elles voyagent visiblement en escadrille dans la vie de notre auteur qui, faute de succès littéraire donc d&rsquo;argent, retourne vivre en Ille-et-Vilaine, département qu&rsquo;il avait quitté avec femme et enfants pour s&rsquo;installer à Paris. Dans ce roman, où <strong>Olivier Adam</strong> nous promène entre fiction et autobiographie, nous rencontrons un <strong>Paul</strong> un peu éteint, qui n’a pas réellement digéré ses années de déveine.</p>
<p>Journaliste dans un hebdomadaire, il tente de s’adapter à son nouveau statut. Un peu dépassé par son environnement. Le plus proche. Il apprend que, <strong>Sarah</strong>, sa compagne lui ment depuis des mois sur son emploi du temps, qu’elle le trompe avec une femme ; que sa fille aînée, <strong>Manon</strong>, s’enfonce dans les mensonges jusqu’à se rendre malade. Seul <strong>Clément</strong> s’en sort. Entre surf et parties de foot via un ordinateur…</p>
<p>Alors que le centre d’hébergement de migrants dans lequel <strong>Sarah,</strong> sa compagne, est pris pour cible par des racistes, Paul est « approché » par <strong>Claire</strong>, qui se présente comme sa demi-sœur. L’est-elle vraiment ? <strong>Manon</strong>, elle, sera « enlevée » par <strong>Franck,</strong> policier… et mari de<strong> Lise</strong>, la maitresse de <strong>Sarah</strong>. Vous suivez toujours ?</p>
<p>Au fil des pages, le roman se transforme en tourbillon. Tout s’enchaîne. Trop ? Allez savoir. Personnellement, je le trouve &laquo;&nbsp;too much&nbsp;&raquo;, mais les réalisateurs devraient se régaler de ces intrigues enchêvetrées.</p>
<p>Un nouveau &laquo;&nbsp;livre-bilan&nbsp;&raquo; pour<strong> Olivier Adam</strong> qui comme dans <strong>&laquo;&nbsp;Falaises&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Des vents contraires&nbsp;&raquo;</strong>, ou <strong>&laquo;&nbsp;Lisières&nbsp;&raquo;</strong> en profite pour faire le point, et aborder aussi ce qui meut notre société. Entre accueil des migrants et défense de l&rsquo;environnement.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 40 :</strong><em>« Eric lui serra la main tandis que son chien tirait sur sa laisse, ne voyant pas en quoi un type dans son genre pouvait justifier qu’on interrompe sa promenade. Paul n’était pas loin de penser la même chose. Du reste il n’aurait pas été contre l’idée d’ignorer Eric, depuis plusieurs années déjà, et jusqu’à nouvel ordre. Cela faisait bientôt vingt ans qu’ils se croisaient. Ils avaient publié leurs premiers romans à la même époque. Ceux de Meyerowitz avaient connu un succès tardif mais depuis quelques années il tenait sa revanche et ne quittait plus les cimes des classements des meilleures ventes. »</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 84 :</strong><em>« Il passa la journée en compagnie d’un fantôme. Celui d’un ami. Celui d’un frère. Qu’il avait, comme tous ceux qu’il avait eus, dans des circonstances nébuleuses. A quoi pouvait bien tenir cette manie de couper les ponts, cette disposition au saccage, auxquelles seule Sarah avait échappé jusqu’ici ? Oui, longtemps, Aurélien avait été un frère pour lui. Comme l’avait été Damien à l’adolescence (une fois entré à l’université Paul ne lui avait subitement plus donné la moindre nouvelle, pas plus qu’aux amis qui gravitaient autour d’eux à l’époque, il avait littéralement disparu de leurs vies. Comme l’avait été son frère aîné, jusqu’à ce qu’au prétexte d’une prétendue incompatibilité politique, culturelle, au cours d’il ne savait plus quelle engueulade, Paul l’éjecte de sa vie. »</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 344 :</strong><em>« Il leur fallait prendre un peu de distance, se disait-il, se sauver, dans les deux sens du terme. C’était chez lui un vieux réflexe. Quand les choses s’enlisaient, il fallait partir. Pas toujours pour de bon. Mais au moins pour quelques jours. La fuite lui avait toujours paru une stratégie préférable à toute autre. Depuis qu’ils se connaissaient, Sarah et lui, ils n’avaient cessé de jouer à cache-cache avec le malheur, la dépression, l’usure, l’ennui, les échecs, quittant Paris pour la Bretagne, puis la Bretagne pour Paris, et Paris pour la Bretagne, par un curieux mouvement de balancier, d’allers-retours qui ne menait à rien et finissait par leur coller la nausée. Peut-être fallait-il en finir avec tout ça. Ne plus revenir sur leurs pas. Repartir de zéro. S’inventer d’autres racines, d’autres attaches. »</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Une partie de badminton&nbsp;&raquo;, Olivier Adam, Flammarion, 21€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Retour sur une nuit traumatique</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/02/20/retour-sur-une-nuit-traumatique/</link>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2019 08:04:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Rentrée littéraire Hyam Zaytoun est comédienne. Regardez bien, vous l&#8217;avez déjà vue. Elle joue régulièrement pour le théâtre, le petit et le grand écran. Elle est par ailleurs auteure d&#8217;un feuilleton radiophonique  et collabore à l&#8217;écriture de scénarios. &#171;&#160;Vigile&#160;&#187; est son premier roman. Il est autobiographique. &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4565 colorbox-4562" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIGILE-OK.jpg" alt="VIGILE OK" width="195" height="296" /></p>
<p><strong> <span style="color: #008080">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><strong>Hyam Zaytoun</strong> est comédienne. Regardez bien, vous l&rsquo;avez déjà vue. Elle joue régulièrement pour le théâtre, le petit et le grand écran. Elle est par ailleurs auteure d&rsquo;un feuilleton radiophonique  et collabore à l&rsquo;écriture de scénarios. <strong>&laquo;&nbsp;Vigile&nbsp;&raquo;</strong> est son premier roman. Il est autobiographique.</p>
<div id="attachment_4567" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/314333_98.jpg" rel="lightbox[4562]"><img class="wp-image-4567 size-medium colorbox-4562" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/314333_98-300x200.jpg" alt="La comédienne Hyam Zaytoun" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">La comédienne Hyam Zaytoun</p></div>
<p>&nbsp;</p>
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<p>Une histoire tragique, du moins au début, mais qui, heure après heure, jour après jour, va enfin pouvoir aller vers le beau et l&rsquo;ensoleillé.</p>
<p>Cinq ans après les faits, <strong>Hyam Zaytoun</strong> a mettre des mots sur les maux qui ont touchés son compagnon, comme elle, comédien. Impliqué dans la vie d&rsquo;une troupe de théâtre.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir&#8230; il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Il sera placé en coma artificiel pendant plusieurs jours. Le corps médical est sceptique sur ses chances de s&rsquo;en sortir sans dommage.</p>
<p>La jeune femme et mère de famille va mobiliser toutes les énergies et les peurs qui la transpercent pour raconter l&rsquo;urgence, la nécessité d&rsquo;avancer, de faire face. Son texte, court, déploie une puissance et beaucoup, beaucoup d&rsquo;amour. On reste lié à ce récit, à cette fougue vitale&#8230; Un premier roman (autobiographique) plein d&rsquo;espoir et de promesses littéraires à venir.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 11 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ça ne va pas. On ne peut pas continuer comme ça. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ce n&rsquo;est pas de s&rsquo;être disputés, pas non plus d&rsquo;avoir dit qu&rsquo;on allait dans le mur, qu&rsquo;il fallait gagner plus d&rsquo;argent sinon on ne s&rsquo;en sortirait pas. A peine dits, ces mots-là, je les regrette. Tu fais tout ce que tu peux et moi aussi. Non, la pensée qui me traverse n&rsquo;a rien à voir avec tout cela. Elle me fait peur autrement. C&rsquo;est une alerte physique, la sensation d&rsquo;être en survoltage, oui, une histoire de pulsation.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 37 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Walid est persuadé que tu vas t&rsquo;en sortir. Sans doute parce qu&rsquo;il a lui-même réchappé à son infarctus. Avoir à lui rappeler qu&rsquo;il a été opéré à temps et n&rsquo;a pas fait d&rsquo;arrêt cardiaque, le convaincre que tu n&rsquo;as que d&rsquo;infimes chances de t&rsquo;en sortir, cela me brise.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mon père doit le sentir. Pour la première fois, il se met en retrait. Il s&rsquo;assoit doucement dans la salle d&rsquo;attente et je vois à son visage qu&rsquo;il a compris. J&rsquo;ai pitié de lui comme s&rsquo;il avait vieilli d&rsquo;un coup, perdu sa fantaisie, sa façon d&rsquo;attirer toute l&rsquo;attention.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 49 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je n&rsquo;ai jamais intégré une troupe au long cours. Mes aventures de théâtre sont ponctuelles et chaque fois différentes. Mais je partage le même métier. On a fait ce choix de rester au plus près de l&rsquo;enfance, de croire à l&rsquo;invisible. Malgré la précarité, les difficultés, le sentiment de n&rsquo;être jamais arrivés. Toi et moi, c&rsquo;est aussi pour cela qu&rsquo;on s&rsquo;aime, que l&rsquo;on se comprend si bien. Toi et moi, c&rsquo;est grâce à cela que l&rsquo;on s&rsquo;est rencontrés.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Vigile&nbsp;&raquo;, de Hyam Zaytoun, Le Tripode, 13 euros.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;amour comme un ouragan&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/01/22/lamour-comme-un-ouragan/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/01/22/lamour-comme-un-ouragan/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Jan 2019 08:11:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[amour entre deux femmes]]></category>
		<category><![CDATA[colère]]></category>
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		<category><![CDATA[fuite]]></category>
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		<category><![CDATA[passion amoureuse]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Delabroy-Allard]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Un premier roman ? Allez, laissez-vous tenter&#8230; Celui que je vais vous présenter mérite toute votre attention. Il est brillant, tourbillonnant, vif, sensible&#8230; et finalement tragique. Son auteure, Pauline Delabroy-Allard, jeune trentenaire, signe là un premier roman jubilatoire. L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de la narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom), professeure de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Un premier roman ? Allez, laissez-vous tenter&#8230; Celui que je vais vous présenter mérite toute votre attention. Il est brillant, tourbillonnant, vif, sensible&#8230; et finalement tragique. Son auteure, <strong>Pauline Delabroy-Allard</strong>, jeune trentenaire, signe là un premier roman jubilatoire.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Ca-raconte-Sarah.jpg" rel="lightbox[4521]"><img class="alignleft size-full wp-image-4523 colorbox-4521" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Ca-raconte-Sarah.jpg" alt="Ca-raconte-Sarah" width="340" height="340" /></a>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de la narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom), professeure de lettres, séparée, une petite fille de 4 ans et en pleine période &laquo;&nbsp;de latence&nbsp;&raquo; dans sa vie. A un dîner de réveillon, <strong>Sarah</strong> fait son entrée. Dans un tourbillon.</p>
<p>Violoniste concertiste, <strong>Sarah</strong> voyage de concert en concert. Elle est mal fagotée, parle mal, s&rsquo;enflamme, puis se fâche, se frappe. Rapidement, <strong>Sarah</strong> et la narratrice deviendront inséparables. Amies, puis amantes. Une découverte pour l&rsquo;une comme pour l&rsquo;autre. Et le début d&rsquo;une passion. Qui, apprend-on dès les premières pages du roman, finira mal. Par la mort de <strong>Sarah.</strong></p>
<p><span id="more-4521"></span></p>
<p>La narratrice nous emmène dans son histoire, celle de <strong>Sarah</strong>. Au fil des pages se décline l&rsquo;urgence amoureuse qui les lie. Jusqu&rsquo;à ce que la narratrice n&rsquo;en puisse plus. L&rsquo;abandonne. Se sauve, folle de chagrin, à Trieste en Italie alors que <strong>Sarah</strong> meurt d&rsquo;un cancer.</p>
<p>Cette fuite marque la deuxième partie de ce premier roman inspiré. Le rythme des phrases courtes, saccadées, s&rsquo;allonge. C&rsquo;est le temps du récit après celui de l&rsquo;obsession, du ressassement.</p>
<p>Mais <strong>Sarah</strong> est toujours là, à  toutes les pages.  Car ce roman, <strong>&laquo;&nbsp;Ça raconte Sarah&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/1NnYRD33TOY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: center">Extraits</p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 83 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Elle insiste pour partir en vacances avec ma fille et moi. Elle ne sait pas que je préférerais partir seule, que je suis épuisée par cette histoire, par sa présence dans ma vie. Dans le train de nuit, elle occupe la couchette en face de la mienne  les couchettes du haut. Elle laisse sa loupiote allumée. Lorsque l&rsquo;enfant s&rsquo;endort, juste en dessous, sur une des couchettes du milieu, elle baisse lentement le drap de la SNCF le long de son corps, elle me regarde dans les yeux, et elle se caresse lentement les seins.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 136:</strong><em>&laquo;&nbsp;Je l&rsquo;ai tuée parce qu&rsquo;elle me rendait folle. Je l&rsquo;ai tuée parce qu&rsquo;elle ne voulait plus m&rsquo;aimer. Je ne sais plus. Un blanc, dans mon esprit. Je ne sais ce qui s&rsquo;est passé. Nous avions fait l&rsquo;amour, ça, d&rsquo;accord. Et après ? Est-ce qu&rsquo;elle est vraiment morte, au moins ? Je ne sais plus. J&rsquo;ai tout oublié.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 158 : </strong><em><strong>&laquo;&nbsp;</strong>Je fais ça depuis quelques jours, le même trajet, la même attente, là-bas, au milieu des herbes folles et jaunies, assise sur le petit banc bleu. Je fais ça depuis une semaine, peut-être,je ne sais pas, je ne sais plus. Je n&rsquo;ai pas de calendrier, pas de montre. Je suis un passager clandestin.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Ça raconte Sarah&nbsp;&raquo;, Pauline Delabroy-Allard, Les Editions de Minuit, 15 euros.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		<item>
		<title>La maternité, mystérieuse aventure&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/08/28/la-maternite-mysterieuse-aventure/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/08/28/la-maternite-mysterieuse-aventure/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Aug 2018 06:57:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[" Tombée des nues"]]></category>
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		<description><![CDATA[Un livre court au rythme haletant pour une histoire lourde. Avec &#171;&#160;Tombée des nues&#160;&#187;, Violaine Bérot, quinquagénaire installée dans les Pyrénées, propose un nouveau roman qui ne laisse pas indifférent. Impossible. A cause de son sujet, grave et mystérieux à la fois : le déni de grossesse. L&#8217;histoire, c&#8217;est donc celle de Baptiste et Marion [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TOMBEE-DES-NUES.jpg" rel="lightbox[4351]"><img class="alignleft size-full wp-image-4353 colorbox-4351" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TOMBEE-DES-NUES.jpg" alt="TOMBEE DES NUES" width="250" height="414" /></a></p>
<p style="text-align: left">Un livre court au rythme haletant pour une histoire lourde. Avec<strong> &laquo;&nbsp;Tombée des nues&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Violaine Bérot,</strong> quinquagénaire installée dans les Pyrénées, propose un nouveau roman qui ne laisse pas indifférent. Impossible. A cause de son sujet, grave et mystérieux à la fois : le déni de grossesse.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle de <strong>Baptiste</strong> et <strong>Marion</strong> qui ont décidé de reprendre une ferme, dans la montagne, à la lisière d&rsquo;un village un peu paumé. Là, elle se charge d&rsquo;élever des chèvres quand lui fait pousser des légumes et bâtit leur foyer. Un vie simple.</p>
<p style="text-align: left">Jusqu&rsquo;à cette nuit du 29 février. Froide et enneigée. Là, dans la baignoire de la maisonnée, <strong>Marion</strong> met au monde une petite fille. Elle ne savait cependant pas qu&rsquo;elle était enceinte, qu&rsquo;un petit être se lovait dans son ventre. Un choc. Un traumatisme que le couple va devoir encaisser. Avec pour chacun d&rsquo;entre eux, une réaction différente. Quand <strong>Baptiste</strong>, qui n&rsquo;avait jamais voulu d&rsquo;enfant, savoure l&rsquo;arrivée inopinée de cette petite, <strong>Marion</strong> se calfeutre dans le silence, se terre dans son lit. Elle n&rsquo;avait rien demandé, rien vu. Rien ressenti. L&rsquo;acceptation va prendre du temps. Plusieurs jours.</p>
<p style="text-align: left">Sitôt la nouvelle sue au village – c&rsquo;est <strong>Dédé</strong>, le voisin qui les a conduits tous les trois à l&rsquo;hôpital – la communauté s&rsquo;organise. Il faut aménager la maison, tricoter de la layette, trouver un prénom à bébé&#8230; et s&rsquo;occuper du cheptel !</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-4351"></span></p>
<p style="text-align: left">Au fil des pages, des chapitres très courts, sans majuscule ni ponctuation, qui donnent la parole à <strong>Marion</strong>, à <strong>Baptiste,</strong> à <strong>Tony</strong> son meilleur ami, à <strong>Dédé</strong> qui va prendre en charge les chèvres, à la mère de <strong>Marion</strong>, aux deux tenancières du café, à la femme du maire et institutrice retraitée qui suit toute cette agitation de sa fenêtre et à la sage-femme qui a accouché <strong>Marion</strong>. Elle sait ce qu&rsquo;endure la quadragénaire déboussolée. Et va l&nbsp;&raquo;accompagner.</p>
<p style="text-align: left">Un roman sensible, tout en nuances qui peut se lire de plusieurs manières. En suivant la chronologie du roman, page après page, en se concentrant sur les jours ( du mardi au vendredi) ou encore en suivant le déroulement de l&rsquo;histoire via le ressenti des sept personnages narrateurs, en suivant le numéro du chapitre suivant indiqué entre parenthèses. Une lecture balisée qui permet d&rsquo;aborder cette acceptation de diverses manières. Sans jugement.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong></p>
<p style="text-align: left">24<em>. &laquo;&nbsp;Cette mère avait donc accouché seule à son domicile, et ayant accouché n&rsquo;avait pas pris conscience de ce qui venait de se passer, elle est arrivée à l&rsquo;hôpital absolument mutique, le père l&rsquo;accompagnait, mais affolé, perdu, lui non plus n&rsquo;ayant pas compris, ils avaient été conduits jusqu&rsquo;aux urgences par une autre personne, et quand j&rsquo;ai accouru vers leur groupe ce deuxième homme m&rsquo;a attrapée par le poignet, il m&rsquo;a dit j&rsquo;ai le petit, je me souviens qu&rsquo;il a employé ce terme, le petit, il a ouvert sa veste et j&rsquo;ai vu la serviette, le bébé était emmailloté à l&rsquo;intérieur, tout le temps du trajet il était resté bien au chaud contre le torse de l&rsquo;homme, il faut que vous sachiez qu&rsquo;un enfant né dans de telles conditions est condamné si sa mère ne parvient pas à sortir rapidement de son apathie, ne perdez pas de vue que pour elle l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas un enfant [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 52-53 : </strong></p>
<p style="text-align: left">33.<em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;aurais voulu sauter dans le vide mais chaque fois qu&rsquo;il le prononçait le mot m&rsquo;enfonçait plus profondément dans la terre bourbeuse, je voulais voler et je m&rsquo;engluais, la vase cherchait à me recouvrir, à m&rsquo;ensevelir, à se refermer sur moi, je luttais mais Baptiste parlait encore et plus il parlait plus je m&rsquo;affaiblissais, il répétait ce mot qui me noyait, je perdais pied, j&rsquo;étais une plaie béante qui n&rsquo;en finissait plus de se déchirer, j&rsquo;aurais voulu hurler, j&rsquo;aurais dû hurler, mais ma bouche était remplie de boue, Baptiste me tenait toujours dans ses bras et j&rsquo;aurais voulu ne plus l&rsquo;entendre, ne plus rien entendre, il répétait ce mot dans mes oreilles, il répétait toujours ce même mot, et je suppliais mes oreilles de s&rsquo;emplir elles aussi de boue plutôt que de l&rsquo;écouter, parce que ce mot non, je ne pouvais pas&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 142-143 : </strong></p>
<p style="text-align: left">115. <em>&laquo;&nbsp;Marion ne sortait de sa torpeur que pour s&rsquo;inquiéter de ses bêtes., j&rsquo;observais cette femme avec laquelle j&rsquo;avais choisi de vivre, je ne comprenais pas, je me disais mais quelle mère peut réagir ainsi, délaisser aussi radicalement son enfant, qu&rsquo;a-t-elle Marion de cassé, de brisé, de détruit, pourquoi refuse-t-elle d&rsquo;accepter ce bébé qui nous tombe du ciel, pourquoi ne réagit-elle pas comme moi, pourquoi ne l&rsquo;aime-t-elle pas passionnément, pourquoi n&rsquo;a-t-elle pas envie de se battre pour rattraper le retard, à moi elle n&rsquo;adressait plus la parole, seulement ce sourire permanent sur son visage, et jamais un geste pour le bébé, elle laissait tout se dérouler sans montrer aucun intérêt à rien, elle ne semblait absolument pas concernée par le quotidien de l&rsquo;enfant, elle nous regardait avec ce même air absent, ce même sourire immuable, et quand je m&rsquo;approchais du lit cela provoquait toujours chez elle cet instant de frayeur qui la poussait à s&rsquo;éloigner au maximum, je m&rsquo;allongeais et lui tournais immédiatement le dos, et son corps que je savais pourtant couché à quelques centimètres du mien me paraissait à des kilomètres&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Tombée des nues&nbsp;&raquo;, Violaine Bérot, Buchet Chastel, 13 euros. </strong></em></p>
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		<item>
		<title>Une bonne action&#8230; au bout de la corde</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/01/31/une-bonne-action-au-bout-de-la-corde/</link>
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		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 08:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["C'est moi"]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[amitié]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
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		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[couple]]></category>
		<category><![CDATA[histoire d'amour]]></category>
		<category><![CDATA[Marion Guillot]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[scénario]]></category>
		<category><![CDATA[Tristan]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Marion Guillot, vous connaissez ? La trentenaire fait partie des auteurs dont j&#8217;apprécie le travail. J&#8217;avais beaucoup aimé son premier roman qui s&#8217;imposait comme un programme salutaire, &#171;&#160;Changer d&#8217;air&#160;&#187;, paru aux Editions de Minuit ( vous pouvez le retrouvez ici). La jeune femme installée en Bretagne est de retour avec &#171;&#160;C&#8217;est moi&#160;&#187;. Après [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARION-GUILLOT.jpg" rel="lightbox[4154]"><img class="alignleft size-full wp-image-4155 colorbox-4154" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARION-GUILLOT.jpg" alt="MARION GUILLOT" width="178" height="245" /></a>Marion Guillot</strong>, vous connaissez ? La trentenaire fait partie des auteurs dont j&rsquo;apprécie le travail. J&rsquo;avais beaucoup aimé son premier roman qui s&rsquo;imposait comme un programme salutaire, <strong>&laquo;&nbsp;Changer d&rsquo;air&nbsp;&raquo;</strong>, paru aux Editions de Minuit ( vous pouvez le retrouvez <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/02/fuir-pour-ne-pas-se-noyer/">ici</a></strong>).</p>
<p>La jeune femme installée en Bretagne est de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>Après nous avoir raconté la vie de <strong>Paul</strong>, ce professeur de Lettres installé à Lorient qui, le jour de la rentrée, après avoir assisté, impuissant, à la chute d&rsquo;une femme dans le port, décide de ne jamais rejoindre sa classe, ni sa vie.</p>
<p>Autre décor avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;</strong>. Quoique. Nous sommes toujours pas loin de la mer. Au sein d&rsquo;un couple qui ne va pas bien. Il y a la narratrice, quadragénaire. Elle travaille, ce qui n&rsquo;est actuellement pas le cas de son compagnon, <strong>Tristan</strong>. Ils vivent dans un petit appartement, sans guère de projets ni d&rsquo;envies&#8230; Et puis il y a <strong>Charlin</strong>, le vieux pote de Tristan, qui passe beaucoup de temps (bien trop aux yeux de la narratrice) chez le couple.</p>
<p><span id="more-4154"></span></p>
<p>Un jour, <strong>Tristan</strong> offre un cadeau original à sa compagne : sur le mur, une photo de vacances sur laquelle elle est nue. Le portrait, grandeur nature, s&rsquo;offre aux regards. Même à celui de <strong>Tristan</strong>. Pour la narratrice, c&rsquo;est marre. Il est temps que cela change. Alors, patiemment, méthodiquement, elle va imaginer un plan et le mettre à exécution. Pour avoir la paix. Même si elle ne sera que de courte durée.</p>
<p>Le roman vire au noir. Avec brio.</p>
<p>Comme dans son premier roman, <strong>Marion Guillot</strong> fait le portrait d&rsquo;un personnage qui ira au bout de son choix. Radical. Histoire de ne pas perdre la main sur sa destinée.</p>
<p>Un récit ciselé. Un régal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 21 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] je crois que, Tristan et moi, à l&rsquo;époque, on traversait une période un peu délicate, peut-être même un peu difficile, une période où, vivant côte à côte plus qu&rsquo;ensemble, on battait tendrement de l&rsquo;aile, laissant fadement couler les jours, s&rsquo;installer la situation sans que Tristan s&rsquo;inquiète de tout ça, de cette légère torpeur dans le couple, de cette forme de lenteur dans son rythme, de cette distance ( à laquelle, évidemment, la présence de Charlin ne pouvait rien arranger), sans doute d&rsquo;autant plus sournoise qu&rsquo;elle n&rsquo;avait rien de dramatique et qu&rsquo;avec un petit effort commun, un tant soit peu de volonté ou trois gouttes de philtre magique, on était capable de la réduire.&nbsp;&raquo; : </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Une fois refermée l&rsquo;enveloppe et sifflée la bouteille de vin, il ne s&rsquo;était pas éternisé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Après son départ, et puisque pour estimer, par contraste, mon degré d&rsquo;attachement aux gens, il m&rsquo;arrivait de les imaginer mourir, ça m&rsquo;avait soulagée, ce soir-là, de sentir les larmes monter, d&rsquo;en voir une perler dans le miroir et d&rsquo;évaluer la magnitude de l&rsquo;événement à au moins 9/10 sur mon échelle du chagrin en me figurant Tristan sur son lit de mort à la suite d&rsquo;une maladie grave ou de je ne sais quel accident dont les effets lui auraient été si fatals que je me représentais en deuil à la cérémonie d&rsquo;enterrement, que je m&rsquo;entendais même dire au pupitre quelques mots incompréhensibles ou esquisser, remuant un goupillon dans le vide, un signe de croix à proximité de son cercueil.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 109-110 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Du reste la boucle, en quelques sorte, me paraissait bouclée, j&rsquo;estimais avoir non seulement pris ma revanche mais fait le tour, le tour de ce je ne sais quoi mais le tour, de moi-même peut-être après tout, et sans trop savoir ce qui, précisément, recommençait, j&rsquo;avais l&rsquo;impression rassurante de me connaître un peu mieux, d&rsquo;avoir donné de ma personne, la totalité de ma personne, quand bien même Tristan, de toute évidence, était triste dans le TER presque vide à cette heure, qui roulait lentement comme pour faire durer le chagrin, certes pas au point de se mettre à pleurer mais triste, j&rsquo;étais sûr qu&rsquo;il l&rsquo;était à la façon qu&rsquo;il avait de se ronger les ongles, de mordiller les envies tout autour et de passer sa main dans ses cheveux comme pour chasser des souvenirs, et j&rsquo;avais beau le sentir accablé, le voir regarder impassiblement le paysage, le ciel tout bleu sans rien dedans, les maisons de pierre qui parsemaient la campagne verdoyante obstruée par mon reflet dans la vitre, j&rsquo;avais le sentiment d&rsquo;avoir accompli mon devoir, une bonne action, ou que c&rsquo;était une bonne chose de faite, au point que, pour couronner le tout, je m&rsquo;étais dit qu&rsquo;avant de me coucher et de m&rsquo;endormir, bercée par les effluves d&rsquo;iode des criques rocheuses de Porto, je commanderais – ce serait ma récompense à moi, mon dernier hommage –, une bibliothèque toute neuve où ranger le surplus de nos livres.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;, de Marion Guillot, Editions de Minuit, 12€.</strong></em></p>
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		<title>Madeline au milieu des loups&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2018 09:26:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA["Une histoire des loups"]]></category>
		<category><![CDATA[abandon]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Une histoire étrange. Vraiment. Et un premier roman extrêmement réussi, parce que dérangeant, et comme je le disais, étrange. Une histoire de loups, donc. Reste à savoir qui ils sont vraiment&#8230; L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Madeline, une jeune fille de 15 ans qui vit dans le Minnesota. Elle vit dans une cabane très [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LOUPS-OK.jpg" rel="lightbox[4117]"><img class="alignleft wp-image-4121 size-medium colorbox-4117" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LOUPS-OK-204x300.jpg" alt="LOUPS OK" width="204" height="300" /></a>Une histoire étrange. Vraiment. Et un premier roman extrêmement réussi, parce que dérangeant, et comme je le disais, étrange. Une histoire de loups, donc. Reste à savoir qui ils sont vraiment&#8230; L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Madeline</strong>, une jeune fille de 15 ans qui vit dans le Minnesota. Elle vit dans une cabane très mal équipée au fond des bois. Ses parents ont, autrefois, vécu dans une communauté. Avant de tout recommencer autrement. Mais toujours à l&rsquo;écart des autres.</p>
<p><strong>Madeline</strong> a grandi comme ça. Débrouillarde, sauvage et différente. Chaque jour, l&rsquo;adolescente pauvre férue de la vie des loups, avale des kilomètres à pied pour aller en cours. Et s&rsquo;enfuit dans les bois et sur les lacs dès que possible. A l&rsquo;écart. Sa vie change avec l&rsquo;arrivée d&rsquo;une famille dans la maison de l&rsquo;autre côté du lac. Un couple d&rsquo;intellectuels (<strong> Leo</strong>, un enseignant-chercheur et <strong>Patra</strong>, son ancienne élève ) et son fils, le petit <strong>Paul</strong>.</p>
<p><strong>Madeline</strong>, qu&rsquo;ils ne connaissent que sous le prénom de <strong>Linda,</strong> va peu à peu entrer dans ses trois vies. <strong>Linda</strong> va garder le petit Paul et pénétrer dans l&rsquo;intimité de cette famille atypique où un drame se joue. Derrière l&rsquo;image d&rsquo;une famille moderne, le carcan de la religion(Leo est un scientiste chrétien de la troisième génération) et, in fine, la mort pourtant évitable du petit <strong>Paul</strong>.</p>
<p>Au fil des pages <strong>Madeline</strong>, désormais adulte, se souvient. Raconte les heures passées auprès d&rsquo;eux, le procès qui suivra la mort de l&rsquo;enfant, aussi. Des flashs-backs qui permettent de reconstituer cette vie à l&rsquo;écart, au milieu des années 80.</p>
<p>Un roman très bien écrit, sensible et dérangeant par la personnalité de <strong>Madeline</strong>, trop souvent livrée à elle-même, par celle de <strong>Leo</strong>, intransigeant dans sa foi, et celle de <strong>Patra</strong>, empêtrée dans ses contradictions.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 68 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Je jetai un oeil sur la mère et vit qu&rsquo;elle avait le menton boutonneux, les sourcils épilés. Il y avait du vomi sur sa veste Teddy et une paille Pixy Stix dépassait du coin de sa bouche, comme une caricature de paysan mâchonnant un brin d&rsquo;herbe. Elle aurait pu être n&rsquo;importe laquelle des Karens de ma classe d&rsquo;ici quelques années, et quand je m&rsquo;en rendis compte j&rsquo;eus envie de rire, mais pas parce que c&rsquo;était drôle. Les filles qui restaient à Loose River après le lycée tombaient enceintes et se mariaient à dix-huit ans avant de s&rsquo;installer dans le sous-sol de leurs parents ou dans un camping-car au fond du jardin. Voilà ce qui arrivait quand on était suffisamment jolie pour devenir pom-pom girl, mais pas suffisamment intelligente pour aller à l&rsquo;université. Et si on n&rsquo;était pas suffisamment jolie, on trouvait un emploi dans un casino ou une maison de retraite à Whitewood.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 131 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Plus tard, en vue de l&rsquo;audience, ils me demanderaient sans cesse pourquoi je n&rsquo;avais pas posé plus de questions dès le début. Qu&rsquo;avez-vous pensé du Dr Leonard Gardner lors de votre première rencontre ? Comment décririez-vous le couple en tant que parents ? Quel genre de soins prodiguaient-ils ? Il me serait difficile d&rsquo;expliquer que je n&rsquo;avais pas posé de questions parce qu&rsquo;ils étaient tous deux exceptionnellement, presque insupportablement gentils. Quand &laquo;&nbsp;Paul se met à parler des grands voiliers avec entrain, Patra lui apporta un verre de jus ambré et s&rsquo;agenouilla devant lui. Il descendit le jus en un temps record, tendit le verre à sa mère. Mais elle ne se releva pas tout de suite &#8211; elle posa la tête sur ses genoux recouverts de l&rsquo;édredon. Leo lui caressa les cheveux et Paul fit de même, avec sa main gantée. J&rsquo;avais honte d&rsquo;être témoin de cette scène, pourtant je n&rsquo;arrivais pas à détourner le regard. Je ne pouvais rien faire d&rsquo;autre que rester là en silence, suivant le tracé rugueux des griffures laissées par le chat sur mes bras.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 260-261  :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Accusés d&rsquo;homicide, les Gardner furent acquittés par dérogation religieuse trois semaines plus tard. Je cessai de m&rsquo;informer sur leur compte après la conclusion du procès de Whitewood. Ma déposition faite, je rentrai avec ma mère dans le pick-up emprunté, mangeai trois sandwichs au beurre de cacahuètes à la suite et partis pêcher des brochets. Pêchai, pris ma première cuite, oubliai. La cabane de l&rsquo;autre rive resta inoccupée pendant plusieurs mois ; je n&rsquo;y suis jamais retournée, je ne me suis pas arrêtée pour regarder les nouveaux propriétaires installer leur barbecue et leur filet de badminton l&rsquo;été suivant.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Une histoire des loups&nbsp;&raquo;, Emily Fridlund, Gallmeister, 22,40 euros.</strong></em></p>
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