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	<title>Quatrième de couv &#187; secrets</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Au volant d&#8217;un bus, se libérer enfin&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 15 May 2023 06:37:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[ Le résumé de ce roman paraissait singulier. Et donnait envie de s&#8217;y plonger. Bonne pioche ! Le deuxième roman d&#8217;Arnaud Sagnard remplit toutes ses promesses ! L&#8217;auteur est journaliste,  rédacteur en chef au Nouvel Observateur depuis 2014. Précédemment, il avait participé à la création du magazine GQ et de 20 minutes. Son premier roman Bronson avait été publié en 2016.  La filature avait été [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILATURE.jpeg" rel="lightbox[6308]"><img class="alignleft wp-image-6315 size-full colorbox-6308" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILATURE.jpeg" alt="LA FILATURE" width="600" height="959" /></a></div>
<div> Le résumé de ce roman paraissait singulier. Et donnait envie de s&rsquo;y plonger. Bonne pioche ! Le deuxième roman d&rsquo;<strong>Arnaud Sagnard</strong> remplit toutes ses promesses !</p>
<div>L&rsquo;auteur est journaliste,  rédacteur en chef au <em>Nouvel Observateur</em> depuis 2014. Précédemment, il avait participé à la création du magazine <em>GQ</em> et de <em>20 minutes</em>. Son premier roman <strong><em>Bronson</em></strong> avait été publié en 2016.</div>
<div> <strong><em>La filature</em> </strong>avait été commencé cette même année. Il faudra une vingtaine de versions à l&rsquo;auteur avant d&rsquo;arriver au résultat escompté. L&rsquo;histoire ? Elle n&rsquo;est pas banale. Elle nous emmène à Los Angeles.</div>
<div>Là, dans la mégalopole, un expert en assurances, <strong>Jonathan Harris</strong>, a une semaine pour suivre discrètement <strong>Daniel Stein</strong>, un conducteur de bus de 62 ans, qui vient d’être soudainement rétrogradé.</div>
<div>C’est que ce dernier passe, à son insu, un test pour éprouver la « flexibilité » de l’entreprise –  à la clé, un contrat d’assurance de plusieurs centaines de millions. Mais rien ne se passe comme prévu.</div>
<h3>Un roman noir et grinçant</h3>
<div> <strong>Daniel Stein,</strong> employé modèle et chauffeur sur la ligne 2, prisée parce qu&rsquo;elle arpente les beaux quartiers, acceptera-t-il de rejoindre les &laquo;&nbsp;Hiboux&nbsp;&raquo;, le service de nuit et son lot de clodos et de junkies ?</div>
<div>Au fil des jours et de sa filature, le malaise de l’assureur grandit. Le sexagénaire agit bizarrement, sans s&rsquo;effondrer cependant. Sans se mettre en colère non plus. Mais son comportement ne cadre pas avec ses états de service. Il prépare quelque chose. Mais quoi ? <strong>Daniel Stein</strong> parle en revanche. Dans sa tête, au poisson coincé dans sa gorge, à son enregistreur aussi. Pas à ses contemporains. A l&rsquo;exception notable de son ex-femme. Une réminiscence de l&rsquo;enfance. D&rsquo;un parcours chaotique aussi.</div>
<div> On suit le chauffeur à travers la ville quand il est au volant de son bus, mais aussi et surtout quand il conduit sa Chevrolet Impala.</div>
<div>On suit aussi l&rsquo;expert en assurances, de plus en plus dépité. Et les témoignages des personnages extérieurs s&rsquo;insèrent aussi au fil des chapitres de ce roman noir et grinçant. Qui bascule peu à peu dans l&rsquo;étrange.</div>
<div></div>
<div></div>
<h2 style="text-align: center"> Extraits</h2>
<blockquote>
<div style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Cette fois-ci, ma mission consiste à suivre non plus une entreprise mais un individu et à observer son comportement pendant une semaine car de lui, qui ignore tout cela, dépendent des dizaines de millions de dollars. Une semaine pour l&rsquo;étudier sous toutes les coutures, le jour, la nuit, peu importe. La mallette à mes pieds contient les documents, assez légers, qu&rsquo;ils m&rsquo;ont donnés sur lui. Selon toute vraisemblance, cet homme grand et maigre, âgé de soixante-deux ans, est un être de basse intensité. Il ne porte pas d&rsquo;alliance ni ne possède de téléphone portable, sans doute ne veut-il pas être joint ni lié à qui que ce soit. Chez nous, les assureurs, c&rsquo;est un signe d&rsquo;alerte, cela signifie que la personne est proche, si elle n&rsquo;y est pas déjà plongée, de la marginalité.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 88 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Autrement dit, Daniel Stein emportait l&rsquo;unique mémoire de la boîte. Sans, la LACMTA n&rsquo;aura pas les moyens de s&rsquo;opposer aux recours juridiques des salariés, c&rsquo;était là sa vengeance, son attentat silencieux. </em></div>
<div style="text-align: left"><em>A l&rsquo;extérieur, un sans-abri passa sans le voir. L&rsquo;abruti qui suivait Stein dans sa japonaise n&rsquo;était plus là, il ne saurait rien de son forfait. A cette heure-là, il devait dormir en famille, croyant sa cible rentrée à la maison après le match. Les commanditaires avaient surestimé leur séide, on ne confiait pas ce genre de tâche à quelqu&rsquo;un comptant ses heures de sommeil.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 149 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;ai sous-estimé le chauffeur de la ligne 2. Il a la foi, quelle que soit sa congrégation, baptiste, pentecôtiste ou autre chose, il n&rsquo;y a pas de meilleur signe de stabilité. A tous les coups, il croit en Dieu pour emmerder son père communiste. L&rsquo;énergie, il l&rsquo;a déjà retrouvée, d&rsquo;où ses récents dérapages, mais maintenant, avec un socle spirituel et une direction à suivre, il peut aisément accepter de bosser la nuit. Et à moi, le million !&nbsp;&raquo;</em></div>
</blockquote>
<div style="text-align: left"><em><strong>La filature, Arnaud Sagnard, Stock, 19,50€</strong></em></div>
</div>
<div></div>
<div></div>
<div></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Une vérité avant de s&#8217;en aller&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/01/27/une-verite-avant-de-sen-aller/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/01/27/une-verite-avant-de-sen-aller/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2023 07:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; L&#8217;écrivain américain Russell Banks est décédé le 7 janvier à l&#8217;âge de 82 ans. L&#8217;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&#8217;a cessé de dépeindre l&#8217;Amérique des marges et de la middle-class désabusée. Russell Banks était lui-même issu d&#8217;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père. S&#8217;inspirant davantage de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" rel="lightbox[6229]"><img class="alignleft size-full wp-image-6232 colorbox-6229" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" alt="OH CANADA" width="617" height="1021" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;écrivain américain <strong>Russell Banks</strong> est décédé le 7 janvier à l&rsquo;âge de 82 ans.</p>
<p>L&rsquo;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&rsquo;a cessé de dépeindre l&rsquo;Amérique des marges et de la middle-class désabusée.</p>
<p><strong>Russell Banks</strong> était lui-même issu d&rsquo;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père.</p>
<p>S&rsquo;inspirant davantage de la langue parlée que de la langue écrite, il s&rsquo;est approché au plus près des marginaux. Et raconter les dysfonctionnements de la société américaine.</p>
<p>En quelque 50 ans, <strong>Russell Banks</strong> a écrit une vingtaine de livres. Certains d&rsquo;entre eux m&rsquo;ont accompagnée (<em>Affliction, De beaux lendemains, Histoire de réussir,  Sous le règne de Bone, Trailerpark, American darling, La réserve, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/">Un membre permanent de la famille</a></em>&#8230;)</p>
<p>Son dernier roman, <strong><em>Oh, Canada</em></strong> a été publié à la rentrée littéraire de septembre 2022. Un livre testamentaire à y regarder de plus près.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Au seuil de la mort, <strong>Leonard Fife</strong>, célèbre documentariste, accepte une interview filmée que veut réaliser l’un de ses disciples, <strong>Malcolm</strong>. <strong>Fife</strong> a exigé le noir complet sur le plateau ainsi que la présence constante de sa femme, <strong>Emma</strong>, pour écouter ce qu’il a à dire, loin des attentes de <strong>Malcolm</strong>.</p>
<p>Après une vie de mensonges, <strong>Fife</strong> entend lever le voile sur ses secrets mais, sous l’effet de l’aggravation rapide de son état, sa confession ne ressemble pas à ce que lui-même avait prévu.</p>
<p>Puissant, écorché, bouleversant, ce roman testamentaire sur les formes mouvantes de la mémoire pose la question de ce qui subsiste – de soi, des autres – lorsqu’on a passé sa vie à se dérober.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman de plus de 300 pages qui retrace des décennies d&rsquo;un parcours personnel, plongé notamment dans le contexte de la guerre du Vietnam.</p>
<p><span id="more-6229"></span></p>
<p style="text-align: left">Un roman dense et puissant. Un regard sans complaisance sur la vie d&rsquo;un homme qui oscille entre souvenirs et vérité arrangée. Jusqu&rsquo;où peut-on dire la vérité ? Et à qui ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 21 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pendant quelques secondes, tout le monde se tait, dans l&rsquo;attente de la première question de Malcolm. Mais brusquement Fife déclare qu&rsquo;il va répondre à une question que personne ne sait poser aujourd&rsquo;hui. Ou que personne n&rsquo;est assez grossier pour poser. On la lui a souvent posée autrefois, au fil des ans, aussi bien en privé qu&rsquo;en public, et on suppose qu&rsquo;il y a répondu complètement et sincèrement maintes fois, et que, par conséquent, y revenir serait soit stupide, soit insultant. Et la lui poser en cette occasion particulière paraîtrait également stupide ou insultant, voire les deux, alors qu&rsquo;en fait elle n&rsquo;est ni l&rsquo;une, ni l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La question, dit-il, est tout simplement : pourquoi, au printemps 1968, as-tu décidé de quitter les Etats-Unis et d&rsquo;émigrer au Canada ? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il dit : Ca vous paraîtra de la fiction, comme si j&rsquo;inventais presque tout, mais ça ne me dérange pas. Je me fous de ce que vous ferez avec mon histoire une fois que j&rsquo;aurai fini de la raconter. Je serai mort. Vous pouvez la couper et la raccorder comme ça vous chante, lui donner la forme qui vous plaira et plaira à ceux qui vous payent pour faire ce film. Mais quoi que vous fassiez de mon histoire une fois que je l&rsquo;aurai racontée, vous m&rsquo;aurez vu et entendu dire à ma femme avec quel genre d&rsquo;homme elle s&rsquo;est mariée, avec qui elle a vécu et travaillé toutes ces années. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 275 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle baisse la voix d&rsquo;un cran, car elle suppose qu&rsquo;à cause de son audition affaiblie Fife ne pourra pas tout à fait l&rsquo;entendre. En grande majorité, c&rsquo;est quand même de la confabulation, dit-elle à Diana et à Malcolm. Son psychiatre lui a conseillé de ne pas confondre Fife avec ce qu&rsquo;on appelle la réalité. Acceptez ce qu&rsquo;il appelle réalité parce que c&rsquo;est ce qui est réel pour lui, et il pourrait être terrifié et furieux si elle remettait ça en question. Par exemple, cette petite fille qu&rsquo;il aurait abandonnée à Boston ? C&rsquo;était son bébé à elle, dit-elle. Le bébé d&rsquo;Emma, pas de Fife. Et ça s&rsquo;est passé à Montréal. La fausse couche tardive, c&rsquo;était aussi celle d&rsquo;Emma. Pas celle d&rsquo;on ne sait quelle autre épouse. En plus, il y avait deux gosses, pas un. C&rsquo;est Emma qui les a abandonnés. Et elle n&rsquo;en a jamais fait un secret. Tous ceux qui connaissent Emma et Fife sont au courant de cette histoire depuis des années.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Oh, Canada, Russell Banks, Actes sud, 23€ (traduction de Pierre Furlan)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
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		<title>Dans l&#8217;ombre du Tsar&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/12/21/dans-lombre-du-tsar/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2022 10:22:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Waouh ! Quel roman ! Il devrait assurément se retrouver au pied de nombreux sapins à Noël. Et pour cause. Voilà un lire que vous ne voulez pas quitter et dont vous tournez les pages avec fébrilité et enthousiasme à la fois. Giuliano da Empoli est un écrivain et journaliste italien. Ancien adjoint au maire en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAGE.jpg" rel="lightbox[6190]"><img class="alignleft size-full wp-image-6193 colorbox-6190" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAGE.jpg" alt="MAGE" width="195" height="286" /></a> Waouh ! Quel roman ! Il devrait assurément se retrouver au pied de nombreux sapins à Noël. Et pour cause. Voilà un lire que vous ne voulez pas quitter et dont vous tournez les pages avec fébrilité et enthousiasme à la fois.</p>
<p><strong>Giuliano da Empoli</strong> est un écrivain et journaliste italien. Ancien adjoint au maire en charge de la Culture à Florence (2009-2012), il a été le conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi. Editorialiste et essayiste politique, il a aussi fondé un <em>think tank.</em> En 1996, il a publié son premier livre <em>Un grande futuro dietro di noi</em> à propos des difficultés rencontrées par les jeunes Italiens. Cette publication a fortement animé le débat national en Italie et poussé le journal <em>La Stampa</em> à le désigner &laquo;&nbsp;Homme de l&rsquo;année&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En 2019, alors qu&rsquo;il travaille à son prochain essai sur les éminences grises des totalitarismes européens, il croise la route de Vladislav Sourkov, qui fut de 1999 à 2011, l’adjoint au président de l’Administration présidentielle, vice-Premier ministre de 2008 à 2013, puis conseiller de Poutine (2013-2020). Cette éminence grise, ancien homme de télé, a joué un rôle clé dans la définition de certains concepts, la création de mouvements de jeunesse, les articulations idéologiques du régime poutinien, ainsi que le déclenchement de la guerre contre l’Ukraine. Un véritable personnage de roman ! <strong><em>Le mage du Kremlin</em></strong> est né.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6190"></span></p>
<p>Dans le livre, on découvre la vie de<strong> Vadia (ou Vadim) Baranov</strong>, le temps d&rsquo;une nuit de confidences à un Français russophile et russophone qui travaille sur le projet de réédition d&rsquo;un roman. <strong>Baranov</strong> a quitté le Kremlin et ses intrigues depuis un certain temps déjà. Nul ne sait où il est, ce qu&rsquo;il devient. Dans une maison au coeur de la forêt, il se livre sur la vingtaine d&rsquo;années passées au plus près du pouvoir. Ce Raspoutine qui parlait à l&rsquo;oreille de celui qu&rsquo;on surnomme le Tsar, raconte les coulisses de la guerre en Tchétchénie, l&rsquo;annexion de la Crimée, l&rsquo;occupation du Donbass ou encore l&rsquo;incroyable cérémonie d&rsquo;ouverture des JO à Sotchi&#8230;</p>
<p><strong>Un roman réellement passionnant et bien écrit. <em>Le mage du Kremlin</em> a reçu le Grand prix du roman de l&rsquo;Académie française. </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 76 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Convertir mon expérience théâtrale en carrière de producteur de télévision fut comme passer du carrosse à vapeur à la Lamborghini. Un jour j&rsquo;étais assis autour d&rsquo;une table de cuisine, à disserter sur Maïakovski en buvant du thé brûlant dans une atmosphère imprégnée de cigarettes sans filtre, et le lendemain je sirotais des cappuccinos dans un open-space conçu par des architectes  néerlandais, compilant des présentations PowerPoint et me réjouissant de mes futures vacances à Marrakech. Dans les studios de l&rsquo;ORT, la première chaîne de la télévision russe, récemment privatisée, on ne produisait pas simplement des émissions, on expérimentait les formes de vie qui seraient adoptées plus tard par l&rsquo;ensemble des nouveaux Russes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 164 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A cette époque, je prenais encore les discours du Tsar au pied de la lettre. Je ne pouvais pas savoir à quel point le sentiment de revanche qui se cachait derrière eux était profond, ni que le vide qu&rsquo;ils masquaient se révélerait impossible à combler, mais ce soir-là je compris que la guerre contre les oligarques n&rsquo;était que le début. Il ne s&rsquo;agissait pas seulement de reprendre le contrôle de quelques entreprises échues dans les mauvaises mains. Il s&rsquo;agissait de mobiliser toutes les ressources, tous les éléments de force de la Russie pour retrouver notre place sur la scène mondiale. Une démocratie souveraine, tel était l&rsquo;objectif.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 258 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je contemplais ma vie comme un plongeur en apnée. Je la voyais briller à la surface, mais je ne parvenais plus à respirer. Cela faisait vingt ans que je n&rsquo;avais pas respiré. Non que ces années se soient envolées. Au contraire, j&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;avoir vécu milles vies. Mais je n&rsquo;avais jamais respiré, pas un seul instant : j&rsquo;étais resté en apnée. Maintenant, je commençais, au loin, à entrevoir ma destination. Le point final où le besoin de choisir cesse de se manifester, car tous les choix ont été faits et ce qui reste n&rsquo;est qu&rsquo;une simple formalité.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Le mage du Kremlin, Giuliano da Empoli, Gallimard. </strong></em></p>
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		<title>La possibilité (ou pas) du pardon</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/09/17/la-possibilite-ou-pas-du-pardon/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Sep 2022 09:57:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire été 2022 Plonger dans l&#8217;épopée sanglante des militants gauchistes à travers une émission de radio, et imaginer un roman à partir de cela qui résonne avec une histoire personnelle enfouie qui a enfin refait surface&#8230; Tel est, très résumée, l&#8217;histoire du nouveau roman de Monica Sabolo dont j&#8217;avais beaucoup, beaucoup aimé Eden, publié en 2019. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-6089 colorbox-6087" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIE-CLANDESTINE.jpg" alt="VIE CLANDESTINE" width="195" height="285" /><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p>Plonger dans l&rsquo;épopée sanglante des militants gauchistes à travers une émission de radio, et imaginer un roman à partir de cela qui résonne avec une histoire personnelle enfouie qui a enfin refait surface&#8230; Tel est, très résumée, l&rsquo;histoire du nouveau roman de <strong>Monica Sabolo</strong> dont j&rsquo;avais beaucoup, beaucoup aimé <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/11/28/au-coeur-de-la-foret-le-passage-vers-un-ailleurs/"><strong><em>Eden</em></strong></a>, publié en 2019.</p>
<p>Tout commence assez mal dans ce roman à la matière autobiographique. L&rsquo;écrivaine (journaliste jusqu&rsquo;en 2014), dans son appartement qui n&rsquo;en finit pas de prendre l&rsquo;eau, n&rsquo;a pas vraiment le moral ni d&rsquo;histoire à raconter. Et puis elle écoute un podcast de <strong>Philippe Drouelle</strong>, l&rsquo;homme des <em>Affaires sensibles</em> sur France Inter. La vie des membres d&rsquo;Action directe l&rsquo;accompagne. La traverse, la transperce. Et trouve un étonnant écho en elle.</p>
<p>Autour de la fin tragique de <strong>Georges Besse</strong>, un soir d&rsquo;automne 1986 à Paris, <strong>Monica Sabolo</strong> qui signe ici son septième roman, trouve matière à écrire. Et tisse, en parallèle,  une autre histoire : celle de son enfance et de son adolescence cossue puis désargentée entre Italie et Suisse, au coté d&rsquo;un homme qu&rsquo;elle croyait être son père. A l&rsquo;aube de la trentaine elle apprendra que celui dont elle ne savait finalement pas grand-chose n&rsquo;en était rien. Un homme qui a abusé d&rsquo;elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6087"></span></p>
<p>De ces vies en cachette qu&rsquo;elle croise, de cette violence et du secret, elle construit un roman dense et passionnant. Haletant. Sensible et politique à la fois.</p>
<p>On l&rsquo;accompagne volontiers dans son enquête romanesque autour des vies de <strong>Nathalie Ménigon</strong>, <strong>Joëlle Aubron</strong> et leurs camarades de lutte armée. Une manière pour elle d&rsquo;avancer et de pardonner. Un très bon roman, définitivement.</p>
<div id="attachment_6092" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AFFICHE.jpg" rel="lightbox[6087]"><img class="wp-image-6092 size-medium colorbox-6087" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AFFICHE-300x231.jpg" alt="@La République du Centre" width="300" height="231" /></a><p class="wp-caption-text">Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon</p></div>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 163-164 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je déterre et m&rsquo;approprie ce qui, de même que les céramiques sacrées précolombiennes, les bijoux dont sont parés les squelettes, se devait d&rsquo;être enseveli pour toujours et n&rsquo;appartenir à personne, sinon à la terre et à l&rsquo;obscurité. Je redoute la blessure que leur causera ce livre. Je suis une profanatrice. Une fois encore, je mène une double vie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Qui rembourse les dettes que la vie a contractées envers nous ? Qui se charge de nous rendre ce qu&rsquo;elle nous doit, ce que l&rsquo;on a payé, et paye encore ? Avec le temps se dessine la perspective que personne ne s&rsquo;en acquitte jamais. Nul ne parle de cette chose-là. Ni ma mère ni mon frère ne l&rsquo;ont jamais évoquée Chacun essaye de l&rsquo;apprivoiser dans son coin. Mais désormais j&rsquo;ai l&rsquo;impression de me rembourser sur leur dos. Alors qu&rsquo;ils me croient plongée dans le récit d&rsquo;un groupe terroriste des années 80, je confectionne un engin sophistiqué, composé de papier, de nitroglycérine et d&rsquo;une mèche à combustion lente, qui finira par tout faire sauter.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 263 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Après des mois d&rsquo;enquête, j&rsquo;ai toujours très peu d&rsquo;éléments sur Nathalie Ménigon, et pourtant j&rsquo;en sais plus sur elle que sur mon propre père. J&rsquo;ai vécu auprès d&rsquo;Yves S. depuis l&rsquo;âge de trois ans, et l&rsquo;ai connu jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il sorte de mon existence, ou plutôt que je m&rsquo;échappe de la sienne en claquant la portière d&rsquo;une voiture trente ans plus tard, mais de lui j&rsquo;ignore presque tout. J&rsquo;ai en tête qu&rsquo;il est né à Paris, parce que c&rsquo;est inscrit sur mon acte de naissance, celui où il est indiqué qu&rsquo;il m&rsquo;a reconnue le jour où il a épousé ma mère. Je n&rsquo;ai aucune idée de l&rsquo;endroit où il a grandi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 271-272 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je sais désormais que ce qui s&rsquo;annonce n&rsquo;est pas ce que je croyais. Je l&rsquo;ai compris ce matin, en faisant les mêmes gestes que la veille, attrapant mon sac de voyage, dans lequel j&rsquo;ai glissé mon carnet noir, un pull-over, et, ce qui me paraît soudain tout à fait incongru, un panettone pour Nathalie Ménigon. J&rsquo;ai pris un panettone sans y penser, je réalise maintenant que c&rsquo;est la spécialité de Milan, la ville où tout a commencé pour moi, il y a plus de quarante ans. J&rsquo;ai compris ce matin que je n&rsquo;allais pas rencontrer l&rsquo;héroïne de mon roman, enfin pas seulement. Je ne vais pas non plus rencontrer une militante, ni une combattante, ni même l&rsquo;ex-ennemie publique numéro 1, condamnée deux fois à la réclusion à perpétuité, notamment pour les assassinats de l&rsquo;ingénieur général de l&rsquo;armement, René Audran, en 1985, et du P-DG de Renault, en 1986. Non, je vais rencontrer Yves S. Et je vais lui poser les questions que je ne lui ai jamais posées.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La vie clandestine, Monica Sabolo, Gallimard, 21€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Destins croisés ou la découverte de la sororité&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/10/20/destins-croises-ou-la-decouverte-de-la-sororite/</link>
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		<pubDate>Wed, 20 Oct 2021 07:59:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Deux femmes. deux histoires. Et pourtant un lien. Finalement. Jusqu&#8217;au bout. Clarisse et Eve ont eu le même père. La première a beaucoup voyagé. S&#8217;est brûlée les ailes souvent et s&#8217;est abîmée dans des histoires d&#8217;amour sans issue. Jusqu&#8217;à la dernière qui lui coûtera la vie. Clarisse vit à Paris, entourée de ses trois fils, si proches et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072950377_195x320.jpg" rel="lightbox[5794]"><img class="alignleft size-full wp-image-5796 colorbox-5794" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072950377_195x320.jpg" alt="product_9782072950377_195x320" width="195" height="285" /></a>Deux femmes. deux histoires. Et pourtant un lien. Finalement. Jusqu&rsquo;au bout. <strong>Clarisse</strong> et <strong>Eve</strong> ont eu le même père. La première a beaucoup voyagé. S&rsquo;est brûlée les ailes souvent et s&rsquo;est abîmée dans des histoires d&rsquo;amour sans issue. Jusqu&rsquo;à la dernière qui lui coûtera la vie.</p>
<p><strong>Clarisse</strong> vit à Paris, entourée de ses trois fils, si proches et si distants à la fois. <strong>Eve</strong>, elle, a quitté la France depuis bien longtemps.</p>
<p>A New-York, elle a fait carrière, créé son entreprise et construit une famille solide.  Deux personnalités, deux idéaux. Deux manières d&rsquo;envisager la vie. Et une même quête de bonheur.</p>
<p>Chapitre après chapitre, leurs deux vies se mélangent. Des années 80 jusqu&rsquo;au janvier 2021, au moment de l&rsquo;enterrement.</p>
<p>Au final, la fresque d’une époque, des années quatre-vingt à nos jours qui interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l’amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.</p>
<p>On y retrouve des thèmes chers à <strong>Catherine Cusset</strong> dont j&rsquo;avais parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/13/oraison-sincere/">ici</a></strong> pour <strong>L&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait. </strong></p>
<p>La quinquagénaire signe ici son quinzième roman. Agrégée de lettres classiques, Catherine Cusset enseigna de 1990 à 2002 aux Etats-Unis avant de de se consacrer entièrement à l’écriture. J’avais découvert son univers avec <strong>« La haine de la famille »</strong>, paru en 2001 puis avec <strong>« Un brillant avenir »</strong>, en 2008.</p>
<p>Un roman dans lequel on se laisse finalement entraîner. Tant pis pour les quelques aspects caricaturaux qui ponctuent les chapitres.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 161 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Le dimanche où Eve aurait dû décoller pour Paris, la semaine qu&rsquo;elle aurait dû passer là-bas s&rsquo;étaient écoulés sans qu&rsquo;elle y pense. Elle avait appelé Sébastien le dimanche matin avant de retourner à l&rsquo;hôpital, pendant que Paul prenait sa douche. Elle avait laissé un message disant que sa fille était très malade. Elle n&rsquo;était pas du genre à disparaître sans un mot. Mais la peur qui avait envahi son corps quand son mari avait appelé de Saint-Vincent la nuit du vendredi avait mis fin à l&rsquo;envoûtement comme un électrochoc. Sébastien n&rsquo;était rien. Seuls comptaient Paul et ses filles.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 253 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Elle avait faim. Une faim incroyable. De sucré. Elle finit par trouver un antique paquet entamé de biscuits mous qu&rsquo;elle dévora, debout contre le comptoir. Au fond d&rsquo;un tiroir elle dénicha une moitié de tablette de chocolat praliné. Et dans le placard, la fin d&rsquo;un pot de miel de châtaigne. Elle mangea tout. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Vers une heure elle reçut un texto de Lucas : il était chez Simon, ils avaient regardé un film. En se lavant les dents elle remarqua les joints craquelés de la douche et un carreau décollé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Le message de Lucas n&rsquo;avait pas desserré l&rsquo;étau. Elle se retournait dans son lit sans glisser dans le sommeil. De ses trois fils, deux avaient mis un océan entre eux et elle. Le troisième n&rsquo;arrivait pas plus à vivre que sa mère. Elle n&rsquo;avait jamais réussi à garder un homme ni un boulot. Elle avait voulu écrire et jamais pu finir. Son unique création, l&rsquo;appartement, s&rsquo;effondrait sur elle comme un tombeau. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 296-297 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;]  A la fin de la semaine, elle était tellement fatiguée que j&rsquo;étais soulagée qu&rsquo;elle parte : j&rsquo;avais peur qu&rsquo;elle n&rsquo;ait une autre accident de vélo ou ne laisse tomber le bébé. Elle s&rsquo;est endormie si profondément sur le canapé juste avant de prendre le métro pour l&rsquo;aéroport que j&rsquo;ai eu du mal à la réveiller. Pour la première fois depuis que je la connaissais, personne ne l&rsquo;attendait à Paris.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pour la première fois aussi, il y avait du non-dit entre nous. J&rsquo;étais lasse de lui remonter le moral. Quand on aime on a vingt ans, mais pas ceux qui nous entourent. J&rsquo;avais passé des mois à réconforter Hannah après sa première grande rupture, et n&rsquo;avais pas envie de remettre ça avec ma soeur de cinquante-six ans. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> La définition du bonheur, Catherine Cusset, Gallimard, 20€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Maram ou la quête d&#8217;une femme et d&#8217;une légende&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/09/03/maram-ou-la-quete-dune-femme-et-dune-legende/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 06:46:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Aglaé]]></category>
		<category><![CDATA[aventures]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Nous poursuivons notre virée à travers les romans de la rentrée. Et cette fois, nous partons pour l&#8217;Afrique et plus précisément encore le Sénégal et l&#8217;île de Gorée&#8230; que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;arpenter en tous sens, en 2013. Avec La porte du voyage sans retour,  nous nous mettons dans les pas de Michel Adanson, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><img class="alignleft size-full wp-image-5775 colorbox-5771" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782021487855_1_m.jpg" alt="9782021487855_1_m" width="150" height="215" /></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Nous poursuivons notre virée à travers les romans de la rentrée. Et cette fois, nous partons pour l&rsquo;Afrique et plus précisément encore le Sénégal et l&rsquo;île de Gorée&#8230; que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;arpenter en tous sens, en 2013. Avec <em><strong>La porte du voyage sans retour</strong></em>,  nous nous mettons dans les pas de <strong>Michel Adanson</strong>, un naturaliste du XVIIIe siècle, parti explorer ce pays pendant cinq ans, de 1749 à 1754. Il n&rsquo;avait alors que 23 ans. Il sera le premier à rédiger une histoire naturelle du Sénégal. Le premier aussi à en rapporter des contes et des légendes. Un personnage original qui a fasciné l&rsquo;écrivain <strong>David Diop</strong>.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Ce dernier, à partir du récit de voyage publié par ce scientifique atypique qui avait appris le wolof pour mieux comprendre son environnement et les gens qu&rsquo;il rencontrait, a décidé d&rsquo;imaginer un récit de voyage secret. Une histoire qu<strong>&lsquo;Aglaé</strong>, fille unique de <strong>Michel Adanson</strong> découvrira après son décès de son père, qui avait tout savamment préparé. Une histoire de tiroirs. De quoi renforcer encore cette relation père-fille entretenue de manière atypique par les deux personnages jusqu&rsquo;après la mort. L&rsquo;héritage est ainsi transmis.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">C&rsquo;est dans cette Porte du voyage sans retour, surnom que l&rsquo;on donne à l&rsquo;île de Gorée d&rsquo;où sont partis des millions d&rsquo;Africains pendant la traite de Noirs débarque <strong>Michel Adanson</strong>. Nous sommes en 1750, dans une concession française pour étudier la flore locale.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><span id="more-5771"></span></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Botaniste, il caresse le rêve d&rsquo;établir une encyclopédie universelle du vivant (il aspirait à intégrer l&rsquo;Académie royale des sciences de Paris), en un siècle où l&rsquo;heure est aux Lumières. Lorsqu&rsquo;il a vent de l&rsquo;histoire de <strong>Maram</strong>, une jeune Africaine promise à l&rsquo;esclavage et qui serait parvenue à s&rsquo;évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant <span id="js-showResume" class="showResume">de légendes. L&rsquo;amour naît entre les deux jeunes gens, empêché cependant. Le botaniste finira par oublier les traits de <strong>Maram</strong> et ses convictions contre l&rsquo;esclavage, d&rsquo;ailleurs. </span></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Outre la jeune femme, vendu par son oncle contre un simple fusil, il y a le personnage de <strong>Ndiak</strong>, qui accompagne <strong>Michel Adanson</strong>. Il a réellement existé.  Une jeune homme, fils d&rsquo;un dignitaire, qui lui ouvre des portes et n&rsquo;a de cesse de s&rsquo;exprimer avec une grande sagesse.</p>
<div id="productDescription" class="col-xs-12 no-padding">
<div class="productDescription col-xs-12">
<div class="productDescription-content col-xs-12">
<p>Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce nouveau roman de <strong>David Diop</strong>, lauréat du <strong>Goncourt des Lycéens 2018</strong> et de <strong>l&rsquo;International Booker Prize 2021</strong> pour son roman <em><strong>Frère d&rsquo;âme</strong>, </em>un régal de lecture.</p>
<p>Né à Paris en 1966, <strong>David Diop</strong> a grandi au Sénégal et est maître de conférences à l&rsquo;Université de Pau.</p>
<p>Au final, un formidable roman d&rsquo;aventure et d&rsquo;amour. Captivant. Entre fiction et réalité.  J&rsquo;ai adoré !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Pour lire ces feuillets, il aura fallu que tu aies accepté de garder mes pauvres meubles en héritage pour la seule raison qu&rsquo;ils m&rsquo;ont appartenu. Si tu me lis, c&rsquo;est que tu auras recherché ma vie cachée et que tu l&rsquo;auras trouvée, parce que tu tenais un peu à moi. S&rsquo;aimer, c&rsquo;est aussi partager le souvenir d&rsquo;une histoire commune. Je n&rsquo;ai que trop peu cherché à trouver les moments de la faire éclore alors que tu étais enfant puis jeune fille. Je te l&rsquo;offre maintenant que tu es devenue une femme et que la mort m&rsquo;aura dérobé à ton regard et à ton jugement. J&rsquo;étais trop occupé à me fuir moi-même pour te consacrer du temps et désormais je le regrette. Mais peut-être que la rareté de nos souvenirs communs en fait le prix&#8230; Piètre consolation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 143 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Pendant que je réfléchissais, Maram avait repris son souffle. La nuit avait soudain envahi sa grande case. Au Sénégal, le crépuscule que nous connaissons en Europe n&rsquo;existe pas :  le passage du jour à la nuit n&rsquo;est pas lent comme sous nos latitudes, mais brutal. Maram ne fit rien pour nous donner de la lumière et je jugeai qu&rsquo;elle avait raison. Ce qu&rsquo;elle avait à me révéler, comme l&rsquo;annonçait le début de son histoire, ne pouvait être raconté que dans une obscurité protectrice et non sous une lumière trop crue qui aurait rendue plus insoutenable encore l&rsquo;affreux spectacle des plaies de son existence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 237 </strong> :<em> &laquo;&nbsp;Je ne suis pas fier aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;avouer, mais le temps effaçant peu à peu le beau visage de Maram de ma mémoire, j&rsquo;ai fini par assimiler ma passion pour elle à une exaltation amoureuse inavouable, une folie de jeunesse sans conséquence. Mon ambition de savant était devenue si dévorante que je lui ai sacrifia Maram sans remords. Et, prisonnier de ma quête de reconnaissance et de gloire, institué par mes pais spécialiste de tout ce qui avait trait au Sénégal, j&rsquo;ai publié une notice, destinée au Bureau des Colonies, sur les avantages du commerce des esclaves pour la Concession du Sénégal à Gorée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai subodoré, j&rsquo;ai argumenté, j&rsquo;ai aligné des chiffres favorables à ce trafic infâme contre mes convictions désormais profondément cachées, enfouies dans mon âme. Abîmé dans l&rsquo;étude des plantes, entraîné par une succession de petites compromissions alimentées par l&rsquo;espoir de publier un jour mon Orbe universel dont j&rsquo;attendais la gloire j&rsquo;ai perdu de vue Maram, c&rsquo;est-à-dire la réalité tangible de l&rsquo;esclavage.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><em><strong> La porte du voyage sans retour, David Diop , Seuil, 19€</strong></em></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">
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		</item>
		<item>
		<title>Le Printemps arabe à travers la chair&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 07:15:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Rachid Benzine, je l&#8217;ai découvert pendant le confinement, au hasard d&#8217;un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J&#8217;avais alors dévoré &#171;&#160;Ainsi parlait ma mère&#160;&#187;, dont je vous ai parlé ici.  Rachid Benzine est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce « Lettres à Nour » a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. Rachid Benzine est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/143327_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5426]"><img class="alignleft wp-image-5428 size-medium colorbox-5426" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/143327_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="143327_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a></p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong>, je l&rsquo;ai découvert pendant le confinement, au hasard d&rsquo;un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J&rsquo;avais alors dévoré <strong>&laquo;&nbsp;Ainsi parlait ma mère&nbsp;&raquo;</strong>, dont je vous ai parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/07/a-cette-femme-quil-aimera-toujours/">ici</a>. </strong></p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong> est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce <strong>« Lettres à Nour »</strong> a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. <strong>Rachid Benzine</strong> est islamologue, politologue, enseignant.</p>
<p>Né en 1971, il est arrivé en France à l’âge de 7 ans avec sa famille marocaine.</p>
<p>Codirecteur de la collection Islam des lumières aux éditions Albin Michel, il s’attache à penser un islam en phase avec notre temps et s’investit également dans le dialogue islamo-chrétien.</p>
<p>Dans ce nouveau roman, <strong>&laquo;&nbsp;Dans les yeux du ciel&nbsp;&raquo;</strong>, il nous entraîne dans le sillage de <strong>Nour</strong>, une prostituée quadragénaire, arabe, musulmane. Dont la vie va basculer pendant les &laquo;&nbsp;Printemps arabes&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est la voix de <strong>Nour</strong> qui nous guide. Une intermédiaire improbable car elle incarne, par la vie qu&rsquo;elle mène, tous les mensonges. Mais elle parle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5426"></span></p>
<p>Là, alors que la rue gronde, jour et nuit désormais, elle raconte les passes avec ses clients, parfois violents, souvent hypocrites avec le pouvoir et la religion. <strong>Nour</strong> parle aussi à son Dieu. Elle parle de sa mère, de sa fille qu&rsquo;elle veut protéger. Elle parle de <strong>Slimane</strong>, aussi. Son jeune ami homosexuel est poète et va devenir fer de lance du mouvement. Jusqu&rsquo;au drame. Elle évoque ses espoirs, sans trop se méprendre cependant sur l&rsquo;avenir qu&rsquo;elle juge incertain.</p>
<p>Le texte a été adapté au théâtre.</p>
<p>Un texte fort. Poignant.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 10 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;appelle Nour. Chez moi, on est prostituée de mère en fille. Enfin, depuis deux générations. Pas de quoi se vanter d&rsquo;un savoir-faire ancestral. Mais ça laisse des marques. Sur le corps. Sur la peau. En dedans, quelque part. Quelque chose que certains nomment l&rsquo; &laquo;&nbsp;âme&nbsp;&raquo;. Peut-être que c&rsquo;est ça. Je ne sais pas trop. En tout cas, une amertume, quand tu y penses, qui te donne envie de gerber. D&rsquo;en finir. Comme ça, d&rsquo;un claquement de doigts. Disparaître. Un dernier vol plané du haut d&rsquo;un minaret. Sous les roues d&rsquo;un char. N&rsquo;être plus que de la bouillie. Une flaque de chair, de sang, de merde. S&rsquo;imaginer comme ça. Une image toujours plus dégueulasse que celle que renvoient ceux qui vous croisent.[&#8230;] &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 53 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Les hommes me seront toujours une énigme. Je suis sûre qu&rsquo;ils valent mieux que ce qu&rsquo;ils me donner à entrevoir. Même comme amants. Ont-ils jamais pensé à offrir du plaisir à une femme ? Gratuitement ? Juste pour faire plaisir ? Je peux être à genoux devant eux, bouche ouverte, j&rsquo;en sais plus sur eux-mêmes qu&rsquo;ils n&rsquo;en sauront jamais. Ils ne se voient pas expirer, suinter, grimacer, grogner&#8230; Pleurer, parfois. Surtout, ils ne s&rsquo;entendent pas parler, éructer. Me traiter de &laquo;&nbsp;sale pute&nbsp;&raquo;, de s&nbsp;&raquo;salope&nbsp;&raquo; ou crier des prénoms qui me sont inconnus mais qui représentent ceux qu&rsquo;ils veulent tant foutre. En me fessant. Quel besoin ont donc les hommes de salir ainsi la femme qui leur offre son corps ? Comme si le plaisir des hommes était une punition. La leur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 94 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Parfois, il faut enjamber un cadavre. A demi calciné ou aux membres désarticulés. Celui-ci n&rsquo;a plus de tête, mais il se cramponne encore à une banderole qui a bu son sang. Je prie pour lui et sa famille. Dans la rue, on attaque vite et on se replie tout aussi vite. On se cache dans des commerces, dans des cages d&rsquo;escalier. On se réfugie chez un ami qui a une console de jeux, de l&rsquo;alcool, du shit. L&rsquo;instinct rend alerte, précis, rapide. Les morts et les blessés s&rsquo;accumulent. L&rsquo;agonie à chaque coin de rue.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Dans les yeux du ciel&nbsp;&raquo;, Rachid Benzine, Seuil, 17€. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans le pierrier, découvrir son coeur&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/21/dans-le-pierrier-decouvrir-son-coeur/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 Aug 2020 06:42:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Quelle claque ! Le roman &#171;&#160;La Géante&#160;&#187; m&#8217;est arrivé via la boîte à lettres. Je l&#8217;ai dévoré. J&#8217;en garde des images, des sensations. Je n&#8217;avais jamais lu un roman de Laurence Vilaine. Avec &#171;&#160;La Géante&#160;&#187;, la quinquagénaire installée à Nantes, signe son troisième roman. Un conte qui nous parle d&#8217;amour et de vie. Sauf que Noële ne connait pas le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GEANTE.jpg" rel="lightbox[5287]"><img class="alignleft size-full wp-image-5296 colorbox-5287" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GEANTE.jpg" alt="GEANTE" width="170" height="256" /></a></p>
<p>Quelle claque ! Le roman <strong>&laquo;&nbsp;La Géante&nbsp;&raquo;</strong> m&rsquo;est arrivé via la boîte à lettres. Je l&rsquo;ai dévoré. J&rsquo;en garde des images, des sensations. Je n&rsquo;avais jamais lu un roman de <strong>Laurence Vilaine</strong>. Avec <strong>&laquo;&nbsp;La Géante&nbsp;&raquo;</strong>, la quinquagénaire installée à Nantes, signe son troisième roman. Un conte qui nous parle d&rsquo;amour et de vie. Sauf que Noële ne connait pas le premier et a réglé la seconde dans un lieu délimité par les montagnes</p>
<p>Noële, la narratrice, a toujours vécu au pied de la Géante, là, <strong>à Fontanalbe, dans les Alpes-Maritimes</strong>. C&rsquo;est là qu&rsquo;elle a grandi après avoir rejoint La Tante, un jour de drame. Avec son père, son frère. Leur mère vient de mourir&#8230;</p>
<p>Dans la montagne, <strong>Noële</strong> suit le rythme des saisons, a fait siennes les herbes et les plantes médicinales pour les tisanes et les onguents en suivant scrupuleusement au fil des années les consignes de sa tante. Au fil des ans, la vieille femme est devenue un peu sorcière. Chaque samedi, les villageois viennent chercher de quoi les soulager, les soigner.<strong> Noële</strong>, elle, a fini par oublier qui elle était. Ou aurait pu être.</p>
<p>A ses côtés, son frère, surnommé <strong>Rimbaud</strong> qui ne parle pas, mais qui chante avec le petit-duc.</p>
<p><span id="more-5287"></span></p>
<p>Parmi cet univers minéral, elle voit passer les saisons, et n&rsquo;attend plus rien du ciel ni du soleil d&rsquo;ailleurs. Et puis un jour, <strong>Maxim</strong> s&rsquo;installe dans une maison du hameau. Le reporter se met au vert, pour faire face à la maladie.  Il reçoit des lettres de <strong>Carmen</strong>, qui l&rsquo;aime. Qui parcourt le monde pour rapporter des histoires et des reportages. Et qui s&rsquo;inquiète pour cet homme qui distille ses secrets au compte-gouttes.</p>
<p><strong>Noële</strong> lui apporte ses missives. Finira par les garder et les lire. A travers les mots d&rsquo;une autre, elle découvre tout ce que la vie ne lui a pas offert, les sentiments qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas laissé entrer. A distance, via sa correspondance, le couple bouleverse ses répères.</p>
<p>Au cœur de la nature, les sentiments s&rsquo;affrontent. La vérité se cache pour finalement éclater. Violente. Implacable au pied de <strong>La Géante, </strong>véritable personnage à part entière de ce roman à l&rsquo;écriture sensible et poétique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 40 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle avançait les yeux droits et le pied solide qui va abattre des kilomètres, et plus on avançait, plus c&rsquo;était le bourbier, dans ma gorge, dans ma poitrine, les dents serrées et les narines fermées, je sais respirer sans bruit, allumer le feu et me brûler sans geindre, la Tante m&rsquo;a appris, quand tu viens au monde, personne ne compte sur toit, aussi compte sur toi-même et ne dérange pas la montagne. </em></p>
<p><em>Je la connais par coeur la Géante, ses bêtes et ses caillasses, ses fougères à moustache et ses fausses gentianes qui donnent la chiasse. </em></p>
<p><em>Comme la poche de ma blouse, je la connais. </em></p>
<p><em>Comme l&rsquo;odeur des cendres froides et des matins sans amour. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 77 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai vu quelques lettres empilées sur sa table, des enveloppes encore cachetées et une sur le carrelage de l&rsquo;entrée qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas ramassée. Les mouches s&rsquo;attardaient, de deux jours elles passaient à trois, ce qui faisait de plus en plus lourde sa tête, elle demandait le silence aussi grand qu&rsquo;il lui serait possible de l&rsquo;entendre. La guerre battait son plein, il ne voulait voir personne dans les rangs. Il n&rsquo;y avait pas de rang. Lui seul et le silence, dont il a fait son arme. Il voulait tout éteindre, le volume en même temps que la lumière et le bruit du monde, jusqu&rsquo;aux mots sur le papier qui bruissaient trop fort. Plutôt se taire quand on n&rsquo;a rien à offrir et aucune promesse à faire &#8211; il m&rsquo;a remerciée, a baissé les yeux et refermé sa porte. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 112 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Dans son chagrin, cette femme puisait les mots qui ne cachaient rien, elle se mettait à nu comme elle allait prendre un bain et nageait dans des eaux profondes avec la peur de rien. A côté d&rsquo;elle, je marchais morte, morte de marcher à côté de l&rsquo;essentiel. Je ne savais pas ce que penser à quelqu&rsquo;un voulait dire, le soir avant le sommeil qu&rsquo;elle retardait pour ne pas être séparée de lui dès le réveil. Je ne sais pas les mains qui brûlent et ce qu&rsquo;aimer signifie, ni le sourire ni le désir grâce à des yeux de quelqu&rsquo;un quelque part, fussent-ils à six cents kilomètres. Ni la terreur d&rsquo;un mot de trop qui ferait mal, ni l&rsquo;insoutenable, la seule pensée que l&rsquo;amour s&rsquo;en aille à jamais &#8211; ce soir-là dans la nuit je me suis blottie.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;La Géante&nbsp;&raquo;, Laurence Vilaine, Zulma, 17,50€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un mec&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/10/02/cest-lhistoire-dun-mec/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/10/02/cest-lhistoire-dun-mec/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 07:28:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman, ça vous dit ? Celui-ci est assez particulier, je vous préviens. Il part d&#8217;une bonne idée à laquelle on a cependant (un peu)  du mal à adhérer jusqu&#8217;au bout. Enfin, je vous laisse juger&#8230; L&#8217;histoire ? Elle est étonnante. Déstabilisante aussi. Tout commence en 1946, dans le New-Jersey. A Trenton, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/made-in-trenton.jpg" rel="lightbox[4398]"><img class="alignleft size-full wp-image-4400 colorbox-4398" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/made-in-trenton.jpg" alt="made in trenton" width="195" height="282" /></a></p>
<p>Un premier roman, ça vous dit ? Celui-ci est assez particulier, je vous préviens. Il part d&rsquo;une bonne idée à laquelle on a cependant (un peu)  du mal à adhérer jusqu&rsquo;au bout. Enfin, je vous laisse juger&#8230;</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est étonnante. Déstabilisante aussi. Tout commence en 1946, dans le New-Jersey. A Trenton, on travaille l&rsquo;acier. Un outil d&rsquo;émancipation pour les classes laborieuses  après les horreurs de la guerre. <strong>Abe Kunstler</strong> est de ces ouvriers pauvres qui travaillent dur pour assurer le quotidien.</p>
<p>Il est travailleur, obstiné, bon camarade, buveur invétéré ( pour donner le change et brouiller les pistes)&#8230; et différent. Et pour cause. Il se présente comme &laquo;&nbsp;mutilé&nbsp;&raquo; pendant la guerre et laisse souvent une drôle d&rsquo;impression ici et là. Personne n&rsquo;imagine cependant qui y est en réalité.</p>
<p>Si je vous le dis d&rsquo;emblée, la lecture de ce roman va sérieusement perdre de sa saveur, non ? Disons que le héros de ce premier roman n&rsquo;a pas dit la vérité sur son identité. Il s&rsquo;est inventé un nom, une vie. Un passé.</p>
<p>Des décennies qu&rsquo;il la cache au regard de tous. Lui, le moins baraqué de ses collègues, est aussi celui qui prend le plus soin des autres&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4398"></span></p>
<p><strong>Abe Kunstler</strong>, le visage fin et l&rsquo;esprit aiguisé, a l&rsquo;idée de construire une famille. Pour cela, il lui faut une femme, ce sera <strong>Inez</strong>. Une jeune femme perdue, fragile&#8230; et pas regardante. Au quotidien, son mari cache, dissimule, ferme les portes&#8230;</p>
<p>Pour faire un enfant, il faudra imaginer un stratagème, un plan sordide et délirant&#8230; qui aboutira. Mais à quel prix ?</p>
<p>D&rsquo;année en année, <strong>Abe</strong> s&rsquo;enfonce dans son mensonge, dans l&rsquo;alcoolisme et la violence aussi. Sans solution de retour.</p>
<p>Devenu adulte, son fils <strong>Art</strong>, né handicapé, découvre quelque chose qui le choque et complique encore la relation qu&rsquo;il entretient avec son père. Abe a peur pour son secret. Jusqu&rsquo;où est-il prêt à aller pour cela ? &#8230; Art, lui, ne veut pas aller faire la guerre au Vietnam.</p>
<p>Deux mondes s&rsquo;opposent. Et le rêve américain a pris un sérieux coup dans l&rsquo;aile&#8230;</p>
<p>Un premier roman à la langue âpre et parfois au style alambiqué dans lequel on finit par ne plus y croire du tout.</p>
<p>L&rsquo;auteur<strong> Tadzio Koelb</strong> est journaliste et traducteur. Il enseigne par ailleurs à l&rsquo;Université de Rutgers dans le New Jersey et vit à New York.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 26 :</strong> <em>[&#8230;] La cohérence et les détails : voilà ce qui le maintenant en sécurité. Un homme qui vient de se raser laisse toujours les mêmes indices – un blaireau plein de mousse, un rasoir humide ; il laisse une serviette mouillée sur la patère, aussi sûr qu&rsquo;une voiture laisse des traces dans la neige en roulant. Kunstler laissa la porte claquer derrière lui et descendit les marches quatre à quatre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La danse, mais aussi l&rsquo;alcool, et pour que son plan fonctionne il les entraîna tous deux plus loin encore dans ce monde brumeux et oublieux, endroit déroutant où il ressentait un curieux mélange de sérénité et d&rsquo;angoisse. C&rsquo;était d&rsquo;ailleurs cette sérénité même qui déclenchait sa peur : il paniquait à l&rsquo;idée de se retrouver en public, avec aux manettes de son self-control sa seule main mal assurée d&rsquo;ivrogne, et parfois il était furieux de voir le nombre d&rsquo;occasions où il se surprenait à baisser la garde. Même avec les autres gars de l&rsquo;usine, qui le connaissaient et acceptaient donc son attitude circonspecte ou qui, tout du moins, s&rsquo;y étaient habitués, il savait que le risque que tout s&rsquo;effondre était toujours présent.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 153 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Mais mentir à la mère voulait dire empêcher le garçon de s&rsquo;approcher d&rsquo;elle, et cela ramenait Kunstler à son point de départ, au point où il en était déjà : chercher le garçon, errer dans la ville avec Jimmy accroché à ses basques, devoir chercher Dieu sait où. et après, quoi ? Lui donner de l&rsquo;argent pour partir, le chasser. Kunstler se demanda avec désespoir depuis combien de temps le garçon avait prévu de balancer ses sales petites accusations. Depuis des heures, ou des années ? Bien sûr, cela importait peu tant qu&rsquo;il les avait gardées pour lui. </em>Evidemment qu&rsquo;il les a gardées pour lui,<em> pensa Kunstler. Tout le monde saurait que c&rsquo;étaient des mensonges, après tout. C&rsquo;était invraisemblable de raconter une histoire pareille sur quelqu&rsquo;un qui était un père, un ouvrier d&rsquo;usine, un homme marié, un soldat mutilé de guerre. Personne n&rsquo;y croirait.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Made in Trenton&nbsp;&raquo;, Tadzio Koelb ( traduction de Marguerite Capelle), Buchet-Chastel, 19 euros.</strong></em></p>
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		<title>Dans l&#8217;intimité du bourreau, pour comprendre</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/05/30/dans-lintimite-du-bourreau-pour-comprendre/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2018 07:30:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[amitié]]></category>
		<category><![CDATA[chronique judiciaire]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Cottrez]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce livre-là  n&#8217;est pas un roman. C&#8217;est une plongée dans l&#8217;horreur, un voyage au plus près d&#8217;une vérité. Et un terrible constat d&#8217;échec. Comment Dominique Cottrez a pu, le 2 juillet 2015, être condamnée par la cour d&#8217;assises du Nord à 9 ans de prison pour huit infanticides ( le plus important jamais découvert). A [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce livre-là  n&rsquo;est pas un roman. C&rsquo;est une plongée dans l&rsquo;horreur, un voyage au plus près d&rsquo;une vérité. Et un terrible constat d&rsquo;échec. Comment <strong>Dominique Cottrez</strong> a pu, le 2 juillet 2015, être condamnée par la cour d&rsquo;assises du Nord à 9 ans de prison pour huit infanticides ( le plus important jamais découvert).</p>
<p>A 51 ans, cette femme obèse à la voix douce, a tenté d&rsquo;expliquer. Mais, bouleversante de vulnérabilité comme l&rsquo;ont raconté les chroniqueurs judiciaires, elle est cependant restée cadenassée dans ses mystères. Nombreux. Opaques.</p>
<p><strong>La journaliste Ondine Millot</strong>, elle, a voulu comprendre. Pas pour faire du voyeurisme. Mais pour prévenir. Pour que cela n&rsquo;arrive plus. Elle a écrit <strong>&laquo;&nbsp;Les monstres n&rsquo;existent pas, au-delà du fait divers&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MONSTRES.jpeg" rel="lightbox[4249]"><img class="alignleft wp-image-4250 size-medium colorbox-4249" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MONSTRES-188x300.jpeg" alt="MONSTRES" width="188" height="300" /></a></p>
<p>Entre 1989 et 2000, <strong>Dominique Cottrez</strong>, mère de famille, aide-soignante, a caché huit grossesses à son entourage, et tué ses huit nouveau-nés. A chaque fois, elle a accouché seule et étouffé les bébés. Elle a gardé leurs corps à côté de son lit.</p>
<p><strong>Ondine Millot</strong> rencontre <strong>Dominique Cottrez</strong> cinq ans après son arrestation. Une relation se noue, elles se revoient. Sans jugement, mais non plus sans indulgence, la journaliste cherche à comprendre  : l&rsquo;enfance, les épreuves et le chemin qui ont mené aux crimes. Elle interroge la mère infanticide, son mari, ses deux filles adultes, ses proches.</p>
<p>Au fil des rencontres dans le petit studio occupé par <strong>Dominique Cottrez</strong> et son mari <strong>Pierre-Marie</strong> en attendant le procès, <strong>Ondine Millot</strong> va sonder, relier des fils d&rsquo;une vie. Pas simple. <strong>Dominique Cottrez</strong> est une femme qui résume un demi-siècle de son existence en dix phrases. Une mère douce et attentive, une épouse dévouée, une aide-soignante si appréciée&#8230;</p>
<p>Au fil du temps, une amitié se tisse. <strong>Ondine Millot</strong> ne le cache pas. Mais n&rsquo;excuse ni ne cautionne rien. Impossible. La clé réside-t-elle dans la petite enfance de <strong>Dominique</strong> ? L&rsquo;enfant a été littéralement gavée. De fait, on ne l&rsquo;entend pas, toujours contentée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4249"></span></p>
<p>A l&rsquo;âge adulte, la jeune femme continue à se cacher. Tombe amoureuse et enceinte. Sans le savoir. Sans pouvoir le dire. Humiliée alors que l&rsquo;accouchement vient de commencer, elle mettra tout en oeuvre pour ne jamais plus se laisser ausculter par le corps médical. L&rsquo;engrenage est en place. Elle tombera enceinte, accouchera seule, en silence. Etouffera chacun des bébés, les gardera au pied du lit conjugal. Deux ont pourtant été enterrés. <strong>Dominique Cottrez</strong> a toujours indiqué que ce n&rsquo;était pas elle qui l&rsquo;a fait. Un secret de plus dans cette affaire hors-normes.</p>
<p>Pendant l&rsquo;instruction, elle expliquera avoir été victime d&rsquo;inceste de la part de son père, pour finalement avouer, lors du procès, qu&rsquo;elle a tout inventé. Séisme à l&rsquo;audience, tsunami dans la famille. <strong>Dominique Cottrez</strong> restera, pour certains, inaccessible. Entre contradictions et revirements.</p>
<p>Son mari ne verra rien, ne demandera rien. Aujourd&rsquo;hui encore, il attend qu&rsquo;elle sorte de prison. Pour reprendre leur vie simple, entourés de leurs deux filles <strong>Emeline</strong> et <strong>Virginie</strong>, de leurs petits-enfants.</p>
<p>Au fil des pages et des discussions, une histoire se fait jour. <strong>Ondine Millot</strong> a rencontré les filles, les oncles et tantes de <strong>Dominique Cottrez.</strong> Ses avocats aussi. Tout comme des magistrats, des experts, les enquêteurs.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Qualifier un criminel de monstre est un échec pour la société&nbsp;&raquo;</strong>, explique<strong> Ondine Millot</strong>. Une raison suffisante pour plonger dans son livre. Terrible et passionnant.</p>
<p><strong> Retrouvez ici la chronique d&rsquo;une partie du procès (&laquo;&nbsp;Le Monde&nbsp;&raquo;). </strong></p>
<p><a href="http://urlz.fr/774Z">http://urlz.fr/774Z</a></p>
<p><strong>Ondine Millot explique sa démarche ici : </strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 71 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Voilà pourquoi je revenais dans la bourgade humide près de Lens. Pourquoi je voulais y retourner jusqu&rsquo;à comprendre ce qui avait mené à la mort les nouveau-nés de Dominique Cottrez. Leur mère n&rsquo;était pas l&rsquo;unique responsable. On ne naît pas meurtrier, on ne le devient pas tout seul. Ses parents, son mari, son entourage avaient joué leur part. Ses maternités cachées, sa détresse avaient grossi sous les yeux de tous. Si l&rsquo;on refuse d&rsquo;observer ces engrenages, on ne peut pas les empêcher. Voilà ce qui guidait mes pas jusqu&rsquo;au petit studio : l&rsquo;espoir d&rsquo;aider à voir. D&rsquo;aider à éviter, ne serait-ce qu&rsquo;une fois. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais je l&rsquo;ai choisie, elle, m&rsquo;ont fait remarquer mes amis, pourquoi ? J&rsquo;avais couvert tant d&rsquo;autres affaires, écrit d&rsquo;autres tragédies. Pourquoi celle-là ? demandaient-ils. J&rsquo;ai mis du temps à oser formuler ma réponse, elle était pourtant évidente. Parce que, pour la première fois, j&rsquo;avais accès au bourreau.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 125 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Au mois d&rsquo;août 2015, après le procès, j&rsquo;ai demandé à Jacqueline et Bernard s&rsquo;ils accepteraient de me rencontrer. Je voulais qu&rsquo;ils m&rsquo;en disent plus sur ce gavage, qui me semblait une clé essentielle pour comprendre Dominique. Dans plusieurs ouvrages sur les rapports mère-enfant, les grossesses cachées, les infanticides, j&rsquo;avais lu que nourrir sans arrêt son bébé sans lui laisser le temps d&rsquo;éprouver la faim, la demande puis la satisfaction, revenait à l&rsquo;empêcher d&rsquo;expérimenter la relation à l&rsquo;autre. Que les pleurs d&rsquo;un nourrisson prenaient progressivement pour lui le sens d&rsquo;un appel, qui amenait une réponse, la nourriture, les bras. Que dans le gavage inversement rien n&rsquo;avait de sens : pas de cris, pas de demande puisqu&rsquo;elle est en permanence devancée, pas de communication. L&rsquo;enfant n&rsquo;existe pas comme une personne autorisée à réclamer et ressentir. Il est privé de désir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 217 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant onze années, de 1989 à 2000, les grossesses cachées, les accouchements, les meurtres se sont enchaînés presque en continu. Une maternité s&rsquo;achevait, une autre démarrait dès que Dominique était à nouveau fertile. Enceinte neuf mois sur douze, les trois quarts du temps. Ce cycle morbide était devenu sa façon de vivre. Elle lavait les personnes âgées en ayant des contractions, préparait le dîner pour sa famille tandis que son ventre de plus en plus douloureux se serrait, accouchait seule dans la nuit, retournait travailler le lendemain. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Huit fois de suite, sans jamais une complication à l&rsquo;accouchement qui vienne interrompre. “Au contraire, reconnaît Dominique, c&rsquo;était de plus en plus facile. L&rsquo;expulsion était plus rapide.” Elle pense que tous sont nés à terme, car tous lui ont semblé être “de gros bébés”. Les autopsies le confirment.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les monstres n&rsquo;existent pas, au-delà du fait divers&nbsp;&raquo;, Ondine Millot, Stock, 19,50 euros</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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