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	<title>Quatrième de couv &#187; portrait</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Une bonne action&#8230; au bout de la corde</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 08:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Marion Guillot, vous connaissez ? La trentenaire fait partie des auteurs dont j&#8217;apprécie le travail. J&#8217;avais beaucoup aimé son premier roman qui s&#8217;imposait comme un programme salutaire, &#171;&#160;Changer d&#8217;air&#160;&#187;, paru aux Editions de Minuit ( vous pouvez le retrouvez ici). La jeune femme installée en Bretagne est de retour avec &#171;&#160;C&#8217;est moi&#160;&#187;. Après [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARION-GUILLOT.jpg" rel="lightbox[4154]"><img class="alignleft size-full wp-image-4155 colorbox-4154" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARION-GUILLOT.jpg" alt="MARION GUILLOT" width="178" height="245" /></a>Marion Guillot</strong>, vous connaissez ? La trentenaire fait partie des auteurs dont j&rsquo;apprécie le travail. J&rsquo;avais beaucoup aimé son premier roman qui s&rsquo;imposait comme un programme salutaire, <strong>&laquo;&nbsp;Changer d&rsquo;air&nbsp;&raquo;</strong>, paru aux Editions de Minuit ( vous pouvez le retrouvez <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/02/fuir-pour-ne-pas-se-noyer/">ici</a></strong>).</p>
<p>La jeune femme installée en Bretagne est de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>Après nous avoir raconté la vie de <strong>Paul</strong>, ce professeur de Lettres installé à Lorient qui, le jour de la rentrée, après avoir assisté, impuissant, à la chute d&rsquo;une femme dans le port, décide de ne jamais rejoindre sa classe, ni sa vie.</p>
<p>Autre décor avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;</strong>. Quoique. Nous sommes toujours pas loin de la mer. Au sein d&rsquo;un couple qui ne va pas bien. Il y a la narratrice, quadragénaire. Elle travaille, ce qui n&rsquo;est actuellement pas le cas de son compagnon, <strong>Tristan</strong>. Ils vivent dans un petit appartement, sans guère de projets ni d&rsquo;envies&#8230; Et puis il y a <strong>Charlin</strong>, le vieux pote de Tristan, qui passe beaucoup de temps (bien trop aux yeux de la narratrice) chez le couple.</p>
<p><span id="more-4154"></span></p>
<p>Un jour, <strong>Tristan</strong> offre un cadeau original à sa compagne : sur le mur, une photo de vacances sur laquelle elle est nue. Le portrait, grandeur nature, s&rsquo;offre aux regards. Même à celui de <strong>Tristan</strong>. Pour la narratrice, c&rsquo;est marre. Il est temps que cela change. Alors, patiemment, méthodiquement, elle va imaginer un plan et le mettre à exécution. Pour avoir la paix. Même si elle ne sera que de courte durée.</p>
<p>Le roman vire au noir. Avec brio.</p>
<p>Comme dans son premier roman, <strong>Marion Guillot</strong> fait le portrait d&rsquo;un personnage qui ira au bout de son choix. Radical. Histoire de ne pas perdre la main sur sa destinée.</p>
<p>Un récit ciselé. Un régal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 21 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] je crois que, Tristan et moi, à l&rsquo;époque, on traversait une période un peu délicate, peut-être même un peu difficile, une période où, vivant côte à côte plus qu&rsquo;ensemble, on battait tendrement de l&rsquo;aile, laissant fadement couler les jours, s&rsquo;installer la situation sans que Tristan s&rsquo;inquiète de tout ça, de cette légère torpeur dans le couple, de cette forme de lenteur dans son rythme, de cette distance ( à laquelle, évidemment, la présence de Charlin ne pouvait rien arranger), sans doute d&rsquo;autant plus sournoise qu&rsquo;elle n&rsquo;avait rien de dramatique et qu&rsquo;avec un petit effort commun, un tant soit peu de volonté ou trois gouttes de philtre magique, on était capable de la réduire.&nbsp;&raquo; : </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Une fois refermée l&rsquo;enveloppe et sifflée la bouteille de vin, il ne s&rsquo;était pas éternisé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Après son départ, et puisque pour estimer, par contraste, mon degré d&rsquo;attachement aux gens, il m&rsquo;arrivait de les imaginer mourir, ça m&rsquo;avait soulagée, ce soir-là, de sentir les larmes monter, d&rsquo;en voir une perler dans le miroir et d&rsquo;évaluer la magnitude de l&rsquo;événement à au moins 9/10 sur mon échelle du chagrin en me figurant Tristan sur son lit de mort à la suite d&rsquo;une maladie grave ou de je ne sais quel accident dont les effets lui auraient été si fatals que je me représentais en deuil à la cérémonie d&rsquo;enterrement, que je m&rsquo;entendais même dire au pupitre quelques mots incompréhensibles ou esquisser, remuant un goupillon dans le vide, un signe de croix à proximité de son cercueil.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 109-110 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Du reste la boucle, en quelques sorte, me paraissait bouclée, j&rsquo;estimais avoir non seulement pris ma revanche mais fait le tour, le tour de ce je ne sais quoi mais le tour, de moi-même peut-être après tout, et sans trop savoir ce qui, précisément, recommençait, j&rsquo;avais l&rsquo;impression rassurante de me connaître un peu mieux, d&rsquo;avoir donné de ma personne, la totalité de ma personne, quand bien même Tristan, de toute évidence, était triste dans le TER presque vide à cette heure, qui roulait lentement comme pour faire durer le chagrin, certes pas au point de se mettre à pleurer mais triste, j&rsquo;étais sûr qu&rsquo;il l&rsquo;était à la façon qu&rsquo;il avait de se ronger les ongles, de mordiller les envies tout autour et de passer sa main dans ses cheveux comme pour chasser des souvenirs, et j&rsquo;avais beau le sentir accablé, le voir regarder impassiblement le paysage, le ciel tout bleu sans rien dedans, les maisons de pierre qui parsemaient la campagne verdoyante obstruée par mon reflet dans la vitre, j&rsquo;avais le sentiment d&rsquo;avoir accompli mon devoir, une bonne action, ou que c&rsquo;était une bonne chose de faite, au point que, pour couronner le tout, je m&rsquo;étais dit qu&rsquo;avant de me coucher et de m&rsquo;endormir, bercée par les effluves d&rsquo;iode des criques rocheuses de Porto, je commanderais – ce serait ma récompense à moi, mon dernier hommage –, une bibliothèque toute neuve où ranger le surplus de nos livres.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;, de Marion Guillot, Editions de Minuit, 12€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Oraison sincère</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/13/oraison-sincere/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/13/oraison-sincere/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Nov 2016 17:05:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[ascension sociale]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Catherine Cusset est de retour ! L&#8217;auteure française, installée à New-York depuis des années, est actuellement très en vue (dans les librairies et les short-lists des prix littéraires. Elle figurait dans les derniers romans en lice pour le prix Goncourt qui est finalement allé à Leïla Slimani pour &#171;&#160;Chanson douce&#160;&#187;, à découvrir [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUSSET.jpg" rel="lightbox[3752]"><img class="alignleft size-full wp-image-3754 colorbox-3752" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUSSET.jpg" alt="CUSSET" width="250" height="366" /></a>Catherine Cusset</strong> est de retour ! L&rsquo;auteure française, installée à New-York depuis des années, est actuellement très en vue (dans les librairies et les short-lists des prix littéraires. Elle figurait dans les derniers romans en lice pour le prix Goncourt qui est finalement allé à Leïla Slimani pour &laquo;&nbsp;Chanson douce&nbsp;&raquo;, à découvrir très prochainement sur le blog) grâce à son nouveau roman, <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait&nbsp;&raquo;</strong>, paru pour cette rentrée littéraire chez Gallimard.</p>
<p>L&rsquo;agrégée de lettres classiques, qui enseigna un temps aux Etats-Unis avant de de se consacrer entièrement à l&rsquo;écriture, revient donc avec ce treizième ouvrage.</p>
<p>J&rsquo;avais découvert son univers avec <strong>&laquo;&nbsp;La haine de la famille&nbsp;&raquo;</strong>, paru en 2001 puis avec <strong>&laquo;&nbsp;Un brillant avenir&nbsp;&raquo;</strong>, en 2008.</p>
<p>La voici avec un roman sensible, basé sur l&rsquo;histoire de celui qui fut son amant puis son ami, <strong>Thomas Bulot</strong> qui, en 2008 se suicidait, à Richmond, en Virginie, où il enseignait alors. Il était âgé de 39 ans.</p>
<p>Entre souvenirs et fiction, à la deuxième personne du singulier, <strong>Catherine Cusset</strong> déroule  la vie, vingt ans durant, de ce jeune homme brillant mais tourmenté. Mondain mais solitaire. Une oraison sincère, qui ne cache rien.</p>
<p>Le 29 octobre, La Nouvelle République lui ouvrait ses colonnes pour une interview que vous pouvez retrouver <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2016/10/29/J-ai-un-gout-pour-la-verite-et-pour-la-mise-en-danger-2885477">ici.  </a></strong></p>
<p><span id="more-3752"></span></p>
<p><strong>Thomas</strong> est brillant, ambitieux. Fasciné par Proust, il lui consacrera sa thèse. Comme lui, il entretient une relation très forte avec sa mère.<br />
<strong>Catherine Cusset</strong> a 26 ans quand elle le rencontre. Il a 18 ans, est ami avec son jeune frère. <strong>Thomas</strong> est un aimant, il attire tous les regards. Et pourtant. Ses deux échecs successifs pour pénétrer l&rsquo;école de la rue d&rsquo;Ulm scelle le début des déboires. <strong>Thomas</strong> ne parviendra jamais à ses fins. A-t-il pour autant raté sa vie comme l&rsquo;avait laissé entendre l&rsquo;auteure dans la première version d&rsquo;un portrait qu&rsquo;elle lui avait consacré ? Elle le juge à l&rsquo;aune de critères sociaux dont il se fiche. Ou croit le faire. Lui se voit comme <strong><em>&laquo;&nbsp;un être poétique&nbsp;&raquo;.</em> </strong></p>
<p>Au fil des pages, au fil des années et des affectations à travers l&rsquo;Amérique parfois profonde, on suit pourtant le parcours chaotique de cet universitaire populaire, de cet homme qui sabote lui-même ses chances, par naïveté, procrastination ou trop d&rsquo;assurance.</p>
<p><strong>Les postes prestigieux lui échappent, les femmes qu&rsquo;il aime finissent immanquablement par le quitter. </strong> Alors, <strong>&laquo;&nbsp;l&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait&nbsp;&raquo;</strong>, référence à la chanson &laquo;&nbsp;Avec le temps&nbsp;&raquo; de Léo Ferré, se renferme, s&rsquo;isole.</p>
<p>Et le diagnostic, tardif, de présence de troubles bipolaires, ne fera qu&rsquo;aggraver la situation. Malgré la présence de sa famille, des amis qu&rsquo;il lui reste, Thomas va sombrer.</p>
<p>Avec le style direct, incisif, efficace qu&rsquo;on lui connait, <strong>Catherine Cusset</strong>, tout en lucidité et empathie, dresse un formidable parcours de vie.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 77 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Tu ne peux même pas aller te reposer dans la petite maison du Connecticut car nous avons déménagé et vivons provisoirement dans un endroit du New Jersey inaccessible autrement qu&rsquo;en voiture. En congé sabbatique cette année, je circule entre les Etats-Unis et la France. Un après-midi de novembre où tu me retrouves dans un café du Village, tu me révèles ce que tu n&rsquo;as dit à personne : tu es parfois sujet à des accès de dépression pendant lesquels ta vision du monde est d&rsquo;un pessimisme absolu. C&rsquo;est le cas en ce moment. Tu as hésité à me parler de cette humeur qui envahit ta vie telle une marée noire et tue en toi tout désir, de ce vide qui t&rsquo;engloutit comme des sables mouvants. En nommant ce néant, tu tentes de lui donner une existence, de le mettre à distance, de construire une défense. Mais quel rapport entre ce noir d&rsquo;encre qui te submerge quand tu es seul et ces mots que tu prononces devant un cappuccino, dans un café de New York, face à un visage ami ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 174-175 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je suis ton amie, je ne suis pas méchante, tu l&rsquo;as compris. Mais comme j&rsquo;ignore la fragilité, comme j&rsquo;ignore le mal qu&rsquo;on fait à l&rsquo;autre en posant le doigt sur ses zones les plus sensibles et en appuyant dessus ! Ma pauvre petite fille qui n&rsquo;a pas  cinq ans, tu as peur pour elle, peur que son bulldozer de mère ne l&rsquo;écrase sans même s&rsquo;en rendre compte. Peut-être n&rsquo;écriras-tu rien, mais au moins tu ne feras ce mal-là à personne. Tu te préfères dans la peau du bouffon pathétique que dans celle d&rsquo;une femme qui te donne à lire un tel texte en te demandant ton avis “littéraire”. Un texte qui n&rsquo;est pas seulement blessant, mais mauvais. Tu es partial, soit, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de toi, mais tu n&rsquo;as aucun doute.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 243 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand nous dinons en tête à tête ce soir-là, tu me racontes septembre et ton désir de suicide. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;air trop inquiète, pas même quand tu me dis avoir penser à mettre un sac de plastique sur ta tête comme mon beau-père pour ne pas te louper. Tu remarques mon imperceptible haussement d&rsquo;épaules, comme si je trouvais indécent d&rsquo;oser te comparer à mon beau-père qui est passé à l&rsquo;acte. C&rsquo;est vrai que, vue de New York, de ce restaurant de Chinatown où tu dégustes un poulet au sésame dont tu trouves la saveur exquise, ta dépression de Venise ne parait pas mortelle.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait&nbsp;&raquo;, Catherine Cusset, Gallimard, 20€</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Jacques Lusseyran, un destin éclairé</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/02/27/jacques-lusseyran-un-destin-eclaire/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Feb 2015 10:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un homme. Un destin. Et, des années après, un écrivain pour raconter ce que trop de gens n&#8217;ont pas vouloir voir et entendre. L&#8217;homme, c&#8217;est Jacques Lusseyran. Son destin ? Celui d&#8217;un enfant qui, devenu accidentellement aveugle à 8 ans, sera un grand résistant, déporté à Buchenwald puis professeur apprécié aux Etats-Unis, son handicap lui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VOYANT.jpg" rel="lightbox[2929]"><img class="alignleft size-full wp-image-2932 colorbox-2929" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VOYANT.jpg" alt="VOYANT" width="195" height="290" /></a>Un homme. Un destin. Et, des années après, un écrivain pour raconter ce que trop de gens n&rsquo;ont pas vouloir voir et entendre. L&rsquo;homme, c&rsquo;est <strong>Jacques Lusseyran</strong>. Son destin ? Celui d&rsquo;un enfant qui, devenu accidentellement aveugle à 8 ans, sera un grand résistant, déporté à Buchenwald puis professeur apprécié aux Etats-Unis, son handicap lui interdisait d&rsquo;enseigner en France jusqu&rsquo;à la fin des années 50.</p>
<p>L&rsquo;écrivain ? C&rsquo;est<strong> Jérôme Garcin</strong>. Le &laquo;&nbsp;patron&nbsp;&raquo; du <strong>Masque et la Plume</strong> ( chaque dimanche à 20h sur France Inter), journaliste au <strong>Nouvel Obs</strong> est aussi <em>&laquo;&nbsp;un passeur&nbsp;&raquo;</em> comme il me l&rsquo;a expliqué ce jeudi, lors d&rsquo;une interview. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Le voyant&nbsp;&raquo;</strong>, il signe la biographie d&rsquo;un homme&#8230; extraordinaire.</p>
<p>Un homme que l&rsquo;Histoire a oublié. Trop brillant, trop différent. <strong>Jérôme Garcin</strong> s&rsquo;est employé, après avoir eu accès aux archives personnelles de <strong>Jacques Lusseyran</strong>, a remettre cet homme dans la lumière. Pour longtemps. Déjà des producteurs se disputent les droits pour le cinéma et enfin, une plaque honorifique va être posée à Paris, où l&rsquo;homme a grandi et s&rsquo;est battu avec ses armes à lui, avant d&rsquo;être arrêté par la Gestapo.</p>
<p><span id="more-2929"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_0719.jpg" rel="lightbox[2929]"><img class="alignleft wp-image-2937 size-medium colorbox-2929" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_0719-300x225.jpg" alt="IMG_0719" width="300" height="225" /></a> Jérôme Garcin</strong> nous emmène avec lui dans la vie de <strong>Jacques Lusseyran</strong>, de la naissance à la mort, dans un accident de voiture sur une petite route de France empruntée au hasard d&rsquo;un séjour de vacances. Il a 47 ans et une légende naît. Du moins de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique où l&rsquo;homme a, depuis des années déjà, acquis le statut de héros, <strong>&laquo;&nbsp;the Blind Hero of the French Resistance&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Un portrait qui n&rsquo;occulte pas la part d&rsquo;ombre d&rsquo;un homme que la vie de famille n&rsquo;aura pas rendu très heureux. L&rsquo;auteur ne cachera pas, non plus, l&rsquo;admiration de <strong>Lusseyran</strong> pour un gourou, Bonnet dit Georges Saint-Bonnet.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pas d&rsquo;hagiographie donc mais un portrait tout en nuances pour mieux cerner cet homme habité par une force et une foi en l&rsquo;homme épatantes.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Jacques Lusseyran a su réagir et inverser le cours des tragédies. Un type pareil, je ne pensais pas le rencontrer un jour &laquo;&nbsp;, m&rsquo;expliquait encore Jérôme Garcin. </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 : </strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Car il rendait grâce au ciel qui, en le privant de l&rsquo;essentiel, lui avait fait approcher une vérité plus essentielle encore. Il l&rsquo;exposait ainsi :  “La découverte fondamentale, je l&rsquo;ai faite dix jours à peine après l&rsquo;accident qui m&rsquo;avait rendu aveugle. Elle me laisse encore ébloui. Je ne peux l&rsquo;exprimer qu&rsquo;en termes très directs et très forts : j&rsquo;avais perdu mes deux yeux, je ne voyais plus la lumière du monde, et la lumière était toujours là. Imaginez ce que cette surprise a pu être pour un petit garçon de moins de huit ans. C&rsquo;est vrai, la lumière, je ne la voyais plus hors de moi, sur les choses, mélangée aux choses et jouant avec elles ; et tout le monde autour de moi était convaincu que je l&rsquo;avais à jamais perdue. Mais je la retrouvais ailleurs. Je la retrouvais au-dedans de moi et, ô merveille !, elle était intacte.”&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 84 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Il ne voyait plus depuis ses huit ans, mais c&rsquo;est à Fresnes qu&rsquo;il est vraiment devenu aveugle. Même son puissant regard intérieur ne pouvait pas traverser l&rsquo;épaisse muraille d&rsquo;une geôle. Soudain, il n&rsquo;y avait plus de lumière au fond de lui. Et bientôt, dans un camp de concentration, il verrait ce que son regard sans vie lui avait jusqu&rsquo;alors épargné : le repoussant spectacle de la laideur des hommes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 94 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“Je ne vais pas vous montrer Buchenwald”, écrit le prisonnier sans yeux, laissant ainsi accroire qu&rsquo;il aurait, s&rsquo;il l&rsquo;avait voulu, la faculté de représenter la géhenne où il fut plongé. Mais, après avoir bien réfléchi, il a fait un choix qui n&rsquo;est pas sans évoquer une version tragique du mot fameux de Bartleby : “I would prefer not to&#8230;”</em></p>
<p style="text-align: left"><em>En somme, il doit à son infirmité un supplément de dignité. Ne pas voir oblige. On n&rsquo;a jamais mieux touché du doigt l&rsquo;horreur concentrationnaire qu&rsquo;à travers le regard mort d&rsquo;un vivant d&rsquo;à peine vingt ans.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;avais déjà beaucoup aimé son précédent livre, le roman &laquo;&nbsp;Bleus Horizons&nbsp;&raquo; dont vous pouvez trouver trace<strong><a style="color: #0000ff" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/04/02/bleus-horizons-ou-la-lutte-contre-loubli/"> ici</a></strong>. Je connaissais donc l&rsquo;art de raconter des histoires de Jérôme Garcin, tout en finesse et sensibilité. J&rsquo;ai dévoré &laquo;&nbsp;Le voyant&nbsp;&raquo; en un petit après-midi, fascinée par le destin de Jacques Lusseyran, sous le charme du style de Garcin. A découvrir absolument !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le voyant&nbsp;&raquo;, Jérôme Garcin, Gallimard, 17,50€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le destin empêché de Bénédicte Ombredanne</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/13/le-destin-empeche-de-benedicte-ombredanne/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2014 14:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous poursuivons notre petit cheminement à travers les nouveautés de cette rentrée littéraire. Parmi elles, des livres surprises et d&#8217;autres, particulièrement attendus. C&#8217;était le cas avec &#171;&#160;L&#8217;amour et les forêts&#160;&#187;, nouvel opus d&#8217;Eric Reinhardt, auteur dont j&#8217;ai particulièrement apprécié les deux derniers romans,  &#171;&#160;Cendrillon&#160;&#187;, et &#171;&#160;Le système Victoria&#160;&#187;, que j&#8217;avais évoqué ici. Un roman encensé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-ET-FORETS.jpg" rel="lightbox[2642]"><img class="alignleft size-full wp-image-2646 colorbox-2642" style="margin: 10px" alt="AMOUR ET FORETS" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-ET-FORETS.jpg" width="195" height="292" /></a>Nous poursuivons notre petit cheminement à travers les nouveautés de cette rentrée littéraire. Parmi elles, des livres surprises et d&rsquo;autres, particulièrement attendus. C&rsquo;était le cas avec <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour et les forêts&nbsp;&raquo;</strong>, nouvel opus d&rsquo;<strong>Eric Reinhardt</strong>, auteur dont j&rsquo;ai particulièrement apprécié les deux derniers romans,  <strong>&laquo;&nbsp;Cendrillon&nbsp;&raquo;</strong>, et <strong>&laquo;&nbsp;Le système Victoria&nbsp;&raquo;</strong>, que j&rsquo;avais évoqué<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/09/18/au-coeur-du-systeme-reinhardt/"> ici. </a></strong></p>
<p>Un roman encensé ici et là déjà par les critiques. Le public devrait également apprécier ce magnifique portrait de femme. Celui de <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>.</p>
<p>L&rsquo;idée de ce roman est née d&rsquo;une rencontre entre <strong>Eric Reinhardt</strong> et l&rsquo;une de ses lectrices. Dans les Inrockuptibles du 13 au 19 août, l&rsquo;auteur explique :<strong><em> &nbsp;&raquo; J&rsquo;étais dans le train et ma voisine m&rsquo;a accosté. Elle m&rsquo;avait vu dans une émission littéraire à la télé et elle m&rsquo;a dit : “Vous êtes celui qui doit raconter mon histoire”. J&rsquo;étais sous le choc : c&rsquo;était une histoire de harcèlement conjugal&nbsp;&raquo;.</em> </strong></p>
<p>De ce témoignage et d&rsquo;une partie des correspondances entretenues avec d&rsquo;autres lectrices, Eric Reinhardt a imaginé son roman.</p>
<p><span id="more-2642"></span></p>
<p>Si dans <strong>&laquo;&nbsp;Le système Victoria&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;héroïne incarnait la capitalisme, le pouvoir de l&rsquo;entreprise et l&rsquo;argent, <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>, elle, est une femme entravée, empêchée, avilie par le pouvoir tout-puissant&#8230; de son mari <strong>Jean-François –, </strong>épousé par défaut, par dépit – que l&rsquo;on pourrait ranger parmi les pervers narcissiques.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est donc celle de cette femme. Professeure de lettres dans un lycée de l&rsquo;Est de la France, à Metz, elle est mariée et mère de deux enfants. Ses rêves se sont envolés. Ceux de son mari ne se sont pas réalisés non plus. Il fait payer le prix de son échec à sa femme, plus cultivée, plus profonde que lui. Suite à une soi-disante prise de conscience de son mari de ce qu&rsquo;il fait vivre à sa femme, <strong>Bénédicte</strong> décide de s&rsquo;inscrire sur un site de rencontres. Via internet, elle fait la connaissance d&rsquo;un homme<strong>, Christian, </strong>qui le temps d&rsquo;un après-midi, lui fera comprendre que sa vie pourrait être différente, et que l&rsquo;amour existe. Au milieu de la forêt, son horizon s&rsquo;éclaircit, son corps exulte et son coeur s&rsquo;emballe. Un épisode, unique et précieux, qui remet en cause le (très) fragile équilibre que <strong>Bénédicte</strong> tente de maintenir. Sa vie bascule. Tout s&rsquo;emballe. Elle ne s&rsquo;en remettra pas.</p>
<p>Très admirative de l&rsquo;oeuvre romantique de <strong>Villiers de l&rsquo;Isle-Adam</strong>, elle se rapproche du narrateur, qui n&rsquo;est autre qu&rsquo;un écrivain ( Eric Reinhardt aime endosser ce rôle), pour partager des souvenirs de lecture&#8230; et évoquer sa vie par fragments.  Un lien se crée. Une correspondance naît. Mais elle ne sauvera pas <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>. Le narrateur se fera enquêteur auprès de la soeur jumelle de Bénédicte notamment&#8230; trop tard cependant.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 53 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sa décision était prise, le cheminement qui l&rsquo;y avait conduite avait été accompli pendant la brève durée de son repas. Pourtant, jusqu&rsquo;à ce soir de mars, l&rsquo;idée de se rendre sur ce genre de sites ne s&rsquo;était même jamais présentée à son esprit, y compris dans ses fantasmes les inavouables. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;explosion qui venait de se produire avait été d&rsquo;une puissance inouïe, accentuée par l&rsquo;attitude de rétention dont elle avait fait preuve ces dix dernières années : rétention de désirs, de pulsions, de gaieté, de rêves, d&rsquo;espérance, d&rsquo;exigences, d&rsquo;ambition, de tendresse, de colère, de révolte. Les conséquences de cette posture de renoncement avaient été comparables en définitive à une insidieuse accumulation d&rsquo;explosifs, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle avait découvert ce soir-là quand la présence de toute cette dynamite entreposée par son abnégation dans un recoin obscur de son cerveau avait encore amplifié la violence du souffle. Un observateur présent dans la maison au moment des faits aurait pu percevoir distinctement deux détonations successives, la première liée au temps présent et aux aveux humides du mari, la seconde au gâchis qu&rsquo;elle se disait qu&rsquo;elle avait fait des années dernièrement écoulées. La seconde avait été encore plus assourdissante que la première.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle se dirait plus tard qu&rsquo;elle aurait dû tirer profit de l&rsquo;avantage qu&rsquo;elle avait pris à ce moment-là sur son mari pour imposer de nouvelles normes relationnelles. Si elle avait été un peu plus prévoyante, elle lui aurait expliqué ce qu&rsquo;elle attendait de leur vie commune, elle aurait pérennisé ce rééquilibrage par des repères placés entre eux comme autant d&rsquo;épingles de couturière piquées dans le tissu d&rsquo;une robe pour en marquer l&rsquo;ourlet.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 299:</strong> <em>&nbsp;&raquo; Elle m&rsquo;a dit un matin qu&rsquo;elle avait toujours adoré le mot surrender, entendu dans une chanson fameuse. A présent, elle savait pourquoi : elle connaissait la raison d&rsquo;être de cet obscur attachement pour ce mot. </em>Surrender. Reddition<em>. Il est beau, ce mot, non ? m&rsquo;a-t-elle dit ce matin-là? Reddition, avec ses deux d, c&rsquo;est sublime, tu ne trouves pas ? Mais enfin, ai-je protesté, qu&rsquo;est ce que tu racontes, tu dis n&rsquo;importe quoi ! Pas du tout, m&rsquo;a répliqué calmement pas jumelle.  Je t&rsquo;assure, Marie-Claire. Le moment est venu de me rendre. Le bonheur n&rsquo;a pas voulu de moi, j&rsquo;ai pourtant tout fait pour le mériter, tant pis, ma décision est prise, j&rsquo;abandonne.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pas de doute, Eric Reinhardt sait parler des femmes&#8230; et aux femmes. Avec ce nouveau roman, formidable portrait, il nous parle de l&rsquo;intime, de ce qui ne se voit pas, de ce qu&rsquo;on ne dit pas. Et qu&rsquo;il faut deviner. La langue de Reinhardt, riche, précise, nous entraîne dans les méandres de l&rsquo;âme et des sentiments. Jusqu&rsquo;à la fin de Bénédicte. A découvrir absolument. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour et les forêts&nbsp;&raquo;, Eric Reinhardt, Gallimard, 21,90€.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>“Adèle et moi” ou le destin de vies qui s&#8217;entremêlent&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 14:08:12 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Abolir les frontières entre le passé et aujourd&#8217;hui. Se jouer des faits et des souvenirs, en inventer d&#8217;autres, tout aussi crédibles&#8230; Pourquoi pas ? C&#8217;est en tout le chemin qu&#8217;a suivi Julie Wolkenstein qui signe avec &#171;&#160;Adèle et moi&#160;&#187;, son sixième roman. Et quel roman ! Vous suivez au fil des 595 pages quatre vingts [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Abolir les frontières entre le passé et aujourd&rsquo;hui. Se jouer des faits et des souvenirs, en inventer d&rsquo;autres, tout aussi crédibles&#8230; Pourquoi pas ? C&rsquo;est en tout le chemin qu&rsquo;a suivi <strong>Julie Wolkenstein</strong> qui signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Adèle et moi&nbsp;&raquo;</strong>, son sixième roman. Et quel roman ! Vous suivez au fil des 595 pages quatre vingts ans de la vie d&rsquo;une femme, Adèle, arrière-grand-mère de la narratrice, dont celle-ci découvre la vie et l&rsquo;existence à la mort de son père, en triant des papiers.</p>
<p><strong>Julie Wolkenstein</strong>,  née en 1968, enseigne la littérature comparée à l’Université de Caen, elle est la fille de l&rsquo;Académicien <strong>Bertrand Poirot-Delpech</strong>, décédé en 2006.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ADELE.jpg" rel="lightbox[1621]"><img class="alignleft  wp-image-1629 colorbox-1621" style="margin: 10px" alt="ADELE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ADELE.jpg" width="180" height="180" /></a>Elle a découvert la vie de cette aïeule à la mort de son père. A partir de documents, du mémorandum conservé par l&rsquo;une de ses tantes, elle a tenté de reconstituer le parcours de cette femme pas banale dont la vie aura été marquée par un secret de famille, le décès de trois de ses quatre enfants, la découverte de la cote normande et plus particulièrement de Saint-Pair.</p>
<p><span id="more-1621"></span></p>
<p>L&rsquo;auteure explique le cheminement qu&rsquo;elle a suivi. L&rsquo;enquête qu&rsquo;elle n&rsquo;a finalement pas menée et l&rsquo;option choisie pour raconter l&rsquo;histoire du roman <strong>&laquo;&nbsp;Adèle et moi&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/ElMU2mBnH4M?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<div id="attachment_1628" style="width: 394px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/saint-pair-sur-mer.jpg" rel="lightbox[1621]"><img class=" wp-image-1628  colorbox-1621" style="margin: 10px" alt="Saint-Pair ( photo Annick Leduc)" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/saint-pair-sur-mer.jpg" width="384" height="256" /></a><p class="wp-caption-text">Saint-Pair ( photo Annick Leduc)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center">C&rsquo;est cette commune, cette cote et cette mer qui, aujourd&rsquo;hui encore, servent de trait d&rsquo;union entre l&rsquo;auteure et son ancêtre, entre la narratrice et cette arrière-grand-mère.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Adèle</strong> qui, fille d&rsquo;un homme volage et déjà orpheline de mère, découvre la mer à l&rsquo;âge de 10 ans parce qu&rsquo;elle et sa demi-soeur Pauline,  rejoignent la Normandie pour se mettre à l&rsquo;abri.<strong> Nous sommes en 1870 et c&rsquo;est la guerre. La première des trois qu&rsquo;Adèle vivra dans sa chair.</strong></p>
<p>Parallèlement à ce parcours de vie, celui de la narratrice, auteure, divorcée, mère de famille et amoureuse qui se plonge dans le passé d&rsquo;une arrière-grand-mère qu&rsquo;elle découvre.</p>
<p>Adèle, nous la suivons au fil de son adolescence, sa découverte de la chasse, de l&rsquo;amour<strong>. </strong>Au fil de ses maisons aussi, qu&rsquo;elle occupe en fonction du calendrier, à Paris, à Sèvres et à Saint-Pair. <strong>La mort de son père, la rencontre avec Charles, les enfants qui naissent, le milieu de la haute bourgeoisie qu&rsquo;elle fréquente mais y avoir totalement sa place, la construction de sa maison à Saint-Pair </strong>( la première du village), son caractère colérique, sa sensualité, ses drames intérieurs, la vérité sur sa mère qu&rsquo;elle découvre à plus de cinquante ans&#8230; sont autant d&rsquo;aspects de la vie d&rsquo;Adèle que découvre le lecteur.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 187 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Peu à peu, Adèle a cessé de se cacher pour se mettre en colère. Elle est chez elle après tout, rue Barbet-de-Jouy, elle est majeure, elle est riche et lorsqu&rsquo;un grain de sable s&rsquo;introduit où que ce soit dans le déroulement de ses activités quotidiennes, elle fait de moins en moins d&rsquo;efforts pour contenir son irritation. Elle n&rsquo;a plus besoin de jeter des objets : la plupart du temps, elle se contente d&rsquo;émettre des vibrations puissantes qui suffisent à la défouler. Son objectif devient plus raffiné : il s&rsquo;agit de manifester sa mauvaise humeur avec assez de subtilité pour terrasser en silence celui ou celle qui l&rsquo;a provoquée, idéalement, </em>qu&rsquo;on se sente gravement en tort sans qu&rsquo;elle ait besoin de l&rsquo;expliquer.<em> Et l&rsquo;assassinat stupide de Jacques la conforte encore dans la légitimité de ses accès.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 251</strong> :<em>&laquo;&nbsp;Les souvenirs se superposent, étés après étés : les premiers pas des “bébés Armand-Duval” sur la plage, leurs derniers pas aussi, bien plus tard, puisque trois de ses enfants mourront avant elle ; l&rsquo;engloutissement de leur jeunesse, de ce nouveau “temps de l&rsquo;insouciance” qu&rsquo;Adèle connaîtra ici, aussi inexorable que celui de la forêt de Scissy au début du VIIIe siècle ; les palissades élevées puis démontées devant les chantiers toujours plus nombreux [&#8230;] Adèle vieillira et le temps lui semblera le plus souvent s&rsquo;écouler dans cette seule direction, enlaidissant ses souvenirs, abîmant le paysage, tuant ceux qu&rsquo;elle aime, réduisant le périmètre de ses promenades et de ses centres d&rsquo;intérêt. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais heureusement, ici, ici surtout, le temps lui offrira quelquefois la grâce de refluer en sens inverse et de voir ressusciter, même pour un quart de seconde, subreptice, imprévisible, les époques plus heureuses qu&rsquo;il avait paru couler définitivement vers le fond et qui remontent, refont surface à l&rsquo;improviste, accélérant le pouls d&rsquo;Adèle.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 370 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Mais si comme je l&rsquo;imagine Saint-Pair est la clé d&rsquo;Adèle comme elle est la mienne, si nous y avons vu toutes les deux, à un siècle d&rsquo;écart, le lieu où nous pouvions idéalement coïncider avec nous-m^mes, il  a des chances pour que nous partagions d&rsquo;autres choses. Et je reconnais dans sa situation sociale, toujours pressentie, à moitié sue mais tue et qui lui revient en boomerang au printemps 1914, une après-midi pluvieuse, avec cette vérité maladroitement formulée par Marie-Hélène sous le portrait ovale qu&rsquo;elle, Adèle, restera toujours marginale dans le milieu qu&rsquo;elle fréquente, je reconnais dans cette situation quelque chose qui m&rsquo;est familier, que j&rsquo;ai vécu moi aussi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #0000ff">Vous dire que j&rsquo;ai aimé ce roman est un euphémisme. Je l&rsquo;ai dévoré !</span> <span style="color: #0000ff">L&rsquo;histoire, la forme, le décor&#8230; tout me parle. Au lieu d&rsquo;avoir mené une véritable enquête, l&rsquo;auteure a déplacé le curseur plus loin dans la fiction, dans l&rsquo;invention. Cela donne le portrait d&rsquo;une femme libre, sure de ses choix, autonome et fière. Une précurseure assurément dans cette France de la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Un beau portrait de femme. En résonance, celui de la narratrice, un peu perdue, un peu triste de tout ce qui n&rsquo;est plus. Entre flux et reflux, voilà un roman qui offre une (très) belle éclaircie ! A lire.<br />
</span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Adèle et moi&nbsp;&raquo;, de Julie Wolkenstein, chez P.O.L., 22 €. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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		<title>Quête de rédemption au coeur du Texas</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/01/13/quete-de-redemption-au-coeur-du-texas/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/01/13/quete-de-redemption-au-coeur-du-texas/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 14:04:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Bruce Machart]]></category>
		<category><![CDATA[chevaux]]></category>
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		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Le sillage de l'oubli]]></category>
		<category><![CDATA[portrait]]></category>
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		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Le Nature Writing, vous connaissez ? Cette fois, le livre que je vous présente, s&#8217;inscrit complètement dans ce genre littéraire qui, rappelons-le, baptisé tel quel aux États-Unis, mêle observation de la nature et considérations autobiographiques, et ce, dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à Henry David Thoreau. Les éditions Gallmeister, fondées en 2005, ont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Le <strong>Nature Writing</strong>, vous connaissez ? Cette fois, le livre que je vous présente, s&rsquo;inscrit complètement dans ce genre littéraire qui, rappelons-le, baptisé tel quel aux États-Unis, mêle observation de la nature et considérations autobiographiques, et ce, dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à <a title="Découvrez cet homme ici" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_David_Thoreau"><strong>Henry David Thoreau</strong></a>.</p>
<p><span id="more-718"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILLAGE.jpg" rel="lightbox[718]" title="SILLAGE"><img class="alignleft  wp-image-724 colorbox-718" style="margin: 10px;" title="SILLAGE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILLAGE.jpg" alt="" width="89" height="131" /></a>Les éditions <a title="Le site de la maison d'édition" href="http://www.gallmeister.fr/nature_writing"><strong>Gallmeister</strong></a>, fondées en 2005, ont fait reconnaître ce genre en France, s’en faisant une spécialité éditoriale. Mais on trouve ce genre littéraire dans d&rsquo;autres maisons d&rsquo;édition désormais.</p>
<p>En plongeant dans &laquo;&nbsp;<strong>Le sillage de l&rsquo;oubli</strong>&laquo;&nbsp;, premier roman de <strong>Bruce Machart</strong>, j&rsquo;ai redécouvert ce style que je vous avais déjà fait partager en vous présentant &laquo;&nbsp;<a title="Retrouvez le post sur le blog Quatrième de couv" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/02/caribou-island-lile-de-toutes-les-solitudes/"><strong>Désolations</strong>&nbsp;&raquo; de <strong>David Vann</strong></a> qui s&rsquo;était fait connaître du grand public avec son roman &laquo;&nbsp;<strong>Sukkwan island</strong>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_726" style="width: 164px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/bruce-machart.png" rel="lightbox[718]" title="bruce machart"><img class=" wp-image-726 colorbox-718" style="margin: 10px;" title="bruce machart" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/bruce-machart.png" alt="" width="154" height="154" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;auteur Bruce Machart</p></div>
<p title="Découvrez le site consacré à l'auteur, en anglais"><strong><a title="Découvrez le site consacré à l'auteur, en anglais" href="http://www.brucemachart.com/wake/index.php">Bruce Machart</a></strong> signe avec &laquo;&nbsp;<strong>Le sillage de l&rsquo;oubli</strong>&nbsp;&raquo; son premier roman. Texan, Bruce Machart est fils de fermier, installé d&rsquo;ailleurs dans une région rurale proche de celle où se déroule le livre, dans le comté du Lavaca. Aujourd&rsquo;hui, ce jeune auteur vit dans le Massachusetts.</p>
<p> Depuis ce roman, publié en 2011 aux Etats-Unis, l&rsquo;auteur a écrit un recueil de nouvelles,</p>
<p>&laquo;&nbsp;<strong>Men in the Making</strong>&laquo;&nbsp;. Et engrange les critiques dithyrambiques des deux côtés de l&rsquo;Atlantique.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une famille. Et d&rsquo;une tragédie. Nous sommes en 1895, au Texas, donc. Là, une femme, <strong>Klara</strong>, meurt en mettant au monde son quatrième fils, <strong>Karel</strong>. Pour <strong>Vaclav Skala</strong>, l&rsquo;un de ces fermiers tchèques venus conquérir un jour le Nouveau monde, c&rsquo;est un monde qui s&rsquo;écroule. Il perd la seule femme qui a jamais aimée et se retrouve avec un fils&#8230; qu&rsquo;il ne prendra jamais dans ses bras. Ses quatre fils, il les élèvera de manière austère et brutale. Sous le harnais d&rsquo;une charrue, au point d&rsquo;en avoir tous le cou tordu. Seuls comptent ses chevaux de course et les paris qu&rsquo;il lance contre ses voisins pour gagner toujours plus de terres. A chaque fois, c&rsquo;est Karel qui est en selle. Pour le meilleur et pour le pire.</p>
<p>Le pire justement arrivera avec le pari lancé par <strong>Villasenor</strong>, immigré espagnol que l&rsquo;on prend pour un Mexicain. Lui veur marier ses filles. Les fils de Skala les prendront à l&rsquo;issue d&rsquo;une course épique, tandis que Karel, 15 ans, est bouleversé par l&rsquo;une d&rsquo;elles, <strong>Graciela, </strong>sa concurrente. Pour toujours.</p>
<p>Les fils Skala trouvent là, enfin, l&rsquo;occasion de quitter leur père brutal. Karel va rester. Jusqu&rsquo;au bout. Avant de devoir grandir et vieillir loin de ses frères. La famille s&rsquo;est déchirée. Mais la rédemption est en marche. Au fil des pages, <strong>Bruce Machart</strong>, déjà <strong>comparé à William Faulkner</strong>, – excusez du peu ! –, décrit le portrait de cette famille en alternant les périodes, sur une trentaine d&rsquo;années. Là, au plus près de Karel, on découvre la famille Skala et le mal qui la ronge. On profite des descriptions splendides des paysages et de cette campagne âpre dans laquelle on fait pousser le coton. Rudesse des mots et des hommes. Rudesse de la vie. Rien n&rsquo;est épargné au lecteur. Sur fond de bière amère et de whiskey de maïs. De contrebande et d&rsquo;appât du gain.</p>
<p><strong>Page 130</strong> : C&rsquo;est le prêtre qui assiste, en cachette, à la fameuse course, que l&rsquo;auteur fait penser : &laquo;&nbsp;<em>Il a vu le père et le fils répandre tous deux leur sang, l&rsquo;éxubérance insensée de la foule qui les entoure – il a conscience d&rsquo;assister là à quelque chose d&rsquo;infiniment plus condamnable qu&rsquo;une course organisée pour acquérir des terres ou se trouver des maris. Ce n&rsquo;est rien moins que la soif du sang qui anime ces frères, la rage vengeresse du père, le tout porté par le mal absolu en une sorte de redite pervertie de la Genèse, mise en scène pour la plus grande joie de ces dépravés. Jusqu&rsquo;où ? Jusqu&rsquo;où, se demande le prêtre, peut-on se fourvoyer le long de son funeste chemin ?</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong> Page 220</strong> : c&rsquo;est de Karel dont il s&rsquo;agit. &laquo;&nbsp;<em>Lorsqu&rsquo;il se releva, ses hanches craquèrent si fort qu&rsquo;il entendit le bruit malgré le vent, et son dos fut parcouru de spasmes violents, comme si on lui avait versé de l&rsquo;eau brûlante des reins jusqu&rsquo;aux vertèbres raides et tordues de sa nuque. Sûr que ces frères ne connaissaient pas de douleurs pareilles, alors qu&rsquo;ils avaient été attachés au même harnais et qu&rsquo;ils avaient tiré la même charrue. A en croire la belle allure de Thom, ils avaient l&rsquo;air de plutôt bien vieillir, tout comme le père de leurs femmes qui était maintenant, avec son air compassé et tellement civil, encore plus exaspérant que quand il était apparu la première fois dans son cabriolet</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Page 302.</strong> <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est à ce moment que Karel comprit une chose à laquelle il n&rsquo;avait jamais refléchi auparavant. Ses frères avaient trouvé un moyen d&rsquo;échapper à leur père, mais voilà à quoi cela les avait menés : des fermes achetées avec l&rsquo;argent d&rsquo;un autre ; la main d&rsquo;une femme accordée telle une prime pour s&rsquo;être écartés du reste de leur propre famille ; des vies qui dépendaient d&rsquo;un individu somme toute aussi autoritaire et aussi dur que leur propre père. Karel se rendit compte que cela avait dû être pour eux, matin après matin, comme quand on se réveille après de superbes rêves d&rsquo;indépendance pour s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;on en est encore à se battre avec des épées en bois dans les hautes herbes au bord de la rivière.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Au final, ce premier roman à l&rsquo;écriture dense et aux descriptions fines et poétiques plonge le lecteur dans l&rsquo;Amérique du XXe siècle avec une acuité saisissante. On suit Karel de sa naissance à sa vie d&rsquo;homme et de père de famille. On le suit pour mieux comprendre son père, ses frères. Un premier roman prometteur et un livre de Nature writing de premier ordre. A découvrir, donc. </span></p>
<p><em><strong><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;Le sillage de l&rsquo;oubli&nbsp;&raquo;, de Bruce Machart, Gallmeister, 23, 60€, 335 pages. </span></strong></em></p>
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