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	<title>Quatrième de couv &#187; héritage</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>L&#8217;identité, sa quête inattendue</title>
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		<pubDate>Sun, 29 May 2022 07:35:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Laure Gouraige a publié un premier roman (La fille du père) en 2020, que j&#8217;avais beaucoup aimé. La voici de retour avec Les idées noires avec une idée de départ pas banale. Je vous raconte ? &#171;&#160;Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire&#160;&#187;. Voilà. Autour de cette idée, le roman qui est écrit à la deuxième personne du pluriel (histoire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires.jpg" rel="lightbox[6038]"><img class="alignleft wp-image-6040 size-medium colorbox-6038" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires-204x300.jpg" alt="idees-noires" width="204" height="300" /></a></p>
<p><strong>Laure Gouraige</strong> a publié un premier roman (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/"><em>La fille du père</em></a></strong>) en 2020, que j&rsquo;avais beaucoup aimé. La voici de retour avec <strong><em>Les idées noires</em></strong> avec une idée de départ pas banale. Je vous raconte ? <em>&laquo;&nbsp;Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire&nbsp;&raquo;.</em> Voilà.</p>
<p>Autour de cette idée, le roman qui est écrit à la deuxième personne du pluriel (histoire que le lecteur se sente concerné), nous plonge dans la quête d&rsquo;identité subite d&rsquo;une traductrice de l&rsquo;allemand. Tout commence par un message téléphonique laissé par un journaliste pour une émission de radio. Le message lui demande de témoigner du racisme anti-Noirs dont elle est victime. Notre héroïne est donc noire. Un détail qui lui aurait échappé ? On dirait. Ce message devient une obsession. Littéralement.</p>
<p>Née d&rsquo;un père haïtien et d&rsquo;une mère française ( comme <strong>Laure Gouraige</strong>), notre traductrice remet tout en cause. De ses cheveux à ses plats préférés. Jusqu&rsquo;aux remarques de ses amis. L&rsquo;humour est corrosif, le ton parfois clivant.</p>
<p>Lui suffira-t-il de se rendre en Haïti via les Etats-Unis où vit une partie de sa famille pour avoir des certitudes sur son identité, sur son sentiment d&rsquo;appartenance ou pas ? Pas sûr.</p>
<p>Comme dans son premier roman,<strong> Laure Gouraige</strong> explore la question de l&rsquo;identité. Si dans <strong><em>La fille du père</em></strong>, elle tentait de se défaire de l&rsquo;influence paternelle, elle pose ici la question d&rsquo;un héritage. Inconscient.</p>
<p><strong> Laure Gouraige explique la genèse de son roman ici :</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires.jpg" rel="lightbox[6038]">https://youtu.be/WtCrOMECU1s</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 15 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A vingt-neuf ans vous étiez sérieusement déprimée, l&rsquo;approche de la trentaine ne promettait qu&rsquo;unes perspective morbide. A trente et un an vous avez définitivement renoncé à vous pulvériser hors du bocal. Vous avez été recrutée comme traductrice. Allemand-français, s&rsquo;il vous plaît. Vous avez un chat, il ne cohabite pas avec vous, au mieux, il vous tolère. L&rsquo;amour que vous lui portez, votre habitat en lin, votre crise</em><em>de la trentaine, votre monde prévisible, c&rsquo;était cela votre identité. Aujourd&rsquo;hui ce schéma vous presse mollement le ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64-65 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Le bricolage génétique qui vous a fait naître est un échec. Incapable de piocher dignement en Italie, vous auriez eu le teint plus jovial, les cheveux denses, le sourcil déterminé. Non, vous êtes pourvue des gènes blanc de blanc de votre mère. La cellulite, le cheveu cassant, vaguement gras, la jambe estampée de bleus, de pied plat. Aussi hasardeuse que soit la biologie, votre conception est un fiasco. Ce sont vos cheveux qui gagnent le trophée du ratage. Fins mais bouclés, plats sur le crâne, frisés dans la nuque, raides sur le devant, l&rsquo;ensemble sème la confusion. Petite, le dimanche c&rsquo;était le grand chambardement, votre mère s&rsquo;attaquait au démêlage, vous trimbaliez vos cheveux livres. Les autres jours, pressée par l&rsquo;école, vous les attachiez. Je les hais, vous répétez cela régulièrement que vous détestez vos cheveux. Je les déteste, je les déteste, je les déteste, je donnerais tout pour les changer. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 127 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Vous êtes bien laide ce matin. Il ne reste de votre supposé bronzage qu&rsquo;une pelure repoussante. La crème After Sun a étouffé les cloques, néanmoins vous vous désagrégez. Dur, dur de vous promener à l&rsquo;ombre, Miami vous sollicite au grand jour. Une ville gaie, verdoyante, vous êtes stupéfaite qu&rsquo;elle soit si verte, le seul adjectif à votre disposition. Vous avez ressassé l&rsquo;excursion au commissariat, le schnock paléontologue, le linoléum, les palmiers tout foutus, quand le détail le plus singulier vous a fait tressaillir. Lorsque le schnock vous a tendu son stylo, vous l&rsquo;avez naturellement saisi de la main droite. Ultérieurement, c&rsquo;est avec cette main que vous avez complété les premières lignes de son formulaire à la noix, puis coché la case </em>other<em>, entre deux protestations. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Les idées noires, Laure Gouraige, POL, 17€</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>A l&#8217;heure des faux-semblants 2.0&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/25/a-lheure-des-faux-semblants-2-0/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/25/a-lheure-des-faux-semblants-2-0/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Jan 2022 07:34:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 &#160; Julia Deck fait partie des auteur(e)s que je suis depuis plusieurs années. Avec jubilation. J&#8217;aime son ton, ses univers toujours renouvelés et son regard sur notre société&#8230; et ses travers. Une auteure que Quatrième de couv a parlé ici, mais aussi là et encore ici.  Une histoire rocambolesque, des personnages truculents, c&#8217;est encore le cas avec Monument [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff6600"><strong>Rentrée littéraire hiver 2022</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MONUMENT-NATI.jpg" rel="lightbox[5893]"><img class="alignleft size-full wp-image-5895 colorbox-5893" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MONUMENT-NATI.jpg" alt="MONUMENT NATI" width="178" height="245" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Julia Deck</strong> fait partie des auteur(e)s que je suis depuis plusieurs années. Avec jubilation. J&rsquo;aime son ton, ses univers toujours renouvelés et son regard sur notre société&#8230; et ses travers.</p>
<p>Une auteure que Quatrième de couv a parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/07/viviane-elisabeth-fauville-ou-une-certaine-idee-de-la-folie/">ici</a>, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/24/mademoiselle-fait-des-siennes/">mais aussi là</a> et <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/09/22/les-autres-cet-enfer/">encore ici</a>. </strong></p>
<p>Une histoire rocambolesque, des personnages truculents, c&rsquo;est encore le cas avec <strong><em>Monument national</em></strong>, qui met un peu de soleil et de sourires dans cette rentrée littéraire d&rsquo;hiver.</p>
<p>La quadragénaire, secrétaire de rédaction pour de nombreux journaux et magazines, enseigne également les techniques rédactionnelles en école de journalisme. <strong><em>Monument national</em></strong> est son cinquième roman.</p>
<p><span id="more-5893"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une famille pas tout à fait comme les autres. Il y a le père, <strong>Serge Langlois</strong>. A l&rsquo;aube de ses 70 ans, c&rsquo;est lui le &laquo;&nbsp;monument national &laquo;&nbsp;. Comédien, acteur, il est le combo parfait entre Belmondo, Delon et Johnny Hallyday. Une star dont la vie est scrutée, étalée sur papier glacé. Pour l&rsquo;y aider, <strong>Ambre</strong>, sa femme de 35 ans sa cadette qui raconte la vie de la tribu sur Instagram. Histoire de donner envie. <strong>Ambre</strong>, donc. Qui a changé son prénom, qui était copine de lycée avec <strong>Virginia</strong>, la première fille de Serge Langlois. Virginia, comédienne devenue chanteuse vit désormais aux Etats-Unis, mais suit de près ce qui agite la vie de son père.</p>
<p>Ambre, qui ne pouvait pas avoir d&rsquo;enfant, a adopté une enfant en Asie centrale. Elle vit dans un château à Rambouillet cherche des idées pour fêter dignement le 70e anniversaire de son mari. A l&rsquo;Elysée ? A l&rsquo;Elysée. A moins que des ennuis, conséquents, bouleversent tous les plans. Et mettent la famille au bord de la ruine&#8230;</p>
<p>Les ennuis s&rsquo;incarnent, entre autres, en la personne de <strong>Cendrine Barou</strong>. Elle, c&rsquo;était une caissière du 93 qui deviendra la nounou de <strong>Joséphine</strong>, la narratrice de ce roman du haut de ses 7 ans. <strong>Cendrine</strong> s&rsquo;installe au château avec son fils hyperactif et mal-élevé, <strong>Marvin</strong>. <strong>Cendrine</strong> et son passé, <strong>Cendrine</strong> et sa nouvelle identité&#8230;</p>
<p>Chez les <strong>Langlois</strong>, le personnel de maison est pléthorique : il y a <strong>Raph</strong>, le chauffeur ; <strong>Madame Eva,</strong> l&rsquo;intendante ; <strong>Hélène</strong> la cuisinière et son mari, <strong>Julien</strong>, le jardinier, mais aussi <strong>Abdul</strong>, le coach sportif.</p>
<p>Et quand le &laquo;&nbsp;monument national&nbsp;&raquo; meurt brutalement, tout s&rsquo;emballe. La satire vire au roman policier.</p>
<p>Au fil des pages, une galerie de portraits, des situations cocasses qui en disent long sur le lutte des classes aujourd&rsquo;hui, entre Gilets jaunes, et storytelling présidentiel&#8230;</p>
<p>Un bon moment de lecture autour de la fin rocambolesque et pathétique d&rsquo;un clan.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 39-40 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Ambre s’était résolue à adopter de petits Éthiopiens. À l’école primaire, elle avait braillé à tue-tête une chanson exprimant combien ils souffraient dans leur contrée abstraite, loin du coeur et loin des yeux. Pour manifester son bon vouloir, elle se promena dans les orphelinats du monde, auxquels elle fit des dons substantiels. Mais elle alla de déconvenue en déconvenue quand,  promue ambassadrice de l’Unicef grâce à ses bonnes oeuvres, elle découvrit que ce titre ne suffisait pas toujours pour se procurer les enfants qu’on voulait. Il fallait composer avec les réglementations locales, des différends plus ou moins nébuleux entre les pays. Puis, quand on avait contourné ces obstacles, on pouvait enfin parler du prix. Car ces transactions n’allaient pas sans occasionner de </em><em>multiples frais. Il fallait sans cesse rassurer les autorités sur sa capacité à pourvoir aux besoins, supposés exorbitants, des petits qu’on vous cédait. Ces manoeuvres usèrent sa patience. Elle finit par se rabattre sur mon frère et moi, nés en plein coeur de l’Asie centrale. D’une pierre trois coups, elle devint mère, affirma sa position d’épouse entièrement dévouée à sa famille et à la paix dans le monde, et s’assura la matière d’un compte Instagram bien nourri.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 58-59 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Les familles avoisinantes habitaient leurs terres depuis des siècles. Leurs ancêtres avaient bâti les manoirs qui abritaient aujourd’hui leur progéniture, formidablement nombreuse et pointilleusement éduquée. Et si le confort de notre château n’avait rien à envier à leurs noires murailles, une chose impossible à nommer nous faisait défaut.</em><br />
<em>Sans le moins du monde relever nos manquements, les familles alentour nous tournaient le dos. Nous savions pourtant ce qu’on pensait de nous. Nos voisins jugeaient que notre fortune était bien trop jeune, et que la gloire de Serge ne compensait en</em><br />
<em>rien notre déficit au regard de certaines lois immémoriales.</em><br />
<em>Seul le déclin de tout ce qui fondait leur droit avait pu imposer notre présence sur leur territoire. Et il suffisait de nous avoir croisés  une fois pour comprendre que jamais nous n’acquerrions la légitimité inscrite, par l’accumulation des siècles, dans l’humus de leurs terres et le sang de leurs veines.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 171 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Comme les avoirs de Cendrine étaient gelés pendant la bataille juridique, elle se terrait dans sa chambre en attendant de toucher son magot. Ambre n’était pas le genre de personne à fomenter un meurtre. Mais un coup de nerf, un instrument contondant sont si vite arrivés. Cendrine s’enfermait donc à double tour et se faisait porter sa nourriture par notre chauffeur. Ralph n’avait jamais manifesté beaucoup d’intérêt à son égard. On s’interrogea sur cette attitude secourable. Puis Madame Éva conjectura que Cendrine avait sans doute sur lui « un dossier ». C’était l’explication la plus plausible, et personne ne s’étonna plus de le voir monter des plateaux de chips et d’Oreo – car, fidèle à ses passions sinon à tout le reste, Cendrine avait puissamment résisté aux raffinements de nos moeurs.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Monument national, de Julia Deck, Editions de Minuit, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Maram ou la quête d&#8217;une femme et d&#8217;une légende&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/09/03/maram-ou-la-quete-dune-femme-et-dune-legende/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 06:46:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Nous poursuivons notre virée à travers les romans de la rentrée. Et cette fois, nous partons pour l&#8217;Afrique et plus précisément encore le Sénégal et l&#8217;île de Gorée&#8230; que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;arpenter en tous sens, en 2013. Avec La porte du voyage sans retour,  nous nous mettons dans les pas de Michel Adanson, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><img class="alignleft size-full wp-image-5775 colorbox-5771" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782021487855_1_m.jpg" alt="9782021487855_1_m" width="150" height="215" /></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Nous poursuivons notre virée à travers les romans de la rentrée. Et cette fois, nous partons pour l&rsquo;Afrique et plus précisément encore le Sénégal et l&rsquo;île de Gorée&#8230; que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;arpenter en tous sens, en 2013. Avec <em><strong>La porte du voyage sans retour</strong></em>,  nous nous mettons dans les pas de <strong>Michel Adanson</strong>, un naturaliste du XVIIIe siècle, parti explorer ce pays pendant cinq ans, de 1749 à 1754. Il n&rsquo;avait alors que 23 ans. Il sera le premier à rédiger une histoire naturelle du Sénégal. Le premier aussi à en rapporter des contes et des légendes. Un personnage original qui a fasciné l&rsquo;écrivain <strong>David Diop</strong>.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Ce dernier, à partir du récit de voyage publié par ce scientifique atypique qui avait appris le wolof pour mieux comprendre son environnement et les gens qu&rsquo;il rencontrait, a décidé d&rsquo;imaginer un récit de voyage secret. Une histoire qu<strong>&lsquo;Aglaé</strong>, fille unique de <strong>Michel Adanson</strong> découvrira après son décès de son père, qui avait tout savamment préparé. Une histoire de tiroirs. De quoi renforcer encore cette relation père-fille entretenue de manière atypique par les deux personnages jusqu&rsquo;après la mort. L&rsquo;héritage est ainsi transmis.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">C&rsquo;est dans cette Porte du voyage sans retour, surnom que l&rsquo;on donne à l&rsquo;île de Gorée d&rsquo;où sont partis des millions d&rsquo;Africains pendant la traite de Noirs débarque <strong>Michel Adanson</strong>. Nous sommes en 1750, dans une concession française pour étudier la flore locale.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><span id="more-5771"></span></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Botaniste, il caresse le rêve d&rsquo;établir une encyclopédie universelle du vivant (il aspirait à intégrer l&rsquo;Académie royale des sciences de Paris), en un siècle où l&rsquo;heure est aux Lumières. Lorsqu&rsquo;il a vent de l&rsquo;histoire de <strong>Maram</strong>, une jeune Africaine promise à l&rsquo;esclavage et qui serait parvenue à s&rsquo;évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant <span id="js-showResume" class="showResume">de légendes. L&rsquo;amour naît entre les deux jeunes gens, empêché cependant. Le botaniste finira par oublier les traits de <strong>Maram</strong> et ses convictions contre l&rsquo;esclavage, d&rsquo;ailleurs. </span></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Outre la jeune femme, vendu par son oncle contre un simple fusil, il y a le personnage de <strong>Ndiak</strong>, qui accompagne <strong>Michel Adanson</strong>. Il a réellement existé.  Une jeune homme, fils d&rsquo;un dignitaire, qui lui ouvre des portes et n&rsquo;a de cesse de s&rsquo;exprimer avec une grande sagesse.</p>
<div id="productDescription" class="col-xs-12 no-padding">
<div class="productDescription col-xs-12">
<div class="productDescription-content col-xs-12">
<p>Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce nouveau roman de <strong>David Diop</strong>, lauréat du <strong>Goncourt des Lycéens 2018</strong> et de <strong>l&rsquo;International Booker Prize 2021</strong> pour son roman <em><strong>Frère d&rsquo;âme</strong>, </em>un régal de lecture.</p>
<p>Né à Paris en 1966, <strong>David Diop</strong> a grandi au Sénégal et est maître de conférences à l&rsquo;Université de Pau.</p>
<p>Au final, un formidable roman d&rsquo;aventure et d&rsquo;amour. Captivant. Entre fiction et réalité.  J&rsquo;ai adoré !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Pour lire ces feuillets, il aura fallu que tu aies accepté de garder mes pauvres meubles en héritage pour la seule raison qu&rsquo;ils m&rsquo;ont appartenu. Si tu me lis, c&rsquo;est que tu auras recherché ma vie cachée et que tu l&rsquo;auras trouvée, parce que tu tenais un peu à moi. S&rsquo;aimer, c&rsquo;est aussi partager le souvenir d&rsquo;une histoire commune. Je n&rsquo;ai que trop peu cherché à trouver les moments de la faire éclore alors que tu étais enfant puis jeune fille. Je te l&rsquo;offre maintenant que tu es devenue une femme et que la mort m&rsquo;aura dérobé à ton regard et à ton jugement. J&rsquo;étais trop occupé à me fuir moi-même pour te consacrer du temps et désormais je le regrette. Mais peut-être que la rareté de nos souvenirs communs en fait le prix&#8230; Piètre consolation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 143 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Pendant que je réfléchissais, Maram avait repris son souffle. La nuit avait soudain envahi sa grande case. Au Sénégal, le crépuscule que nous connaissons en Europe n&rsquo;existe pas :  le passage du jour à la nuit n&rsquo;est pas lent comme sous nos latitudes, mais brutal. Maram ne fit rien pour nous donner de la lumière et je jugeai qu&rsquo;elle avait raison. Ce qu&rsquo;elle avait à me révéler, comme l&rsquo;annonçait le début de son histoire, ne pouvait être raconté que dans une obscurité protectrice et non sous une lumière trop crue qui aurait rendue plus insoutenable encore l&rsquo;affreux spectacle des plaies de son existence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 237 </strong> :<em> &laquo;&nbsp;Je ne suis pas fier aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;avouer, mais le temps effaçant peu à peu le beau visage de Maram de ma mémoire, j&rsquo;ai fini par assimiler ma passion pour elle à une exaltation amoureuse inavouable, une folie de jeunesse sans conséquence. Mon ambition de savant était devenue si dévorante que je lui ai sacrifia Maram sans remords. Et, prisonnier de ma quête de reconnaissance et de gloire, institué par mes pais spécialiste de tout ce qui avait trait au Sénégal, j&rsquo;ai publié une notice, destinée au Bureau des Colonies, sur les avantages du commerce des esclaves pour la Concession du Sénégal à Gorée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai subodoré, j&rsquo;ai argumenté, j&rsquo;ai aligné des chiffres favorables à ce trafic infâme contre mes convictions désormais profondément cachées, enfouies dans mon âme. Abîmé dans l&rsquo;étude des plantes, entraîné par une succession de petites compromissions alimentées par l&rsquo;espoir de publier un jour mon Orbe universel dont j&rsquo;attendais la gloire j&rsquo;ai perdu de vue Maram, c&rsquo;est-à-dire la réalité tangible de l&rsquo;esclavage.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><em><strong> La porte du voyage sans retour, David Diop , Seuil, 19€</strong></em></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">
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		</item>
		<item>
		<title>Dans l&#8217;intimité de la Veuve de Meudon&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/08/19/dans-lintimite-de-la-veuve-de-meudon/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2021 07:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  &#160; C&#8217;est la rentrée, celle des livres pas encore celle des classes ! D&#8217;ici le mois d&#8217;octobre, ce sont 521 livres qui vont être publiés parmi lesquels 379 romans français et 75 premiers romans. &#171;&#160;La dame couchée&#160;&#187; en fait partie. J&#8217;ai savouré ce texte écrit par Sandra Vanbremeersch. La quadragénaire,  diplômée en art, vit à Paris, où elle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DAME-COUCHEE.jpg" rel="lightbox[5727]"><img class="alignleft size-full wp-image-5728 colorbox-5727" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DAME-COUCHEE.jpg" alt="DAME COUCHEE" width="409" height="600" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est la rentrée, celle des livres pas encore celle des classes ! D&rsquo;ici le mois d&rsquo;octobre, <strong>ce sont 521 livres</strong> qui vont être publiés parmi lesquels 3<strong>79 romans français et 75 premiers romans.</strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;La dame couchée&nbsp;&raquo;</strong> en fait partie. J&rsquo;ai savouré ce texte écrit par <strong>Sandra Vanbremeersch</strong>. La quadragénaire,  diplômée en art, vit à Paris, où elle développe son univers artistique.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce roman ? Elle est singulière. Pour le moins.</p>
<p>De 2000 à 2019, une jeune femme, l&rsquo;auteure en l&rsquo;occurrence,  a été l’assistante de vie d’une vieille dame tout sauf ordinaire, recluse dans sa propriété pavillonnaire de la ville de Meudon : <strong>Lucette Destouches,</strong> veuve de <strong>Louis Ferdinand Céline.</strong><br />
Voici le récit de ces années passées dans un monde à l’écart du monde, véritable plongée dans l’intimité de cette future centenaire dont la santé va déclinant, rythmée par le ballet des visites régulières des amis et de la faune gravitant autour de <strong>la Veuve</strong>, jusqu’aux animaux de compagnie, autres bestioles et spectres peuplant la mythique maison.</p>
<p><strong>Lucette Destouches</strong>, née <strong>Lucie Almansor</strong>, est morte dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 novembre  2019 à l’âge de 107 ans.  Elle avait rencontré l&rsquo;auteur de <strong><em>Mort à crédit</em></strong> en 1936.</p>
<p>C’est dans une école de danse que la jeune femme de 23 ans est repérée par <strong>Louis-Ferdinand Destouches</strong>, un médecin généraliste de dix-huit ans plus âgé qui, fasciné par les danseuses, a obtenu l’autorisation d’assister à quelques cours.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5727"></span></p>
<p><strong>Après la mort de l’écrivain, le 1<sup>er</sup> juillet 1961,</strong> une nouvelle vie commence pour celle dont le veuvage sera plus long que le mariage. Unique ayant droit d’une œuvre aussi profuse que sulfureuse, <strong>Lucette Destouches</strong> en sera la parfaite gardienne du temple comme <strong><a href="https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2019/11/08/lucette-destouches-veuve-de-celine-est-morte_6018517_3382.html">l&rsquo;écrit le journaliste Thomas Wieder pour Le Monde dans cet article paru le 8 novembre 2019</a>.</strong><br />
Un premier roman écrit au cordeau, qui brosse le portrait tout en nuances de la femme d’un célèbre écrivain et restitue avec élégance et maestria un climat très singulier. Un vrai régal !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 23 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;effacement, je ne pouvais l&rsquo;anticiper. Ça, pour moi, c&rsquo;était dans les livres ou dans les films, mais la &laquo;&nbsp;vraie&nbsp;&raquo; vie soumise et le pouvoir de ceux qui soumettent je ne les connaissais pas. L&rsquo;intello voulait mener son enquête de terrain et l&rsquo;artiste éprouver la pure expérience de rentrer dans l&rsquo;opportunité fantasque qui se présentait là. Un coup de dés. En décidant de servir l&rsquo;extraordinaire ordinaire des &laquo;&nbsp;gens du dessus&nbsp;&raquo;, je ferais comme Alice, j&rsquo;irais visiter mon monde à l&rsquo;envers. J&rsquo;allais devenir boniche de moi-même ! J&rsquo;allais m&rsquo;auto-employer. Luxe, hérésie, fantaisie ou défi, le sort en était jeté.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 76  :</strong> <em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;escalier s&rsquo;agace et grince, il en rajoute, peu coutumier de cette déferlante de petits pas secs. C&rsquo;est qu&rsquo;il est habitué à nos sauts de biche, nos quatre-à-quatre au moindre appel, aux pas nonchalants de l&rsquo;Avocat, à ceux discrets ou enjoués des visiteurs. Et avant, aux papattes des chiens et des chats qui faisaient de cette maison une maison verticale, aux tintements feutrés des coussinets, et avant&#8230; avant il goûtait le pas léger de la danseuse Légèrement chaotique, scandé comme du jazz, dissonant comme une faille dans le rythme. Et puis surtout il connaissait les caresses de la peau, de la peau des pieds nus de Madame D. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
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<div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<blockquote>
<div dir="auto" style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Avec le temps qui passe, la maison peu à peu s&rsquo;est recroquevillée. Tout a fini d&rsquo;être aspiré du jardin vers SA chambre, vers ELLE. En vingt années, j&rsquo;ai vu la Dame engloutir les choses comme les gens, et jusqu&rsquo;à sa demeure. De la végétation du jardin qui se faufile partout gagnant chaque jour en souplesse, aux êtres grouillant comme des vermines, jusqu&rsquo;à l&rsquo;agitation de la maison, la Veuve de Meudon a tout fait converger vers sa personne dans une dévorante nécessité aussi magistrale qu&rsquo;inspirée.&nbsp;&raquo; </em></div>
</blockquote>
<div dir="auto" style="text-align: left"><em><strong>La dame couchée, Sandra Vanbremeersch, Seuil, 17,50€</strong></em></div>
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<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;héritage japonais et l&#8217;incroyable collection&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 08:29:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire 2021 &#160; &#160;&#187; Louise a fondé une petite agence de communication. Elle est jeune et démarre une brillante carrière, malgré les aléas du métier, liés en particulier à son fantasque et principal client, un célèbre designer, Stan. Elle doit aussi jongler avec les fantasmes déconcertants de son amant, Vincent. Mais elle a autre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Platinum.jpg" rel="lightbox[5601]"><img class="alignleft size-full wp-image-5602 colorbox-5601" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Platinum.jpg" alt="Platinum" width="409" height="600" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2021</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;&raquo; Louise a fondé une petite agence de communication. Elle est jeune et démarre une brillante carrière, malgré les aléas du métier, liés en particulier à son fantasque et principal client, un célèbre designer, Stan. Elle doit aussi jongler avec les fantasmes déconcertants de son amant, Vincent. Mais elle a autre chose en tête : des carpes.</p>
<p>De splendides carpes japonaises, des Koï. Celles que son père, récemment décédé, avait réunies au cours de sa vie, en une improbable collection dispersée dans plusieurs plans d’eau de Paris. Avec son frère, elle doit ainsi assumer un étrange et précieux héritage. &nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà ce que dit la quatrième de couverture de ce premier roman <strong>&nbsp;&raquo; Grand Platinum&nbsp;&raquo;</strong>, écrit par <strong>Anthony van den Bossche</strong>, ancien journaliste désormais commissaire indépendant qui accompagne des designers, artistes et architectes.</p>
<p>Ce roman ressemble à un puzzle. Là, au coeur de Paris, une géographie des parcs, des jardins et des bassins se dessine. Louise a lancé son frère et des amis de son père dans une quête : réunir ces carpes japonaises.</p>
<p>Un héritage iconoclaste, curieux et inédit. Une mission aussi dans laquelle tous vont mettre leur énergie et leur ingéniosité. Pour respecter une promesse. Pour honorer un homme qui, au Japon, a vécu une expérience extraordinaire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman étonnant, attachant, troublant aussi. Une jolie découverte.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 38 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Avant l&rsquo;entrée de Louise au collège, leur père avait dû vendre la maison du Morvan. Ils avaient déménagé Orangette, Mario, Saito du lavoir communal vers les squares de la capitale. Les carpes étaient restées dans le domaine public, mais clandestinement cette fois ; d&rsquo;abord au parc des Batignolles, à côté de leur appartement, puis un peu plus loin, à mesure que grandissait la collection, essaimée dans cette ville qui leur appartenait. Chaque année, un spécimen en provenance du Japon atterrissait à Paris. Ils passaient prendre livraison à la boutique d&rsquo;Ernesto et allaient glisser en cachette la nouvelle venue dans une mare de la rive droite, choisie par leur père, qui classait ses poissons selon leurs motifs ou leur texture d&rsquo;écailles. Il avait converti le parc Monceau, le square du Temple et les jardins du Trocadéro en annexes personnelles.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 43 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Elle mit des copeaux de gingembre à bouillir, pinça un citron dans l&rsquo;infusion, percola le café dans une machine italienne rudimentaire et poussa la porte de la cour intérieure où ses plantes se mélangeaient à celles des voisins. Comme chaque matin, elle fraudait le réel, profitant du sommeil de la ville pour détourner à son compte une portion entière de la journée. Dans quelques heures, le temps deviendrait commun, sans valeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 135-136 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Ils repartirent le lendemain, sans avoir eu le courage d&rsquo;avouer leur innocent mensonge. Le carpe au dos fabuleux arriva à Paris, suivie chaque année d&rsquo;un nouveau Koï tout aussi rara, choisi par Hirotzu parmi les élevages voisins, gage de remerciement des koishi pour le héros gaijin. Il avait alors fallu inventer les douves vantées à Hirotzu. Le père de Louise commença par les installer aux Batignolles, à quelques rues de leur appartement, puis au parc Monceau et dans les jardins du Trocadéro, derrière le palais de Chaillot.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Grand platinum&nbsp;&raquo;, Anthony van den Bossche, Seuil, 16€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Digressions familiales autour d&#8217;un canapé-lit laid</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/07/15/digressions-familiales-autour-dun-canape-lit-laid/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Jul 2019 09:09:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Le voyage du canapé-lit"]]></category>
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		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Pierre Jourde est auteur, romancier et critique littéraire. Prolixe, courageux, inspiré&#8230; et très souvent drôle. La preuve encore avec &#171;&#160;Le voyage du canapé-lit&#160;&#187; qui m&#8217;a permis de me replonger dans son oeuvre, découverte il y a quinze ans. Le temps file&#8230; J&#8217;ai suivi avec attention le conseil de la libraire tourangelle préférée et j&#8217;ai ouvert [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pierre Jourde</strong> est auteur, romancier et critique littéraire. Prolixe, courageux, inspiré&#8230; et très souvent drôle. La preuve encore avec <strong>&laquo;&nbsp;Le voyage du canapé-lit&nbsp;&raquo;</strong> qui m&rsquo;a permis de me replonger dans son oeuvre, découverte il y a quinze ans. Le temps file&#8230;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CANAPE_JOURDE.jpg" rel="lightbox[4715]"><img class="alignleft size-full wp-image-4720 colorbox-4715" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CANAPE_JOURDE.jpg" alt="CANAPE_JOURDE" width="1024" height="768" /></a>J&rsquo;ai suivi avec attention le conseil de la libraire tourangelle préférée et j&rsquo;ai ouvert ce roman-récit.  Si la chronologie des faits et les dialogues sont le fruit de l&rsquo;imagination de <strong>Pierre Jourde</strong>, les anecdotes, les situations ont bel et bien existé.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un voyage. Celle d&rsquo;une psychanalyse itinérante à l&rsquo;avant d&rsquo;un véhicule Jumper. Là, se trouvent <strong>Pierre Jourde</strong> donc, son frère <strong>Bernard</strong> et la femme de celle-ci, <strong>Martine</strong>.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CANAPE-LIT.jpg" rel="lightbox[4715]"><img class="alignleft size-full wp-image-4717 colorbox-4715" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CANAPE-LIT.jpg" alt="CANAPE LIT" width="195" height="286" /></a>Ils ont été chargés par leur mère de transporter la relique ( le fameux canapé-lit laid dont elle vient d&rsquo;hériter de sa mère) depuis Créteil et la banlieue parisienne jusque dans la maison familiale en Auvergne, à Lussaud.</p>
<p>Durant cette traversée, les trois convoyeurs échangent des souvenirs où d&rsquo;autres objets, tout aussi dérisoires et encombrants que le canapé, occupent une place déterminante.</p>
<p>Les deux frères, tantôt complices tantôt opposés, réveillent leurs morts aussi, et multiplient les virées dans leurs souvenirs, qu&rsquo;ils soient communs ou pas. Mais qui, mis bout à bout, racontent cette famille un peu foutraque.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4715"></span></p>
<p>Au fil des pages, <strong>Pierre Jourde</strong> garde également un oeil sur la littérature et ses contemporains&#8230; en, souvent, s&rsquo;en moquant gentiment. On apprend enfin, par l&rsquo;auteur de <strong>&laquo;&nbsp;La littérature sans estomac&nbsp;&raquo;</strong> la vérité sur la scène d&rsquo;anthologie <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-4715" /> qui l&rsquo;a opposé à <strong>Christine Angot</strong> !</p>
<p>Au final, un livre un peu foutoir ( du Guatemala aux salons littéraires en passant par le Canada&#8230;) mais vraiment jubilatoire ! Savoureux. Et désopilant.</p>
<p><strong>Sur France Culture, il en parle ainsi  :</strong></p>
<p><a href="https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/quand-le-voyage-dun-canape-lit-exorcise-les-nevroses-familiales">https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/quand-le-voyage-dun-canape-lit-exorcise-les-nevroses-familiales</a></p>
<p><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 114 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Beaucoup de nos activités dérogeaient à l&rsquo;idéal de l&rsquo;homme accompli tel que le rêvaient mes parents et les vieilles dames privées de descendance qui s&rsquo;étaient chargées d&rsquo;une bonne partie de notre enfance. On courait, on jouait au foot, on se battait, on escaladait des montagnes et on descendait des rivières, on se séparait, on divorçait, bref, nous faisions tout notre possible pour n&rsquo;être pas des compensations à notre impossible grand-mère, dont toute la famille s&rsquo;accordait à dire qu&rsquo;elle était la méchanceté, la duplicité et l&rsquo;avarice incarnées. La narration des vilenies qu&rsquo;on lui attribuait aurait effrayé un fan de Stephen King.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pages 193-194 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] et de même que notre mère, en nous faisant transporter l&rsquo;abominable canapé-lit, cherchait une réconciliation posthume avec la mère qu&rsquo;elle avait dû fuir pour trouver l&rsquo;amour qui lui avait manqué, de même, mais aussi à l&rsquo;inverse, alors que j&rsquo;avais dû effectuer le mouvement contraire, m&rsquo;arracher à l&rsquo;inexorable amour maternel pour exister, lorsque cet éloignement a cessé d&rsquo;être une nécessité vitale et que j&rsquo;ai pu librement donner cours à ma tendresse filiale, les objets sont venus tenter d&rsquo;y mettre obstacle, comme pour me démontrer qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien à faire contre la séparation des êtres, les malentendus, les souffrances et les angoisses.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 229  :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Prenez mon cas par exemple. Je suis convaincu d&rsquo;être un immense écrivain, un incomparable prosateur, un maître de la langue, un virtuose de la construction narrative, un Paganini de la phrase, qui aborde toutes les formes, alliant la puissance à la subtilité, aussi émouvant que désopilant, le genre de type dont il faudra cinquante pages dans les manuels pour expliquer toute la richesse aux lycéens du futur accablés d&rsquo;ennui. Et je trouve ridicule que d&rsquo;autres écrivains soient assez immodestes et dépourvus de lucidité pour penser la même chose d&rsquo;eux-mêmes.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Le voyage du canapé-lit&nbsp;&raquo;, Pierre Jourde, Gallimard, 20€</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;énigmatique disparition de Tanguy et de sa colère&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/07/18/lenigmatique-disparition-de-tanguy-et-de-sa-colere/</link>
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		<pubDate>Wed, 18 Jul 2018 06:38:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#171;&#160;Tanguy Colère a disparu&#160;&#187; Nous voilà prévenus !  Au fil des pages, reste à savoir pourquoi. Et où peut désormais se trouver cet ancien militant antifasciste, leader charismatique. Raphaëlle Riol signe là un quatrième roman à plusieurs voix qui nous dresse le portrait aiguisé d&#8217;un homme plein de failles, de secrets et de contradictions derrière [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-COLERE-A-DISPARU.jpg" rel="lightbox[4300]"><img class="alignleft size-full wp-image-4302 colorbox-4300" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-COLERE-A-DISPARU.jpg" alt="TANGUY COLERE A DISPARU" width="370" height="542" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Tanguy Colère a disparu&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Nous voilà prévenus !  Au fil des pages, reste à savoir pourquoi. Et où peut désormais se trouver cet ancien militant antifasciste, leader charismatique.</p>
<p><strong>Raphaëlle Riol</strong> signe là un quatrième roman à plusieurs voix qui nous dresse le portrait aiguisé d&rsquo;un homme plein de failles, de secrets et de contradictions derrière ses discours longtemps jusque-boutistes.</p>
<p><strong>Tanguy</strong> s&rsquo;est vu attribuer le surnom devenu patronyme de <strong>&laquo;&nbsp;Colère&nbsp;&raquo;</strong>. Il est de tous les combats, quitte à user de la violence. Celle qui tuera d&rsquo;ailleurs son frère <strong>Tony.</strong></p>
<p>De quoi donner le ton. Mais, cela, c&rsquo;était avant.</p>
<p>Un soir d&rsquo;août 2016, <strong>Tanguy</strong> disparaît. Juste après l&rsquo;incendie volontaire qui ravage la fameuse <strong>&laquo;&nbsp;Villa Dollar&nbsp;&raquo;</strong> dans l&rsquo;enceinte de laquelle le quadragénaire s&rsquo;est installée depuis plusieurs mois, tombé en amour pour cette propriété baroque au jardin somptueusement sauvage, appartenant à une héritière américaine,<strong> Poppy Philipps</strong>, dite &laquo;&nbsp;Poppy Peau Rouge&nbsp;&raquo;. Là, l&rsquo;ancien militant devenu paysagiste a beaucoup changé. C&rsquo;est en tout cas ce que se dit <strong>Xavier</strong>, devenu enseignant, et vieil ami, perdu de vue plusieurs années.</p>
<p>Deux mois après la disparition de l&rsquo;imprévisible <strong>Tanguy</strong>, <strong>Xavier</strong> raconte. Idem pour <strong>Mia</strong>, jeune femme serveuse au service d&rsquo;un patron véreux, ex-conquête éphémère de <strong>Xavier</strong> et qui se vivra une aventure avec <strong>Tanguy</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4300"></span></p>
<p><strong>Madeleine</strong> débarquera également dans le Sud. La cousine de <strong>Tanguy</strong> veut régler des comptes, comprendre pourquoi <strong>Maurice</strong>, leur oncle inventeur célibataire, a légué à <strong>Tanguy</strong> sa fortune de plusieurs millions d&rsquo;euros. <strong>Djibril,</strong> le SDF qui squatte le jardin en échange d&rsquo;en assurer la surveillance, explique aussi sa relation avec l&rsquo;ancien leader d&rsquo;un groupe autonome<strong>. </strong>Tout comme<strong> Julien</strong>, toujours militant, descendu de Paris, qui a besoin de réponses.</p>
<p>Page après page, les uns après les autres, ils dressent le portrait de l&rsquo;absent. Et racontent aussi notre époque. Mais à quarante ans passés, comment survit-on à ses révoltes ?</p>
<p>Un roman vraiment bien mené.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33  (Xavier)  :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est l&rsquo;automne dans ma tête, dans mon corps et jusque dans mes amitiés, ça sent le moisi. J&rsquo;ai l&rsquo;impression de dégager de vieux relents de pourriture à chacun de mes déplacements. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà dix semaines que nous sommes sans nouvelles de lui. Ça lui est déjà arrivé de se volatiliser, parfois même plusieurs fois. Cette fois-ci, je ne sais pas comment dire&#8230; je n&rsquo;ai pas de mauvais pressentiment, je ne suis pas du genre angoissé&#8230; Le chercher ne sert à rien, c&rsquo;est vain. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Tanguy, c&rsquo;est l&rsquo;histoire célèbre de ce truc indispensable et familier que tu perds et que tu passes des heures à chercher. Tu t&rsquo;agaces pour rien, tu retournes tout, tu t&rsquo;excites et tu jures comme un demeuré. Et c&rsquo;est justement quand tu ne le cherches plus qu&rsquo;il réapparaît. Comme un pied de nez du sort à ton acharnement et à la possessivité maladive. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 93 ( Mia) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&nbsp;&raquo; Les murènes de mes nuits me ramènent à Tanguy. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il dormait mal lui aussi. Il m&rsquo;a raconté que les heures où il ne dormait pas, il lisait. Et quand il ne parvenait pas à lire ou que le livre ne faisait pas effet, il sortait marcher. (Paris n&rsquo;avait plus de secrets pour lui tant il avait sillonné ses rues tard dans la nuit ou au petit matin. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il prétendait.) On avait les mêmes symptômes, Tanguy et moi : les jambes brûlantes et les nerfs impatients, l&rsquo;impossibilité de trouver un coin frais sous les draps et puis cette sensation insupportable d&rsquo;engourdissement progressif, les fourmis dans les membres, une armée soudaine de fourmis acides déterminées à te ronger. C&rsquo;est comme si le corps exigeait sa verticalité sans délai. Comme si ton corps te hurlait  : “Lève-toi eu crève ! Maintenant ou jamais !” &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 232 (Madeleine) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Comme une grosse bête que la colère aurait enflée, il a fini par éclater. Je suis devenue faible à ses yeux. Je tremblais. Je flanchais. A l&rsquo;image de ses frères, j&rsquo;étais faillible, alors que lui s&rsquo;était endurci. Un roc. Il donnait l&rsquo;impression de ne plus avoir peur de rien. Même pas de lui. Et ma peur et mes réticences, et celles de Xavier, l&rsquo;ont écoeuré. Entre lui et nous, un épais mur de plantes puissantes, de racines, a poussé. Le suc amer a coulé. Haro sur nos présences timorées si décevantes. Trop de pleutrerie, pensait-il. Il a laissé les autres rongés par le questionnement, l&rsquo;acidité perforatrice de la stupeur et de l&rsquo;incompréhension. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis, la mort de Tony. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Le soir de l&rsquo;anniversaire de Xavier, on aurait dit qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus rien, qu&rsquo;il était vide. L&rsquo;apaisement lui seyait mal. Tout cela sentait la lâcheté Rien que ça  : la lâcheté. La lâcheté et l&rsquo;abandon [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Tanguy Colère a disparu&nbsp;&raquo;, Raphaëlle Riol, la brune au rouergue, 20,80€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Cette (si) chère tatie Vicky&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/10/cette-si-chere-tatie-vicky/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/10/cette-si-chere-tatie-vicky/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Oct 2017 16:23:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Rendez-vous avec un habitué des rentrées littéraires : Yves Ravey, romancier et dramaturge, vit à Besançon où il enseigne les lettres et les arts plastiques. Il a publié une quinzaine de romans et revient avec &#160;&#187; Trois jours chez ma tante &#171;&#160;. Vous trouverez ici et puis là, deux autres précédents romans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #666699"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<div id="attachment_4042" style="width: 245px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/YVES-RAVEY.jpg" rel="lightbox[4037]"><img class="wp-image-4042 size-full colorbox-4037" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/YVES-RAVEY.jpg" alt="YVES RAVEY" width="235" height="156" /></a><p class="wp-caption-text">© photo : Hélène Bamberger</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Rendez-vous avec un habitué des rentrées littéraires : <strong>Yves Ravey</strong>, romancier et dramaturge, vit à Besançon où il enseigne les lettres et les arts plastiques. Il a publié une quinzaine de romans et revient avec <strong>&nbsp;&raquo; Trois jours chez ma tante &laquo;&nbsp;</strong>.</p>
<p>Vous trouverez<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/07/13/yves-ravey-et-son-notaire-pas-tres-clair/">ici</a> </strong>et puis <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/11/23/comme-un-air-de-polar/">là</a></strong>, deux autres précédents romans chroniqués : <strong>&nbsp;&raquo; Un notaire peur ordinaire &laquo;&nbsp;</strong> et <strong>&nbsp;&raquo; Sans état d&rsquo;âme &laquo;&nbsp;</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANTE-RAVEY.jpg" rel="lightbox[4037]"><img class="alignleft size-full wp-image-4038 colorbox-4037" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANTE-RAVEY.jpg" alt="TANTE RAVEY" width="178" height="245" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Yves Ravey</strong> use, au fil des romans, d&rsquo;un style implacable. C&rsquo;est vif, court&#8230; et rondement mené. On se laisse embarquer sans la moindre appréhension, sûr (e) d&rsquo;apprécier les trouvailles de l&rsquo;auteur et ses personnages un peu en marge.</p>
<p>La preuve encore avec <strong>&nbsp;&raquo; Trois jours chez ma tante &laquo;&nbsp;</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4037"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Marcello Martini</strong> ( le narrateur) qui, alors qu&rsquo;il a quitté la France précipitamment vingt ans auparavant, est convoqué au chevet de sa fantasque tante <strong>Vicky</strong>, installée désormais en maison de retraite. Une femme d&rsquo;affaires aguerrie qui, ces années durant, a contribué financièrement aux dépenses de son neveu, sa seule famille désormais et qui fut, des années années, son secrétaire particulier. Jusqu&rsquo;aux petits arrangements avec la légalité du directeur financier, dénoncé anonymement par Marcello ( or celui-ci vient de sortir de prison), et au départ pour le Liberia. Là-bas, <strong>Marcello</strong> dit avoir créé une école, un centre de formation. En réalité, de lucratifs ateliers de confection qui emploient des enfants. Et des ONG sont sur le point de découvrir le pot aux roses&#8230;</p>
<p>Bref, <strong>Vicky</strong> a décidé de le déshériter et <strong>Marcello, délinquant en col blanc,</strong> va tout mettre en oeuvre pour l&rsquo;en empêcher. Il a trois jours devant lui. Pas un de plus.</p>
<p>Ajoutez à cela une ex-femme cupide et une fille qui pourrait être la sienne et vous avez tous les ingrédients d&rsquo;un roman cynique et drôle à la fois.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 100 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Ne mélangeons pas tout, Lydia. Ce que tu dois retenir, pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est que je traverse une mauvaise passe, mais que les choses vont s&rsquo;arranger. Il faut le reconnaître, je le redis, un chèque de ma tante nous donnerait, à toute mon équipe et à moi, un sacré coup de pouce. J&rsquo;ai dit aussi que ça permettrait de mieux travailler avec les associations humanitaires. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quelles organisations humanitaires ? m&rsquo;a demandé Lydia. Je lui ai servi les noms les plus médiatiques, ensuite j&rsquo;ai dit que c&rsquo;était moi qui gérais les fonds sur place. Je lui serais reconnaissant, de ce fait, de prendre toutes les précautions avec ma tante, d&rsquo;abord vérifier la validité du chèque. Aussi, ce n&rsquo;était peut-être pas la peine d&rsquo;en parler, par exemple,  à Gaëtan Lièvremont. Lydia a haussé les sourcils, Gaëtan n&rsquo;avait rien à voir là-dedans, il avait assez à faire avec l&rsquo;avocat de Walter. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 150-151 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Plus tard, sur la tombe de ma mère, petit carré de gazon entretenu par les soins de Vicky, j&rsquo;ai demandé à mon ex-femme, si le rapport de Gaëtan Lièvremont sur mon activité au Liberia passait par elle. Et Lydia a dit oui. Mais elle ne l&rsquo;avait pas transmis à ma tante, alors qu&rsquo;elle était censée s&rsquo;y employer. J&rsquo;ai voulu savoir si elle le ferait avant mon départ ? Elle m&rsquo;a répondu qu&rsquo;elle avait promis de me venir en aide, c&rsquo;était le contrat, et pour que ce contrat soit honoré, Vicky ne devrait rien savoir de mon activité réelle en Afrique. De ce fait, Lydia se tairait. J&rsquo;aurais donc mon chèque. Je suis resté un instant sur la tombe de ma mère, à l&rsquo;ombre des cyprès. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>A la fin, j&rsquo;ai entendu la voix de Lydia. Elle m&rsquo;a rappelé que ma tante nous attendait. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 183 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Ma tante commençait à rédiger. Je la guettais par la porte entrouverte. J&rsquo;ai suivi de loin, une seconde, le tracé de la plume crissant sur le papier. Un premier trait penché. Continue, ma tante&#8230; ! : à l&rsquo;ordre de&#8230; Je me suis approché : Tu marques Marcello Martini, n&rsquo;oublie pas, je reviens dans une minute. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je suis descendu en vitesse saluer la directrice. Qui ne s&rsquo;est pas levée à mon entrée. Vu son sourire, elle ne semblait pas mécontente de me voir partir. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong><em>&nbsp;&raquo; Trois jours chez ma tante &laquo;&nbsp;, Yves Ravey, Les Editions de Minuit, 1</em>5€</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La France qui va mal, suite et fin</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/30/la-france-qui-va-mal-suite-et-fin/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2017 11:56:27 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Virginie Despentes]]></category>

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		<description><![CDATA[Enfin ! Après un premier tome de dégringolade sociale (ici) et une fuite en avant tout aussi rock and roll dans le tome 2 (là) la fin de Vernon Subutex se devait d&#8217;être à la hauteur des deux précédents tomes de la trilogie imaginée par Virginie Despentes. Et elle l&#8217;est ! Le troisième et dernier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/vernon-subutex-3M454119.jpg" rel="lightbox[4000]"><img class="alignleft size-full wp-image-4004 colorbox-4000" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/vernon-subutex-3M454119.jpg" alt="vernon-subutex-3,M454119" width="241" height="340" /></a></p>
<p>Enfin ! Après un premier tome de dégringolade sociale<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/18/les-enfants-du-rock-ont-le-blues/">(ici) </a></strong>et une fuite en avant tout aussi rock and roll dans le tome 2 <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/07/25/les-enfants-du-rock-ont-le-blues-suite/">(là)</a></strong></p>
<p>la fin de <strong>Vernon Subutex</strong> se devait d&rsquo;être à la hauteur des deux précédents tomes de la trilogie imaginée par <strong>Virginie Despentes</strong>. Et elle l&rsquo;est ! Le troisième et dernier opus est de loin le plus éclatant (tant pis pour les dernières pages un peu too much quand même ).</p>
<p>Plutôt une bonne nouvelle compte tenu de l&rsquo;attente que l&rsquo;auteure a suscitée autour de son personnage de disquaire tombé dans la misère. Il aura ainsi fallu attendre un an et demi pour plonger à nouveau tête baissée dans ce roman de notre temps, cette chronique de notre époque, tellement moderne, totalement déboussolée entre terrorisme et messianisme, entre carcans religieux et repères sociaux désarticulés.</p>
<p>Noir c&rsquo;est noir. Définitivement. La France qui va mal reprend avec cette auteure rock and roll ( mais membre de l&rsquo;Académie Goncourt quand même !) une bonne dose de vitriol.</p>
<p><span id="more-4000"></span></p>
<p><strong>Vernon Subutex</strong> était, dès la fin du deuxième tome devenu une sorte de gourou. Là, au fil des pages, il surfe sur la vague des &laquo;&nbsp;Convergences&nbsp;&raquo;, ces rendez-vous ambulants qui sans autre force que celle des sons et de la musique transportent les participants dans une autre dimension. Un rendez-vous unique, magique.</p>
<p>Les personnages de la bande, hétéroclite, se sont désormais mis au vert. Un certain équilibre a été établi, mais tout va finalement s&rsquo;écrouler. Une affaire d&rsquo;héritage va tout faire exploser après avoir gangréné le groupe. Tout va partir à vau-l&rsquo;eau. <strong>Vernon Subutex</strong> s&rsquo;enfuit, les histoires se mélangent à nouveau et la société tout entière se déglingue. C&rsquo;est l&rsquo;année de Charlie Hebdo, du Bataclan&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/l2R8t7d0FkU?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 20-21 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Et à chaque convergence, Vernon se sent comme un asticot sur lequel on braquerait un puissant projecteur. Il a trop d&rsquo;importance. On l&rsquo;appelle le Shaman. Officiellement, c&rsquo;est pour rigoler. Dans les faits, il sent les regards sur son dos, une attente s&rsquo;entortille autour de sa colonne. Les gens le scrutent, méfiants, se demandant s&rsquo;il est une arnaque, ou le dévisagent, aimants, convaincus qu&rsquo;il peut les sauver. Il ne sait trop comment s&rsquo;y prendre pour garder sa désinvolture alors que tout repose sur lui. Heureusement, il n&rsquo;a pas assez de suite dans les idées pour se prendre la tête bien longtemps. Il pense “c&rsquo;est trop de stress, j&rsquo;agonise” et la minute d&rsquo;après, il est en train de regarder une feuille sur un arbre et ça l&rsquo;absorbe complètement. Ca limite la prise de tête. Mais tout de même, il découvre la peur de perdre. Jamais de sa vie il n&rsquo;a flippé de perdre ce qu&rsquo;il avait : il a toujours eu l&rsquo;impression que ça ne dépendait pas de lui. A présent, il jouit d&rsquo;un confort qui n&rsquo;est pas matériel – ils dorment dans des maisons vides, quand il y a des maisons, rarement chauffées, ils s&rsquo;installent à côté de sources quand il n&rsquo;y a pas l&rsquo;eau courante et font des toilettes à l&rsquo;extérieur par moins sept, ils mangent dans des gamelles – et pourtant ils vivent dans le luxe. Ils sont convaincus de partager une expérience à part, une extra ball que la vie ne leur devait pas, quelque chose d&rsquo;octroyé, de magique. Et il ne veut pas pas que ça s&rsquo;arrête&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 187 :</strong> &laquo;&nbsp;<em>Vernon est un peu brassé, il a trop bu la veille. Il s&rsquo;ennuyait. Il n&rsquo;a rempli son verre que trois ou quatre fois au cours de la soirée, mais son estomac a perdu l&rsquo;habitude, ou alors il couve quelque chose. Il s&rsquo;est réveillé vaseux. Comme tous les matins, il a eu besoin de quelques secondes avant de se souvenir qu&rsquo;il n&rsquo;était plus avec les autres. Son esprit résiste – veut croire que c&rsquo;est un mauvais rêve. Que tout va rentrer dans l&rsquo;ordre. Chambre d&rsquo;hôtel. Spacieuse. Double rideaux bordeaux. Il a bien fallu réaliser que tout cela est bien vrai. Il est parti. Sur un coup de tête, une impulsion dont il aimerait croire qu&rsquo;elle était intuitive. Il a imaginé qu&rsquo;on le retiendrait, qu&rsquo;on ne le laisserait pas faire. Ca ne paraissait pas tout à fait réel. Il ne ressentait rien, il ne s&rsquo;attendait pas à faire ce qu&rsquo;il a fait. Pamela l&rsquo;a appelé, lui a demandé s&rsquo;il avait menti. Il a senti le sol se dérober sous ses pieds. C&rsquo;est fou ce que la confiance est fragile. Des individus avec qui il a partagé tant de choses – il a suffi d&rsquo;une réflexion pour qu&rsquo;il sente que c&rsquo;était terminé. Sa place n&rsquo;était plus parmi eux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 388 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Si Vernon laisse une pensée se dérouler – il voit le matériel. Les grenades la kalach les balles. Ces objets qui sont fabriqués. Qui n&rsquo;ont pas été détournés de leur usage. Ils sont produits dans des usines pour ça. Tuer démembrer arracher brûler. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;accident. Il y a des objets performants. On sait ce qu&rsquo;ils deviendront. A quoi ils serviront. Il n&rsquo;y a aucune ambiguïté. Les gens sont choqués. Il y a pourtant peu de chance pour qu&rsquo;une grenade serve de presse-papiers. Elle fait ce qu&rsquo;elle  a à faire, le grenade. Comme la kalach. Comme le fusil. La seule variante de l&rsquo;équation, c&rsquo;est : connaissais-tu les gens avant qu&rsquo;ils deviennent des cadavres ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Vernon Subutex 3&Prime;, Virginie Despentes, Grasset, 19,90€</strong></em></p>
</blockquote>
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		<item>
		<title>Un si lourd héritage de sang&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/11/02/un-si-lourd-heritage-de-sang/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Nov 2015 08:26:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Un papa de sang"]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Jean Hatzfeld fait partie de ces auteurs dont nous avons besoin pour nous éclairer sur le monde comme il va. Ou pas. Depuis une dizaine d&#8217;années maintenant, je le suis. Au Rwanda. Ou ailleurs. Quatrième de couv en parle ici ou encore là. Ses écrits, ses récits, ses romans ouvrent à chaque fois [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HATZFELD-Jean-COUV-Un-papa-de-sang.jpg" rel="lightbox[3353]"><img class="alignleft size-full wp-image-3354 colorbox-3353" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HATZFELD-Jean-COUV-Un-papa-de-sang.jpg" alt="HATZFELD Jean COUV Un papa de sang" width="235" height="344" /></a><strong>Jean Hatzfeld</strong> fait partie de ces auteurs dont nous avons besoin pour nous éclairer sur le monde comme il va. Ou pas. Depuis une dizaine d&rsquo;années maintenant, je le suis. Au Rwanda. Ou ailleurs. Quatrième de couv en parle<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/14/englebert-miserable-tutsi/">ici</a></strong> ou encore<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/14/englebert-miserable-tutsi/">là. </a></strong></p>
<p>Ses écrits, ses récits, ses romans ouvrent à chaque fois une porte vers une meilleure compréhension d&rsquo;une guerre, d&rsquo;un génocide. Comme celui qui a frappé le Rwanda, en 1994.</p>
<p>Ancien journaliste sportif depuis reporter de guerre, <strong>Jean Hatzfeld</strong> n&rsquo;a eu de cesse d&rsquo;aller à la rencontre des tueurs hutus et des survivants tutsis.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Un papa de sang&nbsp;&raquo;</strong>, il signe son cinquième ouvrage sur le sujet et s&rsquo;est, cette fois, penché sur les témoignages des jeunes, des enfants des survivants et des tueurs.</p>
<p>Une nouvelle fois, il s&rsquo;est rendu à<strong> Nyamata</strong>, dans la province de Kibungo, à l&rsquo;est du pays. Là, <strong>50.000 Tutsis ont été assassinés entre le 11 avril et le 14 mai 1994</strong>, date à laquelle les hommes du Front patriotique rwandais ( FPR) sont entrés dans la ville.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3353"></span></p>
<div id="attachment_2086" style="width: 205px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MITCHUM.jpg" rel="lightbox[3353]"><img class="size-full wp-image-2086 colorbox-3353" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MITCHUM.jpg" alt="Photo site internet Gallimard" width="195" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Photo site internet Gallimard</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Humble sondeur d&rsquo;âmes&nbsp;&raquo;</strong> comme il aime à se définir, <strong>Jean Hatzfeld</strong> a eu l&rsquo;idée de ce nouveau livre au moment des commémorations du 20e anniversaire du génocide, en 2014. Loin des images d&rsquo;Epinal et d&rsquo;un dicours forçant l&rsquo;optimisme sur un Rwanda nouveau et sans étiquette ethnique, le journaliste-écrivain a voulu témoigné de la réalité en province, loin de Kigali.</p>
<p>A <strong>Nyamata</strong>, impossible encore aujourd&rsquo;hui d&rsquo;imaginer une union entre un(e) Tutsi(e) et un(e) Hutu(e). Alors il est allé à la rencontre des enfants des personnages de ses précédents ouvrages. Du côté des rescapés, comme de celui des tueurs.</p>
<p>Ils sont lycéens, agriculteurs ou couturiers. Ils posent des questions à leurs parents ou se contentent des situations. Ils évoquent la religion, mais aussi la honte, la prison, les insultes et l&rsquo;avenir obscurci par les agissements sanglants de leurs pères&#8230; Plus facile d&rsquo;être fils ou fille de victime qu&rsquo;enfant de bourreau&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil des pages, souvenirs de l&rsquo;auteur et témoignages se succèdent. A la première personne et dans un phrasé, une langue qui file la métaphore. Il y a là ceux dont le père a été libéré, ceux qui lui rendent visite chaque mois à la prison, ceux qui ont dû arrêter l&rsquo;école et prendre la houe, faute de moyens, mais aussi les enfants de victimes qui n&rsquo;ont pu reprendre une vie tout à fait normale&#8230;</p>
<p><strong>Jean Hatzfeld</strong> raconte le comportement des parents, qui parlent ou gardent le silence, qui fabriquent des souvenirs ou se cognent à la réalité. A leurs enfants de faire le tri. Ceux-ci étudient, travaillent, passent des heures sur internet, mais montrent, in fine, assez peu d&rsquo;entrain à savoir. A vouloir comprendre.</p>
<p><strong>Un récit nécessaire. Eclairant et salutaire.</strong></p>
<p>Au mois de novembre, j&rsquo;ai interviewé Jean Hatzfeld pour La Nouvelle République. Retrouvez l&rsquo;interview <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2015/12/05/Jean-Hatzfeld-au-Rwanda-A-Nyamata-on-ne-comprend-toujours-pas-2554374">ici.</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 23-24 ( Jean-Pierre Habimana, 19 ans, fils d&rsquo;un ancien détenu hutu) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Je me sens hutu. A Kabukuba, où je vis tel un étranger, je ne distingue pas sans méprise les visages hutus et tutsis. J&rsquo;épouserais volontiers une Tutsie, même si je ne osas pas s&rsquo;il s&rsquo;en trouvera une dans l&rsquo;aride Bugesera pour m&rsquo;accepter. Je sais les filles tutsies fignolées et tout autant rieuses. Elles ne se montrent plus fières comme celles de jadis. Je ne crains pas l&rsquo;ethnie. Dans nombre de pays d&rsquo;Afrique, l&rsquo;ethnie n&rsquo;inquiète personne, les gens vivent l&rsquo;ethnie que leur naissance leur a donnée sans anicroche. Au Rwanda elle attire les malheurs, elle tourmente les dialogues. Les gens tendent désormais à s&rsquo;en cacher. Mais peut-on éprouver de la gêne d&rsquo;être hutu si tel est notre destin ? Nombre de gens affirment que l&rsquo;ethnie ne sert plus à rien au Rwanda, qu&rsquo;elle va disparaître à l&rsquo;avenir. Moi, je pense que si l&rsquo;on tait une vérité aussi naturelle, on distille un venin qui va piquer les enfants dès le bas âge. Si l&rsquo;on enfouit l&rsquo;ethnie, la confusion nourrira sans cesse la frustation des victimes. Je les comprends. C&rsquo;est important de préciser qui a subi et qui a commis, pour celui qui a subi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 : (Nadine Umutesi, 17 ans, fille d&rsquo;une rescapée tutsie) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Plus on s&rsquo;attarde sur tout ça, plus on alourdit les peines qu&rsquo;on a vécues. Je ne demande pas à oublier ni a abandonner mon histoire, mais qu&rsquo;on ne m&rsquo;embête plus ! Qu&rsquo;on m&rsquo;oublie ! Je souhaite même qu&rsquo;on arrête de parler de tout ça à la radio, à la télévision. Silence pendant la Semaine de deuil. Je comprends les rescapés qui ne peuvent accepter de se taire. Moi si, j&rsquo;aspire au silence. Les rescapés aiment être entendus dans leur intimité par d&rsquo;autres rescapés, ça se comprend. Ils se vident de leurs tourments. Moi, non. Est-ce que je soulage mon tourment en répandant le mystère de ma naissance ? Mon histoire ne s&rsquo;apparente pas aux autres. Quand on évoque les tueries et quand on montre des images, c&rsquo;est comme si on repassait la lame sur ma blessure profonde. Je ne rencontre aucune réticence à parler avec vous. Le livre d&rsquo;un </em>muzungu<em>, ce n&rsquo;est pas risquant. N&rsquo;importe qui ne le lit pas. Les acheteurs ne jazzent pas de malveillances, si ? Mais répéter une anomalie pareille à haute voix aux oreilles d&rsquo;avoisinants, c&rsquo;est endommageant. Ces pensées accélèrent la tristesse de celle qui les dévoile au jour. Ca m&rsquo;embrouille.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 90-91 : (Ange Uwase, 19 ans, fille d&rsquo;un rescapé tutsi) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Je connais des jeunes Hutus qui rejettent la haine familiale glissée dans les explications. Ils accordent leur confiance aux professeurs. Toutefois, ils montrent moins d&rsquo;excitation pour les informations que les enfants de rescapés. Leurs parents freinent leur curiosité. Est-ce que ces parents peuvent raconter le soir comment ils ont manié la machette ? Ou dévoiler les recoins secrets de la mort d&rsquo;un avoisinant dans le marigot ? Est-ce qu&rsquo;un enfant hutu peut en réponse traiter son père de personne malfaisante ? Aucun cas connu. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est la rancoeur qui unit les deux camps des jeunes hutus et tutsis, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;appétit de vérité. Des jeunes Hutus détestent leurs camarades qu&rsquo;ils soupçonnent de favoritisme. [&#8230;]</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Le futur, je ne le vois pas risquant, chaotique quand même. Les machettes des cultivateurs n&rsquo;effraient plus personne puisque les gens profitent de bon coeur de la politique de réconciliation nationale. Pourtant, si les Hutus tendent à se montrer gentils, et à offrir des visages prometteurs, les Tutsis continuent à sermonner leurs enfants pour les mettre en garde. Je ne sais combine de générations s&rsquo;useront avant que des jeunes tutsis et hutus puissent rire en amitié sincère. Je veux dire, sans crainte d&rsquo;une gêne soudaine. Au fond, l&rsquo;avenir dépend de la volonté de Dieu.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Un papa de sang&nbsp;&raquo;, de Jean Hatzfeld, Gallimard, 19€.</strong></em></p>
</blockquote>
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