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	<title>Quatrième de couv &#187; culpabilité</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Quand le secret brûle tout&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 14:13:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Lu d&#8217;une traite ! Le nouveau roman de Frédérique Clémençon est terrible, prenant. Tragique. Professeure dans un lycée de la Vienne, Frédérique Clémençon signe avec Dans la forêt glacée son septième roman. Quatrième de couv avait parlé ici de son roman L&#8217;hiver dans la bouche. Le temps d&#8217;un week-end prolongé, le roman s&#8217;installe. Au bord de la mer, une famille se réunit pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FORET-GLACEE.jpg" rel="lightbox[5991]"><img class="alignleft size-full wp-image-5995 colorbox-5991" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FORET-GLACEE.jpg" alt="FORET GLACEE" width="195" height="304" /></a></p>
<p>Lu d&rsquo;une traite ! Le nouveau roman de <strong>Frédérique Clémençon</strong> est terrible, prenant. Tragique.</p>
<p>Professeure dans un lycée de la Vienne, <strong>Frédérique Clémençon</strong> signe avec <strong><em>Dans la forêt glacée</em></strong> son septième roman. Quatrième de couv avait parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/02/08/le-deuil-impossible-dun-amour-eteint/">ici</a></strong> de son roman <em><strong>L&rsquo;hiver dans la bouche</strong></em>.</p>
<p>Le temps d&rsquo;un week-end prolongé, le roman s&rsquo;installe. Au bord de la mer, une famille se réunit pour fêter les noces d&rsquo;or des grands-parents. <strong>Chloé,</strong> la narratrice, est là, avec ses parents, ses frères et soeur <strong>Gabriel</strong>, <strong>Paul</strong> et <strong>Julia</strong> que tous surnomment <strong>Poucette</strong>). Une situation normale. En apparence seulement. Car <strong>Chloé</strong>, 16 ans, met tout en oeuvre pour cacher son secret. Il fait beau, chaud. Elle ne quitte pas ses vêtements aux manches longues.  Cache ses poignets qu&rsquo;elle scarifie régulièrement. Sa grand-mère <strong>Anita</strong> sent qu&rsquo;il se passe quelque chose. Comme un malaise. Etouffant. Elle observe de près <strong>Gabriel</strong>, le frère aîné de <strong>Chloé</strong>. Agé de 20 ans, il est étudiant en médecine. Il a quitté la maison familiale. Mais n&rsquo;est jamais assez loin de <strong>Chloé</strong>.</p>
<p>D&rsquo;emblée, on apprend la mort tragique de <strong>Gabriel.</strong> <strong>Frédérique Clémençon</strong> remonte ensuite la piste. Plonge les lecteurs dans la vie d&rsquo;une famille, dans celle d&rsquo;une adolescente qui se cherche entre les mots tus et ceux qui tuent.  Jusqu&rsquo;à faire craquer une histoire sans paroles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5991"></span></p>
<p>La forêt glacée ? Une évocation de celle de Sibérie qui, contre toute attente, a été le cadre d&rsquo;incendies spectaculaires dès mai 2021, et ce, pendant plusieurs mois. Des incendies sans précédent, boostés par la sécheresse et les vagues de chaleur record liées au changement climatique. <strong>Chloé</strong> se sent également brûlante, transie&#8230;mais incapable de raconter l&rsquo;indicible. Son frère qui la viole depuis des années&#8230;</p>
<p>Il y a la violence qu&rsquo;elle retourne contre elle, les photos qu&rsquo;elle prend tout le temps&#8230; mais pas (assez) de mots. Jusqu&rsquo;à ce que le secret éclate. Avant de se transformer à nouveau en secret.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 99 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Jamais je n&rsquo;ai aussi bien compris le sens de cette expression – déshabiller quelqu&rsquo;un du regard – que lorsque ses yeux s&rsquo;attardaient sur moi. Bien sûr, je pourrais parler du regard de Gabriel et du rouge qui lui vient quelquefois aux joues quand ses yeux fouillent mon corps, me touchent au point de me faire tressaillir, réveillent la douleur au creux de mon ventre, mais son regard est d&rsquo;une autre nature. Il est carnivore.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 163 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand je suis née, Gabriel avait quatre ans. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand Paul est né, j&rsquo;avais quatre ans et Gabriel huit.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand Poucette est née, j&rsquo;en avais huit, Paul quatre et Gabriel douze. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand Gabriel est venu dans ma chambre la première fois, j&rsquo;avais treize ans quatre mois et vingt et un jours. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Gabriel est mon horloge intérieure, mon mémorial, mon agenda secret.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 225 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Aline et Samuel marchent l&rsquo;un à côté de l&rsquo;autre devant nous, leurs mains se frôlent, s&rsquo;agrippent, se lâchent. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Souvent j&rsquo;ai l&rsquo;impression que le corps des autres est aussi le mien. Ce qu&rsquo;ils ressentent me touche, entre en moi. Je suis Aline et Samuel, Lola et Joseph, Paul et Poucette. J&rsquo;ai mille corps et autant de mains, de langues, de ventres, de bouches. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je sais ce qu&rsquo;est être un gibier, ce qu&rsquo;éprouvent le cerf, le sanglier traqués, dont la peau sécrète une sueur aigre, la peur a une odeur. Les mots sont merveilleux, oui, monsieur Delage. </em>Sécréter<em> contient à la fois le mystère et le poison, n&rsquo;est-ce pas merveilleux ?&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Dans la forêt glacée, Frédérique Clémençon, Flammarion, 14€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Famille(s), je vous hais&#8230; mais pas seulement</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/03/08/familles-je-vous-hais-mais-pas-seulement/</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Mar 2019 13:40:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Rentrée littéraire Pour échapper, le temps d’un dimanche d’été, à sa femme enceinte et à ses trois enfants, Albert s’incruste au baptême de Franny, la ﬁlle d’un ﬂic, Fix, qu’il connaît vaguement. Tandis que les invités se laissent gagner par l’ivresse, il succombe à la beauté renversante de Beverly, la mère du bébé baptisé ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div></div>
<div> <strong><span style="color: #008080">Rentrée littéraire</span></strong></div>
<div></div>
<div><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782330118051.jpg" rel="lightbox[4571]"><img class="alignleft wp-image-4573 size-medium colorbox-4571" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782330118051-181x300.jpg" alt="9782330118051" width="181" height="300" /></a></div>
<div>Pour échapper, le temps d’un dimanche d’été, à sa femme enceinte et à ses trois enfants, <strong>Albert</strong> s’incruste au baptême de <strong>Franny</strong>, la ﬁlle d’un ﬂic, <strong>Fix</strong>, qu’il connaît vaguement.</div>
<div>Tandis que les invités se laissent gagner par l’ivresse, il succombe à la beauté renversante de <strong>Beverly</strong>, la mère du bébé baptisé ce jour de 1964.</div>
<div>Le baiser qu’ils échangent est le premier des éboulements que subiront leurs familles, à jamais liées.<br />
<strong>Albert </strong>( que tous appellent <strong>Bert</strong>) et <strong>Beverly</strong> se marient  et quittent la Californie pour la Virginie.</div>
<div>Chaque été, ils se retrouvent avec leurs six enfants sur les bras – un petit clan plus ou moins livré à lui-même, prêt à tout pour tromper l’ennui. Mais un drame fait voler en éclats cette fratrie recomposée.</div>
<div></div>
<div></div>
<div></div>
<div>Des années plus tard, alors qu’elle travaille comme serveuse dans le bar d’un hôtel de luxe, <strong>Franny</strong> a un soir l’honneur inattendu de servir quelques whiskys à un auteur culte qu’elle révère, <strong>Leo Posen</strong>.</div>
<div></div>
<p><span id="more-4571"></span></p>
<div>Devenue sa compagne, elle lui livre des conﬁdences sur son histoire, dont il s’empare pour faire son grand retour sur la scène littéraire.</div>
<div>L’immense succès du roman fait resurgir la tragédie familiale et vient à nouveau chambouler les relations entre les membres de cette tribu éparpillée, soudée par le souvenir, le mensonge, la culpabilité. Et un inaltérable attachement.</div>
<div></div>
<div>A travers les parcours de <strong>Teresa</strong>, <strong>Bert</strong>, <strong>Fix</strong> et <strong>Beverly</strong> on plonge dans l&rsquo;Amérique des classes moyennes. Leurs enfants – <strong>Cal</strong>, <strong>Holly</strong>, <strong>Jeannette</strong> et <strong>Albie</strong> d&rsquo;un côté –, <strong>Caroline</strong> et <strong>Franny</strong> de l&rsquo;autre, mêlent les souvenirs. Ceux des jours heureux. Ceux des jours de drames. La mort de <strong>Cal</strong>, alors adolescent, en sera un. Qui va bouleverser les deux familles, les trajectoires des uns et des autres.</div>
<div>Alors que <strong>Fix</strong> se bat contre un cancer, sa fille <strong>Franny</strong> plonge une fois encore dans les histoires familiales.</div>
<div><strong>Ann Patchett, </strong>quinquagénaire installée à Nashville (où elle a d&rsquo;ailleurs ouvert une librairie), est l&rsquo;auteure de plusieurs romans dont <strong>&laquo;&nbsp;Bel Canto&nbsp;&raquo;</strong> – qui a valu le prix PEN/Faulkner Award – a un talent évident pour raconter des histoires, même sur plusieurs décennies !</div>
<div>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Orange amère&nbsp;&raquo;</strong>, elle livre un roman poignant et tendre sur l&rsquo;enfance, sur les liens qui durent et sur le mystère qui entoure toujours la notion de famille.</div>
<div></div>
<div style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></div>
<blockquote>
<div style="text-align: left"><strong> Page 57 :</strong><em>&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Et ensuite, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé ? &nbsp;&raquo; demanda Franny. C&rsquo;était à ça que ça servait d&rsquo;accompagner son père en chimio, alors qu&rsquo;aucun médecin n&rsquo;évoquait un traitement curatif : à passer le temps qu&rsquo;il lui restait avec lui, en recueillant toutes ses histoires. Voilà pourquoi Caroline et Franny prenaient un avion pour Los Angeles à tour de rôle, parce qu&rsquo;elles n&rsquo;avaient jamais passé beaucoup de temps avec lui. Ça permettait à Marjorie de faire une petite pause, parce qu&rsquo;elle se coltinait tout le boulot, mais surtout ça leur donnait une chance de découvrir les histoires qu&rsquo;il allait emporter avec lui. Ce soir, quand son père serait allé se coucher, elle appellerait Caroline pour lui raconter ce qui était arrivé à Lomer.&nbsp;&raquo; </em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 125 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Fix avait préféré Caroline avant même d&rsquo;entrer en fac de droit. Elle était plus âgée, et comme ils avaient partagé plus de temps avant le divorce, ils se connaissaient mieux. Et puis la haine de Caroline pour Bert brûlait comme une une flamme translucide, et elle faisait tout pour gâcher la vie de sa mère, avant de tout rapporter à son père. Fix lui disait de se calmer tout en prenant un malin plaisir à écouter son reportage détaillé. Lui aussi aurait adoré avoir l&rsquo;occasion de gâcher la vie de Beverly. Caroline ressemblait à Fix – mêmes cheveux bruns, même peau qui dorait à l&rsquo;instant où ils arrivaient sur la plage. Franny avait trop pris de sa mère, trop délicate, et blonde, et maladroite. Trop jolie et en même temps jamais aussi jolie.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 145 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais c&rsquo;étaient des années de vaches maigres pour la charité émotionnelle, et en dépit de toutes les nuits où Jeannette s&rsquo;accrochait à sa résolution d&rsquo;être plus gentille, la gentillesse n&rsquo;était jamais au rendez-vous. Sans son père, sans Cal, les quatre membres survivants des Cousins de Californie du Sud devinrent plus profondément eux-mêmes, comme si toute l&rsquo;aptitude sociale que chacun avait acquise dans la vie s&rsquo;est évaporée dans le laps de temps qu&rsquo;il faut à une abeille pour piquer un gamin. La vitesse à laquelle leur mère se ruait du travail, à l&rsquo;école, au supermarché avait doublé. Elle était sans cesse en train d&rsquo;arriver, sans cesse en train de partir, jamais là. Elle passait son temps à chercher son sac, ses clés de voiture.&nbsp;&raquo;</em></div>
</blockquote>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Orange amère&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Ann Patchett, Actes sud, 22, 50€</strong></em></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Une si longue mue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/05/une-si-longue-mue/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Oct 2017 06:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire On poursuit notre virée au milieu des livres de la rentrée littéraire.  Petite halte à Tours – ça tombe bien ! – pour découvrir Anne Godard et son nouveau roman &#171;&#160;Une chance folle&#160;&#187;, publié aux Editions de Minuit. Ce professeur d&#8217;université a posé ses valises à Tours il y a quatre ans, après [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #00ffff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Une-chance-folle.jpg" rel="lightbox[4057]"><img class="alignleft size-full wp-image-4058 colorbox-4057" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Une-chance-folle.jpg" alt="Une chance folle" width="178" height="245" /></a></p>
<p>On poursuit notre virée au milieu des livres de la rentrée littéraire.  Petite halte à Tours – ça tombe bien ! – pour découvrir <strong>Anne Godard</strong> et son nouveau roman <strong>&laquo;&nbsp;Une chance folle&nbsp;&raquo;</strong>, publié aux <strong>Editions de Minuit.</strong></p>
<p>Ce professeur d&rsquo;université a posé ses valises à Tours il y a quatre ans, après plusieurs années passées en Sologne. Partagée entre Paris (pour les cours) et les bords de Loire, <strong>Anne Godard</strong> écrit depuis très longtemps, comme elle me l&rsquo;a expliqué lors de l&rsquo;interview publiée dans la série estivale de La Nouvelle République édition Indre-et-Loire <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Loisirs/24H/n/Contenus/Articles/2017/07/25/Anne-Godard-Ecrire-m-est-par-moments-necessaire-a-d-autres-impossible-3176105">Plumes d&rsquo;ici</a></strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4057"></span></p>
<p>&laquo;&nbsp;Ecrire m&rsquo;est par moments nécessaire, par moments impossible, c&rsquo;est une expérience très intense, absorbante et dangereuse d&rsquo;une certaine manière, car ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est d&rsquo;arriver à frôler des états qui sont difficiles, où l&rsquo;on peut se perdre, en étant au plus près des sensations où le physique et le psychique se confondent&nbsp;&raquo;, m&rsquo;expliquait-elle lors de l&rsquo;interview.</p>
<p>Une explication qui prend tout son sens après la lecture de <strong>&laquo;&nbsp;Une chance folle&nbsp;&raquo;.</strong> Lauréat du Grand Prix RTL-LIre pour son premier roman &laquo;&nbsp;Inconsolable&nbsp;&raquo;, <strong>Anne Godard</strong> signe un roman court, ramassé, dense et violent.</p>
<p>Une violence latente. A cause du huis clos qu&rsquo;il installe entre une jeune femme et sa mère dont le père et le frère sont exclus. Tout comme le bébé, une petite fille, qui ne survivra pas.</p>
<p>Un voyage dans le temps. Douloureux. Et pour cause. <strong>Magda</strong> a été gravement brûlée lorsqu&rsquo;elle avait quelques mois. Elle ne s&rsquo;en souvient, mais sa mère a scrupuleusement tout noté dans un carnet. Des pansements aux cures, des opérations de greffe aux rendez-vous chez les spécialistes. Comme pour se justifier. Ou arrêter de culpabiliser. Elle tient le beau rôle. Celui de l&rsquo;abnégation.</p>
<p><strong>Magda</strong> devrait se dire qu&rsquo;elle a de la chance, sa mère ne l&rsquo;a pas lâchée&#8230;</p>
<p>Sauf que<strong> Magda,</strong> bébé ébouillanté, n&rsquo;a pas accès à ses propres souvenirs. Elle se raconte son histoire par l&rsquo;entremise de sa mère. Il est temps qu&rsquo;elle s&rsquo;affranchisse. Qu&rsquo;elle se libère&#8230; Et qu&rsquo;elle change de peau.</p>
<p>Au fil des pages, <strong>Anne Godard</strong> donne à lire une terrible description de la douleur. Qu&rsquo;elle soit physique ou psychique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 10 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je ne peux pas la voir en entier, même dans un miroir, et souvent ce sont les autres qui me la rappellent. Une hésitation, un clignement des yeux, l&rsquo;adaptation du regard à quelque chose d&rsquo;inattendu, la surprise aussitôt surmontée d&rsquo;une couleur un peu différente, d&rsquo;un repli qui n&rsquo;aurait pas dû être, cela suffit. Je sais ce qu&rsquo;ils ont vu, je sais qu&rsquo;ils n&rsquo;osent plus regarder, je sens leur gêne ou leur curiosité, et pendant un instant, je sens que je pourrais les tuer, pendant un instant je les hais, sans limite, par réflexe, comme on retire sa main d&rsquo;une surface qu&rsquo;on ne savait pas brûlante, avant même d&rsquo;y penser, et sitôt qu&rsquo;on y pense, c&rsquo;est fini, je n&rsquo;ai plus peur et je peux cesser de vouloir tuer comme je cesse d&rsquo;essayer de me défendre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 43 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je deviens sage comme une image, sage et soumise comme l&rsquo;image que je vois dans les yeux de ma mère. De toutes mes forces, j&rsquo;essaie de ressembler à cette image dont ma mère veut s&rsquo;occuper. Je me laisse faire et je la laisse me faire ce qu&rsquo;elle veut. Je suis prête à tout et, du moment que je me tais, elle semble contente d&rsquo;avoir mon corps pour se soigner. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 93 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A ces filles qui se disent mes amies, je ne confie rien de ce qui m&rsquo;importe. C&rsquo;est une habitude prise depuis longtemps. Je n&rsquo;ai jamais pu parler de la cicatrice sans susciter tout à la fois des haut-le-coeur, sincères ou joués, et des manifestations de pitié. Je ne serai la pauvre de personne. Elles ne comprendraient pas si je leur disais que le pire de tout ce qui m&rsquo;est jamais arrivé, c&rsquo;est leur pitié qui m&rsquo;abaisse et me ravale à une chose informe et sans volonté, une sorte de larve débusquée qui se tortille en agonisant, nue, hors de son nid, une larve répugnante, mais désarmée, qu&rsquo;on écrase pour l&rsquo;achever.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une chance folle&nbsp;&raquo;, Anne Godard, Les Editions de Minuit, 14€.</strong></em></p>
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		<title>Oraison sincère</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/13/oraison-sincere/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Nov 2016 17:05:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Catherine Cusset est de retour ! L&#8217;auteure française, installée à New-York depuis des années, est actuellement très en vue (dans les librairies et les short-lists des prix littéraires. Elle figurait dans les derniers romans en lice pour le prix Goncourt qui est finalement allé à Leïla Slimani pour &#171;&#160;Chanson douce&#160;&#187;, à découvrir [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUSSET.jpg" rel="lightbox[3752]"><img class="alignleft size-full wp-image-3754 colorbox-3752" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUSSET.jpg" alt="CUSSET" width="250" height="366" /></a>Catherine Cusset</strong> est de retour ! L&rsquo;auteure française, installée à New-York depuis des années, est actuellement très en vue (dans les librairies et les short-lists des prix littéraires. Elle figurait dans les derniers romans en lice pour le prix Goncourt qui est finalement allé à Leïla Slimani pour &laquo;&nbsp;Chanson douce&nbsp;&raquo;, à découvrir très prochainement sur le blog) grâce à son nouveau roman, <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait&nbsp;&raquo;</strong>, paru pour cette rentrée littéraire chez Gallimard.</p>
<p>L&rsquo;agrégée de lettres classiques, qui enseigna un temps aux Etats-Unis avant de de se consacrer entièrement à l&rsquo;écriture, revient donc avec ce treizième ouvrage.</p>
<p>J&rsquo;avais découvert son univers avec <strong>&laquo;&nbsp;La haine de la famille&nbsp;&raquo;</strong>, paru en 2001 puis avec <strong>&laquo;&nbsp;Un brillant avenir&nbsp;&raquo;</strong>, en 2008.</p>
<p>La voici avec un roman sensible, basé sur l&rsquo;histoire de celui qui fut son amant puis son ami, <strong>Thomas Bulot</strong> qui, en 2008 se suicidait, à Richmond, en Virginie, où il enseignait alors. Il était âgé de 39 ans.</p>
<p>Entre souvenirs et fiction, à la deuxième personne du singulier, <strong>Catherine Cusset</strong> déroule  la vie, vingt ans durant, de ce jeune homme brillant mais tourmenté. Mondain mais solitaire. Une oraison sincère, qui ne cache rien.</p>
<p>Le 29 octobre, La Nouvelle République lui ouvrait ses colonnes pour une interview que vous pouvez retrouver <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2016/10/29/J-ai-un-gout-pour-la-verite-et-pour-la-mise-en-danger-2885477">ici.  </a></strong></p>
<p><span id="more-3752"></span></p>
<p><strong>Thomas</strong> est brillant, ambitieux. Fasciné par Proust, il lui consacrera sa thèse. Comme lui, il entretient une relation très forte avec sa mère.<br />
<strong>Catherine Cusset</strong> a 26 ans quand elle le rencontre. Il a 18 ans, est ami avec son jeune frère. <strong>Thomas</strong> est un aimant, il attire tous les regards. Et pourtant. Ses deux échecs successifs pour pénétrer l&rsquo;école de la rue d&rsquo;Ulm scelle le début des déboires. <strong>Thomas</strong> ne parviendra jamais à ses fins. A-t-il pour autant raté sa vie comme l&rsquo;avait laissé entendre l&rsquo;auteure dans la première version d&rsquo;un portrait qu&rsquo;elle lui avait consacré ? Elle le juge à l&rsquo;aune de critères sociaux dont il se fiche. Ou croit le faire. Lui se voit comme <strong><em>&laquo;&nbsp;un être poétique&nbsp;&raquo;.</em> </strong></p>
<p>Au fil des pages, au fil des années et des affectations à travers l&rsquo;Amérique parfois profonde, on suit pourtant le parcours chaotique de cet universitaire populaire, de cet homme qui sabote lui-même ses chances, par naïveté, procrastination ou trop d&rsquo;assurance.</p>
<p><strong>Les postes prestigieux lui échappent, les femmes qu&rsquo;il aime finissent immanquablement par le quitter. </strong> Alors, <strong>&laquo;&nbsp;l&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait&nbsp;&raquo;</strong>, référence à la chanson &laquo;&nbsp;Avec le temps&nbsp;&raquo; de Léo Ferré, se renferme, s&rsquo;isole.</p>
<p>Et le diagnostic, tardif, de présence de troubles bipolaires, ne fera qu&rsquo;aggraver la situation. Malgré la présence de sa famille, des amis qu&rsquo;il lui reste, Thomas va sombrer.</p>
<p>Avec le style direct, incisif, efficace qu&rsquo;on lui connait, <strong>Catherine Cusset</strong>, tout en lucidité et empathie, dresse un formidable parcours de vie.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 77 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Tu ne peux même pas aller te reposer dans la petite maison du Connecticut car nous avons déménagé et vivons provisoirement dans un endroit du New Jersey inaccessible autrement qu&rsquo;en voiture. En congé sabbatique cette année, je circule entre les Etats-Unis et la France. Un après-midi de novembre où tu me retrouves dans un café du Village, tu me révèles ce que tu n&rsquo;as dit à personne : tu es parfois sujet à des accès de dépression pendant lesquels ta vision du monde est d&rsquo;un pessimisme absolu. C&rsquo;est le cas en ce moment. Tu as hésité à me parler de cette humeur qui envahit ta vie telle une marée noire et tue en toi tout désir, de ce vide qui t&rsquo;engloutit comme des sables mouvants. En nommant ce néant, tu tentes de lui donner une existence, de le mettre à distance, de construire une défense. Mais quel rapport entre ce noir d&rsquo;encre qui te submerge quand tu es seul et ces mots que tu prononces devant un cappuccino, dans un café de New York, face à un visage ami ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 174-175 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je suis ton amie, je ne suis pas méchante, tu l&rsquo;as compris. Mais comme j&rsquo;ignore la fragilité, comme j&rsquo;ignore le mal qu&rsquo;on fait à l&rsquo;autre en posant le doigt sur ses zones les plus sensibles et en appuyant dessus ! Ma pauvre petite fille qui n&rsquo;a pas  cinq ans, tu as peur pour elle, peur que son bulldozer de mère ne l&rsquo;écrase sans même s&rsquo;en rendre compte. Peut-être n&rsquo;écriras-tu rien, mais au moins tu ne feras ce mal-là à personne. Tu te préfères dans la peau du bouffon pathétique que dans celle d&rsquo;une femme qui te donne à lire un tel texte en te demandant ton avis “littéraire”. Un texte qui n&rsquo;est pas seulement blessant, mais mauvais. Tu es partial, soit, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de toi, mais tu n&rsquo;as aucun doute.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 243 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand nous dinons en tête à tête ce soir-là, tu me racontes septembre et ton désir de suicide. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;air trop inquiète, pas même quand tu me dis avoir penser à mettre un sac de plastique sur ta tête comme mon beau-père pour ne pas te louper. Tu remarques mon imperceptible haussement d&rsquo;épaules, comme si je trouvais indécent d&rsquo;oser te comparer à mon beau-père qui est passé à l&rsquo;acte. C&rsquo;est vrai que, vue de New York, de ce restaurant de Chinatown où tu dégustes un poulet au sésame dont tu trouves la saveur exquise, ta dépression de Venise ne parait pas mortelle.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;autre qu&rsquo;on adorait&nbsp;&raquo;, Catherine Cusset, Gallimard, 20€</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Le prix d&#8217;un si lourd silence&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/05/26/le-prix-dun-si-lourd-silence/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 May 2016 07:06:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2016   Lire des livres non choisis n&#8217;est pas toujours simple ! La preuve avec &#171;&#160;Je me suis tue&#160;&#187; de Mathieu Menegaux qui, pour moi, aura été la véritable mauvaise surprise de cette sélection 2016 du prix Roblès. L&#8217;histoire ? Elle me parait capillotractée. Trop. Claire est une quadragénaire à qui tout [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Sélection prix Roblès 2016</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Je-me-suis-tue.jpg" rel="lightbox[3586]"><img class="alignleft size-full wp-image-3588 colorbox-3586" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Je-me-suis-tue.jpg" alt="Je me suis tue" width="195" height="307" /></a>  Lire des livres non choisis n&rsquo;est pas toujours simple ! La preuve avec <strong>&laquo;&nbsp;Je me suis tue&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Mathieu Menegaux</strong> qui, pour moi, aura été la véritable mauvaise surprise de cette sélection 2016 du<strong> prix Roblès.</strong></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle me parait capillotractée. Trop. <strong>Claire</strong> est une quadragénaire à qui tout avait réussi. Enfin presque. Au début du livre, on la retrouve à la prison des femmes de Fresnes. Son procès devant les assises s&rsquo;est ouvert. D&rsquo;ici quelques heures, le verdict sera rendu. Mais Claire n&rsquo;a toujours rien expliqué sur le drame dont elle s&rsquo;est rendue coupable.</p>
<p>Un drame en plusieurs. Le viol d&rsquo;abord. Celui qu&rsquo;elle subi un soir alors qu&rsquo;elle rentre d&rsquo;un dîner. Elle ne dira rien. A personne. Et tombera enceinte. De son violeur ? C&rsquo;est ce qu&rsquo;elle va croire des mois durant.  Et se tromper cependant. L&rsquo;enfant, Pierre, est bien le fils de son mari Antoine. Mais le ver est dans le fruit. Le mensonge, le silence, le doute. Leur histoire explose et Claire implose. Jusqu&rsquo;à commettre l&rsquo;irréparable.  Par deux fois.</p>
<p>Le portrait d&rsquo;une femme torturée écrit par un homme,  quadragénaire et conseil en management. Une histoire dans laquelle je ne suis pas entrée. Trop alambiquée. Et le fait, pour l&rsquo;auteur d&rsquo;user et d&rsquo;abuser de paroles de chansons est, de mon point de vue, assez exaspérant.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 12-13 :</strong><em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;est décidé, je vais faire le mur, donc. Tout est prêt. Je vais franchir les murs d&rsquo;enciente sans échelle, sans grappin, sans draps noués, je vais voler au-dessus des fils de fer barbelés sans ailes, disparaître sans trucage, m&rsquo;évanouir sans arme, sans haine, ni violence. Demain matin je pars. Dès que j&rsquo;aurai fini de noircir ces pages sur mon lit à barreaux, et de les mettre en ordre.  Je vais pouvoir oublier, enfin. L&rsquo;écriture est la dernière étape de mon chemin de croix. Je ne compte pas revenir au troisième jour. Ils ne me reverront pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 100-101 :</strong> &laquo;&nbsp;<em>Depuis six mois, pas une fois, je ne m&rsquo;étais égarée comme ça. Je n&rsquo;y avais plus jamais pensé. J&rsquo;avais réussi mon pari, oublié le viol, enfoui les doutes, balayé les évidences, construit ma forteresse et creusé de telles douves qu&rsquo;elle était devenue imprenable. Je l&rsquo;avais renforcée jour après jour et d&rsquo;un coup elle se fissurait, elle tombait en ruine, comme sous l&rsquo;impact d&rsquo;un soudain tremblement de terre. Ce tsunami de douleur allait finir par emporter toutes mes certitudes sur son passage.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Je me suis tue&nbsp;&raquo;, Mathieu Menegaux, Grasset.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Survivre à la terrible déflagration&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/03/survivre-a-la-terrible-deflagration/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2016 08:16:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Olivier Adam est de retour ! Deux ans après &#171;&#160;Peine perdue&#160;&#187; dont vous trouverez ma critique ici et quatre ans après &#171;&#160;Les lisières&#160;&#187;, formidable roman sur les classes moyennes grâce auquel j&#8217;avais découvert cet auteur quadragénaire désormais installé du côté de Saint-Malo ( à découvrir là ), il revient dans les piles de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span> </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENVERSE-OK.jpg" rel="lightbox[3444]"><img class="alignleft size-full wp-image-3447 colorbox-3444" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENVERSE-OK.jpg" alt="RENVERSE OK" width="193" height="300" /></a></p>
<p><strong>Olivier Adam</strong> est de retour ! Deux ans après <strong>&laquo;&nbsp;Peine perdue</strong>&nbsp;&raquo; dont vous trouverez ma critique <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/">ici </a></strong>et quatre ans après <strong>&laquo;&nbsp;Les lisières&nbsp;&raquo;</strong>, formidable roman sur les classes moyennes grâce auquel j&rsquo;avais découvert cet auteur quadragénaire désormais installé du côté de Saint-Malo ( à découvrir <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/">là</a> </strong>), il revient dans les piles de romans de la rentrée littéraire de l&rsquo;hiver avec <strong>&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>La renverse ? C&rsquo;est cette période, de durée variable, séparant deux phases de marées (montante ou descendante) durant laquelle le courant devient nul. La renverse, cette situation d&rsquo;étal, c&rsquo;est ce que vivra Antoine des années durant. Pour oublier. Pour ne plus penser.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous plonge dans la rubrique faits divers de notre histoire contemporaine française. Au fil des pages, on reconnait, en filigrane, plusieurs élus, parfois de haut rang, qui se sont illustrés dans des affaires sordides. Dans le désordre, <strong>Georges Tron</strong>, <strong>Dominique Strauss-Kahn</strong>, <strong>Patrick Balkany</strong> ou encore <strong>Jérôme Cahuzac. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3444"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Antoine</strong>, le narrateur. On le trouve en Bretagne, employé dans une librairie. Là, il vit une histoire avec <strong>Chloé.</strong> Une histoire dans laquelle il ne s&rsquo;investit pas. Et plus il y a l&rsquo;annonce. Celle de la mort de <strong>Jean-François Laborde</strong>. Ministre éphémère, il a été, des mandats durant, le sénateur-maire de la ville dans laquelle<strong> Antoine</strong> a grandi, en région parisienne. Il vient de mourir dans un accident de voiture. D&rsquo;un coup, une énorme vague submerge le jeune adulte. Et pour cause.</p>
<div id="attachment_3449" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM3.jpg" rel="lightbox[3444]"><img class="wp-image-3449 size-full colorbox-3444" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM3.jpg" alt="OLIVIER ADAM" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Olivier Adam</p></div>
<p>Dix ans plus tôt, l&rsquo;homme était éclaboussé par un scandale politico-sexuel. Sordide. Antoine s&rsquo;en souvient. Sa mère, <strong>Cécile Brunet</strong>, était la maîtresse de <strong>Laborde</strong>. Sa complice aussi, diront les victimes. L&rsquo;enquête conclut finalement à un non-lieu. Mais à quel prix ? Deux familles détruites, des gamins livrés à eux-mêmes et une rumeur qui n&rsquo;en finit pas d&rsquo;enfler.</p>
<p>Alors <strong>Antoine,</strong> le lycéen inspiré, fuit. Son frère, ses parents, sa ville, sa vie. Finit par s&rsquo;en aller avec <strong>Laetitia</strong>, la fille de <strong>Laborde</strong>. Sans chercher à comprendre. Sans vouloir savoir vraiment ce qui est faux, ce qui est vrai.</p>
<p>Par flash-backs, il raconte les affres du pouvoir et la déflagration provoquée par le fait divers : le calvaire des enfants, l&rsquo;impossibilité pour les victimes, des petites gens, à pouvoir être entendues, le traumatisme toujours vivace même dix ans après. A-t-il été à la hauteur ? A-t-il réagi comme il aurait fallu ou s&rsquo;est-il dérobé ? Sa mémoire, elle, reste sélective&#8230;</p>
<p><strong>J&rsquo;ai retrouvé avec plaisir le style d&rsquo;Olivier Adam sur un sujet effectivement jamais abordé, celui des victimes collatérales à tout scandale. L&rsquo;occasion aussi de plonger dans les descriptions toujours justes de l&rsquo;auteur, des abords, des lisières de nos décors contemporains. Un bon moment de lecture.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 37 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Ecrivant cela j mesure d&rsquo;ailleurs combine déjà, avant même la renverse, nous nous parlions pue, en dehors des aspects pratiques de la vie que nous menions côte à côte. Je mesure combine sous ses abords banals nous formions une famille singulière, désertée par la joie, plombée par l&rsquo;esprit de sérieux, glacée par une tristesse diffuse, indéfinissable, figés dans une réserve et une pudeur maladives, qui interdisaient toute étreinte, toute confidence, toute tendresse manifeste, toute intimité réelle. De toute façon, tout allait de soi à mes yeux. Comme tout va toujours de soi pour les enfants. Le lieux dans lesquels ils vivent. Le couple que forment leurs parents. Rien ne leur paraît vraiment étrange ni déplacé , ni simplement questionnable. Evidemment aujourd&rsquo;hui, je ne peut m&rsquo;empêcher de penser que quelque chose clochait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 124-125 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;affaire elle-même était loin, tout le monde avait été blanchi, Laborde avait été réélu et ma mère virée de ses listes, on disait partout qu&rsquo;il l&rsquo;avait répudiée, que sa femme l&rsquo;avait exigé et je savais que c&rsquo;était vrai. Tout cela était enterré mais Camille en avait conscience, nous n&rsquo;en aurions jamais vraiment terminé. Le suel moyen d&rsquo;en finir était de couper le lien, nous l&rsquo;avions fait et de devions sous aucun prétexte revenir en arrière. Nos parents étaient des dingues, notre mère avait du sang sur les mains. Notre mère était une folle détraquée et narcissique, qui ne faisait même pas pitié. Son cynisme et son égocentrisme maladifs interdisaient qu&rsquo;elle puisse nous en inspirer une once. Camille savait cela aussi bien que moi, j&rsquo;ignorais comment mais il en savait autant, quand je croyais lui apprendre quelque chose que je tenais de Laetitia, il le savait déjà. Il disait : mais toi, t&rsquo;étais jamais là. Avant mon départ pour Bordeaux t&rsquo;étais jamais là. Toujours fourré chez Nicolas, enfermé dans ta chambre. Tu évitais les dîners, les soirées, mais moi&#8230; Moi, j&rsquo;ai tout pris de face. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 189 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le suicide de Celia B. ne changea rien. Une fois le non-lieu prononcé, pour ce que j&rsquo;en sais, à M. tout reprit son cours tranquille. A quelques détails près. Laborde n&rsquo;était plus ministre délégué et la configuration politique était sur le point de basculer. Personne au gouvernement ne songea à le réintégrer. Il allait devoir patienter avant de regagner sa place, ça prendrait des années, et il n&rsquo;en semblait plus si loin quand l&rsquo;accident qui avait provoqué sa mort s&rsquo;était produit. Il avait certes perdu son siège de sénateur dans l&rsquo;histoire, mais les prochaines élections qui s&rsquo;annonçaient se profilaient avantageusement le concernant : la nouvelle majorité avait déçu et une alternance s&rsquo;annonçait, dont il serait l&rsquo;un des bénéficiaires. En attendant, un peu moins d&rsquo;un an après la clôture de l&rsquo;instruction, il fut réélu triomphalement à la mairie de M., à la tête d&rsquo;une liste où ne figurait pas ma mère.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La renverse&nbsp;&raquo;, Olivier Adam, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
</blockquote>
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		<title>L&#8217;amour maternel au crash-test</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/09/lamour-maternel-au-crash-test/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/09/lamour-maternel-au-crash-test/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2015 07:23:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Un amour impossible"]]></category>
		<category><![CDATA[aveuglement]]></category>
		<category><![CDATA[bourgeoisie]]></category>
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		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Son livre fait désormais partie de la première sélection du prix Goncourt. Et n&#8217;en finit pas de faire parler de lui pour ses qualités littéraires. Pas de doute, Christine Angot est l&#8217;un des auteurs les plus en vue de cette rentrée  !  Avec &#171;&#160;Un amour impossible&#160;&#187;, elle évoque la rencontre de ses parents, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
</blockquote>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ANGOT.jpg" rel="lightbox[3261]"><img class="alignleft size-full wp-image-3262 colorbox-3261" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ANGOT.jpg" alt="ANGOT" width="103" height="160" /></a>Son livre fait désormais partie de la première sélection du prix Goncourt. Et n&rsquo;en finit pas de faire parler de lui pour ses qualités littéraires.</p>
<p>Pas de doute, <strong>Christine Angot</strong> est l&rsquo;un des auteurs les plus en vue de cette rentrée  !  Avec <strong>&laquo;&nbsp;Un amour impossible&nbsp;&raquo;</strong>, elle évoque la rencontre de ses parents, son enfance auprès d&rsquo;une mère célibataire, son père incestueux et explique pourquoi l&rsquo;amour aura été si compliqué, voire impossible, à faire vivre au sein de ce triangle. Un roman bouleversant. Puissant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3279" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/christine_angot2.jpg" rel="lightbox[3261]"><img class="wp-image-3279 size-medium colorbox-3261" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/christine_angot2-300x150.jpg" alt="christine_angot2" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Jean-Luc Bertini (Flammarion)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Christine Angot</strong>, née Christine Schwartz, est un auteur français. Sa biographie est<strong> <a href="http://www.christineangot.com/biographie">ici.</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3261"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de la petite <strong>Christine</strong>. Née en 1959 à Châteauroux, d&rsquo;une mère juive travaillait à la Sécurité sociale et d&rsquo;un père traducteur à la base américaine. Deux milieux sociaux diamétralement opposés. <strong>Rachel et Pierre</strong> vont pourtant s&rsquo;aimer. Pas question cependant pour ce bourgeois d&rsquo;épouser<strong> Rachel</strong>, d&rsquo;une extraction bien inférieure. Des années plus tard, il épousera une Allemande.</p>
<p>Pas de mariage donc, mais une enfant. A qui il finira ( <strong>Rachel</strong> ne lâchera rien) par donner son nom alors qu&rsquo;elle est adolescente. <strong>Christine Angot</strong> est née. Et il commencera à la détruire par l&rsquo;inceste. <strong>Rachel</strong>, elle, l&rsquo;apprendra que plus tard, par un ami. Elle n&rsquo;a rien vu. Rien compris.</p>
<p>L&rsquo;amour inconditionnel de l&rsquo;enfant a laissé la place au ressentiment de l&rsquo;adulte. Pour l&rsquo;auteure, c&rsquo;est sûr, son père a usé de cet affreux moyen pour faire preuve de domination sociale.</p>
<p>Pas de mariage donc, mais des lettres qui soufflent le chaud et le froid au fil des années. <strong>Rachel</strong> s&rsquo;y accroche. <strong>Christine</strong> en souffre.</p>
<p>Après avoir abordé le sujet de l&rsquo;inceste et de son père (mort en 1999) dans deux autres romans, <strong>Christine Angot</strong> évoque pour la première fois la figure de sa mère. A la fois forte et si vulnérable. Au fil de ce roman, elle décortique l&rsquo;amour maternel, le pousse dans ses retranchements, teste sa résistance&#8230;</p>
<div id="d_bio">
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 62 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Presque toutes les femmes s&rsquo;arrêtaient de travailler au mariage, ou à la naissance de leur premier enfant. Le soir, elles étaient à la sortie des classes. Ma mère était une des rares qui n&rsquo;y étaient pas, elle sortait du bureau trop tard. Je rentrais à la maison toute seule, par une petite ruelle à droite en sortant de l&rsquo;école. Puis je prenais la descente des Cordeliers, une rue pavée qui descendait, tournait et croisait la rue de l&rsquo;Indre. Au croisement, je m&rsquo;arrêtais. Je m&rsquo;installais à l&rsquo;angle. Je jouais avec des limaces, je décollais les escargots, qui faisaient ventouse sur le pavé, accroupie, attentive, absorbée par ce que je faisais, sous une petite pluie fine. Et je repartais. Je contemplais à mes pieds du haut de ma taille les chaussures vernies noires qu&rsquo;elle m&rsquo;avait achetées. Je descendais la rue de l&rsquo;Indre jusqu&rsquo;au 36, je passais sous le porche, et j&rsquo;entrais dans le chemin.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 176 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Dans les années qui ont suivi, j&rsquo;ai commencé à lui attribuer mes échecs. Je l&rsquo;accusais de ne pas s&rsquo;être remise en question, de n&rsquo;être restée en analyse que trois ans, d&rsquo;avoir trouvé en mon père un coupable facile, de ne pas avoir réfléchi à sa propre responsabilité dans ce qui m&rsquo;était arrivé. Je lui conseillais de ne pas s&rsquo;étonner, par conséquent, de la difficulté dans laquelle sombrait notre relation. Je lui disais que j&rsquo;étais la victime  de leur égoïsme à tous les deux. Qu&rsquo;ils étaient pareils sur ce plan-là. Uniquement préoccupés de leur regard l&rsquo;un sur l&rsquo;autre. Que la fameuse photo prise dans la campagne, dans la même position, en appui sur le même poteau, en témoignait. Qu&rsquo;ils s&rsquo;étaient pris chacun comme le miroir de l&rsquo;autre. Que j&rsquo;avais été sacrifiée à ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 203 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est une vaste entreprise de rejet. Social, pensé, voulu. Organisé. Et admis. Par tout le monde. Toute cette histoire, c&rsquo;est ça. Et jusqu&rsquo;à la fin. Y compris avec ce qu&rsquo;il m&rsquo;a fait à moi. C&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;il t&rsquo;a fait à toi aussi, avant tout. C&rsquo;est la continuation de ce rejet. Pour humilier quelqu&rsquo;un, le mieux c&rsquo;est de lui faire honte, tu le sais. Et qu&rsquo;est-ce qui pouvait te rendre plus honteuse que ça, que de devenir, en plus de tout le reste, alors même que tu pensais être sortie du tunnel, la mère d&rsquo;une fille à qui son père fait ça ? Tu as été rejetée en raison de ton identité maman. Pas en raison de l&rsquo;être humain que tu étais. Pas de qui tu étais toi. Pas de la personne que tu étais. Et ce rejet allait jusqu&rsquo;à faire ça à ta fille. C&rsquo;a été jusque-là. C&rsquo;a été loin. Tout ça s&rsquo;inscrivait dans une même logique. Et il a fallu que la logique soit poussée jusqu&rsquo;au bout. Puisque que tu as essayé de la contrer. Tu ne devais pas sortir de ton tunnel. Tu pouvais juste rêver d&rsquo;en sortir. Quelqu&rsquo;un comme toi devait rester dans la voie sans issue. A l&rsquo;intérieur du tunnel, là où on voit rien justement.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left">Je ne connaissais pas les écrits de Christine Angot, coupée dans mon éventuel élan par la personnalité cassante et froide de l&rsquo;auteure qui avait fait de l&rsquo;auto-fiction sa marque de fabrique. L&rsquo;histoire d&rsquo;un &laquo;&nbsp;Amour impossible&nbsp;&raquo; m&rsquo;a fait changé d&rsquo;avis. Une histoire forte. Une écriture qui va droit au but. Un roman important.</p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Un amour impossible&nbsp;&raquo;, Christine Angot, Flammarion, 18€</strong></em></p>
</div>
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