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	<title>Quatrième de couv &#187; politique</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Une vérité avant de s&#8217;en aller&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2023 07:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; L&#8217;écrivain américain Russell Banks est décédé le 7 janvier à l&#8217;âge de 82 ans. L&#8217;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&#8217;a cessé de dépeindre l&#8217;Amérique des marges et de la middle-class désabusée. Russell Banks était lui-même issu d&#8217;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père. S&#8217;inspirant davantage de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" rel="lightbox[6229]"><img class="alignleft size-full wp-image-6232 colorbox-6229" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" alt="OH CANADA" width="617" height="1021" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;écrivain américain <strong>Russell Banks</strong> est décédé le 7 janvier à l&rsquo;âge de 82 ans.</p>
<p>L&rsquo;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&rsquo;a cessé de dépeindre l&rsquo;Amérique des marges et de la middle-class désabusée.</p>
<p><strong>Russell Banks</strong> était lui-même issu d&rsquo;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père.</p>
<p>S&rsquo;inspirant davantage de la langue parlée que de la langue écrite, il s&rsquo;est approché au plus près des marginaux. Et raconter les dysfonctionnements de la société américaine.</p>
<p>En quelque 50 ans, <strong>Russell Banks</strong> a écrit une vingtaine de livres. Certains d&rsquo;entre eux m&rsquo;ont accompagnée (<em>Affliction, De beaux lendemains, Histoire de réussir,  Sous le règne de Bone, Trailerpark, American darling, La réserve, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/">Un membre permanent de la famille</a></em>&#8230;)</p>
<p>Son dernier roman, <strong><em>Oh, Canada</em></strong> a été publié à la rentrée littéraire de septembre 2022. Un livre testamentaire à y regarder de plus près.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Au seuil de la mort, <strong>Leonard Fife</strong>, célèbre documentariste, accepte une interview filmée que veut réaliser l’un de ses disciples, <strong>Malcolm</strong>. <strong>Fife</strong> a exigé le noir complet sur le plateau ainsi que la présence constante de sa femme, <strong>Emma</strong>, pour écouter ce qu’il a à dire, loin des attentes de <strong>Malcolm</strong>.</p>
<p>Après une vie de mensonges, <strong>Fife</strong> entend lever le voile sur ses secrets mais, sous l’effet de l’aggravation rapide de son état, sa confession ne ressemble pas à ce que lui-même avait prévu.</p>
<p>Puissant, écorché, bouleversant, ce roman testamentaire sur les formes mouvantes de la mémoire pose la question de ce qui subsiste – de soi, des autres – lorsqu’on a passé sa vie à se dérober.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman de plus de 300 pages qui retrace des décennies d&rsquo;un parcours personnel, plongé notamment dans le contexte de la guerre du Vietnam.</p>
<p><span id="more-6229"></span></p>
<p style="text-align: left">Un roman dense et puissant. Un regard sans complaisance sur la vie d&rsquo;un homme qui oscille entre souvenirs et vérité arrangée. Jusqu&rsquo;où peut-on dire la vérité ? Et à qui ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 21 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pendant quelques secondes, tout le monde se tait, dans l&rsquo;attente de la première question de Malcolm. Mais brusquement Fife déclare qu&rsquo;il va répondre à une question que personne ne sait poser aujourd&rsquo;hui. Ou que personne n&rsquo;est assez grossier pour poser. On la lui a souvent posée autrefois, au fil des ans, aussi bien en privé qu&rsquo;en public, et on suppose qu&rsquo;il y a répondu complètement et sincèrement maintes fois, et que, par conséquent, y revenir serait soit stupide, soit insultant. Et la lui poser en cette occasion particulière paraîtrait également stupide ou insultant, voire les deux, alors qu&rsquo;en fait elle n&rsquo;est ni l&rsquo;une, ni l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La question, dit-il, est tout simplement : pourquoi, au printemps 1968, as-tu décidé de quitter les Etats-Unis et d&rsquo;émigrer au Canada ? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il dit : Ca vous paraîtra de la fiction, comme si j&rsquo;inventais presque tout, mais ça ne me dérange pas. Je me fous de ce que vous ferez avec mon histoire une fois que j&rsquo;aurai fini de la raconter. Je serai mort. Vous pouvez la couper et la raccorder comme ça vous chante, lui donner la forme qui vous plaira et plaira à ceux qui vous payent pour faire ce film. Mais quoi que vous fassiez de mon histoire une fois que je l&rsquo;aurai racontée, vous m&rsquo;aurez vu et entendu dire à ma femme avec quel genre d&rsquo;homme elle s&rsquo;est mariée, avec qui elle a vécu et travaillé toutes ces années. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 275 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle baisse la voix d&rsquo;un cran, car elle suppose qu&rsquo;à cause de son audition affaiblie Fife ne pourra pas tout à fait l&rsquo;entendre. En grande majorité, c&rsquo;est quand même de la confabulation, dit-elle à Diana et à Malcolm. Son psychiatre lui a conseillé de ne pas confondre Fife avec ce qu&rsquo;on appelle la réalité. Acceptez ce qu&rsquo;il appelle réalité parce que c&rsquo;est ce qui est réel pour lui, et il pourrait être terrifié et furieux si elle remettait ça en question. Par exemple, cette petite fille qu&rsquo;il aurait abandonnée à Boston ? C&rsquo;était son bébé à elle, dit-elle. Le bébé d&rsquo;Emma, pas de Fife. Et ça s&rsquo;est passé à Montréal. La fausse couche tardive, c&rsquo;était aussi celle d&rsquo;Emma. Pas celle d&rsquo;on ne sait quelle autre épouse. En plus, il y avait deux gosses, pas un. C&rsquo;est Emma qui les a abandonnés. Et elle n&rsquo;en a jamais fait un secret. Tous ceux qui connaissent Emma et Fife sont au courant de cette histoire depuis des années.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Oh, Canada, Russell Banks, Actes sud, 23€ (traduction de Pierre Furlan)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Dans l&#8217;ombre du Tsar&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/12/21/dans-lombre-du-tsar/</link>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2022 10:22:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Waouh ! Quel roman ! Il devrait assurément se retrouver au pied de nombreux sapins à Noël. Et pour cause. Voilà un lire que vous ne voulez pas quitter et dont vous tournez les pages avec fébrilité et enthousiasme à la fois. Giuliano da Empoli est un écrivain et journaliste italien. Ancien adjoint au maire en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAGE.jpg" rel="lightbox[6190]"><img class="alignleft size-full wp-image-6193 colorbox-6190" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MAGE.jpg" alt="MAGE" width="195" height="286" /></a> Waouh ! Quel roman ! Il devrait assurément se retrouver au pied de nombreux sapins à Noël. Et pour cause. Voilà un lire que vous ne voulez pas quitter et dont vous tournez les pages avec fébrilité et enthousiasme à la fois.</p>
<p><strong>Giuliano da Empoli</strong> est un écrivain et journaliste italien. Ancien adjoint au maire en charge de la Culture à Florence (2009-2012), il a été le conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi. Editorialiste et essayiste politique, il a aussi fondé un <em>think tank.</em> En 1996, il a publié son premier livre <em>Un grande futuro dietro di noi</em> à propos des difficultés rencontrées par les jeunes Italiens. Cette publication a fortement animé le débat national en Italie et poussé le journal <em>La Stampa</em> à le désigner &laquo;&nbsp;Homme de l&rsquo;année&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En 2019, alors qu&rsquo;il travaille à son prochain essai sur les éminences grises des totalitarismes européens, il croise la route de Vladislav Sourkov, qui fut de 1999 à 2011, l’adjoint au président de l’Administration présidentielle, vice-Premier ministre de 2008 à 2013, puis conseiller de Poutine (2013-2020). Cette éminence grise, ancien homme de télé, a joué un rôle clé dans la définition de certains concepts, la création de mouvements de jeunesse, les articulations idéologiques du régime poutinien, ainsi que le déclenchement de la guerre contre l’Ukraine. Un véritable personnage de roman ! <strong><em>Le mage du Kremlin</em></strong> est né.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6190"></span></p>
<p>Dans le livre, on découvre la vie de<strong> Vadia (ou Vadim) Baranov</strong>, le temps d&rsquo;une nuit de confidences à un Français russophile et russophone qui travaille sur le projet de réédition d&rsquo;un roman. <strong>Baranov</strong> a quitté le Kremlin et ses intrigues depuis un certain temps déjà. Nul ne sait où il est, ce qu&rsquo;il devient. Dans une maison au coeur de la forêt, il se livre sur la vingtaine d&rsquo;années passées au plus près du pouvoir. Ce Raspoutine qui parlait à l&rsquo;oreille de celui qu&rsquo;on surnomme le Tsar, raconte les coulisses de la guerre en Tchétchénie, l&rsquo;annexion de la Crimée, l&rsquo;occupation du Donbass ou encore l&rsquo;incroyable cérémonie d&rsquo;ouverture des JO à Sotchi&#8230;</p>
<p><strong>Un roman réellement passionnant et bien écrit. <em>Le mage du Kremlin</em> a reçu le Grand prix du roman de l&rsquo;Académie française. </strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 76 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Convertir mon expérience théâtrale en carrière de producteur de télévision fut comme passer du carrosse à vapeur à la Lamborghini. Un jour j&rsquo;étais assis autour d&rsquo;une table de cuisine, à disserter sur Maïakovski en buvant du thé brûlant dans une atmosphère imprégnée de cigarettes sans filtre, et le lendemain je sirotais des cappuccinos dans un open-space conçu par des architectes  néerlandais, compilant des présentations PowerPoint et me réjouissant de mes futures vacances à Marrakech. Dans les studios de l&rsquo;ORT, la première chaîne de la télévision russe, récemment privatisée, on ne produisait pas simplement des émissions, on expérimentait les formes de vie qui seraient adoptées plus tard par l&rsquo;ensemble des nouveaux Russes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 164 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A cette époque, je prenais encore les discours du Tsar au pied de la lettre. Je ne pouvais pas savoir à quel point le sentiment de revanche qui se cachait derrière eux était profond, ni que le vide qu&rsquo;ils masquaient se révélerait impossible à combler, mais ce soir-là je compris que la guerre contre les oligarques n&rsquo;était que le début. Il ne s&rsquo;agissait pas seulement de reprendre le contrôle de quelques entreprises échues dans les mauvaises mains. Il s&rsquo;agissait de mobiliser toutes les ressources, tous les éléments de force de la Russie pour retrouver notre place sur la scène mondiale. Une démocratie souveraine, tel était l&rsquo;objectif.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 258 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je contemplais ma vie comme un plongeur en apnée. Je la voyais briller à la surface, mais je ne parvenais plus à respirer. Cela faisait vingt ans que je n&rsquo;avais pas respiré. Non que ces années se soient envolées. Au contraire, j&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;avoir vécu milles vies. Mais je n&rsquo;avais jamais respiré, pas un seul instant : j&rsquo;étais resté en apnée. Maintenant, je commençais, au loin, à entrevoir ma destination. Le point final où le besoin de choisir cesse de se manifester, car tous les choix ont été faits et ce qui reste n&rsquo;est qu&rsquo;une simple formalité.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Le mage du Kremlin, Giuliano da Empoli, Gallimard. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au coeur de la machine qui lamine</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/11/10/au-coeur-de-la-machine-qui-lamine/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2022 08:21:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire automne 2022 Je pourrais vous parler de Laurent Gaudé pendant des heures. Mais ça ne serait pas vraiment raisonnable, hein ? Je suis cet auteur et dramaturge depuis une vingtaine d&#8217;années. Je l&#8217;ai rencontré à plusieurs reprises au festival d&#8217;Avignon où plusieurs de ses pièces ont été mises en scène. Pour la première fois Laurent Gaudé s&#8217;essaye à la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire automne 2022</span></strong></p>
<p><img class="alignleft wp-image-6121 size-medium colorbox-6119" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHIEN-51-158x300.jpg" alt="CHIEN 51" width="158" height="300" /></p>
<p>Je pourrais vous parler de<strong> Laurent Gaudé</strong> pendant des heures. Mais ça ne serait pas vraiment raisonnable, hein ? Je suis cet auteur et dramaturge depuis une vingtaine d&rsquo;années. Je l&rsquo;ai rencontré à plusieurs reprises au festival d&rsquo;Avignon où plusieurs de ses pièces ont été mises en scène.</p>
<p>Pour la première fois <strong>Laurent Gaudé</strong> s&rsquo;essaye à la dystopie en présentant <strong><em>Chien 51</em></strong>, un roman d&rsquo;anticipation mâtiné de polar.</p>
<p>L&rsquo;histoire ?</p>
<p>C’est dans une salle sombre, au troisième étage d’une boîte de nuit fréquentée du quartier RedQ, que <strong>Zem Sparak</strong> passe la plupart de ses nuits. Là, grâce aux visions que lui procure la technologie Okios, aussi addictive que l’opium, il peut enfin retrouver l’Athènes de sa jeunesse. Mais il y a bien longtemps que son pays n’existe plus. Désormais expatrié, <strong>Zem</strong> n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante.<br />
Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel <strong>Zem</strong> s’est depuis longtemps retranché.</p>
<p>Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, <strong>Salia Malberg</strong>, il se lance dans une longue investi­gation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, <strong>Zem</strong> a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi.</p>
<p>Que cache la découverte d&rsquo;un second corps éventré ? Quelles ramifications ? Jusqu&rsquo;où peut aller le cynisme et la quête du pouvoir dans un monde séparé en trois zones : celle des  cilariés (contraction de citoyens et salariés) privilégiés, celle de la classe moyenne et enfin celle des pauvres ?  <strong>Zem</strong>, exilé et déclassé,<strong> </strong>va tenter de le comprendre. Pour se racheter aussi.</p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> explique que <strong><em>Chien 51</em></strong> est un projet auquel il pensait depuis plusieurs années. <em>&laquo;&nbsp;Etonnamment, j&rsquo;ai retrouvé dans l&rsquo;écriture de ce roman d&rsquo;anticipation le même plaisir que pour <strong>La mort du roi Tsongor</strong>. Laisser mon imagination se déployer, inventer un univers, avec son histoire, ses règles, ses aspirations et ses dysfonctionnements. Et puis surtout, interroger notre monde, par ricochet. <strong>Chien 51</strong>, c&rsquo;est une version possible de demain Un reflet grimaçant de notre visage.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span id="more-6119"></span></p>
<p><strong>Laurent Gaudé lit un extrait de son nouveau roman : </strong></p>
<p><a href="https://youtu.be/Q5RDu2mzQ9w">https://youtu.be/Q5RDu2mzQ9w</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 136 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il y a un fossé entre eux deux. Le Love Day, pour elle, ne pose pas de problème. Elle est née avec. C&rsquo;est ainsi. Elle va faire ce qu&rsquo;elle fait chaque fois : coucher avec des hommes et des femmes au hasard de la soirée, ceux qu&rsquo;elle croise, ceux avec qui elle travaille, le serveur du restaurant dans lequel elle va manger deux fois par semaine, le premier qui la regardera avec désir. Elle va le faire comme tous ceux de sa génération. Parce que GoldTex dit que c&rsquo;est bien, que c&rsquo;est même nécessaire, que cela rend les cilariés plus heureux et qu&rsquo;après une longue période d&rsquo;effort, il est normal de se faire du bien.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 177 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais dès le début, il sent que quelque chose est anormal. Les forces de son corps se sont évanouies. Il ne peut plus rien faire que laisser la vision se développer. Il est dans le quartier de Monastiraki, près de la place Mitropolèos. Il déambule et se rapproche de la rue Voulis. Cela lui semble étrange Il connaît bien cette rue. C&rsquo;est ici que vivait son ami Héraclès Mourikos. Est-ce un hasard ? Les voitures défilent au pas. Tout est plus lent que dans le réel. Il ne se passe jamais rien, normalement, dans les visions. C&rsquo;est une règle. Les images sont sélectionnées pour n&rsquo;inclure aucun événement. C&rsquo;est juste un paysage vivant, une toile de fond avec le spectacle d&rsquo;une humanité qui passe et repasse. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 233 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Et il serre de plus en plus fort. Sur ce bout de trottoir, il sent chacun des frissons qui montent d&rsquo;elle. Le flot d&rsquo;images immondes lui parcourt les veines et le cerveau. Il sait qu&rsquo;elle n&rsquo;en reviendra peut-être jamais, ou en tout cas qu&rsquo;il faudra des mois, des années de lente rééducation. Ils l&rsquo;ont massacrée de l&rsquo;intérieur. C&rsquo;est comme si elle allait être torturée pendant les dix années à venir, incapable de s&rsquo;extraire de l&rsquo;océan de cauchemars : meurtres, pornographie, tortures&#8230; Ils l&rsquo;ont soumise à une vague d&rsquo;images de souillures et son esprit ne peut que les subir, essayant de les décrire au moment où il les voit passer, mais il y en a trop, cela va trop vite, alors elle balbutie et se noie.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Chien 51, Laurent Gaudé, Actes Sud, 22€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Comme un parfum d&#8217;anarchie au milieu des lingots ?</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Oct 2022 13:18:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire automne 2022 &#160; C’est l’histoire d’un banquier qui veut tout dépenser. Intrigant, non ? Voilà, en quelques mots, le résumé du nouveau roman de Yannick Haenel, auteur entre autres de Tiens ferme ta couronne, Jan Karski ou encore La solitude Caravage. Il a récemment suivi le procès des attentats de 2015 pour Charlie Hebdo. L&#8217;histoire ? Elle naît d&#8217;un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff"><strong>Rentrée littéraire automne 2022</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRESORIER.jpg" rel="lightbox[6098]"><img class="alignleft size-full wp-image-6100 colorbox-6098" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRESORIER.jpg" alt="TRESORIER" width="210" height="307" /></a>C’est l’histoire d’un banquier qui veut tout dépenser. Intrigant, non ? Voilà, en quelques mots, le résumé du nouveau roman de Yannick Haenel, auteur entre autres de <strong><em>Tiens ferme ta couronne,</em></strong> <strong>Jan Karski</strong> ou encore <strong><em>La solitude Caravage</em></strong>. Il a récemment suivi le procès des attentats de 2015 pour <strong><em>Charlie Hebdo</em></strong>.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle naît d&rsquo;un lieu, d&rsquo;un tunnel et d&rsquo;une association d&rsquo;idées. Yannick Haenel a participé à un projet artistique autour de l&rsquo;ancienne succursale de la Banque de France à Béthune, transformée en centre d&rsquo;art contemporain. Lors d&rsquo;une visite alors que les travaux se poursuivent, l&rsquo;imagine du romancier s&rsquo;emballe. L&rsquo;admirateur de <strong>Georges Bataille</strong> lui trouve un homonyme, en poste dans cette succursale dans les années 90-2000. Le roman peut commencer.<br />
Au début des années 90, le jeune <strong>Bataille</strong> arrête la philosophie pour s’inscrire dans une école de commerce et décroche son premier poste à Béthune. Amoureux des livres, des femmes et des idées iconoclastes, on suit <strong>Georges Bataille</strong> dans son évolution. Originale.<br />
Dans cette ville où la fermeture des mines et les ravages du néolibéralisme ont installé un paysage de crise, la vie du trésorier-payeur devient une aventure passionnée : protégé par le directeur de la banque, <strong>Charles Dereine</strong>, il défend les surendettés, découvre le vertige sexuel avec <strong>Annabelle</strong>, une libraire rimbaldienne, s’engage dans la confrérie des Charitables, collabore avec Emmaüs et rencontre l’amour de sa vie, la dentiste <strong>Lilya Mizaki</strong>.<br />
Peut-on être anarchiste et travailler dans une banque ? Peut-on tout donner ? <strong>Georges Bataille</strong> s&rsquo;y emploie. Et prône &laquo;&nbsp;l&rsquo;anarchie amoureuse gratuite&nbsp;&raquo;. Un roman bien écrit qui, malgré la longue introduction de l&rsquo;histoire, se lit avec plaisir. La savoureuse scène des époux Reagan dans les sous-sols de la Banque de France à Paris est un ravissement.</p>
<p>Et si cette utopie prenait corps dans la réalité ?</p>
<p><span id="more-6098"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 212 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Les premiers mois, Bataille ne pensa qu&rsquo;à son travail. Il passait dix heures par jour à la banque. Il était le premier arrivé, et le dernier parti. Il plongeait dans les dossiers de surendettement comme dans Hegel, en retenant son souffle. Tout le grisait, même les tâches annexes   : relire des lignes de comptes, établir des programmes d&rsquo;analyse, formaliser des crédits, il s&rsquo;y consacrait avec une assiduité presque délirante. Ainsi lui arrivait-il de rapporter ses dossiers le soir dans sa chambre d&rsquo;hôtel, afin d&rsquo;en peaufiner les moindres détails, et d&rsquo;approfondir une recherche qui lui semblait essentielle. Quelle que fût la nature du travail qu&rsquo;on lui confiait, il l&rsquo;exécutait avec une application dont la nature paraissait incompréhensible à ses collègues, lesquels lui parlaient à peine, car ils voyaient dans son zèle une forme d&rsquo;arrogance, et s&rsquo;imaginaient qu&rsquo;ils se comportait ainsi pour plaire au directeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 364 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est sans doute parce qu&rsquo;il avait le tunnel que le Trésorier-payeur supportait son travail dans la banque : cet homme qui paraissait la rigueur même, et qui au fil des années se mit à incarner aux yeux de ses collègues plus jeunes l&rsquo;histoire de la banque, sa continuité, son esprit de sérieux, en réalité n&rsquo;adhérait à rien d&rsquo;autre qu&rsquo;à ce feu qui brûle dans les sous-sols du monde.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 407-408 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Avec Lilya, le Trésorier assouvit enfin ce vieux rêve d&rsquo;accomplir la dépense absolue, </em>de tout dépenser<em>, et pas seulement son argent &#8211; car lui, le banquier, n&rsquo;avait jamais épargné -, mais ses forces : depuis toujours il se dépensait sans compter, et en toute chose allait jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement. Il avait longtemps vu dans cette notion de dépense le secret paradoxal de l&rsquo;économie &#8211; et même sa gloire. Il avait écrit, dans l&rsquo;un de ses feuillets les plus anciens : </em>la notion de dépense ne peut en aucun cas se restreindre aux conditions du capitalisme ; en elle se prodigue une effervescence inconditionnelle qui donne la plus grande liberté.<em>&laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Le Trésorier-payeur, Yannick Haenel, Gallimard, 21€. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le temps d&#8217;un hiver, prendre de la hauteur</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/04/13/le-temps-dun-hiver-prendre-de-la-hauteur/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Apr 2022 11:44:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman, oui. Encore ! Celui-ci est atypique par le sujet adopté et la mise en scène choisie par la jeune auteure Anouk Lejczyk.  A 31 ans, celle-ci a suivi des études de lettres et les beaux-arts puis a réalisé deux docmentaires : l&#8217;un au Pérou en 2012, le second dans la mangrove [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/31cWo4jBRyL._SX195_.jpg" rel="lightbox[5977]"><img class="alignleft size-full wp-image-5976 colorbox-5977" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/31cWo4jBRyL._SX195_.jpg" alt="31cWo4jBRyL._SX195_" width="195" height="279" /></a></p>
<p>Un premier roman, oui. Encore ! Celui-ci est atypique par le sujet adopté et la mise en scène choisie par la jeune auteure <strong>Anouk Lejczyk</strong>.  A 31 ans, celle-ci a suivi des études de lettres et les beaux-arts puis a réalisé deux docmentaires : l&rsquo;un au Pérou en 2012, le second dans la mangrove sénégalaise, en 2017.</p>
<p>De retour en France,  elle rejoint en 2017 le master de création littéraire de Paris VIII  (comme <strong>Hélène Laurain</strong>,  l&rsquo;auteure de <strong><em>Partout le feu</em></strong> notamment ) pour revenir à son premier amour : l’écriture. Depuis, la trentenaire explore son sujet de prédilection : les mondes forestiers et les façons de les écrire comme de les habiter. Tout en suivant une formation de bûcheronnage, en région parisienne. Mais sans, pour l&rsquo;heure, avoir croisé un chat sauvage, semble-t-il.</p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong><em>Felis Silvestris</em></strong>  ? Celle d&rsquo;une jeune femme qui, sans crier gare, part rejoindre une forêt menacée de destruction. Elle porte une cagoule pour faire comme les autres et se protéger du froid. Suspendue aux branches, du haut de sa cabane, ou les pieds sur terre, elle contribue à la vie collective et commence à se sentir mieux. Mais <strong>Felis Silvestris</strong>, le nom qu&rsquo;elle se choisit, – chat sauvage (celui que l&rsquo;on trouve dans les arbres, dans les forêts) –  ignore que c&rsquo;est sa soeur qui la fait exister. Et qui nous raconte son histoire.</p>
<p>Celle d&rsquo;une jeune femme qui a grandi, évolué avant de se perdre. Et de vouloir rejoindre des zadistes installés dans une forêt, mobilisés contre une multinationale qui exploite du charbon dans une forêt pleine d&rsquo;animaux protégés.</p>
<p><span id="more-5977"></span></p>
<p>Entre les quatre murs d&rsquo;un appartement glacial, chambre d&rsquo;écho de conversations familiales et de souvenirs, la jeune femme tire des fils pour se rapprocher de <strong>Felis</strong> – sa soeur, sa chimère.</p>
<p>Progressivement, la forêt s&rsquo;étend, elle envahit ses pensées et intègre le maillage confus de sa propre existence. Sans doute y a-t-il là une place pour le chat sauvage qui est en elle.</p>
<p>Le temps d&rsquo;un hiver nous voilà entraînés dans une histoire intime et sensible, nous mettant face à des choix de vie. Radicaux.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je ne crois pas t&rsquo;avoir jamais entendu dire lignite. Ni mine à ciel ouvert. Ni mort-terrain. D&rsquo;ailleurs, si c&rsquo;était le cas, je l&rsquo;aurais sans doute compris en un mot : </em>morteterrain<em>. Et tu m&rsquo;aurais expliqué dans ton langage, ce langage bien à toi que je saisissais pourtant, que le mort-terrain, c&rsquo;est cette immense surface de terre que les humains laissent à l&rsquo;abandon après que leurs ogres-machines l&rsquo;ont creusée, fouillée de fond en comble, pillée jusqu&rsquo;au dernier caillou. Oui, aurais-tu ajouté, les humains font ça : ils volent toutes les ressources d&rsquo;une terre et la laissent éventrée, les tripes minérales à l&rsquo;air, dessinant propre cimetière.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 40 :</strong><em> &laquo;&nbsp;On dit que quelque chose en toi a silencieusement dérapé. Sans savoir quoi, ni quand, ni comment, ni pourquoi Enfant, des taupinières se sont peu à peu installées sur tes doigts : pouce puis index, majeur, annulaire, tes deux auriculaires épargnés. Toujours prête à comparer, maman disait qu&rsquo;elle avait bien du psoriasis depuis toute petite et que ça ne l&rsquo;avait pas empêchée de se marier ni d&rsquo;avoir des enfants. Toujours prêt à dévier, papa te conseillait de faire diversion avec d&rsquo;autres éléments plus tape-à-l&rsquo;oeil. Tu te peignais donc les ongles de vernis multicolore, dessinais sur tes bras de faux tatouages, te bariolais de visage de maquillage ; des bagues énormes recouvraient tes mains.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 142-143 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est avec les personnes de son quotidien que maman a le plus de mal à en parler. Je veux dire, de toi, de votre forêt. Elle ne sait pas quoi raconter ni par où commencer. Elle pense que ses collègues de bureau, par exemple; ne comprendraient pas. Pour la plupart, en guise de rupture de cordon, les enfants ont acheté une maison dans le village d&rsquo;à côté. Alors, de là à leur expliquer qu&rsquo;après sept ans d&rsquo;études et quatre de vie professionnelle tu as choisi d&rsquo;aller passer l&rsquo;hiver dans les arbres, il lui faudrait tout reprendre à zéro, de la petite enfance à l&rsquo;adolescence, de la fac à l&rsquo;âge adulte – une vie entière de pauses-café. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;elle ait honte, non, bien au contraire : je veux croire qu&rsquo;elle éprouve une inavouable fierté.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> Felis Silvestris, Anouk Lejczyk, Les éditions du Panseur. </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Parce que céder, ce n&#8217;est pas consentir&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/29/parce-que-ceder-ce-nest-pas-consentir/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Mar 2022 07:22:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[boxe]]></category>
		<category><![CDATA[Bretagne]]></category>
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		<category><![CDATA[naïveté]]></category>
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		<category><![CDATA[Quentin Le Bars]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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		<category><![CDATA[Tanguy Viel]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Tanguy Viel fait partie des auteurs chéris sur ce blog. C&#8217;est dit ! Des années que je suis le travail littéraire de celui qui est ami avec Laurent Mauvignier, mon auteur fétiche pour la vie Donc Tanguy Viel est de retour. Et après Article 353 du code pénal que vous pouvez retrouver ici et La disparition de Jim Sullivan, disponible là, voici La fille [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-VIEL1.jpg" rel="lightbox[5846]"><img class="alignleft size-full wp-image-5847 colorbox-5846" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-VIEL1.jpg" alt="TANGUY VIEL" width="178" height="245" /></a></strong></p>
<p><strong>Tanguy Viel</strong> fait partie des auteurs chéris sur ce blog. C&rsquo;est dit ! Des années que je suis le travail littéraire de celui qui est ami avec <strong>Laurent Mauvignier</strong>, mon auteur fétiche pour la vie <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5846" /></p>
<p>Donc Tanguy Viel est de retour. Et après <strong><em>Article 353 du code pénal</em></strong> que vous pouvez retrouver <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/02/28/martial-kermeur-meurtrier-desabuse/">ici</a></strong> et <em><strong>La disparition de Jim Sullivan,</strong></em> disponible <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/05/22/le-roman-americain-bidouille-par-tanguy-viel/">là</a></strong>, voici <em><strong>La fille qu&rsquo;on appelle</strong></em>.</p>
<p>La fille qu&rsquo;on appelle, c&rsquo;est <strong>Laura</strong>. Une (très) jolie jeune fille de 20 ans. Une fille un peu perdue. Une fille qui après avoir vécu à Rennes, avoir été mannequin et posé dévêtue, revient chez son père. Là, au bord de la mer. A Saint-Malo devine-t-on.</p>
<p>Son père, <strong>Max Le Corre</strong>, est une figure locale. Boxeur, en pleine préparation d&rsquo;un nouveau et dernier match, il est depuis des années le chauffeur du maire de la ville, <strong>Quentin Le Bars</strong>. Un drôle de type. Hâbleur, dragueur, manipulateur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5846"></span></p>
<p><strong>Laura</strong> cherche un appartement, un travail. Se présenter chez le maire sur les conseils de son père, elle n&rsquo;y voit aucune malice. On la retrouve pourtant au début de ce roman devant deux policiers, pour porter plainte. Oui, <strong>Quentin Le Bars</strong> a abusé d&rsquo;elle, de sa naïveté, de sa jeunesse. Installant sur la jeune fille une emprise qu&rsquo;elle ne brisera pas. Consentante ? Elle le réfute. Elle n&rsquo;avait pas le choix. Elle, la fille qu&rsquo;on appelle (call-girl) n&rsquo;avait pas la force. Son père ne s&rsquo;est pas remis de son dernier combat. Alors elle quémande une aide auprès du maire, elle n&rsquo;obtient rien. Reste enfermée dans une manipulation qu&rsquo;elle ne peut défaire. Céder, ce n&rsquo;est pas consentir&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est au casino que tout commence. L&rsquo;endroit est tenu par <strong>Franck Bellec</strong> et sa soeur, <strong>Hélène</strong>. Le premier mange dans la main du maire quand ce n&rsquo;est pas l&rsquo;inverse, tenus qu&rsquo;ils sont par une vassalité de bon aloi. La seconde a fait tourner la tête et le coeur de <strong>Max</strong>, qui a quitté sa femme, <strong>Marielle</strong>. Une histoire qui ne durera pas cependant. C&rsquo;est pourtant elle qui fera éclater la vérité, une fois <strong>Quentin Le Bars</strong> devenu ministre.</p>
<p>Comme dans nombre de ses romans, <strong>Tanguy Viel</strong> raconte l&rsquo;agencement malheureux dans lequel tombent des hommes et des femmes souvent notables, comme dans une souricière.</p>
<p>Un piège donc. Pour <strong>Laura</strong>, pour <strong>Quentin Le Bars</strong> devenu ministre. Pour <strong>Max Le Corre</strong> devenu apathique et désabusé.</p>
<p>Un roman rondement mené, autour de la province des notables, de la notion d&rsquo;emprise et de manipulation.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 49 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et Franck n&rsquo;a pas eu besoin d&rsquo;entendre ce qui se disait déjà entièrement et violemment dans la seule locution &laquo;&nbsp;par ailleurs&nbsp;&raquo; à cause de la manière dont Le Bars s&rsquo;était arrêté de lui-même en pleine phrase. Alors Franck silencieux avait déjà compris, déjà interprété le &nbsp;&raquo; par ailleurs&nbsp;&raquo;, non comme une carte maîtresse que l&rsquo;autre s&rsquo;apprêtait à abattre sur la table mais le simple rappel que leurs deux destins étaient assez liés pour qu&rsquo;il ne puisse se désolidariser comme ça, à savoir  : ce que tout le monde savait, que le bureau de Bellec n&rsquo;était rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une succursale de la mairie, là où se prenaient des décisions plus importantes qu&rsquo;au conseil municipal, au point que certains avaient surnommé l&rsquo;endroit &laquo;&nbsp;le ministère des finances&nbsp;&raquo;, et Bellec le grand argentier de la ville.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 81 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle, tout ce qu&rsquo;elle avait envie de leur dire, en les écoutant chanter sur le bord de l&rsquo;écume, c&rsquo;était qu&rsquo;elles arrivaient trop tard, qu&rsquo;avec les dieux c&rsquo;est toujours la même chose, ils débarquent après la bataille et on dirait que leur joie consiste à alimenter les regrets comme on souffle sur les braises. Et elle les entendait presque rire, la regardant de cet air espiègle que seuls les êtres imaginaires peuvent conserver dans l&rsquo;air acide, répétant comme une chorale d&rsquo;enfants : Oh qu&rsquo;as-tu fait, Laura, qu&rsquo;as-tu fait ?</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 119 :</strong>  <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Alors c&rsquo;était plus facile, plus nécessaire aussi de considérer que les choses avaient été ce qu&rsquo;elles devaient être, oublieuse de ce qu&rsquo;elle avait elle-même considéré si longtemps comme un piège dont elle n&rsquo;était pas parvenue à se défaire, essayant de se dire désormais, se justifiant auprès d&rsquo;un tribunal intérieur que voilà, c&rsquo;est normal, il m&rsquo;a rendu service et je lui ai rendu service, rien de plus, aucun drame là-dedans – et c&rsquo;était sa manière à elle de s&rsquo;en sortir avec ça, apaisée soudain de rendre si prosaïque cette chose qui les avait si violemment liés, non, pas violemment, un simple deal, insistait-elle, un échange de bons procédés et qu&rsquo;est-ce que ça peut leur faire à tous si en guise de monnaie il y a mon propre corps en gage ?&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La fille qu&rsquo;on appelle, Tanguy Viel, Les Editions de Minuit, 16€</strong></em></p>
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		<title>Le Printemps arabe à travers la chair&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 07:15:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Rachid Benzine, je l&#8217;ai découvert pendant le confinement, au hasard d&#8217;un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J&#8217;avais alors dévoré &#171;&#160;Ainsi parlait ma mère&#160;&#187;, dont je vous ai parlé ici.  Rachid Benzine est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce « Lettres à Nour » a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. Rachid Benzine est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/143327_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5426]"><img class="alignleft wp-image-5428 size-medium colorbox-5426" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/143327_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="143327_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a></p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong>, je l&rsquo;ai découvert pendant le confinement, au hasard d&rsquo;un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J&rsquo;avais alors dévoré <strong>&laquo;&nbsp;Ainsi parlait ma mère&nbsp;&raquo;</strong>, dont je vous ai parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/07/a-cette-femme-quil-aimera-toujours/">ici</a>. </strong></p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong> est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce <strong>« Lettres à Nour »</strong> a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. <strong>Rachid Benzine</strong> est islamologue, politologue, enseignant.</p>
<p>Né en 1971, il est arrivé en France à l’âge de 7 ans avec sa famille marocaine.</p>
<p>Codirecteur de la collection Islam des lumières aux éditions Albin Michel, il s’attache à penser un islam en phase avec notre temps et s’investit également dans le dialogue islamo-chrétien.</p>
<p>Dans ce nouveau roman, <strong>&laquo;&nbsp;Dans les yeux du ciel&nbsp;&raquo;</strong>, il nous entraîne dans le sillage de <strong>Nour</strong>, une prostituée quadragénaire, arabe, musulmane. Dont la vie va basculer pendant les &laquo;&nbsp;Printemps arabes&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est la voix de <strong>Nour</strong> qui nous guide. Une intermédiaire improbable car elle incarne, par la vie qu&rsquo;elle mène, tous les mensonges. Mais elle parle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5426"></span></p>
<p>Là, alors que la rue gronde, jour et nuit désormais, elle raconte les passes avec ses clients, parfois violents, souvent hypocrites avec le pouvoir et la religion. <strong>Nour</strong> parle aussi à son Dieu. Elle parle de sa mère, de sa fille qu&rsquo;elle veut protéger. Elle parle de <strong>Slimane</strong>, aussi. Son jeune ami homosexuel est poète et va devenir fer de lance du mouvement. Jusqu&rsquo;au drame. Elle évoque ses espoirs, sans trop se méprendre cependant sur l&rsquo;avenir qu&rsquo;elle juge incertain.</p>
<p>Le texte a été adapté au théâtre.</p>
<p>Un texte fort. Poignant.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 10 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;appelle Nour. Chez moi, on est prostituée de mère en fille. Enfin, depuis deux générations. Pas de quoi se vanter d&rsquo;un savoir-faire ancestral. Mais ça laisse des marques. Sur le corps. Sur la peau. En dedans, quelque part. Quelque chose que certains nomment l&rsquo; &laquo;&nbsp;âme&nbsp;&raquo;. Peut-être que c&rsquo;est ça. Je ne sais pas trop. En tout cas, une amertume, quand tu y penses, qui te donne envie de gerber. D&rsquo;en finir. Comme ça, d&rsquo;un claquement de doigts. Disparaître. Un dernier vol plané du haut d&rsquo;un minaret. Sous les roues d&rsquo;un char. N&rsquo;être plus que de la bouillie. Une flaque de chair, de sang, de merde. S&rsquo;imaginer comme ça. Une image toujours plus dégueulasse que celle que renvoient ceux qui vous croisent.[&#8230;] &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 53 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Les hommes me seront toujours une énigme. Je suis sûre qu&rsquo;ils valent mieux que ce qu&rsquo;ils me donner à entrevoir. Même comme amants. Ont-ils jamais pensé à offrir du plaisir à une femme ? Gratuitement ? Juste pour faire plaisir ? Je peux être à genoux devant eux, bouche ouverte, j&rsquo;en sais plus sur eux-mêmes qu&rsquo;ils n&rsquo;en sauront jamais. Ils ne se voient pas expirer, suinter, grimacer, grogner&#8230; Pleurer, parfois. Surtout, ils ne s&rsquo;entendent pas parler, éructer. Me traiter de &laquo;&nbsp;sale pute&nbsp;&raquo;, de s&nbsp;&raquo;salope&nbsp;&raquo; ou crier des prénoms qui me sont inconnus mais qui représentent ceux qu&rsquo;ils veulent tant foutre. En me fessant. Quel besoin ont donc les hommes de salir ainsi la femme qui leur offre son corps ? Comme si le plaisir des hommes était une punition. La leur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 94 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Parfois, il faut enjamber un cadavre. A demi calciné ou aux membres désarticulés. Celui-ci n&rsquo;a plus de tête, mais il se cramponne encore à une banderole qui a bu son sang. Je prie pour lui et sa famille. Dans la rue, on attaque vite et on se replie tout aussi vite. On se cache dans des commerces, dans des cages d&rsquo;escalier. On se réfugie chez un ami qui a une console de jeux, de l&rsquo;alcool, du shit. L&rsquo;instinct rend alerte, précis, rapide. Les morts et les blessés s&rsquo;accumulent. L&rsquo;agonie à chaque coin de rue.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Dans les yeux du ciel&nbsp;&raquo;, Rachid Benzine, Seuil, 17€. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>&#171;&#160;404&#160;&#187; ou l&#8217;art de la dystopie&#8230; réelle</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2020 13:22:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un monde où la vidéo nous manipulera, ça vous dit ? Certains diraient que nous y sommes déjà. Dans son nouveau roman Sabri Louatah nous montre à quoi nous pourrions être confrontés via un roman, un thriller politique et rural à la fois. Je vous raconte ? L&#8217;auteur des &#171;&#160;Sauvages&#160;&#187; ( un roman en quatre tomes qui a donné [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/404.jpg" rel="lightbox[5071]"><img class="alignleft size-full wp-image-5074 colorbox-5071" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/404.jpg" alt="404" width="300" height="456" /></a></p>
<p>Un monde où la vidéo nous manipulera, ça vous dit ? Certains diraient que nous y sommes déjà. Dans son nouveau roman <strong><b>Sabri Louatah</b></strong> nous montre à quoi nous pourrions être confrontés via un roman, un thriller politique et rural à la fois.</p>
<p>Je vous raconte ? L&rsquo;auteur des<strong> </strong><strong><b>&laquo;&nbsp;Sauvages&nbsp;&raquo;</b></strong> ( un roman en quatre tomes qui a donné lieu à une adaptation sur Canal +) a voulu &nbsp;&raquo; regarder la brèche, sans ciller, et raconter cette tragédie française de la partition et de la séparation ethnique à travers le destin d’une poignée de personnages réunis dans une petite commune de l’Allier. Pile au centre de la France et de toutes les tensions qui la traversent…&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><b>Sabri Louatah</b></strong> a imaginé une France de futur soumise à la manipulation technologique mais aussi à la guerre raciale. A 36 ans, cet ancien gamin de Saint-Etienne désormais installé aux Etats-Unis, nous plonge dans l&rsquo;univers des &laquo;&nbsp;deepfakes&nbsp;&raquo;,  ces &laquo;&nbsp;mirages&nbsp;&raquo;, des fausses vidéos hyperréalistes qui se transforment en armes redoutables.</p>
<p>Nous sommes en 2022, le pays est désormais dirigé par une femme populiste et autoritaire. Une femme dont la réputation a été très largement écornée par un &laquo;&nbsp;mirage&nbsp;&raquo; : la vidéo d&rsquo;un viol dont elle aurait été la victime par le chef d&rsquo;Etat algérien. De quoi déstabiliser le pays ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5071"></span></p>
<p><strong><b>Allia</b></strong> veut lutter contre ce phénomène. Polytechnicienne, la jeune femme qui est installée en Amérique, revient dans son département d&rsquo;origine, l&rsquo;Allier (en plein centre de la France), avec dans ses cartons une application de streaming, baptisée 404, qui interdit toute édition et tout enregistrement donc toute viralisation de ces vidéos. Un antidote en quelque sorte.</p>
<p>Reste à la promouvoir. Pas si simple dans une société devenue accro à l&rsquo;immédiateté. Et encore moins dans un pays qui se voit comme un pays homogène alors qu&rsquo;il est et reste multiculturel.</p>
<p>Son retour en France permet à <strong><b>Allia</b></strong> de revoir <strong><b>Ali</b></strong>. Le trentenaire, qui a abandonné leur formation commune en prépa, est devenu cuisinier à domicile. Amoureux d&rsquo;<strong><b>Allia</b></strong> depuis le début, il entre dans son cercle intime constitué de son mari, <strong><b>Mehdi</b></strong>, vertueux maire de la petite commune rurale ; son père, <strong><b>Rachid</b></strong>, homme sage et inquiet et enfin son financeur, <strong><b>Kader</b></strong>. Un homme sans beaucoup de scrupules mais aux poches pleines.</p>
<p>Au final, cela nous donne un roman dystopique (la dystopie est un récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre) qui nous parle d&rsquo;une France raciste et obsédée par l&rsquo;image. Quelle qu&rsquo;elle soit.</p>
<p align="center"><strong><b>Extraits</b></strong></p>
<blockquote><p><strong> </strong><strong><b>Pages 101-102 :</b></strong><em>&nbsp;&raquo; – Normalement, ce que l&rsquo;oeil humain peut voir, une caméra doit pouvoir le voir aussi, eh bien avec mon équipe on a réussi à rendre un flux vidéo inaccessible à tout autre appareil que notre oeil à nous. Pour l&rsquo;instant c&rsquo;est une version bêta, hein, sans aucune autre fonctionnalité que ce flux impossible à arrêter, à rembobiner ou à accélérer, impossible à enregistrer et surtout, donc, impossible à trafiquer et à contrefaire&#8230; Vous voyez où je veux en venir. La vérité brute, en tout cas le retour d&rsquo;une forme de réalité objective.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<blockquote><p><strong><b>Page 163 :</b></strong><em> &laquo;&nbsp;Depuis le QG de 404, Ali est bien placé pour sentir la tension qui monte autour du premier anniversaire de l&rsquo;élection la plus stupide de l&rsquo;histoire de la République. Sur la plateforme, on peut entendre ce que les gens en disent quand ils savent que leurs paroles s&rsquo;envoleront pour toujours, qu&rsquo;on ne leur tiendra pas rigueur d&rsquo;une saillie raciste ou misogyne comme sur les réseaux sociaux où tout finit toujours par remonter à la surface. Jusqu&rsquo;ici 404 n&rsquo;intéressait que les enfants, maintenant les adultes s&rsquo;y sont mis, migrant depuis leurs Facebook Live où ils se sentaient surveillés, épiés, policés, même quand leur nombre de vues par direct n&rsquo;atteignait jamais deux chiffres. &laquo;&nbsp;</em></p></blockquote>
<blockquote><p><strong><b>Page 228 :</b></strong><em>&laquo;&nbsp;Mehdi rappelle alors le concept de 404, il en parle comme d&rsquo;un havre de paix et d&rsquo;oubli. Internet n&rsquo;oublie rien, sauf sur 404. Après une rapide démonstration ludique avec plusieurs téléphones incapables d&rsquo;effectuer la moindre capture d&rsquo;écran, les digues sautent et le frein se change en propulseur. Etre filmé sans pouvoir être enregistré permet de ne pas se censurer tout en s&rsquo;adressant à une audience plus large que l&rsquo;enceinte du jardiner où grillent les merguez. De combien plus large, nul ne peut le dire, quoique l&rsquo;imagination des débatteurs tendant vers l&rsquo;optimisme, ils se persuadent toujours que des milliers de spectateurs les écoutent exposer leurs précieuses doléances.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p align="left"><strong><b>&laquo;&nbsp;404&nbsp;&raquo;, Sabri Louatah, Flammarion, 21€.</b></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>A ce fils qui aurait pu être là&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/21/a-ce-fils-qui-aurait-pu-etre-la/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/21/a-ce-fils-qui-aurait-pu-etre-la/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 21 Jun 2019 07:15:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une très très jolie découverte ! Je n&#8217;avais, jusque là, jamais ouvert un roman d&#8217;Erri De Luca. J&#8217;aurais dû… Ce livre arrivé à la rédaction s&#8217;est retrouvé sur mon bureau, pour ne plus me quitter. Ses cent soixante pages ont traversé, rempli ma petite personne. Avec poésie. Avec force aussi. &#160; Erri De Luca, écrivain, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4691" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERI-DE-LUCA.jpg" rel="lightbox[4688]"><img class="wp-image-4691 size-medium colorbox-4688" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERI-DE-LUCA-300x112.jpg" alt="ERI DE LUCA" width="300" height="112" /></a><p class="wp-caption-text">Erri de Luca, photo Omar Bai pour Nurphoto/AFP</p></div>
<p>Une très très jolie découverte ! Je n&rsquo;avais, jusque là, jamais ouvert un roman d&rsquo;<strong>Erri De Luca</strong>. J&rsquo;aurais dû…</p>
<p>Ce livre arrivé à la rédaction s&rsquo;est retrouvé sur mon bureau, pour ne plus me quitter. Ses cent soixante pages ont traversé, rempli ma petite personne. Avec poésie. Avec force aussi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4688"></span><br />
<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-Tour-de-lOie_5122.jpg" rel="lightbox[4688]"><img class="alignleft size-full wp-image-4690 colorbox-4688" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-Tour-de-lOie_5122.jpg" alt="CVT_Le-Tour-de-lOie_5122" width="195" height="306" /></a><strong>Erri De Luca</strong>, écrivain, poète et traducteur italien, est né à Naples en 1950. D&rsquo;origine bourgeoise, il est destiné à une carrière de diplomate. Une voie qu&rsquo;il ne suivra finalement pas, rompant au passage avec sa famille. En 1968, il rejoint la révolte ouvrière et intègre le mouvement d&rsquo;extrême gauche Lotta Continua, dont il deviendra même un des dirigeants. Puis deviendra anarchiste.</p>
<p><strong>Erri De Luca</strong> multipliera les métiers manuels, en Italie, en France, en Afrique. D&rsquo;ouvrier à conducteur de camion, maçon aussi. Pendant la guerre de Yougoslavie, il s&rsquo;engage comme conducteur auprès d&rsquo;une association humanitaire, et convoie des camions de ravitaillement en Bosnie.</p>
<p>L&rsquo;écriture et l&rsquo;amour des livres, qui lui vient de son père, l&rsquo;ont toujours accompagné. Son premier livre, <strong>&laquo;&nbsp;Une fois, un jour&nbsp;&raquo;</strong> paraît en 1989. Il obtient le prix Femina en 2002 pour <strong>&laquo;&nbsp;Montedidio&nbsp;&raquo;</strong> et le Prix européen de littérature en 2013.</p>
<p>Passionné d&rsquo;alpinisme et d&rsquo;escalade, il a lit également quotidiennement la Bible, bien qu&rsquo;il se dise athée. De quoi d&rsquo;ailleurs alimenter nombre de ses livres.</p>
<p>En 2015, il est poursuivi en justice pour avoir incité au sabotage du chantier de construction de la ligne TGV Lyon-Turin.  Condamné puis relaxé, Erri de Luca se servira à nouveau de cette matière pour écrire.</p>
<p>Au final, son œuvre, riche ( une cinquantaine de romans, pas tous traduits en français ) et protéiforme, a accompagné notre histoire contemporaine.</p>
<p>Avec<strong> &laquo;&nbsp;Le tour de l&rsquo;oie&nbsp;&raquo;</strong>, il signe son roman le plus intimiste et, le temps d&rsquo;une nuit orage, entretient une conversation intime avec le fils… qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais eu.</p>
<p>Le narrateur qui se définit comme<strong> &laquo;&nbsp;un rameau sans bourgeon&nbsp;&raquo; </strong>ou<strong> &laquo;&nbsp;un rocher qui ne fait pas de patelles&nbsp;&raquo;</strong>, à travers lequel on reconnait l&rsquo;auteur, va, à travers un dialogue évoquer sa vie, ses combats, sa famille, ses doutes, ses erreurs et son métier d&rsquo;écrivain.</p>
<p>Une paternité fantasmée qui se décline en partie sous forme de dialogue.</p>
<p>Le couvert est mis pour deux. Et le père putatif &laquo;&nbsp;se met à table&nbsp;&raquo; face à ce fils imaginaire âgé de 40 ans qui a aussi son histoire, ses échecs, ses rêves.</p>
<p><strong>Erri De Luca</strong> revisite sa vie d&rsquo;homme et de romancier. Entre introspection, confession et confrontation. Et c&rsquo;est divinement bien écrit ! Un vrai régal. De quoi me donner envie de plonger dans l&rsquo;œuvre de cet auteur italien.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 14 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[…] Je parle tout seul ? J&rsquo;invente ta compagnie ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je l&rsquo;invente si fort que la réalité ne peut l&rsquo;égaler. Ta présence suffit ici et ce soir pour créer ma paternité. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les femmes que j&rsquo;ai tenues dans mes bras ont voulu un enfant, mais pas de moi. Je ne leur reproche rien ni à elles ni à la vie, j&rsquo;ai eu plus qu&rsquo;il n&rsquo;est juste, ce qui est déjà beaucoup en soi, car le juste, comme le nécessaire, manque à la plupart.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai eu les montagnes touchées de la pointe des pieds et des mains, leur immensité effleurée en surface. J&rsquo;ai eu les mots. Sans eux, je me cogne contre les murs. Je me cogne aussi avec eux mais les murs je les vois bien et je me prépare au choc.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 98 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;écris en italien, langue privée de mon père, plus que langue officielle de l&rsquo;Etat. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je lui dois l&rsquo;usage appris de sa voix, la scansion des syllabes différentes des syllabes locales, à prononcer sans cadence dialectale. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est lui qui a mis une barrière entre son italien paisible et le napolitain brûlant. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>On pouvait parler les deux mais sans les mélanger. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elles n&rsquo;ont pas été deux langues, mais deux usages. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;écris dans l&rsquo;une et je me parle à moi-même dans l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Avec le dialecte, je récite un poème, je dis un proverbe, je lance un mot d&rsquo;esprit. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand je suis en colère contre moi, je m&rsquo;insulte en napolitain. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En italien, je n&rsquo;ai pas envie de me disputer. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En italien : j&rsquo;ajoute en, parce que je suis dedans, en locataire. C&rsquo;est ma résidence, j&rsquo;habite rue de la langue italienne, sans numéro.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 140 : </strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>&laquo;&nbsp;Lecteur, écrivain, la différence est-elle si importante pour toi ? </strong></p>
<p style="text-align: left">Oui, car je suis heureux lorsqu&rsquo;une lecture m&rsquo;enthousiasme, alors qu&rsquo;un de mes écrits arrive tout au plus à me satisfaire. &laquo;&nbsp;</p>
</blockquote>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Le tour de l&rsquo;oie&nbsp;&raquo;, Erri De Luca, Gallimard, 16€. Traduit de l&rsquo;italien par Danièle Valin.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les dieux du stade sont fatigués&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/10/23/les-dieux-du-stade-sont-fatigues/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/10/23/les-dieux-du-stade-sont-fatigues/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Oct 2018 07:07:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Jean Hatzfeld est de retour  en cette rentrée littéraire ! Imaginez ma joie ! Jean Hatzfeld, que j&#8217;ai interviewé en décembre 2015, est un journaliste et écrivain que je suis depuis des années. Et que j&#8217;admire aussi beaucoup. Ses écrits sur le génocide rwandais font autorité. Et constituent une partie de son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<div id="attachment_4416" style="width: 1030px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DESCHAMPS-PHOTO.jpg" rel="lightbox[4409]"><img class="size-full wp-image-4416 colorbox-4409" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DESCHAMPS-PHOTO.jpg" alt="Jean Hatzfeld, interviewé en décembre 2015 pour La Nouvelle République (Photo Patrice Deschamps)" width="1020" height="573" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Hatzfeld, interviewé en décembre 2015 pour La Nouvelle République (Photo Patrice Deschamps)</p></div>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/7794639413_pochette-du-livre-deux-metres-dix.jpg" rel="lightbox[4409]"><img class="alignleft wp-image-4413 size-medium colorbox-4409" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/7794639413_pochette-du-livre-deux-metres-dix-204x300.jpg" alt="7794639413_pochette-du-livre-deux-metres-dix" width="204" height="300" /></a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jean Hatzfeld</strong> est de retour  en cette rentrée littéraire ! Imaginez ma joie ! <strong>Jean Hatzfeld</strong>, que j&rsquo;ai interviewé en décembre 2015, est un journaliste et écrivain que je suis depuis des années. Et que j&rsquo;admire aussi beaucoup.</p>
<p>Ses écrits sur le génocide rwandais font autorité. Et constituent une partie de son oeuvre. Vous en retrouverez trace <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/14/englebert-miserable-tutsi/">ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/11/02/un-si-lourd-heritage-de-sang/">là</a></strong>. Mais pas seulement.</p>
<p><strong>Jean Hatzfeld</strong>, ancien journaliste sportif, ancien reporter de guerre pour Libération, et désormais romancier inspiré, a élargi la palette de ses univers littéraires. La preuve<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/10/01/lamour-par-temps-de-guerre-selon-jean-hatzfeld/">ici</a></strong> et<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/21/sur-les-pas-de-la-legende-des-hauts-plateaux/">là</a>.</strong></p>
<p>C&rsquo;est aussi le cas pour <strong>&laquo;&nbsp;Deux mètres dix&nbsp;&raquo;</strong>, publié ces jours derniers chez Gallimard. L&rsquo;homme a plongé avec bonheur dans ses souvenirs de grand journaliste sportif pour imaginer ce nouvel opus, ancré dans notre histoire contemporaine. De la Guerre froide à nos jours.</p>
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<p><span id="more-4409"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous parle de quatre personnages. Deux jeunes athlètes tout d&rsquo;abord. <strong>Sue</strong> et <strong>Tatyana.</strong> La première est américaine, la seconde, kirghize, à l&rsquo;époque partie intégrante du bloc soviétique. Les deux jeunes femmes vont s&rsquo;affronter des années durant autour d&rsquo;une discipline qui, à la fin des années 70 va sérieusement se transformer : le saut en hauteur.  L&rsquo;américain <strong>Dick Fosbury</strong> a, depuis la fin des années 60 et notamment les JO de Mexico en 1968, mis en exergue une nouvelle technique. Au fil du temps, les filles vont aussi s&rsquo;y mettre. Et en faire un outil politique malgré elles, alors que le monde se divise en deux blocs.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/82106440-170667a.jpg" rel="lightbox[4409]"><img class="alignleft size-full wp-image-4420 colorbox-4409" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/82106440-170667a.jpg" alt="82106440-170667a" width="691" height="248" /></a></p>
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<p>Les deux jeunes femmes se sont croisées, affrontées sans se connaitre toutefois. Entre admiration et incompréhension. Plusieurs décennies après leurs dernières compétitions, elles se retrouvent au Kirghizistan. Un seul courrier a permis de faire revivre une amitié contrariée qui ne demandait qu&rsquo;à croître.</p>
<p>A cette histoire s&rsquo;en ajoute une seconde. Tragique. Elle concerne deux champions d&rsquo;haltérophilie. L&rsquo;un est américain, l&rsquo;autre kirghize, comme Tatyana. Les deux colosses soulèvent la fonte des heures durant pour monter sur les podiums les plus prestigieux. <strong>Randy</strong> et<strong> Chabdan</strong> se sont affrontés. Sans trop se connaître. Une nuit, <strong>Chabdan</strong> disparaîtra, emporté par des hommes du KGB. Sa faute ? Avoir voulu défendre publiquement son identité.</p>
<p>Les Jeux olympiques de Moscou, en 1980 serviront de lieu de confrontation pour ces dieux du stade. Ceux de Los Angeles, quatre ans plus tard, aussi. Malgré le boycott. Sur les terrains, la politique n&rsquo;est jamais loin.</p>
<p>Des années plus tard,<strong> Randy</strong> part avec sa femme sur les traces de ce champion éternel&#8230;</p>
<p>Au fil des pages, donc, deux histoires d&rsquo;amitié et celles des corps mis à mal qui, jamais, ne ménagent leurs efforts. Chapitre après chapitre, c&rsquo;est avec gourmandise que <strong>Jean Hatzfeld</strong> détaille les techniques, la gestuelle sportive qu&rsquo;il aime tant. Puis le vieillissement des corps cabossés, le dopage aussi en filigrane, qui à l&rsquo;heure de la retraite, continue parfois de faire souffrir.</p>
<p>Les dieux du stade, autrefois adulés et utilisés à des fins politiques, sont fatigués&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le saut, ce printemps-là, occupe toutes ses pensées, et les enchante littéralement, ces derniers jours, car le week-end précédent elle a remporté les championnats universitaires américains. Elle a franchi 1,93 mètre, nouveau record américain. A dix-huit ans. Plus que ce titre, une vie nouvelle, d&rsquo;autres stades, très loin. A quelques jours près, elle gagnait son billet pour Ankara, en Turquie, mais qu&rsquo;importe, elle sera des prochains. D&rsquo;ici là, elle aura progressé de trois ou quatre centimètres, peut-être cinq, donc pas loin du record du monde, lui prédit son coach, si elle accepte de reprendre à zéro la synchronisation de sa rotation dorsale. Elle va accepter. Elle n&rsquo;a aucune raison de penser à une occasion manquée. Pas le moindre doute que ces filles qui vont sauter d&rsquo;une minute à l&rsquo;autre seront désormais ses rivales. Elle va les épier de près, faire preuve de ruse.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 66-67 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Des voisins poussèrent le portail, les bras chargés de paniers. Bientôt l&rsquo;herbe fut couverte de coupelles de biscuits, d&rsquo;assiettes de ravioles, une odeur de beignets de mouton grillé imprégna l&rsquo;air frais, on déboucha des jerricans de koumis et de vodka. On en était encore à parler des Jeux olympiques lorsque son père arriva d&rsquo;une démarche droite, sa sacoche en bandoulière, son chapeau de feutre penché de côté. Il s&rsquo;assit près de Tatyana, hocha la tête d&rsquo;un air réjoui, se frotta les mains et vida un verre. Elle fut soulagée de retrouver la drôlerie d&rsquo;autrefois sur son visage. Il mangea puis se leva et porta un toast à sa fille.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 147 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sans surprise, Randy Wayne sort légèrement en tête de l&rsquo;arraché, quatre hommes se tiennent dans un mouchoir pour disputer l&rsquo;épaulé-jeté. Cette levée en deux temps racle le courage jusqu&rsquo;au fond des tripes pour monter une barre plus lourde de soixante kilos à hauteur de poitrine ; ensuite une folle témérité, de l&rsquo;inconscience, en tout cas une force puisée en des recoins insoupçonnés de l&rsquo;être pour la propulser au-dessus de sa tête. A 240 kilos, l&rsquo;Allemand de l&rsquo;Est flanche, la barre à hauteur du ventre. Un instant plus tard se présente Vladimir Igunov, livide. Il a peur, non de la défaite, mais de l&rsquo;humiliation. Ses automatismes le trahissent, placement approximatif des pieds, respiration à contretemps, il se désarticule dans un concert de rires, il s&rsquo;affale sur les fesses.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Deux mètres dix&nbsp;&raquo;, Jean Hatzfed, Gallimard, 18,50 €.</em></strong></p>
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