<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Quatrième de couv &#187; enfance</title>
	<atom:link href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/tag/enfance/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv</link>
	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
	<lastBuildDate>Sat, 13 Jan 2024 19:30:44 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=4.0.1</generator>
	<item>
		<title>Vie et rebonds d&#8217;une &#171;&#160;passagère&#160;&#187;&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/17/vie-et-rebonds-dune-passagere/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/17/vie-et-rebonds-dune-passagere/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2022 07:54:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[centre d'hébergement]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Léonora Miano]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[sans-papirs]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=6055</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 La rentrée littéraire approche ! A quoi ressemble-t-elle cette année ? Voici quelques chiffres évocateurs.  Comme nous l&#8217;explique Livres Hebdo, ce sont   490 romans qui vont paraître entre la mi-août et le mois d&#8217;octobre 2022 : le chiffre le plus bas depuis plus de 20 ans. Derrière cette baisse de 6% du nombre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p>La rentrée littéraire approche ! A quoi ressemble-t-elle cette année ? Voici quelques chiffres évocateurs.  Comme nous l&rsquo;explique Livres Hebdo, ce sont   <strong>490 romans qui vont paraître entre la mi-août et le mois d&rsquo;octobre 2022</strong> : <strong>le chiffre le plus bas depuis plus de 20 ans</strong>. Derrière cette baisse de 6% du nombre de romans publiés par rapport à 2021 (521), Livres Hebdo voit plusieurs explications :  la pénurie de papier, mais aussi les incertitudes liées au rapprochement entre Editis et Hachette.</p>
<p>Parmi les 345 romans français publiés, on compte cette fois 90 premiers romans (soit une hausse de 21% par rapport à l&rsquo;année précédente). Quelques noms illuminent déjà ce nouveau rendez-vous littéraire : <strong>Virginie Despentes</strong> et son nouveau roman épistolaire, <strong>Amélie Nothomb</strong>,<strong> Olivier Adam</strong>, <strong>Gaëlle Josse</strong> ou encore <strong>Laurent Gaudé, l&rsquo;un de mes auteurs préférés</strong>. Au-delà de l&rsquo;Hexagone, ce sont notamment <strong>Toni Morrison</strong>, <strong>Russel Banks</strong> ou encore <strong>Jolie Otsuka</strong> qui publient un nouveau roman.</p>
<p>Cette fois encore, je partagerai avec vous mes découvertes et autres pépites à lire absolument. La première ? <strong><em>Stardust</em></strong> de <strong>Léonora Miano.</strong></p>
<p><span id="more-6055"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Stardust_4176.jpg" rel="lightbox[6055]"><img class="alignleft size-full wp-image-6058 colorbox-6055" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Stardust_4176.jpg" alt="CVT_Stardust_4176" width="250" height="379" /></a>Romancière, essayiste et dramaturge, <strong>Léonora Miano</strong>, quadragénaire, est née au Cameroun. Elle est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;auteure d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ouvrages. Une femme et une plume engagée que <strong><a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/hors-les-frontieres-leonora-miano-promene-sa-plume-politique">j&rsquo;avais interviewée durant l&rsquo;été 2017 </a></strong>alors qu&rsquo;elle vivait à Tours.</p>
<p>Dans <strong><em>Stardust</em></strong>, un roman qu&rsquo;elle avait écrit il y a vingt ans, elle revient sur les quelques mois passés dans un centre de réinsertion et d&rsquo;hébergement d&rsquo;urgence du 19e arrondissement de Paris, rue de Crimée. Nous sommes en 1996. <strong>Louise</strong> et sa fille <strong>Bliss</strong>, ont échoué là. <strong>Louise</strong> n&rsquo;a plus de domicile et pas encore pu renouveler son titre de séjour. Elle a quitté le père de sa fille, parce qu&rsquo;il a menti, entre autres choses. La jeune mère d&rsquo;origine camerounaise raconté ce qu&rsquo;elle voit, ce qu&rsquo;elle vit, ce qu&rsquo;elle espère, ce qu&rsquo;elle attend. Et ce qu&rsquo;elle lit. La chance de <strong>Louise</strong>, ce sont les livres, ce sont ses études et ses aspirations.</p>
<p>Mais la réalité est rude. Au fil des pages, Louise met en exergue les images que toutes ces femmes migrantes se faisaient de la France&#8230; et la réalité qu&rsquo;elles vivent, mères seules et désoeuvrées.  <strong>Léonora Miano</strong>, même si elle ne parle pas d&rsquo;autobiographie, indique avoir mis de sa vie dans ce roman. Malgré les noms changés, malgré les omissions. La violence, elle, est palpable entre &laquo;&nbsp;les passagères&nbsp;&raquo;, ces femmes qui transitent par le centre. La colère aussi.</p>
<p>A la différence des autres femmes hébergées dans le centre, <strong>Louise</strong> s&rsquo;accroche à la littérature, à la poésie pour avancer et se défendre. Enfin intégrer une maison maternelle pour élever sa fille au mieux et pouvoir reprendre ses études. Elle pense beaucoup à sa grand-mère, Mbambe, qu&rsquo;elle interpelle régulièrement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Léonora Miano</strong> explique qu&rsquo;au-delà des événements qu&rsquo;il relate, Stardust évoque les raisons <em>&laquo;&nbsp;pour lesquelles je vécus si longtemps en France où j&rsquo;étais venue contre mon gré&nbsp;&raquo;. Et l&rsquo;autrice d&rsquo;évoquer encore &laquo;&nbsp;la rudesse des marges de la France&nbsp;&raquo; qui lui ont permis, en les fréquentant de connaître le plus intimement la France. A sa manière, Stardust évoque aussi l&rsquo;impossible appartenance au groupe, le recours impératif à la création littéraire, artistique, pour tenter d&rsquo;entrer en relation&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--more--></p>
<p>Un roman fort. Décapant. Qui vingt ans après son écriture nous rappelle que la situation n&rsquo;a pas évoluée.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 96-97 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Louise sent lâcher ses nerfs. Le désespoir a la dent dure. Le carrefour est inaccessible, l&rsquo;aube hypothétique. Impossible de continuer à vivre sans rien décider. Elle aurait presque envie de faire des bêtises. N&rsquo;importe quoi. Un truc qui se serait imposé, comme ça. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle en a par-dessus la tête de cet agglomérat de femelles. Leurs conversations futiles. Leurs mesquineries. Leur souffrance. Leur inutilité. Leur lassitude. Ce qu&rsquo;elles lui disent d&rsquo;elle-même. Leurs addictions. Leurs défections. Leurs génuflexions devant des hommes qui n&rsquo;en valent pas la peine. Leur violence. Leur attentisme. Leur impuissance. Leurs sautes d&rsquo;humeur. Leur condition&#8230; Elle en a plus qu&rsquo;assez de les voir se ruer sur des vêtements chics que viennent jeter d&rsquo;autres femelles, nanties, pieuses et charitables, celles-là. Débordantes de cynisme, de mauvaise foi. Ras-le-bol des disputes. Des bagarres pour toutes sortes de déraisons. Des pets nocturnes. De l&rsquo;onanisme gémissant. Du mal à vivre. Des insomnies. Des dérèglements hormonaux. Tant de ressemblances insoupçonnées. Tant d&rsquo;inacceptables similitudes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 130 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Louise sait qu&rsquo;on la trouve agressive. Pas commode. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on dit des personnes franches. Celles qui refusent d&rsquo;avaler des couleuvres. Celles qui pensent, par exemple, que la fraternité n&rsquo;a rien à voir avec tous ces bons sentiments. Que connaître l&rsquo;autre, ce n&rsquo;est pas se fabriquer une image de lui. Celle que l&rsquo;on peut accepter. Celle qui n&rsquo;ébranlera pas le confort intérieur. Louise évite de donner une conférence sur ces sujets. Crimée n&rsquo;est pas en faveur de la liberté d&rsquo;expression. Le verbe y est traqué, analysé, consigné dans des dossiers. Rapport en est fait à Madame C., l&rsquo;invisible mais puissante directrice, qui saura le retenir contre celle qui l&rsquo;aura proféré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 194-195 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mbambe&#8230; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je ne suis plus ta petite-fille. Plus maintenant. J&rsquo;aurais dû te le dire dès le début, mais je ne voulais pas en parler. Alors, j&rsquo;ai triché. Tu ignores que je fais presque la taille 52, que j&rsquo;ai perdu plusieurs dents. On aurait pu les soigner, mais je ne pouvais payer. On me les a arrachées. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai laissé trop de plumes dans mes mésaventures pour espérer t&rsquo;étreindre comme avant. Je ne rentrerai pas. Il sera trop tard pour cela, lorsque j&rsquo;aurai repris ce que la vie m&rsquo;a dérobé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je vais rester ici. Où j&rsquo;ai connu des femmes enceintes qui craignaient les enfants, ne supportaient pas leur présence, les suppliaient de rester dans leur ventre, de ne pas venir au monde. Où j&rsquo;ai vu mourir Véronique et Prudence, rencontré le fantôme de Virginie. Où mon nom ne signifie rien. Ici où je suis tombée, où je me relèverai.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cela, je te le promets. Je marcherai debout. Et quand j&rsquo;aurai marché, je signalerai ma présence à chacun. Pour que tu ne m&rsquo;aies pas aimée en vain, rêvée en vain. Je ferai quelque chose. Et je serai libre.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> Stardust, Léonora Miano, Grasset, 18,50€.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/17/vie-et-rebonds-dune-passagere/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/17/vie-et-rebonds-dune-passagere/" data-text="Vie et rebonds d&rsquo;une &laquo;&nbsp;passagère&nbsp;&raquo;&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/17/vie-et-rebonds-dune-passagere/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Entre ses deux Mamas, retrouver ses racines&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/24/entre-ses-deux-mamas-retrouver-ses-racines/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/24/entre-ses-deux-mamas-retrouver-ses-racines/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Mar 2022 07:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Le duel des grands-mères"]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[descendance]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[familles]]></category>
		<category><![CDATA[Hamet]]></category>
		<category><![CDATA[langues]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[quête]]></category>
		<category><![CDATA[racines]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[secrets de famille]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5937</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman qui nous emmène en Afrique ? Voilà au moins deux vraies bonnes raisons d&#8217;y plonger. J&#8217;ai un faible pour les premiers romans et j&#8217;ai arpenté le continent africain des années durant, alors&#8230; Avec Le duel des grands-mères, nous partons au Mali. A Bamako d&#8217;abord, puis au village. Nous suivons Hamet, qui pré-adolescent, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FR-NR-24-4a-d3-13847076-1507-1-tsp20220120061201-Le-duel-des-grands-meres.jpg" rel="lightbox[5937]"><img class="alignleft size-full wp-image-5939 colorbox-5937" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FR-NR-24-4a-d3-13847076-1507-1-tsp20220120061201-Le-duel-des-grands-meres.jpg" alt="FR-NR-24-4a-d3-13847076-1507-1-tsp20220120061201-Le-duel-des-grands-meres" width="274" height="369" /></a></p>
<p>Un premier roman qui nous emmène en Afrique ? Voilà au moins deux vraies bonnes raisons d&rsquo;y plonger. J&rsquo;ai un faible pour les premiers romans et j&rsquo;ai arpenté le continent africain des années durant, alors&#8230;</p>
<p>Avec <strong><em>Le duel des grands-mères</em></strong>, nous partons au Mali. A Bamako d&rsquo;abord, puis au village. Nous suivons <strong>Hamet</strong>, qui pré-adolescent, donne du fil à retordre à ses parents et plus précisément à sa mère, puisque son père travaille en France.</p>
<p><strong>Hamet</strong> est partagé, pour ne pas dire déchiré, entre deux visions. Sa mère, qui ne parle pas français, souhaite qu&rsquo;il suive un enseignement à la medersa, et reçoive ainsi un enseignement musulman. Son père, lui, ne croit qu&rsquo;en l&rsquo;école française laïque. C&rsquo;est là que <strong>Hamet</strong> étudie. Le jeune garçon, balloté entre trois langues (français, bambara et soninké) et autant de cultures, peine à trouver sa place. Les enfants de son âge pensent qu&rsquo;il se sent supérieur.</p>
<p>Chahuteur, turbulent, le voilà emmené au village, chez l&rsquo;une de ses grands-mères, <strong>Mama Hata. </strong>Il y découvre d&rsquo;autres moeurs, d&rsquo;autres traditions. Des secrets de famille&#8230; et finalement son autre grand-mère, <strong>Mama Cissé</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5937"></span></p>
<p>Autant de souvenirs que <strong>Diadié Dembélé</strong> (alias Tambamera) a puisé dans son enfance malienne. En 2008, il a accompagné sa mère au village où il est né, à Kodié, sur la frontière avec la Mauritanie.  Diplômé du Master de création littéraire de Paris VIII, <strong>Diadié Dembélé</strong> travaille en tant qu’interprète médico-social au sein d’une association d’aide aux migrants à Paris.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil de ce roman, <strong>Hamet</strong> mélange les langues emmenant le lecteur dans un voyage totalement dépaysant. Une triple culture à laquelle <strong>Hamet</strong> tente de s&rsquo;adapter, tout en refusant de se laisser enfermer dans des traditions qui protègent sûrement, mais sclérosent assurément.</p>
<p>L&rsquo;écriture romanesque, doublée d&rsquo;une gymnastique linguistique, de ce roman en font un joli moment de lecture et rappelle que le brassage, le métissage sont une richesse. Ici comme ailleurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong> &laquo;&nbsp;<em>[&#8230;] Ce n&rsquo;était pas juste? Pourquoi a-t-elle fait ça ? </em>Walaye bilaye !<em> Si ça se trouve, M&rsquo;ma appartient à un groupe d&rsquo;auto-défense des mères &laquo;&nbsp;ne sachant ni lire, ni écrire&nbsp;&raquo;. Comme les sorcières, elles se réunissent toutes les fins d&rsquo;année pour décider de leur assaut. Les vendeuses de beignets sont les cerveaux des opérations. M&rsquo;ma appartient au corps d&rsquo;élite des mamans fouineuses. Elle traque le moindre papier qui traîne dans la maison : journaux, maquettes, cartons, livres, cahiers pour allumer leur feu de bois. Si ça se trouve, elle e un bunker quelque part sous la maison, où elle cache les cahiers avant de les exfiltrer.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 :</strong> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Tout le monde est admis. Les hommes sans titres forment le premier rang du cercle des affairés. Certains sont assis à même le sol, d&rsquo;autres sont debout et bras croisés. Les femmes les suivent. Nous nous faufilons entre les deux pour entendre et voir la palabre. L&rsquo;affaire est sérieuse. Très sérieuse ! L&rsquo;accusée est soupçonnée d&rsquo;avoir mis la chose dans la bouillie de son mari et de son beau-fils. Les raconteuses professionnelles, qui ont assisté aux premières heures de l&rsquo;histoire, se donnent des détails afin d&rsquo;être au point avant le début de la palabre. Des enfants pleurent, cherchant leurs mamans, ayant abandonné la maison, pressées par l&rsquo;urgence du colportage. Seydou et moi sommes noyés dans la masse. Quelques phrases s&rsquo;échappent du brouhaha et viennent à mes oreilles.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 182-183 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;aime beaucoup Mama, très-très fort d&rsquo;ailleurs. Mais elle n&rsquo;est pas vraiment au clair avec moi. Alors là, sans compter les étoiles pour connaître leur nombre exact je peux déclarer universellement qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a même jamais été. Elle avait peut-être à m&rsquo;éviter le pensionnat coranique de Touba. Mais elle avait contribué à mon expédition au village. Le genre de personne qui est à la fois avec les enterreurs du cadavre et avec les déterreurs du cadavre. Je me rappelle très bien la discussion qu&rsquo;elle eut au téléphone avec M&rsquo;ma. J&rsquo;étias là. J&rsquo;ai tout entendu. Enfin, j&rsquo;ai entendu ce que disait M&rsquo;ma, tenaillée entre son mari N&rsquo;pa et sa belle-mère Mama. Elle me défendit. Elle expliqua que ce qu&rsquo;on racontait à mon sujet n&rsquo;était pas vrai. Je n&rsquo;étais devenu ni un petit délinquant, ni un mécréant, ni même un Taboussi déraciné qui ne comprenait plus un mot de la langue de ses parents. J&rsquo;étais simplement un garçon zélé qui aimait montrer qu&rsquo;il parlait d&rsquo;autres langues et apprenait les sorcelleries (sciences) des Blancs.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Le duel des grands-mères, Diadié Dembélé, JCLattès, 19€</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/24/entre-ses-deux-mamas-retrouver-ses-racines/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/24/entre-ses-deux-mamas-retrouver-ses-racines/" data-text="Entre ses deux Mamas, retrouver ses racines&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/24/entre-ses-deux-mamas-retrouver-ses-racines/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Dans la cacophonie, garder sa voie&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Mar 2022 08:48:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Les méduses n'ont pas d'oreilles]]></category>
		<category><![CDATA[Adèle Rosenfeld]]></category>
		<category><![CDATA[bruits]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[handicap]]></category>
		<category><![CDATA[implant]]></category>
		<category><![CDATA[opération]]></category>
		<category><![CDATA[perte]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[sons]]></category>
		<category><![CDATA[surdité]]></category>
		<category><![CDATA[vie sociale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5942</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Le handicap n&#8217;affleure que trop rarement en littérature. Adèle Rosenfeld a décidé de nous en parler, via un premier roman très réussi Les méduses n&#8217;ont pas d&#8217;oreilles, paru chez Grasset pour cette rentrée littéraire hivernale. On y suit Louise, une jeune femme malentendante depuis toujours, confrontée à une perte progressive de son audition. La question d&#8217;un implant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MEDUSES-OK.jpg" rel="lightbox[5942]"><img class="alignleft size-full wp-image-5944 colorbox-5942" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MEDUSES-OK.jpg" alt="MEDUSES OK" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Le handicap n&rsquo;affleure que trop rarement en littérature. <strong>Adèle Rosenfeld</strong> a décidé de nous en parler, via un premier roman très réussi <em><strong>Les méduses n&rsquo;ont pas d&rsquo;oreilles</strong></em>, paru chez Grasset pour cette rentrée littéraire hivernale.</p>
<p>On y suit <strong>Louise</strong>, une jeune femme malentendante depuis toujours, confrontée à une perte progressive de son audition. La question d&rsquo;un implant se pose. Avec ses conséquences définitives. Un sujet que la jeune autrice connaît bien. Et pour cause. <strong>Adèle Rosenfeld</strong>, 36 ans, est elle-même malentendante. Elle n&rsquo;entend rien de l&rsquo;oreille gauche et son oreille droite est appareillée depuis qu&rsquo;elle a 5 ans. Elle lit sur les lèvres.<br />
<strong>Adèle Rosenfeld</strong> travaille dans l’édition depuis dix ans. Parallèlement à son activité, elle développe des projets d’écriture à dimensions variables. En 2018, elle a intégré le Master de création littéraire de l’université Paris 8 où elle développe un projet de roman autour d’un personnage qui plonge dans le silence.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Depuis son enfance, <strong>Louise</strong> n&rsquo;entend que d&rsquo;une oreille et s&rsquo;est construite dans cet entre-deux. Lors d&rsquo;un examen, l&rsquo;ORL lui propose un implant cochléaire, une intervention lourde de conséquences : la jeune femme, qui travaille au service de l&rsquo;état-civil d&rsquo;une mairie de banlieue, perdra sa faible audition naturelle au profit d&rsquo;une audition synthétique, et avec elle son singulier rapport au monde, fait d&rsquo;images et d&rsquo;ombres poétiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5942"></span></p>
<p>L&rsquo;autrice a, elle-même, subi une perte d&rsquo;audition alors qu&rsquo;elle entrait dans ce Master de création littéraire. Elle explique que face à cette perte d&rsquo;audition <em>&laquo;&nbsp;le monde se déforme, les mots se trouent et, du coup, l&rsquo;imaginaire s&rsquo;engouffre&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p>Au fil des pages et des interrogations de<strong> Louise</strong>, des personnages prennent place. Ils la suivent, la protègent, la font réagir. Comme d&rsquo;ailleurs sa mère, son petit-ami et sa meilleure amie.</p>
<p>Charge à elle de prendre la bonne décision alors qu&rsquo;elle essaie de trouver sa place dans un monde sans cesse plus bruyant. Moins audible. Doit-elle faire le choix de la normalité quitte à perdre une part d&rsquo;elle-même ?</p>
<p>Des mots, des lettres lui échappent. Des situations aussi. La jeune femme, qui veut ne rendre perdre totalement, se lance dans la constitution d&rsquo;un herbier sonore. Drôle. Poétique.</p>
<p><strong>Dans cette vidéo, Adèle Rosenfeld évoque son quotidien et la génèse de son premier roman :</strong></p>
<p><a href="https://www.instagram.com/p/CZCglaGocsG/">https://www.instagram.com/p/CZCglaGocsG/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18 :</strong> &laquo;&nbsp;Orpheline.</p>
<p style="text-align: left"><em>Oui, c&rsquo;était sûrement ça que j&rsquo;avais toujours éprouvé, le sentiment de n&rsquo;appartenir à aucun monde. Pas assez sourde, pas assez entendante pour participer pleinement au monde des entendants. Tout tenait à ce que je me persuadais d&rsquo;être ou de ne pas être. Les dommages collatéraux qui avaient salement ébréché mon ego et la confiance en moi étaient, pour les autres, des troubles orphelins qu&rsquo;ils avaient du mal à comprendre. Est-ce que le manque qui m&rsquo;habitait venait de là  ? De cette absence qu&rsquo;il fallait combler par l&rsquo;excès ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Après des échanges infructueux avec mes quatre collègues aux naissances, j&rsquo;ai fini par leur expliquer ce qui ne tournait pas rond chez moi. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai pris le temps d&rsquo;exposer les faits : complètement sourde de l&rsquo;oreille gauche ; malentendante et appareillée de l&rsquo;oreille droite, obligée de lire sur les lèvres pour compléter une langue à trous. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai vu un éclat s&rsquo;allumer dans leur regard. Je me suis mise à incarner une forte valeur ajoutée poétique quand j&rsquo;ai précisé que j&rsquo;avais besoin de lumière pour entendre. Sauf que quand il a fallu leur faire répéter ce qui avait été dit plus de deux fois, tout ce qu&rsquo;il avait de poétique s&rsquo;est effondré d&rsquo;un coup  : je suis passée  du statut de poète à celui de demeurée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>De mon côté, les collègues me semblaient être une masse sonore couverte par le même trench-coat marron&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 85-86 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Tu étais suffisamment entendante pour le cacher et ça a arrangé tout le monde. Mais maintenant que tu es passée de sourde moyenne à sourde sévère, tu ne peux plus tricher. Exerce-toi à repérer les voix masculines et féminines, celles des enfants, etc., uniquement à l&rsquo;oreille, en fermant les yeux. A force, ton cerveau saura plus facilement identifier dans l&rsquo;arrière-fond sonore les scènes de vie qui t&rsquo;entourent. Consigne aussi les sons pour les mémoriser. Tu auras le sentiment de reprendre la main&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je trouvais la formule particulièrement sarcastique, moi qui m&rsquo;approchais de la langue des signes. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> Les méduses n&rsquo;ont pas d&rsquo;oreilles, Adèle Rosenfeld, Grasset, 19€</em></strong></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/" data-text="Dans la cacophonie, garder sa voie&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Voyage au bout de l&#8217;enfer à hauteur d&#8217;enfant</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/07/voyage-au-bout-de-lenfer-a-hauteur-denfant/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/07/voyage-au-bout-de-lenfer-a-hauteur-denfant/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 16:16:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[camps]]></category>
		<category><![CDATA[départ]]></category>
		<category><![CDATA[EI]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Fabien]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[lutte armée]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Benzine]]></category>
		<category><![CDATA[rapatriement]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[terreur]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage au bout de l'enfance]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5875</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 &#160; Une histoire à hauteur d&#8217;enfant. Tragique. Poignante. Terrible. C&#8217;est ce que propose Rachid Benzine dans son nouveau roman. Court (80 pages seulement) mais percutant. Et pour cause. Cette histoire, c&#8217;est celle de Fabien. Un écolier féru de poésie. Un gamin qui grandit entre ses parents et l&#8217;école Jacques-Prévert à Sarcelles. Un enfant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire hiver 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RACHID.jpg" rel="lightbox[5875]"><img class="alignleft size-full wp-image-5878 colorbox-5875" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RACHID.jpg" alt="RACHID" width="195" height="278" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une histoire à hauteur d&rsquo;enfant. Tragique. Poignante. Terrible. C&rsquo;est ce que propose Rachid Benzine dans son nouveau roman. Court (80 pages seulement) mais percutant. Et pour cause.</p>
<p>Cette histoire, c&rsquo;est celle de<strong> Fabien</strong>. Un écolier féru de poésie. Un gamin qui grandit entre ses parents et l&rsquo;école Jacques-Prévert à Sarcelles. Un enfant qui va être arraché à tout cela après que ses parents décident de rejoindre la Syrie et l&rsquo;Etat islamique. Un enfant qui raconte l&rsquo;enfer qu&rsquo;il découvre, les désillusions de ses parents, la mort de son père, l&rsquo;acharnement de sa mère et la folie qui la guette &#8230;</p>
<p>Trois mois que <strong>Fabien</strong> rebaptisé <strong>Farid</strong> est enfermé dans un camp tenu par les Kurdes, avec sa mère et son frère, né de l&rsquo;union de sa mère avec un autre combattant de l&rsquo;EI, tué comme les précédents au combat. Alors <strong>Fabien/Farid</strong> raconte ces quatre dernières années. Avec une lucidité terrible. Comme pour nous plonger au plus près de l&rsquo;horreur.</p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong>, que j&rsquo;ai découvert via <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/07/a-cette-femme-quil-aimera-toujours/">son premier roman en 2020</a></strong> est enseignant et chercheur associé au Fonds Ricoeur. Islamologue, politologue, romancier et dramaturge, Rachid Benzine est une des figures de proue de l&rsquo;islam libéral francophone. Après<strong> <em>Ainsi parlait ma mère</em></strong>, il a écrit <em><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/">Dans les yeux du ciel</a></strong>, </em>où, cette fois, il nous entraine dans les Printemps arabes à travers la vie et le regard aiguisé de <strong>Nour</strong>, une prostituée.</p>
<p>Le quadragénaire poursuit avec <em><strong>Voyage au bout de l&rsquo;enfance.</strong></em> Cette fois, ce n&rsquo;est pas une prostituée qui raconte, mais un enfant. Une autre voix que l&rsquo;on n&rsquo;écoute pas forcément. un exercice de compréhension d&rsquo;un islam dévoyé, violent. Aux antipodes des fondamentaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5875"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fabien</strong> s&rsquo;accroche à sa vie d&rsquo;avant, raconte les contraintes de celle qu&rsquo;il subit désormais dans ce camp où violence, maladies, faim et désoeuvrement cohabitent. Se souvient de son instituteur, de ses copains, de son chien, de ses grands-parents (via des appels téléphoniques de loin en loin) alors qu&rsquo;il doit rejoindre chaque jour l&rsquo;école des lionceaux du califat.</p>
<p>Veuve, sa mère pourrait-elle rentrer en France ? Ses enfants peuvent-ils être sauvés ? Autant de questions auxquelles un enfant ne peut pas répondre, isolé, loin de ses rêves d&rsquo;être un jour un footballeur célèbre.</p>
<p>Un roman qui rappelle la situation toujours vécue par des femmes et leurs enfants dans <strong>ces camps  d&rsquo;Al Hol et Roj</strong>   <strong><a href="https://www.europe1.fr/societe/syrie-une-francaise-de-28-ans-meurt-dans-un-camp-4082767">comme l&rsquo;explique cet article</a>. </strong></p>
<p>Ou encore ce <strong><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/12/en-syrie-la-question-du-rapatriement-divise-les-francaises-djihadistes-du-camp-de-roj_6091239_3210.html">reportage publié dans Le Monde</a></strong>, en août dernier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_5881" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/1c01853_807217432-lgeai-roj-francaises-47.jpg" rel="lightbox[5875]"><img class="wp-image-5881 size-full colorbox-5875" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/1c01853_807217432-lgeai-roj-francaises-47.jpg" alt="1c01853_807217432-lgeai-roj-francaises-47" width="1024" height="512" /></a><p class="wp-caption-text">Dans le camp de Roj-2. Photo Laurence Geai pour Le Monde, août 2021</p></div>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 12 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et puis on est arrivé en Syrie. Là, ils m&rsquo;ont dit où on était. Ça s&rsquo;appelait Raqqah. Papa et maman, ils étaient très excités. Je les avais jamais vus aussi heureux. Ils m&rsquo;ont dit que c&rsquo;était le paradis ici. Moi je croyais que le paradis c&rsquo;était dans le ciel, quand on est mort. Papa s&rsquo;est habillé avec des vêtements très larges et un turban. Maman a mis un niqab. Tout noir. On voyait que ses yeux. Pour rire, elle me disait que c&rsquo;était pour me surveiller comme depuis la meurtrière d&rsquo;un château. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 55 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Une fois, maman a réussi à avoir mamie au téléphone grâce à une femme gentille de Daesh. Il y en a. Je n&rsquo;ai pas aimé ce qu&rsquo;a dit maman. Elle a reproché à mamie de lui avoir dit de sortir de Baghouz parce que, c&rsquo;était sûr, on allait être rapatriés. Elle a eu vraiment confiance dans la promesse de mamie et elle lui a reproché de l&rsquo;avoir trahie. Elle lui a même dit : &nbsp;&raquo; Tu nous a trahis deux fois. Quand tu as alerté la police parce que tu avais peur que je parte rejoindre Daesh et quand tu m&rsquo;as dit que j&rsquo;allais rentrer en France après Baghouz.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je sais que mamie pleurait au téléphone en lui disant qu&rsquo;elle avait déjà préparé la chambre pour Selim et moi, qu&rsquo;elle nous avait acheté des jouets et qu&rsquo;elle avait prévu un sac de vêtements pour quand maman irait en prison en France&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 61 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je comprends pas pourquoi on prend des petits dans la guerre. Et dans ce camp. C&rsquo;est pas fait pour eux la guerre. C&rsquo;est pour les grands. Et même pour les grands. Quand je repense à papa&#8230; Je sais que lui non plus ne l&rsquo;aimait pas cette guerre. C&rsquo;est cruel une guerre. Et j&rsquo;ai toujours pas compris pourquoi on se battait. Maintenant qu&rsquo;on est prisonniers, on est mal traités mais c&rsquo;est pas les ennemis qu&rsquo;on nous avait dit. Ils nous donnent à manger. Ils nous soignent comme ils peuvent. Il y en a qui nous parlent mal. Il y a des gardiens qui me donnent des gifles parfois. Mais à l&rsquo;école des lionceaux, on nous disait qu&rsquo;il fallait tous les tuer et les faire souffrir. C&rsquo;est quand même pas pareil. Peut-être que ceux qui me giflent ils ont eu un enfant tué par Daesh.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Voyage au bout de l&rsquo;enfance, Rachid Benzine, Seuil, 13€. </strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/07/voyage-au-bout-de-lenfer-a-hauteur-denfant/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/07/voyage-au-bout-de-lenfer-a-hauteur-denfant/" data-text="Voyage au bout de l&rsquo;enfer à hauteur d&rsquo;enfant - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/01/07/voyage-au-bout-de-lenfer-a-hauteur-denfant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un huis clos à ciel ouvert</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Nov 2021 12:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[absence]]></category>
		<category><![CDATA[Alaska]]></category>
		<category><![CDATA[Blizzard]]></category>
		<category><![CDATA[disparition]]></category>
		<category><![CDATA[doutes]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Marie Vingtras]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[perte]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[roman choral]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[violences]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5811</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman ? Comme c&#8217;est curieux Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&#8217;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Blizzard est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5811]"><img class="alignleft wp-image-5814 size-medium colorbox-5811" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="147289_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a>Un premier roman ? Comme c&rsquo;est curieux <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5811" /></p>
<p>Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&rsquo;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire.</p>
<p><em><strong>Blizzard</strong> </em>est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes sombres de l&rsquo;âme humaine.</p>
<p><strong>Marie Vingtras</strong> (il ne s&rsquo;agit pas de son patronyme) signe là un roman dont chaque chapitre porte la voix d&rsquo;un personnage différent. On y trouve <strong>Bess</strong>, <strong>Benedict</strong>, <strong>Cole</strong>, mais aussi <strong>Freeman. </strong>L&rsquo;affreux <strong>Clifford </strong>s&rsquo;y ajoute, en filigrane.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Le roman, vif et totalement maîtrisé, s&rsquo;ouvre sur une scène qui s&rsquo;annonce tragique : <strong>Bess</strong> vient, pour refaire ses lacets, de lâcher la main de <strong>Thomas</strong>, l&rsquo;enfant dont elle s&rsquo;occupe avec<strong> Benedict</strong>, avec qui elle habite et qui a grandi là avec ses parents et son frère, parti depuis longtemps. <strong>Cole</strong>, l&rsquo;ami de la famille, vient à sa rescousse. <strong>Freeman</strong> aussi, ce drôle de type arrivé là pour on ne sait quoi&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5811"></span></p>
<p>Le blizzard fouette les visages et entrave déjà la marche. Pas de temps à perdre, il faut le retrouver. Vite.</p>
<p>On ne connait alors pas les liens qui les unissent. Le lecteur les découvre au fil des pages. De quoi faire monter la tension.</p>
<p>Oui, tous cherchent cet enfant. Mais tous disent aussi des choses bien plus profondes sur leur histoire et, in fine, ce qui les unit ou les éloigne. Et c&rsquo;est grandement mené. Là, au coeur de l&rsquo;Alaska. Un endroit isolé. Choisi pour certains des personnages, subi pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Le suspense est incroyable tandis que le blizzard fait rage et met chacun face à son histoire, ses manquements, ses doutes et ses tumultes. Les questions de l&rsquo;abandon, de la culpabilité et de la paternité sont notamment abordées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Marie Vingtras,</strong> quadragénaire née à Rennes, signe là un premier roman qui rend hommage à la littérature contemporaine américaine qu&rsquo;elle aime particulièrement.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 17 :</strong> Bess</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je ne vois rien. La neige s&rsquo;envole au sol en tourbillons et lorsqueje lève les yeux vers le ciel c&rsquo;est une vraie purée de pois. L&rsquo;air est incolore, comme si toutes les couleurs existantes avaient disparu, comme si le monde entier s&rsquo;était dilué dans un verre d&rsquo;eau. Je regrette de ne pas avoir fait plus attention quand Benedict essayait de décrire le fonctionnement des blizzards au petit. J&rsquo;aurais peut-être su ce qu&rsquo;il fallait faire, à part ne pas sortir, bien sûr, mais ça, il était trop tard pour le regretter. Je tourne le dos au vent, appuyée sur ce que je suppose être un rocher. A moins que ce ne soit un ours qui hiberne, ce qui réglerait mon problème. Je ne parviens pas à réfléchir à la conduite à tenir, mais je vais me transformer en bonhomme de neige si je ne bouge pas. Je ne suis pas complètement idiote, je sais dans quel pétrin je me suis fourrée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 63 :</strong> Benedict</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il était parti depuis un an quand papa m&rsquo;a dit que cela ne pouvait plus durer. Il n&rsquo;était plus comme avant, je crois qu&rsquo;il avait peur de ne jamais revoir son fils. Quant à maman, elle n&rsquo;allait pas tellement mieux. Elle ne dormait plus, elle disait qu&rsquo;un jour elle finirait par oublier le visage de son propre enfant et cette idée la rendait folle. Je me rendais bien compte que tout était différent de notre enfance et de notre adolescence alors que je nous avais cru éternellement heureux. Tout était bancal, comme s&rsquo;il nous manquait une jambe. En partant comme un voleur, sans rien nous expliquer, il nous avait définitivement privés d&rsquo;équilibre. Je ne parvenais pas à comprendre comment il avait pu nous faire ça et encore aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;arrive pas à concevoir qu&rsquo;il ait pu prendre une telle décision. Fermer la porte de sa maison, monter dans sa voiture et disparaître.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 133 :</strong>  Bess</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; Je suis dans cette maison abandonnée, immobile dans cette partie du monde comme j&rsquo;ai rarement été immobile depuis que je suis partie de chez ma mère. Je m&rsquo;étais promis de ne pas rester trop longtemps au même endroit, pas assez longtemps pour nouer des amitiés ou rencontrer quelqu&rsquo;un que j&rsquo;aurais pu aimer. Etre de passage, telle une comète, puis disparaître, toujours repartir, toujours sur la route. On peut dire que j&rsquo;ai fait tous les petits boulots que ce pays peut offrir, le respectable et le sordide. Rien ne m&rsquo;a rebutée, tout était purement alimentaire. Rien qui puisse être plus humiliant que ce que j&rsquo;avais connu, rien de plus douloureux que le poids des souvenirs, rien de plus insoutenable que le poids de la honte.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong>Blizzard, Marie Vingtras, Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/" data-text="Un huis clos à ciel ouvert - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rendre à sa mère sa voix et sa dignité</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/10/02/rendre-a-sa-mere-sa-voix-et-sa-dignite/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/10/02/rendre-a-sa-mere-sa-voix-et-sa-dignite/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 02 Oct 2021 15:54:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Memorial Drive"]]></category>
		<category><![CDATA[Afro-américains]]></category>
		<category><![CDATA[amnésie]]></category>
		<category><![CDATA[Big Joe]]></category>
		<category><![CDATA[couple mixte]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[droits civiques]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Gwendolyn]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[intime]]></category>
		<category><![CDATA[meurtre]]></category>
		<category><![CDATA[Natasha]]></category>
		<category><![CDATA[Natasha Trethewey]]></category>
		<category><![CDATA[quête]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[violences conjugales]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5821</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un récit intime. Qui aborde à la fois le sujet des violences conjugales et la question raciale. Natasha Trethewey est une écrivaine et poétesse américaine qui s&#8217;était pourtant jurée de ne pas en parler. Jamais. &#171;&#160;Quand j&#8217;ai quitté Atlanta en jurant de ne jamais y revenir, j&#8217;ai emporté ce que j&#8217;avais cultivé durant toutes ces [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MEMORIAL-DRIVE.jpg" rel="lightbox[5821]"><img class="alignleft size-full wp-image-5805 colorbox-5821" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MEMORIAL-DRIVE.jpg" alt="MEMORIAL DRIVE" width="409" height="600" /></a></p>
<p>Un récit intime. Qui aborde à la fois le sujet des violences conjugales et la question raciale. <strong>Natasha Trethewey</strong> est une écrivaine et poétesse américaine qui s&rsquo;était pourtant jurée de ne pas en parler. Jamais.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Quand j&rsquo;ai quitté Atlanta en jurant de ne jamais y revenir, j&rsquo;ai emporté ce que j&rsquo;avais cultivé durant toutes ces années : l&rsquo;évitement muet de mon passé, le silence et l&rsquo;amnésie choisie, enfouis comme une racine au plus profond de moi&nbsp;&raquo;,</em> explique la quinquagénaire, lauréate du <strong>prix Pulitzer en 2006 puis Poet Laureate en 2012 et 2013.</strong></p>
<p>Si elle était jusque-là assez méconnue en France, <strong>Natasha Trethewey</strong> est une voix qui compte outre-Atlantique.</p>
<p>Ce récit, puissant, sensible et si ancré dans la réalité, nous emmène aux Etats-Unis, dans le sud de cet immense pays, et plus précisément dans le Mississippi. A une époque où un mariage entre un Blanc et une Noire était encore interdit.</p>
<p><strong>Natasha Trethewey</strong> est issue d&rsquo;un couple mixte. Son père est blanc, et ses parents doivent se rendre jusque dans l&rsquo;Ohio pour pouvoir se marier, avant de revenir vivre dans le sud, où les mariages interraciaux sont encore interdits dans certains Etats. Lors de son accouchement, sa mère est transférée à l&rsquo;étage des gens de couleur à la maternité.</p>
<p>Nous sommes dans les années 60. A cette époque, on tue toujours dans le Mississippi des gens pour la seule raison de la couleur de leur peau. C&rsquo;est l&rsquo;époque du mouvement pour les droits civiques, de la résistance des Afro-Américains face à une violence omniprésente, où les activistes sont abattus, et où le Ku Klux Klan fait brûler des églises.</p>
<p>Après cette première union, s&rsquo;en suivront une rupture, un déménagement puis une seconde union, pour sa mère <strong>Gwendolyn</strong>, avec un vétéran du Vietnam, <strong>Joel</strong>, que la jeune fille surnomme &laquo;&nbsp;<strong>Big Joe</strong>&laquo;&nbsp;. Un homme qui se révèle rapidement être alcoolique et violent.</p>
<p><span id="more-5821"></span></p>
<div id="attachment_5826" style="width: 276px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/téléchargement.OKjpg_.jpg" rel="lightbox[5821]"><img class="wp-image-5826 size-full colorbox-5821" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/téléchargement.OKjpg_.jpg" alt="téléchargement.OKjpg" width="266" height="189" /></a><p class="wp-caption-text">Natasha Trethewey et ses parents, 1966 (@ Natasha Trethewey)</p></div>
<p>Un calvaire, long de dix ans, commence. <strong>Natasha</strong> est, elle, aussi maltraitée.</p>
<p>Alors qu&rsquo;elle croit gagner sa liberté, la violence rattrape toujours cette mère de famille qui met au monde un deuxième enfant.</p>
<p>Alors, à travers ces lignes, sa fille lui rend un hommage vibrant. Reprenant l&rsquo;histoire familiale jusqu&rsquo;au drame du 5 juin 1985, quand <strong>Gwendolyn</strong> meurt, tuée par<strong> Big Joe</strong>. Malgré la protection policière dont la mère de famille faisait l&rsquo;objet.</p>
<p>L&rsquo;autrice a alors 19 ans. Elle entre alors dans un silence lourd, un évitement muet du drame. Pendant plus de trente ans&#8230; jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle croise un jour par hasard dans un restaurant, un procureur-adjoint qui se souvient d&rsquo;elle et va lui remettre des cartons d&rsquo;archives autrement vouées à être détruites. Le début d&rsquo;une quête douloureuse et d&rsquo;une longue rédemption pour l&rsquo;écrivaine. Pendant sept ans, elle va tout étudier, tout éplucher. Même les appels que sa mère enregistrait pour donner du corps à ses plaintes.</p>
<p>Avec <strong><em>Memorial Drive</em></strong>, <strong>Natasha Trethewey</strong>, qui évitait depuis de devoir prendre l&rsquo;autoroute Memorial Drive menant là où elle vivait avec sa mère, affronte enfin cette part d&rsquo;ombre. Et rend à sa mère, <strong>Gwendolyn Ann Turnbough</strong>, sa voix, son histoire et sa dignité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 18-19 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand j&rsquo;ai quitté Atlanta en me faisant le serment de ne jamais y revenir, j&rsquo;ai emporté ce que j&rsquo;avais cultivé durant toutes ces années : l&rsquo;évitement muet de mon passé, le silence et l&rsquo;amnésie choisie, enfouis comme une racine au plus profond de moi. En outre, je n&rsquo;aurais jamais imaginé que quoi que ce soit puisse me renvoyer dans cette ville, dans cette géographie dont chaque coin de rue renfermait le souvenir d&rsquo;un passé que j&rsquo;étais déterminée à oublier tout en essayant d&rsquo;honorer, autant que possible, la mémoire de ma mère&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Page 83 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand je commence à dire tout haut que je vais écrire sur ma mère et raconter l&rsquo;histoire de ces années que je me suis efforcée d&rsquo;oublier, je rêve plus souvent d&rsquo;elle en quelques semaines que depuis sa mort. Je la revois d&rsquo;abord dans la maison de mon enfance, la maison de ma grand-mère. Dans ce rêve, je suis redevenue une petite fille, je la regarde effectuer des tâches ménagères : étendre les draps humides, repasser ou se pencher sur sa machine à coudre, quelques épingles entre les lèvres. D&rsquo;autres fois, elle apparaît dans des scènes de ma vie présente, dans des lieux où elle n&rsquo;a jamais été, d&rsquo;abord méconnaissable, comme si elle était une inconnue.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 152 :</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Salut, Big Joe, <em>lui ai-je dit. Après ça, il n&rsquo;est pas resté longtemps.</em></p>
<p><em>Des années plus tard, je lirais dans les documents du tribunal qu&rsquo;il avait raconté au psychologue de l&rsquo;hôpital des vétérans qu&rsquo;il avait apporté une arme, qu&rsquo;il avait prévu de me tuer ce jour-là, sur la piste qui faisait le tour du terrain de foot, pour punir ma mère. Il avait renoncé, a-t-il dit durant son procès, parce que je lui avais signe et lui avais parlé gentiment. </em></p>
<p><em>Je ne savais pas encore à quel point cette scène me hanterait pendant des années – avant même de lire les mots de Joel –, mon geste représentant pour moi une espèce de trahison envers ma mère. Avais-je su à l&rsquo;époque, l&rsquo;avais-ju su avant tout dans mon corps, que j&rsquo;avais fait quelque chose qui avait modifié le cours des événements ? S&rsquo;il m&rsquo;avait tuée comme il affirmait en avoir eu l&rsquo;intention, il aurait été appréhendé, déclaré coupable et jeté en prison. Par mon sourire et mon salut, je m&rsquo;étais sauvé la vie à mon insu.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Memorial Drive, Natasha Trethewey, Editions de l&rsquo;Olivier, traduction de Céline Leroy, 21,50€.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/10/02/rendre-a-sa-mere-sa-voix-et-sa-dignite/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/10/02/rendre-a-sa-mere-sa-voix-et-sa-dignite/" data-text="Rendre à sa mère sa voix et sa dignité - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/10/02/rendre-a-sa-mere-sa-voix-et-sa-dignite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Comme un étrange sentiment intérieur&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/18/comme-un-etrange-sentiment-interieur/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/18/comme-un-etrange-sentiment-interieur/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 18 Jan 2021 08:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Anna]]></category>
		<category><![CDATA[douleur]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Florence Seyvos]]></category>
		<category><![CDATA[maladie]]></category>
		<category><![CDATA[médicaments]]></category>
		<category><![CDATA[mensonges]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoirs]]></category>
		<category><![CDATA[questionnements]]></category>
		<category><![CDATA[relation mère-fille]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[surnaturel]]></category>
		<category><![CDATA[traitements]]></category>
		<category><![CDATA[tristesse]]></category>
		<category><![CDATA[visions]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5480</guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;enfance est au coeur de son oeuvre. Avec ses ombres et ses lumières. Florence Seyvos nous revient avec &#171;&#160;Une bête aux aguets&#160;&#187;, paru lors de la rentrée littéraire de l&#8217;automne aux Editions de Minuit. Une autrice dont j&#8217;ai découvert le travail avec l&#8217;un de ses précédents romans &#171;&#160;Le garçon incassable&#160;&#187;. J&#8217;avais poursuivi avec &#171;&#160;La sainte famille&#160;&#187;.  Cette fois encore, l&#8217;héroïne est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="article__paragraph "><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Une-bete-aux-aguets_1484.jpg" rel="lightbox[5480]"><img class="alignleft size-full wp-image-5483 colorbox-5480" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Une-bete-aux-aguets_1484.jpg" alt="CVT_Une-bete-aux-aguets_1484" width="250" height="367" /></a></p>
<p class="article__paragraph ">L&rsquo;enfance est au coeur de son oeuvre. Avec ses ombres et ses lumières. <strong>Florence Seyvos</strong> nous revient avec <strong>&laquo;&nbsp;Une bête aux aguets&nbsp;&raquo;</strong>, paru lors de la rentrée littéraire de l&rsquo;automne aux Editions de Minuit.</p>
<p class="article__paragraph ">Une autrice dont j&rsquo;ai découvert le travail avec l&rsquo;un de ses précédents romans <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/07/31/ce-frere-pas-comme-les-autres/">&laquo;&nbsp;Le garçon incassable&nbsp;&raquo;</a>. </strong>J&rsquo;avais poursuivi avec<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/09/21/comme-une-pelote-intime-des-souvenirs/"> &laquo;&nbsp;La sainte famille&nbsp;&raquo;</a>. </strong></p>
<p class="article__paragraph ">Cette fois encore, l&rsquo;héroïne est un enfant : <strong>Anna</strong>, que nous suivons pendant sept ans environ.</p>
<p class="article__paragraph "><strong>Anna</strong> vit seule avec sa mère. <strong>Anna</strong> a failli succomber à une rougeole pas soignée. <strong>Anna</strong> prend désormais des pilules blanches et bleues, chaque jour, chaque semaine. Un remède fourni par un homme qui n&rsquo;est pas médecin&#8230; ça rassure sa mère de voir ainsi sa fille protégée des dangers de l&rsquo;existence. Elle guérit. Mais cela entraine <strong>Anna</strong> aux confins de sa conscience.</p>
<p class="article__paragraph ">Elle entend des voix, elle lit dans les pensées de sa mère, elle ment à sa meilleure amie <strong>Christine</strong> et à son petit ami pour continuer à paraître normale&#8230;</p>
<p class="article__paragraph ">Sa perception de la réalité a changé. Difficile de l&rsquo;accepter. Difficile de le comprendre. Et encore plus de le partager.</p>
<p class="article__paragraph ">Sa mère la surprotège. <strong>Anna</strong> veille sur sa mère. Une relation fusionnelle qui vire au maladif.</p>
<p class="article__paragraph ">&laquo;&nbsp;Nous avons tous une nature sauvage et il s&rsquo;agit de la dompter. <strong>Anna</strong> s&rsquo;y retrouve confrontée &laquo;&nbsp;, explique <strong>Florence Seyvos</strong>. Elle s&rsquo;interroge. Est-elle un monstre ? Est-elle normale ?</p>
<p class="article__paragraph "><span id="more-5480"></span></p>
<p class="article__paragraph ">Un livre qui frôle le fantastique. Ni trop, ni trop peu. Un livre étrange, mais quel plaisir de retrouver l&rsquo;écriture de <strong>Florence Seyvos</strong> ! Cette fois encore, son expérience de scénariste opère : on voit les images.</p>
<p class="article__paragraph " style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="article__paragraph " style="text-align: left"><strong>Page 15 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Ma mère n&rsquo;a pas voulu que je reprenne le collège tout de suite. Elle m&rsquo;a fait faire un certificat de convalescence, et pendant plus de huit semaines je suis restée à la maison, à remarquer peu à peu les changements qui s&rsquo;opéraient en moi tout en feignant de les ignorer. D&rsquo;abord il y avait ces bruits, ces sons que j&rsquo;entendais par moments, comme si, tout près de moi, on eût soudain ouvert une porte qui donnait chez des inconnus. Au début, cela ressemblait à des acouphènes ou à cette habitude qu&rsquo;ont parfois les enfants d&rsquo;entendre de la musique partout : un solo de guitare électrique dans les bruits de la tuyauterie, un fortissimo d&rsquo;orchestre à peine dissimulé dans le moteur d&rsquo;une voiture ou sous les roues d&rsquo;un train. Mais les bruits se sont précisés et des voix s&rsquo;y sont mêlées de plus en plus&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p class="article__paragraph " style="text-align: left"><strong>Pages 88-89 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; [&#8230; ] C&rsquo;était l&rsquo;été, les cours étaient finis, et ma mère ne se préoccupait pas de ce que je faisais de mes journées, du moment que j&rsquo;étais là la soir pas trop tard et que je prenais, pu feignais de prendre, me médicaments. Quand j&rsquo;allais chez lui, les voix me laissaient tranquille. Elles ne revenaient que peu à peu, quand j&rsquo;étais seule, et restaient à l&rsquo;arrière-plan, comme si elles respectaient un périmètre de sécurité. Chez moi, je ne faisais rien, je dormais beaucoup et j&rsquo;attendais que le téléphone sonne. Rien ne comptait plus que l&rsquo;habitude que prenait mon corps du sien. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p class="article__paragraph " style="text-align: left"><strong>Page 114 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Au début de deuxième morceau, il s&rsquo;est soudain passé quelque chose. Les sons ont commencé à me parvenir étrangement distordus. Chaque note résonnait de longues secondes, se mélangeant aux suivantes, tandis que quelqu&rsquo;un semblait s&rsquo;amuser à en modifier le timbre, le rendant sourd et trouble, comme si Christine jouait sous l&rsquo;eau, puis aussi nasillard tout à coup qu&rsquo;un jouet à musique. Les notes se mélangeaient tellement les unes aux autres que je ne reconnaissais plus rien. J&rsquo;ai regardé les visages des gens qui m&rsquo;entouraient, mais bien sûr ils n&rsquo;entendaient pas la même chose que moi. Et tandis que je les regardais, leurs voix me sont entrées dans la tête.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p class="article__paragraph " style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une bête aux aguets&nbsp;&raquo;, Florence Seyvos, Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/18/comme-un-etrange-sentiment-interieur/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/18/comme-un-etrange-sentiment-interieur/" data-text="Comme un étrange sentiment intérieur&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/18/comme-un-etrange-sentiment-interieur/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A tous ceux qui se sont déjà perdus&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/10/12/a-tous-ceux-qui-se-sont-deja-perdus/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/10/12/a-tous-ceux-qui-se-sont-deja-perdus/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2020 07:53:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Le lièvre d'Amérique"]]></category>
		<category><![CDATA[abrutissement]]></category>
		<category><![CDATA[autrice québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[Diane]]></category>
		<category><![CDATA[employée modèle]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[fable animalière néolibérale]]></category>
		<category><![CDATA[La Peuplade]]></category>
		<category><![CDATA[lièvre]]></category>
		<category><![CDATA[Mireille Gagné]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[perte de sens]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[quête]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[sens]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[transformation]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5373</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  La rentrée littéraire, ce sont aussi des titres venus d&#8217;ailleurs. Et des premiers romans. La preuve avec &#171;&#160;Le lièvre d&#8217;Amérique&#160;&#187; de Mireille Gagné et publié à la maison d&#8217;édition québécoise La Peuplade. Voici un curieux roman. Son autrice, qui publie ici son premier roman après avoir, depuis 2010, écrit de la poésie et des nouvelles, le définit comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #00ff00"><strong>Rentrée littéraire </strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C1-Lièvre-226x339.jpg" rel="lightbox[5373]"><img class="alignleft size-full wp-image-5375 colorbox-5373" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C1-Lièvre-226x339.jpg" alt="C1-Lièvre-226x339" width="226" height="339" /></a></p>
<p>La rentrée littéraire, ce sont aussi des titres venus d&rsquo;ailleurs. Et des premiers romans. La preuve avec <strong>&laquo;&nbsp;Le lièvre d&rsquo;Amérique&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Mireille Gagné</strong> et publié à la maison d&rsquo;édition québécoise<strong> La Peuplade</strong>.</p>
<p>Voici un curieux roman. Son autrice, qui publie ici son premier roman après avoir, depuis 2010, écrit de la poésie et des nouvelles, le définit comme &laquo;&nbsp;une fable animalière néolibérale qui s&rsquo;adresse à celles et ceux qui se sont égarés &laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Mireille Gagné</strong> comme elle l&rsquo;explique dans la petite vidéo ci-après, sait de qui elle parle. L&rsquo;an dernier, celle qui travaille à temps plein, écrit et élève deux enfants, a connu &laquo;&nbsp;un épisode de surmenage&nbsp;&raquo;.  Un sujet en or pour celle qui, à travers la poésie, aime à analyser la frontière entre le prédateur et sa proie à travers le prisme des animaux. Elle avait son sujet.</p>
<p>L&rsquo;histoire du <strong>&laquo;&nbsp;Lièvre d&rsquo;Amérique&nbsp;&raquo;</strong> ? C&rsquo;est celle de <strong>Diane, célibataire, sans enfants ni amis</strong>. Qui se remet d&rsquo;une opération. Pour être toujours plus performante, ne plus perdre de temps à dormir. L&rsquo;employée modèle qu&rsquo;elle est déjà veut encore aller plus loin.</p>
<p><span id="more-5373"></span></p>
<p>Sauf que cette intervention, loin d&rsquo;être anodine, déclenche chez elle des phénomènes curieux : ses cheveux et ses poils deviennent roux, ses sens se développent&#8230; et les hommes commencent à la suivre&#8230;</p>
<p>Par flash-back, lui reviennent alors des images de son enfance, de son adolescence passée près de son voisin et ami <strong>Eugène</strong>, disparu bizarrement. Il était fasciné par les espèces en voie d&rsquo;extinction, comme le lièvre d&rsquo;Amérique. Que deviendra<strong> Diane</strong> ?</p>
<p>Voilà un texte qui donne envie de poser son sac.  De calmer le rythme ( qui quand on observe <strong>Diane</strong> ne comprend plus de ponctuation, car il faut toujours aller plus vite&#8230;) . Un premier roman qui intrigue mais qui m&rsquo;a aussi beaucoup parlé. Allez savoir pourquoi&#8230;</p>
<p>Et quel plaisir, au détour des pages, de croquer des expressions québécoises <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5373" /></p>
<p><strong>L&rsquo;autrice québécoise nous parle ici de son premier roman : </strong></p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/425498107?app_id=122963" width="500" height="281" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen title="LE LI&amp;Egrave;VRE D&amp;#039;AM&amp;Eacute;RIQUE"></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 55 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Avant de s&rsquo;engouffrer dans son bureau, Diane échange un regard soutenu avec sa rivale. L&rsquo;instant d&rsquo;une fraction de seconde, elle perçoit même chez elle un léger sourire de connivence, qu&rsquo;elle balaie rapidement de la main. Diane s&rsquo;assoit directement sur sa chaise, impatiente d&rsquo;ouvrir son ordinateur et sa boîte de courriel. Elle éprouve un soulagement lorsqu&rsquo;elle entend le </em>bip <em>caractéristique de l&rsquo;ouverture de son portable. Elle sourit. Diane se sent à sa place, ici. Son pied dans la bonne empreint. Plus ses doigts tapent sur le clavier, plus ses idées se remettent en ordre. Elle aime ce moment où elle aligne les lettres à l&rsquo;écran pour réduire le chaos autour d&rsquo;elle. Elle jubile à l&rsquo;idée d&rsquo;être indispensable.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 65-66 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Pour calmer son anxiété de performance et économiser des</em> secondes<em> Diane compte perpétuellement le nombre de pas séparant son appartement de son travail de marches entre chacun des étages de secondes entre son bureau et celui de la femme qu&rsquo;elle déteste le temps que ça lui prend pour remplir une bouteille d&rsquo;eau attendre chez le médecin que le photocopieur finisse sa phase de réchauffage elle compte les calories absorbées pour chaque aliment et dépensées sur le vélo stationnaire les murs qui l&rsquo;entourent les lumières dans son appartement son bureau les craques sur le trottoirs les lettres dans chaque mot qu&rsquo;elle écrit les fois où elle a joui ses paiements automatisés à venir ses battements de coeur les combinaisons qu&rsquo;elle peut faire en collant ses doigts deux par deux ses courriels marqués non lus les dossiers traités par jour en comparaison avec sa rivales ses paires de petites culottes les un-deux-trois litres d&rsquo;eau qu&rsquo;elle s&rsquo;entête à boire chaque jour les mouchoirs et carrés de papier de toilette utilisés les cheveux tombés dans l&rsquo;évier de la salle de bains les gars avec qui elle a couché depuis l&rsquo;adolescence elle compte pour combler le vide mais le malheur de se dénombre pas&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 99 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Diane tente de se raisonner et collige les faits. Plus besoin de dormir autant qu&rsquo;avant. Beaucoup plus d&rsquo;énergie et de vitalité. Plus de concentration. Exactement comme on le lui avait promis. C&rsquo;était la finalité qu&rsquo;elle désirait. Ne plus jamais être fatiguée. Etre capable d&rsquo;exécuter un plus grand nombre de tâches. Avoir plus de temps. Il est sans doute trop tôt pour conclure au dysfonctionnement. Cependant, au fin fond d&rsquo;elle-même, elle sait que quelque chose cloche. Son corps, trop fébrile. Une vibration anime chacun de ses membres en permanence. Son coeur, plus fort. Elle entend ses battements pulser jusque dans ses oreilles. Son visage. Ses yeux écarquillés. Apeurés en permanence. Sa peau rousselée.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le lièvre d&rsquo;Amérique&nbsp;&raquo;, Mireille Gagné, La Peuplade, 18€</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/10/12/a-tous-ceux-qui-se-sont-deja-perdus/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/10/12/a-tous-ceux-qui-se-sont-deja-perdus/" data-text="A tous ceux qui se sont déjà perdus&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/10/12/a-tous-ceux-qui-se-sont-deja-perdus/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Parce qu&#8217;il faut (toujours) tuer le père&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2020 07:31:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["La Fille du père"]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[envies]]></category>
		<category><![CDATA[études]]></category>
		<category><![CDATA[huis-clos]]></category>
		<category><![CDATA[Laure Gouraige]]></category>
		<category><![CDATA[libération]]></category>
		<category><![CDATA[mort symbolique]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[relation père-fille]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[soumission]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5291</guid>
		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire  Un premier roman. L&#8217;un des soixante-cinq que nous offre cette rentrée littéraire post-Covid. Encore une fois, j&#8217;ai entamé une danse de la joie ! Avec &#171;&#160;La Fille du père&#160;&#187;, Laure Couraige signe un texte fort sur la relation père-fille écrasante, étouffante, aliénante. Bref, toxique. Pas si courant. Alors pour s&#8217;en libérer, la narratrice a pris [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILLE-DU-PERE-OK.jpg" rel="lightbox[5291]"><img class="alignleft size-full wp-image-5294 colorbox-5291" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILLE-DU-PERE-OK.jpg" alt="LA FILLE DU PERE OK" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Un premier roman. L&rsquo;un des soixante-cinq que nous offre cette rentrée littéraire post-Covid. Encore une fois, j&rsquo;ai entamé une danse de la joie ! Avec <strong>&laquo;&nbsp;La Fille du père&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Laure Couraige</strong> signe un texte fort sur la relation père-fille écrasante, étouffante, aliénante. Bref, toxique. Pas si courant.</p>
<p>Alors pour s&rsquo;en libérer, la narratrice a pris la plume. Elle la trempe dans l&rsquo;acide, l&rsquo;incruste dans les plaies pour mieux dénouer les liens qui l&rsquo;attachent à son père. Ce sont des intellectuels. Pas de tableau brossé de la misère sociale ici. La relation éclate, argument contre argument. Avec violence. Si la narratrice s&rsquo;est longtemps réfugiée dans le silence, elle a décidé enfin de s&rsquo;en affranchir. De dire. Et d&rsquo;écrire.</p>
<p>Trentenaire, <strong>Laure Gouraige</strong> est diplômée de philosophie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« J’avais donc dit, un jour mon père et moi nous nous fâcherons », écrit-elle. Elle vient d&rsquo;avoir trente ans. Le moment où jamais pour dire ce qu&rsquo;elle a sur le coeur à son géniteur, son guide pendant longtemps, celui qui la freine et l&rsquo;empêche désormais.</p>
<p><span id="more-5291"></span></p>
<p>Au fil des pages, le huis clos se dessine. Parviendra-t-elle à se libérer de ses liens si serrés depuis des décennies ? C&rsquo;est direct, c&rsquo;est cruel et violent. Drôle aussi. Et tellement libérateur. Elle règle ses comptes, elle témoigne aussi de son attachement évident. La narratrice veut du passé faire table rase. En finir enfin avec cette quête de la perfection imposée par son père qui lui empoisonne la vie.</p>
<p>L&rsquo;écriture, fine et incisive, l&rsquo;aide à trancher dans le vif. Pour avancer. A son rythme. Et à celui de ses envies. Salutaire. Un premier roman qui, comme d&rsquo;autres dans cette rentrée littéraire, se range dans la case des &laquo;&nbsp;pères singuliers&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 17 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Pour toi, il n&rsquo;existait de filiation que du beau. L&rsquo;horreur, le laid, c&rsquo;était ma production. C&rsquo;était de que moi seule j&rsquo;avais su retirer de mon rapport au monde. Donc j&rsquo;avais eu trente ans il y a plusieurs mois et tu n&rsquo;as pas empêché cette fatalité. Tu as laissé ce jour venir comme un jour ordinaire, comme s&rsquo;il ne disait rien de ce que j&rsquo;étais. Et s&rsquo;il ne disait rien de ce que j&rsquo;étais, il devait dire quelque chose de ce que toi tu es. Mon âge ne s&rsquo;éprouve qu&rsquo;en rapport avec le tien. Mon questionnement de ce que je suis à trente ans ne se construit que dans un lien étroit avec ton existence.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Je ne désire pas seulement écrire, je désire écrire. Vois-tu l&rsquo;absolu de cette formulation ? L&rsquo;absolu, c&rsquo;est cette intransigeance ou alors ma manière de faire qui la veut telle. La philosophie, la mathématique ou les autres disciplines scientifiques mais pas vraiment scientifiques, celles qui ne nous transforment pas en concombres de mer, je ne les renie pas. Seulement elles ont occupé ma vie suffisamment, elles ont été ma vie entière pendant des années, pendant ces années où l&rsquo;écriture fut secondaire, une activité cachée, dérobée au peu d&rsquo;heures de liberté. J&rsquo;ordonne que cette organisation soit inversée. L&rsquo;écriture doit se faire entière. Le reste peut attendre. Tout peut attendre. Te rends-tu seulement compte du temps perdu ? Du temps où déjà l&rsquo;urgence de dire quelque chose était latente, cependant ignorée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 120 :</strong> <em>[&#8230;] Les choses que tu faisais pour moi étaient nombreuses, cependant elles impliquaient de ma part une soumission exemplaire. J&rsquo;avais le droit d&rsquo;apprendre de toi, si je me rendais à ta disposition. A plusieurs reprises j&rsquo;avais manqué tes appels, un jour tu as avoué, sache que lorsque tu ne me réponds pas, c&rsquo;est ta perte à toi. Cela ne m&rsquo;apporte rien, à moi, de partager mes connaissances. Je m&rsquo;agaçais de ta malhonnêteté, tu prétendais que je préférais aller au bal plutôt qu&rsquo;apprendre de toi. Je ne sortais pas danser, ni même à la boulangerie, au mieux j&rsquo;allais aux toilettes. Alors pourquoi ne prends-tu pas ton téléphone aux toilettes, as-tu demandé. De nouveau, j&rsquo;ai ignoré ta question, il était préférable de s&rsquo;en moquer tant elle suscitait de colère et de stupéfaction. Ta folie me semblait sans limite, et je ne réussissais pas à formuler une réponse assez folle pour te convaincre de la normalité de se rendre aux toilettes en chantonnant.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;La Fille du père &laquo;&nbsp;, Laure Gouraige, POL, 17€. </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/" data-text="Parce qu&rsquo;il faut (toujours) tuer le père&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chronique familiale d&#8217;un policier-poète</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/19/chronique-familiale-dun-policier-poete/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/19/chronique-familiale-dun-policier-poete/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2020 05:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["La mer c'est rien du tout "]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[années 70]]></category>
		<category><![CDATA[Béziers]]></category>
		<category><![CDATA[classes populaires]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[fratrie]]></category>
		<category><![CDATA[interdits]]></category>
		<category><![CDATA[Joël]]></category>
		<category><![CDATA[Joël Baqué]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Paul]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
		<category><![CDATA[silences]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie]]></category>
		<category><![CDATA[vie quotidienne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=5341</guid>
		<description><![CDATA[Les vacances sont une occasion en or pour (ré)découvrir des lieux, des endroits qui, d&#8217;emblée, vous attirent. La preuve avec ma virée bordelaise. Impossible de ne pas pousser les portes de Mollat, la plus grande librairie indépendante de France et la première en terme de chiffre d&#8217;affaires et de titres en rayon ( elle abrite 265.000 [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-mer-c-est-rien-du-tout-formatpoche.jpg" rel="lightbox[5341]"><img class="alignleft size-full wp-image-5344 colorbox-5341" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-mer-c-est-rien-du-tout-formatpoche.jpg" alt="livre-mer-c-est-rien-du-tout-formatpoche" width="120" height="185" /></a></p>
<p>Les vacances sont une occasion en or pour (ré)découvrir des lieux, des endroits qui, d&rsquo;emblée, vous attirent. La preuve avec ma virée bordelaise. Impossible de ne pas pousser les portes de <strong>Mollat</strong>, la plus grande librairie indépendante de France et la première en terme de chiffre d&rsquo;affaires et de titres en rayon ( elle abrite 265.000 livres soit 160.000 titres).  Cette immense librairie se situe à l&rsquo;emplacement de la dernière maison de <strong>Montesquieu</strong>.</p>
<p>Là, des livres à profusion, évidemment&#8230; Et cette petite pépite, dévorée dans le train du retour.</p>
<p>Un livre de poche, eh oui, ce n&rsquo;est pas courant par ici. Un récit autobiographique de surcroît. Et là, vous vous dites que le soleil bordelais a eu raison de moi&#8230; <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5341" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5341"></span></p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;La mer c&rsquo;est rien du tout&nbsp;&raquo;</strong> ( publié en grand format en 2016), <strong>Joël Baqué</strong> signe un recueil de bouts d&rsquo;enfance et d&rsquo;adolescence, des morceaux de vie d&rsquo;homme aussi. Des micro-textes qui nous racontent la vie d&rsquo;une famille installée du côté de Béziers.</p>
<p>Une famille languedocienne, qui vit chichement, entre un père exploitant viticole radin qui hurle ; une mère mutique et effacée et trois enfants, dont <strong>Joël Baqué</strong>.</p>
<p><strong>Jöel,</strong> c&rsquo;est le sportif, celui qui deviendra le plus jeune gendarme de France, avant d&rsquo;embrasser une carrière dans la police. C&rsquo;est aussi celui qui, à travers le livre d&rsquo;entretiens consacré à l&rsquo;écrivain et poète <strong>Francis Ponge</strong> donné par un vacancier sur une plage dont il assurait la surveillance comme CRS, découvrira le pouvoir des mots et de la poésie. <strong>Paul,</strong> son petit frère, qui bégaie, devient facteur tout en tentant d&rsquo;assumer son homosexualité.<strong> Valérie</strong>, elle, à la beauté éblouissante, rejoindra l&rsquo;armée tout en étant mannequin.</p>
<p>A travers des souvenirs, des anecdotes, des sensations, celui qui fut commandant de police nous fait voyager à travers la France pompidolienne, la France des classes ouvrières, des taiseux et de ceux qui n&rsquo;osent pas.</p>
<p>Les époques se mélangent avec toujours ces mêmes personnages. Ceux qu&rsquo;il connait le mieux, ceux qui l&rsquo;ont vu grandir. On découvre la mue de <strong>Joël</strong>, aujourd&rsquo;hui quinquagénaire, installé à Nice. Le commandant de police, est déjà l&rsquo;auteur de quatre romans et de plusieurs recueils de poésie.</p>
<p>Alors entre un père castrateur et une mère qui avale des cachets &laquo;&nbsp;fervessants&nbsp;&raquo;, il nous raconte ses années 70 à lui. Les silences, les refus, la vie quotidienne d&rsquo;une famille régie par le paternel qui a mis dans un même panier tout ce qu&rsquo;il n&rsquo;aime ou ne comprend pas, les &laquo;&nbsp;bouillacades&nbsp;&raquo;. Et tout y passe. Même la mer, qui ne serait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un attrape-touristes&#8230;</p>
<p>Un récit bref, fragmentaire, d&rsquo;où ressortent les images. C&rsquo;est fin, sensible, drôle aussi. Et c&rsquo;est la vie.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 9 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mon père nous disait, à Valérie et à moi : &nbsp;&raquo; Votre mère c&rsquo;est rien du tout, elle fait son cinéma !&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em> &laquo;&nbsp;Votre mère c&rsquo;est rien du tout, c&rsquo;est la tramontane, ça les rend folles les femmes. &nbsp;&raquo; ( Variante.)</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Souvent elle annonçait : &laquo;&nbsp;Je vais me reprendre un cachet fervessant ! &nbsp;&raquo; Plus mon père criait, plus elle s&rsquo;enfonçait dans la </em>fervessance<em> (son malheur conjugal n&rsquo;était pas soluble dans l&rsquo;aspirine, même effervescente).</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ignore si j&rsquo;ai été plutôt heureux ou plutôt pas heureux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Dans sa chambre, seule ou avec Martine, ma soeur écoutait des disques tout en feuilletant des magazines allégés en texte mais pas en photos. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Paul bégayait facilement avec les gens, Valérie était facilement regardée par les hommes, mon père hurlait facilement sur ma mère, qui allait facilement s&rsquo;enfermer dans le magasin. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Dans l&rsquo;Hérault, on nomme &laquo;&nbsp;magasin&nbsp;&raquo; une remise ou un garage. Le nôtre était en quérons comme la maison. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;argent, c&rsquo;est mon père qui le gagnait et nous qui le gaspillions.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 35-36 :</strong><em> &laquo;&nbsp;De nouveaux voisins sont arrivés que mon père a immédiatement détestés parce qu&rsquo;ils étaient sociables (il aimait ne pas aimer). L&rsquo;homme nous donnait du congre et de la roussette qu&rsquo;il pêchait (dans &laquo;&nbsp;La mer qu&rsquo;est rien du tout, mais l&rsquo;océan&nbsp;&raquo;, etc.). Mon père n&rsquo;osait pas refuser mais dans son dos jetait le poisson aux chats. J&rsquo;avais consulté un livre de recettes pour pouvoir dire au voisin qu&rsquo;on l&rsquo;avait mangé avec de la tomate et des câpres. Mon père aimait pourtant le poisson. Quand il avait bien mangé : &laquo;&nbsp;Ah oui ! Au moins votre mère c&rsquo;est une bonne cuisinière, pour ça on peut pas dire! &laquo;&nbsp;, sur le même ton que &nbsp;&raquo; La mer c&rsquo;est rien du tout, mais l&rsquo;océan&nbsp;&raquo;, etc.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La mer c&rsquo;est rien du tout&nbsp;&raquo;, Joël Baqué, #formatpoche POL, 9€. </strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/19/chronique-familiale-dun-policier-poete/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/19/chronique-familiale-dun-policier-poete/" data-text="Chronique familiale d&rsquo;un policier-poète - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/19/chronique-familiale-dun-policier-poete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
