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	<title>Quatrième de couv &#187; violences</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Un huis clos à ciel ouvert</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2021 12:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman ? Comme c&#8217;est curieux Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&#8217;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Blizzard est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5811]"><img class="alignleft wp-image-5814 size-medium colorbox-5811" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="147289_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a>Un premier roman ? Comme c&rsquo;est curieux <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5811" /></p>
<p>Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&rsquo;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire.</p>
<p><em><strong>Blizzard</strong> </em>est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes sombres de l&rsquo;âme humaine.</p>
<p><strong>Marie Vingtras</strong> (il ne s&rsquo;agit pas de son patronyme) signe là un roman dont chaque chapitre porte la voix d&rsquo;un personnage différent. On y trouve <strong>Bess</strong>, <strong>Benedict</strong>, <strong>Cole</strong>, mais aussi <strong>Freeman. </strong>L&rsquo;affreux <strong>Clifford </strong>s&rsquo;y ajoute, en filigrane.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Le roman, vif et totalement maîtrisé, s&rsquo;ouvre sur une scène qui s&rsquo;annonce tragique : <strong>Bess</strong> vient, pour refaire ses lacets, de lâcher la main de <strong>Thomas</strong>, l&rsquo;enfant dont elle s&rsquo;occupe avec<strong> Benedict</strong>, avec qui elle habite et qui a grandi là avec ses parents et son frère, parti depuis longtemps. <strong>Cole</strong>, l&rsquo;ami de la famille, vient à sa rescousse. <strong>Freeman</strong> aussi, ce drôle de type arrivé là pour on ne sait quoi&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5811"></span></p>
<p>Le blizzard fouette les visages et entrave déjà la marche. Pas de temps à perdre, il faut le retrouver. Vite.</p>
<p>On ne connait alors pas les liens qui les unissent. Le lecteur les découvre au fil des pages. De quoi faire monter la tension.</p>
<p>Oui, tous cherchent cet enfant. Mais tous disent aussi des choses bien plus profondes sur leur histoire et, in fine, ce qui les unit ou les éloigne. Et c&rsquo;est grandement mené. Là, au coeur de l&rsquo;Alaska. Un endroit isolé. Choisi pour certains des personnages, subi pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Le suspense est incroyable tandis que le blizzard fait rage et met chacun face à son histoire, ses manquements, ses doutes et ses tumultes. Les questions de l&rsquo;abandon, de la culpabilité et de la paternité sont notamment abordées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Marie Vingtras,</strong> quadragénaire née à Rennes, signe là un premier roman qui rend hommage à la littérature contemporaine américaine qu&rsquo;elle aime particulièrement.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 17 :</strong> Bess</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je ne vois rien. La neige s&rsquo;envole au sol en tourbillons et lorsqueje lève les yeux vers le ciel c&rsquo;est une vraie purée de pois. L&rsquo;air est incolore, comme si toutes les couleurs existantes avaient disparu, comme si le monde entier s&rsquo;était dilué dans un verre d&rsquo;eau. Je regrette de ne pas avoir fait plus attention quand Benedict essayait de décrire le fonctionnement des blizzards au petit. J&rsquo;aurais peut-être su ce qu&rsquo;il fallait faire, à part ne pas sortir, bien sûr, mais ça, il était trop tard pour le regretter. Je tourne le dos au vent, appuyée sur ce que je suppose être un rocher. A moins que ce ne soit un ours qui hiberne, ce qui réglerait mon problème. Je ne parviens pas à réfléchir à la conduite à tenir, mais je vais me transformer en bonhomme de neige si je ne bouge pas. Je ne suis pas complètement idiote, je sais dans quel pétrin je me suis fourrée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 63 :</strong> Benedict</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il était parti depuis un an quand papa m&rsquo;a dit que cela ne pouvait plus durer. Il n&rsquo;était plus comme avant, je crois qu&rsquo;il avait peur de ne jamais revoir son fils. Quant à maman, elle n&rsquo;allait pas tellement mieux. Elle ne dormait plus, elle disait qu&rsquo;un jour elle finirait par oublier le visage de son propre enfant et cette idée la rendait folle. Je me rendais bien compte que tout était différent de notre enfance et de notre adolescence alors que je nous avais cru éternellement heureux. Tout était bancal, comme s&rsquo;il nous manquait une jambe. En partant comme un voleur, sans rien nous expliquer, il nous avait définitivement privés d&rsquo;équilibre. Je ne parvenais pas à comprendre comment il avait pu nous faire ça et encore aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;arrive pas à concevoir qu&rsquo;il ait pu prendre une telle décision. Fermer la porte de sa maison, monter dans sa voiture et disparaître.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 133 :</strong>  Bess</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; Je suis dans cette maison abandonnée, immobile dans cette partie du monde comme j&rsquo;ai rarement été immobile depuis que je suis partie de chez ma mère. Je m&rsquo;étais promis de ne pas rester trop longtemps au même endroit, pas assez longtemps pour nouer des amitiés ou rencontrer quelqu&rsquo;un que j&rsquo;aurais pu aimer. Etre de passage, telle une comète, puis disparaître, toujours repartir, toujours sur la route. On peut dire que j&rsquo;ai fait tous les petits boulots que ce pays peut offrir, le respectable et le sordide. Rien ne m&rsquo;a rebutée, tout était purement alimentaire. Rien qui puisse être plus humiliant que ce que j&rsquo;avais connu, rien de plus douloureux que le poids des souvenirs, rien de plus insoutenable que le poids de la honte.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong>Blizzard, Marie Vingtras, Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au pied de la colline, l&#8217;enfance nue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/14/au-pied-de-la-colline-lenfance-nue/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/14/au-pied-de-la-colline-lenfance-nue/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 13:06:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sélection Roblès 2021 Le démon de la colline aux loups. Un titre qui laisse penser à un conte. On en est loin. Très loin. Voilà un premier roman percutant, dérangeant. L&#8217;histoire vous colle aux doigts, vous laisse des images. Pas jolies. L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Duke. Il est en prison. Pour très longtemps. Là, derrière les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="page">
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282.jpg" rel="lightbox[5630]"><img class="alignleft size-full wp-image-5632 colorbox-5630" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282.jpg" alt="CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282" width="250" height="325" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #0000ff">Sélection Roblès 2021</span></strong></p>
<p><strong><em>Le démon de la colline aux loups</em>.</strong> Un titre qui laisse penser à un conte. On en est loin. Très loin. Voilà un premier roman percutant, dérangeant. L&rsquo;histoire vous colle aux doigts, vous laisse des images. Pas jolies. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Duke</strong>.</p>
<p>Il est en prison. Pour très longtemps. Là, derrière les murs, il écrit. Tout. Sur la vieille machine à écrire prêtée par le directeur. Pour ne pas oublier, pour essayer de comprendre. &laquo;&nbsp;Pour &laquo;&nbsp;assurer sa rédemption &nbsp;&raquo; aussi. Pour savoir si tout cela a été causé par le Démon de la Colline aux loups. Cet endroit, il y a vécu. Survécu plutôt. C&rsquo;est là qu&rsquo;il grandit au sein d&rsquo;une famille défaillante, totalement dysfonctionnelle. C&rsquo;est là qu&rsquo;il sera violé à plusieurs reprises par son père. Oui, son père.</p>
<p>L&rsquo;enfant, qui n&rsquo;entendra son prénom pour la première fois qu&rsquo;à l&rsquo;école, où il atterrit sans comprendre, sans savoir. Les services sociaux sont intervenus. La gendarmerie, la justice suivront. <strong>Duke</strong> sera éloigné de cette famille maltraitante, mal-aimante.</p>
<p>Placé dans une famille, puis dans une autre, éloigné de sa fratrie (ils sont six enfants en tout, les deux aînés, <strong>Michael et Jonas</strong>, se sont enfuis depuis longtemps) et de sa soeur adorée. Mais <strong>Duke</strong> craint tellement de réveiller le Démon de la colline aux loups qu&rsquo;il s&rsquo;enfuit de chez Pete et Maria qu&rsquo;il aime pourtant. Il a 16 ans. Une enfance fracassée et une adolescence qu&rsquo;il va carboniser. Dans un squat, il connaîtra la violence, la débrouille, la prostitution&#8230; Mais aussi l&rsquo;amour. Celui de Billy. Une jeune héroïnomane dont il s&rsquo;éprend. Elle finira par se jeter dans le vide sous ses yeux&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La violence reviendra. Terrible. Mortifère. <strong>Duke</strong>, qui est retourné à la colline aux loups, sera arrêté. Jugé. Condamné à perpétuité malgré son discernement altéré. Puis placé en détention. Là, seul après le suicide de son codétenu, il écrit. Fait une introspection et tente de comprendre, accompagné par un prêtre qui ne fera que frôler l&rsquo;horreur des souvenirs, des images, des mots de <strong>Duke</strong>.</p>
<p>Les phrases sont longues, sans virgule. Comme s&rsquo;il fallait impérativement prendre son souffle avant de se lancer dans ce texte étourdissant, un flot d&rsquo;images et de sensations qui mêle les époques, les périodes.</p>
<p>A la lecture de ce premier roman, qui concourt pour le<strong> 31e prix Roblès</strong>, on plonge dans l&rsquo;horreur. Mais aussi dans la littérature. L&rsquo;auteur, <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong>, âgé de 44 ans, côtoie l&rsquo;horreur de près dans son métier. Journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers, ( il travaille pour Le Télégramme, à Saint-Brieuc), il est l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de chroniques judiciaires qui a d&rsquo;ailleurs servi de trame au roman Ritournelle, publié par Le Tripode, en mai.</p>
<p>Ce premier roman<b> </b>a déjà remporté le prix Première de la RTBF et avait été retenu parmi les quatre finalistes du prix <strong>Goncourt</strong> du premier roman. Qu&rsquo;il n&rsquo;a finalement pas eu.</p>
<p>En mai, j&rsquo;ai interviewé <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> pour <strong>La Nouvelle République </strong>dans le cadre du prix Roblès. L&rsquo;article paru sur le site internet est <strong><a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/prix-robles-4-6-dimitri-rouchon-borie-ou-le-demon-et-les-mots-de-l-horreur">ici.</a></strong></p>
<h3 style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></h3>
<blockquote><p><strong>Page 15 :</strong><em><strong> </strong>&laquo;&nbsp;[&#8230;]Par moments des ombres grandissaient dans la pièce et elles faisaient des bruits sourds et des fois ça hurlait des choses en rapport avec la pisse ou presque toujours en lien avec les conséquences de nos entrailles. Il m’a fallu du temps pour dessiner ces ombres et préciser leurs traits et encore plus de temps pour comprendre que c’étaient des personnes et pas n’importe lesquelles mes parents. J’ai rencontré après des gens qui avaient eu d’emblée un père et une mère avec de l’affection et des histoires comme ça je l’ai lu dans des magazines alors j’ai pu essayer de comparer. Mais moi je vous dis ceci au départ je ne me souviens pas d’avoir vu des personnes. Et je ne sais pas comment ces formes qui s’invitaient dans notre nid nous filaient à bouffer j’ai bien dû croûter sinon je serais mort mais je sais que là non plus je n’aurais pas su identifier ou nommer un repas tout était confondu dans tout. Il y a un moment dans l’enfance où chacun de nous ouvre mieux les yeux et petit à petit mon regard a séparé chaque être du nid pour lui donner un corps à lui.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Je suis resté chez Pete et Maria des années et tout allait bien car leur façon de fabriquer des habitudes me protégeait du Démon. J’ai compris cette chose-là c’est qu’ils s’occupaient de moi et tant qu’ils le faisaient je pouvais compter sur eux c’était comme museler un fauve en lui faisant des caresses. Je sentais bien que j’avais à l’intérieur une trace qui ne partait pas c’était la déchirure de l’enfance c’est pas parce qu’on a mis un pont au-dessus du ravin qu’on a bouché le vide. J’avais le manque des frères et sœurs et je n’osais pas demander parfois on voyait des juges ou des éducateurs et pas un ne me parlait de Clara ou de la Boule est-ce qu’ils pensaient à moi? Petit à petit j’avais commencé à m’intéresser à la solitude qui était une sorte de permanence au-dedans et à la fin on revient toujours à ce qui est constant mais je ne savais pas encore si c’était une porte fermée ou une porte à ouvrir je le tournais comme ça dans ma tête. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 152 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Je ne peux pas expliquer pourquoi j’avais cette intuition que je devais rester lucide c’est comme une sorte de survie et être étourdi c’était tomber à la merci de la menace et ceux qui savent pas ce que c’est d’avoir souffert de ses parents ivres morts n’ont pas l’idée. Moi je pensais que toutes ces choses ça me perdrait plus vite et que le Démon n’avait pas besoin de ça un point c’est tout. Mais la contrepartie c’est que dans ce milieu où j’étais arrivé c’était compliqué de ne pas prendre de dope car ça me gardait une clairvoyance quand tous les autres étaient défoncés et ivres et qu’ils faisaient n’importe quoi en braillant avec des postillons et de la sueur et le visage jaune. Quand ils étaient comme ça fous et dénaturés je me mettais en discrétion pour qu’ils ne m’invectivent pas et qu’ils m’oublient. Parfois je prenais soin de Billy elle devenait presque comme du verre elle restait là à me regarder avec un sourire qui n’en finissait pas et elle tenait mon visage comme le faisait ma sœur c’est comme ça qu’on s’est embrassés la première fois elle a dit t’es mignon on voit bien que tu es pas là juste pour me baiser je haïssais ce mot.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Le démon de la colline aux loups, Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode, 17€</strong></em></p>
</div>
<p><span id="more-5630"></span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand le passé si noir s&#8217;invite à la fête&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/03/quand-le-passe-si-noir-sinvite-a-la-fete/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2020 08:05:33 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Jour de fête ! Laurent Mauvignier est de retour et quand on sait la place qu&#8217;il occupe dans mon panthéon littéraire, on peut bien pavoiser, croyez-moi Oui, l&#8217;oeuvre de Laurent Mauvignier ponctue, livre avec livre, les posts de ce blog depuis 2011. Je suis cet auteur, né à Tours et qui a grandi dans le sud-Touraine, depuis son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAUVIGNIER-OKOK.jpg" rel="lightbox[5328]"><img class="alignleft size-full wp-image-5331 colorbox-5328" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAUVIGNIER-OKOK.jpg" alt="MAUVIGNIER OKOK" width="195" height="267" /></a></p>
<p>Jour de fête ! <strong>Laurent Mauvignier</strong> est de retour et quand on sait la place qu&rsquo;il occupe dans mon panthéon littéraire, on peut bien pavoiser, croyez-moi <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5328" /></p>
<p>Oui, l&rsquo;oeuvre de <strong>Laurent</strong> <strong>Mauvignier</strong> ponctue, livre avec livre, les posts de ce blog depuis 2011. Je suis cet auteur, né à Tours et qui a grandi dans le sud-Touraine, depuis son premier roman. Je l&rsquo;ai interviewé aussi, en 2016. Vous pouvez retrouver tout cela<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/10/06/tranches-de-vie-pendant-la-catastrophe/"> ici</a></strong> mais aussi <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/11/prendre-la-tangente-pour-sauver-lamour/">là</a>.</strong></p>
<p>L&rsquo;auteur, désormais installé à Toulouse, est donc de retour avec un gros roman de 640 pages. Un roman noir. Très noir. Une première pour l&rsquo;auteur de <strong>&laquo;&nbsp;Apprendre à finir&nbsp;&raquo;</strong> (Prix du Livre Inter) et de nombreuses pièces de théâtre.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous mène sur la commune rurale de <strong>La Bassée. </strong>Une commune qui ne figure sur aucune carte. Un lieu fictif qui pourrait cependant faire penser<strong> </strong>à Descartes, où il a grandi. Il ne reste presque plus rien à <strong>La Bassée</strong> : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent <strong>Bergogne</strong>, sa femme <strong>Marion</strong> et leur fille <strong>Ida</strong>, ainsi qu’une voisine, <strong>Christine</strong>, une artiste installée ici depuis des années.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5328"></span></p>
<p>Là, dans ce hameau des Trois filles seules, vivent <strong>Christine de Haas</strong> et son chien. L&rsquo;artiste a quitté la ville et son mari, sa vie d&rsquo;avant pour s&rsquo;installer à l&rsquo;écart. Mais tout à côté de la famille de <strong>Patrice Bergogne</strong> qui a reprise la ferme de son père. <strong>Patrice</strong>, paysan un peu bourru et mal à l&rsquo;aise avec son corps a épousé <strong>Marion</strong>. Ils élèvent <strong>Ida</strong>, leur fille. Enfin, celle de <strong>Marion</strong>, découvrirons-nous au fil de cet épais roman. Une vie de couple où les mots et les gestes ont désormais compliqués. Car trop de secrets demeurent.</p>
<p><strong>Marion</strong> travaille dans une imprimerie, dans la petite ville la plus proche. Le soir de ses quarante ans, la vie de tous ces personnages bascule. Complètement. Irrémédiablement. Définitivement. L&rsquo;arrivée de <strong>Denis</strong> et de ses deux frères <strong>Christophe</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Bègue&nbsp;&raquo;</strong> alors que se prépare la fête d&rsquo;anniversaire va replonger <strong>Marion</strong> dans son passé. Trois inconnus pour <strong>Patrice</strong>, <strong>Ida</strong> et <strong>Christine</strong>. Tout comme les jeunes années de <strong>Marion</strong>. Personne ne savait. Et personne n&rsquo;en sortira indemne.</p>
<p>Pas question de trop en dire et prendre alors le risque de &laquo;&nbsp;divulgâcher&nbsp;&raquo; les rebondissements de ce roman psychologiquement lourd, aux longues phrases pour approcher au plus près des personnages. La marque de fabrique de <strong>Laurent Mauvignier</strong>.</p>
<p>Tout y est. La tension qui s&rsquo;installe au fil des minutes. Elle ira crescendo tout au long de la soirée. On la sent, on la voit, on la lit. Un thriller à la campagne, affûté. Terriblement. Et le portrait, toujours juste, des classes modestes. Dont l&rsquo;auteur est lui-même issu.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 190 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Parfois elle voit bien comment sa mère ne répond pas à Patrice, comment il semble parler tout seul et attendre des réponses qui ne viennent pas, et, souvent, elle voit comment lui regarde fixement sa femme. Si elle pouvait lire dans ses yeux, il se peut qu&rsquo;elle lirait de la colère, de la haine, du ressentiment, de la tristesse, du remords, de la déception, de la solitude, de l&rsquo;incompréhension pareille à celle qu&rsquo;elle éprouve lorsqu&rsquo;elle le voit fixant sa mère qui ne répond pas, ne l&rsquo;entend sans doute même pas, et combien de fois alors c&rsquo;est Ida qui doit dire, </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Maman, papa te parle.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>car elle sait qu&rsquo;elle, sa mère va l&rsquo;entendre, </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Oui, pardon ma chérie.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>et qu&rsquo;ensuite Marion se tournera vers Patrice. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ida sait que ce soir ce ne sera pas comme ça. Il n&rsquo;y aura pas ces moments de flottement pendant lesquels ils restent tous les trois à table, évacuant tout ce qui les concerne pour parler du boulot et des faits divers qu&rsquo;on a entendus à la télé, et puis de rien, surtout de rien.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 372-373 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais cette fixité, elle ne peut toujours pas la supporter, comme si les yeux de Patrice étaient trop inquisiteurs pour qu&rsquo;elle assume ce face-à-face &#8211; comme si elle était incapable de s&rsquo;attendre à y trouver autre chose qu&rsquo;une confrontation ou même, déjà, une condamnation, une sorte d&rsquo;accusation qu&rsquo;elle redoute de ne pas pouvoir supporter à ce moment-là, s&rsquo;imaginant ne pas en être capable alors qu&rsquo;elle voudrait trouver ses yeux, oui, de tout coeur, elle voudrait trouver en lui une réponse à son angoisse, de la compréhension, de l&rsquo;amour, elle est sûre qu&rsquo;il comprendrait, qu&rsquo;il verrait qu&rsquo;elle veut s&rsquo;excuser parce que c&rsquo;était déjà comme si tout le monde était d&rsquo;accord pour dire que ce qui se passe ce soir est en partie de sa faute et, alors qu&rsquo;elle voudrait s&rsquo;excuser à cause de cette soirée, maintenant elle voudrait que Patrice l&rsquo;excuse pour tout ce qu&rsquo;elle lui fait subir depuis des années et dont elle sait qu&rsquo;il encaisse presque sans rien dire, s&rsquo;énervant parfois parce qu&rsquo;il  a trop bu ou parce que sa patience est à bout ; elle sait, aussi clairement qu&rsquo;elle sait n&rsquo;avoir jamais voulu le savoir tout à fait, que c&rsquo;est à cause de ce qu&rsquo;elle ne lui donne pas, et pas seulement le sexe, mais aussi tout ce qu&rsquo;elle lui refuse de tendresse et de temps.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 531-532 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Elle a encore ce vague espoir qu&rsquo;on ne l&rsquo;entendra pas, que les filles ne comprendront pas qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas la fille sensass et cool à qui personne ne résiste, qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas celle qu&rsquo;elles croient connaître. Et maintenant elle leur en vaut presque de la naïveté avec laquelle elles l&rsquo;avaient crue si forte, si puissante, elle leur en veut tant soudain qu&rsquo;elle voudrait se retourner et les agresser toutes les deux, oui, cette pulsion, cette envie qu&rsquo;elle doit réprimer de leur foncer dessus pour tout dégommer, s&rsquo;en prendre à elles deux pour leur gueuler que depuis que&rsquo;elle vit ici, évidemment, rien ni personne n&rsquo;a pu avoir la moindre prise sur sa vie ni sur elle, ils sont tellement gentils les gens d&rsquo;ici, vous le saviez pas ?&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Histoires de la nuit&nbsp;&raquo;, Laurent Mauvignier, Les Editions de Minuit.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>A Marseille, pas tous nés sous la même étoile&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/07/30/a-marseille-pas-tous-nes-sous-la-meme-etoile/</link>
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		<pubDate>Thu, 30 Jul 2020 14:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un univers double. Pas banal. Emmanuelle Bayamack-Tam, qui avait remporté le Prix du Livre Inter 2019 avec &#171;&#160;Arcadie&#160;&#187; ( pas lu) signe sous le nom de Rebecca Lighieri ses romans les plus noirs, ceux où la violence physique rythme les chapitres. Avec &#171;&#160;Les garçons de l&#8217;été&#160;&#187;, dont vous trouverez la critique ici, j&#8217;avais pu savourer l&#8217;autre écriture de celle dont j&#8217;avais déjà beaucoup [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOMMES-BLOG.jpg" rel="lightbox[5303]"><img class="alignleft size-full wp-image-5306 colorbox-5303" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOMMES-BLOG.jpg" alt="HOMMES BLOG" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Un univers double. Pas banal. <strong>Emmanuelle Bayamack-Tam</strong>, qui avait remporté le Prix du Livre Inter 2019 avec <strong>&laquo;&nbsp;Arcadie&nbsp;&raquo;</strong> ( pas lu) signe sous le nom de <strong>Rebecca Lighieri</strong> ses romans les plus noirs, ceux où la violence physique rythme les chapitres. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Les garçons de l&rsquo;été&nbsp;&raquo;</strong>, dont vous trouverez la critique <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/03/27/parce-quil-faut-tuer-le-frere/">ici</a>, </strong>j&rsquo;avais pu savourer l&rsquo;autre écriture de celle dont j&rsquo;avais déjà beaucoup aimé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/02/07/famille-quand-je-ne-sais-pas-vous-aimer/">&laquo;&nbsp;Je viens&nbsp;&raquo;</a>. </strong></p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Il est des hommes qui se perdront toujours&nbsp;&raquo;</strong>, &#8211; un titre tiré d&rsquo;un texte d&rsquo;<strong>Antonin Artaud</strong> que l&rsquo;auteure apprécie particulièrement -, nous voici plongés dans une cité, fictive, des quartiers nord de Marseille. Là, sous le soleil et près d&rsquo;une colline qui la sépare des gitans, vit une famille. Dysfonctionnelle. Il y a le père, <strong>Karl</strong>. Un Belge arrivé là par hasard avec une femme qu&rsquo;il ne sera pas garder. Avec <strong>Loubna</strong>, il a fondé une famille, composée de trois enfants. Deux garçons et une fille qui ont eu à coeur, année après année, de rester vivants. <strong>Karl</strong> est violent, maltraitant. Infect. Aux limites de la folie. Sa femme se tait, concentrée sur les maux de son benjamin, <strong>Mohand</strong>, alors polyhandicapé et souffre-douleur officiel de son père.</p>
<p><span id="more-5303"></span></p>
<p>L&rsquo;aîné, <strong>Karel</strong>, est le narrateur de ce roman noir et social. Joli garçon perdu dans ses désirs et une réalité castratrice. Eprouvante. Mais il veut tout faire pour s&rsquo;en sortir. Dans la légalité. Ou presque.</p>
<p>Sa soeur, <strong>Hendricka</strong> est une jeune fille si belle qu&rsquo;elle trouvera là un moyen de s&rsquo;échapper. Loin. Loin de parents héroïnomanes, isolés, esseulés qui dans une cité Antonin-Artaud, pauvre et reléguée aux confins de la ville. Une cité dans laquelle résonnent très souvent des chansons d&rsquo;amour. Comme pour oublier que l&rsquo;espoir s&rsquo;en est allé. Loin.</p>
<p><strong>Karel</strong> et sa fratrie. Années 90 et 2000. Des pages de tristesse, de pauvreté. Et de violence. Sans pathos. Sans misérabilisme. Mais sans beaucoup d&rsquo;espoir non plus. Et puis un jour, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sur ces images que s&rsquo;ouvre le roman, <strong>Karl</strong> est retrouvé mort. Le crâne défoncé. Qui a bien pu faire le coup ? Qui n&rsquo;avait pas une bonne raison de tuer cet homme ? Les enfants n&rsquo;ont-ils pas caché, des années durant, derrière leur poster préféré, un morceau de papier sur lequel figuraient les lettres JVTMP ? Pour &laquo;&nbsp;Je veux tuer mon père &laquo;&nbsp;.</p>
<p>Alors <strong>Karel</strong> raconte. Sans fausse pudeur. C&rsquo;est violent, parfois dérangeant. Mais vivant. Loin des communautarismes dont on voudrait parfois accuser la deuxième ville de France, chez<strong> Rebecca Lighieri</strong>, le melting-pot marseillais n&rsquo;est pas un vain mot entre les mots d&rsquo;IAM et de Céline Dion, de Mike Brant ou les refrains de Notre-Dame de Paris&#8230;</p>
<p>Derrière la cité, il y a le Passage 50, où vivent gitans et manouches. Une grande famille dans laquelle les trois enfants trouveront leur place.</p>
<p>Dans ce roman la violence est physique, mais aussi sociale. Psychologique et symbolique. Et quoi faire de cet héritage des pulsions destructrices paternelles ? <strong>Karel</strong> et <strong>Mohand</strong> en auront une approche différente. Mais pour quel résultat ?</p>
<p>Un roman puissant. Lumineux et noir à la fois. Une réussite qui nous parle de vengeance et de malédiction. Un roman d&rsquo;apprentissage pour <strong>Karel</strong> qui grandit, qui s&rsquo;émancipe, qui élargit les limites de son territoire. Sans parvenir cependant à changer complètement d&rsquo;univers.</p>
<p><strong>Rebecca Lighieri nous parle ici de son travail d&rsquo;écriture  : </strong></p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/kG054a4pqes?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 103 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pour autant que je sache, mes parents ne sont pas séropos. Ils sont juste esquintés par la drogue, la clope, l&rsquo;alcool, l&rsquo;absence de soins, et sans doute aussi l&rsquo;absence d&rsquo;amour et l&rsquo;absence d&rsquo;espoir. Finalement, dans la scène de défonce que j&rsquo;ai surprise il y a cinq ou six ans, il y avait peut-être les seules preuves d&rsquo;attention et de tendresse qu&rsquo;ils étaient capables de se donner, c&rsquo;est-à-dire pas grand-chose : la précaution qu&rsquo;elle a prise de le shooter avant elle, son effort infructueux à lui pour l&rsquo;aider à trouver une veine pas trop esquintée, puis leur torpeur commune dans l&rsquo;odeur de l&rsquo;héro chauffée au briquet dans une cuiller noircie. Toutes nos cuillers finissent par l&rsquo;être. Un jour, j&rsquo;ai vu Mohand les considérer pensivement avant de les jeter dans l&rsquo;évier et de les récurer les unes après les autres.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Contrairement aux adultes qui m&rsquo;entourent, mes parents, nos voisins, les gitans de passage, je veux faire des études. Les plu courtes et les plus qualifiantes possible. Il n&rsquo;est pas question que je me lance dans des trafics, pas question que je fasse les marchés ou la saison des fraises à Alméria, pas question non plus que je taille la route, sac au dos, comme l&rsquo;on fait Karl et Yolanda à mon âge. Je veux un diplôme, quelque chose qui me permette de trouver du taf partout en France &#8211; et celui d&rsquo;aide-soignant, je peux l&rsquo;avoir en un an. Une fois que j&rsquo;aurai assuré mes arrières, rien ne m&rsquo;empêche de passer le concours d&rsquo;infirmier, mais on n&rsquo;en est pas là. Mon objectif, c&rsquo;est de quitter Marseille, mon père &#8211; et Shayenne.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 311 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mohand rentre à la cité. Il va s&rsquo;occuper de sa mère, parce qu&rsquo;il est le meilleur fils du monde, celui que tous les parents devraient se souhaiter. Et moi je rentre rue Consolat, retrouver Shayenne, sa déception et son ennui. Car je la déçois et elle s&rsquo;ennuie. Son rêve, désormais, c&rsquo;est que nous achetions une caravane et que nous partions sur les routes, comme le faisaient ses ancêtres. Ma fille du voyage&#8230; Si elle savait que mon rêve à moi, c&rsquo;est de dormir dans mon grand lit carré jusqu&rsquo;à la fin du monde ! C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que je fais à tout bout de champ : dormir, passionnément, roulé en boule sous mon boutis fleuri, ou voluptueusement étendu en travers des draps monogrammés de Mariette Zatmano. Dormir et oublier, dormir et rêver que mon frère a ressuscité Gabrielle, et qu&rsquo;elle vient vers moi, son visage clair sous ses mèches sombres, son beau sourire, ses bras qui s&rsquo;ouvrent en me voyant. On n&rsquo;en est pas là, mais mon père est mort, et c&rsquo;est déjà ça. Mon père est mort, et c&rsquo;est un bon début.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Il est des hommes qui se perdront toujours&nbsp;&raquo;, Rebecca Lighieri, P.O.L., 21 €. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
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		<title>Au bord des lacs, la rudesse des sentiments</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/12/au-bord-des-lacs-la-rudesse-des-sentiments/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 07:58:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  &#160; On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&#8217;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs. Là, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="alignleft wp-image-4438 size-medium colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS-204x300.jpg" alt="SOUPLESSE OS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&rsquo;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs.</p>
<p>Là, on suit <strong>D.W. Wilson</strong>, un auteur trentenaire qui, après un premier roman, signe là un recueil de nouvelles passionnant,<strong> &laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p>C&rsquo;est là que nous croisons une dizaine de personnages qui, au fil de ce recueil de douze nouvelles, se croisent. Se quittent. Se battent. S&rsquo;expliquent. Ou, au contraire, ne trouveront jamais les mots&#8230;</p>
<p>Des pères et leurs fils, des amis, des frères&#8230; Un monde où les hommes sont rudes, taiseux, virils&#8230; et pas toujours fins. Vulnérables aussi. Mais également dignes, obstinés.</p>
<p>Les bonnes intentions se transforment parfois en échecs cuisants, les non-dits gâchent des vies&#8230;</p>
<p>Au final, des histoires qui, mises bout à bout, peuvent se lire comme un roman ou, au choix, comme une succession de bouts de vie rondement menée. Bien écrites.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4442" style="width: 588px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="wp-image-4442 size-full colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" alt="QUEBEC" width="578" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Dans un parc, au Québec, que j&rsquo;ai arpenté en septembre 2017.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4436"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 (&laquo;&nbsp;Sédiments&nbsp;&raquo;) :</strong> [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Mais c&rsquo;est l&rsquo;été, que voulez-vous. L&rsquo;été comme moi, je le vis. Ces nuits-là sont courtes et certains soirs, je m&rsquo;endors, je me réveille et je rêve, sous mon porche, en attendant que l&rsquo;aube taquine la cime des montagnes. Bellows est le seul à avoir jamais pris ma défense. Même mon père, paix à son âme, n&rsquo;a jamais eu ce cran-là. Lorsque la nuit bat en retraite et que l&rsquo;aube se pare de cobalt, je regagne ma maison d&rsquo;un pas traînant et je mets de la musique pour chasser la solitude. Je me sers un verre. Il reste certainement des choses que Bellows et moi, on a enfouies en nous, mais ce bateau-là, si je reprends une expression paternelle, est rentré au port. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà comment j&rsquo;imagine nos adieux : la veille de son départ on monte dans la Camaro et on fonce comme des dingues à travers la carrière tous phares éteints, et on braille, on se marre, on s&rsquo;embrasse et on multiplie les dérapages contrôlés et à la fin on a soulevé tellement de gravillons qu&rsquo;on croirait qu&rsquo;une tornade est passée derrière nous.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 110 (&laquo;&nbsp;C&rsquo;te crevure de vache&nbsp;&raquo;) :</strong><em>[&#8230;] Le plan de Biff : localiser le gamin en passant le lac gelé au peigne fin, quitte à retourner toute la Colombie-Britannique, même les étendues glacées du Grand Nord s&rsquo;il le fallait, et lui mettre une petite tape sur le genou. C&rsquo;était le minimum : personne d&rsquo;autre n&rsquo;avait jamais levé le petit doigt pour lui sauver la vie. Car le gamin lui avait sauvé la vie, oui, sur une exploitation agricole dans les Prairies, et il n&rsquo;avait pas plus de treize ans à l&rsquo;époque. Biff avait déjà frôlé la mort, plus d&rsquo;une fois – il avait failli se noyer dans la rivière Kicking Horse et chopé une pneumonie gravissime à onze ans –, mais seul le gamin s&rsquo;était jeté sous les sabots d&rsquo;un taureau déchaîné, pour reprendre le proverbe, à deux trois détails près.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 180 (&laquo;&nbsp;L&rsquo;écho au fond de la vallée&nbsp;&raquo;) :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Winch atteignit un point de non-retour. Une énorme pression le propulsa vers l&rsquo;avant. Son père portait un T-shirt gris au tissu élimé et au col troué, un jean aussi crasseux que celui d&rsquo;un poivrot. Il avait les yeux rougis, fous, exorbités. Winch avança à grandes enjambées, chassa du pied une pile de livres et, prenant son élan, il se rua sur son père, le saisit par le cou et le plaqua contre le mur en Placoplâtre. Il banda ses muscles et son bras nu, perlé de gouttes, se raidit. Son père agrippa l&rsquo;étau de ses doigts, tira dessus. La scène de bagarre entre ses parents à laquelle il avait assisté se rejouait, les pupilles de son père qui s&rsquo;étrécissaient, ses gestes qui devenaient frénétiques. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Winch gifla son père du revers de la main, si fort qu&rsquo;il s&rsquo;ouvrit les jointures des doigts.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;, D.W. Wilson, Editions de l&rsquo;Olivier, 23 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Un faux cowboy au coeur trop tendre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/16/un-faux-cowboy-au-coeur-trop-tendre/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/16/un-faux-cowboy-au-coeur-trop-tendre/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Aug 2017 08:21:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Cowboy light"]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[bagarre]]></category>
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		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
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		<description><![CDATA[Un premier roman ? Allez, ça fait longtemps que je ne vous ai pas fait découvrir un auteur tout neuf, plein de verve et mots. Avec &#171;&#160;Cowboy light&#160;&#187; de Frédéric Arnoux,  le voyage vaut le détour. Le titre accroche, la quatrième de couv annonce la couleur : &#160;&#187; À droite, des vaches. À gauche, des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COWBOY-LIGHT.jpg" rel="lightbox[4008]"><img class="alignleft  wp-image-4010 colorbox-4008" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COWBOY-LIGHT.jpg" alt="COWBOY LIGHT" width="251" height="323" /></a></p>
<p>Un premier roman ? Allez, ça fait longtemps que je ne vous ai pas fait découvrir un auteur tout neuf, plein de verve et mots. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Cowboy light&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Frédéric Arnoux,</strong>  le voyage vaut le détour.</p>
<p>Le titre accroche, la quatrième de couv annonce la couleur :</p>
<div class="in_box24_text">
<p><em>&nbsp;&raquo; À droite, des vaches. À gauche, des barres HLM. Au-dessus, des lignes à haute tension. Et pile en dessous : un petit quartier pavillonnaire bisontin, tout près de l’usine Lip alors à l’abandon, avec son dealer raté et deux ferrailleurs qui le rackettent à grands coups de poing. Quand le narrateur-dealeur rencontre une bourge deux fois plus âgée que lui lors d’une soirée en Suisse, il s’imagine devenir gigolo – ils baisent, boivent, se défoncent et finissent même par se marier dans une chambre d’hôtel à Séville. Sauf qu’il a un cœur d’artichaut. Sauf que cette femme ne lui a pas tout dit.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Résultat ?</p>
<p>Un roman noir au style trash mais léché, qui évoque avec humour l’ennui d’une province dans les années 80, mais aussi comment l’amour peut détruire plus qu’il ne soulage. Un (premier) roman efficace.</p>
<p><strong>Frédéric Arnoux</strong>, quadragénaire et intermittent dans l’audiovisuel, signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Cowboy light&nbsp;&raquo;</strong> son premier roman.  Il a également été créatif dans la pub, femme de ménage dans une maison de retraite, emballeur de palettes, vendeur de plaquettes publicitaires en porte-à-porte, guetteur d’alarmes dans une usine de pétrochimie, videur de semi-remorque à main nue, plante verte la nuit dans un hôtel… Il vit aujourd&rsquo;hui à Paris.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 16:</strong> <em>&laquo;&nbsp;Quand j&rsquo;étais môme, je m&rsquo;imaginais volant sur le dos des cigognes, bien au chaud dans les plumes. Puis un jour, badaboum, je serais tombé pendant la sieste. La Ginou et Tonton m&rsquo;auraient trouvé comme ça, sur le paillasson, le pouce dans la bouche, un petit sourire déposé par mes rêves. J&rsquo;ai fini par y croire dur comme fer. A la fête des Mères, pendant que les autres décoraient les boîtes de camembert ou enfilaient des nouilles pour faire un collier, moi je confectionnais un nid. Un petit. A cet âge, un moineau ou une cigogne, c&rsquo;est du pareil au même. Je découpais des coeurs dans du papier crépon que je collais sur les bords. Au fond du nid, j&rsquo;en collais un plus gros sur lequel j&rsquo;écrivais une petite poésie de gosse, un truc cucul la praline. Certains instits s&rsquo;inquiétaient, d&rsquo;autres trouvaient ça créatif. Un jour, le maître nous a annoncé qu&rsquo;on partait en classe verte. Au programme, il y avait découverte d&rsquo;un nid de cigognes. Je n&rsquo;en dormais plus. J&rsquo;allais enfin voir “ma maman que j&rsquo;aime de tout mon petit coeur” comme je disais à l&rsquo;époque. Le matin du voyage, j&rsquo;avais mis mes plus beaux habits, m&rsquo;étais peigné, et aspergé de Mont-Saint-Michel. J&rsquo;avais aussi piqué l&rsquo;appareil photo et l&rsquo;avais planqué dans mon sac. Un gros, vu que je ne comptais pas rentrer. J&rsquo;y avais entassé la moitié de mon armoire.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 61 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Impossible de continuer, j&rsquo;ai éclaté en sanglots. Je me suis caché le visage dans les mains, et je suis parti au sprint, je chialais comme un gosse, mes larmes dégoulinaient dans le cou, je poussais des cris les dents serrées, le goût de la morve dans la bouche&#8230; Expulser, il fallait que ça sorte&#8230; j&rsquo;ai couru&#8230; couru jusqu&rsquo;à avoir mal aux poumons, jusqu&rsquo;à frôler l&rsquo;asphysie. Puis je me suis arrêté, plus de souffle, les jambes en coton. Drôle d&rsquo;impression. Je me sentais mieux, soulagé et en même temps honteux, déprimé. Je me souviendrais toujours de son visage. Au début surpris, puis compatissant, rayonnant d&rsquo;amour maternel. Exactement ce dont j&rsquo;avais toujours rêvé&nbsp;&raquo;. <strong><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 137 : </strong><em>&laquo;&nbsp;En longue robe blanche. Maquillée. Coiffée comme si c&rsquo;était vrai. Une mèche s&rsquo;était échappée de ta coiffure, retombait en boucle sur ta joue. Tes bras se sont ouverts, tu t&rsquo;es avancée à petits pas. Tes mains sur mes poignets, te bouche m&rsquo;a effleuré, ton souffle glissait sur mon oreille, j&rsquo;ai entendu “Oui”. Puis tes yeux ont fouillé les miens. Ils étaient mouillés. Les miens aussi. Deux enfants perdus, agrippés l&rsquo;un à l&rsquo;autre. Le bonheur nous chatouillait tout l&rsquo;intérieur. On se regardait les yeux fermés, en braille, du bout des doigts. Au bout du monde qu&rsquo;on était. Même de l&rsquo;autre côté, je crois. Ca donnait envie de s&rsquo;étouffer dans les bras l&rsquo;un de l&rsquo;autre pour y rester. Si ce n&rsquo;était pas le paradis, c&rsquo;en était un putain de pavillon témoin.&nbsp;&raquo; <strong><br />
</strong></em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Cowboy light&nbsp;&raquo;, Frédéric Arnoux, Buchet Chastel, 15€</strong></em></p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Aux confins du désert, une nuit djiboutienne</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/19/aux-confins-du-desert-une-nuit-djiboutienne/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Oct 2015 09:59:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[alcool]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
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		<category><![CDATA[ivresse]]></category>
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		<category><![CDATA[nuit]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Deram]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire   Vous avez compris, je pense, que j&#8217;appréciais particulièrement les premiers romans. L&#8217;auteur (e) y donne beaucoup. De lui, de son énergie, de son envie d&#8217;être lu(e) à travers une histoire unique. Les rentrées littéraires permettent d&#8217;extirper des pépites des piles de nouveaux romans. La preuve encore avec &#171;&#160;Djibouti&#160;&#187; de Pierre Deram, publié [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DJIBOUTI.jpg" rel="lightbox[3333]"><img class="alignleft size-full wp-image-3334 colorbox-3333" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DJIBOUTI.jpg" alt="DJIBOUTI" width="250" height="322" /></a>  Vous avez compris, je pense, que j&rsquo;appréciais particulièrement les premiers romans. L&rsquo;auteur (e) y donne beaucoup. De lui, de son énergie, de son envie d&rsquo;être lu(e) à travers une histoire unique.</p>
<p>Les rentrées littéraires permettent d&rsquo;extirper des pépites des piles de nouveaux romans. La preuve encore avec <strong>&laquo;&nbsp;Djibouti&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Pierre Deram</strong>, publié chez <strong>Buchet Chastel</strong>, dans la collection Qui vive.</p>
<p>De <strong>Pierre Deram</strong>, je sais qu&rsquo;il a 26 ans et qu&rsquo;il est polytechnicien. Je sais également qu&rsquo;il a passé plusieurs mois à Djibouti il y a plusieurs années.</p>
<p>Djibouti, justement. C&rsquo;est le titre de ce court roman, c&rsquo;est aussi le pays qui lui sert de décor. Une république située aux confins de l&rsquo;Ethiopie, de l&rsquo;Erythrée et de la Somalie qui accueille depuis des décennies des militaires français répartis dans une base aérienne, un régiment, des centres d&rsquo;entraînement, etc. On compte plusieurs milliers de soldats sur place actuellement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3333"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle se déroule en une nuit. Une seule. <strong>Markus</strong> est lieutenant dans l&rsquo;armée. Il passe sa dernière nuit à Djibouti. Un nuit violente, sur fond d&rsquo;alcool. <strong>Markus</strong> va s&rsquo;en aller. Il se souvient de son arrivée, des mois auparavant. De sa rencontre avec le désert, avec la chaleur écrasante&#8230; et les prostituées.</p>
<p>Parmi elles, <strong>Araksan</strong> qui, cette fois encore, partagera sa nuit. Une nuit pendant laquelle il rencontrera aussi la femme d&rsquo;un colonel, inconsolable depuis la mort de son chien.</p>
<p>Une nuit donc. Une seule au cours de laquelle la violence, la crudité et la férocité des rapports humains éclate dans la solitude de ce bout de terre africaine écrasé de chaleur. Un premier roman percutant. Haletant. Singulier.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 28-29 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Vers dix-huit heures, le soleil disparaît enfin sur la ligne de l&rsquo;horizon, laissant derrière lui une terre en poussière et des hommes privés de tout. Alors, dans les derniers feux rougeoyants du jour, négligeant l&rsquo;eau et les vivres, les Djiboutiens, dévorés par la fatigue et la soif, se ruent près des étals où s&rsquo;entassent en bouquets verts la drogue magique, les feuilles et les tiges merveilleuses du khat. A la première mastication, les corps que l&rsquo;addiction tourmente se détendent, la sève brune se répand à travers les organismes asséchés et les imprègne jusqu&rsquo;aux os. Toute la ville bascule dans l&rsquo;euphorie tandis que l&rsquo;obscurité gagne l&rsquo;air fin. On dirait que, sans la drogue, elle ne serait jamais venue. Mais la voilà maintenant qui s&rsquo;étale en coulées d&rsquo;encre noire et que s&rsquo;allument tous azimuts, comme des lucioles ondulant dans l&rsquo;herbe folle, les lumières qui diffusent en bougeant les phares des voitures et les lanternes branlant sous les marquises. Qu&rsquo;elles sont faibles ces lueurs, perdues dans les ténèbres ! Mais il faut tellement d&rsquo;obscurité pour tellement de rêves! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 52 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] De l&rsquo;autre côté du comptoir, trois serveuses qui avaient tout écouté baissèrent la tête. Markus pouvait voir le blanc de leurs yeux. Ils savaient qu&rsquo;elles étaient du même camp que le soleil, du même camp que le désert et que toutes ses bêtes sauvages, qu&rsquo;elles appartenaient à ce pays comme le vent, le soleil, le désert et toutes ses bêtes sauvages. Et comme eux, elles rendaient fous et solitaires. Thérèse – c&rsquo;était son nom – continuait de pleurer. Markus la regardait en silence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 105-106 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais le matelas collait et grattait parce que c&rsquo;était un vieux matelas usé. Ils n&rsquo;en tinrent pas compte. Et Markus, la serrant contre lui, ne pensait plus à rien qu&rsquo;à cette envie d&rsquo;en finir pour toujours, de s&rsquo;anéantir au fond d&rsquo;elle-même, ne pensait qu&rsquo;à l&rsquo;inonder, à l&rsquo;envahir de son amour par tous les pores, qu&rsquo;elle le sente longtemps courir dans ses veines, dans son sang, roulant glacé sous sa peau, qu&rsquo;il l&rsquo;enrobe, son amour, qu&rsquo;il lui infuse toute sa vie, qu&rsquo;elle le garde à jamais au fond de son ventre, qu&rsquo;à chaque instant il tambourine à ses tympans, qu&rsquo;il lui susurre à chaque seconde “Je t&rsquo;aime&#8230; Je t&rsquo;aime&#8230; Je t&rsquo;aime ” – et maintenant, non, ce n&rsquo;était plus ça, il voulait presque en mourir, s&rsquo;y jeter en entier, et elle sentit monter dans ses bras comme une vague déferlante et elle savait qu&rsquo;il pouvait la briser dans ces moments-là, alors elle se lova contre son torse tandis qu&rsquo;il venait en elle. Soudain ils ne furent plus rien, pas même un soldat et une putain, mais deux enfants perdus au milieu du monde, serrés l&rsquo;un contre l&rsquo;autre sur ce matelas sale, roulant à moitié inconscients, le sang rapide, les yeux brillants, roulant si loin de tout, roulant à n&rsquo;en plus finir au fond de l&rsquo;indicible comme deux bagnards sautant d&rsquo;un train en marche.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Djibouti&nbsp;&raquo;, de Pierre Deram, Buchet Chastel, 11€.</strong></em></p>
</blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Toutes les violences chez Toni Morrison</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/10/13/toutes-les-violences-chez-toni-morrison/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Oct 2012 14:43:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[ségrégation]]></category>
		<category><![CDATA[Toni Morrison]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;automne s&#8217;installe. Une bonne saison pour la lecture , non ? Et si vous vous laissiez tenter par &#171;&#160;Home&#160;&#187;, le dixième roman de Toni Morrison ? &#160; L&#8217;auteure de &#171;&#160;Beloved&#160;&#187;, &#171;&#160;Un don&#160;&#187; ou encore &#171;&#160;Paradis&#160;&#187; est de retour avec &#171;&#160;Home&#160;&#187;, court et puissant roman qui nous plonge dans l&#8217;Amérique des années 50. A 81 ans, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;automne s&rsquo;installe. Une bonne saison pour la lecture , non ? Et si vous vous laissiez tenter par <strong>&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;</strong>, le dixième roman de <strong><a title="Découvrez le parcours de l'auteure" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Morrison">Toni Morrison</a> ? </strong></p>
<div id="attachment_1261" style="width: 190px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Morrison-photo-2009-MB_0.jpg" rel="lightbox[1259]" title="Morrison-photo 2009 (MB)_0"><img class=" wp-image-1261  colorbox-1259" style="margin: 10px;" title="Morrison-photo 2009 (MB)_0" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Morrison-photo-2009-MB_0-300x223.jpg" alt="" width="180" height="134" /></a><p class="wp-caption-text">photo rfi.fr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;auteure de<strong> &laquo;&nbsp;Beloved&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Un don&nbsp;&raquo;</strong> ou encore<strong> &laquo;&nbsp;Paradis</strong>&nbsp;&raquo; est de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;,</strong> court et puissant roman qui nous plonge dans l&rsquo;Amérique des années 50.</p>
<p>A 81 ans, l&rsquo;auteure aux dreadlocks et la première femme noire, auteure afro-américaine a avoir obtenu le prix Nobel de littérature, – c&rsquo;était en 1993 –, explore une fois encore les violences faites aux Noirs aux Etats-Unis, qu&rsquo;elles soient sociales, politiques et/ou familiales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1259"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOME.jpg" rel="lightbox[1259]" title="HOME"><img class="alignleft  wp-image-1263 colorbox-1259" style="margin: 10px;" title="HOME" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOME-177x300.jpg" alt="" width="106" height="180" /></a> &laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est l&rsquo;histoire de <strong>Frank</strong> et de <strong>Cee Money</strong>. Un frère et une soirée, devenus adultes dans les années 50 et qui doivent faire avec leurs fantômes, leurs ennuis, leurs peurs&#8230; et leur passé.</p>
<p>Frank rentre de la guerre en Corée. Il revient chez lui. Retrouve une Amérique férocement ségrégationniste. Sa soeur l&rsquo;appelle au secours. <strong>Cee</strong> a été laissée pour morte par un médecin blanc adepte de l&rsquo;eugénisme. L&rsquo;occasion d&rsquo;un voyage pour Frank. Au milieu des souvenirs.</p>
<p>L&rsquo;auteure nous plonge dans les souvenirs de <strong>Frank Money</strong>. Né dans une famille pauvre, il vit à Lotus en Géorgie. Là, il protège sa petite soeur des méchancetés de <strong>Lenore</strong>, la grand-mère tandis que les parents travaillent aux champs.</p>
<p>Les deux enfants grandissent dans la violence, doivent s&rsquo;adapter à cette Amérique qui ne les aime pas. Qui ne les regarde pas. La guerre et ses affres, la vie de couple devenue impossible avec Lily, les cauchemars et ce personnage de zazou au costume bleu électrique qui apparaît de temps à autre&#8230; voilà l&rsquo;histoire de Frank qui veut rentrer chez lui. Retrouver ce qu&rsquo;il lui reste de racines, pour rester en vie.</p>
<p>Au final, une exploration de la violence et du racisme dans les Etats-Unis des années 50. Quand les <strong>lois Jim Crow</strong> battaient leur plein.</p>
<h6 class="colorbox-link" style="padding-left: 30px;">→ Pour rappel : les lois Jim Crow est le surnom donné à toute une série d’arrêtés et de règlements promulgués généralement dans les municipalités ou les États du sud des États-Unis entre 1876 et 1964. Ces lois, qui constituaient l&rsquo;un des principaux éléments de la ségrégation raciale aux États-Unis, distinguaient les citoyens selon leur appartenance « raciale » et tout en admettant leur égalité de droit elles imposèrent une ségrégation dans tous les lieux et services publics. Les plus importantes introduisaient la ségrégation dans les écoles et dans la plupart des services publics, y compris les trains et les bus. La ségrégation scolaire a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Les autres Lois Jim Crow ont été abolies par le Civil Rights Act de 1964.</h6>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 59 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Même lorsque Frank était avec ses amis Mike et Stuff, il laissait Cee venir avec eux. Tous les quatre étaient très unis, comme devrait l&rsquo;être une famille. [&#8230;] Quant aux parents, ils étaient tellement épuisés à l&rsquo;heure où ils rentraient du travail que tout témoignage d&rsquo;affection était comme un rasoir : coupant, mince et bref. Lenore était la méchante sorcière. Frank et Cee, tels des Hansel et Gretel oubliés, se tenaient fermement par la main et naviguaient à travers ce silence en tentant de s&rsquo;imaginer un avenir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 89</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Lotus, Géorgie, est le pire endroit du monde, pire que n&rsquo;importe quel champ de bataille. Au moins, sur le champ de bataille, il y a un but, de l&rsquo;excitation, de l&rsquo;audace et une chance de gagner en même temps que plusieurs chances de perdre. La mort est une chose sûre, mais la vie est toute aussi certaine. Le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut pas savoir à l&rsquo;avance. </em></p>
<p><em>A Lotus, vous saviez bel et bien à l&rsquo;avance puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avenir, rien de que longues heures passées à tuer le temps. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autre but que de respirer, rien à gagner et, à part la mort silencieuse de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, rien à quoi survivre ni qui vaille la peine qu&rsquo;on y survive. Sans mes deux amis, j&rsquo;aurais étouffé vers l&rsquo;âge de douze ans. C&rsquo;étaient eux, en plus de ma petite soeur, qui maintenaient à l&rsquo;arrière-plan l&rsquo;indifférence des parents et la haine des grands-parents. Personne à Lotus ne savait rien et ne voulait rien apprendre. Pour sûr, Lotus ne ressemblait à aucun endroit où vous voudriez être.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 112-113</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Il aimait bien Atlanta. Contrairement à Chicago, ici, le rythme de la vie quotidienne était humain. Apparemment, il y avait le temps dans cette ville. Le temps de se rouler une cigarette bien comme il faut, le temps d&rsquo;observer les légumes avec l&rsquo;oeil d&rsquo;un tailleur de diamants. Et le temps, pour les vieillards, de se rassembler devant la vitrine d&rsquo;un magasin sans rien faire, sinon regarder passer leurs rêves : les splendides voitures des criminels et le déhanchement des femmes. Le temps, aussi, de s&rsquo;informer les uns les autres, de prier les uns pour les autres et de châtier les enfants sur les bancs d&rsquo;une centaine d&rsquo;églises. Ce fut cette tendresse amusée qui conduisit Frank à baisser la garde. Il avait affronté beaucoup de mauvais souvenirs, mais pas de fantômes ni de cauchemars depuis deux jours et il mourait d&rsquo;envie de café noir le matin, non du coup de fouet que le whisky lui donnait jadis au réveil.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Premier roman de Toni Morisson qui se</span> <span style="color: #0000ff;">retrouve entre mes mains ! Je sais, c&rsquo;est peut-être une lacune&#8230; mais il y a tellement de livres !</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;</span> <span style="color: #0000ff;">est un roman construit comme un conte. Les deux personnages principaux se comparent à Hansel et Gretel qu&rsquo;on aurait oubliés là. De méchante sorcière en bonnes fées, ils essayent de s&rsquo;en tirer. Avec plus ou moins de bonheur. Quête, rédemption, pelèrinage, c&rsquo;est un peu tout cela à la fois dans un contexte politique et social des plus durs. Toni Morrison maîtrise son sujet et son style. A lire, donc.</span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo; de Toni Morrison, Christian Bourgois éditeur, 17€.</strong></em></p></blockquote>
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