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	<title>Quatrième de couv &#187; violence</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>A Southie, la quête de sens de Mary Pat</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jul 2023 12:26:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Dennis Lehane m&#8217;accompagne depuis plusieurs décennies. J&#8217;ai dévoré nombre de ses romans noirs pendant des années. Avant de m&#8217;éloigner durablement. Une critique radiophonique de son dernier roman en date, Le silence, m&#8217;a donné envie de replonger. Et je ne le regrette pas. L&#8217;auteur quinquagénaire, américain d&#8217;origine irlandaise, nous emmène cette fois à South Boston que l&#8217;on surnomme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 30px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILENCE.jpg" rel="lightbox[6388]"><img class="alignleft size-full wp-image-6390 colorbox-6388" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILENCE.jpg" alt="SILENCE" width="340" height="510" /></a></p>
<p> <strong>Dennis Lehane</strong> m&rsquo;accompagne depuis plusieurs décennies. J&rsquo;ai dévoré nombre de ses romans noirs pendant des années. Avant de m&rsquo;éloigner durablement. Une critique radiophonique de son dernier roman en date, <strong><em>Le silence</em></strong>, m&rsquo;a donné envie de replonger. Et je ne le regrette pas.</p>
<p>L&rsquo;auteur quinquagénaire, américain d&rsquo;origine irlandaise, nous emmène cette fois à South Boston que l&rsquo;on surnomme Southie,  quartier irlandais de Boston (ville récurrente dans son oeuvre). Nous sommes en 1974.  Pendant l&rsquo;été. <strong>Mary Pat Fennessey</strong> mène une existence routinière.</p>
<p>Un soir, <strong>Jules</strong>, sa fille de dix-sept ans, ne rentre pas à la maison et sa trace disparaît dans la chaleur moite de la ville. La même nuit, un jeune Noir se fait mortellement percuter par un train dans des circonstances suspectes. Ces deux événements sans lien apparent plongent les habitants de Southie dans le trouble.</p>
<h3 style="text-align: center">Une femme qui se bat</h3>
<p>D’autant que la récente politique de déségrégation mise en œuvre par la ville provoque des tensions raciales et qu’une grande manifestation se prépare contre la mise en place, dès la rentrée, du <em>&laquo;&nbsp;busing&nbsp;&raquo;, </em>soit la mixité raciale appliquée de force. <strong>Dennis Lehane</strong>, qui affirme avoir vécu ces heurts et manifestations quand il avait neuf ans, entraîne ses lecteurs</p>
<p>Dans la recherche effrénée de sa fille, <strong>Mary Pat</strong>, qui croyait appartenir à une communauté unie, voit les portes se fermer devant elle. Face à ce mur de silence, cette femme en colère devra lutter seule pour faire éclater la vérité, aussi dévastatrice soit-elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Le Silence</strong></em> met à nu le cœur sombre d’un pays en plein désarroi à travers le portrait d’une mère au cœur brisé. Une mère prête à tout pour comprendre. Pour, du moins, essayer. Elle ne lâchera rien. Remontée, révoltée. Rageuse. Déterminée. Tout en posant des questions sur la révolution sociale et raciale qui secoue sa communauté et ses idées.</p>
<p>L&rsquo;auteur, entre autres romans des best-sellers <strong><i>Gone, Baby, Gone</i></strong> ou encore <strong><i>Ténèbres, </i><i>Mystic River</i> </strong>et <strong><i>Shutter Island</i></strong> (qui a inspiré le film de même titre, réalisé par Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, en 2009) signe là un roman percutant et le portrait implacable d&rsquo;un pays qui peine à se séparer de ses démons.</p>
<p>Dennis Lehane, qui affirme avoir vécu ces heurts et manifestations quand il avait neuf ans, a su trouver des mots simples pour dire toute la complexité de l’Amérique, Boston particulièrement, des années 70. Avec son écriture fluide, phrases courtes et percutantes, il déconstruit la fabrique de la haine et désigne les profiteurs. Un immense roman.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6388"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 45 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] A cet instant, Mary Pat éprouve un sentiment de proximité avec les Noirs qui la surprend. Est-ce qu&rsquo;ils ne sont pas tous victimes de la même chose ? Est-ce qu&rsquo;on n&rsquo;est pas en train de leur dire à tous comment ça doit marcher ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En fait, non, parce que des tas de gens de couleur ont voulu ce qui arrive. Ils sont allés devant les tribunaux pour ça. Et si vous venez d&rsquo;un quartier merdique comme Five Corners ou des cités coupe-gorge de Blue Hill Avenue ou Geneva Avenue, bien sûr, vous avez envie d&rsquo;aller dans un endroit plus agréable. Mais Southie n&rsquo;est pas un endroit plus agréable, c&rsquo;est juste un endroit plus blanc. Southie High est un lycée aussi pourri que Roxbury High.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 73 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mary Pat regarde fixement sa soeur par-dessus la table. Est-ce là ce que les gens pensent vraiment au sujet de son fils ? Que c&rsquo;est le Vietnam qui l&rsquo;a amené à la drogue ? Mary Pat a essayé de voir les choses de cette façon pendant un certain temps mais ensuite elle s&rsquo;est rendue à la triste vérité : Noel n&rsquo;a pas découvert l&rsquo;héroïne au Vietnam (le Thaï stick, oui, l&rsquo;héroïne, non) ; c&rsquo;est l&rsquo;héroïne qui a découvert Noel, dans les cités de South Boston.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 311 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Mary Pat n&rsquo;est pas experte et sa vision est limitée, mais elle sait reconnaître un fusil quand elle en voit un. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pourquoi un dealer de Southie est-il en train de donner des fusils à trois types noirs de Roxbury à la veille de la mise en application forcée de son histoire de </em>busing<em> ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mary Pat appuie la tête en arrière contre son siège. </em></p>
<p style="text-align: left">Putain, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils peuvent bien mijoter ? &laquo;&nbsp;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong><em>Le silence</em>, Dennis Lehane, traduit de l&rsquo;américain par François Happe, éditions Gallmeister, 25,40 euros</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;âge de comprendre&#8230; et de détruire</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/03/02/lage-de-comprendre-et-de-detruire/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/03/02/lage-de-comprendre-et-de-detruire/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Mar 2023 10:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[appartement]]></category>
		<category><![CDATA[huis-clos]]></category>
		<category><![CDATA[inceste]]></category>
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		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[secret de famille]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[violence psychologique]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire 2023 Un rendez-vous. Après la rentrée littéraire de la rentrée, qui fournit de la matière aux prix si convoités, voici la rentrée littéraire d&#8217;hiver, souvent plus âpre et plus inventive. Cette année, dans un contexte d&#8217;augmentation du prix des livres, 517 romans et récits commencent à trouver leur place sur les tables des librairies, soit [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2023</span></strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-6252 colorbox-6244" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AGE-DE-DETRUIRE-OK.jpg" alt="AGE DE DETRUIRE OK" width="195" height="267" /></p>
<p>Un rendez-vous. Après la rentrée littéraire de la rentrée, qui fournit de la matière aux prix si convoités, voici la rentrée littéraire d&rsquo;hiver, souvent plus âpre et plus inventive. Cette année, dans un contexte d&rsquo;augmentation du prix des livres, <strong>517 romans et récits</strong> commencent à trouver leur place sur les tables des librairies, soit 27 livres de plus qu&rsquo;en 2022.</p>
<p>Face au contexte inflationniste, les professionnels du secteur vont miser sur des valeurs sûres, des auteurs aguerris. Quid des premiers romans ? Ils peuvent compter sur moi pour leur donner un peu de visibilité. Parmi eux <strong><em>L&rsquo;âge de détruire</em></strong>, petite pépite écrite par <strong>Pauline Peyrade</strong>.</p>
<p><strong>Pauline Peyrade</strong>, trentenaire, est déjà l&rsquo;auteure de sept pièces de théâtre et son travail a été primé à plusieurs reprises. Elle signe avec L&rsquo;âge de détruire un premier roman singulier.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;<strong>Elsa</strong>. Dans la première des deux parties du roman, elle a 7 ans. Narratrice, elle raconte l&rsquo;arrivée dans l&rsquo;appartement que a mère, qui l&rsquo;élève seule, vient d&rsquo;acheter. Un appartement que la mère a du mal à investir. Un appartement dans lequel la fillette va être frappée et violentée sexuellement. Un huis clos terrible et silencieux.</p>
<p><span id="more-6244"></span></p>
<p>Dans la deuxième partie, la mère d&rsquo;<strong>Elsa</strong> décide de vendre son appartement, désormais remboursé. <strong>Elsa</strong> vit à proximité de cette mère toxique. A l&rsquo;heure de faire les cartons, les souvenirs remontent, les questions aussi. Sur une vingtaine d&rsquo;années, une relation mère-fille auscultée. Détricotée. Entre secret de famille, abus et loi de silence.</p>
<p>En exergue de son roman, <strong>Pauline Peyrade</strong> a mis une phrase de Virginia Woolf  : <em>&nbsp;&raquo; L&rsquo;âge de comprendre  : l&rsquo;âge de détruire&#8230; Et ainsi de suite.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>Une phrase énigmatique qu&rsquo;elle essaie de comprendre.<em> &laquo;&nbsp;Comprendre, c&rsquo;est détruire. Détruire, c&rsquo;est comprendre. Et on n&rsquo;en a jamais fini.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>L&rsquo;auteure, qui a beaucoup écrit pour le théâtre évoque à ce sujet d&rsquo;une écriture à l&rsquo;oreille. A la différence de son premier roman qu&rsquo;elle dit avoir écrit <em>&laquo;&nbsp;d&rsquo;abord avec les yeux&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p><strong>Dans cette vidéo, l&rsquo;auteure explique la génèse de son premier roman :</strong></p>
<p><a href="https://youtu.be/626F9jscYNY">https://youtu.be/626F9jscYNY</a></p>
<p style="text-align: center"> <strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 40 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Tu m&rsquo;aimes, Elsa ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je dors. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elsa. Dis-le-moi. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je t&rsquo;aime. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Dis-le encore. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais oui. Je t&rsquo;aime.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Tu m&rsquo;aimes comment ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Beaucoup.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est tout ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>S&rsquo;il te plaît. Je suis fatiguée. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong> &laquo;&nbsp;<em>[&#8230;] Je ne proteste pas. J&rsquo;accepte l&rsquo;inquiétude, sans la reconnaître. J&rsquo;assiste, impuissante, à sa lente métamorphose. Ses traits s&rsquo;affaissent. Son visage perd ses couleurs. Elle ne dort guère plus de deux heures par nuit, qu&rsquo;elle passe dans le lit en dessus du mien. Quand elle s&rsquo;allonge, elle fait bouger ma couchette sans craindre de me déranger. Je descends la rejoindre avant qu&rsquo;elle ait le temps de m&rsquo;appeler, le son de sa voix me glace le sang. Elle passe ses bras autour de moi, elle plonge son nez dans mes cheveux. Régulièrement, son corps est secoué de sanglots. Elle me serre alors très fort, au point que j&rsquo;en ai du mal à respirer. [&#8230;] &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 138 :</strong><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Tu as ta vie, j&rsquo;ai le droit d&rsquo;avoir la mienne. J&rsquo;ai fait ma part. Je t&rsquo;ai donné tout ce que j&rsquo;ai pu. Tu ne rends pas compte. Les enfants trouvent normal de prendre ce qu&rsquo;on leur donne et de réclamer plus, toujours. Les enfants, ils vous pompent et vous laissent sur le bord de la route. Je ne te demande rien. C&rsquo;est ce que fait une mère, c&rsquo;est normal. Si tu pouvais juste arrêter de m&rsquo;en vouloir. Et quand même, un &laquo;&nbsp;merci maman&nbsp;&raquo;, de temps en temps, ne serait pas dégueulasse.[&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>L&rsquo;âge de détruire, Pauline Peyrade, les Editions de minuit, 16€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sous la dalle, la colère gronde&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/25/sous-la-dalle-la-colere-gronde/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/08/25/sous-la-dalle-la-colere-gronde/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 25 Aug 2022 08:15:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 Cette rentrée littéraire serait-elle celle de la sobriété ? Toute relative, cependant. En effet, le rendez-vous des auteurs et des maisons d&#8217;édition (en quête des prix de l&#8217;automne) est, pour la première fois depuis 20 ans, sous la barre des 500 romans publiés, 490 plus exactement (345 titres français et 145 étrangers). Une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DEUX-SECONDES.jpg" rel="lightbox[6067]"><img class="alignleft size-full wp-image-6072 colorbox-6067" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DEUX-SECONDES.jpg" alt="DEUX SECONDES" width="195" height="285" /></a>Cette rentrée littéraire serait-elle celle de la sobriété ? Toute relative, cependant. En effet, le rendez-vous des auteurs et des maisons d&rsquo;édition (en quête des prix de l&rsquo;automne) est, <strong>pour la première fois depuis 20 ans, sous la barre des 500 romans publiés, 490 plus exactement (345 titres français et 145 étrangers). Une baisse de 6% par rapport à l&rsquo;année dernière.</strong> Deux raisons sont avancées : la hausse du prix du papier et les incertitudes liées au rapprochement entre Editis et Hachette.</p>
<p><strong>Le nombre de premiers romans, lu, est en hausse</strong>. Vous savez, depuis plus de 10 ans que ce blog existe, à quel point je les aime ceux-là, premiers jets d&rsquo;auteurs (es) en devenir qui nous parlent d&rsquo;eux, de nous, des autres.</p>
<p><em><strong>Deux secondes d&rsquo;air qui brûle</strong></em> ne fait pas exception. <strong>Diaty Diallo</strong>, l&rsquo;auteure, a grandi entre les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, où elle vit toujours. Depuis l&rsquo;adolescence, elle pratique différentes formes d&rsquo;écriture (blog, fanzines, chansons, et désormais son premier roman).</p>
<p>Un roman court, dense, incandescent. L&rsquo;histoire, c&rsquo;est celle d&rsquo;une bande de potes. Il y a<strong> Astor</strong> (le narrateur, jeune adulte féru de botanique), mais aussi <strong>Chérif</strong>, <strong>Issa</strong>, <strong>Demba</strong>, <strong>Nil</strong> et les autres. Leur terrain de jeu ? La dalle en bas de chez eux. Mais aussi le parking, la friche, les toits et le quartier tout entier qu&rsquo;ils habitent, dans la banlieue de Paname. Au milieu du décor, une pyramide qui, sans &laquo;&nbsp;divulgâcher&nbsp;&raquo; la fin, fait partie des personnages.</p>
<p>Un quartier où chacun est dans son rôle. Et où le quotidien n&rsquo;est plus rose ni plus noir qu&rsquo;ailleurs. Entre les béton et les odeurs du parking, la vie s&rsquo;organise.</p>
<p>Un soir d&rsquo;été cependant, le 16 juillet, en marge d&rsquo;une énième interpellation, l&rsquo;un des amis d&rsquo;<strong>Astor</strong>, l&rsquo;un des frères de <strong>Chérif</strong>, se fait tuer par des policiers. Alors les jeunes s&rsquo;organisent, ensemble. Un soulèvement se prépare. Méthodique. Inattendu.</p>
<p>Un roman où la langue et le rythme claquent. Les rêves, eux, n&rsquo;ont plus assez de place. Reste la réalité. Froide. Et un peu d&rsquo;amour dans les yeux d&rsquo;<strong>Aïssa</strong>.</p>
<p><span id="more-6067"></span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left">Pour découvrir les premières pages :</p>
<p style="text-align: left"><a href="https://fr.calameo.com/read/005979625fcc1f517f4d1?authid=orLmn213UMp4">https://fr.calameo.com/read/005979625fcc1f517f4d1?authid=orLmn213UMp4</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est l&rsquo;odeur de la part qu&rsquo;on nous laisse. Des mètres de trottoir, quelques bancs, des triangles d&rsquo;herbe, des bouts de bois morts qu&rsquo;on transforme en braise pour cuire la viande. Le moindre coffre de voiture est possible sound system. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>On est débrouillards. On est joyeux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais nos réjouissances n&rsquo;en sont pas pour tout le monde. Il y en a qui ne nous voient que comme les rejetons braillards d&rsquo;ascendants qui avaient au moins la délicatesse de la fermer. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on fait ça, parler fort, mais on est quand même loin de passer toutes nos nuits à beugler sous des fenêtres. On a juste besoin d&rsquo;agitation, un peu. Attiser des feux, se raconter des trucs pour passer les jours qui rallongent et même ceux qui raccourcissent en fait et puis danser parfois.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pas grand-chose en somme. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 32 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Chérif et Issa répondent aux premières questions, pacifiques. J&rsquo;ai réussi mes partiels, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on fête, dit Chérif, on fait juste barbecue tranquille, on sait que c&rsquo;est pas autorisé mais on a essayé de pas être dangereux, de déranger personne, vous voyez bien  même on éteint le son si vous voulez. Il pourrait dire ce qu&rsquo;il veut, ce soir-là ce n&rsquo;est pas tout à fait pareil. Plus encore que d&rsquo;ordinaire, le processus semble avoir été écrit  à l&rsquo;avance, à l&rsquo;image d&rsquo;un scénario. Ses rôles assignés, d&rsquo;adjuvants, d&rsquo;antogonistes ; son élément perturbateur aussi et probablement quelques péripéties ; mais avec une fin en queue de poisson. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 122 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Sans aucune annonce, les réverbères et la pyramide s&rsquo;éteignent et plongent la place dans la pénombre. Seules les guirlandes continuent de clignoter. Les conversations se sont évanouies. L&rsquo;espace d&rsquo;un instant, en fermant les yeux, la place semble avoir été désertée par la foule. Mais, plongées dans une semi-obscurité, les mines sont simplement concentrées, dirigées vers l&rsquo;enfièvrement qui se profile. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il y a quelque chose à calmer ce soir. Ensemble. Quelque chose de dure qu&rsquo;il faut soulager à défaut de guérir. Ensemble.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Deux secondes d&rsquo;air qui brûle, Diaty Diallo, Seuil., 17,50€.</em></strong></p>
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		<title>Vie et rebonds d&#8217;une &#171;&#160;passagère&#160;&#187;&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2022 07:54:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 La rentrée littéraire approche ! A quoi ressemble-t-elle cette année ? Voici quelques chiffres évocateurs.  Comme nous l&#8217;explique Livres Hebdo, ce sont   490 romans qui vont paraître entre la mi-août et le mois d&#8217;octobre 2022 : le chiffre le plus bas depuis plus de 20 ans. Derrière cette baisse de 6% du nombre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p>La rentrée littéraire approche ! A quoi ressemble-t-elle cette année ? Voici quelques chiffres évocateurs.  Comme nous l&rsquo;explique Livres Hebdo, ce sont   <strong>490 romans qui vont paraître entre la mi-août et le mois d&rsquo;octobre 2022</strong> : <strong>le chiffre le plus bas depuis plus de 20 ans</strong>. Derrière cette baisse de 6% du nombre de romans publiés par rapport à 2021 (521), Livres Hebdo voit plusieurs explications :  la pénurie de papier, mais aussi les incertitudes liées au rapprochement entre Editis et Hachette.</p>
<p>Parmi les 345 romans français publiés, on compte cette fois 90 premiers romans (soit une hausse de 21% par rapport à l&rsquo;année précédente). Quelques noms illuminent déjà ce nouveau rendez-vous littéraire : <strong>Virginie Despentes</strong> et son nouveau roman épistolaire, <strong>Amélie Nothomb</strong>,<strong> Olivier Adam</strong>, <strong>Gaëlle Josse</strong> ou encore <strong>Laurent Gaudé, l&rsquo;un de mes auteurs préférés</strong>. Au-delà de l&rsquo;Hexagone, ce sont notamment <strong>Toni Morrison</strong>, <strong>Russel Banks</strong> ou encore <strong>Jolie Otsuka</strong> qui publient un nouveau roman.</p>
<p>Cette fois encore, je partagerai avec vous mes découvertes et autres pépites à lire absolument. La première ? <strong><em>Stardust</em></strong> de <strong>Léonora Miano.</strong></p>
<p><span id="more-6055"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Stardust_4176.jpg" rel="lightbox[6055]"><img class="alignleft size-full wp-image-6058 colorbox-6055" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Stardust_4176.jpg" alt="CVT_Stardust_4176" width="250" height="379" /></a>Romancière, essayiste et dramaturge, <strong>Léonora Miano</strong>, quadragénaire, est née au Cameroun. Elle est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;auteure d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ouvrages. Une femme et une plume engagée que <strong><a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/hors-les-frontieres-leonora-miano-promene-sa-plume-politique">j&rsquo;avais interviewée durant l&rsquo;été 2017 </a></strong>alors qu&rsquo;elle vivait à Tours.</p>
<p>Dans <strong><em>Stardust</em></strong>, un roman qu&rsquo;elle avait écrit il y a vingt ans, elle revient sur les quelques mois passés dans un centre de réinsertion et d&rsquo;hébergement d&rsquo;urgence du 19e arrondissement de Paris, rue de Crimée. Nous sommes en 1996. <strong>Louise</strong> et sa fille <strong>Bliss</strong>, ont échoué là. <strong>Louise</strong> n&rsquo;a plus de domicile et pas encore pu renouveler son titre de séjour. Elle a quitté le père de sa fille, parce qu&rsquo;il a menti, entre autres choses. La jeune mère d&rsquo;origine camerounaise raconté ce qu&rsquo;elle voit, ce qu&rsquo;elle vit, ce qu&rsquo;elle espère, ce qu&rsquo;elle attend. Et ce qu&rsquo;elle lit. La chance de <strong>Louise</strong>, ce sont les livres, ce sont ses études et ses aspirations.</p>
<p>Mais la réalité est rude. Au fil des pages, Louise met en exergue les images que toutes ces femmes migrantes se faisaient de la France&#8230; et la réalité qu&rsquo;elles vivent, mères seules et désoeuvrées.  <strong>Léonora Miano</strong>, même si elle ne parle pas d&rsquo;autobiographie, indique avoir mis de sa vie dans ce roman. Malgré les noms changés, malgré les omissions. La violence, elle, est palpable entre &laquo;&nbsp;les passagères&nbsp;&raquo;, ces femmes qui transitent par le centre. La colère aussi.</p>
<p>A la différence des autres femmes hébergées dans le centre, <strong>Louise</strong> s&rsquo;accroche à la littérature, à la poésie pour avancer et se défendre. Enfin intégrer une maison maternelle pour élever sa fille au mieux et pouvoir reprendre ses études. Elle pense beaucoup à sa grand-mère, Mbambe, qu&rsquo;elle interpelle régulièrement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Léonora Miano</strong> explique qu&rsquo;au-delà des événements qu&rsquo;il relate, Stardust évoque les raisons <em>&laquo;&nbsp;pour lesquelles je vécus si longtemps en France où j&rsquo;étais venue contre mon gré&nbsp;&raquo;. Et l&rsquo;autrice d&rsquo;évoquer encore &laquo;&nbsp;la rudesse des marges de la France&nbsp;&raquo; qui lui ont permis, en les fréquentant de connaître le plus intimement la France. A sa manière, Stardust évoque aussi l&rsquo;impossible appartenance au groupe, le recours impératif à la création littéraire, artistique, pour tenter d&rsquo;entrer en relation&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--more--></p>
<p>Un roman fort. Décapant. Qui vingt ans après son écriture nous rappelle que la situation n&rsquo;a pas évoluée.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 96-97 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Louise sent lâcher ses nerfs. Le désespoir a la dent dure. Le carrefour est inaccessible, l&rsquo;aube hypothétique. Impossible de continuer à vivre sans rien décider. Elle aurait presque envie de faire des bêtises. N&rsquo;importe quoi. Un truc qui se serait imposé, comme ça. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle en a par-dessus la tête de cet agglomérat de femelles. Leurs conversations futiles. Leurs mesquineries. Leur souffrance. Leur inutilité. Leur lassitude. Ce qu&rsquo;elles lui disent d&rsquo;elle-même. Leurs addictions. Leurs défections. Leurs génuflexions devant des hommes qui n&rsquo;en valent pas la peine. Leur violence. Leur attentisme. Leur impuissance. Leurs sautes d&rsquo;humeur. Leur condition&#8230; Elle en a plus qu&rsquo;assez de les voir se ruer sur des vêtements chics que viennent jeter d&rsquo;autres femelles, nanties, pieuses et charitables, celles-là. Débordantes de cynisme, de mauvaise foi. Ras-le-bol des disputes. Des bagarres pour toutes sortes de déraisons. Des pets nocturnes. De l&rsquo;onanisme gémissant. Du mal à vivre. Des insomnies. Des dérèglements hormonaux. Tant de ressemblances insoupçonnées. Tant d&rsquo;inacceptables similitudes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 130 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Louise sait qu&rsquo;on la trouve agressive. Pas commode. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on dit des personnes franches. Celles qui refusent d&rsquo;avaler des couleuvres. Celles qui pensent, par exemple, que la fraternité n&rsquo;a rien à voir avec tous ces bons sentiments. Que connaître l&rsquo;autre, ce n&rsquo;est pas se fabriquer une image de lui. Celle que l&rsquo;on peut accepter. Celle qui n&rsquo;ébranlera pas le confort intérieur. Louise évite de donner une conférence sur ces sujets. Crimée n&rsquo;est pas en faveur de la liberté d&rsquo;expression. Le verbe y est traqué, analysé, consigné dans des dossiers. Rapport en est fait à Madame C., l&rsquo;invisible mais puissante directrice, qui saura le retenir contre celle qui l&rsquo;aura proféré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 194-195 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mbambe&#8230; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je ne suis plus ta petite-fille. Plus maintenant. J&rsquo;aurais dû te le dire dès le début, mais je ne voulais pas en parler. Alors, j&rsquo;ai triché. Tu ignores que je fais presque la taille 52, que j&rsquo;ai perdu plusieurs dents. On aurait pu les soigner, mais je ne pouvais payer. On me les a arrachées. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai laissé trop de plumes dans mes mésaventures pour espérer t&rsquo;étreindre comme avant. Je ne rentrerai pas. Il sera trop tard pour cela, lorsque j&rsquo;aurai repris ce que la vie m&rsquo;a dérobé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je vais rester ici. Où j&rsquo;ai connu des femmes enceintes qui craignaient les enfants, ne supportaient pas leur présence, les suppliaient de rester dans leur ventre, de ne pas venir au monde. Où j&rsquo;ai vu mourir Véronique et Prudence, rencontré le fantôme de Virginie. Où mon nom ne signifie rien. Ici où je suis tombée, où je me relèverai.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cela, je te le promets. Je marcherai debout. Et quand j&rsquo;aurai marché, je signalerai ma présence à chacun. Pour que tu ne m&rsquo;aies pas aimée en vain, rêvée en vain. Je ferai quelque chose. Et je serai libre.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> Stardust, Léonora Miano, Grasset, 18,50€.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Voyage au bout de l&#8217;enfer à hauteur d&#8217;enfant</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 16:16:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 &#160; Une histoire à hauteur d&#8217;enfant. Tragique. Poignante. Terrible. C&#8217;est ce que propose Rachid Benzine dans son nouveau roman. Court (80 pages seulement) mais percutant. Et pour cause. Cette histoire, c&#8217;est celle de Fabien. Un écolier féru de poésie. Un gamin qui grandit entre ses parents et l&#8217;école Jacques-Prévert à Sarcelles. Un enfant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire hiver 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RACHID.jpg" rel="lightbox[5875]"><img class="alignleft size-full wp-image-5878 colorbox-5875" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RACHID.jpg" alt="RACHID" width="195" height="278" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une histoire à hauteur d&rsquo;enfant. Tragique. Poignante. Terrible. C&rsquo;est ce que propose Rachid Benzine dans son nouveau roman. Court (80 pages seulement) mais percutant. Et pour cause.</p>
<p>Cette histoire, c&rsquo;est celle de<strong> Fabien</strong>. Un écolier féru de poésie. Un gamin qui grandit entre ses parents et l&rsquo;école Jacques-Prévert à Sarcelles. Un enfant qui va être arraché à tout cela après que ses parents décident de rejoindre la Syrie et l&rsquo;Etat islamique. Un enfant qui raconte l&rsquo;enfer qu&rsquo;il découvre, les désillusions de ses parents, la mort de son père, l&rsquo;acharnement de sa mère et la folie qui la guette &#8230;</p>
<p>Trois mois que <strong>Fabien</strong> rebaptisé <strong>Farid</strong> est enfermé dans un camp tenu par les Kurdes, avec sa mère et son frère, né de l&rsquo;union de sa mère avec un autre combattant de l&rsquo;EI, tué comme les précédents au combat. Alors <strong>Fabien/Farid</strong> raconte ces quatre dernières années. Avec une lucidité terrible. Comme pour nous plonger au plus près de l&rsquo;horreur.</p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong>, que j&rsquo;ai découvert via <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/07/a-cette-femme-quil-aimera-toujours/">son premier roman en 2020</a></strong> est enseignant et chercheur associé au Fonds Ricoeur. Islamologue, politologue, romancier et dramaturge, Rachid Benzine est une des figures de proue de l&rsquo;islam libéral francophone. Après<strong> <em>Ainsi parlait ma mère</em></strong>, il a écrit <em><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/">Dans les yeux du ciel</a></strong>, </em>où, cette fois, il nous entraine dans les Printemps arabes à travers la vie et le regard aiguisé de <strong>Nour</strong>, une prostituée.</p>
<p>Le quadragénaire poursuit avec <em><strong>Voyage au bout de l&rsquo;enfance.</strong></em> Cette fois, ce n&rsquo;est pas une prostituée qui raconte, mais un enfant. Une autre voix que l&rsquo;on n&rsquo;écoute pas forcément. un exercice de compréhension d&rsquo;un islam dévoyé, violent. Aux antipodes des fondamentaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5875"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fabien</strong> s&rsquo;accroche à sa vie d&rsquo;avant, raconte les contraintes de celle qu&rsquo;il subit désormais dans ce camp où violence, maladies, faim et désoeuvrement cohabitent. Se souvient de son instituteur, de ses copains, de son chien, de ses grands-parents (via des appels téléphoniques de loin en loin) alors qu&rsquo;il doit rejoindre chaque jour l&rsquo;école des lionceaux du califat.</p>
<p>Veuve, sa mère pourrait-elle rentrer en France ? Ses enfants peuvent-ils être sauvés ? Autant de questions auxquelles un enfant ne peut pas répondre, isolé, loin de ses rêves d&rsquo;être un jour un footballeur célèbre.</p>
<p>Un roman qui rappelle la situation toujours vécue par des femmes et leurs enfants dans <strong>ces camps  d&rsquo;Al Hol et Roj</strong>   <strong><a href="https://www.europe1.fr/societe/syrie-une-francaise-de-28-ans-meurt-dans-un-camp-4082767">comme l&rsquo;explique cet article</a>. </strong></p>
<p>Ou encore ce <strong><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/12/en-syrie-la-question-du-rapatriement-divise-les-francaises-djihadistes-du-camp-de-roj_6091239_3210.html">reportage publié dans Le Monde</a></strong>, en août dernier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_5881" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/1c01853_807217432-lgeai-roj-francaises-47.jpg" rel="lightbox[5875]"><img class="wp-image-5881 size-full colorbox-5875" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/1c01853_807217432-lgeai-roj-francaises-47.jpg" alt="1c01853_807217432-lgeai-roj-francaises-47" width="1024" height="512" /></a><p class="wp-caption-text">Dans le camp de Roj-2. Photo Laurence Geai pour Le Monde, août 2021</p></div>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 12 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et puis on est arrivé en Syrie. Là, ils m&rsquo;ont dit où on était. Ça s&rsquo;appelait Raqqah. Papa et maman, ils étaient très excités. Je les avais jamais vus aussi heureux. Ils m&rsquo;ont dit que c&rsquo;était le paradis ici. Moi je croyais que le paradis c&rsquo;était dans le ciel, quand on est mort. Papa s&rsquo;est habillé avec des vêtements très larges et un turban. Maman a mis un niqab. Tout noir. On voyait que ses yeux. Pour rire, elle me disait que c&rsquo;était pour me surveiller comme depuis la meurtrière d&rsquo;un château. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 55 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Une fois, maman a réussi à avoir mamie au téléphone grâce à une femme gentille de Daesh. Il y en a. Je n&rsquo;ai pas aimé ce qu&rsquo;a dit maman. Elle a reproché à mamie de lui avoir dit de sortir de Baghouz parce que, c&rsquo;était sûr, on allait être rapatriés. Elle a eu vraiment confiance dans la promesse de mamie et elle lui a reproché de l&rsquo;avoir trahie. Elle lui a même dit : &nbsp;&raquo; Tu nous a trahis deux fois. Quand tu as alerté la police parce que tu avais peur que je parte rejoindre Daesh et quand tu m&rsquo;as dit que j&rsquo;allais rentrer en France après Baghouz.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je sais que mamie pleurait au téléphone en lui disant qu&rsquo;elle avait déjà préparé la chambre pour Selim et moi, qu&rsquo;elle nous avait acheté des jouets et qu&rsquo;elle avait prévu un sac de vêtements pour quand maman irait en prison en France&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 61 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Je comprends pas pourquoi on prend des petits dans la guerre. Et dans ce camp. C&rsquo;est pas fait pour eux la guerre. C&rsquo;est pour les grands. Et même pour les grands. Quand je repense à papa&#8230; Je sais que lui non plus ne l&rsquo;aimait pas cette guerre. C&rsquo;est cruel une guerre. Et j&rsquo;ai toujours pas compris pourquoi on se battait. Maintenant qu&rsquo;on est prisonniers, on est mal traités mais c&rsquo;est pas les ennemis qu&rsquo;on nous avait dit. Ils nous donnent à manger. Ils nous soignent comme ils peuvent. Il y en a qui nous parlent mal. Il y a des gardiens qui me donnent des gifles parfois. Mais à l&rsquo;école des lionceaux, on nous disait qu&rsquo;il fallait tous les tuer et les faire souffrir. C&rsquo;est quand même pas pareil. Peut-être que ceux qui me giflent ils ont eu un enfant tué par Daesh.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Voyage au bout de l&rsquo;enfance, Rachid Benzine, Seuil, 13€. </strong></em></p>
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		<item>
		<title>Un huis clos à ciel ouvert</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Nov 2021 12:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman ? Comme c&#8217;est curieux Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&#8217;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Blizzard est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5811]"><img class="alignleft wp-image-5814 size-medium colorbox-5811" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="147289_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a>Un premier roman ? Comme c&rsquo;est curieux <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5811" /></p>
<p>Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&rsquo;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire.</p>
<p><em><strong>Blizzard</strong> </em>est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes sombres de l&rsquo;âme humaine.</p>
<p><strong>Marie Vingtras</strong> (il ne s&rsquo;agit pas de son patronyme) signe là un roman dont chaque chapitre porte la voix d&rsquo;un personnage différent. On y trouve <strong>Bess</strong>, <strong>Benedict</strong>, <strong>Cole</strong>, mais aussi <strong>Freeman. </strong>L&rsquo;affreux <strong>Clifford </strong>s&rsquo;y ajoute, en filigrane.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Le roman, vif et totalement maîtrisé, s&rsquo;ouvre sur une scène qui s&rsquo;annonce tragique : <strong>Bess</strong> vient, pour refaire ses lacets, de lâcher la main de <strong>Thomas</strong>, l&rsquo;enfant dont elle s&rsquo;occupe avec<strong> Benedict</strong>, avec qui elle habite et qui a grandi là avec ses parents et son frère, parti depuis longtemps. <strong>Cole</strong>, l&rsquo;ami de la famille, vient à sa rescousse. <strong>Freeman</strong> aussi, ce drôle de type arrivé là pour on ne sait quoi&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5811"></span></p>
<p>Le blizzard fouette les visages et entrave déjà la marche. Pas de temps à perdre, il faut le retrouver. Vite.</p>
<p>On ne connait alors pas les liens qui les unissent. Le lecteur les découvre au fil des pages. De quoi faire monter la tension.</p>
<p>Oui, tous cherchent cet enfant. Mais tous disent aussi des choses bien plus profondes sur leur histoire et, in fine, ce qui les unit ou les éloigne. Et c&rsquo;est grandement mené. Là, au coeur de l&rsquo;Alaska. Un endroit isolé. Choisi pour certains des personnages, subi pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Le suspense est incroyable tandis que le blizzard fait rage et met chacun face à son histoire, ses manquements, ses doutes et ses tumultes. Les questions de l&rsquo;abandon, de la culpabilité et de la paternité sont notamment abordées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Marie Vingtras,</strong> quadragénaire née à Rennes, signe là un premier roman qui rend hommage à la littérature contemporaine américaine qu&rsquo;elle aime particulièrement.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 17 :</strong> Bess</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je ne vois rien. La neige s&rsquo;envole au sol en tourbillons et lorsqueje lève les yeux vers le ciel c&rsquo;est une vraie purée de pois. L&rsquo;air est incolore, comme si toutes les couleurs existantes avaient disparu, comme si le monde entier s&rsquo;était dilué dans un verre d&rsquo;eau. Je regrette de ne pas avoir fait plus attention quand Benedict essayait de décrire le fonctionnement des blizzards au petit. J&rsquo;aurais peut-être su ce qu&rsquo;il fallait faire, à part ne pas sortir, bien sûr, mais ça, il était trop tard pour le regretter. Je tourne le dos au vent, appuyée sur ce que je suppose être un rocher. A moins que ce ne soit un ours qui hiberne, ce qui réglerait mon problème. Je ne parviens pas à réfléchir à la conduite à tenir, mais je vais me transformer en bonhomme de neige si je ne bouge pas. Je ne suis pas complètement idiote, je sais dans quel pétrin je me suis fourrée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 63 :</strong> Benedict</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il était parti depuis un an quand papa m&rsquo;a dit que cela ne pouvait plus durer. Il n&rsquo;était plus comme avant, je crois qu&rsquo;il avait peur de ne jamais revoir son fils. Quant à maman, elle n&rsquo;allait pas tellement mieux. Elle ne dormait plus, elle disait qu&rsquo;un jour elle finirait par oublier le visage de son propre enfant et cette idée la rendait folle. Je me rendais bien compte que tout était différent de notre enfance et de notre adolescence alors que je nous avais cru éternellement heureux. Tout était bancal, comme s&rsquo;il nous manquait une jambe. En partant comme un voleur, sans rien nous expliquer, il nous avait définitivement privés d&rsquo;équilibre. Je ne parvenais pas à comprendre comment il avait pu nous faire ça et encore aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;arrive pas à concevoir qu&rsquo;il ait pu prendre une telle décision. Fermer la porte de sa maison, monter dans sa voiture et disparaître.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 133 :</strong>  Bess</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; Je suis dans cette maison abandonnée, immobile dans cette partie du monde comme j&rsquo;ai rarement été immobile depuis que je suis partie de chez ma mère. Je m&rsquo;étais promis de ne pas rester trop longtemps au même endroit, pas assez longtemps pour nouer des amitiés ou rencontrer quelqu&rsquo;un que j&rsquo;aurais pu aimer. Etre de passage, telle une comète, puis disparaître, toujours repartir, toujours sur la route. On peut dire que j&rsquo;ai fait tous les petits boulots que ce pays peut offrir, le respectable et le sordide. Rien ne m&rsquo;a rebutée, tout était purement alimentaire. Rien qui puisse être plus humiliant que ce que j&rsquo;avais connu, rien de plus douloureux que le poids des souvenirs, rien de plus insoutenable que le poids de la honte.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong>Blizzard, Marie Vingtras, Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>La professeure dévorée par un drame intime&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/08/15/la-professeure-devoree-par-un-drame-intime/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2021 16:44:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[accablement]]></category>
		<category><![CDATA[Daniella]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Soixante-neuf pages. Pas une de plus. Dans Royan, La professeure de français, Marie NDiaye nous livre un monologue écrit pour Nicole Garcia, qu&#8217;elle interprète d&#8217;ailleurs au festival d&#8217;Avignon cet été. L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Gabrielle qui se dévoile en filigrane à la suite d&#8217;un terrible fait-divers : la mort d&#8217;une de ses élèves, une lycéenne, Daniella, qui s&#8217;est jetée du troisième [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROYAN-OK.jpg" rel="lightbox[5755]"><img class="alignleft size-full wp-image-5760 colorbox-5755" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROYAN-OK.jpg" alt="ROYAN OK" width="195" height="306" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Soixante-neuf pages. Pas une de plus. Dans <em><strong>Royan, La professeure de français,</strong></em> <strong>Marie NDiaye</strong> nous livre un monologue écrit pour <strong>Nicole Garcia</strong>, qu&rsquo;elle interprète d&rsquo;ailleurs <strong><a href="https://www.telerama.fr/sortir/avignon-2021-nicole-garcia-magistrale-dans-royan-la-gifle-theatrale-de-marie-ndiaye-6930233.php?fbclid=IwAR2Ia4AZGfIkdlrG7tj2gpEumVrEPcoO94R9wnAtkgsnWczbRo6CoGiU5Y4">au festival d&rsquo;Avignon cet été</a></strong>. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Gabrielle</strong> qui se dévoile en filigrane à la suite d&rsquo;un terrible fait-divers : la mort d&rsquo;une de ses élèves, une lycéenne, <strong>Daniella</strong>, qui s&rsquo;est jetée du troisième étage par la fenêtre de sa classe.</p>
<p>Ce jour-là, les parents de la jeune fille harcelée, mal-aimée par ses camarades, l&rsquo;attendent devant sa porte. Ira-t-elle à leur rencontre ?</p>
<p>Le texte, désespéré, violent par moments, est la voix de la narratrice. Dans son monologue vindicatif plane le sentiment d’une faute inexpiable dont la professeure de français se sent à la fois accablée et innocente.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Comme toujours chez <strong>Marie NDiaye</strong>, une violence métaphysique se dégage des êtres et des situations, venue de si loin qu’il est impossible d’en déterminer la cause. Elle s’élève contre une injustice originelle indissociable, semble-t-il, de la condition humaine &laquo;&nbsp;, précise Gallimard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil des pages, on prend la mesure de la violence qui se dégage de la situation. <strong>Daniella</strong> s&rsquo;est tuée. Parce qu&rsquo;elle ne supportait plus sa situation de souffre-douleur. Une autre forme de violence apparaît, interne à la classe cette fois. Se dégage une troisième encore, celle des élèves à l&rsquo;égard de leur professeure, en tout cas, ce qu&rsquo;elle en perçoit.</p>
<p>Et puis il y a la violence qui, depuis très longtemps, accompagne cette professeure née à Oran en Algérie. Celle qu&rsquo;elle a eue à l&rsquo;égard de sa mère et réciproquement, trop souvent. Celle qui la guide aussi quand elle abandonne mari et fille alors qu&rsquo;ils vivaient à Marseille. Celle qu&rsquo;elle ressent enfin à l&rsquo;égard de ses élèves parfois et de <strong>Daniella</strong> en particulier, parce qu&rsquo;elle a choisi d&rsquo;être différente&#8230;</p>
<p>Un texte en forme d&rsquo;uppercut, sans ponctuation, qui traduit la détresse, la violence et cette distanciation que la narratrice veut absolument maintenir par rapport à l&rsquo;événement, par rapport au ressenti des autres. <strong>Gabrielle</strong> est dans le contrôle, tout le temps. Une défense qui finit par se fendre. Un texte énigmatique aussi, toujours en tension.</p>
<p>Rappelons que <strong>Marie DNiaye</strong> a publié son premier roman à l&rsquo;âge de 18 ans, en 1985. Elle n&rsquo;a jamais arrêté depuis. En 2001, elle obtient le prix Femina pour <em><strong>Rosie Carpe</strong></em>.</p>
<p>Si <strong>Marie NDiaye</strong> est avant tout une romancière, elle a aussi écrit pour le théâtre, notamment <em><strong>Papa doit manger</strong></em>, pièce qui fait partie du répertoire de La Comédie Française. Elle a également écrit des nouvelles.</p>
<p>En 2009, elle reçoit le prix Goncourt pour <em><strong>Trois femmes puissantes</strong></em>.</p>
<p>En 2020, elle reçoit le prix Marguerite-Yourcenar pour l&rsquo;ensemble de son œuvre.</p>
<p>Cette année, elle a publié son 18e roman, <em><strong>La vengeance m&rsquo;appartient</strong></em>. <em><strong>Royan, La professeure de français</strong></em> est sa onzième pièce pour le théâtre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 37 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Vous auriez dû comprendre que Daniella était trop jeune trop tendre pour se maintenir farouchement hors du jeu courant de la séduction même de la bienséance tout simplement </em></p>
<p style="text-align: left"><em>ses épaules bombées musclées la bretelle large de du soutien-gorge blanc</em></p>
<p style="text-align: left"><em>le col sali d&rsquo;un tee-shirt qui bâillait sur son cou charnu</em></p>
<p style="text-align: left"><em>je n&rsquo;aimais pas ça je lui en voulais je vous en voulais je lui en voulais je vous </em></p>
<p style="text-align: left"><em>JE NE DOIS PAS REPETER </em></p>
<p style="text-align: left"><em>épaules bombées cou charnu bras opulents on ne montre pas ces choses-là je lui en voulais je vous </em></p>
<p style="text-align: left"><em>PAS REPETER OK ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>mais épaules cou bras tant de tant de chair sauvage &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 46 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Parfois mes élèves m&rsquo;apparaissent comme de grands fauves que la faim a conduits dans ma classe</em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est de moi qu&rsquo;ils veulent se nourrir et non de ma parole </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai claqué des mains et leur attention s&rsquo;est tournée vers Daniella et leur faim était inassouvissable j&rsquo;ai respiré d&rsquo;être épargnée</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mes élèves sont de grands fauves auxquels je parviens généralement à faire oublier la faim </em></p>
<p style="text-align: left"><em>mon cours est paisible ma voix fluide et sereine et je les tiens par des prestiges très simples&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 54 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Oui parents Daniella m&rsquo;a beaucoup écrit avant sa mort</em></p>
<p style="text-align: left"><em>elle m&rsquo;a submergée de textes et de propos que je n&rsquo;avais ni le don ni l&rsquo;envie de comprendre</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Sachant que ce qu&rsquo;écrivent les très jeunes gens intelligents est toujours frappé au coin de l&rsquo;autosatisfaction et de l&rsquo;excès et d&rsquo;une légère et complaisante paranoïa je n&rsquo;avais aucune raison</em></p>
<p style="text-align: left"><em>non j&rsquo;avais toutes les raisons de ne pas accorder à ce qu&rsquo;elle m&rsquo;envoyait l&rsquo;attention qu&rsquo;elle espérait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left">
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Royan, La professeur de français, Marie NDiaye, Gallimard, 9,50€ </strong></em></p>
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		<item>
		<title>Beni ou la vengeance d&#8217;un ancien idéaliste</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/05/25/beni-ou-la-vengeance-dun-ancien-idealiste/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2021 12:19:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Albanie]]></category>
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		<category><![CDATA[quête]]></category>
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		<category><![CDATA[Sélection Roblès 2021]]></category>
		<category><![CDATA[vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[  Sélection Roblès 2021 Vingt ans après son exil, Arben dit Beni, revient dans son pays natal, l&#8217;Albanie, avec pour projet de venger Rina, sa femme assassinée. Nous sommes en 2017. Voilà pour donner tout de suite le décor de ce roman noir paru en janvier 2020 et qui fait partie des six premiers romans retenus pour la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AIGLES-ENDORMIS.jpg" rel="lightbox[5664]"> </a></p>
<p><strong><span style="color: #0000ff">Sélection Roblès 2021</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AIGLES-ENDORMIS.jpg" rel="lightbox[5664]"><img class="alignleft size-full wp-image-5665 colorbox-5664" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/AIGLES-ENDORMIS.jpg" alt="AIGLES ENDORMIS" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Vingt ans après son exil, <strong>Arben</strong> dit <strong>Beni</strong>, revient dans son pays natal, l&rsquo;Albanie, avec pour projet de venger Rina, sa femme assassinée. Nous sommes en 2017.</p>
<p>Voilà pour donner tout de suite le décor de ce roman noir paru en janvier 2020 et qui fait partie des six premiers romans retenus pour la sélection du <strong>prix Roblès 2021</strong>.</p>
<p>Auteur et nouvelliste, <strong>Danü Danquigny</strong> est plutôt porté sur le roman noir et l&rsquo;anticipation. Originaire de Rennes, il est né à Montréal. Après des études de droit et de psychocriminologie, il a intégré la Police des frontières. Avant de devenir détective privé dans le Nord de la France puis de travailler dans le tourisme, à Paris. Il est, depuis la rentrée dernière, enseignant dans un collège rennais. <strong><em>&laquo;&nbsp;Les Aigles endormis&nbsp;&raquo;</em></strong> est son premier roman.</p>
<p>Armé de ses souvenirs et d&rsquo;un vieux Tokarev, <strong>Arben</strong> plonge dans ses souvenirs alors qu&rsquo;il vient de remettre les pieds en Albanie, vingt ans après avoir quitté ce pays, ancien régime communiste, qui s&rsquo;est métamorphosé en démocratie libérale à tendance oligarchique.<br />
Au fil des pages et des flash-backs, il retrouve un à un ses anciens amis : <strong>Mitri</strong>, <strong>Loni</strong>, <strong>Nesti</strong> et <strong>Alban</strong>.  Est-ce à cause d&rsquo;eux qu&rsquo;il a sombré ? Est-ce eux qui sont responsables de la mort de sa femme <strong>Rina, </strong>infirmière, qui rêvait de quitter le pays pour élever ses deux enfants en toute sécurité ? Il en est persuadé. Mais est-ce vraiment la vérité ?</p>
<p>Comment un jeune homme idéaliste et cultivé se transforme-t-il en malfrat ? Est-ce à cause de la chute du régime ou de lui-même ?</p>
<p>Au final, le destin de notre héros est aussi tragique que celui de son pays. Qui a sombré dans un libéralisme sans vergogne, dans la corruption la plus veule. Jusqu&rsquo;au trafic d&rsquo;êtres humains&#8230; <strong>Beni</strong> s&rsquo;enferme dans les pièges tendus. Pour préserver les siens. Et va jusqu&rsquo;à voler ses &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; pour faciliter son projet de départ. Jusqu&rsquo;au drame intime.</p>
<p>C&rsquo;est efficace. même si la fin me laisse perplexe. Et ça donne envie de se pencher un peu plus sur l&rsquo;histoire contemporaine de ce pays. La RTBF en a fait quelque chose de plutôt bien vu. <strong><a href="https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_l-albanie-petit-pays-mais-grande-histoire?id=10376425">Je le</a></strong></p>
<p><strong><a href="https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_l-albanie-petit-pays-mais-grande-histoire?id=10376425">partage ici. </a></strong></p>
<p><img class="alignleft wp-image-5670 size-medium colorbox-5664" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CARTE-ALBANIE-210x300.jpg" alt="CARTE ALBANIE" width="210" height="300" /></p>
<h3 style="text-align: center">Extraits</h3>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 28 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] En l&rsquo;espace de quelques semaines, j&rsquo;avais vu mes parents disparaître et mes projets d&rsquo;avenir s&rsquo;effondrer. Je m&rsquo;étais imaginé intellectuel, peut-être voyageur, je me retrouvais ouvrier et orphelin. Et maintenant, ma famille bien intentionnée allait me marier à une inconnue. Parce que ça se faisait, que c&rsquo;était dans l&rsquo;ordre des choses, que ça avait toujours fonctionné de cette manière. Je contins l&rsquo;envie de briser ma chope de bière sur le viage rond de mon oncle, en hurlant, de lui bourrer le corps de coups de poing, d&rsquo;écraser du talon son conformisme comme on le fait d&rsquo;un vulgaire mégot de clope.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 81 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je crève de chaud dans mon smoking froissé et maculé de poussière. J&rsquo;aurais pu me préparer mieux. Prévoir des vêtements plus pratiques, peut-être un sac à dos, de meilleures chaussures. Mais j&rsquo;ai quitté le pays sans rien d&rsquo;autre que mes enfants et un paquet de pognon, et je reviens les mains vides, avec juste ce que je porte sur moi. Tout le reste, tout ce qui compte, se trouve ici. J&rsquo;ai couru après des chimères toute ma jeunesse et passé ma vie d&rsquo;homme à corriger le tir. Rina avait raison. Bien sûr. Si le destin ne m&rsquo;avait pas forcé la main, je ne serais jamais parti. Mes gosses auraient grandi dans ce foutoir. Fille et fils de criminel, on peut rêver d&rsquo;une meilleure entrée dans la vie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 127-128 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il y eut d&rsquo;autres voyages, d&rsquo;autres Flora, des tas d&rsquo;autres gamines envoyées se flétrir les rêves sur le macadam de L&rsquo;Ouest. Les filles s&rsquo;avéraient être le produit idéal. Les hommes, dès qu&rsquo;ils le pouvaient, tentaient de gagner leur croûte de l&rsquo;autre côté des frontières. Le pays commençait à manquer d&rsquo;époux, et les jeunes femmes couraient le risque de devenir vieilles filles, surtout dans les campagnes. C&rsquo;est là qu&rsquo;on recrutait le plus. La fin d&rsquo;une époque, l&rsquo;ouverture aux modes extérieures, les vieux flippaient à l&rsquo;idée que les moeurs de leurs filles suivent celles des Occidentaux décadents. Pour éviter la honte de les voir devenir des traînées, il fallait absolument les marier. Alors apparurent des courtisans professionnels. Ils séduisaient filles et parents en quelques semaines et, au prétexte de vacances, d&rsquo;un voyage de noces ou d&rsquo;une visite de leur futur foyer, elles partaient. Une fois là-bas, elles rapportaient chaque jour, frais déduits, plus d&rsquo;une mois de salaire moyen d&rsquo;ici à des types du genre d&rsquo;Alban. Ou du mien. Je ne savais pas exactement combien il tirait du trafic, mais vu les enveloppes que je récupérais, ça chiffrait Pas de doute, on commençait à le comprendre, le système capitaliste. On disposait en quantité abondante d&rsquo;un produit qui payait pour se faire exploiter. Le rêve.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les aigles endormis&nbsp;&raquo;, Danü Danquigny, Série noire, Gallimard, 18€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La mort d&#8217;une autre Cendrillon&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/03/15/la-mort-dune-autre-cendrillon/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2021 08:42:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[amour déçu]]></category>
		<category><![CDATA[désamour]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Chaussade]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire 2021 Un premier roman. Oui, je sais, on pourrait croire que je n&#8217;aime que ça ! Non, mais j&#8217;avoue lui vouer un intérêt très particulier. Parce qu&#8217;un premier roman est pour mois synonyme d&#8217;énergie, de libération, d&#8217;aboutissement et de commencement en même temps. C&#8217;est encore le cas avec &#171;&#160;Elle, la mère&#160;&#187;.  Là, Emmanuel Chaussade, qui a [&#8230;]]]></description>
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<div class="ref"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ELLE-LA-MERE.jpg" rel="lightbox[5580]"><img class="alignleft size-full wp-image-5582 colorbox-5580" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ELLE-LA-MERE.jpg" alt="ELLE LA MERE" width="178" height="245" /></a></div>
</div>
<div class="seven columns">
<p><strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2021</span></strong></p>
<p>Un premier roman. Oui, je sais, on pourrait croire que je n&rsquo;aime que ça ! Non, mais j&rsquo;avoue lui vouer un intérêt très particulier. Parce qu&rsquo;un premier roman est pour mois synonyme d&rsquo;énergie, de libération, d&rsquo;aboutissement et de commencement en même temps. C&rsquo;est encore le cas avec <strong>&laquo;&nbsp;Elle, la mère&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p>Là,<strong> Emmanuel Chaussade,</strong> qui a été successivement créateur de haute-couture, directeur artistique et commissaire d&rsquo;exposition, livre un texte sensible et cru. Violent et doux. Il donne de la voix au narrateur, Gabriel, troisième et dernier fils d&rsquo;une femme dont on ne saura jamais le prénom. Le mince roman s&rsquo;ouvre sur les obsèques de cette dernière, auxquelles il assiste seul.</p>
<p>L&rsquo;occasion de raconter la vie, par bouts, par bribes, en mélangeant les périodes et les humeurs.</p>
<p>Cette femme, qui avait épousé un bourgeois qui l&rsquo;a engrossée alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a que 18 ans, a grandi dans une famille pauvre et dysfonctionnelle. Sa belle-famille ne sera ni aimante, ni  protectrice. Son beau-père entretient des relations interlopes avec des jeunes filles, son mari malhonnête couche avec plusieurs de ses soeurs&#8230; Elle, a fini par perdre de vue son prince charmant. Et devient une mère qui aime mal, qui aime trop&#8230; Qui bafoue même le dernier tabou qui puisse lier une mère à son fils.</p>
<p>Là, dans un milieu bourgeois, aisé, elle compulse ses illusions perdues. Une &laquo;&nbsp;Mater dolorosa&nbsp;&raquo; ? Gabriel n&rsquo;élude rien. Sans pour autant l&rsquo;absoudre. Un portrait en creux, cru et douloureux de cette &laquo;&nbsp;Emma Bovary du pauvre&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 23 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et lui, a-t-il aimé la mère ? Oui, il l&rsquo;a aimée, puis il ne l&rsquo;a plus aimée. Il l&rsquo;a même détestée. Mépris silencieux. Vengeance sans paroles. La mère cache sa peine d&rsquo;être abandonnée par le fils. La mère l&rsquo;ignore pour qu&rsquo;il revienne Le fils souffre de ce désamour qu&rsquo;il s&rsquo;est imposé. Petit à petit, tout doucement, très lentement, il fait machine arrière. Il réapprend à aimer la mère. Aimer sans plus, aimer sans moins. Aimer tout simplement. Aimer sans jugement aucun. Amour égoïste. Aucun gagnant, aucun perdant. Aimer pour être libre, tout simplement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33 :</strong>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle n&rsquo;en a jamais voulu à cet homme pervers et alcoolique. Souvenirs pleins de tendresse. Elle en parle avec ce sourire de l&rsquo;innocence des enfants qui désespèrent d&rsquo;être aimés. Il lui portait l&rsquo;attention qui lui manquait tant. Elle s&rsquo;est trompée, en prenant son intérêt pour de l&rsquo;amour. Ces abus dont elle a été victime l&rsquo;ont empêchée d&rsquo;aimer et de s&rsquo;aimer. C&rsquo;est une des choses qu&rsquo;elle a en commun avec son mari. Lui aussi est incapable d&rsquo;aimer et de s&rsquo;aimer. Cette impossibilité d&rsquo;aimer les a reliés.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 78 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Non, il n&rsquo;est pas un homme, il vient d&rsquo;avoir six ans. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Violence extrême. Mère violeuse. Petite fille abusée, petite fille abandonnée. Mère qui abuse. Appel à l&rsquo;aide désespéré, après avoir compris qu&rsquo;elle ne vivait pas un conte de fées. Pulsion criminelle, après s&rsquo;être rendu compte qu&rsquo;elle n&rsquo;était pas mariée au prince charmant. Femme trompée. La mère se trompe et se retourne contre le fils. Coup de folie. Amour désespéré. Femme sous dépendance de l&rsquo;amour et de la haine, envers l&rsquo;autre, envers elle-même&nbsp;&raquo;. </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;Elle, la mère&nbsp;&raquo;, Emmanuel Chaussade, Les Editions de Minuit, 12€. </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<item>
		<title>Terrorisme, totalitarisme et vodka&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/03/02/terrorisme-totalitarisme-et-vodka/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2021 07:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[guerres]]></category>
		<category><![CDATA[Pavel Volodine]]></category>
		<category><![CDATA[Poutine]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[prise d'otages]]></category>
		<category><![CDATA[roman russe]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vadim]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[ Rentrée littéraire 2021 &#160; Un roman russe doublé d&#8217;un premier roman ? Forcément, je n&#8217;ai pas résisté. Et j&#8217;ai dévoré les épreuves d&#8217; &#171;&#160;Une suite d&#8217;événements &#171;&#160;, de Mikhaïl Chevelev, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment. Grâce à son double littéraire, l&#8217;auteur nous parle de la Russie d&#8217;aujourd&#8217;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4> <strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2021</span></strong></h4>
<div id="productDescription" class="col-xs-12 no-padding">
<div class="productDescription col-xs-12">
<div class="productDescription-content col-xs-12">
<p class="description"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE.jpg" rel="lightbox[5572]"><img class="alignleft wp-image-5575 size-medium colorbox-5572" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE-206x300.jpg" alt="RUSSE" width="206" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman russe doublé d&rsquo;un premier roman ? Forcément, je n&rsquo;ai pas résisté. Et j&rsquo;ai dévoré les épreuves d&rsquo; <strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements &laquo;&nbsp;,</strong> de <strong>Mikhaïl Chevelev</strong>, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment.</p>
<p>Grâce à son double littéraire, l&rsquo;auteur nous parle de la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le journaliste d&rsquo;opposition n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de devenir écrivain quand la publication pour laquelle il travaillait a dû fermer ses portes.</p>
<p>Ce dernier nous plonge ici, via la fiction dans la Russie de <strong>Poutine</strong>, pour mieux en dénoncer le totalitarisme. Pour mieux déplorer la responsabilité des élites intellectuelles dans l&rsquo;extension des pouvoirs qu&rsquo;il s&rsquo;est arrogés, lui qui en 1995 n&rsquo;était encore que l&rsquo;adjoint docile au maire de Saint-Pétersbourg.</p>
<p>Dans ce premier roman librement inspiré de son expérience de journaliste d&rsquo;opposition, <strong>Mikhaïl Chevelev</strong> s&rsquo;imagine un double littéraire, <strong>Pavel Volodine</strong>, journaliste moscovite, spécialiste des conflits interethniques dans la Fédération de Russie, appelé comme médiateur sur la scène d&rsquo;une prise d&rsquo;otages par une lointaine connaissance, très remontée contre les exactions du pouvoir en <strong>Tchétchénie et en Ukraine</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le terroriste menace d&rsquo;exécuter les 112 innocents qu&rsquo;il retient dans l&rsquo;église d&rsquo;un village de la banlieue moscovite si le président de la Fédération de Russie ne s&rsquo;excuse pas à la télévision pour les guerres qu&rsquo;il a déclenchées. <strong>Pavel</strong> reconnaît alors <strong>Vadim</strong>, qu&rsquo;il avait fait libérer lors d&rsquo;une mission bien des années auparavant. Engagé malgré lui dans une périlleuse course contre la montre et un improbable dialogue, il tente de comprendre ce qui a pu le conduire à faire le choix du terrorisme.</p>
<p>Dans un pays corrompu, incompétent, vérolé et confit dans l&rsquo;alcool, le parcours de deux hommes. Ce journaliste donc <strong>Pavel Volodine</strong>, et <strong>Vadim</strong>.</p>
<p>De page en page, un drame psychologique se dessine. Entre dérision, suspense maîtrisé et sens de la tragédie, c&rsquo;est une page d&rsquo;histoire contemporaine qui s&rsquo;offre à nous. Un premier roman puissant, percutant. Et lucide.</p>
<p>Au fait, comment dit-on bonheur en russe ?</p>
<p>En postface,<strong> Ludmila Oulitskaïa,</strong> autrice de romans, de nouvelles et de scénario, – elle est considérée comme l&rsquo;écrivaine russe vivante la plus lue à l&rsquo;étranger. Son engagement politique contre le Kremlin et l&rsquo;homophobie lui a valu d&rsquo;être attaquée par des jeunes militants pro-Poutine en 2016 notamment – écrit  : [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Le héros du roman est prisonnier de l&rsquo;une des idées les plus séduisantes qui existent, l&rsquo;idée de justice. Mais il ne trouve pas justice. La réponse est absente. Une seule chose demeure invariable : le mal engendre le mal. D&rsquo;un moindre mal naît un mal plus grand, et cette escalade n&rsquo;a pas de fin&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p class="description" style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Evgueni installe rapidement sa caméra et improvise une mise en scène; Letchi sur fond de prisonniers reconnaissants prononce un discours inspiré de ma composition sur la fin de la guerre et ajoute de son propre chef une rafale de mitraillette tirée en l&rsquo;air en guise d&rsquo;adieu. Bougre de con, s&rsquo;exclame Evgueni, qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;as pris de tirer juste devant l&rsquo;objectif, la bande-son est fichue. Je m&rsquo;attends à être fusillé sur place avec mon collègue et les pauvres troufions pour laver l&rsquo;injure, mais pas du tout : Letchi, confus, baisse es yeux et refait docilement la prise. Le pouvoir de la télé, c&rsquo;est tout de même quelque chose, la presse, je le constate une fois de plus, ce n&rsquo;est rien à côté.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong> <em>[&#8230;] &nbsp;&raquo; Puis une autre vie a commencé. La deuxième guerre de Tchétchénie, les immeubles qui explosent, le départ de Eltsine, l&rsquo;arrivée de Poutine qui entreprend de protéger la Russie selon son bon plaisir&#8230; J&rsquo;ai appelé Evgueni pour lui proposer de repartir. Il a réagi avec enthousiasme. Je n&rsquo;y ai pas prêté attention, me disant qu&rsquo;il avait un empêchement. Puis il a quitté Vues d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et on a cessé de le voir rue Petrovka. A l&rsquo;époque, j&rsquo;avais assez de mes propres problèmes. Ensuite, Evgueni s&rsquo;est mis à travailler pour la première chaîne. Je n&rsquo;ai pas vu ses reportages, mais on m&rsquo;a dit qu&rsquo;il passait son temps à filmer des popes et des généraux, du style de la Sainte Russie se relève fièrement et sa noble armée reçoit la bénédiction de la Sainte Eglise&#8230; Evgueni ? Allons donc! Si tu ne nous crois pas, va donc vérifier toi-même.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 142 :</strong> <em>[&#8230;]  &nbsp;&raquo; Pendant longtemps, Vadim ne s&rsquo;explique pas lui-même pourquoi il a accepté cette proposition. N&rsquo;a-t-il pas assez vu la guerre dans sa vie ? Pour sûr que si, jusqu&rsquo;à en avoir une indigestion&#8230; Parce qu&rsquo;il n&rsquo;a nulle part où aller ? Mais non, il sait qu&rsquo;il arrivera à se débrouiller&#8230; De crainte de se voir expulsé en Russie en cas de refus ? Il a cessé d&rsquo;avoir peur. Pas parce qu&rsquo;il en a perdu l&rsquo;habitude mais parce qu&rsquo;il n&rsquo;en est plus capable, come si quelque chose en lui s&rsquo;était engourdi&#8230; &nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p class="description"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements&nbsp;&raquo;, Mikhail Chevelev, Gallimard, 18€.  Traduction de Christine Zeytounian-Beloüs</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
</div>
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