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	<title>Quatrième de couv &#187; dépression</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Contempler la déconfiture&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/12/28/contempler-la-deconfiture/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Dec 2023 07:58:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un premier roman&#8230; Oui, je sais. Encore. Mais je ne sais pas trop m&#8217;en passer. Quel plaisir de découvrir les mots d&#8217;un primo-romancier, d&#8217;arpenter son univers et de se laisser embarquer ! C&#8217;est encore le cas avec Prélude à son absence de Robin Josserand. L&#8217;histoire ? Le narrateur, Robin, trente ans, travaille dans une bibliothèque. Lorsqu’il aperçoit Sven, il est subjugué. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/D23664.jpg" rel="lightbox[6536]"><img class="alignleft size-full wp-image-6538 colorbox-6536" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/D23664.jpg" alt="D23664" width="312" height="456" /></a></p>
<p>Un premier roman&#8230; Oui, je sais. Encore. Mais je ne sais pas trop m&rsquo;en passer. Quel plaisir de découvrir les mots d&rsquo;un primo-romancier, d&rsquo;arpenter son univers et de se laisser embarquer !</p>
<p>C&rsquo;est encore le cas avec <em><strong>Prélude à son absence</strong></em> de <strong>Robin Josserand</strong>.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Le narrateur, <strong>Robin</strong>, trente ans, travaille dans une <span class="details">bibliothèque. Lorsqu’il aperçoit <strong>Sven</strong>, il est subjugué. Ce jeune homme qui fait la manche assis par terre, le visage livide et émacié, lui fait penser à un jeune Glenn Gould fatigué. Ou à un animal sauvage.</span></p>
<p><span class="details">Le lendemain, <strong>Sven</strong> n’est plus là, laissant le narrateur mélancolique. Il réapparaîtra, disparaîtra de nouveau, acceptera l’hospitalité, pour fuir encore… Dans ce jeu de la séduction, c’est <strong>Sven</strong> qui mène la danse tandis que le narrateur s&rsquo;est lancé dans l&rsquo;écriture d&rsquo;un roman qui n&rsquo;aboutit pas.</span></p>
<p><span class="details">Lorsqu’ils partent enfin ensemble à Groix, cela semble inespéré. L’île sera-t-elle le lieu du rapprochement des corps ? Ou <strong>Sven</strong> n&rsquo;est-il pas devenu trop encombrant ?<br />
Voici un premier roman cru et romantique, sombre et lumineux. Avec des phrases sans gras. </span></p>
<p><strong>Robin Josserand</strong> a grandi en Bourgogne, au Creusot. Avant de partir vivre à Lyon. Où il  deviendra bibliothécaire. Il a écrit un essai, des articles. Avant de se consacrer uniquement à l&rsquo;écriture.</p>
<p>Il écrit actuellement un livre sur Mireille Mallet, son arrière-grand-mère, déportée à Ravensbrück, tout en menant des entretiens avec le fils de celle-ci, son grand-père.</p>
<p>Le trentenaire s&rsquo;entoure d&rsquo;images inspirantes pour écrire (La résurrection de Lazare du Caravage, les fleurs de Twombly, les portraits d&rsquo;Eugène Leroy et de Stéphane Mandelbaum).</p>
<p><span id="more-6536"></span></p>
<p>Dans une interview accordée au blog Hans et Sandor, <strong>Robin Josserand</strong> explique qu&rsquo;il s&rsquo;est mis à écrire ce premier roman alors qu&rsquo;il débutait une analyse et que sa vie volait en éclats. Pour l&rsquo;inspirer : un jeune homme croisé dans la rue, et un autre qui est venu l&rsquo;aborder alors qu&rsquo;il sortait de sa première séance avec son analyste. Il s&rsquo;appelait Sven&#8230; S&rsquo;y ajoutera un séjour sur &laquo;&nbsp;l&rsquo;île noire&nbsp;&raquo;.</p>
<h4 style="text-align: center">&laquo;&nbsp;Je voulais écrire un roman sur deux hommes qui ne peuvent pas s&rsquo;aimer et qui s&rsquo;ennuient&nbsp;&raquo;</h4>
<p><strong>Robin Josserand</strong>, qui prend à son compte les codes de l&rsquo;autofiction, estime qu&rsquo;écrire consiste <em>&laquo;&nbsp;à pousser le curseur du réel&nbsp;&raquo;.</em> Il y a donc un peu de lui dans le vécu du narrateur. Jusqu&rsquo;à quel point ? En tout cas, on plonge avec lui dans cette histoire d&rsquo;amour mal engagée. Qui ne peut que mal se terminer&#8230;</p>
<h3 style="text-align: center">Extraits</h3>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 58 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Trois jours passent, sans lui. Je retourne au travail, le chef s&rsquo;inquiète de mon état, de mes absences, et puis, sous son air magnanime, formule des réprimandes. J&rsquo;écoute en silence, hésite à rétorquer que l&rsquo;attente d&rsquo;un jeune SDF dont j&rsquo;ai aperçu le cul sous un caleçon abîmé me foudroie, et qu&rsquo;à ma place, d&rsquo;autres n&rsquo;auraient pas attendu pour se foutre en l&rsquo;air. J&rsquo;écope d&rsquo;une entrevue à venir avec un plus grand et notable responsable. Les soirées sont enfin écourtées par le Mogadon que Luc dépose tous les dimanches soir dans ma boîte à lettres &#8211; médicament accompagné de cartes postales sur lesquelles il griffonne des haïkus censés en décrire les effets, punaisés à côté du Caravage. Je découvre par ailleurs, en fixant l&rsquo;image, les os sous Lazare s&rsquo;éveillant, que je n&rsquo;avais encore jamais vus. Je ne m&rsquo;attarde pas sur ce présage.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 87 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Si l&rsquo;écriture est une réaction à l&rsquo;intolérable de l&rsquo;absence, alors je vais beaucoup écrire. Le départ du garçon, malgré ses promesses de retrouvailles, me foudroie. Je m&rsquo;étends de tout mon long dans une mélancolie tragique et insupportable ; ayant connu son étreinte, j&rsquo;éprouve cette folie qu&rsquo;est l&rsquo;angoisse de ne plus jamais être touché. Mais à côtoyer cette mélancolie, puisqu&rsquo;elle est là et qu&rsquo;il faut bien faire avec, j&rsquo;en viens à souhaiter qu&rsquo;elle ne s&rsquo;atténue pas, je la veux éternelle, comme une tristesse adolescente, à en perdre la raison.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 109 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pourquoi écrire ce livre ? Comment, surtout ne pas être à la bonne distance ? Comme un texte à rebours, j&rsquo;expose cette rencontre telle que l&rsquo;on s&rsquo;éprenait d&rsquo;un jeune homme il y a trente ans. Je n&rsquo;ai pas le recul critique, je ne commente pas, je n&rsquo;en ai ni le courage ni le talent, j&rsquo;énonce des poncifs homosexuels éculés, des provocations futiles. Sven a raison, je ne suis pas écrivain, je fais semblant : un mendiant, ça épate, ça provoque, ça ne saisit rien du monde ni de l&rsquo;époque, c&rsquo;est à peine de la littérature. Mais je crois qu&rsquo;il faut tout de même écrire avec la verve de l&rsquo;adolescence, seulement nous raconter nous, Sven et moi, le tragique de cette histoire, mon désir sale, ambigu, mauvais. Il faut enfin écrire la grâce de cet amour dont il ne veut pas et qui l&rsquo;encombre. Voici mon projet littéraire : je ne veux produire, toujours, que des oeuvres naïves et dérisoires, des oeuvres de jeunesse.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Prélude à son absence, Robin Josserand, Mercure de France, 17,50 euros.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Ecrire pour ne pas être engloutie&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/25/ecrire-pour-ne-pas-etre-engloutie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/25/ecrire-pour-ne-pas-etre-engloutie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2021 11:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le quatrième roman de Sarah Chiche a fait couler beaucoup d&#8217;encre. Elle a profité d&#8217;une presse conséquente. Trop pour que je m&#8217;y intéresse au moment de sa sortie, fin 2020. Alors j&#8217;ai attendu ce printemps 2021 pour sortir Saturne de ma pile à lire. Quel bonheur ! Quel plaisir de lire ce roman&#8230; autobiographique. Tout [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SATURNE.jpg" rel="lightbox[5711]"><img class="alignleft wp-image-5717 size-medium colorbox-5711" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SATURNE-204x300.jpg" alt="SATURNE" width="204" height="300" /></a></p>
<p>Le quatrième roman de <strong>Sarah Chiche</strong> a fait couler beaucoup d&rsquo;encre. Elle a profité d&rsquo;une presse conséquente. Trop pour que je m&rsquo;y intéresse au moment de sa sortie, fin 2020. Alors j&rsquo;ai attendu ce printemps 2021 pour sortir Saturne de ma pile à lire. Quel bonheur ! Quel plaisir de lire ce roman&#8230; autobiographique.</p>
<p>Tout comme à l&rsquo;automne 1977. <strong>Harry</strong>, alors âgé de seulement 34 ans, meurt d&rsquo;une leucémie, laissant derrière lui sa jeune femme et leur fille âgée de quinze mois seulement.</p>
<p>Avril 2019, à Genève, cette enfant devenue adulte rencontre une femme qui a connu son père en Algérie. Cet homme issu d&rsquo;une grande lignée de médecins à laquelle il tentera d&rsquo;échapper. Pas si simple. Il est rêveur, joueur et aime les femmes.</p>
<p>Exilée en France, la famille ( les parents <strong>Louise</strong> et <strong>Joseph</strong> et leurs deux fils <strong>Harry</strong> et <strong>Armand</strong>)  va reconstruire son empire médical. <strong>Harry</strong>, lui, a rencontré une femme, <strong>Eve</strong>, qui ne correspond en rien au modèle familial, issu de la haute bourgeoisie. Sa belle-famille la déteste. C&rsquo;est réciproque. Eve finira par s&rsquo;éloigner, se remarier et aura d&rsquo;ailleurs une seconde fille.</p>
<p>La passion d&rsquo;<strong>Eve</strong> et<strong> Harry</strong> fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots.</p>
<p>À l’autre bout de cette légende noire, l&rsquo;auteure raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour quand, au mitan de la vingtaine, elle déclenche une dépression mélancolique, grave, alors qu&rsquo;elle apprend la mort de sa grand-mère, qu&rsquo;elle ne voyait plus.<br />
Ce qui la sauvera ? Des images en Super 8 exhumées qui lui montrent son père et elle. L&rsquo;écriture aussi.</p>
<p>Sarah Chiche est écrivain. Elle est notamment l’auteure du roman <strong><i>Les Enténébrés</i></strong>. Elle est également psychologue clinicienne et psychanalyste.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au final, <strong>Saturne</strong> – la planète de l&rsquo;automne et de la mélancolie, dit-elle – est un texte bouleversant, un récit intime qui vous cloue. Très jolie découverte !</p>
<p><strong>Sarah Chiche</strong> parle de son roman ici :</p>
<p><a href="https://youtu.be/u17bXxvYqNU">https://youtu.be/u17bXxvYqNU</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 20 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais personne ne me dit que mon père était mort. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je fus envoyée en Normandie. Le lendemain, on l&rsquo;enterra. Sa mère n&rsquo;eut pas la force de se rendre au cimetière. Elle s&rsquo;alita de longs mois. Quand on ouvrir le caveau pour y descendre le cercueil de mon père, ma mère voulut s&rsquo;y précipiter. Ils étaient brisés. Leur douleur à tous de l&rsquo;avoir perdu fut tout ce qu&rsquo;il restait de lui. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais pour moi, rien n&rsquo;avait changé. Il était toujours là, il avait disparu.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 71 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Naturellement, on ne parle jamais d&rsquo;argent. En parler, c&rsquo;est vulgaire, et, plus encore, commencer à le compter. S&rsquo;il venait à manquer, il faudrait dire non à quelque chose, se priver, agiter à nouveau le spectre de l&rsquo;exil. Ainsi flottent-ils dans l&rsquo;illusion que si tout est si brillant, si magnifique, si grandiose et remarquable, dans la reconstitution méticuleuse de ce qu&rsquo;ils ont connu à Alger, et plus encore, alors, rien ne mourra jamais.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 137-138 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais je ne me souviens pas de cela. Je ne me souviens de rien. Je me souviens juste qu&rsquo;enfant , déjà, je ne me souvenais de rien – ni de la chaleur de ses bras, ni du contact de ses doigts, ni de son rire, ni de sa façon de marcher, de fredonner, de me prendre dans les bras pour me montrer les étoiles, de fumer, de se fâcher, d&rsquo;embrasser ma mère, de me parler. Je ne le rencontrerais jamais de mon vivant. Je lui en voulais, atrocement. Colère froide, mutique,  butée – à la hauteur de ce qu&rsquo;aurait été un amour dont j&rsquo;aurais tout oublié.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ce que je voulais, c&rsquo;est rester seule. Rien ne me plaisait davantage. Je voulais que les adultes se taisent. Je voulais grandir, le plu vite possible, m&rsquo;enfuir au plus loin, vivre un grand amour, écrire. Ou mourir, d&rsquo;un coup d&rsquo;un seul, sans souffrir.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Saturne, Sarah Chiche, Seuil, 18 €</em></strong></p>
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		</item>
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		<title>Dans le cambouis de la littérature d&#8217;usine&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/03/dans-le-cambouis-de-la-litterature-dusine/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/03/dans-le-cambouis-de-la-litterature-dusine/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 14:24:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je me considère héritier de cette conscience ouvrière. On hérite de ce qui est mort de toute façon.&#160;&#187; Dans le journal suisse Le Temps, en septembre dernier, Thomas Flahaut résumait aussi son travail, engagé en 2017 avec la publication de son premier roman &#171;&#160;Ostwald&#160;&#187; qui déjà évoquait le monde ouvrier dans un contexte post-apocalyptique, en présumant d&#8217;une explosion à la centrale nucléaire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Les-nuits-dete_8854.jpg" rel="lightbox[5531]"><img class="alignleft size-full wp-image-5533 colorbox-5531" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Les-nuits-dete_8854.jpg" alt="CVT_Les-nuits-dete_8854" width="250" height="367" /></a></strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Je me considère héritier de cette conscience ouvrière. On hérite de ce qui est mort de toute façon.&nbsp;&raquo;</strong> Dans le journal suisse <em>Le Temps</em>, en septembre dernier, <strong>Thomas Flahaut</strong> résumait aussi son travail, engagé en 2017 avec la publication de son premier roman<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/09/22/comme-une-errance-radioactive/">&laquo;&nbsp;Ostwald&nbsp;&raquo;</a></strong> qui déjà évoquait le monde ouvrier dans un contexte post-apocalyptique, en présumant d&rsquo;une explosion à la centrale nucléaire de Fessenheim.</p>
<p>Il est revenu à la dernière rentrée littéraire avec <strong>&laquo;&nbsp;Les nuits d&rsquo;été&nbsp;&raquo;</strong>. Un roman terriblement ancré dans la réalité. Et pour cause. Thomas Flahaut, bientôt trente ans, s&rsquo;est inspiré de sa propre expérience dans une usine du Jura bernois, en Suisse. Lui-même fils d&rsquo;ouvrier, il a rejoint une entreprise plusieurs mois durant en 2013 afin de pouvoir financer ses études.</p>
<p>Il a gardé les odeurs, les bruits, les machines monstrueuses en mémoire. Tout comme la reproduction sociale qui s&rsquo;y joue pour raconter au plus près de la réalité les histoires croisées de <strong>Thomas</strong> (comme un alter ego littéraire), <strong>Louise</strong> sa soeur jumelle et leur ami d&rsquo;enfance <strong>Mehdi</strong>.</p>
<p>Eté 2016. <strong>Thomas</strong> rejoint pour la première fois l&rsquo;usine où son père a travaillé toute sa vie. Il y retrouve <strong>Mehdi</strong>, un peu perdu de vue. Ils sont 25 ans. <strong>Mehdi</strong> se partage entre les stations de ski l&rsquo;hiver et l&rsquo;usine l&rsquo;été. A cela s&rsquo;ajoute les marchés qu&rsquo;il parcourt avec son père, ancien ouvrier de l&rsquo;usine devenu marchand de poulets grillés.</p>
<p><span id="more-5531"></span></p>
<p><strong>Thomas</strong> est étudiant à Besançon. Enfin, était. Il a cessé de se rendre à la fac. Et n&rsquo;a encore rien dire à ses parents. Seule sa soeur jumelle, <strong>Louise</strong>, est au courant. Ils partagent le même appartement. <strong>Louise</strong>, brillante étudiante en sociologie, doit entamer sa thèse dès cet été. Compliqué de s&rsquo;y mettre. Elle regagne le quartier des Verrières où elle a grandi. Et retrouve <strong>Mehdi.</strong></p>
<p>Elle sait que son travail portera sur les ouvriers frontaliers qui comme son son frère et son ami gagnent la Suisse pour rejoindre l&rsquo;usine Lacombe. Une usine où les cadres suisses viennent annoncer une mauvaise nouvelle. Celle de la fermeture prochaine.</p>
<p>Pour beaucoup, l&rsquo;horizon se bouche d&rsquo;un coup. <strong>Thomas</strong> sombre. <strong>Mehdi</strong> doute et tombe amoureux. Puis viendra le drame.</p>
<p><strong>Thomas Flahaut</strong> raconte son roman :</p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/CMPkLSxmBtk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Au fil des pages, une &laquo;&nbsp;littérature d&rsquo;usine&nbsp;&raquo; dont il a trouvé l&rsquo;inspiration dans<strong> &laquo;&nbsp;L&rsquo;établi&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Robert Linhart</strong>. Le militant maoïste avait rédigé son livre après avoir passé un an dans une usine Citroën.</p>
<p>Un roman passionnant parce qu&rsquo;il parle d&rsquo;un monde trop souvent oublié par la littérature contemporaine. Dans une société de services de plus en plus dématérialisée,  le travail à la chaîne n&rsquo;inspire visiblement pas. Ou plus. <strong>Thomas Flahaut,</strong> lui, a décidé de ne pas perdre de vue la classe ouvrière.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 35 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Une nouvelle semaine commence ainsi, aussi normale, habituelle, que si elle était pour Thomas la centième. Il prend place devant la Miranda. Ses mains se mettent à penser à sa place lorsqu&rsquo;elle gueule, tressaute. Il faut replacer le fil de cuivre cassé dans la fileuse. Il faut ramasser le stator tordu par le bras mécanique en grimpant dans le ventre de la machine quand la pompe à air foire et que s&rsquo;affiche sur l&rsquo;écran de contrôle le message annonçant </em>Error Vacuum<em>. Thomas se repose dans le silence des autres et leurs conversations économes sur la chaleur à crever le jour et la douceur des nuits, les Suisses qu&rsquo;on ne voit jamais mais qu&rsquo;on déteste, les motos tant aimées qu&rsquo;on pourrait en sculpter des totems, la Ducati, la Honda, la Kawasaki, et dont on articule les noms avec autant d&rsquo;évidence que si elles étaient des compagnes de chair et d&rsquo;os. Devant sa facilité à intégrer l&rsquo;univers nouveau de l&rsquo;usine, Thomas songe qu&rsquo;elle est peut-être le lieu de sa naissance.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 137 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La fin va arriver. Elle va arriver très vite. Ce soir, les polos verts ont commencé à démonter la Miranda de Steven. Déjà, elle a été dépouillée de tous ses éléments mécaniques, les plus longs à démonter. Au bout de la nuit, il n&rsquo;en demeurera plus rien, ou presque. Il n&rsquo;y aura plus à sa place que du vide. Un vide que Mehdi ne peut s&rsquo;empêcher de trouver mélancolique Il sait que son père ne travaillait pas sur une Miranda de temps où il passait ses nuits chez Lacombe, mais il associe le dévissage de ces machines qui ont bousillé son père, entraîné par effet domino le départ de sa mère avant de la lâcher là, lui, le fils, le produit de ces démolitions successives, sans possibilité immédiate de gagner de quoi vivre, avec pour seul horizon la fuite. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 143 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Tout à l&rsquo;heure, toquant à la fenêtre passager, Louise l&rsquo;a réveillé. Mehdi s&rsquo;était arrêté près de la douane. Endormi, Thomas ne s&rsquo;en était pas rendu compte. Inquiète, sa soeur a voulu lui faire promettre de démissionner dès le lendemain, d&rsquo;aller voir un médecin. Mais ça, il ne peut pas. Travailler chez Lacombe constitue désormais en enjeu existentiel, presque mystique. S&rsquo;il ne tient pas jusqu&rsquo;au bout, jusqu&rsquo;à ce que la dernière machine soit démontée, Thomas en est persuadé, il est perdu. Mais ça, il ne l&rsquo;a pas dit à Louise. Il ne l&rsquo;a dit à personne. Il le sait, il aurait l&rsquo;air d&rsquo;un fou. Je verrai, je ferai attention, c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;jl lui a répondu.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les nuits d&rsquo;été&nbsp;&raquo;, Thomas Flahaut, Editions de l&rsquo;Olivier, 18€.</strong></em></p>
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		<title>Se soigner en réparant les autres ?</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/05/10/se-soigner-en-reparant-les-autres/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/05/10/se-soigner-en-reparant-les-autres/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 May 2020 09:17:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[rupture]]></category>
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		<description><![CDATA[Un premier roman&#8230; j&#8217;ai déjà l&#8217;oeil qui frise ! &#171;&#160;Rendez-vous à Colombo&#160;&#187; est arrivé jusqu&#8217;à moi et c&#8217;était plutôt une bonne idée. Je vous raconte. Sarah Malartre, l&#8217;auteure, est juriste. Comme la narratrice de son roman, Nina qui intervient auprès des migrants et les accompagne dans leurs démarches pour obtenir le statut de réfugié. Après des études de philosophie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COLOMBO-OK.jpg" rel="lightbox[5151]"><img class="alignleft size-full wp-image-5153 colorbox-5151" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COLOMBO-OK.jpg" alt="COLOMBO OK" width="312" height="456" /></a></p>
<p>Un premier roman&#8230; j&rsquo;ai déjà l&rsquo;oeil qui frise ! <strong><b>&laquo;&nbsp;Rendez-vous à Colombo&nbsp;&raquo;</b></strong> est arrivé jusqu&rsquo;à moi et c&rsquo;était plutôt une bonne idée. Je vous raconte. <strong><b>Sarah Malartre,</b></strong> l&rsquo;auteure, est juriste. Comme la narratrice de son roman, Nina qui intervient auprès des migrants et les accompagne dans leurs démarches pour obtenir le statut de réfugié.</p>
<p>Après des études de philosophie du droit et de droit international public, <strong>Sarah Malartre</strong> a occupé plusieurs postes dans des tribunaux internationaux afin de rejoindre des associations.</p>
<p>Dans ce premier roman, l&rsquo;histoire de son héroïne <strong><b>Nina</b></strong>, la narratrice, se mêle à celles des hommes et des femmes qu&rsquo;elle accompagne, qu&rsquo;elle aide, qu&rsquo;elle soutient. Au point parfois de ne plus marquer de limites.</p>
<p>Alors que son compagnon lui annonce qu&rsquo;il la quitte, alors qu&rsquo;elle apprend que son père est gravement malade, elle sombre. Et se raccroche aux vies de <strong><b>Sohrab</b></strong>, <strong><b>Germude</b></strong>, <strong><b>Nour</b></strong>, <strong><b>Fatou</b></strong>,<strong> </strong><strong><b>Issa</b></strong> et les autres dont les malheurs sont autrement plus graves.  Quoique.</p>
<p>Une rencontre improbable avec un autre homme peut-elle la sauver ? De quoi remettre nos attentes et nos épreuves à leur place.</p>
<p><span id="more-5151"></span></p>
<p>Un premier roman plutôt agréable à lire. Mais au style ( un peu trop) simple.</p>
<p><i>&laquo;&nbsp;J’écris ce que tous racontent à la première personne. À force d’écrire je, ces histoires deviennent les miennes. Je suis eux, tour à tour, puis tous en même temps. J’ai vécu des centaines de vies, toutes plus tragiques les unes que les autres, j’ai vécu dans des dizaines de pays. J’ai tout vu, tout</i> <i>entendu, tout ressenti. Je sais tout des hommes et de l’horreur qu’ils cachent en eux&nbsp;&raquo;, </i>indique l&rsquo;auteure sur sa quatrième de couverture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="center"><strong><b>Extraits</b></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 50 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je vais fumer une cigarette, Nour dans la tête. Je devrais la prendre pour exemple, essayer de reproduire ses gestes. Si elle a retrouvé de la force après tout ce qu&rsquo;elle a traversé, je devrais bien y arriver moi aussi ? Ils ne se rendent pas compte, elle et les autres, à quel point ils m&rsquo;aident chaque jour. Ils pensent sûrement qu&rsquo;il n&rsquo;y a que moi qui les soutiens, les oriente, les écoute et les conseille. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 89 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;éteins la lumière, il est tard, je dois dormir, comment arrêter cet enfer ? Avant c&rsquo;était plus facile, dès que ça commençait Jérémie me prenait dans ses bras, posait une main sur mon ventre, je me concentrais sur sa main, sur la chaleur qui se diffusait doucement, sur l&rsquo;amour qui s&rsquo;en dégageait et ça m&rsquo;apaisait, je m&rsquo;endormais en pensant que j&rsquo;avais tellement de chance, il m&rsquo;aimait malgré cette noirceur en moi. Le lendemain je m&rsquo;interrogeais, d&rsquo;où ça venait tout ça ? Pourquoi c&rsquo;est si difficile de vivre pour certaines personnes ? Dans la plupart des cas, il y a des raisons objectives, traumatismes, enfances pourries, parents défaillants, histoires terribles. Mais moi rien. Une vie on ne peut plus facile, banale. Alors pourquoi ces démons ? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 132 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Je lui explique qu&rsquo;il va falloir essayer de se souvenir de tout, elle va devoir me donner beaucoup de détails car dans la décision de rejet il est mentionné qu&rsquo;elle n&rsquo;a relaté que très peu de choses lors de son entretien, son récit n&rsquo;était pas du tout personnel, ils ont cru qu&rsquo;elle avait tout inventé, qu&rsquo;elle répétait ce qu&rsquo;on lui avait conseillé de raconter. Elle soupire, je la comprends, je ne supporte déjà pas que mes amis me demandent comment je vais, qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est passé avec Jérémie, vous aviez l&rsquo;air tellement heureux, on était sûrs que vous passeriez votre vie ensemble, et ton père, c&rsquo;est fou, il a l&rsquo;air si robuste pourtant, est-ce que ça te fait peur, et les traitements ça se passe comment ? [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Rendez-vous à Colombo&nbsp;&raquo;, Sarah Malartre, Mercure de France, 18,80€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Des vies entre gris clair et gris foncé&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/01/31/des-vies-entre-gris-clair-et-gris-fonce/</link>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 13:38:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160;  Tout est-il donc figé ? Le déterminisme, la reproduction sociale sont-ils si forts qu&#8217;ils cloisonnent nos vies ?  L&#8217;amour ou ce qui y ressemble ne peut-il pas dépasser le côté improbable de ces rencontres ?  François Bégaudeau, dont je n&#8217;avais encore rien lu, tente d&#8217;y répondre dans un roman qui nous parle de nous, de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/EN-GUERRE.jpg" rel="lightbox[5008]"><img class="alignleft size-full wp-image-5011 colorbox-5008" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/EN-GUERRE.jpg" alt="EN GUERRE" width="195" height="284" /></a> </span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">Tout est-il donc figé ? Le déterminisme, </span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">la reproduction</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> social</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">e</span></span></span> <span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">sont</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">-il</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">s</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> si fort</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">s</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> qu&rsquo;il</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">s</span></span></span> <span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">cloisonnent nos vies ?</span></span></span><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> </span></span></span></p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">L&rsquo;amour ou ce qui y ressemble ne peut-il pas dépasser le côté improbable de ces rencontres ? </span></span></span></p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><strong>François Bégaudeau</strong>, dont je n&rsquo;avais encore rien lu, tente d&rsquo;y répondre dans un roman qui nous parle de nous, de vous et de notre époque si socialement précaire. </span></span></span></p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small">Puisque la rencontre entre un prince et une bergère ne peut résulter que d’un accident, il en sera de même pour <strong>Romain Praisse</strong> et<strong> Louisa Makhloufi</strong> ! Le premier vit dans le centre</span></span></span> <span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small">de cette ville jamais nommée où il est fonctionnaire territorial tendance bobo. <strong>Louisa</strong>, elle, vit en périphérie. Avec <strong>Cristiano</strong>. Elle est manutentionnaire sur une plateforme Amazon, lui travaille dans une entreprise qui fabrique des pièces. Il est ouvrier. Mais l’entreprise vit ses derniers moments.</span></span></span></p>
<p class="western"><span id="more-5008"></span></p>
<p class="western"><span style="color: #333333"> <span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small">Au chômage, <strong>Cristiano</strong>, qui n’a pas la force de rebondir de <strong>Louisa</strong>, sportive accomplie, se laisse couler. <strong>Louisa</strong> le sent, s’en lasse. Et lors d’une soirée entre copines, rencontre <strong>Romain</strong>. Rencontre improbable… qui se transforme. Qui les transforme ? </span></span></span></p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small">Si le sexe transcende les classes, qu’en est-il de l’amour dans ce qu’il a de plus profond ? Au fil des pages, <strong>François Bégaudeau</strong>, dont on sait le regard et la plume incisifs, nous peint une implacable réalité sociale. Une guerre, sociale, à laquelle chacun des personnages se livre avec les moyens de sa classe.</span></span></span></p>
<p class="western"><strong>Romain</strong> et<strong> Louisa</strong> ne parlent pas de la même manière. N&rsquo;ont pas les mêmes intérêts ni les objectifs identiques.</p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small">C’est incisif, mais cela je l’ai déjà dit. C’est drôle aussi. L’écriture de <strong>Bégaudeau</strong> est dense, pleine. Vive. </span></span></span></p>
<p class="western"><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small">Une chouette découverte, malgré les constats. Malgré le bilan. Entre gris clair et gris foncé.</span></span></span></p>
<p><strong>François Bégaudeau parle ici de son roman :</strong></p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/9QAVnRx9Fms?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote class="western"><p><strong><span style="color: #333333"> </span></strong><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small"><b>Pages 12-13 :</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small"><i> </i></span></span></span><em><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small"><i>&laquo;&nbsp;Louisa Makhloufi et Romain Praisse demeureraient-ils encore cent ans dans cette ville que la probabilité qu&rsquo;ils se croisent, s&rsquo;avisent et s&rsquo;entreprennent resterait à peu près nulle. En sorte que si l&rsquo;une des 87 caméras de surveillance installées en 2004 par les techniciens d&rsquo;un prestataire privé de la mairie les voit se croiser, s&rsquo;aviser, s&rsquo;entreprendre, ce sera qu&rsquo;au prix d&rsquo;un dérèglement des trajectoires lié à une conjonction hasardeuse de faits nécessaires.&nbsp;&raquo;</i></span></span></span></em></p></blockquote>
<blockquote class="western"><p><em><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small"><b>Page 183 : </b></span></span></span></em><em><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman'"><span style="font-size: small"><i>« Sophie Lafargue a coché une par une les cases de cette résignation, de cette sagesse. Ni plus ni moins qu’un autre, elle a protesté, défié les serveurs, obtempéré en grognant, obtempéré en silence, s’est adaptée, s’est félicitée. Au fil des mois la loi a reprogrammé son système sensoriel. Lui a appris à aimer l’air limpide des cafés dont elle aimait tant la brume grise dans les films de Sautet et maintenant quand elle retombe dessus elle souffre pour Vincent, François, Paul et les autres noyés dans ce nuage cancérigène. Et les plateaux de télé enfumés des années 80 ne lui inspirent plus la nostalgie d’une époque qui savait vivre, mais une sorte d’effroi rétrospectif. »</i></span></span></span></em></p></blockquote>
<blockquote>
<p class="western" style="text-align: left"><span style="font-size: small"><b>Page 278 :</b></span> <span style="font-size: small"><i>« En somme il aura beaucoup contesté les lois sans jamais y contrevenir. Il est un légaliste objectif, sentant qu’il a plus intérêt à respecter la loi qu’à la transgresser ; que, si inique lui paraisse-t-elle, elle lui profite. Elle profite sans doute davantage aux encore mieux nés, habiles en outre à s’engouffrer dans les vides juridiques ou à profiter des largesses de l’administration fiscale, mais à lui elle assurera jusqu’au bout un toit et des loisirs suffisants, aussi vrai qu’elle lui épargne et lui épargnera, sauf accident, sauf dérèglement général et alors le souhaite-t-il vraiment ?, le froid, la faim, les maladies qui dégénèrent à défaut de soins. </i></span></p>
<p class="western" style="text-align: left"><span style="font-size: small"><i>La société dont il conteste les fondements lui fournir des avoirs, même maigres, et une situation, même peu gratifiée. Ainsi doté, on ne saute pas dans le vide. Un jour, vers leurs débuts, le projet formulé par Louisa de sauter à l’élastique l’avait laissé dubitatif. Risquer de tout perdre pour un frisson de trois secondes, quelle folie. Elle avait dit : perdre quoi ? »</i></span></p>
</blockquote>
<p class="western" style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;En guerre&nbsp;&raquo;, François Bégaudeau, Verticales, 20 euros.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Aux marches du palais&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 14:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[tromperie]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire hiver 2019 C&#8217;est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l&#8217;hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure. Au fil [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #008080">Rentrée littéraire hiver 2019</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENTREE-BLOG.jpg" rel="lightbox[4532]"><img class="aligncenter wp-image-4535 size-medium colorbox-4532" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENTREE-BLOG-300x169.jpg" alt="RENTREE BLOG" width="300" height="169" /></a></p>
<p>C&rsquo;est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l&rsquo;hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure.</p>
<p>Au fil des mois de janvier et février, <strong>493 nouveaux romans vont sortir.</strong> Parmi eux, <strong>336 romans français.</strong> Parmi eux également, <strong>77 premiers romans</strong> ( soit une hausse de 20% par rapport à la rentrée littéraire de l&rsquo;hiver 2018).</p>
<p>Alors, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que <strong>Michel Houellebecq</strong> dans la vie ( son nouveau roman est édité à 320.000 exemplaires !), je vais essayer de vous donner envie de plonger dans les (autres) romans de ce rendez-vous littéraire. Une sélection, forcément subjective. C&rsquo;est parti !</p>
<p><span id="more-4532"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PREMIERE-DAME.jpg" rel="lightbox[4532]"><img class="alignleft size-full wp-image-4533 colorbox-4532" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PREMIERE-DAME.jpg" alt="PREMIERE DAME" width="120" height="227" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On commence notre collection avec <strong>&laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Caroline Lunoir</strong>. Un roman que l&rsquo;on put, pour les amateurs de cases, ranger dans celle dédiée à la politique !</p>
<p><strong>Caroline Lunoir</strong>, avocate pénaliste installée à Paris, je l&rsquo;ai découverte avec son premier roman <strong>&laquo;&nbsp;La faute de goût&nbsp;&raquo;</strong>, en 2011. Un joli souvenir.  Je vous en parlais <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/03/06/lutte-des-classes-au-bord-de-la-piscine/">ici</a></strong>.</p>
<p>Après <strong>&laquo;&nbsp;Au temps pour nous&nbsp;&raquo;</strong>, la voici de retour avec<strong> &laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;</strong>, donc. L&rsquo;idée ? Suivre <strong>Marie</strong>, épouse d&rsquo;un candidat à l&rsquo;élection présidentielle, jusqu&rsquo;aux marches du palais&#8230; de l&rsquo;Elysée.  Ancienne journaliste, mère des quatre enfants de <strong>Paul</strong>, <strong>Marie</strong> nous livre par le menu et sous la forme d&rsquo;un journal de bord, le long décompte d&rsquo;une victoire annoncée.</p>
<p>Rien ne nous sera épargné ! A elle non plus d&rsquo;ailleurs. Au fil des pages, des mois et des saisons, l&rsquo;image de sa famille, de son mari et aussi la sienne vont s&rsquo;écorner. Quoi ? La famille de <strong>Marie</strong> et <strong>Paul</strong> n&rsquo;est donc pas si parfaite, pas si lisse, pas si respectable. Il y aura les comptes bancaires ouverts à l&rsquo;étranger, la maîtresse de <strong>Paul</strong>, la dépression de <strong>Marie</strong>, etc.</p>
<p>Toute ressemblance avec des candidats à l&rsquo;Elysée ou d&rsquo;anciens présidents de la République n&rsquo;est évidemment absolument pas fortuite ! On devine ici François Hollande et la volcanique Valérie Trierweiler, François et Pénélope Fillon, Nicolas et Cécilia Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn aussi&#8230;</p>
<p>Si le journal de <strong>Marie</strong> commence dans l&rsquo;euphorie de l&rsquo;annonce de la candidature de son mari aux primaires du parti, l&rsquo;horizon va finir par s&rsquo;obscurcir. La chronique attendrie, admirative va virer à la récrimination. Au règlement de comptes. Puis à l&rsquo;abnégation. <strong>Marie</strong> se rend compte qu&rsquo;elle a donné sa vie pour son mari et ses enfants. Amer constat d&rsquo;une femme qui se croyait libre et affranchie.</p>
<p>Personne n&rsquo;a anticipé ni pris la mesure des conséquences sur la vie de la famille, issue de la grande bourgeoisie. Les mauvais coups viendront de partout, même des amis. Alors les communicants gambergent, trouvent des parades, etc.</p>
<p>Entre compromissions et petits arrangements, un portrait peu reluisant d&rsquo;une &laquo;&nbsp;caste&nbsp;&raquo; définitivement coupée de la réalité de ceux qu&rsquo;elle voudrait gouverner. Cynique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 55-56 : </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;J-147 (Dimanche 25 novembre) </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Un choc de bonheur. Une claque d&rsquo;euphorie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il y a cette tension joyeuse qui monte, au milieu des rires, des plaisanteries et d&rsquo;une bonne humeur tenace avec les retours des bureaux de vote. Le téléphone qui sonne en continu. Le portable de Paul qui clignote de messages. Les fouilles des poubelles où le bulletin de Paul serait rare, les journalistes qui arrivent de plus en plus nombreux, jusqu&rsquo;aux non-alignés qui choisissent comme par hasard, sans s&rsquo;être annoncés, sur le coup de dix-huit heures, dix-neuf heures, de &laquo;&nbsp;vivre cette soirée avec nous&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai encore le baiser de Paul sur mes lèvres. D&rsquo;une gourmandise ! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;J-31</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J+59 ( jeudi 21 mars)</em></p>
<p style="text-align: left"><em>[&#8230;] Paul tranche, encourage, plaisante, avec ténacité. Il a dénoué sa cravate et abandonné sa veste sur une chaise. Il se tient debout, en bras de chemise, devant le tableau, un sandwich de rillettes dans une main, un marqueur pour exposer son plan de bataille dans l&rsquo;autre. Ceux qui viennent d&rsquo;intégrer l&rsquo;état-major découvrent son sens du commandement et son énergie. A l&rsquo;écouter, j&rsquo;entends presque se lever la clameur de nos villages, de nos provinces, d&rsquo;un pays tout entier prêt à porter nos convictions et notre souffle. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pourtant, je surprends des regards qui s&rsquo;attardent sur moi et plongent ailleurs quand je relève la tête. Pourtant, derrière l&rsquo;espoir, derrière les mots d&rsquo;ordre et les promesses que l&rsquo;on se fait, derrière la fougue de Paul et l&rsquo;implication nouvelle de Victor qui anime l&rsquo;équipe dédiée aux réseaux sociaux, il y a des noms que l&rsquo;on ne prononce plus et, souvent, la colère qui affleure. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En réalité, je nous sens assiégés.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 182-183 :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Dimanche 5 mai</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les salles sont combles. Je croise des visages amis, des familiers, des connaissances, certains que j&rsquo;exècre, d&rsquo;autres qui ne me disent rien. Ils reviennent au siège du parti comme la marée. Ils font ma vie, lui donnent son sens et l&rsquo;aliènent. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Nous nous reconnaissons, nous, acteurs des coulisses du feuilleton du pouvoir. Tous, un jour, premier rôle, espoir, doublure, figurant, vieille gloire. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai mon sourire de Joconde. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Parce que dans les fidélités comme dans les haines, dans les sacres comme dans les chutes, il est un principe qui surnage et écorne le mépris : le respect de celui qui sait encaisser. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Parce que celui qui, tombé à genoux, ne baisse pas la tête, se relèvera, et attestera, sous le regard de ses pairs, qu&rsquo;un retour est toujours possible. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les salles sont combles mais je suis vide.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;, Caroline Lunoir, Actes Sud, 18€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Prendre le large pour ne pas sombrer</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/09/07/prendre-le-large-pour-ne-pas-sombrer/</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Sep 2018 06:54:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Miss Sarajevo"]]></category>
		<category><![CDATA[Alzheimer]]></category>
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		<category><![CDATA[Zladko]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; &#160; Quelle joie de retrouver l&#8217;écriture et le style d&#8217;Ingrid Thobois ! J&#8217;ai découvert cette auteure au hasard d&#8217;une chronique dans un magazine féminin. C&#8217;était à propos du livre &#171;&#160;Le plancher de Jeannot&#160;&#187; dont vous pouvez retrouver le post ici. Elle est de retour pour cette rentrée littéraire ( auteure de plusieurs [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MISS-SARAJEVO.jpg" rel="lightbox[4374]"><img class="alignleft size-full wp-image-4377 colorbox-4374" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MISS-SARAJEVO.jpg" alt="MISS SARAJEVO" width="250" height="322" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quelle joie de retrouver l&rsquo;écriture et le style d&rsquo;<strong>Ingrid Thobois</strong> ! J&rsquo;ai découvert cette auteure au hasard d&rsquo;une chronique dans un magazine féminin. C&rsquo;était à propos du livre <strong>&laquo;&nbsp;Le plancher de Jeannot&nbsp;&raquo;</strong> dont vous pouvez retrouver le post <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/01/11/jeannot-enferme-malgre-lui/">ici</a></strong>.</p>
<p>Elle est de retour pour cette rentrée littéraire ( auteure de plusieurs romans, elle écrit aussi pour la jeunesse) avec <strong>&laquo;&nbsp;Miss Sarajevo&nbsp;&raquo;</strong>, un roman puissant qui s&rsquo;étale sur plusieurs décennies, entre Paris, Rouen et Sarajevo.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de<strong> Joaquim.</strong> On ne rencontre à vingt ans, en 1993. A Sarajevo. Au coeur de la guerre, donc. Là, armé de son seul appareil-photo, il découvre un monde.  Se confronte à la mort. Et le pays natal de celle qu&rsquo;il aime, sa professeur, <strong>Ludmilla</strong>.</p>
<p>Au fil des semaines alors qu&rsquo;il réapprend une certaine joie d&rsquo;être au monde, installé dans une famille, il pense à la sienne. Une famille désunie, silencieuse qui n&rsquo;a toujours pas trouvé les mots pour expliquer et adoucir la mort voulue de <strong>Viviane</strong>, sa soeur cadette, qui s&rsquo;est jetée par la fenêtre de l&rsquo;appartement familial, à Rouen.</p>
<p>Personne n&rsquo;a su. Personne n&rsquo;a vu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4374"></span></p>
<p>On retrouvera <strong>Joaquim</strong> presque vingt-cinq ans plus tard. Il est devenu reporter de guerre. Son père vient de décéder. Et malgré la promesse qu&rsquo;il s&rsquo;était fait à lui-même, il reprend le Paris/Rouen pour rejoindre l&rsquo;appartement familial. Condition sine qua non à l&rsquo;ouverture de la succession. Vingt ans qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas mis les pieds.</p>
<p><strong>Joaquim</strong> est le seul &laquo;&nbsp;rescapé&nbsp;&raquo; de cette famille bourgeoise, mais bancale. Le temps d&rsquo;un trajet en train, tout lui revient. Les souvenirs, les questions, le secrets et les états d&rsquo;âme.</p>
<p>De page en page, une écriture juste et sensible. Au plus près des maux. Mais avec pudeur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ingrid Thobois, âgée de 38 ans et qui vit désormais à Paris, explique l&rsquo;histoire de son nouveau roman ici  :</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/ksKzXncIDgs?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p><strong>La chanson &laquo;&nbsp;Miss Sarajevo&nbsp;&raquo; de U2  et Luciano Pavarotti  c&rsquo;est par là : </strong></p>
<iframe width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/TNYX9Z74RoA?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 19 :</strong> &laquo;&nbsp;<em>On ne se tue pas par abandon de la lutte – les religions ont inventé la rhétorique de cette prétendue lâcheté. On se suicide et on dévore la vie au nom d&rsquo;un seul et même scandale : l&rsquo;exiguïté du couloir de temps qui nous est alloué, dans lequel il nous est permis d&rsquo;avancer mais jamais de faire demi-tour, ni de nous arrêter. On se tue après avoir longuement soupesé la vie, analysé ses accélérations et décélérations, afflux et reflux sanguins dans la carotide, et la sensation de vide qui s&rsquo;ensuit.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 63-64 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Que sait-on du couple qui nous a enfantés ? De la manière dont ces deux-là se sont aimés ? Joaquim n&rsquo;a aucun souvenir de ses parents s&rsquo;embrassant, se photographiant. Il ne leur a connu ni amis ni confidents. Jamais un coup de téléphone à qui que ce soit pour s&rsquo;ouvrir d&rsquo;une joie, d&rsquo;une peine, d&rsquo;une question. Chez les Sirvins, la famille est un bloc. Fissuré de toutes parts, c&rsquo;est encore un bloc. Le père, la mère, le frère et la soeur n&rsquo;ont pas de vie propre. Ils surjouent la famille dans le coffrage du silence et vivent en autarcie dans les interstices du secret. Pour épicentre, il y a le corps effacé de Viviane, venu en remplacer un autre, ce qu&rsquo;aucun des enfants ne sait. Cet autre, c&rsquo;est l&rsquo;enfant né à égale distance de Joaquim et de Viviane, jamais revenu de la maternité, et que les parents ont fait passer pour un souvenir inventé. Seul le père trouve à échapper au poids de ce tabou. Grâce à son métier,. Grâce à la chasse. Grâce à la course à pied.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 134 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Les snipers ont pris la voiture pour cible. Lorsque Vesna fait demi-tour sur deux roues, écrasant l&rsquo;accélérateur tout en plongeant sa tête au ras du volant, ordonnant à Joaquim d&rsquo;en faire autant, c&rsquo;est à peine si le garçon comprend que l&rsquo;amoncellement de gravats dans le rétroviseur est tout ce qu&rsquo;il reste de la maison de Ludmilla. Plus loin, Vesna regarde sa montre, puis le ciel. L&rsquo;avion qui a déposé Joaquim, et qui aurait pu le ramener ce soir à Split, est en train de s&rsquo;effacer dans l&rsquo;indifférence du coucher de soleil, imprimant au ciel quatre sillages sombres. Le prochain ne se posera pas à Sarajevo avant une semaine. Le soir est d&rsquo;une beauté incompréhensible&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Miss Sarajevo&nbsp;&raquo;, Ingrid Thobois, éditions Buchet-Chastel, 16 €</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Malgré tout l&#8217;amour d&#8217;un homme&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/02/17/malgre-tout-lamour-dun-homme/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/02/17/malgre-tout-lamour-dun-homme/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 Feb 2017 08:03:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
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		<category><![CDATA[Savoie]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Une rentrée littéraire, c&#8217;est l&#8217;occasion de plonger avec délectation dans des premiers romans. Et vous savez quelle appétence j&#8217;ai pour ces derniers ! Parmi les 517 romans publiés pour cette rentrée littéraire hivernale, on compte 66 premiers romans dont &#171;&#160;Aller en paix&#160;&#187;, de Ludovic Robin. Trentenaire, Ludovic Robin a suivi des études de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff0000"><strong>Rentrée littéraire</strong> </span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ALLER-EN-PAIX.jpg" rel="lightbox[3867]"><img class="alignleft size-full wp-image-3868 colorbox-3867" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ALLER-EN-PAIX.jpg" alt="ALLER EN PAIX" width="300" height="426" /></a>Une rentrée littéraire, c&rsquo;est l&rsquo;occasion de plonger avec délectation dans des premiers romans. Et vous savez quelle appétence j&rsquo;ai pour ces derniers ! Parmi les 517 romans publiés pour cette rentrée littéraire hivernale, on compte 66 premiers romans dont <strong>&laquo;&nbsp;Aller en paix&nbsp;&raquo;</strong>, de<strong> Ludovic Robin.</strong></p>
<p>Trentenaire, Ludovic Robin a suivi des études de philosophie. Originaire du Lot, il vit aujourd&rsquo;hui dans le Finistère où il est en charge de l&rsquo;entretien des rives du canal de Nantes à Brest. Un parcours atypique pour un homme qui signe là un premier roman fort, extrêmement sensible.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous conduit en Savoie. Là, dans un hameau isolé, Les Plastres, un homme replonge dans son passé, dans les deux décennies qu&rsquo;il a partagées avec <strong>Lily</strong>. Sa camarade d&rsquo;école est devenue sa compagne et la mère de ses trois enfants.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui le couple n&rsquo;existe plus. Le narrateur a refait sa vie, révisé ses attentes. Mais il cherche toujours à comprendre le pourquoi de la rupture, son mécanisme insidieux. Il est élagueur, elle a élevé leurs enfants et travaille en appoint  avant de reprendre ses études pour devenir infirmière.</p>
<p>Il est fort et protecteur. Travaille sans relâche. Elle est fragile, mélancolique et trop dépendante de ses médicaments. Autour d&rsquo;eux, les montagnes. Un milieu dur. Et les lignes de failles apparaîtront au fil des années, des vicissitudes de la vie. Malgré l&rsquo;amour.</p>
<p>Un jour,<strong> Lily</strong> et ses deux petits ont un accident de la route. Fatalité ou conséquence des médicaments ? Le narrateur sait désormais qui sa compagne a besoin de lui. Jusqu&rsquo;où ?</p>
<p>Un portrait sensible d&rsquo;un couple qui se délite, d&rsquo;un amour qui ne résiste pas. Celui, sans limite, d&rsquo;un homme envers sa femme. Une écrite dense, très travaillée qui concourt à l&rsquo;introspection du narrateur.</p>
<p style="text-align: center"><span id="more-3867"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 17-18 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand j&rsquo;ai commencé à me ronger les sangs, Lily portait Paul dans son ventre, envieuse de ma vocation qu&rsquo;elle n&rsquo;arrêtait pas de comparer à la sienne. Elle se voyait mère, juste mère cet hiver-là, notre second et dernier aux Plastres, or mère elle l&rsquo;était si peu disait-elle, dès que son manque de confiance la rattrapait, tout juste si elle se rendait compte qu&rsquo;elle avait des enfants. Provocation qui n&rsquo;en était pas une mais me mettait hors de moi tant je la savais épuisée et bagarreuse, présente sur tous les fronts à la fois. Et quand aux soirs de fatigue nous nous entretenions de ma prétendue liberté, en nous gardant de parler trop fort de peur de réveiller Thibaud qui ne dormait que d&rsquo;un oeil, et que Lily se triturait à cause d&rsquo;un vieux projet de concours qu&rsquo;elle avait pris à bras-le-corps cet hiver-là, avec toutes ces phases de découragement qu&rsquo;un tel effort implique, l&rsquo;envie me prenait de lui dire la vérité, toute la vérité concernant ma prétendue vocation. Non, je ne vivais pas dans les arbres. Non, je n&rsquo;étais pas ce Couillu qui fait ce qu&rsquo;il dit et qui dit ce qu&rsquo;il fait, car moi aussi régulièrement, je doutais dans la vie. Qu&rsquo;est-ce que je doutais ! Je bouillais, pour être exact ; je fulminais intérieurement. Mais voilà, d&rsquo;une part je ne voulais pas l&rsquo;accabler avec mes propres soucis, d&rsquo;autres part mes doutes, à coup sûr, étaient moins crochus que les siens. Car de longue date j&rsquo;avais pris les devants, moi,  je m&rsquo;étais préparé à l&rsquo;ennui de la vie. C&rsquo;était d&rsquo;abord ça, ma vocation : le refus de dire des mots que je n&rsquo;avais pas envie de dire, le refus de subir des gens que je n&rsquo;avais pas envie de subir, parents, camarades de classe, clients, voisins, chacun sa clique.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 191 :</strong><em>&nbsp;&raquo; “C&rsquo;est une intellectuelle, ricanait Marianne dès que je descendais, elle nous prend de haut”, ce qui était faux car André et Marianne restaient les grands-parents et de ce point de vue Lily continuait de compter sur eux. Et aussi parce que malgré la faiblesse et le manque de caractère manifestés par André Lily aimait toujours son père, dont la bonhomie effaçait tout. Elle aimait toujours son père mais elle n&rsquo;aimais plus sa mère, et l&rsquo;amour qu&rsquo;elle vouait encore à son père pâtissait du manque d&rsquo;amour qui l&rsquo;éloignait de sa mère, car André et Marianne faisaient toujours bloc à l&rsquo;horizon de Lily, ils étaient les parents. Pour aimer la personne à part entière qu&rsquo;était André il eût fallu qu&rsquo;il cessât d&rsquo;être son père, il eût fallu le séparer de sa femme à coups de marteau et de burin, emmener Marianne au loin, pour toujours.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 278 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Et j&rsquo;avais beau savoir que j&rsquo;étais blessé et que ma blessure pensait à ma place, il y avait désormais ce soupçon logé en moi qui heure après heure devenait plus lourd, plus ramifié : à savoir que sevrée du Nembutal la vraie Lily était fade, inconsistante ; que ses récits n&rsquo;étaient que du vent et que je m&rsquo;étais trompé sur les ressorts secrets comme sur la poussière de la route; que des années durant j&rsquo;avais aimé un leurre, un mirage engendré par le vide et l&rsquo;ennui : éblouissement d&rsquo;une âme, un beau jour, qui détestait les vivants, par une âme plus douce gorgée de chimie.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Aller en paix&nbsp;&raquo;, de Ludovic Robin, Editions du Rouergue, 21,80€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Entre réalité et fiction, Delphine de Vigan mène sa barque</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/08/26/entre-realite-et-fiction-delphine-de-vigan-mene-sa-barque/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Aug 2015 12:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["D'après une histoire vraie"]]></category>
		<category><![CDATA[amitié]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre découverte des nouveautés de cette rentrée littéraire, riche et féconde. Cette fois, nous retrouvons Delphine de Vigan dont le nouveau roman sort ce mercredi 26 août. Souvenez-vous. En 2001, elle signait le roman &#171;&#160;Rien ne s&#8217;oppose à la nuit&#160;&#187;, un formidable témoignage d&#8217;amour à sa mère, mais aussi un portrait sans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIGAN-OK.jpg" rel="lightbox[3210]"><img class="alignleft wp-image-3228 size-medium colorbox-3210" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIGAN-OK-190x300.jpg" alt="VIGAN OK" width="190" height="300" /></a>Poursuivons notre découverte des nouveautés de cette rentrée littéraire, riche et féconde. Cette fois, nous retrouvons <strong>Delphine de Vigan </strong>dont le nouveau roman sort ce mercredi 26 août. Souvenez-vous. En 2001, elle signait le roman <strong>&laquo;&nbsp;Rien ne s&rsquo;oppose à la nuit&nbsp;&raquo;</strong>, un formidable témoignage d&rsquo;amour à sa mère, mais aussi un portrait sans concession, qui avait choisi, plusieurs années auparavant, de mettre fin à ses jours. <strong>Quatrième de couv</strong> en avait parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/09/18/famille-je-vous-hai-me/">ici.</a></strong></p>
<p style="text-align: left">Un véritable succès de librairie ( plus de 300.000 exemplaires, excusez du peu! ). Une expérience qui a visiblement servi de terreau à l&rsquo;écriture de ce nouveau opus qui oscille entre réalité et fiction.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;auteure a-t-elle, comme la narratrice été victime d&rsquo;une amie qui, au fil des jours et des mois a pris possession de sa vie, de ses envies ? En trois parties, elle mélange réalité et fiction pour faire naître un thriller efficace.</p>
<p style="text-align: left">A l&rsquo;heure où le Vrai est exposé en Graal, <strong>Delphine de Vigan</strong> nous livre une leçon de ce qu&rsquo;est l&rsquo;écriture.</p>
<p><span id="more-3210"></span></p>
<p><strong>Delphine de Vigan</strong> a 49 ans. Son premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Jours sans faim&nbsp;&raquo;</strong> est paru en 2001, sous un pseudo. En 2007, elle avait publié <strong>&laquo;&nbsp;No et moi&nbsp;&raquo;</strong>, un roman à succès, d&rsquo;ailleurs adapté au cinéma. En 2008, <strong>Delphine de Vigan</strong> a participé à la publication de <strong>&laquo;&nbsp;Sous le manteau&nbsp;&raquo;</strong>,  un recueil de cartes postales érotiques des années folles. L&rsquo;année d&rsquo;après, elle publie <strong>&laquo;&nbsp;Les heures souterraines&nbsp;&raquo;</strong>. Puis, en 2011, <strong>&laquo;&nbsp;Rien ne s&rsquo;oppose à la nuit&nbsp;&raquo;</strong>. Delphine de Vigan vit avec le critique littéraire et animateur, <strong>François Busnel</strong>.</p>
<p>Au fil des pages, on découvre une narratrice (dont la vie ressemble fortement à celle de l&rsquo;auteure) qui, dépassée par le succès et les dommages collatéraux provoqués par la publication de son précédent livre, personnel et basé sur la réalité, se laisse peu à peu happée par l&rsquo;influence d&rsquo;une de ses amies, qu&rsquo;elle rencontre lors d&rsquo;une soirée.</p>
<p>Entre la narratrice et L., une relation qui deviendra mortifère, va se mettre en place. L. phagocyte  l&rsquo;univers de l&rsquo;auteure, celui de la mère de la famille et de l&rsquo;amante aussi. Jusqu&rsquo;au point de non-retour ?</p>
<p style="text-align: left">Un roman envoûtant qui se lit très facilement. Et pour cause. On peut savoir, on veut comprendre comment cette situation a pu s&rsquo;installer. Insidieusement.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 16-17 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;avais écrit un livre dont je n&rsquo;avais pas imaginé la portée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;avais écrit un livre dont l&rsquo;effet au sein de ma famille et autour de moi se diffuserait en plusieurs vagues, dont je n&rsquo;avais pas anticipé les dommages collatéraux, un livre qui ne tarderait pas à désigner mes appuis indéfectibles mais aussi mes faux alliés et dont les effets retard se prolongeraient longtemps. Je n&rsquo;avais pas imaginé la multiplication de l&rsquo;objet et ses conséquences, je n&rsquo;avais pas imaginé cette image de ma mère, reproduite par centaines puis par milliers, cette photo mise en jaquette qui avait largement contribué à la propagation du texte, cette photo qui très vite s&rsquo;était dissociée d&rsquo;elle et désormais n&rsquo;était plus ma mère mais le personnage du roman, trouble et diffracté.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 128-129 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Tes lecteurs n&rsquo;attendent pas qu&rsquo;on leur raconte des histoires pour qu&rsquo;ils s&rsquo;endorment en paix ou pour les consoler. Ils se moquent des personnages interchangeables, transposables d&rsquo;un livre à l&rsquo;autre, ils se moquent des situations plus ou moins plausibles tricotées avec agilité mais qu&rsquo;ils ont lues déjà vingt-cinq fois. Ils s&rsquo;en contrefoutent. Tu leur as prouvé que tu savais faire autre choses, que tu pouvais t&rsquo;emparer du réel, en découdre avec lui, ils ont compris que tu cherchais une autre vérité et que tu n&rsquo;avais plus peur. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Nous n&rsquo;étions plus dans la tension que j&rsquo;avais ressentie dans sa cuisine quelques semaines plus tôt. Nous étions deux amies parlant de mon travail, et de ses conséquences, et j&rsquo;étais touchée que L. se sente si concernée par le sujet. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L. ne se demandait pas si j&rsquo;étais capable d&rsquo;écrire quelque chose après ça. L. était certaine que j&rsquo;en étais capable et avait une idée très précise de la tournure que cela devait prendre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 236 :</strong><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;écriture était mon terrain le plus intime, le plus isolé, le plus protégé. Le moins partagé. Une zone franche, égoïstement défendue. Barricadée. Une zone que je n&rsquo;évoquais qu&rsquo;en surface, avec parcimonie. Le plus souvent, je parlais avec mon éditrice avant d&rsquo;entamer un livre, puis se passaient de longs mois avant que je lui envoie une première version du texte terminé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ainsi avais-je toujours avancé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà ce que L. avait très vite compris : l&rsquo;écriture était un territoire retranché, interdit aux visiteurs. Mais maintenant, ce territoire était miné, assailli par le doute et la peur, et cette solitude me devenait insupportable. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je voulais me battre seule mais j&rsquo;avais besoin d&rsquo;un aillé.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Assurément l&rsquo;un des romans forts de cette rentrée littéraire.  A découvrir.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;D&rsquo;après une histoire vraie&#8230;&nbsp;&raquo;, Delphine de Vigan, JC. Lattès.</strong></p></blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Le destin empêché de Bénédicte Ombredanne</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/13/le-destin-empeche-de-benedicte-ombredanne/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2014 14:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous poursuivons notre petit cheminement à travers les nouveautés de cette rentrée littéraire. Parmi elles, des livres surprises et d&#8217;autres, particulièrement attendus. C&#8217;était le cas avec &#171;&#160;L&#8217;amour et les forêts&#160;&#187;, nouvel opus d&#8217;Eric Reinhardt, auteur dont j&#8217;ai particulièrement apprécié les deux derniers romans,  &#171;&#160;Cendrillon&#160;&#187;, et &#171;&#160;Le système Victoria&#160;&#187;, que j&#8217;avais évoqué ici. Un roman encensé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-ET-FORETS.jpg" rel="lightbox[2642]"><img class="alignleft size-full wp-image-2646 colorbox-2642" style="margin: 10px" alt="AMOUR ET FORETS" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AMOUR-ET-FORETS.jpg" width="195" height="292" /></a>Nous poursuivons notre petit cheminement à travers les nouveautés de cette rentrée littéraire. Parmi elles, des livres surprises et d&rsquo;autres, particulièrement attendus. C&rsquo;était le cas avec <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour et les forêts&nbsp;&raquo;</strong>, nouvel opus d&rsquo;<strong>Eric Reinhardt</strong>, auteur dont j&rsquo;ai particulièrement apprécié les deux derniers romans,  <strong>&laquo;&nbsp;Cendrillon&nbsp;&raquo;</strong>, et <strong>&laquo;&nbsp;Le système Victoria&nbsp;&raquo;</strong>, que j&rsquo;avais évoqué<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/09/18/au-coeur-du-systeme-reinhardt/"> ici. </a></strong></p>
<p>Un roman encensé ici et là déjà par les critiques. Le public devrait également apprécier ce magnifique portrait de femme. Celui de <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>.</p>
<p>L&rsquo;idée de ce roman est née d&rsquo;une rencontre entre <strong>Eric Reinhardt</strong> et l&rsquo;une de ses lectrices. Dans les Inrockuptibles du 13 au 19 août, l&rsquo;auteur explique :<strong><em> &nbsp;&raquo; J&rsquo;étais dans le train et ma voisine m&rsquo;a accosté. Elle m&rsquo;avait vu dans une émission littéraire à la télé et elle m&rsquo;a dit : “Vous êtes celui qui doit raconter mon histoire”. J&rsquo;étais sous le choc : c&rsquo;était une histoire de harcèlement conjugal&nbsp;&raquo;.</em> </strong></p>
<p>De ce témoignage et d&rsquo;une partie des correspondances entretenues avec d&rsquo;autres lectrices, Eric Reinhardt a imaginé son roman.</p>
<p><span id="more-2642"></span></p>
<p>Si dans <strong>&laquo;&nbsp;Le système Victoria&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;héroïne incarnait la capitalisme, le pouvoir de l&rsquo;entreprise et l&rsquo;argent, <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>, elle, est une femme entravée, empêchée, avilie par le pouvoir tout-puissant&#8230; de son mari <strong>Jean-François –, </strong>épousé par défaut, par dépit – que l&rsquo;on pourrait ranger parmi les pervers narcissiques.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est donc celle de cette femme. Professeure de lettres dans un lycée de l&rsquo;Est de la France, à Metz, elle est mariée et mère de deux enfants. Ses rêves se sont envolés. Ceux de son mari ne se sont pas réalisés non plus. Il fait payer le prix de son échec à sa femme, plus cultivée, plus profonde que lui. Suite à une soi-disante prise de conscience de son mari de ce qu&rsquo;il fait vivre à sa femme, <strong>Bénédicte</strong> décide de s&rsquo;inscrire sur un site de rencontres. Via internet, elle fait la connaissance d&rsquo;un homme<strong>, Christian, </strong>qui le temps d&rsquo;un après-midi, lui fera comprendre que sa vie pourrait être différente, et que l&rsquo;amour existe. Au milieu de la forêt, son horizon s&rsquo;éclaircit, son corps exulte et son coeur s&rsquo;emballe. Un épisode, unique et précieux, qui remet en cause le (très) fragile équilibre que <strong>Bénédicte</strong> tente de maintenir. Sa vie bascule. Tout s&rsquo;emballe. Elle ne s&rsquo;en remettra pas.</p>
<p>Très admirative de l&rsquo;oeuvre romantique de <strong>Villiers de l&rsquo;Isle-Adam</strong>, elle se rapproche du narrateur, qui n&rsquo;est autre qu&rsquo;un écrivain ( Eric Reinhardt aime endosser ce rôle), pour partager des souvenirs de lecture&#8230; et évoquer sa vie par fragments.  Un lien se crée. Une correspondance naît. Mais elle ne sauvera pas <strong>Bénédicte Ombredanne</strong>. Le narrateur se fera enquêteur auprès de la soeur jumelle de Bénédicte notamment&#8230; trop tard cependant.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 53 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sa décision était prise, le cheminement qui l&rsquo;y avait conduite avait été accompli pendant la brève durée de son repas. Pourtant, jusqu&rsquo;à ce soir de mars, l&rsquo;idée de se rendre sur ce genre de sites ne s&rsquo;était même jamais présentée à son esprit, y compris dans ses fantasmes les inavouables. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;explosion qui venait de se produire avait été d&rsquo;une puissance inouïe, accentuée par l&rsquo;attitude de rétention dont elle avait fait preuve ces dix dernières années : rétention de désirs, de pulsions, de gaieté, de rêves, d&rsquo;espérance, d&rsquo;exigences, d&rsquo;ambition, de tendresse, de colère, de révolte. Les conséquences de cette posture de renoncement avaient été comparables en définitive à une insidieuse accumulation d&rsquo;explosifs, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle avait découvert ce soir-là quand la présence de toute cette dynamite entreposée par son abnégation dans un recoin obscur de son cerveau avait encore amplifié la violence du souffle. Un observateur présent dans la maison au moment des faits aurait pu percevoir distinctement deux détonations successives, la première liée au temps présent et aux aveux humides du mari, la seconde au gâchis qu&rsquo;elle se disait qu&rsquo;elle avait fait des années dernièrement écoulées. La seconde avait été encore plus assourdissante que la première.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle se dirait plus tard qu&rsquo;elle aurait dû tirer profit de l&rsquo;avantage qu&rsquo;elle avait pris à ce moment-là sur son mari pour imposer de nouvelles normes relationnelles. Si elle avait été un peu plus prévoyante, elle lui aurait expliqué ce qu&rsquo;elle attendait de leur vie commune, elle aurait pérennisé ce rééquilibrage par des repères placés entre eux comme autant d&rsquo;épingles de couturière piquées dans le tissu d&rsquo;une robe pour en marquer l&rsquo;ourlet.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 299:</strong> <em>&nbsp;&raquo; Elle m&rsquo;a dit un matin qu&rsquo;elle avait toujours adoré le mot surrender, entendu dans une chanson fameuse. A présent, elle savait pourquoi : elle connaissait la raison d&rsquo;être de cet obscur attachement pour ce mot. </em>Surrender. Reddition<em>. Il est beau, ce mot, non ? m&rsquo;a-t-elle dit ce matin-là? Reddition, avec ses deux d, c&rsquo;est sublime, tu ne trouves pas ? Mais enfin, ai-je protesté, qu&rsquo;est ce que tu racontes, tu dis n&rsquo;importe quoi ! Pas du tout, m&rsquo;a répliqué calmement pas jumelle.  Je t&rsquo;assure, Marie-Claire. Le moment est venu de me rendre. Le bonheur n&rsquo;a pas voulu de moi, j&rsquo;ai pourtant tout fait pour le mériter, tant pis, ma décision est prise, j&rsquo;abandonne.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pas de doute, Eric Reinhardt sait parler des femmes&#8230; et aux femmes. Avec ce nouveau roman, formidable portrait, il nous parle de l&rsquo;intime, de ce qui ne se voit pas, de ce qu&rsquo;on ne dit pas. Et qu&rsquo;il faut deviner. La langue de Reinhardt, riche, précise, nous entraîne dans les méandres de l&rsquo;âme et des sentiments. Jusqu&rsquo;à la fin de Bénédicte. A découvrir absolument. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amour et les forêts&nbsp;&raquo;, Eric Reinhardt, Gallimard, 21,90€.</strong> </em></p>
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