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	<title>Quatrième de couv &#187; nouvelles</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Des nouvelles du pays d&#8217;Alice&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Aug 2020 08:19:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Serre]]></category>
		<category><![CDATA[Lewis Carroll]]></category>
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		<category><![CDATA[réalisme magique]]></category>
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		<description><![CDATA[ Des nouvelles ! Waouh, cela fait une éternité que je n&#8217;en avais pas lues ! En mai, au Mercure de France, un recueil est paru, écrit par Anne Serre. L&#8217;occasion de plonger dans ce format littéraire court et spécifique. Un genre qui, en France, peine à trouver sa place, à la différence des Etats-Unis, par exemple. Dommage. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<hgroup class="Book-hgroup">
<h1 class="Book-title"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/NOUVELLES-ETE.jpg" rel="lightbox[5319]"><img class="alignleft size-full wp-image-5321 colorbox-5319" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/NOUVELLES-ETE.jpg" alt="NOUVELLES ETE" width="195" height="285" /></a></h1>
</hgroup>
<div class="Book-summary">
<p> Des nouvelles ! Waouh, cela fait une éternité que je n&rsquo;en avais pas lues ! En mai, au <strong>Mercure de France</strong>, un recueil est paru, écrit par <strong>Anne Serre</strong>. L&rsquo;occasion de plonger dans ce format littéraire court et spécifique. Un genre qui, en France, peine à trouver sa place, à la différence des Etats-Unis, par exemple. Dommage.</p>
<div class="Book-summary">
<p>La sexagénaire est l&rsquo;auteure d&rsquo;une quinzaine de romans et de nombreuses nouvelles. Son style est défini comme appartenant au &laquo;&nbsp;réalisme magique &laquo;&nbsp;.</p>
<p>Au fil des pages, des histoires parfois un peu étranges, drôles, curieuses, se dessine un autoportrait en trente-trois facettes.</p>
<p>On y trouve une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenirs&rsquo;estompe&#8230;</p>
<p>Un univers à la Lewis Carroll.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Anne Serre</strong> a obtenu, pour ce recueil, le <strong>prix Goncourt de la nouvelle 2020</strong>.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 38-39 dans &laquo;&nbsp;Fort comme un Turc&nbsp;&raquo; :</strong><em>[&#8230;] Il maniait doucement et délicatement le revolver, l&rsquo;air de réfléchir. Je me dis que cet objet avait sans doute appartenu à son père et qu&rsquo;il en était le dépositaire. Je me dis que lorsqu&rsquo;il rêvait dans son bureau, cet objet, pour l&rsquo;une ou l&rsquo;autre raison que j&rsquo;ignorais, devait servir à sa rêverie, l&rsquo;accompagner. J&rsquo;étais sûre qu&rsquo;il ne songeait ni à se tuer ni à tuer quiconque ; il n&rsquo;était pas homme à tuer. Mais j&rsquo;ai pensé alors qu&rsquo;il ne fallait peut-être pas aller surprendre, même pour jouer, un amant dans sa vie conjugale, un amant dans son autre vie. Que c&rsquo;était peut-être cela qui pouvait tuer. Les gens ont bien le droit d&rsquo;avoir deux vies. Il me semble même beaucoup plus naturel qu&rsquo;ils en aient deux qu&rsquo;une seule. Une personne qui a une seule vie, un seul visage, me parait d&rsquo;une certaine manière plus inquiétante qu&rsquo;une personne qui a une double ou triple vie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 74 dans &laquo;&nbsp;A travers champs&nbsp;&raquo; :</strong><em>&laquo;&nbsp;Nous n&rsquo;avons jamais revu Charles ni Jeanne qui l&rsquo;épousa l&rsquo;été suivant. Dans les nouvelles, les romans, il y a souvent des chutes en forme d&rsquo;explication qui permettent d&rsquo;avaler une histoire et de bien la digérer. Dans la vie, parfois, il n&rsquo;y en a pas. Quelque chose de terrible et d&rsquo;inattendu se produit, que certainement la psychologie expliquerait, mais ni Robert ni moi ne sommes de grands psychologues. Pour lui, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne, j&rsquo;ai toujours ressenti les ruptures comme venant du ciel, comme décidées par le destin qui travaille avec acharnement à la tapisserie de votre vie. Et jusqu&rsquo;ici, rien n&rsquo;a démenti cette impression.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 119 dans &laquo;&nbsp;Un péché&nbsp;&raquo;:</strong><em>&laquo;&nbsp;Ne pas répondre à son désir est un péché lui disais-je. Et cette fois il protestait, mais je voyais bien qu&rsquo;il n&rsquo;en pensait pas moins. Mon père était très fin. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est un péché car il faut vivre, car la mort nous attend, car aller droit vers ce qu&rsquo;on aime est la seule direction qui vaille. Et, de plus, disais-je à mon père avec qui j&rsquo;avais ce genre de conversations, quand je pense à la véritable peine, au chagrin que me causent ces personnes me regardant avec méfiance, hostilité, mais intérêt aussi &#8211; pourquoi ne me repoussent-elles pas ? Pourquoi sont-elles si curieuses de moi ? -, je m&rsquo;étonne qu&rsquo;elles ne prennent jamais, par ailleurs, la mesure de mon courage. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais c&rsquo;était peut-être la mesure que prenait tante Amélie en me regardant de manière circonspecte.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Au coeur d&rsquo;un été tout en or&nbsp;&raquo;, Anne Serre, Mercure de France.</strong></em></p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Coup de spleen sur l&#8217; &#171;&#160;American way of life&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/28/coup-de-spleen-sur-l-american-way-of-life/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/28/coup-de-spleen-sur-l-american-way-of-life/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Nov 2018 08:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA["Des raisons de se plaindre"]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Jeffrey Eugenides est de retour ! Profitons-en ! L&#8217;auteur américain, lauréat du prix Pulitzer, excusez du peu, écrit un livre&#8230; tous les neuf ans. Après &#171;&#160;Virgin suicides&#160;&#187; ( salué par la critique et adapté au cinéma par Sofia Coppola), &#171;&#160;Middlesex&#160;&#187; et &#171;&#160;Le roman du mariage&#160;&#187;, le sexagénaire est de retour avec un premier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><strong>Jeffrey Eugenides</strong> est de retour ! Profitons-en ! L&rsquo;auteur américain, lauréat du prix Pulitzer, excusez du peu, écrit un livre&#8230; tous les neuf ans. Après <strong>&laquo;&nbsp;Virgin suicides&nbsp;&raquo; </strong>( salué par la critique et adapté au cinéma par Sofia Coppola), <strong>&laquo;&nbsp;Middlesex&nbsp;&raquo;</strong> et <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/07/lintrigue-conjugale-sous-reagan-par-jeffrey-eugenides/"><strong>&laquo;&nbsp;Le roman du mariage&nbsp;&raquo;</strong></a>, le sexagénaire est de retour avec un premier recueil de nouvelles <strong>&laquo;&nbsp;Des raisons de se plaindre&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DES-RAISONS.jpg" rel="lightbox[4446]"><img class="alignleft wp-image-4447 size-medium colorbox-4446" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DES-RAISONS-197x300.jpg" alt="DES RAISONS" width="197" height="300" /></a>Nouveau format donc pour celui qui nous parle de l&rsquo;Amérique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Toujours. Les dix nouvelles réunies dans son recueil ont été écrites et publiées ( dans le New Yorker) au fil des trente dernières années.</p>
<p>Là, souvent réécrites ou lissées, indiquent des journalistes, elles évoquent des illusions perdues, nous font rencontrer des couples dysfonctionnels, et une middle-class américaine perdue&#8230; entre consumérisme et perte des valeurs morales. Bref, gros coup de spleen sur les USA !</p>
<p>J&rsquo;ai préféré les plus récentes des nouvelles compilées là. A chaque nouvelle histoire, le ou les personnages principaux ( en majorité des hommes, donc), se trouvent à un carrefour de leur existence. Ils ont fait des choix, ou subissent ceux faits à leur insu. Font, dès lors, preuve de mauvaise foi, ou déni&#8230; ou de culpabilité.</p>
<p><span id="more-4446"></span></p>
<p>Tous aussi ont des questions prosaïques à régler : l&rsquo;argent est au coeur de toutes ces nouvelles ou presque. Qu&rsquo;ils en rêvent, qu&rsquo;ils en manquent, qu&rsquo;ils le volent ou trouvent des stratagèmes pour le détourner. Mais rien ne se passe jamais comme prévu&#8230;</p>
<div><strong>Si vous n&rsquo;avez jamais vu le film &laquo;&nbsp;Virgin suicides&nbsp;&raquo;, voici la bande-annonce diffusée à l&rsquo;époque</strong></div>
<div id="blogvision"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=3942.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Virgin suicides</a><br />
<a href="http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19466934&amp;cfilm=3942.html"><strong>Virgin suicides</strong> Bande-annonce VO</a></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 109 dans &laquo;&nbsp;Musique ancienne&nbsp;&raquo; : </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Les femmes qui travaillent vraiment ne manquaient pas. Rebecca n&rsquo;était pas l&rsquo;une d&rsquo;elles voilà tout. Aujourd&rsquo;hui, dès qu&rsquo;une femme exerçait une activité, on disait qu&rsquo;elle travaillait. Un homme confectionnant des souris en peluche était considéré, au mieux, comme pourvoyant mal aux besoins de sa famille, au pire, comme un minable. Alors qu&rsquo;une femme titulaire d&rsquo;une maîtrise et d&rsquo;un quasi-doctorat en musicologie, et qui cousait à la main des rongeurs parfumés micro-ondables, était à présent considérée ( surtout par ses amies mariées) comme un entrepreneur&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 205-206 dans &nbsp;&raquo; Des jardins capricieux &nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;idée de ce quinquagénaire corpulent se jetant du haut d&rsquo;une falaise, Maria la trouve comique. Les yeux de Malcolm sont humides, elle le voit, mais la sincérité de son émotion ne fait que le lui rendre plus lointain encore. C&rsquo;est peut-être vrai qu&rsquo;il a envisagé de se suicider, c&rsquo;est peut-être vrai que ce repas ( comme il le soutient) le ramène maintenant à la vie, mais c&rsquo;est une erreur de penser qu&rsquo;elle, qui le connaît à peine, puisse partager sa peine ou sa joie. Un instant, elle se reproche son manque de compassion pour Malcolm ( avec des trémolos dans la voix, il décrit &laquo;&nbsp;les jours très sombres&nbsp;&raquo; qui ont suivi le départ de sa femme), mais cet instant passe vite. Inutile de se voiler la face : elle ne ressent rien. Elle donne un petit coup de pied à Annie sous la table. Annie esquisse un sourire puis se cache la bouche derrière sa serviette. Maria frotte son pied contre le mollet d&rsquo;Annie. Annie retire sa jambe Maria ne la trouve plus. Elle la cherche du bout de sa chaussure et guette le regard d&rsquo;Annie pour pouvoir lui faire un clin d&rsquo;oeil, mais Annie garde les yeux rivés sur une assiette.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 231 dans &laquo;&nbsp;Fondements nouveaux&nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Comme la plupart des honnêtes gens, Kendall rêvait parfois de commettre des actes illicites. Mais les jours qui suivirent, il se surprit à nourrir ces rêves avec une assiduité suspecte. Comment détournait-on de l&rsquo;argent quand on voulait le faire bien ? Quelles étaient les erreurs les plus fréquentes ? Comment se faisait-on prendre et à quelles sanctions s&rsquo;exposait-on ? &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Des raisons de se plaindre&nbsp;&raquo;, de Jeffrey Eugenides, les Editions de l&rsquo;Olivier, 22,50€. Traduction de Olivier Deparis.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au bord des lacs, la rudesse des sentiments</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/12/au-bord-des-lacs-la-rudesse-des-sentiments/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/12/au-bord-des-lacs-la-rudesse-des-sentiments/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 07:58:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  &#160; On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&#8217;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs. Là, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="alignleft wp-image-4438 size-medium colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS-204x300.jpg" alt="SOUPLESSE OS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&rsquo;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs.</p>
<p>Là, on suit <strong>D.W. Wilson</strong>, un auteur trentenaire qui, après un premier roman, signe là un recueil de nouvelles passionnant,<strong> &laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p>C&rsquo;est là que nous croisons une dizaine de personnages qui, au fil de ce recueil de douze nouvelles, se croisent. Se quittent. Se battent. S&rsquo;expliquent. Ou, au contraire, ne trouveront jamais les mots&#8230;</p>
<p>Des pères et leurs fils, des amis, des frères&#8230; Un monde où les hommes sont rudes, taiseux, virils&#8230; et pas toujours fins. Vulnérables aussi. Mais également dignes, obstinés.</p>
<p>Les bonnes intentions se transforment parfois en échecs cuisants, les non-dits gâchent des vies&#8230;</p>
<p>Au final, des histoires qui, mises bout à bout, peuvent se lire comme un roman ou, au choix, comme une succession de bouts de vie rondement menée. Bien écrites.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4442" style="width: 588px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="wp-image-4442 size-full colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" alt="QUEBEC" width="578" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Dans un parc, au Québec, que j&rsquo;ai arpenté en septembre 2017.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4436"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 (&laquo;&nbsp;Sédiments&nbsp;&raquo;) :</strong> [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Mais c&rsquo;est l&rsquo;été, que voulez-vous. L&rsquo;été comme moi, je le vis. Ces nuits-là sont courtes et certains soirs, je m&rsquo;endors, je me réveille et je rêve, sous mon porche, en attendant que l&rsquo;aube taquine la cime des montagnes. Bellows est le seul à avoir jamais pris ma défense. Même mon père, paix à son âme, n&rsquo;a jamais eu ce cran-là. Lorsque la nuit bat en retraite et que l&rsquo;aube se pare de cobalt, je regagne ma maison d&rsquo;un pas traînant et je mets de la musique pour chasser la solitude. Je me sers un verre. Il reste certainement des choses que Bellows et moi, on a enfouies en nous, mais ce bateau-là, si je reprends une expression paternelle, est rentré au port. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà comment j&rsquo;imagine nos adieux : la veille de son départ on monte dans la Camaro et on fonce comme des dingues à travers la carrière tous phares éteints, et on braille, on se marre, on s&rsquo;embrasse et on multiplie les dérapages contrôlés et à la fin on a soulevé tellement de gravillons qu&rsquo;on croirait qu&rsquo;une tornade est passée derrière nous.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 110 (&laquo;&nbsp;C&rsquo;te crevure de vache&nbsp;&raquo;) :</strong><em>[&#8230;] Le plan de Biff : localiser le gamin en passant le lac gelé au peigne fin, quitte à retourner toute la Colombie-Britannique, même les étendues glacées du Grand Nord s&rsquo;il le fallait, et lui mettre une petite tape sur le genou. C&rsquo;était le minimum : personne d&rsquo;autre n&rsquo;avait jamais levé le petit doigt pour lui sauver la vie. Car le gamin lui avait sauvé la vie, oui, sur une exploitation agricole dans les Prairies, et il n&rsquo;avait pas plus de treize ans à l&rsquo;époque. Biff avait déjà frôlé la mort, plus d&rsquo;une fois – il avait failli se noyer dans la rivière Kicking Horse et chopé une pneumonie gravissime à onze ans –, mais seul le gamin s&rsquo;était jeté sous les sabots d&rsquo;un taureau déchaîné, pour reprendre le proverbe, à deux trois détails près.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 180 (&laquo;&nbsp;L&rsquo;écho au fond de la vallée&nbsp;&raquo;) :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Winch atteignit un point de non-retour. Une énorme pression le propulsa vers l&rsquo;avant. Son père portait un T-shirt gris au tissu élimé et au col troué, un jean aussi crasseux que celui d&rsquo;un poivrot. Il avait les yeux rougis, fous, exorbités. Winch avança à grandes enjambées, chassa du pied une pile de livres et, prenant son élan, il se rua sur son père, le saisit par le cou et le plaqua contre le mur en Placoplâtre. Il banda ses muscles et son bras nu, perlé de gouttes, se raidit. Son père agrippa l&rsquo;étau de ses doigts, tira dessus. La scène de bagarre entre ses parents à laquelle il avait assisté se rejouait, les pupilles de son père qui s&rsquo;étrécissaient, ses gestes qui devenaient frénétiques. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Winch gifla son père du revers de la main, si fort qu&rsquo;il s&rsquo;ouvrit les jointures des doigts.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;, D.W. Wilson, Editions de l&rsquo;Olivier, 23 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;autopsie de la girafe et autres bizzareries&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/09/14/lautopsie-de-la-girafe-et-autres-bizzareries/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/09/14/lautopsie-de-la-girafe-et-autres-bizzareries/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2016 20:30:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
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		<description><![CDATA[  Plonger dans un roman, en général court, ou un recueil de nouvelles de Yôko Ogawa est toujours une expérience. Et pour cause. L&#8217;auteure japonaise, née en 1962, a su inventer, au fil des livres, un univers à l&#8217;atmosphère bien particulière. Les enfants y côtoient souvent les personnes âgées, tous mus par une envie de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OGAWA.jpg" rel="lightbox[3667]"><img class="alignleft size-full wp-image-3669 colorbox-3667" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OGAWA.jpg" alt="OGAWA" width="120" height="228" /></a>  Plonger dans un roman, en général court, ou un recueil de nouvelles de Yôko Ogawa est toujours une expérience. Et pour cause.</p>
<p>L&rsquo;auteure japonaise, née en 1962, a su inventer, au fil des livres, un univers à l&rsquo;atmosphère bien particulière. Les enfants y côtoient souvent les personnes âgées, tous mus par une envie de transmission et une quête de confiance. Les animaux ne sont jamais loin, la mort aussi y a sa place, décrite comme une avancée paisible&#8230;</p>
<p>Et puis il y a la mélancolie, la nostalgie, vite rattrapées par le surnaturel, l&rsquo;étrange, le bizarre qui s&rsquo;emparent du quotidien et qui transforment ces petites histoires en aventures assez curieuses.</p>
<p>Le nouveau recueil de Yôko Ogawa, &laquo;&nbsp;Jeune fille à l&rsquo;ouvrage&nbsp;&raquo; n&rsquo;y échappe pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3667"></span></p>
<p>Au fil des pages, dix nouvelles. Dix histoires imbibées de magie, toujours à la limite du monde tangible. Reste juste à se laisser prendre par les mots de l&rsquo;auteure. Ce recueil a été publié il y a vingt ans déjà au Japon.  A survoler la bibliographie d&rsquo;Ogawa, on compte encore vingt-deux livres parus dans les librairies nippones et non encore traduits chez nous ! Largement de quoi aller plus loin encore dans la découverte de l&rsquo;écriture simple mais percutante de cette auteure.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 120  ( dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;encyclopédie&nbsp;&raquo;) :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai enfoncé profondément mes dix doigts sous mes sourcils. Les os me gênaient, mais le bout de mes doigts a glissé plus facilement que je ne le pensais derrière mes globes oculaires. Et après une expiration j&rsquo;ai tiré vers l&rsquo;avant. Il ne m&rsquo;a pas fallu beaucoup de force. Mes paupières ont papillonné une ou deux fois et mes yeux n&rsquo;ont pas tardé à se retrouver sur mes paumes. La sensation était tiède et moite.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 145 (dans &laquo;&nbsp;L&rsquo;autopsie de la girafe&nbsp;&raquo;) : </strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai commencé à faire du jogging sept jours après avoir avorté. Suivant les conseils de l&rsquo;infirmière, j&rsquo;étais restée cinq jours sans travailler, à somnoler toute la journée dans mon lit. Sans faire un pas hors de chez moi, ni prendre un bain.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 214 (dans &laquo;&nbsp;La crise du troisième mardi&nbsp;&raquo;) : </strong><em>&laquo;&nbsp;Bien sûr je savais que ce n&rsquo;était pas par amour mais qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de sa façon de faire. Je comprenais beaucoup de choses alors que j&rsquo;étais censée ne rien savoir de ce que les hommes font dans ces moments-là. Par exemple qu&rsquo;il obéirait aussitôt si je lui disais que je ne voulais pas, qu&rsquo;il transpirait au point que la sueur coulait le long de son dos, ou que le vent s&rsquo;étant levé, les mousses du bassin oscillaient.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>&laquo;&nbsp;Jeune fille à l&rsquo;ouvrage&nbsp;&raquo;, Yôko Ogawa, Actes Sud, 20€</strong></p>
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		<title>Dans le Wisconsin, entre le bien et le mal&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/01/25/dans-le-wisconsin-entre-le-bien-et-le-mal/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2016 09:28:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Midwest]]></category>
		<category><![CDATA[Nickolas Butler]]></category>
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		<description><![CDATA[Partons en voyage ! Loin, dans le Midwest et plus précisement à travers le Wiscosin. Aux Etats-Unis, donc. Notre guide ? Nickolas Butler. Auteur du très réussi &#171;&#160;Retour à Little Wing&#160;&#187;, ce jeune auteur de 36 ans est de retour avec ce recueil de nouvelles. Né en Pennsylvanie, ses écrits ont paru dans diverses revues. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENDEZ-VOUS.jpeg" rel="lightbox[3421]"><img class="alignleft wp-image-3427 size-medium colorbox-3421" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENDEZ-VOUS-193x300.jpeg" alt="RENDEZ-VOUS" width="193" height="300" /></a> Partons en voyage ! Loin, dans le Midwest et plus précisement à travers le Wiscosin. Aux Etats-Unis, donc. Notre guide ? <strong>Nickolas Butler</strong>. Auteur du très réussi <strong>&laquo;&nbsp;Retour à Little Wing&nbsp;&raquo;</strong>, ce jeune auteur de 36 ans est de retour avec ce recueil de nouvelles.<br />
Né en Pennsylvanie, ses écrits ont paru dans diverses revues. Diplômé de l&rsquo;Université du Wisconsin et de l&rsquo;atelier de l&rsquo;écrivain Iowa, <strong>Nickolas Butler</strong> vit actuellement dans le Wisconsin avec sa femme et leurs deux enfants.</p>
<p>Dix histoires, dix parcours de vie, d&rsquo;hommes et de femmes confrontés à la maladie, à l&rsquo;alcool, à la peur, à la violence, à l&rsquo;abandon, à la solitude, au temps qui passe et à l&rsquo;amour qui s&rsquo;émousse. Les aléas de la vie les confrontent à leurs idéaux. Pas simple.</p>
<p>La virée nous emmène sous la glace avec<strong> Kat</strong> et <strong>Pieter</strong>, dans une virée entre vieux amis, dans les bois chercher des champignons avec <strong>Deere</strong>, <strong>Coffee</strong> et <strong>Rimes</strong>, dans un élevage de chiens clandestin où <strong>Aida</strong> vit dans le crainte des coups de<strong> Kruk</strong>, dans une cabane où se tient, pendant des dizaines d&rsquo;heures une terrible confrontation entre un vieil idéaliste condamné par la maladie, <strong>Foreman</strong> et <strong>Hazelwood,</strong> le patron confronté à ses démons&#8230;</p>
<p><span id="more-3421"></span></p>
<p>Un recueil de nouvelles vraiment réussies sur l&rsquo;Amérique profonde. J&rsquo;avais beaucoup aimé son premier roman. Ce deuxième opus confirme son talent de &laquo;&nbsp;raconteur&nbsp;&raquo; d&rsquo;histoires. Une jolie découverte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 89</strong> ( dans <strong>&laquo;&nbsp;Rendez-vous à Crawfish Creek&nbsp;&raquo;</strong>) : <em>&laquo;&nbsp;Un jour, elle avait donné un coup de téléphone anonyme à la police, du magasin où elle travaillait. Elle avait signalé une opération illégale de combats de chiens dans une grange proche de Crawfish Creek. C&rsquo;étaient les derniers jours du printemps, et elle voulait en finir. Elle espérait que la police ferait peur à Bret et qu&rsquo;il déciderait lui-même de mettre un terme à ses activités. Le policier l&rsquo;avait écoutée et lui avait demandé son nom. Elle avait répété les renseignements sur les chiens et raccroché. Le lendemain, un véhicule de police avait débarqué sur leur allée en gravier et deux policiers avaient frappé à la porte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 139</strong> (&laquo;&nbsp;dans <strong>&laquo;&nbsp;Sous le feu de joie&nbsp;&raquo;</strong>) : <em>&laquo;&nbsp;Ils allaient au parc d&rsquo;attractions car l&rsquo;entrée était gratuite pour les anciens combattants et un psy avait dit à Duane que ce n&rsquo;était pas un mauvais endroit pour essayer de “ressentir” quelque chose sans rien dans les veines, les narines ou les poumons. Ils s&rsquo;y rendaient donc quatre fois par semaine, comme s&rsquo;ils allaient au boulot, premiers arrivés, derniers partis. Ils emballaient parfois des filles et les suivaient ensuite dans un dortoir, un motel ou une maison. Ils avalaient des cochonneries : palmiers saupoudrés  de sucre glace, saucisses sur bâtonnet, boissons gazeuses, friandises et fritures. Ils portaient un uniforme : baskets, short et débardeur mettant en valeur les biceps et les tatouages de l&rsquo;armée, les balafres de shrapnel, les marques de briquets chauffés à blanc, les lunes sombres de brûlures de cigarettes et les endroits de leur corps qu&rsquo;ils désignaient ainsi quand ils étaient soûls : “C&rsquo;est ici que Titus m&rsquo;avait attrapé l&rsquo;avant-bras. Sa main était là, exactement. Il avait une poigne tellement forte que j&rsquo;ai cru qu&rsquo;il allait me casser le bras en deux.”</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais en dépit des bonnes intentions du psy de Duane, ils n&rsquo;éprouvaient jamais grand-chose.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 244-245</strong> (dans <strong>&laquo;&nbsp;Lenteur ferroviaire&nbsp;&raquo;</strong>)<em> :</em> <em>&laquo;&nbsp;Je ne me disputais jamais avec Sunny. Elle en avait bavé dans le passé et je voulais que sa vie avec moi soit facile. Il lui arrivait de me malmener, parfois même de me coller un oeil au beurre noir, mais elle en valait la peine. Tout était mieux avec Sunny. Même lorsqu&rsquo;elle balançait de la farine plein la cuisine ou mettait accidentellement le feu aux rideaux. Etre amoureux d&rsquo;elle revenait à ça : un combat à mains nues. Elle se lançait dans toutes ses relations, armée d&rsquo;un coup-de-poing américain et, en matière d&rsquo;amour, j&rsquo;avais une mâchoire de verre. J&rsquo;étais prêt à me faire écraser pour ces soirées où elle revenait en rampant dans notre lit après avoir trainé dans les bars, son visage sur ma poitrine, ses cheveux enfumés, sa voix rauque, à vif. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Je t&rsquo;aime, disait-elle toujours. Tu devrais nous quitter, tu sais. C&rsquo;est pour ton bien que je te dis ça, tu devrais nous quitter.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Rendez-vous à Crawfish Creek&nbsp;&raquo;, de Nicholas Bulter, Autrement, 19€.</strong></em></p>
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		<title>La Russie façon Prilepine</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/05/la-russie-facon-prilepine/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/05/la-russie-facon-prilepine/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2015 08:28:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les valises sont prêtes ? A moins que vous ne soyez déjà en train de barboter&#8230; Pour certains, les vacances viennent de commencer. Pour d&#8217;autres, elles se préparent. Entre la crème scolaire, le maillot de bain et le tire-bouchon ( pour le rosé !) , il doit bien vous rester une petite place pour un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PRILEPINE.jpg" rel="lightbox[3100]"><img class="alignleft size-full wp-image-3103 colorbox-3100" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PRILEPINE.jpg" alt="PRILEPINE" width="120" height="227" /></a></em>Les valises sont prêtes ? A moins que vous ne soyez déjà en train de barboter&#8230; Pour certains, les vacances viennent de commencer. Pour d&rsquo;autres, elles se préparent. Entre la crème scolaire, le maillot de bain et le tire-bouchon ( pour le rosé !) , il doit bien vous rester une petite place pour un livre, non ?</p>
<p>Poursuivons dans nos conseils de l&rsquo;été. Après l&rsquo;espagnole <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/"><strong>Milena Busquets</strong></a>, pourquoi ne pas filer bien plus à l&rsquo;Est ? En suivant, par exemple, le russe <strong>Zakhar Prilepine</strong>.</p>
<p>Les lecteurs curieux habitués à parcourir mon blog savent que j&rsquo;apprécie particulièrement cet auteur au parcours assez peu orthodoxe. Retrouvez ici mon post sur <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/11/13/nouvelles-de-la-campagne-russe/"><strong>&laquo;&nbsp;Des chaussures pleines de vodka chaude&nbsp;&raquo;</strong> </a></p>
<p>et ici celui consacré à <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/07/14/implacables-chroniques-russes/">&laquo;&nbsp;Je viens de Russie&nbsp;&raquo;. </a></strong></p>
<p>Bref, avec <strong>&laquo;&nbsp;Une fille nommée Aglaé&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;auteur et journaliste fait ce qu&rsquo;il écrit de mieux, des nouvelles sur son pays à travers des thèmes qui lui sont chers : la figure du père, les rapports compliqués voire impossibles entre hommes et femmes, la confrontation des classes sociales, le temps qui passe&#8230;</p>
<p><span id="more-3100"></span></p>
<p>Ici, ce sont sept histoires à travers la Russie profonde qui se laissent raconter. La langue est parfois crue, cinglante. Les mots fusent. Pas de demi-mesure ni de faux-semblant.</p>
<p>Ses sept nouvelles se présentent toutes comme des tableaux. Avec un fond très noir, l&rsquo;alcool et la déveine en prime. Le fatalisme est la dérision sont de mise dans ces histoires qui se déroulent au coeur d&rsquo;une campagne abandonnée et triste.</p>
<div id="attachment_3105" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ZakharPrilepine_2-672x359.jpg" rel="lightbox[3100]"><img class="wp-image-3105 size-medium colorbox-3100" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ZakharPrilepine_2-672x359-300x160.jpg" alt="(Photo AFP)" width="300" height="160" /></a><p class="wp-caption-text">(Photo AFP)</p></div>
<p>Fils d’un professeur et d’une infirmière russes, <strong>Zakhar Prilepine</strong> termine la faculté philologique (linguistique) de l’Université d’État de Nijni Novgorod. Il a été commandant dans le service des OMON (forces spéciales de police) et a pris part à des combats en Tchétchénie entre 1996 et 1999. Membre du parti national-bolchevique de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Limonov">Limonov</a></strong>  depuis 1996, il est l’un des intellectuels protestataires les plus célèbres de Russie. Il s’est fait connaître du grand public en 2004 avec son roman <strong>« Patologii »</strong>, relatant sa guerre de Tchétchénie.Puis<strong> « San’kia »</strong>, fiction sur le terrorisme, paru en 2006, lui a valu la célébrité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 34 : &laquo;&nbsp;Une fille nommée Aglaé&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Dehors, il faisait froid, on était un 7 mars, le temps était dégueulasse. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand on cherche à arrêter un véhicule, il ne faut surtout pas gesticuler, sinon on pense que vous êtes saoul, et personne ne s&rsquo;arrête. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai trouvé un endroit entre les flaques d&rsquo;eau, et j&rsquo;ai levé la main. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Comme il n&rsquo;y a pas du tout de travail dans cette ville, tout le monde a besoin de se faire un peu de fric, et c&rsquo;est pour ça que le premier qui est passé a freiné tout de suite. Le deuxième a freiné aussi, mais trop tard. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>- Quartier Nord, ai-je dit au chauffeur en me glissant sur le siège arrière. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il n&rsquo;a pas dit son prix, mais de toute façon, chez nous, c&rsquo;est toujours cinquante roubles d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre de la ville, on n&rsquo;a donc pas à marchander. C&rsquo;est là que je me suis rappelé que je n&rsquo;avais pas d&rsquo;argent sur moi ; et pire encore, que je n&rsquo;en avais pas non plus chez moi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 154-155 : &nbsp;&raquo; L&rsquo;interrogatoire&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;La dernière fois qu&rsquo;ils avaient contrevenu à la loi, c&rsquo;était sans doute un an auparavant, lorsque dans une compagnie de hasard quelqu&rsquo;un avait proposé de faire tourner un joint – ils l&rsquo;avaient fait tourner. Alekseï aimait fumer de l&rsquo;herbe, mais n&rsquo;en achetait, semble-t-il, jamais lui-même. Novikov, en revanche, y était indifférent – il avait cessé de boire de la vodka depuis un certain temps. Il se contentait d&rsquo;un peu de bière, de vin, d&rsquo;un petit verre de cognac&#8230; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Supposer qu&rsquo;Alekseï pouvait avoir commis quelque chose dans ce genre était difficile à admettre : ils se téléphonaient presque chaque jour, Novikov connaissait tous ses revenus et ses dépenses, son cercle de connaissances ainsi que ses habitudes. Novikov avait beau chercher, il ne voyait dans la vie de son ami aucun recoin qui pût abriter un vice caché. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;était un homme souriant, tendre, un peu désordonné, dénué de toute méchanceté. Il avait été pendant toute sa jeunesse passionné de photographie, et il lisait les livres que lui passait Novikov. Si on ne les lui avait pas donnés, il n&rsquo;en aurait jamais eu connaissance. Mais il lisait toujours ce qu&rsquo;on lui proposait, comprenait tout et s&rsquo;en souvenait. Dans sa vie apparaissaient de temps en temps des filles, cependant, il s&rsquo;en séparait toujours conformément  à son caractère  – d&rsquo;une façon brouillonne, avec douceur, en souriant, sans faire de vagues.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 301 : &laquo;&nbsp;L&rsquo;ombre d&rsquo;un nuage sur l&rsquo;autre rive&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;– C&rsquo;est quoi, la jalousie ? me demande-t-elle. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je regarde, sans pouvoir détacher mes yeux, le curseur brillant de sa fermeture éclair, et parfois seulement, d&rsquo;un coup d&rsquo;oeil rapide, son ongle cassé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– C&rsquo;est quelque chose d&rsquo;autre, dis-je avec difficulté. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Dans ce cas, n&rsquo;importe quelle qualité humaine chez un homme, et la même chez la femme, doit avoir des noms différents. Il n&rsquo;y a aucune raison de désigner la jalousie masculine et la jalousie féminine par le même mot. La bêtise, la bassesse, la lâcheté et, je ne sais pas, moi, la trahison, doivent être considérées  comme des concepts différents selon que l&rsquo;on est un homme ou une femme. Tu comprends ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Non.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>– C&rsquo;est simple. Ce qui est normal pour une femme vaudrait à un homme qu&rsquo;on le tue. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Et le contraire ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle réfléchit.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Non, répondit-elle fermement. Il faut tuer un homme pour tout.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff"> Encore une virée réussie dans la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Ce que j&rsquo;aime dans l&rsquo;univers de Prilepine, c&rsquo;est le mordant des situations, le contexte social toujours décortiqué et l&rsquo;espoir toujours trop mince que cela change un peu. Pas super encourageant, me direz-vous ? Peut-être. La Russie contemporaine, quoi&#8230;</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une fille nommée Aglaé&nbsp;&raquo;, Zakhar Prilepine, Actes sud, 23€.</strong> </em></p>
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		<item>
		<title>La &#171;&#160;middle-class&#160;&#187; américaine à la loupe</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2015 08:48:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après le Japon, cap sur l&#8217;Amérique ! Celle de Russell Banks en prime. Celle d&#8217;hommes et de femmes ordinaires qui ne trouvent plus leur place dans la société ou qui se rendent compte que celle-ci ne tient plus qu&#8217;à un fil. Alors ils se lancent dans des plans voués à l&#8217;échec, des histoires ratées. Avec [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Un-membre-permanent-de-la-famille_1819.jpeg" rel="lightbox[2979]"><img class="alignleft size-full wp-image-2980 colorbox-2979" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Un-membre-permanent-de-la-famille_1819.jpeg" alt="CVT_Un-membre-permanent-de-la-famille_1819" width="256" height="450" /></a>Après le Japon, cap sur l&rsquo;Amérique ! Celle de <strong>Russell Banks</strong> en prime. Celle d&rsquo;hommes et de femmes ordinaires qui ne trouvent plus leur place dans la société ou qui se rendent compte que celle-ci ne tient plus qu&rsquo;à un fil. Alors ils se lancent dans des plans voués à l&rsquo;échec, des histoires ratées.</p>
<p>Avec<strong> &laquo;&nbsp;Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;auteur américain dont l&rsquo;oeuvre est traduite dans vingt langues, nous évoque en douze nouvelles la &laquo;&nbsp;middle-class&nbsp;&raquo; d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, de New-York à Miami.</p>
<p>Né en 1940, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks"><strong>Russell Banks</strong></a>, est  l’un des écrivains majeurs de sa génération. <strong>Président du Parlement international des Ecrivains,</strong> il est également membre de la prestigieuse American Academy of Arts and Letters.</p>
<h4 style="text-align: center">Familles éclatées</h4>
<p>Treize ans que cet auteur n&rsquo;avait pas publié de recueil de nouvelles. Pour lui, l&rsquo;exercice est très différent de l&rsquo;écriture d&rsquo;un roman. Il compare ce dernier à<strong> &laquo;&nbsp;un mariage&nbsp;&raquo;</strong>, celle de la nouvelle s&rsquo;apparentant à une<strong> &laquo;&nbsp;liaison&nbsp;&raquo;. &nbsp;&raquo; C&rsquo;est bref, intense, il faut se concentrer&nbsp;&raquo;, expliquait-il cet hiver à l&rsquo;antenne de France Culture.</strong></p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;</strong>, nous voilà happés dans douze histoires. Douze destins. Douze histoires avec cependant la même toile de fond : un contexte compliqué, une famille éclatée, des difficultés matérielles ou morales&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left"> Les histoires sont donc multiples. Ici un ancien Marine arrêté par ses propres fils après avoir braqué une banque, là, la mort d&rsquo;un chien qui achève de distendre les liens entre un père et ses filles après le divorce, ou encore une femme, noire, enfermée malgré elle dans le parking d&rsquo;une concession automobile sur lequel un pitbull monte la garde&#8230;  Sans oublier l&rsquo;histoire de cet artiste reconnu enfin par un prix international ou encore celle d&rsquo;Isabel, qui vient de perdre son mari et qui entend s&rsquo;installer définitivement à Miami, loin des montagnes et du froid.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 37</strong> : &nbsp;&raquo; Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Personne, évidemment, n&rsquo;a reproché à Sarge d&rsquo;avoir rejeté la garde alternée et d&rsquo;avoir du même coup brisé notre famille. En tout cas, pas consciemment. En réalité, à cette époque où la famille commençait à se défaire, aucun d&rsquo;entre nous ne soupçonnait à quel point nous dépendions de Sarge pour continuer à ne pas voir la fragilité,l&rsquo;impermanence même de notre famille. Aucun d&rsquo;entre nous ne savait qu&rsquo;elle nous aidait à différer l&rsquo;éclatement de notre colère, à repousser notre besoin de coupable, à qui reprocher la séparation et le divorce, la destruction de l&rsquo;unité familiale, la perte de notre innocence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 68</strong> : &laquo;&nbsp;Transplantation&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Quand il vous arrive un truc épouvantable et que c&rsquo;est votre faute, bon sang, on n&rsquo;en fait pas son deuil, se dit-il. Ce qui s&rsquo;est passé, c&rsquo;est à vous de vivre avec. Il avait traversé seul ses trois crises cardiaques, une opération à coeur ouvert pour un pontage coronarien et, un an plus tard, la détérioration du coeur même. Et maintenant la transplantation. Tout cela, d&rsquo;une certaine manière, résultait du fait qu&rsquo;il avait détruit la seule chose vraiment bien qui lui soit arrivée, son mariage avec Janice. Ni les crises cardiaques, ni le pontage ni la transplantation n&rsquo;auraient eu lieu, pensait-il, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu le divorce. C&rsquo;était une superstition, il le savait, mais il ne pouvait s&rsquo;en défaire.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 175 :</strong> &laquo;&nbsp;Les Outer Banks&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;La quincaillerie ne lui avait pas manqué une seule fois, de même que la banque n&rsquo;avait jamais manqué à Alice. Ils avaient attendu la retraite avec impatience, et une fois qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient atteinte, elle leur avait bien plu, tel un lieu de vacances où ils auraient décidé de séjourner toute l&rsquo;année. N&rsquo;ayant pas d&rsquo;enfants ni de petits-enfants ni d&rsquo;autres parents proches, ils étaient aussi libres que des oiseaux. Des “oiseaux des neiges”, comme on les avait appelés e, Floride et là-bas en Arizona. Quand ils étaient partis de chez eux, leur chienne Rosie était déjà vieille – dix ans ou peut-être onze, il n&rsquo;était pas sûr du chiffre. Il l&rsquo;avait trouvée à la fourrière, mais, bon sang, il n&rsquo;avait pas imaginé qu&rsquo;elle allait mourir comme ça&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Des années que je n&rsquo;avais plongé dans un ouvrage de Russell Banks ! J&rsquo;en ai lu un bon paquet et ai retrouvé avec plaisir l&rsquo;écriture et les histoires de cet auteur américain en prise avec les classes moyennes et pauvres de son pays. Un régal que ce recueil de nouvelles ! Russell Banks excelle à nous emmener dès la première page dans une histoire simple et compliquée à la fois. Pleine d&rsquo;empathie pour des hommes et des femmes souvent empêtrés dans leurs soucis, leur solitude, leur ras-le-bol. Un bon moyen, pour ceux qui ne l&rsquo;ont encore jamais lu, de découvrir l&rsquo;univers de l&rsquo;auteur.</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>&laquo;&nbsp;Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;, Russell Banks, Actes sud, 22€. </em></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Nouvelles traduites de l&rsquo;américain par Pierre Furlan.</em></strong></p>
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		<title>S&#8217;abandonner à vivre en 19 leçons</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2014 07:28:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ah !Des nouvelles ! En France, le genre n&#8217;occupe pas les têtes de gondoles. Un genre mineur ? Pourtant non. Il requiert une imagination folle et un sens de la construction maitrisé. Aux Etats-Unis par exemple, les auteurs de nouvelles sont particulièrement salués alors que de ce côté de l&#8217;Atlantique, cet art tombe en désuétude. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ah !Des nouvelles ! En France, le genre n&rsquo;occupe pas les têtes de gondoles. Un genre mineur ? Pourtant non. Il requiert une imagination folle et un sens de la construction maitrisé. Aux Etats-Unis par exemple, les auteurs de nouvelles sont particulièrement salués alors que de ce côté de l&rsquo;Atlantique, cet art tombe en désuétude. Dommage.</p>
<p>Histoire de vous donner goût à ces histoires courtes, je vous invite à plonger dans le recueil de nouvelles de <strong>Sylvain Tesson</strong>, le voyageur écrivain. Il signe avec <strong>&laquo;&nbsp;S&rsquo;abandonner à vivre&nbsp;&raquo;</strong> dix-neuf nouvelles d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs qui nous parlent de la vie, du destin qu&rsquo;on ne contrôle pas.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TESSON-Sylvain-COUV-Sabandonner-à-vivre.jpg" rel="lightbox[2397]"><img class="alignleft  wp-image-2400 colorbox-2397" style="margin: 10px" alt="TESSON Sylvain COUV S'abandonner à vivre" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TESSON-Sylvain-COUV-Sabandonner-à-vivre.jpg" width="419" height="614" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sylvain Tesson</strong> ? Un aventurier qui découvre l’aventure en Islande puis à Bornéo au début des années 90. Ensuite, étudiant, il boucle un tour du monde à vélo avec Alexandre Poussin. D&rsquo;autres voyages, d&rsquo;autres découvertes suivront. Auteur d&rsquo;articles, présentateur d&rsquo;émission, Sylvain Tesson a donné également de très nombreuses conférences.  En 2010, il  choisit de passer six mois au bord du Lac Baïkal en Russie pour vivre au plus près de la nature et dans la solitude, il en écrira, <strong>&laquo;&nbsp;Dans les forêts de Sibérie&nbsp;&raquo;, </strong>qui obtiendra d&rsquo;ailleurs le prix Médicis Essai en 2011.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil de ces dix-neuf histoires ? La vie. Et l&rsquo;auteur d&rsquo;expliquer, dans sa quatrième de couverture : <strong><em>&nbsp;&raquo; Devant les coups du sort il n&rsquo;y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l&rsquo;ont fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s&rsquo;abandonne à vivre. C&rsquo;est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p><span id="more-2397"></span></p>
<p>Pas question donc de vous raconter chacune de ces nouvelles par le menu. Vous y plongerez plus volontiers.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 38 (La gouttière)</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Ce trimestre-là, le sort nous avait souri. Le docteur suivait une formation pour décrocher un diplôme de médecine tropicale. Toutes les deux semaines, il s&rsquo;absentait trois jours pour des séminaires dans un Novotel périphérique où l&rsquo;on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres et où ses professeurs l&rsquo;initiaient aux mystères de la bilharziose et des cycles de reproduction de la mouche filaire. Il partait le jeudi, j&rsquo;arrivais sur ses pas, il rentrait le dimanche, juste après mon départ. Rien de sordide dans cette valse, j&rsquo;étais organisé comme un amant suisse et Marianne avait le coeur compartimenté, les cloisons de la conscience parfaitement étanches. L&rsquo;essentiel dans une double vie, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne soit jamais trois à la vivre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 141 (L&rsquo;ermite)</strong> :<em> &laquo;&nbsp;S&rsquo;accouder au bastingage d&rsquo;un bateau est aussi agréable que se tenir au comptoir d&rsquo;un bistro, les yeux sur les taches rondes laissées par les verres. La Lena coupait la taïga. Il restait deux mille kilomètres jusqu&rsquo; à la mer des Laptev. Le navire, un bateau à vapeur de l&rsquo;époque brejnévienne, marchait à huit noeuds. Les Russes le mettaient en service pendant la saison d&rsquo;été. Ces hommes avaient supporté le communisme pendant soixante-dix ans et continuaient à entretenir des machines hors d&rsquo;âge. Les Russes n&rsquo;ont aucun respect pour leur propre existence mais un sens pathologique de la conservation des objets.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 201-202 ( Le train)</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Tout ce qui bouleverse la vie advient fortuitement. Le destin ressemble à ces seaux d&rsquo;eau posés en équilibre sur la tranche des portes. On entre dans la pièce, on est trempé. Ainsi va l&rsquo;existence. J&rsquo;ai été initié à la vérité du “pofigisme” le soir où je m&rsquo;y attendais le moins. </em></p>
<p style="text-align: left">Pofigisme<em> n&rsquo;a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l&rsquo;absurdité du monde et l&rsquo;imprévisibilité des événements. Le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qu&rsquo;il advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l&rsquo;inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu&rsquo;on s&rsquo;agite dans l&rsquo;existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d&rsquo;argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l&rsquo;élan. Ils s&rsquo;abandonnent à vivre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les Russes sont tous atteints à des degrés divers par cette torpeur métaphysique. Les Européens de l&rsquo;Ouest, eux, ont oublié ce qu&rsquo;ils doivent au stoïcisme, à Marc Aurèle, à Epictète. Ils méprisent ce penchant à l&rsquo;inertie. Ils lui donnent le nom de fatalisme, font la moue devant la passivité slave et repartent vaquer à leurs occupations, les manches retroussées et les sourcils froncés. L&rsquo;Europe de Schengen est peuplée de hamsters affairés qui, dans leur cage de plastique tournant sur elle-même, ont oublié les vertus de l&rsquo;acceptation du sort.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Voilà un réjouissant recueil de nouvelles ! Je ne connaissais pas Sylvain Tesson. Je découvre une très jolie plume, je voyage sans lâcher mon livre et découvre qu&rsquo;il ne sert à rien de lutter contre le sort. Une jolie découverte en somme. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;S&rsquo;abandonner à vivre&nbsp;&raquo; (nouvelles), Sylvain Tesson, Gallimard, 17,90€.</strong> </em></p>
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		<item>
		<title>Ces histoires que l&#8217;on cache&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/07/24/ces-histoires-que-lon-cache/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Jul 2013 06:07:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;ombre ou au soleil, voilà un recueil de nouvelles qui devrait vous plaire ! Avec &#171;&#160;Nos gloires secrètes&#160;&#187;, Tonino Benacquista nous revient en forme. Au fil de ses six nouvelles, le lecteur plonge dans des histoires secrètes. Celles que l&#8217;on cache, celles que l&#8217;on n&#8217;a pas dites. Les personnages de ces six histoires ont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/gloires.jpg" rel="lightbox[1902]"><img class="alignleft size-full wp-image-1907 colorbox-1902" style="margin: 10px" alt="gloires" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/gloires.jpg" width="462" height="280" /></a>A l&rsquo;ombre ou au soleil, voilà un recueil de nouvelles qui devrait vous plaire ! Avec<strong> &laquo;&nbsp;Nos gloires secrètes&nbsp;&raquo;</strong>,<strong> Tonino Benacquista</strong> nous revient en forme. Au fil de ses six nouvelles, le lecteur plonge dans des histoires secrètes. Celles que l&rsquo;on cache, celles que l&rsquo;on n&rsquo;a pas dites.</p>
<p>Les personnages de ces six histoires ont un point commun : leur vie intérieure est bien plus exaltante que leur vie quotidienne. Et leur part d&rsquo;ombre n&rsquo;est rien en comparaison de leur part lumineuse, nous dit la quatrième de couverture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1902"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BENACQUISTA.jpg" rel="lightbox[1902]"><img class="alignleft  wp-image-1909 colorbox-1902" style="margin: 10px" alt="BENACQUISTA" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BENACQUISTA.jpg" width="117" height="158" /></a>L&rsquo;auteur, <strong>Tonino Benacquista</strong>, est un touche-à-tout talentueux. Né en 1961, issu d&rsquo;une famille d&rsquo;émigrés italiens; <strong>Tonino Benacquista</strong> entame des études de littérature et de cinéma avant de les interrompre pour enchaîner plusieurs petits boulots dont il se sert comme source d&rsquo;inspiration pour ses premiers romans, résolument noirs : il sera accompagnateur de nuit aux Wagons-lits (<strong>&laquo;&nbsp;La Maldonne des sleepings&nbsp;&raquo;</strong> en 1989), accrocheur de toiles dans une galerie d&rsquo;art contemporain (<strong>&laquo;&nbsp;Trois carrés rouges sur fond noir&nbsp;&raquo;</strong>, 1990) ou parasite mondain (<strong>&laquo;&nbsp;Les Morsures de l&rsquo;aube&nbsp;&raquo;</strong>, 1992).</p>
<p>En 1991, sa carrière d&rsquo;auteur décolle : <strong>&laquo;&nbsp;La Commedia des ratés&nbsp;&raquo;</strong> rafle trois prix littéraires. Dès lors l&rsquo;auteur mutiplie les projets, en bande dessinée, à la télé, au théâtre. Parallèlement, <strong>Benacquista</strong> fait son entrée dans le monde du cinéma. En 2001, <strong>&laquo;&nbsp;Les morsures de l&rsquo;aube&nbsp;&raquo;</strong> réalisé par Antoine de Caunes, est adapté sur grand écran. La même année, il coécrit avec <strong>Jacques Audiard</strong> le scénario de<strong> &laquo;&nbsp;Sur mes lèvres&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Auteur d&rsquo;une vingtaine de romans, pièces et autres BD,<strong> Tonino Benacquista</strong> a su trouvé sa place auprès du grand public des lecteurs.</p>
<p>Avec<strong> &laquo;&nbsp;Nos gloires secrètes&nbsp;&raquo;</strong>, il revient aux nouvelles, exercice littéraire difficile s&rsquo;il en est, trop souvent boudé des lecteurs français d&rsquo;ailleurs. Dommage.</p>
<p><strong>L&rsquo;histoire ? Ou plutôt les histoires, ce sont celles d&rsquo;un meurtrier anonyme, d&rsquo;un poète vengeur, d&rsquo;un parfumeur amoureux, d&rsquo;un antiquaire combattant, d&rsquo;un enfant silencieux et enfin d&rsquo;un milliardaire misanthrope.</strong></p>
<p>La première des nouvelles, <strong>&laquo;&nbsp;Meurtre dans la rue des Cascades&nbsp;&raquo;</strong>, est à mon avis, la meilleure des six. La plus longue aussi. Celle d&rsquo;un<em> &laquo;&nbsp;homme de la rue&nbsp;&raquo;</em> qui, une nuit, au hasard d&rsquo;une énième beuverie, tue un homme. Il vit des jours, des mois et des années avec le poids de son acte. Sans rien oublier pourtant tandis que l&rsquo;histoire rebondit avant de sombrer presque dans l&rsquo;oubli. Mais comment faire pour ne pas être dépossédé même du pire de ses actes quand le secret s&rsquo;impose ? Entre culpabilité et fierté, le personnage, représentant en matériel de bricolage, navigue à vue.</p>
<p>Dans<strong> &laquo;&nbsp;L&rsquo;origine des fonds&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;histoire d&rsquo;un petit garçon qui, devenu adulte, parolier à succès et très riche, retrouve celui qui, il y a longtemps, avec d&rsquo;autres camarades, l&rsquo;a humilié à jamais.</p>
<p>Suit <strong>&laquo;&nbsp;Le parfum des femmes&nbsp;&raquo;, </strong>ou l&rsquo;histoire d&rsquo;un vieil homme très solitaire, un célèbre nez, qui dans son appartement trop grand voudrait sentir sa jeune voisine Louise&#8230;</p>
<p>Autre univers avec <strong>&laquo;&nbsp;Le rouge, le rose et le fuschia&nbsp;&raquo;</strong>. Chez un antiquaire, un couple s&rsquo;interroge sur une photo&#8230; Puis, avec <strong>&laquo;&nbsp;Patience d&rsquo;ange&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;auteur s&rsquo;interroge sur les maux d&rsquo;un enfant qui a choisi de ne pas correspondre à ce qu&rsquo;attendent de lui ses parents si parfaits.</p>
<p>Enfin, la dernière nouvelle, ma préférée avec la première, nous parle d&rsquo;un misanthrope qui, le soir de ces cinquante ans;, fait appel à un <strong>&laquo;&nbsp;Aboyeur&nbsp;&raquo;</strong> pour annoncer les invités à sa fête. Qui ne viendront finalement pas&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 14 (</strong>dans<strong> Meurtre dans la rue des Cascades</strong>) :<em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai menti. Je ne suis pas l&rsquo;homme de la rue. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pendant près de cinquante ans, j&rsquo;ai tout fait pour en devenir un et cacher à ma famille une terrible vérité. Pour eux j&rsquo;étais cet être ordinaire, époux aimant, père honnête, incapable de mentir ou de garder un secret. Quelle duplicité : Comment ai-je pu les berner si longtemps ? Dans le sens littéral du terme, je suis un mythe. </em>Un personnage ayant une réalité historique mais transformé par la légende.<em> On a écrit tant de pages sur moi, naguère. J&rsquo;ai été au centre de toutes les conversations. On m&rsquo;a cherché à tous les coins de rue. J&rsquo;en aurais signé, des autographes, si le monde avait su qui j&rsquo;étais vraiment.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 155</strong> (dans <strong>Patience d&rsquo;ange</strong>) : <em>&laquo;&nbsp;Depuis la maladie de leur enfant, ses parents veillaient au bon usage du mot malheur et de ses synonymes. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pour avoir été de ceux qui crient à la catastrophe à la moindre contrariété, ils ne toléraient plus, après avoir pleuré pour de bon, que l&rsquo;on confonde mauvaise passe et adversité. L&rsquo;homme prompt à invoquer la disgrâce est rarement à la hauteur des afflictions qu&rsquo;il prétend subir. Angoisse, dites-vous ? Contentez-vous d&rsquo;une bonne inquiétude, l&rsquo;angoisse n&rsquo;est pas dans vos moyens, priez pour en être épargné. Dévasté pour une peine de coeur ? Prétentieux que vous êtes, s&rsquo;il en était des douleurs morales comme des physiques on vous traiterait de douillet, de poltron. Et faut-il être lâche pour oser mettre en avant la fatalité afin de se dédouaner de ses échecs ! Méfiez-vous, la malédiction ne se fait connaître que si on la convoque. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 182 </strong>( dans<strong> L&rsquo;aboyeur</strong>) :<em> &laquo;&nbsp;– Gaspard Froment, mon ami de toujours, mon vieux Gaspard ! Comment pourrait-il ne pas venir ? Au lycée déjà nous étions inséparables ! C&rsquo;est le fidèle parmi les fidèles. Mon canal historique à lui tout seul. Quand il m&rsquo;arrive d&rsquo;oublier une anecdote sur ma propre enfance, c&rsquo;est lui que l&rsquo;appelle. Si quelqu&rsquo;un devait un jour raconter l&rsquo;histoire de ma vie, ce serait lui, comme je saurais raconter la sienne. Pas le moindre contentieux entre nous, pas de cadre dans le placard, pas de vieille rancune. Après tout ce temps, il nous arrive de nous en étonner. Parfois, sous couvert de notre amitié de quarante ans, il s&rsquo;autorise à aller un peu loin&#8230; Vous savez, le fameux devoir d&rsquo;ingérence des amis de toujours. Il a le droit, selon lui, de me dire la vérité. Et il s&rsquo;en targue auprès de ceux qui n&rsquo;ont pas cette légitimité.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Tout recueil de nouvelles a ses faiblesses. Celui-ci n&rsquo;y fait pas exception. Les nouvelles de Tonino Benacquista sont inégales. Et alors ? L&rsquo;ensemble se lit très bien. On plonge d&rsquo;un univers à un autre. D&rsquo;un cerveau à un autre. Entre culpabilité, remords et regrets, ses personnages oscillent entre part d&rsquo;ombre et part de lumière. Pas simple à vivre&#8230; Ces personnages croient connaître la nature humaine. Ils se trompent sur eux-mêmes et sur les autres. Un bon moment de lecture en perspective. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Nos gloires secrètes&nbsp;&raquo;, nouvelles de Tonino Benacquista, Gallimard, 17,90€.</strong></em></p>
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		<title>Petites tranches de vie selon Egloff</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/09/16/petites-tranches-de-vie-selon-egloff/</link>
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		<pubDate>Sun, 16 Sep 2012 09:20:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[enfances]]></category>
		<category><![CDATA[Joël Egloff]]></category>
		<category><![CDATA[Libellules]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[vie quotidienne]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi les livres publiés pour cette rentrée littéraire, le nouveau recueil de nouvelles de Jöel Egloff, intitulé &#171;&#160;Libellules&#160;&#187;. Joël Egloff, est, entre autres, l&#8217;auteur de &#171;&#160;L&#8217;étourdissement&#160;&#187;, formidable roman qui avait remporté le prix du Livre Inter en 2005. C&#8217;est aussi l&#8217;auteur d&#8217;un roman comme &#171;&#160;Edmond Ganglion &#38; fils&#160;&#187;, grâce auquel j&#8217;ai découvert cet auteur, en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les livres publiés pour cette rentrée littéraire, le nouveau recueil de nouvelles de <strong>Jöel Egloff</strong>, intitulé <strong>&laquo;&nbsp;Libellules&nbsp;&raquo;</strong>. <strong></strong></p>
<p><strong>Joël Egloff</strong>, est, entre autres, l&rsquo;auteur de <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;étourdissement&nbsp;&raquo;</strong>, formidable roman qui avait remporté le prix du Livre Inter en 2005. C&rsquo;est aussi l&rsquo;auteur d&rsquo;un roman comme <strong>&laquo;&nbsp;Edmond Ganglion &amp; fils&nbsp;&raquo;</strong>, grâce auquel j&rsquo;ai découvert cet auteur, en 1999.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LIBELLULES.jpg" rel="lightbox[1189]" title="LIBELLULES"><img class="alignleft  wp-image-1192 colorbox-1189" style="margin: 10px;" title="LIBELLULES" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LIBELLULES-181x300.jpg" alt="" width="109" height="180" /></a> Avec<strong> &laquo;&nbsp;Libellules&nbsp;&raquo;</strong>,  l&rsquo;auteur nous emmène de battements d&rsquo;ailes en battements d&rsquo;ailes au plus près des interrogations d&rsquo;un jeune garçon sur la mort et la disparition, au plus près d&rsquo;observations du quotidien, de rencontres qui ne se font pas, de personnes qui passent un peu à côté de leur vie.</p>
<p>Au fil de ces vingt-cinq nouvelles,<strong> Joël Egloff</strong> porte avec tendresse et bienveillance un regard sensible et drôle sur le monde qui l&rsquo;entoure. A la différence de ses précédents livres, l&rsquo;auteur est parti d&rsquo;une réalité avant de la faire évoluer dans l&rsquo;imaginaire. Le sien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1189"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une vidéo pour découvrir l&rsquo;univers de l&rsquo;auteur :</p>
<iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/xs9847" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #000000;">Extraits</span></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 13 ( Rien à secouer)</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Huit ans, déjà&#8230; je me disais, l&rsquo;autre jour. Huit ans que je la vois à sa fenêtre, de l&rsquo;autre côté de la cour, secouer son linge, tous les jours de la semaine, souvent plusieurs fois par jour, et parfois même à la nuit tombée. Elle secoue des draps, des oreilles, des pantalons des pyjamas, des chaussettes, des robes et des jupes, des serviettes, des pulls et des chemises, et tout ce qu&rsquo;il est possible de secouer.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;Elle secoue chaque chose avec vigueur, mais sans empressement, quatre fois, le plus souvent, ou cinq, puis elle se retourner, plie le vêtement dans l&rsquo;ombre, se saisit du suivant, et se repenche à sa fenêtre, pour le secouer avec vigueur, mais sans empressement, quatre fois, le plus souvent, ou cinq, c&rsquo;est selon.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><strong>Pages 39-40 (Kate)</strong> <em>: &laquo;&nbsp;Quand j&rsquo;ai vu qu&rsquo;on recherchait, en Angleterre, un plombier pour une station antarctique, je me suis dit que ça pouvait pas mieux tomber, parce que ce jour-là, justement, pour différentes raisons, j&rsquo;avais une furieuse envie de m&rsquo;en aller passer quelques années, voire le restant de mes jours, en Antarctique.</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Et puis je me suis souvenu que j&rsquo;étais pas plombier, et que je parlais à peine anglais, alors j&rsquo;ai su que c&rsquo;était pas du tout cuit, et pour tout dire, que c&rsquo;était même perdu d&rsquo;avance. Et jamais j&rsquo;ai tant regretté que ce jour-là de ne pas avoir fait de plomberie, parce que j&rsquo;aurais pas hésité à postuler sinon, pas une seconde, et si ça se trouve, à l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, je me ferais moins suer, et au lieu de m&rsquo;esquinter à essayer de faire des phrases, je serais bien peinard au grand air, assis sur la  banquise, à trier mes joints en sifflotant, les rouges avec les rouges, les noirs avec les noirs. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 161 ( Au feu, s&rsquo;il vous plaît)</strong> <em>: &nbsp;&raquo; On a beau avoir deux yeux, ils regardent souvent dans la même direction, si bien qu&rsquo;au lieu de se compléter, ils travaillent en doublon, ce qui est regrettable. Toute considération esthétique mise à part, s&rsquo;ils pouvaient, chacun d&rsquo;eux, faire preuve d&rsquo;un peu plus d&rsquo;autonomie, si l&rsquo;un s&rsquo;occupait de regarder à droite pendant que l&rsquo;autre regarde à gauche, on aurait sûrement une vision du monde moins parcellaire. On toucherait d&rsquo;un peu plus près la vérité des choses. </em></p>
<p><em>&nbsp;&raquo; J&rsquo;y pense, parce que souvent j&rsquo;emprunte cette route. Et juste à l&rsquo;entrée de la ville, à chaque fois, mon regard se pose sur les ruines de cette bâtisse, dont ne reste plus que les murs noircis, et du toit, quelques poutres calcinées.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Les nouvelles, genre bien particulier, ont ce pouvoir de vous emmener très vite en voyage. Joël Egloff y parvient également. Mais de ce <em>&laquo;&nbsp;livre-mosaïque&nbsp;&raquo;</em>, comme le définit l&rsquo;auteur lui-même, je suis restée à côté. Il y a des années, le style Egloff, simple et sans fioriture, m&rsquo;avait beaucoup plu. Cette fois, j&rsquo;ai moins adhéré aux atmosphères décrites au fil des histoires. </span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">A mon sens, pas la meilleure façon d&rsquo;entrer dans l&rsquo;univers d&rsquo;Egloff. Plongez dans &laquo;&nbsp;<strong>L&rsquo;étourdissement</strong>&nbsp;&raquo; !</span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong><em>&laquo;&nbsp;Libellules&nbsp;&raquo;, de Joël Egloff, Buchet-Chastel, 15€.</em></strong></p>
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