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	<title>Quatrième de couv &#187; manque</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>&#171;&#160;Today&#160;&#187;, l&#8217;étrange voyage intérieur&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jul 2015 11:25:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On n&#8217;est pas bien là, tranquille dans le hamac ? Manque juste un livre, non ? Mais lequel ? Je vous ai proposé de partir en Espagne, puis en Russie et sur l&#8217;eau, dans la baie de Naples. Cette fois, le voyage se fera en intérieur. Et il n&#8217;est pas très rose. Avec &#171;&#160;Today&#160;&#187;, Rochelle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TODAY-OK.jpg" rel="lightbox[3141]"><img class="alignleft wp-image-3146 size-medium colorbox-3141" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TODAY-OK-192x300.jpg" alt="TODAY OK" width="192" height="300" /></a>On n&rsquo;est pas bien là, tranquille dans le hamac ? Manque juste un livre, non ? Mais lequel ? Je vous ai proposé de partir en <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/">Espagne,</a></strong> puis en <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/05/la-russie-facon-prilepine/">Russie</a></strong> et sur <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/10/sur-leau-un-huis-clos-hypnotique/"><strong>l&rsquo;eau</strong></a>, dans la baie de Naples. Cette fois, le voyage se fera en intérieur. Et il n&rsquo;est pas très rose.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Today&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Rochelle Fack</strong> signe un troisième roman étonnant. Détonnant. Dès la première page, nous sommes prévenus : le voyage sera chaotique, cru, ténébreux, et terriblement douloureux.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Nausicaa</strong>. Une ancienne mannequin, toxicomane, en situation de manque. Et le combat pour atteindre un fragile équilibre va être long, semé d&rsquo;embûches. Heureusement, <strong>Today, </strong>artiste peintre, n&rsquo;est jamais loin de la jeune femme. C&rsquo;est lui qui l&rsquo;accompagne. Qui l&rsquo;empêche de s&rsquo;enfoncer.</p>
<p>Un roman surprenant par sa forme, son écriture. L&rsquo;auteure, jeune quadragénaire, explique qu&rsquo;elle a voulu utiliser des lettres issues de sa propre correspondance et des cahiers qu&rsquo;elle a écrits pendant quelque dix ans suite à la séparation de ses parents, alors qu&rsquo;elle était jeune adulte. Une &laquo;&nbsp;matière&nbsp;&raquo; qu&rsquo;elle a façonnée, qu&rsquo;elle a cousu pendant longtemps pour en faire un roman.</p>
<p><span id="more-3141"></span></p>
<p>Restait à trouver ses personnages. Celui d&rsquo;une toxicomane s&rsquo;est imposé pour faire vivre ses variations autour du manque affectif (celui de sa mère qu&rsquo;elle décrit comme morte, ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en réalité ) et de l&rsquo;errance. Pas de récit autobiographique cependant. Plutôt une projection. Radicale.  Dans une vidéo visible<strong> <a href="https://youtu.be/Thfz1Wh5y-M">ici </a></strong>, l&rsquo;auteure explique  :<strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;avais des ressources pour que Nausicaa soit écrite à la première personne&nbsp;&raquo;.</em></strong></p>
<p><strong>Nausicaa</strong> se parle sans s&rsquo;interrompre pour rester présente à elle-même. L&rsquo;amour de <strong>Today</strong> sera-il assez fort pour la sauver ? Entre moments de perte et de reprise, il faut continuer de vivre.</p>
<p><span class="_5yl5"><strong>Rochelle Fack,</strong> âgée de 40 ans, est chercheuse en cinéma et travaille pour les dispositifs nationaux d&rsquo;éducation à l&rsquo;image. Elle forme les enseignants des 1er   et 2nd degrés, ainsi que leurs élèves, à regarder des films dits &laquo;&nbsp;exigeants&nbsp;&raquo;.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 9-10 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Je me parle lentement. Ca doit continuer. Ca continue à chaque instant. Les instants comme les mots forment une chaîne qui endure. Ils tissent, lissent ! Une séduction proche de la vie. Je m&rsquo;appelle Nausicaa, je réussis à ne pas me lâcher, je réussis à ne pas m&rsquo;arrêter de parler, de reste présente en me parlant, c&rsquo;est une façon de me tenir, de m&rsquo;empêcher de fuir, de m&rsquo;obliger à regarder&#8230; quoi ? Le réel. Il m&rsquo;écorche la bouche. Il m&rsquo;écorche la gueule. Le réel, ce n&rsquo;est rien. Rien que de la fatigue, de l&rsquo;habitude et du vide, ligués. J&rsquo;ai failli ne plus revenir. J&rsquo;étais partie pour ne plus revenir. Mais on m&rsquo;a trouvée et on m&rsquo;a secourue, sevrée. J&rsquo;ai donc réapparu, et avec moi, irrémédiablement, tout le reste. Tout ce qui enfle naturellement. Tout ce qui s&rsquo;étend. Les matières. Les lumières. Les mouvements. Le chant du drame au loin. Ce chant de plus en plus lointain, de plus en plus inatteignable. Constant. J&rsquo;ai appris à tenir, à endurer l&rsquo;ennui, cette banalité qui glisse sur les autres et qui me blesse, moi. Réentendre le chant des oiseaux, ça m&rsquo;a ravie pendant deux jours. Puis ça m&rsquo;a dérangée. Ca m&rsquo;a déconcentrée. J&rsquo;aurais préféré utiliser n&rsquo;importe quel recours pour ne plus réentendre, il y en a de nombreux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 135 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Il y a quelque chose qui part. Une chose qui, si elle restait, se détériorerait, et qui, en partant, se détériore plus vite, plus brutalement. Devant l&rsquo;Opéra , je retire de l&rsquo;argent. Ce petit sac en cuir matelassé, avec ses anses en chaîne, je suis contente de le remettre en service. Il est pratique, parfait. C&rsquo;est parfait que ma vie se résume à ce qu&rsquo;il peut contenir, en grammes. Je sais bien où aller, des semaines que je le sais. Le mot que Davy m&rsquo;avait mis dans le bustier, je l&rsquo;ai soigneusement gardé. Je le déplie, le lis, et me transforme déjà.  Je vais shooter, ce sera tout de suite trop. On me l&rsquo;a dit. Il suffira d&rsquo;un rien. A cause de la mémoire, la mémoire des cellules.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 194 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Je lis pendant des heures. Je ne sors de la propriété que pour aller chercher de quoi faire le dîner, ou bien pour acheter des livres, à la librairie d&rsquo;à côté. Les mots restent fixes sur les pages. Ils n&rsquo;en demeurent pas moins inquiets. Ils sont fixes, mais ils guettent. Ils guettent la première faille, la première occasion de décliner. Quand j&rsquo;en ai marre de lire, je retourne cuisiner. Mon circuit est rodé. Les aliments distraient. Cuisiner m&rsquo;aide à me parler. Je remue. J&rsquo;épice. Je me parle du retour de Today. Je ne me perds pas. Je n&rsquo;ai pas envie de shoot, je ne bois pas. Je me tiens par le vide. J&rsquo;avale du vide. Ca me consume de l&rsquo;intérieur et ça ne se voit pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff"> J&rsquo;ai choisi de lire ce roman après en avoir découvert les premières pages, les premiers mots. Je les ai trouvés étonnants. Empreints d&rsquo;une telle sensibilité. Et, jusqu&rsquo;au bout de ce roman atypique, je m&rsquo;en suis nourrie. Avec régal. Voilà un écrit surprenant dans lequel on devine que Rochelle Fack a mis tellement d&rsquo;elle-même. Une très (très) jolie découverte.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Today&nbsp;&raquo;, Rochelle Fack, P.O.L., 13,50€</strong></em></p>
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		<title>Destins entravés de jeunes Japonaises&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/09/25/destins-entraves-de-jeunes-japonaises/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Sep 2012 09:32:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On poursuit notre découverte de quelques-uns des livres de cette rentrée littéraire. Voyage de l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique cette fois avec le nouveau roman de l&#8217;américaine d&#8217;origine japonaise Julie Otsuka. Avec &#171;&#160;Certaines n&#8217;avaient jamais vu la mer&#160;&#187;, elle signe un deuxième roman étonnant et qui dévoile un pan méconnu de l&#8217;histoire des Etats-Unis. Julie Otsuka, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On poursuit notre découverte de quelques-uns des livres de cette rentrée littéraire. Voyage de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique cette fois avec le nouveau roman de l&rsquo;américaine d&rsquo;origine japonaise <strong>Julie Otsuka</strong>. Avec<strong> &laquo;&nbsp;Certaines n&rsquo;avaient jamais vu la mer&nbsp;&raquo;</strong>, elle signe un deuxième roman étonnant et qui dévoile un pan méconnu de l&rsquo;histoire des Etats-Unis.</p>
<div id="attachment_1231" style="width: 129px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Julie_Otsuka.jpg" rel="lightbox[1221]" title="Julie_Otsuka"><img class=" wp-image-1231  colorbox-1221" style="margin: 10px;" title="Julie_Otsuka" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Julie_Otsuka-199x300.jpg" alt="" width="119" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Robert Bessoir</p></div>
<p><strong>Julie Otsuka</strong>, est née en 1962, sur la Côte ouest, où vivait une grosse communauté japonaise. Après avoir étudié les beaux-arts, elle devient peintre. La trentaine venue, elle décide de se consacrer à l&rsquo;écriture. Avec succès.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OTSUKA-OK.jpg" rel="lightbox[1221]" title="OTSUKA OK"><img class="alignleft  wp-image-1225 colorbox-1221" style="margin: 10px;" title="OTSUKA OK" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OTSUKA-OK-204x300.jpg" alt="" width="122" height="180" /></a></p>
<p>Remarquée dès son premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Quand l&rsquo;empereur était un dieu&nbsp;&raquo;, paru en 2002</strong> ( elle y raconte une histoire inspirée de celle de son grand-père, suspecté de trahison après l&rsquo;attaque de Pearl Harbor en 1941 et interné dans un camp de l&rsquo;Utah pendant trois ans). Elle a obtenu le PEN/Faulkner Award for Fiction pour <strong>&laquo;&nbsp;Certaines n&rsquo;avaient jamais vu la mer&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1221"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de ces femmes qui,<strong> dans les années 1900</strong>, ont quitté leur pays, le Japon, pour rejoindre un compatriote vivant aux Etats-Unis, l&rsquo;épouser et l&rsquo;aider au travail des champs en Californie, du côté de San Francisco. Des jeunes filles, parfois des adolescentes qui ont découvert<strong> leur futur mari par une lettre et à travers cliché jauni</strong>. Elles croient leur futur époux commerçant ou entrepreneur :<strong> ils sont travailleurs agricoles.<br />
</strong></p>
<p><strong>Une vie de labeur et de frustations, loin de leurs familles.</strong>  Ces femmes vont travailler, enfanter. Un fossé va progressivement se creuser avec leurs enfants, nés en Amérique.</p>
<p>Une vie bouleversée ensuite par<strong> l&rsquo;attaque de la base américaine de Pearl Harbor en décembre 1941</strong>. Dès lors, les migrants japonais et les Américains d&rsquo;origine nippone deviennent suspects. <strong>Cent vint mille d&rsquo;entre eux seront même internés</strong>, enfermés dans des camps pour travailler la terre de l&rsquo;Utah, du Nevada&#8230;</p>
<p>Pour raconter l&rsquo;histoire de ces femmes, l&rsquo;auteure a fait le choix de la première personne du pluriel.<strong> Un &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo; qui donne toute sa force au roman.</strong> Un &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;, à l&rsquo;image d&rsquo;un choeur antique, qu&rsquo;elle décline au fil des chapitres qui raconte le voyage, l&rsquo;arrivée, l&rsquo;installation, mais aussi la cohabitation avec  ces Américains – ces Blancs qui sont aussi les chefs –, la naissance des enfants et la façon de vivre si différente puis les arrestations&#8230;</p>
<p> <strong>L&rsquo;émission &laquo;&nbsp;L&rsquo;humeur vagabonde&nbsp;&raquo;, sur France-Inter, a invité l&rsquo;auteure. Ecoutez l&rsquo;émission ici. </strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong> <a href="http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-julie-otsuka">http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-julie-otsuka</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 15 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Sur le bateau, chaque nuit nous nous pressions dans le lit les unes des autres et passions des heures à discuter du continent inconnu où nous nous rendions. Les gens là-bas, disait-on, ne se nourrissaient que de viande et leur corps était couvert de poils ( nous étions bouddhistes pour la plupart donc nous ne mangions pas de viande et n&rsquo;avions des poils qu&rsquo;aux endroits appropriés). Les arbres étaient énormes. Les plaines, immenses. Les femmes, bruyantes et grandes – une bonne tête de plus, avions-nous appris, que les plus grands de nos hommes. Leur langue était dix fois plus compliquée que la nôtre et les coutumes incroyablement étranges. les livres se lisaient de la fin vers le début et on utilisait du savon au bain. On se mouchait dans des morceaux de tissu crasseux que l&rsquo;on repliait ensuite pour les ranger dans une poche, afin de les utiliser encore et encore. Le contraire du blanc n&rsquo;était pas le rouge mais le noir. Qu&rsquo;allions-nous devenir, nous demandions-nous, dans un pays aussi différent ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 39</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Ils admiraient nos dos robustes et nos mains agiles. Notre endurance. Notre discipline. Nos dispositions dociles. Notre capacité peu commune à supporter la chaleur, qui l&rsquo;été dans les champs de melons de Brawley pouvait frôler les cinquante degrés. Ils disaient que notre petite taille était idéale pour les travaux nécessitant de se courber jusqu&rsquo;à terre. Où qu&rsquo;ils nous assignent, ils étaient contents. Nous possédions toutes les vertus des Chinois – travailleurs, patients, d&rsquo;une indéfectible politesse –, mais sans leurs vices – nous n&rsquo;étions ni joueurs, ni opiomanes, nous ne nous battions pas et nous ne crachions jamais. Nous étions plus rapides que les Philippins et moins arrogants que les hindous. Plus disciplinés que les Coréens. Moins tapageurs que les Mexicains. Nous revenions moins cher à nourrir que les migrants d&rsquo;Oklahoma et d&rsquo;Arkansas, qu&rsquo;ils soient ou non de couleur. </em>Un Japonais peut vivre avec une cuillerée de riz par jour.<em> Nous étions la meilleure race de travailleurs qu&rsquo;ils aient jamais employée au cours de leur vie. </em>Ces gens-là arrivent, et on n&rsquo;a pas du tout besoin de s&rsquo;en occuper<em>&laquo;&nbsp;.</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 85</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Nous les reconnaissions à peine. Ils étaient plus grands que nous, plus massifs. Bruyants au-delà de toute mesure. Je me sens comme une cane qui a couvé les oeufs d&rsquo;une oie. Ils préféraient leur propre compagnie à la nôtre et feignaient de ne pas comprendre un traître mot de ce que nous disions. Nos filles marchaient à grands pas, à l&rsquo;américaine, elles se déplaçaient avec une hâte dépourvue de dignité. Elles portaient leurs vêtements trop lâches. Roulaient des hanches comme des juments. Jacassaient comme des coolies dès qu&rsquo;elles rentraient de l&rsquo;école en disant tout ce qui leur passait par la tête.</em> Mrs Dempsey à l&rsquo;oreille pliée.<em> Nos fils devenaient énormes. Ils insistaient pour manger des oeufs au bacon tous les matins au petit-déjeuner à la place de la soupe à la pâte de haricot. Ils refusaient d&rsquo;utiliser des baguettes. Buvaient des litres et des litres de lait. Inondaient leur riz de ketchup. Ils parlaient un anglais parfait, comme à la radio, et chaque fois qu&rsquo;ils nous voyaient nous incliner devant le die</em>u<em> de la cuisine en frappant dans nos mains, ils roulaient des yeux et nous lançaient  : “ Maman, pitié ! ”&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Etonnant roman que celui de Julie Otsuka ! On y découvre un volet de l&rsquo;histoire américaine, tombé dans l&rsquo;oubli. On y rencontre des femmes flouées sur leur avenir, obligées de vivre dans l&rsquo;ombre de l&rsquo;ogre Amérique auprès d&rsquo;un homme qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas choisi. Le &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;, collectif et puissant, est une idée lumineuse. Un roman très émouvant, passionnant. A lire absolument !</span></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Certaines n&rsquo;avaient jamais vue la mer&nbsp;&raquo;, de Julie Otsuka, Phébus, 143 pages, 15€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Chez Valérie Mréjen, la mort est tragi-comique&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/04/17/chez-valerie-mrejen-la-mort-est-tragi-comique/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Apr 2012 16:04:42 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Valérie Mréjen]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a plusieurs mois, au moment de la Toussaint, nous avions abordé la mort, et le deuil à travers le livre &#171;&#160;Veuf&#160;&#187; de Jean-Louis Fournier. Autre manière d&#8217;aborder le thème de la camarde avec Valérie Mréjen, cinéaste et romancière, que j&#8217;avais découvert il y a déjà quelques années avec ses courts livres parus chez [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plusieurs mois, au moment de la Toussaint, nous avions abordé la mort, et le deuil à travers le livre <strong>&laquo;&nbsp;Veuf&nbsp;&raquo;</strong> de <strong><a title="Découvrez le post consacré au livre de J.-L.Fournier" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/11/01/rire-meme-de-la-camarde/">Jean-Louis Fournier</a></strong>.</p>
<p>Autre manière d&rsquo;aborder le thème de la camarde avec <strong>Valérie Mréjen</strong>, cinéaste et romancière, que j&rsquo;avais découvert il y a déjà quelques années avec ses courts livres parus chez Allia : <strong>&laquo;&nbsp;Mon grand-père&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;agrume&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Eau sauvage&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Valerie-mrejen_200_1284549348.jpg" rel="lightbox[988]" title="Valerie-mrejen_200_1284549348"><img class="alignleft  wp-image-1000 colorbox-988" style="margin: 10px;" title="Valerie-mrejen_200_1284549348" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Valerie-mrejen_200_1284549348-300x224.jpg" alt="" width="180" height="134" /></a>Valérie Mréjen</strong>, née en 1969 est une romancière, une plasticienne et une vidéaste française. Elle effectue ses études à l&rsquo;École nationale supérieure d&rsquo;arts de Cergy-Pontoise. Elle produit ses premières vidéos en 1997. Elle a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2002-2003.</p>
<p>L&rsquo;auteure nous livre avec &laquo;&nbsp;<strong>Forêt noire</strong>&laquo;&nbsp;, un roman à ne pas mettre entre toutes les mains. On y parle de la mort. Brutale. Tragique. Celle qui fauche, celle que l&rsquo;on se choisit, qui noie, qui détruit, qui atomise et laisse les vivants en plein questionnement.</p>
<p><span id="more-988"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-foret-noire.jpg" rel="lightbox[988]" title="livre-foret-noire"><img class="alignleft  wp-image-1001 colorbox-988" style="margin: 10px;" title="livre-foret-noire" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-foret-noire.jpg" alt="" width="71" height="110" /></a>Au final, le lecteur se retrouve dans une forêt pleine de trajectoires brisées, de fantômes et de revenants comme cette femme qui s&rsquo;en finit pas de se promener dans les rues de Paris.</p>
<p>Au fil des 124 pages, des histoires, des saynètes, des drames se déroulent. Autant d&rsquo;histoires que l&rsquo;auteure a entendu, lu. <strong>Valérie Mréjen</strong> a écrit ce texte en se référant aussi à la série <em>Six Feet Under</em>, à laquelle elle fait d&rsquo;ailleurs référence à la page 75 et aussi à une phrase de <strong>l&rsquo;écrivaine française Mireille Havet</strong> dans son journal de 1918 : <em>« &#8230; et je suis pleine de morts comme une crypte, pleine de souvenirs et de rêves&#8230; »</em></p>
<p>Autant de façons de montrer que la relation avec la personne disparue ou son fantôme est possible. Une façon pour <strong>Valérie Mréjen</strong> de se livrer davantage aussi. Elle parle ainsi de sa mère, de choses intimes et ce de manière moins voilée que dans ses précédents romans.</p>
<p>Elle explique sa démarche dans cette vidéo :</p>
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<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 39-40</strong>: &laquo;&nbsp;<em>Je pourrais commencer ainsi, et cette histoire serait après tout une façon d&rsquo;entamer la conversation, de trouver qu&rsquo;en effet le ciel aurait pu attendre un peu plus, que c&rsquo;est dommage d&rsquo;être partir si tôt. J&rsquo;essaierais de prononcer une phrase, par exemple tu m&rsquo;as manqué, mais l&rsquo;expression ne serait pas appropriée car c&rsquo;est une formule de tous les jours. Et puis les mots resteraient coincés dans les profondeurs sans pouvoir émerger, prisonniers des cordes vocales soudainement raidies et gonflées, exsudant une humeur amère là où un noeud se forme avec une régularité fluctuante lorsqu&rsquo;il m&rsquo;arrive de dire ma mère.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 60 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Dans l&rsquo;entourage de son nouvel ami, on se demande comment se rendre utile, quels mots consolants prononcer, quelle dérisoire brindille ajouter au barrage qu&rsquo;on aimerait bien contribuer à bâtir en vain pourtant contre un raz de marée de tristesse dont la puissance nous échappe forcément : rien d&rsquo;autre à faire sans doute que d&rsquo;envoyer sporadiquement des signes de présence en espérant que cette douleur finisse avec le temps par s&rsquo;estomper et lui laisse un peu de répit&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 117-118</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Un homme qui aimait à se parfumer à l&rsquo;essence de figuier avait un jour écrit que le plus beau jour de sa vie était peut-être passé. La notion de plus beau jour était pour la femme de bientôt quarante-deux ans un grand mystère. Cette réussite mémorable et exceptionnelle confinant au chef-d&rsquo;oeuvre et qui était censée se dérouler dans la grâce du matin au soir pour illuminer par la suite des périodes plus maussades, est-ce que cela arrivait réellement ? &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Empoisonnement, défenestration, maladies foudroyantes, accident de la route&#8230; tout y passe. Avec une précision clinique, l&rsquo;auteure nous entraîne sur les traces de vie brutalement interrompues. Histoire de nous rappeler que la mort fait partie de la vie et qu&rsquo;il faut apprendre à gérer le manque, l&rsquo;absence. Tout en sachant qu&rsquo;on peut également choisir de vivre avec ses fantômes. C&rsquo;est selon. Le rythme est haletant. Comme les battements du coeur. Comme la vie.  Et Valérie Mréjen continue à alimenter son univers. Atypique et attachant. A lire donc !<br />
</span></p>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Forêt noire&nbsp;&raquo;, de Valérie Mréjen, P.O.L., 10€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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