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	<title>Comme en 14 &#187; Lefolcalvez</title>
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	<description>Une plongée dans le quotidien de la Grande Guerre</description>
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		<title>1er mai 1915. Au lever du soleil je fais mon tour d’horizon.</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2015 06:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Barrabant]]></category>
		<category><![CDATA[Calonne]]></category>
		<category><![CDATA[Charpentier]]></category>
		<category><![CDATA[Dubrouillet]]></category>
		<category><![CDATA[éparges]]></category>
		<category><![CDATA[Lefolcalvez]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Bedel]]></category>
		<category><![CDATA[Mouilly aux Eparges]]></category>

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		<description><![CDATA[1er Mai : Croisement de la Tranchée de Calonne et de la route de Mouilly aux Eparges
 Au lever du soleil je fais mon tour d’horizon. Joli, l’horizon ! Nous sommes en plein charnier. Chaque buisson cache son cadavre. Cadavres de fusiliers marins allemands, cadavres de zouaves, cadavres de Marocains. Sous l’ardent soleil de ces jours derniers [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium">1</span><sup><span style="font-size: medium">er</span></sup><span style="font-size: medium"> Mai : Croisement de la Tranchée de Calonne et de la route de Mouilly aux Eparges</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Au lever du soleil je fais mon tour d’horizon. Joli, l’horizon ! Nous sommes en plein charnier. Chaque buisson cache son cadavre. Cadavres de fusiliers marins allemands, cadavres de zouaves, cadavres de Marocains. Sous l’ardent soleil de ces jours derniers la décomposition a vite marché et l’odeur qui se dégage de ces fraîches verdures, de ce tapis de muguet et de pervenches est intolérable.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Dans ce coin de forêt, derrière un large réseau de fil de fer, se trouvent groupés, une dizaine d’abris, faits de rondins et de terre. Le colonel occupe l’un d’eux. Moi un autre. Le reste loge les plantons et les officiers de la 2</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> compagnie en réserve. La 6</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> compagnie est en réserve plus loin sur le bord de la route. Entre elle et nous, une compagnie du 311 également en réserve.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Le décor est étrange. De gros hêtres sont brisés à quelques mètres du sol. D’autres sont déracinés, arrachés du sol malgré leurs puissants crampons. Les fourrés sont hachés à certains endroits. Tous dégâts dus aux gros obus allemands. Le sol est jonché d’équipements français et allemands, capotes ensanglantées, gamelles traversées par les balles, fusils brisés, sacs vidés, chéchias, képis, calots allemands, paquets de cartouches, grenades à main et surtout un nombre incalculable de ces calottes d’acier protectrices que l’on distribua il y a quelques jours aux troupes.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> J’en suis là de mon tour d’horizon quand je vois arriver le capitaine Lefolcalvez la tête entourée de linges sanglants. Il marche soutenu par Denis, son fidèle cycliste. Il vient de recevoir à la nuque une balle tirée par un « écureuil ». On m’apprend que le capitaine Charpentier vient d’être tué dans les mêmes circonstances.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Le capitaine Lefolcalvez, que le colonel réconforte en lui promettant la Croix, a le courage de dessiner le plan du terrain occupé par ses compagnies. Je le soutiens à coups de verres de rhum. Pas de boyaux, pas de tranchées. Des fourrés et des gros hêtres. Forêt à guet-apens, à « écureuils », à espions. Des ordres sont donnés : les compagnies vont immédiatement creuser une tranchée et accrocher quelques fils de fer.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Pendant ce temps je vois rôder autour de moi le sinistre Dubrouillet, en proie aux terreurs les plus noires. Il n’a pas pu se rendre jusqu’à la ligne de feu. Je l’y pousse par les épaules. Il s’éloigne courant de trou en trou, d’arbre en arbre, et revient aussitôt les dents claquantes, les yeux hagards. Il a peur. Je le jette dans un coin de mon refuge et je ne m’en occupe pas plus que d’un chien galeux.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Un autre fou m’arrive. Il s’appelle Barrabant et porte une barbiche pointue au menton. Barrabant a fixé sur son crâne sa calotte de métal et ne veut point la quitter. Dans son délire il rit aux anges. Il ressemble à Don Quichotte.</span><sup><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></sup></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> La ligne est à 300m devant moi. Nous sommes dans les balles.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Nous sommes aussi dans les obus. Vers 16h une pluie de marmites tombe sur nos abris. Jamais je n’ai reçu tant de gros obus. Il pleut du 105 comme nous faisons pleuvoir du 75. Sur la 6</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> il tombe des centaines de 210. Hé ! hé ! Les Allemands ont encore des munitions !&#8230; Quel vacarme ! Quel enfer ! Un obus percute sur la route devant notre entrée, éteint nos bougies et emplit le gourbi d’une telle poussière que l’air est pendant quelques instants irrespirable.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Un des plantons cyclistes du colonel, trop curieux, se penche à l’ouverture de son gourbi pour « voir éclater les marmites ». Il a la tête emportée à quelques mètres de là.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Dans le refuge il règne un grand silence angoissant. Mes brancardiers, mes blessés se taisent, figés par la terreur. L’abri n’est pas construit pour résister à de pareils engins, il est très long, assez large et offre ainsi une surface favorable à la chute des marmites. Il faut être résigné dans ces moments-là… C’est d’ailleurs le seul sentiment que découvre en moi l’analyse dont je fouille mon être aux portes de la mort : la résignation. Une résignation presque souriante. Mon pouls bat à 90. Mon estomac crie d’appétit. Et je sifflote une ritournelle insupportable, chère aux troupiers : « </span><span style="font-size: medium"><i>Mais le plus joli rêve Est le rêve d’amour Que l’on fait sur la grève A l’heure où meurt le jour… </i></span><span style="font-size: medium">» C’est ainsi que la mort me cueillera si elle doit me cueillir aujourd’hui.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Au tonnerre des hommes s’ajoute bientôt le tonnerre du ciel : un orage violent gronde sur les Eparges. Le ciel est couleur d’encre. Le paysage prend un aspect d’horreur fantastique.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> A 17h une rafale de 75 essaie de faire taire le canon ennemi. Mais ouiche ! celui-ci accentue sa colère : le bull-dog répond au roquet.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Pendant la nuit, violentes fusillades de nos compagnies inquiètes au milieu de ces fourrés. Réponses allemandes. Un troupier au lieu d’envoyer une fusée blanche envoie une fusée rouge d’alarme : le 75 envoie une terrible rafale sur la tranchée allemande. L’incident dure une heure. Il est minuit.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p class="western"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a>
</p>
<p>Ces deux paragraphes ont été rayés de coups de crayon, probablement par discrétion, lors d’une relecture.</p>
<p class="sdfootnote-western">
</div>

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		<title>30 avril 1915. Abris&#8230;</title>
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		<comments>http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/2015/04/30/30-avril-1915-abris/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2015 06:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Boby]]></category>
		<category><![CDATA[Calonne]]></category>
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		<category><![CDATA[Hauts-de-Meuse]]></category>
		<category><![CDATA[Lefolcalvez]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Bedel]]></category>
		<category><![CDATA[Plaisant]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Jean-de-Luz]]></category>

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		<description><![CDATA[30 avril 1915.  Abris…
 Il fait un temps merveilleux. En quelques jours les hêtres se sont couverts d’un feuillage tendre dans lequel se joue le soleil.
 Assis avec Plaisant à la lisière de la forêt je m’amuse de voir tomber les gros obus allemands dans les vergers fleuris du village d’Haudiomont. Le canon tonne aux [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium">30 avril 1915.  Abris…</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Il fait un temps merveilleux. En quelques jours les hêtres se sont couverts d’un feuillage tendre dans lequel se joue le soleil.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Assis avec Plaisant à la lisière de la forêt je m’amuse de voir tomber les gros obus allemands dans les vergers fleuris du village d’Haudiomont. Le canon tonne aux Eparges. Ce tonnerre a le don d’effrayer considérablement le s/lieutenant D.br…ll.t</span><sup><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></sup><span style="font-size: medium"> arrivé récemment du dépôt. Il donne les signes d’une grande inquiétude et d’une grande agitation. Pendant le déjeuner que nous faisons en plein air il ne dit pas un mot et n’avale pas un morceau. Et nos propos le glacent. En effet nous convenons que le rendez-vous des officiers blessés sera à Saint-Jean-de-Luz où Plaisant nous annonce « d’agréables jeunes filles de sa connaissance affectées aux soins des blessés »</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> A 5h30 ordre de départ pour 6h.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Je pars en avant reconnaître le terrain avec les commandants de compagnie. Nous avançons, à la nuit tombante, sur la tranchée de Calonne, grand’route poussiéreuse qui traverse les forêts des Hauts-de-Meuse. Le capitaine Lefolcalvez ne se tient pas de joie de commander le bataillon. Le capitaine Gresser marche à grandes enjambées vers le combat. Cocagne grogne. Plaisant est inquiet. Boby se tait.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Nous parvenons à un carrefour où les balles sifflent. Là, autour d’un gourbi, le colonel du 126</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> que nous relevons nous donne de vagues indications : « Pas de tranchées… Pas de fils de fer… Des broussailles… gare aux « écureuils ». Et il nous explique que les écureuils sont des Allemands juchés au haut des arbres, bons tireurs qui frappent toujours à la tête. Et dans l’obscurité la plus complète, sans incident, la relève s’accomplit.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> Je trouve, près de la ligne de feu, un gourbi occupé par Gauthier, médecin des zouaves. Là-dedans fermente la sueur d’une vingtaine de tirailleurs et de zouaves. Ils se sont battus hier et ont fait de grosses pertes. Le colonel des zouaves a été tué. Et plusieurs officiers avec lui.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium"> A 4h du matin, Gauthier me quitte emmenant ses blessés et me laisse là avec quelques centaines de poux qu’il n’a pu évacuer. Ah ! les satanés poux marocains !</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p class="western"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a>
</p>
<p>Il s’agit de Dubrouillet, dont Bedel parlera ensuite.</p>
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		<title>20 décembre 1914. Je suis dans la tranchée.</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/2014/12/20/20-decembre-1914-je-suis-dans-la-tranchee/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Dec 2014 07:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Adenot]]></category>
		<category><![CDATA[Berry]]></category>
		<category><![CDATA[Chevillecourt]]></category>
		<category><![CDATA[Cordonnier]]></category>
		<category><![CDATA[Denot]]></category>
		<category><![CDATA[Gresser]]></category>
		<category><![CDATA[Lefolcalvez]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Bedel]]></category>
		<category><![CDATA[Munier]]></category>
		<category><![CDATA[Roederer]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/?p=1101</guid>
		<description><![CDATA[20 décembre 1914. Berry
 Je suis dans la tranchée. J’ai laissé au poste de secours un médecin russe engagé volontaire dans l’armée française.
 Je suis dans la tranchée… En d’autres temps, le matin, j’écoutais les oiseaux chanter. Je trouvais de l’agrément aux variétés de leurs chansons. Mon oreille était heureuse. Tout mon être était heureux… [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="justify"><span style="font-size: medium">20 décembre 1914. Berry</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Je suis dans la tranchée. J’ai laissé au poste de secours un médecin russe engagé volontaire dans l’armée française.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Je suis dans la tranchée… En d’autres temps, le matin, j’écoutais les oiseaux chanter. Je trouvais de l’agrément aux variétés de leurs chansons. Mon oreille était heureuse. Tout mon être était heureux… Ce matin, j’écoute la jolie chanson des balles… Elle tient du chant des abeilles et du chant des martinets. Elle est exquise, très fine, un peu vibrante, tantôt aiguë, tantôt grave, selon la vitesse du petit projectile… En passant, la balle brise parfois des brindilles dans les fourrés, ça fait « Clic !&#8230; clic !&#8230; ting !&#8230; » Parfois elle frappe un arbre et ça fait : « Pafff !&#8230; » comme une petite bombe… Parfois, enfin, et le plus souvent, elle s’enfonce en terre et ça fait « Ploff !&#8230; ».</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Je suis dans la tranchée, assis à la porte du capitaine Lefolcalvez. Des troupiers vont et viennent comme doivent aller et venir dans leurs villages de terre et de palme les nègres de la Guinée… Certains embellissent leur case, la garnissent d’objets voyants, petits cailloux blancs, nummulites arrondis et les disposent en forme de dessins symétriques ou de lettres dans la terre grasse des murs… Certains écrivent… Certains autres lisent… Certains, qui sont des sentinelles, veillent immobiles, l’œil dans une meurtrière… Certains autres, l’œil à la meurtrière, fouillent le terrain ennemi à la recherche d’une mitrailleuse qui depuis ce matin ne cesse de tirer sur nous…</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Dans le village qui est de l’autre côté du ruisseau, du Rû d’Hozien, des fumées montent… Les Allemands se chauffent… Dans ce petit bois, entre eux et nous, une de nos sentinelles a tué, la nuit dernière, une de leurs sentinelles… Le corps est là, tout gris sur les feuilles mortes, tête nue, les bras en croix… On le laisse. Il servira d’appât. Derrière les arbres, autour de lui, des troupiers veillent…</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Il fait beau. Le soleil est vif. Les troupiers chantonnent en graissant leur fusil… Deux batteries d’artillerie qui sont à quelques centaines de mètres derrière nous tirent sur Chevillecourt. Pong !&#8230; Tiu iu iu iu iu… Patatata pagnne !&#8230; Départ, passage, arrivée. Un nuage de fumée vite effiloché par le vent… Et c’est un obus de 75 de plus sur les ruines du malheureux village.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> La mitrailleuse ennemie persévère dans son infatigable : Pan pan pan pan pan. Où est-elle ? Avant-hier, le sergent Adenot, après plusieurs jours de recherche, a fini par en découvrir une à l’intérieur d’une maison de Chevillecourt : il l’a aperçue par une fenêtre au moment où un rayon de soleil passant par les vitres éclairait les aciers de la pièce. Quelques balles envoyées par un de nos bons tireurs sur le joli reflet a vite fait taire la bavarde…</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Onze heures. Je vais déjeuner avec les lieutenants Cordonnier et Roederer dans la case du capitaine Gresser, absent. A la lueur d’une bougie piquée sur une douille d’obus de 77 nous mangeons des pommes de terre frites que le cuisinier Munier nous envoie de Berry. Elles arrivent froides et la graisse est figée. Mais elles sont bien bonnes… Le canon ne tire plus, ni la mitrailleuse, et à peine les fusils. C’est le répit du déjeuner. On mange de part et d’autre… On ne se tue plus…</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Un coup de téléphone du médecin russe interrompt mon déjeuner : « Descendre immédiatement au poste de secours. Blessé très grave. » Je descends au pas de gymnastique par l’interminable boyau dont les parois blanches me meurtrissent les coudes.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Un sergent est étendu sur la paille du poste, une balle au front, la matière cérébrale jaillie dans les cheveux… Il râle… Il meurt…</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Il avait mis l’œil à une meurtrière… Peut-être son œil brillait-il trop de voir un boche tout proche… Une balle arriva.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Et ils sont innombrables ceux qui auront été tués, ainsi, d’une balle au front. Et les familles feront mettre dans l’annonce du décès ces mots glorieux : « Tué à l’ennemi, d’une balle en plein front. »</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> …Pour changer, on envoie des obus de 77 et de 88 sur Berry, pour la plus grande joie de mon petit infirmier Denot qui récolte les fusées et les balles de plomb qui tombent autour du poste de secours… Il a l’esprit curieux des choses de la guerre, beaucoup plus que des choses de la médecine… Parmi les balles qui viennent frapper les murs du poste et qu’il ramasse soigneusement il se trouve une balle dum-dum, avec encoches latérales.*</span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image22.jpg" rel="lightbox[1101]"><img class="alignnone size-medium wp-image-1102 colorbox-1101" alt="Image22" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image22-300x169.jpg" width="300" height="169" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"><i> …</i></span><span style="font-size: medium">De temps en temps un blessé arrive porté sur un brancard… En voici un dont la main gauche est traversée d’une balle tirée à bout portant : « Accident » affirme-t-il. « Mutilation volontaire » affirmera le conseil de guerre… Et je crois que le conseil de guerre aura raison.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> A 4h la nuit est complète.</span></p>

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		<title>18 octobre 1914. Le temps est très triste, brouillard et fine pluie, boue et pataugeade.</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Oct 2014 07:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[18 octobre 1914. Ménil-aux-Bois
 Le temps est très triste, brouillard et fine pluie, boue et pataugeade.
 La femme d’un capitaine, aux armées actuellement, me fait demander pour soigner son petit garçon. Je la trouve logée dans une pièce à peine éclairée. Son enfant est étendu, tout fiévreux, sur un matelas à terre. Elle a une [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="justify"><span style="font-size: medium">18 octobre 1914. Ménil-aux-Bois</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Le temps est très triste, brouillard et fine pluie, boue et pataugeade.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> La femme d’un capitaine, aux armées actuellement, me fait demander pour soigner son petit garçon. Je la trouve logée dans une pièce à peine éclairée. Son enfant est étendu, tout fiévreux, sur un matelas à terre. Elle a une habitation à Sampigny et elle a dû fuir le bombardement.</span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image21.jpg" rel="lightbox[743]"><img class="alignnone size-medium wp-image-745 colorbox-743" alt="Image2" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image21-192x300.jpg" width="192" height="300" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Sampigny a le don d’exciter la rage de l’ennemi qui n’a pu y pénétrer : depuis trois semaines, chaque jour, Sampigny est bombardé. La raison de cette obstination est bien simple : de la maison du Président Poincaré il reste encore le toit, bien que les murs soient éventrés : tant que ce toit ne sera pas démoli les obus tomberont et tant que les artilleurs bavarois seront maladroits le toit ne sera pas démoli. C’est fort ennuyeux pour les voisins du Château Poincaré (c’est ainsi qu’on désigne ici la maison du Président).</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Brrroum !&#8230; brrroum !&#8230; Ce sont les grosses marmites qui s’acharnent contre Sampigny.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> C’est aujourd’hui dimanche. Nous ne le savons que par une note d’un aumônier militaire nous avisant qu’il y aurait messe à 11h. A 11h la petite église est bondée de troupiers. Plus on est près de l’ennemi, plus il y a de soldats à la messe… Encore une messe au son du canon ! Le sermon très bref de l’aumônier, scandé par l’éclatement des obus, voilà du sublime. J’en étais frissonnant de la tête aux pieds.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> La situation militaire par ici est la suivante : 140.000 hommes de l’armée ennemie se sont emparés de la région de Saint-Mihiel. Pas un n’a pu franchir la Meuse.L’ennemi occupe donc des positions de la rive droite de la Meuse que nous bombardons de la rive gauche. Nous avons également de l’artillerie sur la rive droite entre Mécrin et Marbotte. Cette artillerie arrose la forêt d’Apremont où ont eu lieu des combats très sanglants. De tous les forts situés entre Commercy et Saint-Mihiel, un seul a été pris, le fort du Camp des Romains, la garnison s’est rendue avec les honneurs de la guerre.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Ménil-aux Bois se trouve à l’ouest de Sampigny et à cinq kilomètres de cette ville.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium">Midi-</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Nous déjeunons au milieu d’un nuage de mouches. Au bord de notre verre elles sont là perchées comme des hirondelles sur un fil télégraphique. Nous sommes obligés de tenir notre pain sous notre serviette, de recouvrir notre verre avec une feuille de papier. C’est un fléau. La fièvre typhoïde sévit dans l’armée qui opère par ici. Dans notre régiment il en existe déjà quarante cas.</span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image1.jpg" rel="lightbox[743]"><img class="alignnone size-medium wp-image-744 colorbox-743" alt="Image1" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image1-300x186.jpg" width="300" height="186" /></a></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium">16h</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Nous avons allumé du feu dans le cabinet de travail de la maison Lefolcalvez. Nous avons découvert un phonographe et voilà que les pieds au feu, l’oreille à la musique, indifférente à la canonnade, nous commençons à comprendre la guerre comme les Allemands l’entendent : profiter des conforts rencontrés au hasard de la campagne en prévision de la botte de paille de demain. Moi, enfoncé dans un excellent fauteuil, je lis </span><span style="font-size: medium"><i>les Saisons</i></span><span style="font-size: medium"> de Saint-Lambert</span><sup><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></sup><span style="font-size: medium"> et parce que j’y trouve au </span><span style="font-size: medium"><i>Livre du Printemps</i></span><span style="font-size: medium"> les vers charmants :</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Déjà le rossignol fait retentir les bois ;</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Il sait précipiter et ralentir sa voix ;</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Ses accents variés sont suivis d’un silence</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium"> Qu’interrompt avec grâce une juste cadence…</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium">j’oublie d’entendre la voix hurlante des shrapnells qui par ce jour brumeux d’automne fait retentir lugubrement le bois de Béléhène.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a> Jean-François de Saint-Lambert (1716-1803), poète né à Nancy, ami des Encyclopédistes.</p>
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		<title>17 octobre 1914. Le train stoppe à Sorcy. On entend le canon.</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Oct 2014 07:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Barrès]]></category>
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		<category><![CDATA[Poincaré]]></category>
		<category><![CDATA[Sampigny]]></category>
		<category><![CDATA[Sorcy]]></category>

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		<description><![CDATA[17 octobre 1914.
0h30-
 Le train stoppe à Sorcy. On entend le canon. On voit des trous d’obus tout frais le long de la voie. Ca y est, nous voilà de nouveau dans la guerre.
2h30-
 Nous sommes encore à Sorcy. Nous faisons les cent pas devant le long train où les hommes dorment entassés à 45 [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">17 octobre 1914.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">0h30-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Le train stoppe à Sorcy. On entend le canon. On voit des trous d’obus tout frais le long de la voie. Ca y est, nous voilà de nouveau dans la guerre.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">2h30-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Nous sommes encore à Sorcy. Nous faisons les cent pas devant le long train où les hommes dorment entassés à 45 par wagon.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">2h45- Commercy</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Arrivée à Commercy. Il pleut. Il fait froid. On m’indique une adresse où une chambre m’a été retenue. J’y cours. Je frappe à la porte. Un homme en bonnet de coton apparaît à une fenêtre et me dit qu’il n’a pas de chambre, qu’il est commis dans la maison et que toutes les pièces sont fermées à clef. Je lui demande l’adresse de son patron. Un territorial me guide rue des Capucins, devant une belle maison : je sonne. Cette fois-ci c’est un gentleman en pyjama qui m’apparaît à la fenêtre. Tout de suite il me prie d’accepter une chambre chez lui, m’offre des gâteaux secs, du cordial Marie-Brizard ; on bassine</span><sup><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></sup><span style="font-size: medium"> mon lit.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">4h- Je me couche.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">7h- Je me lève</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Commercy a de larges places, des marchands de madeleines et un château. Commercy a également des magasins bien achalandés : un électricien a vendu depuis avant-hier cinq cents lampes électriques de poche à 5francs l’une… La guerre ne ruine pas tout le monde…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Le canon tonne vers Sampigny.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Sampigny, c’est la petite patrie de notre grand Poincaré. Ai-je besoin de dire que si, à Charmes, Barrès était roi, à Commercy Poincaré est dieu ?</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">Midi-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Après un bon déjeuner à l’hôtel de la Cloche (un peu trop de madeleines au dessert, tout de même) ordre de départ pour le front. Nous devons cantonner à Ménil-aux-Bois, à 18 kilomètres d’ici.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">19h- Ménil-aux-bois-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Nous avons marché 7 heures dans les bois. Les bois étaient merveilleux, tout dorés par l’automne, mais la marche était bien pénible. En pleine nuit, descendre et gravir des chemins étroits, ravinés, caillouteux, sous une petite pluie fine, qui devient bien vite une grosse pluie, entendre durant cette marche le canon tout proche, l’éclatement d’obus qui semblent par moment arriver vers nous, la fusillade intense de l’infanterie qui crépite dans la direction de Lérouville… et arriver dans un petit village boueux, pauvre, envahi d’émigrés de Sampigny… ce n’est pas une partie de plaisir.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image62.jpg" rel="lightbox[735]"><img class="alignnone size-medium wp-image-740 colorbox-735" alt="Image62" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image62-300x256.jpg" width="300" height="256" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Les voitures n’ont pu nous suivre. A 8h nous n’avons rien à manger. Dans la maison abandonnée où nous pénétrons, le commandant, les officiers et moi, il reste quelques oignons et deux bocaux de cornichons. Je m’attable aussitôt devant un cornichon étalé sur du pain, pendant que le commandant juché sur un buffet fouille le petit garde-manger dans l’espoir d’y découvrir du lard, espoir d’ailleurs vite déçu. La pièce que nous occupons est éclairée par un petit vasistas recouvrant l’ouverture d’une énorme cheminée qui tient lieu de plafond. C’est un système que nous retrouvons dans plusieurs maisons du pays.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Dans ce misérable village, il y a une maison assez confortable. Elle est abandonnée. Le capitaine Lefolcalvez qui est un habile crocheteur de portes a pu s’y introduire et m’y offre une chambre avec un lit. Sur quinze officiers nous sommes cinq à être couchés. Les autres passeront la nuit sur la paille.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a></p>
<p>On chauffe son lit à l’aide d’une bassinoire remplie de braises.</p>
</div>

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		<item>
		<title>14 octobre 1914. J’ai un nouveau cheval. C’est une grande joie.</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/2014/10/14/14-octobre-1914-jai-un-nouveau-cheval-cest-une-grande-joie/</link>
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		<pubDate>Tue, 14 Oct 2014 07:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Altkirch]]></category>
		<category><![CDATA[Bouxurulles]]></category>
		<category><![CDATA[Florémont]]></category>
		<category><![CDATA[général Pau]]></category>
		<category><![CDATA[Lefolcalvez]]></category>
		<category><![CDATA[Lorraine]]></category>
		<category><![CDATA[Ubexy]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/?p=726</guid>
		<description><![CDATA[14 octobre 1914. 
 J’ai un nouveau cheval. C’est une grande joie. Un beau cheval tout blanc, et qui fut le cheval du général Pau. Je l’ai baptisé Altkirch, naturellement. Quand il voit des pantalons rouges il s’élance vers eux d’un élan superbe. Tout le monde dans le pays le connaît : il était soigné par un [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">14 octobre 1914. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> J’ai un nouveau cheval. C’est une grande joie. Un beau cheval tout blanc, et qui fut le cheval du général Pau. Je l’ai baptisé Altkirch, naturellement. Quand il voit des pantalons rouges il s’élance vers eux d’un élan superbe. Tout le monde dans le pays le connaît : il était soigné par un homme d’ici pour une synovite. Les gamins s’arrêtent étonnés de me voir sur « le cheval du général Pau ». Et cet après-midi durant un match que je disputais sur Altkirch contre le cheval allemand du capitaine Lefolcalvez j’avais pour moi la foule et j’eus aussi la victoire.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Comme la Lorraine m’a tout de suite séduit ! Comme j’aime les collines mosellanes, avec leurs vignes, leurs petits villages nichés dans des creux, leurs routes bordées de peupliers ! Florémont, Ubexy, Bouxurulles !&#8230; Déjà je suis l’ami de vos clochers et le calme de vos campagnes me fait oublier la guerre.</span></p>

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		<title>6 octobre 1914. Tiii, iu iu iu iu iu iu i…….Pagnnne !</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Oct 2014 07:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Alem]]></category>
		<category><![CDATA[Alencombe]]></category>
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		<category><![CDATA[Thiaville]]></category>

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		<description><![CDATA[6 octobre 1914.

-Minuit trente-
Tiii, iu iu iu iu iu iu i…….Pagnnne !
 Réveil en musique. C’est extraordinaire : ce petit sifflement, qui ressemble un peu au cri que fait la soie quand on la déchire, vous tire du plus profond sommeil. Déjà le subconscient a enregistré le danger que cache ce léger murmure… Avec quelle hâte on [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">6 octobre 1914.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image56.jpg" rel="lightbox[679]"><img class="alignnone size-medium wp-image-701 colorbox-679" alt="Image56" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image56-300x289.jpg" width="300" height="289" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">-Minuit trente-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">Tiii, iu iu iu iu iu iu i…….Pagnnne !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Réveil en musique. C’est extraordinaire : ce petit sifflement, qui ressemble un peu au cri que fait la soie quand on la déchire, vous tire du plus profond sommeil. Déjà le subconscient a enregistré le danger que cache ce léger murmure… Avec quelle hâte on se jette sur son pantalon, ses chaussures, sa montre et son portefeuille !&#8230; Et voilà ! Toutes les trente secondes : Tiii iu iu iu iu Pagnnne !&#8230; Nous sommes là à attendre dans le grand vestibule : il pleut, il fait un froid noir. Pas gaie, la guerre aujourd’hui !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 3h matin -Tiii iu iu iu iu … tiii iuiu iu iu … Pagnnne !&#8230; Pagnnne !&#8230; Ca continue…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 4h- Ca cesse. Je monte me coucher.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 6h- Ca reprend ! Oh ! mais cette fois, c’est extrêmement sérieux : toutes les cinq minutes nous recevons sur notre cantonnement un obus de 210. C’est ce que nous appelons les « grosses marmites ». Une maison voisine </span><span style="font-size: medium"><i>vole en éclats </i></span><span style="font-size: medium">… Nous descendons nous réfugier dans la cave voûtée de la maison. C’est là que j’écris, assis sur un tonneau, au milieu de voisins terrifiés, d’enfants qui crient… le sifflement est singulièrement effrayant ; l’éclatement le suit à une seconde. Ca fait « Pfuiii… », et immédiatement après c’est… la fin du monde à quelques mètres de nous.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Jusqu’à présent notre maison n’a rien. Mais la maison où nous prenons nos repas est démolie, le joli chalet Fayard l’échappe belle, la route « n’est qu’un trou » devant sa grille ; un obus explose exactement sur la tombe de quatre chasseurs dont les corps sont éparpillés.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 10h- Ca cesse… jusqu’à quand ? Nous avons été trahis, c’est évident : tous les obus ont été envoyés sur notre cantonnement et sur celui du 1</span><sup><span style="font-size: medium">er</span></sup><span style="font-size: medium"> bataillon. La ville est remplie d’espions ; nous le savons et… voilà le résultat de notre stupide indifférence.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Tous les hommes de la ville rentrés depuis deux jours fuient de nouveau ; ils laissent leur femme pour garder la maison. Et c’est dans le bureau du commandant installé dans la cave un défilé incessant d’hommes tremblants qui viennent chercher des laissez-passer.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Les habitants risquent les uns après les autres un œil dans la rue. Ils sont tout pâles, maigres, anxieux. L’impression que me laisse ce bombardement est pénible ; ces énormes torpilles font peur. Je commence à comprendre le colonel démoralisé que nous recueillîmes à Deyvillers, retour de Sarrebourg…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image57.jpg" rel="lightbox[679]"><img class="alignnone size-medium wp-image-703 colorbox-679" alt="Image57" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/Image57-300x263.jpg" width="300" height="263" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">Maison forestière de Thiaville – Midi-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Pour essayer de diminuer mon angoisse je gagne ma chère forêt. Elle est sinistre aujourd’hui sous un ciel de brouillard très bas. Il fait nuit à midi. Les troupiers sont tristes, ils ont froid. Le passage des obus cette nuit au-dessus d’eux les a inquiétés. Ah ! dans la forêt ce n’est plus comme dans la plaine. On nage dans l’inconnu. On s’y noie pour peu que la peur vous envahisse et si on se laisse aller c’est bientôt une sorte de panique qui vous saisit.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 2h- Le canon reprend par coups tantôt espacés, tantôt répétés. Sont-ce des pièces françaises ? Sont-ce des pièces ennemies ? Cela vient de Cirey.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Le père Alem très nerveux fume sa pipe et cherche d’où viennent les obus et où ils vont.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 4h- Il fait de plus en plus noir. Le brouillard devient épais. Une vive fusillade éclate du côté d’Herbaville… Nous sommes là, le capitaine, le père Alem et moi, immobiles dans l’étroit potager, l’oreille tendue. Que se passe-t-il ? On dirait que l’ennemi rôde tout autour de nous. Oh ! comme ce cercle de sapins ressemble au collet du braconnier ! A mesure que la nuit tombe on dirait qu’il se resserre autour de nos poitrines… </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">6h- Oh ! oh ! ça devient sérieux… Dans la nuit tombée j’accompagne le capitaine dans une tranchée derrière l’étang… Tout à coup, rumeur violente sur le chemin d’Alencombe. « Des boches !&#8230; des boches !&#8230;» Entre les huit hommes d’une patrouille, deux taches grises : deux prisonniers. On nous les amène. Ce sont deux hommes de la landwehr. Ils ont été faits prisonniers dans une des fermes d’Alencombe où ils s’étaient réfugiés quand notre patrouille a attaqué la leur. La patrouille ennemie, composée de sept hommes et un sergent, descendait, au moment de la surprise, le chemin de la Chapelotte que je prends chaque jour. Aussi bien était-ce moi qui les rencontrais et… qui étais fait prisonnier. A nos questions, les prisonniers répondent avec un sourire qui démontre qu’ils sont heureux de leur sort. Nous les fouillons : dans leurs poches nous trouvons des cigarettes jaunes, des calepins, un chapelet, des canifs… et des pastilles de pippermint.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Mais où sont les six autres ?&#8230; De nouveau, une violente fusillade à gauche, vers le poste de l’adjudant Charpentier… Serait-ce eux ?&#8230; Nous parlons à voix basse. Les hommes marchent sur la pointe des pieds… Tout à coup, un cri immense et lugubre plane sur la forêt endormie : le cri du grand-duc, plusieurs fois répété. Or, nous savons que c’est un cri de ralliement des Alsaciens… Oh ! comme nous retenons nos souffles !&#8230; Quel silence dans la forêt !&#8230; Mais qu’est-ce que la nuit nous réserve ? Du moins, jusqu’à présent l’artillerie nous laisse en paix.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">8h soir-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Le capitaine Lefolcalvez qui occupe la Chapelotte envoie au capitaine Gresser la note suivante :</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"><i> « Deux de mes postes ont été attaqués simultanément à 16h15 environ par une reconnaissance allemande qui, après avoir manifesté beaucoup de mordant, s’est repliée dans la direction générale d’Allencombe. L’effectif vu était d’environ 25 hommes. Comme je ne sais pas au juste ce que cela signifie, j’ai demandé au commandant de faire rapprocher la réserve jusqu’à l’emplacement que nous occupions il y a quatre jours. Elle y sera d’ailleurs mieux qu’à Badonviller sous les pruneaux de 210 comme nous en avons reçu la nuit dernière. Félicitations pour tes prisonniers. Nous nous sommes contentés d’en dégringoler un. On ira voir au jour s’ils l’ont emporté. Fais-moi connaître, au jour, les renseignements que tu auras pu tirer de tes deux boches.</i></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"><i> Le Folcalvez. »</i></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">8h30</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> La fusillade Charpentier n’a pas été tirée par Charpentier, mais par une reconnaissance de la première compagnie. Impossible de téléphoner ces renseignements au commandant, à Badonviller : cet agriculteur-guerrier ignore tout du téléphone et oublie de raccrocher le récepteur.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Tout cela ne nous empêche pas de manger : nous avons savouré une langue sauce-piquante dont je vous dis que ça ! Et au dessert une de ces compote de myrtil[l]es, offerte par Mme Gény ! Et un kirsch ! Et une eau de vie de betteraves !&#8230;</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">Minuit-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Je me suis étendu par terre sur un matelas, et je n’essaie pas de dormir : sous l’assaut de trois cent mille mouches, ce serait impossible. D’ailleurs dès que je commence à perdre conscience, j’entends siffler des 210 de rêve et j’aime mieux ne pas entendre de 210 quand c’est possible.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Le récepteur du téléphone n’est toujours pas raccroché : cette inadvertance pourrait être la source d’une tragédie ; en cas d’attaque nous ne pourrions appeler les réserves à la rescousse. </span></p>

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		<title>5 octobre 1914. J’ai déjeuné deux fois aujourd’hui.</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/2014/10/05/5-octobre-1914-jai-dejeune-deux-fois-aujourdhui/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/2014/10/05/5-octobre-1914-jai-dejeune-deux-fois-aujourdhui/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2014 07:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Alencombe]]></category>
		<category><![CDATA[allemands]]></category>
		<category><![CDATA[Angomont]]></category>
		<category><![CDATA[Badonviller]]></category>
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		<category><![CDATA[Gény]]></category>
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		<category><![CDATA[la Chapelotte]]></category>
		<category><![CDATA[Lefolcalvez]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Bedel]]></category>
		<category><![CDATA[Thiaville]]></category>
		<category><![CDATA[Uhlans]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/?p=664</guid>
		<description><![CDATA[5 octobre 1914. Badonviller

 J’ai déjeuné deux fois aujourd’hui.
1er déjeuner- J’ai retrouvé la compagnie Lefolcalvez à la Chapelotte, car maintenant il y a là toute une compagnie. La maison forestière est percée de trous pour le tir – avec ses fenêtres sans vitres, ses murs noircis de fumée, les mille débris qui l’entourent elle ressemble [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">5 octobre 1914. Badonviller</span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/015.jpg" rel="lightbox[664]"><img class="alignnone size-medium wp-image-665 colorbox-664" alt="015" src="http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/files/015-300x194.jpg" width="300" height="194" /></a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> J’ai déjeuné deux fois aujourd’hui.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">1</span><sup><span style="font-size: medium">er</span></sup><span style="font-size: medium"> déjeuner- J’ai retrouvé la compagnie Lefolcalvez à la Chapelotte, car maintenant il y a là toute une compagnie. La maison forestière est percée de trous pour le tir – avec ses fenêtres sans vitres, ses murs noircis de fumée, les mille débris qui l’entourent elle ressemble assez à la Maison des Dernières Cartouches. Nous mangeons dans une petite salle dont le sol est recouvert d’une épaisse couche de fougères, et au milieu de laquelle est allumé le fagot sur quoi notre viande se rôtit. Je vous laisse à penser quelle fumée s’attaque à nos yeux !&#8230; Menu : viande de bœuf, pommes de terre et poires que j’ai apportées de Badonviller.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Pendant que nous mastiquons notre bout de viande… pif !&#8230; paf !&#8230;paf !&#8230; paf !&#8230; pif !&#8230; on se tue entre patrouilleurs. Les coups de feu sont tirés tout près de nous, dans un bois de pins qui couvre les flans de la Tête des Collins. On n’y fait plus guère attention… Ces petits échanges d’amitié entre patrouilles sont faits courants depuis que nous sommes dans les bois.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">- 2</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> déjeuner-</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Je descends ensuite de la Chapelotte à Thiaville par Alencombe. Encore des traces fraîches de patrouilleurs allemands sur le sable du sentier. Tout le long de ce chemin il y a des tas de bois dont je me méfie. Je rencontre quatre hommes de la 6</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> Cie qui descendent à travers bois : « Rien de neuf ? &#8211; Si, mon lieutenant, une demi-douzaine de boches qu’ont foutu le camp quand ils nous ont vus… » Ce sont ceux de la trace fraîche.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> A la maison forestière de Thiaville, où j’arrive à midi, je trouve madame Gény et le vieux garde Alem à la table du capitaine Gresser et des lieutenants Gassier et Cordonnier. En leur honneur on a mis les petits plats dans les grands. […]</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Je redéjeune. Commode la forêt, elle nous nourrit : cèpes et giroles étaient exquis. Le vieux garde nous conte à grands gestes et à voix bruyante comment il recevait les Allemands chez lui : « Ah ! Messieurs, les cochons !&#8230; » C’est un de ces types nécessaires dans un tableau de guerre. Il crie trop fort, la fenêtre est ouverte, les bois résonnent à sa voix et l’on entend se répercuter vers les basses-vallées occupées par l’ennemi : « les cochons !&#8230; Les cochons !&#8230; ». Hier deux uhlans se sont aventurés jusqu’au chalet de Mme Gény : la cuisinière étant apparue à sa fenêtre, ils ont détalé à grands coups d’éperons.</span><sup><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></sup></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Et j’admire notre insouciance : nous parlons, nous rions, nous mangeons, nous buvons… l’ennemi est là, embusqué derrière ce rideau de sapins, peut-être cerne-t-il la maison… J’admire l’insouciance de nos hommes : tandis que les sentinelles veillent l’oreille aux aguets, l’œil fouilleur, j’aperçois deux troupiers occupés à pêcher la truite dans le ruisseau voisin. A ce moment, nous entendons quelques coups de feu vers Angomont. Croyez-vous que cela nous fasse baisser la voix ? Point ! A ce bruit, maintenant si familier, le vieux garde-de-chasse brandit son poing vers la fenêtre et hurle : « Ah ! les cochons, saignez-les les sales cochons !.. »</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">9h soir- Hé bien, ces coups de feu tuaient deux hommes de la 14</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> Cie et en blessaient plusieurs autres.</span></p>
<p align="JUSTIFY">
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small"><i>(Bedel a collé une carte postale de ce chalet et ajouté au crayon la note suivante : « </i></span><span style="font-size: small">Le chalet a été, depuis cette époque, brûlé et rasé par l’ennemi et Madame Gény, emmenée en Allemagne y a été condamnée pour espionnage à quinze ans de prison. Ces renseignements m’ont été donnés par le beau-frère de Mme Gény, le lieutenant d’artillerie Gény dont la batterie se trouvait à la Schlucht en mars 1916). »</span></p>
</div>

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