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	<title>Quatrième de couv &#187; histoire d&rsquo;amour</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Jeanne et Nathan, héros sous cocaïne&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Jan 2024 19:30:44 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; Clément Camar-Mercier est auteur, traducteur et dramaturge. Il est notamment spécialiste du théâtre élisabéthain et plus particulièrement de William Shakespeare, dont il entreprend une nouvelle traduction de l’œuvre intégrale. Installé en Loir-et-Cher depuis une douzaine d&#8217;années, près de Vendôme, Clément Camar-Mercier a fait de l&#8217;écriture de ce premier roman une absolue nécessité. Il signe avec Le roman de Jeanne [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span class="s1"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JEANNE-ET-NATHAN.jpg" rel="lightbox[6438]"><img class="alignleft wp-image-6439 size-medium colorbox-6438" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JEANNE-ET-NATHAN-181x300.jpg" alt="JEANNE ET NATHAN" width="181" height="300" /></a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span class="s1"><strong>Clément Camar-Mercier</strong> est auteur, traducteur et dramaturge. Il est notamment spécialiste du théâtre élisabéthain et plus particulièrement de William Shakespeare, dont il entreprend une nouvelle traduction de l’œuvre intégrale.</span></p>
<p><span class="s1">Installé en Loir-et-Cher depuis une douzaine d&rsquo;années, près de Vendôme, <strong>Clément Camar-Mercier</strong> a fait de l&rsquo;écriture de ce premier roman une absolue nécessité. Il signe avec <em>Le roman de Jeanne et Nathan</em>, une fable contemporaine autour de l&rsquo;addiction.  Quelle que soit sa forme.</span></p>
<p>Il me l&rsquo;a raconté l&rsquo;été dernier,<strong> <a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/vendome/le-roman-de-jeanne-et-nathan-quand-clement-camar-mercier-signe-un-explo">alors que je l&rsquo;interviewais.</a></strong></p>
<p>C&rsquo;est donc <em>&nbsp;&raquo; l&rsquo;histoire d&rsquo;un professeur d&rsquo;université toxicomane qui tomba fol amoureux d&rsquo;une actrice pornographique elle aussi toxicomane. Et inversement&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<h4 style="text-align: center">Epique et utopique</h4>
<p>L&rsquo;histoire de Jeanne de Nathan qui se rencontrent en plein confinement dans une clinique de désintoxication, à quelques encablures de Paris, où ils vivent tous les deux. Qui tombent amoureux. Qui décident de créer une société différente, solidaire et qui s&rsquo;installent dans la campagne loir-et-chérienne pour le prouver. Jusqu&rsquo;à ce que tout dérape. Définitivement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un premier roman trash qui clashe fort, qui emmène le lecteur dans des univers interlopes ou très chics. Selon le moment. Les chapitres s&rsquo;enchainent comme un compte à rebours vers une fin tragique. Désespérée.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Le public était divisé en trois catégories : les vieux pervers, les jeunes ados et les aspirantes actrices. Celles-ci, Jeanne n&rsquo;avait pas du tout envie de leur dire de fuir ; la pornographie l&rsquo;avait libérée ; on ne l&rsquo;avait jamais contrainte ; elle ne pouvait pas mentir. Elle en rêvait, le réalisa, en était heureuse, comblée. On ne l&rsquo;emmerdait plus. Elle était fière, en tant que femme, dans ce milieu, où elle chérissait son indépendance et son statut de star. Jeanne garda pour elle ses petits doutes, ses regrets et cette légère impression d&rsquo;en avoir fait le tour. Ce genre d&rsquo;émancipation, vantée partout aujourd&rsquo;hui, et à laquelle elle avait cru, ne se révélait peut-être pas une émancipation très constructive. Voire pas une émancipation du tout.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 62-63 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Avant que sa mère ne décède, il ressentait de la jalousie pour les gens en deuil, nombre de ses amis étaient déjà orphelins, comme par hasard. Il voulait être un mec au parcours tortueux, difficile, un écorché, celui qui avait de vraies raisons de rester malheureux, celui que la vie n&rsquo;avait pas épargné. A la place, il n&rsquo;épargnait rien à la vie. Et puis sa mère y passa et rien ne changea. Cette pensée mortuaire, il l&rsquo;eut en traversant le pont Charles-de-Gaulle, cinq heures plus tôt que Jeanne.  Nathan dévia vers Bastille, juste à côté de la morgue. Plusieurs cadavres étaient en train d&rsquo;être déchargés à l&rsquo;Institut médico-légal. En les voyant, il envisagea pour la première fois la possibilité de se faire soigner. Il devait bien exister des lieux pour des gens comme lui ; si jamais, cela aurait quand même une drôle d&rsquo;allure. De toute façon, ça serait toujours mieux que l&rsquo;Université française.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 183-184 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Malgré la drogue, on peut dire qu&rsquo;il avait tout réussi au sens usuellement répandu du terme. On dit </em>défoncé<em> quand votre conscience est altérée par une substance prohibée. L&rsquo;alcool ou les médicaments n&rsquo;ont pas le droit à ce mot, car l&rsquo;hypocrisie n&rsquo;a pas de limites quand il est question de morale. Ce n&rsquo;est pas un joli mot, </em>défoncé,<em> pourtant c&rsquo;est celui qui sonne le plus juste. Il avait peut-être choisi la drogue par facilité. Elle l&rsquo;aidait à voir le monde de manière plus claire, plus pertinente et il préférait la pertinence au bonheur, ou à la santé d&rsquo;ailleurs. Il était jeune et beau, c&rsquo;était suffisant. Vous n&rsquo;avez jamais remarqué qu&rsquo;il se droguait.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Le roman de Jeanne et Nathan, Clément Camar-Mercier, Actes Sud, 22,50 euros.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;autofiction et sa magicienne&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/10/22/lautofiction-et-sa-magicienne/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/10/22/lautofiction-et-sa-magicienne/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 07:16:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chloé Delaume agite le landerneau de la littérature depuis une vingtaine d&#8217;années. Une magicienne des mots que cette auteure que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;interviewer il y a quelques années quand elle vivait encore à Tours (Indre-et-Loire). De quoi me souvenir d&#8217;une rencontre étonnante et enrichissante. Je n&#8217;ai pas lu toute son oeuvre. Le dernier roman pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/149772_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[6553]"><img class="alignleft size-full wp-image-6556 colorbox-6553" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/149772_couverture_Hres_0.jpg" alt="149772_couverture_Hres_0" width="409" height="600" /></a></p>
<p><strong>Chloé Delaume</strong> agite le landerneau de la littérature depuis une vingtaine d&rsquo;années. Une magicienne des mots que cette auteure que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;interviewer il y a quelques années quand elle vivait encore à Tours (Indre-et-Loire). De quoi me souvenir d&rsquo;une <a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/a-l-abri-des-vieilles-pierres-elle-fait-grandir-une-voix-bienveillante">rencontre étonnante et enrichissante</a>.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas lu toute son oeuvre. Le dernier roman pour moi, c&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/11/02/quadra-sur-le-marche-de-lamour-et-des-desillusions/">Le coeur synthétique</a>.</strong></p>
<p>Je l&rsquo;ai retrouvée avec plaisir en cette rentrée littéraire. L&rsquo;histoire de <strong><em>Pauvre folle</em></strong> ? Pour comprendre la nature de sa relation avec <strong>Guillaume</strong>, <strong>Clotilde Mélisse</strong> observe les souvenirs qu’elle sort de sa tête, le temps d’un voyage en train direction Heidelberg.</p>
<h3 style="text-align: center">Comme une résonnance</h3>
<p>Tandis que par la fenêtre défilent des paysages de fin du monde,<strong> Clotilde</strong> revient sur les événements saillants de son existence. La découverte de la poésie dans la bibliothèque maternelle, le féminicide parental, l’adolescence et ses pulsions suicidaires, le diagnostic posé sur sa bipolarité. Sa rencontre, dix ans plus tôt, avec<strong> Guillaume</strong>, leur lien épistolaire qui tenait de l’addiction, l’implosion de leur idylle au contact du réel.</p>
<p>Car<strong> Guillaume</strong> est revenu, et depuis dix-sept mois<strong> Clotilde</strong> perd la raison. Elle qui s’épanouissait au creux de son célibat voit son cœur et son âme ravagés par la résurgence de cet amour impossible.</p>
<p>La décennie passée ne change en rien la donne : <strong>Guillaume</strong> est toujours gay, et qui plus est en couple. Aussi <strong>Clotilde</strong> espère, au gré des arrêts de gare, trouver une solution d’ici le terminus.</p>
<p><span id="more-6553"></span></p>
<p>Dans toutes les histoires d’amour se rejouent les blessures de l’enfance : on guérit ou on creuse ses plaies. <strong>Chloé Delaume</strong> explore cette réalité, à l&rsquo;aune de sa propre histoire, le tout en vers de huit à douze pieds.<em> &laquo;&nbsp;90% de ce qui arrive à <strong>Clotilde</strong> m&rsquo;est arrivé&nbsp;&raquo;</em>, assume <strong>Chloé Delaume</strong> dans une interview au Monde, en septembre.</p>
<p>Pour tenter de (se) comprendre sa relation à <strong>Guillaume</strong>,<strong> Clotilde</strong> extirpe ses souvenirs les uns après les autres de son propre cerveau, afin de reconstituer un puzzle tandis que le train avance dans la nuit. De quoi ausculter ce qui a construit cette histoire d&rsquo;amour et de mots. Mais avec le filtre féministe de l&rsquo;auteure, sans oublier celui de son humour ravageur. Au final, un roman enthousiasmant, détonnant et terriblement moderne.</p>
<p>Rappelons que <strong>Chloé Delaume</strong> a fait sien l&rsquo;univers de l&rsquo;autofiction. La quinquagénaire un peu rock se définit elle-même comme <em>&laquo;&nbsp;personnage de fiction&nbsp;&raquo;</em>. Née <strong>Nathalie Derain</strong>, elle s&rsquo;est choisie un prénom (issu de <strong><em>L&rsquo;écume des jours</em></strong>) et un nom (issu de <em>L&rsquo;Arve et l&rsquo;Aume</em>, d&rsquo;<strong>Antonin Artaud</strong>) pour réinventer son avenir après des épisodes extrêmement traumatiques (son père a tué sa mère devant ses yeux, avant de se suicider).</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La fin du monde n&rsquo;a pas du tout la forme prévue&nbsp;&raquo;</em>, débute et achève son livre. Tout un programme ! Un roman à savourer.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Clotilde ne veut pas crever avant d&rsquo;avoir vu les filles et les femmes se relever une à une en se tenant la main. Carmagnole sororale démantelant un système qui colonise corps et pensée ; renversant en riant les valeurs de la phallocratie ; détruisant en choeur de colère les bastions du souverain virilisme. Ensemble elles doivent dans sans le son des canons : on ne peut pas tuer les moeurs, juste les faire évoluer. Briser le plafond de verre ne se fait pas à la hache, trancher la jugulaire ou le sexe des mâles alpha saloperait la moquette et en faisant des martyrs. Ce ne sont pas des armes qui leur sont nécessaires, mais plutôt des outils.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 147 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sur la tablette il y a des miettes, Clotilde prestement la nettoie. Il lui reste moins de deux heures avant de descendre au train et d&rsquo;effectuer le dernier changement. Le temps presse, il lui faut comprendre à quoi ressemble le puzzle, si possible avant d&rsquo;atteindre Heidelberg. Elle ressort de son crâne les souvenirs fermement cousus de fil blanc et de plastique, tente de lire dans la mosaïque, constate qu&rsquo;il manque des éléments. Alors elle plonge une main tout au fond de sa tête et saisit un petit bout de mémoire gélatineux. Elle le presse légèrement entre le pouce et l&rsquo;index, ça fait de la musique, un début de mélodie, clochettes électroniques, cordes synthétiques, une envolée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 188 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Où vont les souvenirs quand ils sont engloutis ? Combien perd-on de souvenirs tout au long de sa vie ? Que reste-il des corps quand on ne s&rsquo;en souvient plus ? Des souvenirs d&rsquo;elleetlui, des souvenirs récents, c&rsquo;était le plus précieux, le cube rose comme de la chair, l&rsquo;ouverture porte bleue. A quoi sert le puzzle si sa mémoire y meurt ? Clotilde a chaud maintenant, très chaud, elle est en sueur. Elle n&rsquo;a pas très envie de se rappeler la suite. Elle n&rsquo;a pas très envie mais il le faut. Ce qu&rsquo;elle arrache de la tête ressemble à une escalope, un morceau de dinde morte, de dinde élevée au grain, très fin, un peu gluant, aux reflets jaunis de gras. Il est si malléable que le coudre au puzzle s&rsquo;opère en un tournemain, Clotilde, de ses petits ciseaux, coupe le fil, le noeud fait. Elle a aussi de plus en plus envie de pleurer.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Pauvre folle, Chloé Delaume, Seuil, 19,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand la station se vide&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/10/05/quand-la-station-se-vide/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Oct 2023 07:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été-automne 2023 &#160; Parmi les 466 nouveaux romans de la rentrée, des dizaines de pépites imaginées par des primo-écrivains. De quoi plonger dans des univers nouveaux, et arpenter, au fil des pages, des styles singuliers. L&#8217;histoire de Hors saison, écrit par Basile Mulciba ? Elle se déroule de nos jours, dans une station de ski en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire été-automne 2023</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HORS-SAISON1.jpg" rel="lightbox[6481]"><img class="alignleft size-full wp-image-6485 colorbox-6481" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HORS-SAISON1.jpg" alt="HORS SAISON" width="400" height="585" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parmi les 466 nouveaux romans de la rentrée, des dizaines de pépites imaginées par des primo-écrivains. De quoi plonger dans des univers nouveaux, et arpenter, au fil des pages, des styles singuliers.</p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong><em>Hors saison</em></strong>, écrit par <strong>Basile Mulciba</strong> ?</p>
<p>Elle se déroule de nos jours, dans une station de ski en hiver. Tout le monde attend la neige qui tarde à tomber. <strong>Yann</strong>, un jeune homme d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;années, interrompt ses études de médecine &#8211; il est en 4e année &#8211; pour venir travailler comme saisonnier.</p>
<p>Il connaît peu la montagne et encore moins les codes du mode saisonnier. Seul le temps qui passe lui donne le courage de s&rsquo;approcher des autres.</p>
<p>A la Saint-Sylvestre, la neige n&rsquo;est toujours pas arrivée. Les saisonniers, eux, s&rsquo;en vont les uns après les autres.</p>
<p><strong>Yann</strong> a été recruté par <strong>Hans</strong>, qui dirige le vieil hôtel hérité de <span id="js-showResume" class="showResume">son père et qui commence à subir comme les autres les conséquences de l&rsquo;absence de neige. Tandis que peu à peu la station se vide, les deux hommes décident de rester. Et apprennent à se connaître. A s&rsquo;aimer aussi. </span></p>
<p><strong>Yann</strong> marche beaucoup. Repousse ses limites aussi. Et tente de comprendre les raisons de sa fuite.</p>
<p>Les descriptions précises et sensibles écrites par <strong>Basile Mulciba</strong> participent de cette virée dans un monde qui disparaît peu à peu du fait des dérèglements climatiques, une société qui perd ses repères, tandis que le désir, lui, nourrit toujours ceux qui y vivent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Basile Mulciba</strong> est originaire de Bretagne. Il a grandi en Guadeloupe et vit aujourd&rsquo;hui à Paris.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Yann se levait tôt mais restait allongé de longues minutes, à contempler les poutres du plafond, se remémorant presque chaque matin, avant de sortir de la chambre, la conversation avec Anne-Lise et ne sachant toujours pas très bien ce qu&rsquo;il était venu chercher. Sa colère, le doute et les remises en question s&rsquo;étaient dissipés et il fut même étonné de comprendre que c&rsquo;était elle qui, sans complètement le maîtriser, avait fait naître en lui l&rsquo;éventualité d&rsquo;un départ. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Après plusieurs jours, il avait l&rsquo;impression que l&rsquo;existence à la station trouvait son rythme et que, malgré l&rsquo;absence de neige, l&rsquo;activité démarrait peu à peu, comme une vieille mécanique fatiguée et pleine de poussière dont on chauffe le moteur en prévision d&rsquo;un grand voyage.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 134 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ce soir-là, Hans et Joachim semblèrent au sommet de leur amitié. D&rsquo;humeur festive et joyeuse, ils entraînèrent Florence avec eux. Yann participa aux conversations tout en sentant en retrait. Il repensait à la fin de la discussion avec Joachim et au sous-entendu qu&rsquo;il avait fait, que Hans puisse être la raison première de son désir de rester. Le trouble qu&rsquo;il ressentait à sa vue et à son contact ne le quittait plus depuis qu&rsquo;il l&rsquo;avait vu danser. Joachim l&rsquo;avait compris et, plutôt que de le lier ou de le contenir, il commençait à l&rsquo;accepter.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 148 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant une semaine, des masses d&rsquo;air glacé venues du nord succédèrent aux pluies humides, gorgées des eaux chaudes de l&rsquo;océan, sans que jamais les phénomènes ne se croisent ou ne se superposent. Les quelques personnes qui demeuraient en station et que Yann et Hans croisaient n&rsquo;acceptaient pas de ne plus rien comprendre, de ne plus rien maîtriser. Ceux qui restaient étaient les plus aigris, les plus hargneux, rongés par la crainte de tout perdre ou par le désespoir d&rsquo;une vie de travail déjà en ruine.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Hors saison, Basile Mulciba, Gallimard, 19,50 euros. </strong></em></p>
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		<item>
		<title>Genet ou l&#8217;art de faire naître Abdallah&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/12/16/genet-ou-lart-de-faire-naitre-abdallah/</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2022 07:57:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah Bentaga]]></category>
		<category><![CDATA[années 50]]></category>
		<category><![CDATA[chute]]></category>
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		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Rémi David]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Redécouvrir un auteur et l&#8217;histoire d&#8217;un homme. Voilà ce que permet le premier roman de Rémi David, Mourir avant que d&#8217;apparaître, paru il y a quelques semaines chez Gallimard. L&#8217;idée ? Faire pénétrer le lecteur dans l&#8217;intimité de Jean Genet et d&#8217;Abdallah Bentaga. Nous sommes au mitan des années 50. Jean Genet, auteur, poète et dramaturge désormais célèbre, mène une vie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GENET-OKOK.jpg" rel="lightbox[6166]"><img class="alignleft size-full wp-image-6169 colorbox-6166" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GENET-OKOK.jpg" alt="GENET OKOK" width="239" height="350" /></a></p>
<p>Redécouvrir un auteur et l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme. Voilà ce que permet le premier roman de <strong>Rémi David</strong>, <strong><em>Mourir avant que d&rsquo;apparaître</em></strong>, paru il y a quelques semaines chez Gallimard. L&rsquo;idée ? Faire pénétrer le lecteur dans l&rsquo;intimité de <strong>Jean Genet</strong> et d&rsquo;<strong>Abdallah Bentaga</strong>. Nous sommes au mitan des années 50.</p>
<p><strong>Jean Genet,</strong> auteur, poète et dramaturge désormais célèbre, mène une vie dissolue, poursuivant cette idée de constituer &laquo;&nbsp;un miroir à l&rsquo;envers de l&rsquo;ordre moral&nbsp;&raquo;. En 1956, le quadragénaire rencontre <strong>Abdallah</strong>, jeune garçon de piste et acrobate de 18 ans, qui travaille alors dans un cirque. La rencontre est explosive : <strong>Jean Genet</strong> veut faire de ce jeune homme amoureux d&rsquo;une fille, son amant et un fantastique funambule. Il sera aussi la figure centrale de son texte, publié en 1957, <em><strong>Le funambule.</strong></em></p>
<p>C&rsquo;est à partir de ce texte que <strong>Rémi David</strong> a trouvé le sujet de son premier roman. Il se documentait alors sur les funambules. Magicien, artiste et voyageur, <strong>Rémi David</strong> est l&rsquo;auteur de plusieurs textes. Le trentenaire a également travaillé avec Ernest Pignon-Ernest pour une présentation de son œuvre à destination des jeunes lecteurs.</p>
<p>Outre ses textes édités, il participe aussi à l’écriture de spectacles à la croisée de la marionnette, de la magie et du théâtre d’objets. Parallèlement à sa pratique de l’écriture, <strong>Rémi David</strong> a fondé en 2012 l’association M’Agis qui propose, en France et partout dans le monde, des spectacles et ateliers de magie à des populations en situation de très grande fragilité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6166"></span></p>
<div id="attachment_6177" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JeanGenet-HansKoechler1983-cropped.jpg" rel="lightbox[6166]"><img class="wp-image-6177 size-medium colorbox-6166" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JeanGenet-HansKoechler1983-cropped-300x273.jpg" alt="" width="300" height="273" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Genet en 1983, à Vienne, en Autriche. Crédit : International Progress Organization</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En rêvant de gloire pour celui dont il voulait faire un funambule accompli, <strong>Genet</strong> a conduit <strong>Abdallah</strong> à sa perte. Les deux hommes se sont séparés en 1962. <strong>Abdallah</strong> après une chute, sait qu&rsquo;il va perdre <strong>Genet</strong>. Ce dernier continue à l&rsquo;aider, mais vit désormais avec un autre jeune homme dont il veut faire un coureur automobile. En 1964, <strong>Abdallah</strong> se suicide, en se tranchant les veines et en ingurgitant le fameux Nembutal dont <strong>Genet</strong> s&rsquo;est gavé des années durant. Autour de lui, les livres de son amour Pygmalion annotés, griffonnés. Du temps de leur amour, jamais <strong>Abdallah</strong>, qui ne savait ni lire, ni écrire, ne semblait s&rsquo;être intéressé à l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;auteur. Au fil des pages, une histoire d&rsquo;amour et de fascination réciproque.</p>
<p><strong>Rémi David</strong> nous entraîne dans le Paris des années 50, à travers l&rsquo;Europe et le monde aussi.  Les excès de <strong>Genet</strong> saturent les pages, sa quête d&rsquo;absolu pour<strong> Abdallah</strong> aussi. Puis il y a la chute, la disgrâce, le désamour&#8230;</p>
<p>Une oeuvre de fiction cependant rappelle l&rsquo;auteur qui s&rsquo;est lancé dans une réécriture et ne s&rsquo;interdit <em>&laquo;&nbsp;ni de combler par la fiction les silences des biographies en inventant certaines scènes manquantes, ni de prendre des libertés avec les faits en faisant par exemple prononcer par Genet des paroles qu&rsquo;il a en réalité écrites.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman qui ne peut prétendre au mieux qu&rsquo;à la vérisimilitude. Et qui entraîne vraiment le lecteur, je trouve.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Genet avait fait sien le rêve du jeune garçon. A moins que ce ne fût l&rsquo;inverse. Mais après tout, cela importait peu : il avait un nouveau projet et se sentait revivre. Lui qui ne créait plus depuis plusieurs années, après sa rencontre avec Abdallah, se met à écrire non pas un, non pas deux, mais trois textes à la fois : </em>Le Balcon<em>, </em>Les Paravents<em> et </em>Les Nègres<em>. Après la poésie et après le roman, il reviendrait par le théâtre dans l&rsquo;arène. C&rsquo;était une façon, à quarante ans passés, connu et reconnu, de se réinventer. Abdallah en était une autre. Dans aucun des deux cas, Genet ne ferait les choses à moitié.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong> Page 92  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Plus tard, il appela de Copenhague, avec une nouvelle à annoncer. Ils n&rsquo;avaient toujours pas trouvé de professeur, pas plus à Vienne qu&rsquo;à Paris. Cette affaire devenait le jour de la marmotte : un éternel retour du même au point que personne, nulle part, ne semblait capable ou désireux de former Abdallah à l&rsquo;art des funambules. Genet avait donc pris une décision : c&rsquo;était lui qui le formerait à marcher sur le fil, à six mètres de haut. C&rsquo;était la solution, peut-être pas la meilleure, mais désormais l&rsquo;unique. </em></p>
<p><em>Il n&rsquo;était jamais monté sur une corde, en eût été bien incapable, mai il avait une idée précise de ce qu&rsquo;il fallait faire pour y marcher, pour y danser. Ce serait un travail acharné, quotidien, exigeant, annonçait-il déjà au téléphone, mais le résultat serait là, il en était persuadé.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 123 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Quand il vint le rejoindre en Grèce, Abdallah pour Genet était devenu, déjà, un livre refermé. Elle est toujours cruelle, douloureuse et injuste, la perte des sentiments que l&rsquo;on éprouve pour quelqu&rsquo;un. Ils sont là, ils sont tout et soudain, sans qu&rsquo;on y puisse rien, ils s&rsquo;envolent, ne sont plus rien. </em></p>
<p><em>C&rsquo;était entre eux, depuis cinq ans, une aventure. Une belle aventure, une aventure totale et périlleuse, artistique et humaine, amoureuse. Une aventure faite à la fois de joie, d&rsquo;humour, de légèreté, de sérieux, de travail, de beauté. Tout comme écrire un livre, pour Genet, était une aventure&#8230; avant d&rsquo;en vivre une autre, d&rsquo;en écrire un nouveau.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><strong> Mourir avant que d&rsquo;apparaître, Rémi David, Gallimard, 18€.</strong></p>
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		<title>Entre les zones grises, prendre la bonne décision&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/02/07/entre-les-zones-grises-prendre-la-bonne-decision/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 08:03:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alma Revel]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 Karine Tuil s&#8217;empare au plus près de l&#8217;actualité dans son douzième roman, La décision. L&#8217;auteure de Les choses humaines, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&#8217;une société après un viol, elle nous emmène dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" rel="lightbox[5887]"><img class="alignleft size-full wp-image-5889 colorbox-5887" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" alt="CVT_La-decision_5727" width="185" height="272" /></a></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire hiver 2022</span></strong></p>
<p><strong>Karine Tuil</strong> s&rsquo;empare au plus près de l&rsquo;actualité dans son douzième roman, <strong><em>La décision</em></strong>. L&rsquo;auteure de <em><strong>Les choses humaines</strong></em>, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&rsquo;une société après un viol, elle nous emmène dans le bureau de la coordinatrice du pôle d&rsquo;instruction antiterroriste. C&rsquo;est là qu&rsquo;<strong>Alma Revel</strong>, quinquagénaire empêtrée dans une vie conjugale qui ne la satisfait plus, traite des dossiers tout simplement inflammables.</p>
<p>Dans son bureau se succèdent des hommes et quelques femmes qui ont fait des choix. Radicaux. A elle et son équipe de se dépatouiller avec l&rsquo;horreur, d&rsquo;évaluer les responsabilités et les implications, de déjouer les stratégies autour de la <strong>taqiya</strong>, ce concept de la religion musulmane recommandant la prudence au fidèle en l&rsquo;invitant à dissimuler sa croyance en cas de danger. Rien n&rsquo;est épargné Alma, pas même les menaces de mort.</p>
<p>Tout compte pour étayer la prise de décision. Jusqu&rsquo;à l&rsquo;intuition.  Et si elle s&rsquo;avère finalement mauvaise ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5887"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Nous sommes en mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du palais de justice, la juge <strong>Alma Revel</strong> doit se prononcer sur le sort d&rsquo;<strong>Abdeljalil</strong>, un jeune homme suspecté d’avoir rejoint l’État islamique en Syrie. Est-il réellement repenti et risque-t-il de se radicaliser en prison si la justice décide de l&rsquo;y laisser ou cache-t-il son jihadisme ? Tandis que sa haine de la France transpire de tous ses mots ?</p>
<p>Au fil des pages, des extraits des interrogatoires donnent des pistes. Ou pas.</p>
<p>À ce dilemme professionnel s’en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, <strong>Alma</strong> entretient une liaison avec l’avocat <strong>Emmanuel Forest</strong> qui représente le mis en examen. Comment conjuguer le tout ? Auprès de ses collègues ? De sa famille ? De son conscience professionnelle tandis que tout se délite ?</p>
<p>Au fil des page, un roman intense, dense et très bien documenté. Pour l&rsquo;écrire au plus près de la réalité, <strong>Karine Tuil</strong> a rencontré des juges d&rsquo;instruction, des enquêteurs, un président de cour d&rsquo;assises et un avocat de jihadistes.</p>
<p>Dans <em><strong>La décision</strong> </em>aussi, tandis que se mélange le professionnel et le privé pour le pire et le meilleur, la notion d&rsquo;origine transparaît. Aucun des protagonistes n&rsquo;échappe à ses origines en regard de sa foi. Son mari s&rsquo;enfonce dans un judaïsme radical alors que leur fille aînée envisage d&rsquo;épouser un musulman. Dans le bureau du juge <strong>Revel</strong>, d&rsquo;autres sont prêts à tout au nom d&rsquo;Allah&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 74 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant tout le voyage, je conservais mon téléphone dans la main. Je regardais le paysage se déployer à travers la vitre, les champs de tournesol qui se dressaient, tantôt pleins et ouverts, tantôt repliés sur eux-mêmes, brûlés, éteints – juste métaphore d&rsquo;une vie qui alternait les cycles avec une régularité tragique. Je rêvais de fuite et de grands espaces. Je me sentais asphyxiée par un quotidien sur lequel je n&rsquo;avais plus la moindre maîtrise. Mon couple me paraissait factice, je pensais de plus en plus à la séparation, mais divorcer, pour une femme qui n&rsquo;avait pu affronter la férocité de son univers professionnel qu&rsquo;on conservant une stabilité affective, c&rsquo;était une décision qui ébranlait tout un mécanisme de confiance interne. J&rsquo;avais peur de prendre la mauvaise décision.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192 : &laquo;&nbsp;</strong><em>– Tu prends des risques insensés, a-t-elle continué. Nous sommes proches je me permets de te le dire, on a tous compris que tu avais une liaison avec Emmanuel Forest, c&rsquo;est ta vie privée, tu fais ce que tu veux, Alma, mais il passe trop de temps dans ton bureau, ça fait deux fois cette semaine que tu nous l&rsquo;imposes à déjeuner, ce n&rsquo;est pas sain, ce n&rsquo;est pas assez étanche, on ne doit pas avoir de liens trop étroits avec les avocats qui travaillent sur nos dossiers, fais attention, les gens commencent à parler, je ne veux pas que tu aies de problèmes et je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;en avoir non plus. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je l&rsquo;écoutais tout en sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait aucune influence sur moi, que rien ne me ferait plus renoncer à ma relation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 204 :</strong><em> &laquo;&nbsp;La suite, en dépit des craintes, c&rsquo;est une logique de libération. La famille d&rsquo;Abdeljalil a été interrogée, elle est rassurante. La mère affirme qu&rsquo;elle peut accueillir son fils. Elle a une Freebox qui permet l&rsquo;installation du système de surveillance. Il y a donc des garanties éducatives, un socle. Le cadre familial est structurant. Abdeljalil a exprimé ses regrets à plusieurs reprises. L&rsquo;enquête de personnalité révèle des difficultés rencontrées au cours de l&rsquo;adolescence, des idées suicidaires, mais elle le décrit peu influençable et soucieux d&rsquo;engager des démarches de réinsertion. Un psychiatre et un psychologue l&rsquo;ont aussi examiné récemment : il est calme, cohérent, déterminé à mener une vie sans histoires.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La décision, Karine Tuil, Gallimard, 20€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans le cambouis de la littérature d&#8217;usine&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/03/dans-le-cambouis-de-la-litterature-dusine/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 14:24:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Flahaut]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je me considère héritier de cette conscience ouvrière. On hérite de ce qui est mort de toute façon.&#160;&#187; Dans le journal suisse Le Temps, en septembre dernier, Thomas Flahaut résumait aussi son travail, engagé en 2017 avec la publication de son premier roman &#171;&#160;Ostwald&#160;&#187; qui déjà évoquait le monde ouvrier dans un contexte post-apocalyptique, en présumant d&#8217;une explosion à la centrale nucléaire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Les-nuits-dete_8854.jpg" rel="lightbox[5531]"><img class="alignleft size-full wp-image-5533 colorbox-5531" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Les-nuits-dete_8854.jpg" alt="CVT_Les-nuits-dete_8854" width="250" height="367" /></a></strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Je me considère héritier de cette conscience ouvrière. On hérite de ce qui est mort de toute façon.&nbsp;&raquo;</strong> Dans le journal suisse <em>Le Temps</em>, en septembre dernier, <strong>Thomas Flahaut</strong> résumait aussi son travail, engagé en 2017 avec la publication de son premier roman<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/09/22/comme-une-errance-radioactive/">&laquo;&nbsp;Ostwald&nbsp;&raquo;</a></strong> qui déjà évoquait le monde ouvrier dans un contexte post-apocalyptique, en présumant d&rsquo;une explosion à la centrale nucléaire de Fessenheim.</p>
<p>Il est revenu à la dernière rentrée littéraire avec <strong>&laquo;&nbsp;Les nuits d&rsquo;été&nbsp;&raquo;</strong>. Un roman terriblement ancré dans la réalité. Et pour cause. Thomas Flahaut, bientôt trente ans, s&rsquo;est inspiré de sa propre expérience dans une usine du Jura bernois, en Suisse. Lui-même fils d&rsquo;ouvrier, il a rejoint une entreprise plusieurs mois durant en 2013 afin de pouvoir financer ses études.</p>
<p>Il a gardé les odeurs, les bruits, les machines monstrueuses en mémoire. Tout comme la reproduction sociale qui s&rsquo;y joue pour raconter au plus près de la réalité les histoires croisées de <strong>Thomas</strong> (comme un alter ego littéraire), <strong>Louise</strong> sa soeur jumelle et leur ami d&rsquo;enfance <strong>Mehdi</strong>.</p>
<p>Eté 2016. <strong>Thomas</strong> rejoint pour la première fois l&rsquo;usine où son père a travaillé toute sa vie. Il y retrouve <strong>Mehdi</strong>, un peu perdu de vue. Ils sont 25 ans. <strong>Mehdi</strong> se partage entre les stations de ski l&rsquo;hiver et l&rsquo;usine l&rsquo;été. A cela s&rsquo;ajoute les marchés qu&rsquo;il parcourt avec son père, ancien ouvrier de l&rsquo;usine devenu marchand de poulets grillés.</p>
<p><span id="more-5531"></span></p>
<p><strong>Thomas</strong> est étudiant à Besançon. Enfin, était. Il a cessé de se rendre à la fac. Et n&rsquo;a encore rien dire à ses parents. Seule sa soeur jumelle, <strong>Louise</strong>, est au courant. Ils partagent le même appartement. <strong>Louise</strong>, brillante étudiante en sociologie, doit entamer sa thèse dès cet été. Compliqué de s&rsquo;y mettre. Elle regagne le quartier des Verrières où elle a grandi. Et retrouve <strong>Mehdi.</strong></p>
<p>Elle sait que son travail portera sur les ouvriers frontaliers qui comme son son frère et son ami gagnent la Suisse pour rejoindre l&rsquo;usine Lacombe. Une usine où les cadres suisses viennent annoncer une mauvaise nouvelle. Celle de la fermeture prochaine.</p>
<p>Pour beaucoup, l&rsquo;horizon se bouche d&rsquo;un coup. <strong>Thomas</strong> sombre. <strong>Mehdi</strong> doute et tombe amoureux. Puis viendra le drame.</p>
<p><strong>Thomas Flahaut</strong> raconte son roman :</p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/CMPkLSxmBtk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Au fil des pages, une &laquo;&nbsp;littérature d&rsquo;usine&nbsp;&raquo; dont il a trouvé l&rsquo;inspiration dans<strong> &laquo;&nbsp;L&rsquo;établi&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Robert Linhart</strong>. Le militant maoïste avait rédigé son livre après avoir passé un an dans une usine Citroën.</p>
<p>Un roman passionnant parce qu&rsquo;il parle d&rsquo;un monde trop souvent oublié par la littérature contemporaine. Dans une société de services de plus en plus dématérialisée,  le travail à la chaîne n&rsquo;inspire visiblement pas. Ou plus. <strong>Thomas Flahaut,</strong> lui, a décidé de ne pas perdre de vue la classe ouvrière.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 35 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Une nouvelle semaine commence ainsi, aussi normale, habituelle, que si elle était pour Thomas la centième. Il prend place devant la Miranda. Ses mains se mettent à penser à sa place lorsqu&rsquo;elle gueule, tressaute. Il faut replacer le fil de cuivre cassé dans la fileuse. Il faut ramasser le stator tordu par le bras mécanique en grimpant dans le ventre de la machine quand la pompe à air foire et que s&rsquo;affiche sur l&rsquo;écran de contrôle le message annonçant </em>Error Vacuum<em>. Thomas se repose dans le silence des autres et leurs conversations économes sur la chaleur à crever le jour et la douceur des nuits, les Suisses qu&rsquo;on ne voit jamais mais qu&rsquo;on déteste, les motos tant aimées qu&rsquo;on pourrait en sculpter des totems, la Ducati, la Honda, la Kawasaki, et dont on articule les noms avec autant d&rsquo;évidence que si elles étaient des compagnes de chair et d&rsquo;os. Devant sa facilité à intégrer l&rsquo;univers nouveau de l&rsquo;usine, Thomas songe qu&rsquo;elle est peut-être le lieu de sa naissance.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 137 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La fin va arriver. Elle va arriver très vite. Ce soir, les polos verts ont commencé à démonter la Miranda de Steven. Déjà, elle a été dépouillée de tous ses éléments mécaniques, les plus longs à démonter. Au bout de la nuit, il n&rsquo;en demeurera plus rien, ou presque. Il n&rsquo;y aura plus à sa place que du vide. Un vide que Mehdi ne peut s&rsquo;empêcher de trouver mélancolique Il sait que son père ne travaillait pas sur une Miranda de temps où il passait ses nuits chez Lacombe, mais il associe le dévissage de ces machines qui ont bousillé son père, entraîné par effet domino le départ de sa mère avant de la lâcher là, lui, le fils, le produit de ces démolitions successives, sans possibilité immédiate de gagner de quoi vivre, avec pour seul horizon la fuite. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 143 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Tout à l&rsquo;heure, toquant à la fenêtre passager, Louise l&rsquo;a réveillé. Mehdi s&rsquo;était arrêté près de la douane. Endormi, Thomas ne s&rsquo;en était pas rendu compte. Inquiète, sa soeur a voulu lui faire promettre de démissionner dès le lendemain, d&rsquo;aller voir un médecin. Mais ça, il ne peut pas. Travailler chez Lacombe constitue désormais en enjeu existentiel, presque mystique. S&rsquo;il ne tient pas jusqu&rsquo;au bout, jusqu&rsquo;à ce que la dernière machine soit démontée, Thomas en est persuadé, il est perdu. Mais ça, il ne l&rsquo;a pas dit à Louise. Il ne l&rsquo;a dit à personne. Il le sait, il aurait l&rsquo;air d&rsquo;un fou. Je verrai, je ferai attention, c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;jl lui a répondu.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les nuits d&rsquo;été&nbsp;&raquo;, Thomas Flahaut, Editions de l&rsquo;Olivier, 18€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans les tréfonds des coeurs et de la Terre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/04/24/dans-les-trefonds-des-coeurs-et-de-la-terre/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2019 07:06:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Doggerland"]]></category>
		<category><![CDATA[colloque]]></category>
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		<category><![CDATA[fiction géologique]]></category>
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		<category><![CDATA[scientifiques]]></category>
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		<description><![CDATA[Troisième roman pour Elisabeth Filhol. Et troisième univers décliné au fil d&#8217;une langue précise et claire. Cette fois encore, en découvrant la couverture sur la pile d&#8217;une table de librairie, je n&#8217;ai pas hésité. &#160; Cette auteure quinquagénaire sait arpenter des terrains d&#8217;écriture pour le moins exotiques. Son premier roman, &#171;&#160;La centrale&#160;&#187;, nous avait menés [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Troisième roman pour <strong>Elisabeth Filhol</strong>. Et troisième univers décliné au fil d&rsquo;une langue précise et claire. Cette fois encore, en découvrant la couverture sur la pile d&rsquo;une table de librairie, je n&rsquo;ai pas hésité.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-doggerland.jpg" rel="lightbox[4614]"><img class="alignleft size-full wp-image-4622 colorbox-4614" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-doggerland.jpg" alt="zoom-doggerland" width="380" height="475" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette auteure quinquagénaire sait arpenter des terrains d&rsquo;écriture pour le moins exotiques. Son premier roman, <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/02/la-face-sombre-du-systeme-nucleaire/">&laquo;&nbsp;La centrale&nbsp;&raquo;, </a></strong>nous avait menés dans le monde des sous-traitants du nucléaire. Le second,<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/10/25/bossnapping-a-bois-ii/">&laquo;&nbsp;Bois II&nbsp;&raquo;</a></strong>, dans celui des patrons, via la séquestration de l&rsquo;un d&rsquo;eux.</p>
<p><strong>Élisabeth Filhol</strong> a grandi et a fait sa scolarité à La Rochelle. Diplômée du Master Finance d&rsquo;entreprise, elle a d&rsquo;abord travaillé en audit, puis en gestion de trésorerie, principalement en milieu industriel, et plus tard dans le conseil aux comités d&rsquo;entreprises. Elle vit à Angers.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce troisième roman ? Elle commence par une tempête qui s&rsquo;annonce. Qui arrive. <strong>Xaver</strong> va bientôt déferler ( une vraie tempête née le 4 décembre 2013 qui a provoqué la mort de neuf personnes et des milliers de sinistrés) sur les côtes du nord de l&rsquo;Europe.</p>
<p><strong>Ted Hamilton</strong> surveille cela de très près. C&rsquo;est son métier. Installé dans le Devon, il surveille, il anticipe. Et prévient sa sœur, installée à plusieurs centaines de kilomètres de là, qu&rsquo;il ne vaut mieux pas qu&rsquo;elle prenne l&rsquo;avion pour se rendre au Danemark, pour un colloque.</p>
<p><strong>Margaret</strong>, chercheuse, mariée à un chercheur, elle est mère d&rsquo;un fils jeune adulte &#8211; ,  s&rsquo;y rendra cependant. Pour le colloque, pour son sujet de recherche aussi. Des décennies que cette quadragénaire travaille sur le Doggerland.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4614"></span></p>
<p>Le Doggerland ? Il y a 8.000 ans, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une étendue de terre, située dans la moitié sud de la Mer du Nord. Elle permettait de rejoindre, à pied, la Grande-Bretagne au Danemark. Mais vint le &laquo;&nbsp;storrega&nbsp;&raquo;, comme un immense tremblement de terre, qui a tout fait disparaître au fond de la mer… <strong>Margaret</strong> a voué sa vie à son dossier d&rsquo;étude. Si loin des préoccupations de <strong>Marc</strong>, ingénieur pour le secteur pétrolier.</p>
<p>Il y a vingt-cinq, le petit Frenchie étudiant comme elle au département de géologie de Saint-Andrews. <strong>Marc</strong>, aux épisodes dépressifs parfois violents, l&rsquo;a quittée précipitamment pour rejoindre une plateforme offshore. Ils ne sont plus vus. Mais se sont toujours suivis de loin en loin. Cette fois, ils se retrouvent. C&rsquo;est le temps des questions. Celle des regrets ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p><strong>Pages 149-150 :</strong><em> &nbsp;&raquo; De ce passé complexe, riches en fractures et en rebondissements, à l&rsquo;aplomb duquel aujourd&rsquo;hui sont ancrées des centaines de plateformes qui brillent dans la nuit et dessinent, vues du ciel, un long ruban lumineux telle une constellation d&rsquo;étoiles dont on aurait perdu le récit des origines, mais qui dans une vision cosmogonique, reproduirait en surface le tracé de la vallée perdue ; de cette histoire ont surgi des ressources abondantes et son lot de menaces, et sur ce terrain l&rsquo;Homme par son activité n&rsquo;est pas en reste, qui ne fait que majorer les déséquilibres, éventuellement en créer de nouveaux ; et quand une colonne de gaz se déplace, remonte le long d&rsquo;une faille, modifie la pression d&rsquo;un réservoir, et finalement fait exploser le puits, libérant autour de la plateforme un énorme nuage de méthane, c&rsquo;est l&rsquo;accident d&rsquo;Elgin, le 25 mars 2012, le plus gros accident depuis l&rsquo;embrasement de Piper Alpha 25 ans plus tôt, et qui aurait pu être tout aussi meurtrier, si le vent ce jour-là n&rsquo;avait pas soufflé dans le bon sens, s&rsquo;il n&rsquo;avait pas poussé le nuage de gaz dans la direction opposée à la torchère.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p><strong>Page 275 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[…] Elle lui raconte sa théorie de la carte d&rsquo;Afrique. Des gens dont l&rsquo;intériorité est comme une carte d&rsquo;Afrique au XVIIe siècle. Et ça commence par ce regard qu&rsquo;on tourne vers soi dès l&rsquo;enfance, qui est un cadeau offert à notre espèce, auquel chacun s&rsquo;exerce sans y penser, avec de plus en plus d&rsquo;acuité en grandissant. Sauf que chez certaines personnes, des gens comme elle, ça ne marche pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 289 : </strong></p>
<p><em>«  – Quand j&rsquo;ai ouvert ce faire-part, dit Marc, avec son beau papier et son enveloppe dactylographiée, sans pouvoir douter que tu en avais pris l&rsquo;initiative, je me souviens parfaitement où j&rsquo;étais, à mi-chemin entre la boîte aux lettres et la véranda, arrêté dans l&rsquo;allée, au milieu de ce jardin luxuriant qui entourait la maison. J&rsquo;ai appris en une seule phrase, à la fois ta relation avec Stephen, votre mariage puisque tu avais changé de nom, et la naissance de votre fils. Moins de deux ans après mon départ. Sauf que dans ma tête, je ne t’avais pas quittée. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, avec l’arrogance, l’inconscience qui était la mienne à l’époque, il suffisait que je rentre, comme je l’avais toujours fait, comme Ulysse après son grand tour, pour que je te retrouve, disponible, et que tout recommence comme avant. »</em></p>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Doggerland&nbsp;&raquo;, Elisabeth Filhol, P.O.L., 19,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em> </em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Dans le champ magnétique de ses guerres&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/01/14/dans-le-champ-magnetique-de-ses-guerres/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Jan 2019 08:38:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un titre suffit parfois à donner envie de plonger dans un roman ! La preuve avec &#171;&#160;A son image&#160;&#187;, dernier roman en date de Jérôme Ferrari. La quatrième de couverture confirme le l&#8217;intérêt. Et les premières lignes nous entraîne déjà&#8230; Chouette découverte que ce roman, écrit par le lauréat du prix Goncourt 2012 (&#171;&#160;Le sermon [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un titre suffit parfois à donner envie de plonger dans un roman ! La preuve avec <strong>&laquo;&nbsp;A son image&nbsp;&raquo;</strong>, dernier roman en date de <strong>Jérôme Ferrari</strong>. La quatrième de couverture confirme le l&rsquo;intérêt. Et les premières lignes nous entraîne déjà&#8230;</p>
<p>Chouette découverte que ce roman, écrit par le lauréat du prix Goncourt 2012 (<strong>&laquo;&nbsp;Le sermon sur la chute de Rome&nbsp;&raquo;</strong>) !</p>
<p>Né de parents corses, Jérôme Ferrari a grandi en région parisienne. Auteur de onze titres, cet agrégé de philosophie est actuellement en poste au lycée français d&rsquo;Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/A-SON-IMAGE.jpg" rel="lightbox[4516]"><img class="alignleft wp-image-4517 size-medium colorbox-4516" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/A-SON-IMAGE-159x300.jpg" alt="A SON IMAGE" width="159" height="300" /></a>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;<strong>Antonia</strong>. Elle périt dans un tragique accident de voiture dès les premières pages de ce roman dur et lumineux à la fois. La jeune femme vit en Corse, dans le sud de l&rsquo;île. Elle gagne sa vie en faisant des photos de mariage, de fêtes.</p>
<p>L&rsquo;ancienne salariée du journal régional a choisi de travailler autrement. Librement. Ce soir-là, un morceau de son passé est remonté à la surface : alors qu&rsquo;elle couvre un mariage, elle reconnait <strong>Dragan</strong>, autrefois rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Des heures de discussion s&rsquo;engagent, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle décide de rentrer et que sa voiture tombe dans un ravin.</p>
<p>Dans le village, c&rsquo;est le choc. Pour son oncle et parrain, c&rsquo;est un drame. Devenu prêtre, c&rsquo;est lui qui va conduire les obsèques, dire l&rsquo;oraison funèbre&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;occasion de replonger dans le passé. De raconter la vie de sa nièce adorée, celle à qui il avait offert un appareil-photo pour ses 14 ans, celle à qui il avait donné de l&rsquo;argent pour qu&rsquo;elle puisse rejoindre l&rsquo;ex-Yougoslavie et photographier la guerre de près. Comment se pardonner à l&rsquo;heure des obsèques ?</p>
<p>D&rsquo;évoquer aussi le lien indéfectible qui a uni <strong>Antonia</strong> à <strong>Pascal B</strong>. l&rsquo;un des figures montantes du FLNC.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4516"></span></p>
<p><strong>Antonia</strong> voulait prendre de la hauteur sur les choses, se confronter au réel&#8230; Quitte à souffrir, à perdre ses dernières illusions. &laquo;&nbsp;Ce roman est l&rsquo;histoire de l&rsquo;échec d&rsquo;<strong>Antonia</strong>&laquo;&nbsp;, explique l&rsquo;auteur qui a découvert la force de la photographie d&rsquo;actualité dans les années 90, pendant la guerre en ex-Yougoslavie.</p>
<p>Un roman puissant, solennel et lumineux à la fois.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 68 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Antonia venait de rentrer de Nice où elle avait passé une année parfaitement stérile à l&rsquo;université. Là-bas aussi, aux yeux de tous, elle était la femme d&rsquo;un prisonnier politique ; le milieu des étudiants insulaires lui témoignait une déférence pénible tout en surveillant ses moindres faits et gestes si bien qu&rsquo;elle vivait comme une infante solitaire entourée de chaperons et s&rsquo;ennuyait atrocement. Elle ne pouvait compter ni sur Madeleine, qui se délectait de tenir, devant un public de connaisseurs, le rôle de l&rsquo;épouse, éplorée mais courageuse, victime de l&rsquo;iniquité de l&rsquo;Etat, ni sur Laetitia, qui en venait presque à regretter explicitement que Xavier S. ne se soit pas fait coffrer lui aussi, la privant par son insignifiance de la place qu&rsquo;elle méritait dans cette tragédie.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Qu&rsquo;avait-il donc réussi à faire si ce n&rsquo;est blesser mortellement tous ceux qui l&rsquo;avaient un jour aimé, à commencer par Antonia ? Elle était une enfant si aimante, il se le rappelle et interrompt un instant son discours pour contenir ses larmes mais il ne prononce pas son prénom et elle court vers lui, regarde, regarde comme je danse !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 189 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle faisait son travail, elle sortait, elle allait rendre visite à ses parents, elle s&rsquo;empêchait d&rsquo;appeler Simon, même quand elle en ressentait douloureusement le désir et elle s&rsquo;accordait de temps en temps une aventure pour que quelque chose se passe dans sa vie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle ne rêvait plus de produire autre chose que des images tout aussi éphémères que le papier journal sur lequel elles étaient quotidiennement imprimées et qui, chaque soir, s&rsquo;il ne servait pas à allumer les feux de cheminée, finissait dans une poubelle avec les épluchures de légumes, le marc de café et les mégots. Elle ne se plaignait pas. Elle n&rsquo;en avait ni le droit, ni la force. Pas même l&rsquo;envie.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;A son image&nbsp;&raquo;, Jérôme Ferrari, Actes Sud, 19 €.</strong></em></p>
<p><em><strong> </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Une bonne action&#8230; au bout de la corde</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/01/31/une-bonne-action-au-bout-de-la-corde/</link>
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		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 08:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[scénario]]></category>
		<category><![CDATA[Tristan]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Marion Guillot, vous connaissez ? La trentenaire fait partie des auteurs dont j&#8217;apprécie le travail. J&#8217;avais beaucoup aimé son premier roman qui s&#8217;imposait comme un programme salutaire, &#171;&#160;Changer d&#8217;air&#160;&#187;, paru aux Editions de Minuit ( vous pouvez le retrouvez ici). La jeune femme installée en Bretagne est de retour avec &#171;&#160;C&#8217;est moi&#160;&#187;. Après [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARION-GUILLOT.jpg" rel="lightbox[4154]"><img class="alignleft size-full wp-image-4155 colorbox-4154" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARION-GUILLOT.jpg" alt="MARION GUILLOT" width="178" height="245" /></a>Marion Guillot</strong>, vous connaissez ? La trentenaire fait partie des auteurs dont j&rsquo;apprécie le travail. J&rsquo;avais beaucoup aimé son premier roman qui s&rsquo;imposait comme un programme salutaire, <strong>&laquo;&nbsp;Changer d&rsquo;air&nbsp;&raquo;</strong>, paru aux Editions de Minuit ( vous pouvez le retrouvez <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/02/fuir-pour-ne-pas-se-noyer/">ici</a></strong>).</p>
<p>La jeune femme installée en Bretagne est de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>Après nous avoir raconté la vie de <strong>Paul</strong>, ce professeur de Lettres installé à Lorient qui, le jour de la rentrée, après avoir assisté, impuissant, à la chute d&rsquo;une femme dans le port, décide de ne jamais rejoindre sa classe, ni sa vie.</p>
<p>Autre décor avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;</strong>. Quoique. Nous sommes toujours pas loin de la mer. Au sein d&rsquo;un couple qui ne va pas bien. Il y a la narratrice, quadragénaire. Elle travaille, ce qui n&rsquo;est actuellement pas le cas de son compagnon, <strong>Tristan</strong>. Ils vivent dans un petit appartement, sans guère de projets ni d&rsquo;envies&#8230; Et puis il y a <strong>Charlin</strong>, le vieux pote de Tristan, qui passe beaucoup de temps (bien trop aux yeux de la narratrice) chez le couple.</p>
<p><span id="more-4154"></span></p>
<p>Un jour, <strong>Tristan</strong> offre un cadeau original à sa compagne : sur le mur, une photo de vacances sur laquelle elle est nue. Le portrait, grandeur nature, s&rsquo;offre aux regards. Même à celui de <strong>Tristan</strong>. Pour la narratrice, c&rsquo;est marre. Il est temps que cela change. Alors, patiemment, méthodiquement, elle va imaginer un plan et le mettre à exécution. Pour avoir la paix. Même si elle ne sera que de courte durée.</p>
<p>Le roman vire au noir. Avec brio.</p>
<p>Comme dans son premier roman, <strong>Marion Guillot</strong> fait le portrait d&rsquo;un personnage qui ira au bout de son choix. Radical. Histoire de ne pas perdre la main sur sa destinée.</p>
<p>Un récit ciselé. Un régal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 21 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] je crois que, Tristan et moi, à l&rsquo;époque, on traversait une période un peu délicate, peut-être même un peu difficile, une période où, vivant côte à côte plus qu&rsquo;ensemble, on battait tendrement de l&rsquo;aile, laissant fadement couler les jours, s&rsquo;installer la situation sans que Tristan s&rsquo;inquiète de tout ça, de cette légère torpeur dans le couple, de cette forme de lenteur dans son rythme, de cette distance ( à laquelle, évidemment, la présence de Charlin ne pouvait rien arranger), sans doute d&rsquo;autant plus sournoise qu&rsquo;elle n&rsquo;avait rien de dramatique et qu&rsquo;avec un petit effort commun, un tant soit peu de volonté ou trois gouttes de philtre magique, on était capable de la réduire.&nbsp;&raquo; : </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Une fois refermée l&rsquo;enveloppe et sifflée la bouteille de vin, il ne s&rsquo;était pas éternisé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Après son départ, et puisque pour estimer, par contraste, mon degré d&rsquo;attachement aux gens, il m&rsquo;arrivait de les imaginer mourir, ça m&rsquo;avait soulagée, ce soir-là, de sentir les larmes monter, d&rsquo;en voir une perler dans le miroir et d&rsquo;évaluer la magnitude de l&rsquo;événement à au moins 9/10 sur mon échelle du chagrin en me figurant Tristan sur son lit de mort à la suite d&rsquo;une maladie grave ou de je ne sais quel accident dont les effets lui auraient été si fatals que je me représentais en deuil à la cérémonie d&rsquo;enterrement, que je m&rsquo;entendais même dire au pupitre quelques mots incompréhensibles ou esquisser, remuant un goupillon dans le vide, un signe de croix à proximité de son cercueil.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 109-110 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Du reste la boucle, en quelques sorte, me paraissait bouclée, j&rsquo;estimais avoir non seulement pris ma revanche mais fait le tour, le tour de ce je ne sais quoi mais le tour, de moi-même peut-être après tout, et sans trop savoir ce qui, précisément, recommençait, j&rsquo;avais l&rsquo;impression rassurante de me connaître un peu mieux, d&rsquo;avoir donné de ma personne, la totalité de ma personne, quand bien même Tristan, de toute évidence, était triste dans le TER presque vide à cette heure, qui roulait lentement comme pour faire durer le chagrin, certes pas au point de se mettre à pleurer mais triste, j&rsquo;étais sûr qu&rsquo;il l&rsquo;était à la façon qu&rsquo;il avait de se ronger les ongles, de mordiller les envies tout autour et de passer sa main dans ses cheveux comme pour chasser des souvenirs, et j&rsquo;avais beau le sentir accablé, le voir regarder impassiblement le paysage, le ciel tout bleu sans rien dedans, les maisons de pierre qui parsemaient la campagne verdoyante obstruée par mon reflet dans la vitre, j&rsquo;avais le sentiment d&rsquo;avoir accompli mon devoir, une bonne action, ou que c&rsquo;était une bonne chose de faite, au point que, pour couronner le tout, je m&rsquo;étais dit qu&rsquo;avant de me coucher et de m&rsquo;endormir, bercée par les effluves d&rsquo;iode des criques rocheuses de Porto, je commanderais – ce serait ma récompense à moi, mon dernier hommage –, une bibliothèque toute neuve où ranger le surplus de nos livres.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi&nbsp;&raquo;, de Marion Guillot, Editions de Minuit, 12€.</strong></em></p>
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		<title>Sous les frondaisons, captivante dystopie</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/24/sous-les-frondaisons-captivante-dystopie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/24/sous-les-frondaisons-captivante-dystopie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Oct 2017 07:13:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[" Notre vie dans les forêts"]]></category>
		<category><![CDATA[drones]]></category>
		<category><![CDATA[dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[effroi]]></category>
		<category><![CDATA[fuite]]></category>
		<category><![CDATA[histoire d'amour]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[libération]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Marie]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Darrieussecq]]></category>
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		<category><![CDATA[psychologue]]></category>
		<category><![CDATA[quête]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[société totalitaire]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Et si on se plongeait dans un roman de science-fiction ? Mais attention, écrit par Marie Darrieussecq. Et là, forcément, ça fait une sacrée différence. En même temps, je ne suis pas fan de science-fiction, tandis que les romans de cette auteure et psychanalyste m&#8217;ont très souvent plus. La preuve encore avec &#171;&#160;Notre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #00ffff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-notre-vie-dans-les-forets.jpg" rel="lightbox[4069]"><img class="alignleft size-full wp-image-4072 colorbox-4069" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-notre-vie-dans-les-forets.jpg" alt="livre-notre-vie-dans-les-forets" width="120" height="176" /></a> Et si on se plongeait dans un roman de science-fiction ? Mais attention, écrit par <strong>Marie Darrieussecq</strong>. Et là, forcément, ça fait une sacrée différence. En même temps, je ne suis pas fan de science-fiction, tandis que les romans de cette auteure et psychanalyste m&rsquo;ont très souvent plus.</p>
<p>La preuve encore avec <strong>&laquo;&nbsp;Notre vie dans les forêts&nbsp;&raquo;</strong>, dernier opus en date. La dernière fois que Quatrième de couv a parlé de <strong>Marie Darrieussecq</strong>, c&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/08/27/il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes-nous-dit-elle/">ici</a></strong>.</p>
<p>Elle nous emmène cette fois dans une histoire étrange ( un peu comme avec <strong>&laquo;&nbsp;Truismes&nbsp;&raquo;</strong>, le premier roman qui l&rsquo;avait révélée au grand public). La narratrice se prénomme <strong>Viviane</strong>. Psychologue spécialiste du traumatisme, elle vit désormais dans la forêt avec d&rsquo;autres qui, comme elle, ont fui après avoir libéré plusieurs de leurs <em>&laquo;&nbsp;moitiés&nbsp;&raquo;</em>, des presque clones qui sont autant de <em>&laquo;&nbsp;réservoirs de pièces détachées&nbsp;&raquo;.</em> On ne sait rien du lieu où tous se cachent, rien de ce qui a bien pu se passer.</p>
<p><span id="more-4069"></span></p>
<p>Reste la volonté farouche, vitale même, de <strong>Viviane</strong> à tout raconter. Vite. A expliquer ce qui se passe, à parler de <strong>Marie</strong>, sa moitié depuis qu&rsquo;elle est enfant, à revenir sur les échanges avec ses patients d&rsquo;avant, à évoquer son histoire d&rsquo;amour, la relation à son chien, etc.</p>
<p>Un roman court, tout en tension, drôle et effrayant à la fois. Un texte post-traumatique pour mieux dénoncer une mainmise technologique totalitaire, encadrée par des robots et des drones. Un roman politique donc. Le prolongement d&rsquo;une nouvelle publiée il y a vingt ans déjà et qui résonne de manière particulière alors qu&rsquo;ici et là dans le monde, des situations se tendent, des conflits se cristallisent avec, toujours, une menace pesant lourdement sur la liberté.</p>
<p>Une dystopie captivante.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque son nouveau roman</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/sbAjafjHPNQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 28-29 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je faisais partie de ces pools de psys d&rsquo;urgence qu&rsquo;on a mis sur tous les gros coups du début du millénaire. Sale époque. Mais je traitais aussi les accidents banals, la voiture emboutie et le bruit qui perdure dans la tête, le boum, les acouphènes, les phobies qui s&rsquo;installent, la routine du traumatisme. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Jusqu&rsquo;à ce cliqueur qu&rsquo;on m&rsquo;adresse pour un simple stress au travail. Il avait vécu une échauffourée, je n&rsquo;appelle pas ça un attentat. Quand il était gamin, au lycée, ils avaient été confinés pendant qu&rsquo;un assaillant déambulait avec une machette. J&rsquo;ai des collègues qui traitent les assaillants. Ça m&rsquo;aurait intéressée je crois. Bon, mon patient remettait lui-même à sa juste place cet incident qui n&rsquo;avait pas plus coupé sa vie en deux que le jour où sa mère lui avait annoncé que son père n&rsquo;était pas son père – il y a une routine de la vie psychologique humaine.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 62 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Tout ça se situe avant le patient zéro mais ça m&rsquo;a quand même perturbée. J&rsquo;en référais à mon contrôleur mais j&rsquo;ai eu des crises d&rsquo;asphyxie plus fréquentes que d&rsquo;habitude. Je suis née avec un seul poumon. Marie, grâce à la génétique, en avait deux forcément, elle est parfaite Marie, donc j&rsquo;ai subi une assez lourde opération, à l&rsquo;âge de trois ans, où on m&rsquo;a greffé un poumon de Marie. Aucun souvenir, mais ma mère m&rsquo;en parlait souvent, elle pleurait à chaque fois et ça me perturbait. La greffe n&rsquo;a jamais vraiment pris. La cicatrice me faisait mal. Je peux à peine lever le bras tellement les tissus sont raides. Et puis, toujours essoufflée. Les psys qui m&rsquo;avaient en charge à l&rsquo;époque disaient que c&rsquo;était l&rsquo;angoisse, qui compromettait la prise de la greffe. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 151-152 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Nous, les fugitifs, nous récupérons des moitiés dès que nous pouvons. Au début je croyais que la motivation était la même pour tous : cette nostalgie que je ressentais, moi, d&rsquo;avoir été longtemps loin de Marie. Si longtemps à ne pas pouvoir la toucher, lui parler, si longtemps face à son sommeil. J&rsquo;ai cru qu&rsquo;on voulait tous retrouver nos moitiés à cause de ce manque. En fait, c&rsquo;est plus compliqué. J&rsquo;en viens à me dire que nous avons chacun une histoire différente avec nos moitiés. En tout cas, quand je suis arrivée, une attaque avait été organisée contre un petit centre de province, un black-out provoqué pendant lequel une dizaine de moitiés avaient pu être récupérées et transportées dans un camion. Ça restait des actions ponctuelles, me disait le cliqueur. Cet amateurisme l&rsquo;énervait. Un plan de plus grande envergure était en préparation. Il s&rsquo;agissait de vider entièrement le Centre , ils campaient dans cette forêt pour préparer leur coup.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Notre vie dans les forêts&nbsp;&raquo;, Marie Darrieussecq, P.O.L., 16€</strong> </em></p>
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