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	<title>Quatrième de couv &#187; Sorj Chalandon</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Quand la sororité se joue du crabe&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Oct 2019 09:32:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un sujet grave, douloureux, évoqué d&#8217;une manière peu banale. Dans son nouveau roman, Sorj Chalandon nous parle du cancer. Et de ce qu&#8217;il peut provoquer comme conséquences, parfois définitives, chez celles et ceux qu&#8217;il frappe. La preuve avec Jeanne. Jeanne ? C&#8217;est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne. Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ffcc00"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/UNE-JOIE-FEROCE.jpeg" rel="lightbox[4868]"><img class="alignleft size-full wp-image-4871 colorbox-4868" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/UNE-JOIE-FEROCE.jpeg" alt="UNE JOIE FEROCE" width="280" height="412" /></a>Un sujet grave, douloureux, évoqué d&rsquo;une manière peu banale. Dans son nouveau roman, <strong>Sorj Chalandon</strong> nous parle du cancer. Et de ce qu&rsquo;il peut provoquer comme conséquences, parfois définitives, chez celles et ceux qu&rsquo;il frappe. La preuve avec <strong>Jeanne</strong>. <strong>Jeanne</strong> ? C&rsquo;est une femme formidable. Tout le monde l’aime, <strong>Jeanne</strong>.</p>
<p>Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de <strong>Matt</strong>, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.<br />
<strong>Jeanne</strong> bien élevée, polie par l’épreuve ( son fils est mort à sept ans, malade), qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. <strong>Jeanne</strong>, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. <em>«  Il y a quelque chose  »</em>, lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant.</p>
<p><span id="more-4868"></span></p>
<p>En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. <strong>Jeanne</strong> ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.<br />
Avec<strong> Brigitte</strong> la flamboyante, <strong>Assia</strong> l’écorchée et l’étrange <strong>Mélody </strong>( qui leur raconte que sa fille Eva a été enlevée par son ex-compagnon) trois amies d’affliction, <strong>Jeanne</strong> la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.</p>
<p><strong>Sorj Chalandon</strong> explore ici ce qu&rsquo;est la sororité, la fraternité au féminin. Celle qui unit les femmes, jusqu&rsquo;au bout. Trop loin ? J&rsquo;ai eu un peu de mal à suivre l&rsquo;auteur – que je respecte énormément et dont plusieurs des romans ont été chroniqués sur ce blog – jusqu&rsquo;à la fin de son histoire. Au fil des pages, malgré la description des affres de la maladie, on assiste à une fuite en avant que je trouve assez peu crédible. Dommage.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 80 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;avais compris. J&rsquo;avais peur. Je n&rsquo;avais pas demandé son avis à mon mari. Il existait peut-être un moyen d&rsquo;empêcher cela ? Brigitte m&rsquo;a parlé d&rsquo;elle. De son premier cancer. Ses cheveux qui l&rsquo;avaient quittée l&rsquo;un après l&rsquo;autre, et puis par poignées, enfin par plaques. Elle m&rsquo;a raconté le regard des autres. La contagieuse, la galeuse, la lépreuse, tous ces mots qu&rsquo;elle entendait dire. Alors, avant de ressembler à une damnée, Brigitte avait tout coupé. C&rsquo;est elle qui avait décidé, pas le venin. Son corps n&rsquo;appartenait ni au cancer ni à ceux qui voulaient l&rsquo;en guérir. Et voilà qu&rsquo;elle me proposait de faire de même. Maintenant. Prendre mes cheveux par surprise. Elle serait là. Et Assia, et la jeune Mélody. Elles m&rsquo;accompagneraient. Ni devoir ni obligation, amitié. Un peu comme si j&rsquo;allais essayer une robe. Les copines attendraient derrière le rideau d&rsquo;essayage. Rien de plus. Je ne savais pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 87 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Nous entrions dans l&rsquo;appartement. Elle avait les clefs à la main. Je parlais, je parlais. Plus la gêne m&rsquo;étrangle et plus les mots se pressent. Non, tout n&rsquo;était pas chic. Un mélange brouillon de trois vies. Celle de Brigitte, faite de meubles montés sur un coin de parquet, de tabourets hauts, d&rsquo;objets chinés, de souvenirs marins et cette fausse commode, empruntée à un ancien amant, accessoiriste de plateau. Celle d&rsquo;Assia, entourée de voiles colorés, de cuivres, d&rsquo;arabesques et de tapis d&rsquo;Orient. Celle aussi de Mélody, qui tenait dans quelques valises au-dessus de la penderie. Pas un écrin, une bulle. Un repaire de femmes qui n&rsquo;attendent plus rien du dehors.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 224 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;avais sorti la photo d&rsquo;Eva de mon sac. La plus belle petite fille du monde me souriait. Elle était ma force et nous serions la sienne. J&rsquo;ai regardé les vêtements sombres qui m&rsquo;accusaient. La tondue, l&rsquo;infanticide, la larguée par son mec, la trahie par son corps. J&rsquo;ai rêvé pour moi de couleurs. Après l&rsquo;hiver, je devais me changer en été.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une joie féroce&nbsp;&raquo;, Sorj Chalandon, Grasset. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au pays d&#8217;un père menteur&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/08/19/au-pays-dun-pere-menteur/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/08/19/au-pays-dun-pere-menteur/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2015 07:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire C&#8217;est la rentrée ! Cette année encore, celle des livres et de leurs auteurs précède de quelques semaines celle des écoliers. L&#8217;occasion de retrouver, avec plaisir et impatience, les nouvelles oeuvres d&#8217;auteurs déjà confirmés, de découvrir celles de nouveaux écrivains en devenir. Bref, un moment particulier. Quoi de neuf, alors ? 589 nouveaux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #ff9900"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
</blockquote>
<p>C&rsquo;est la rentrée ! Cette année encore, celle des livres et de leurs auteurs précède de quelques semaines celle des écoliers. L&rsquo;occasion de retrouver, avec plaisir et impatience, les nouvelles oeuvres d&rsquo;auteurs déjà confirmés, de découvrir celles de nouveaux écrivains en devenir. Bref, un moment particulier.</p>
<p>Quoi de neuf, alors ? <strong>589 nouveaux romans sont annoncés entre le 19 août et la fin du mois d&rsquo;octobre.</strong> Soir une légère baisse par rapport à l&rsquo;an dernier. Parmi cette nouvelle moisson,<strong> on compte 393 romans français parmi lesquels 68 premiers romans. </strong> Des heures de lecture et de jolies découvertes en perspective.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON1.jpg" rel="lightbox[3195]"><img class="alignleft wp-image-3220 size-thumbnail colorbox-3195" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON1-150x150.jpg" alt="CHALANDON" width="150" height="150" /></a>Parmi les pépites de cette rentrée, <strong>&laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo;</strong> de<strong> Sorj Chalandon.</strong> Un auteur particulièrement apprécié par Quatrième de couv, en témoignent les deux posts écrits pour ces deux précédents romans <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/12/22/dans-la-peau-du-traitre-tyrone-meehan/">&laquo;&nbsp;Retour à Killybegs&nbsp;&raquo; </a></strong>et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/11/05/antigone-pour-voler-deux-heures-a-la-guerre/">&laquo;&nbsp;Le quatrième mur&nbsp;&raquo;</a></strong>.</p>
<p><strong>Sorj Chalandon</strong> est né le 16 mai 1952. En 1973, il entre à <b>Libération</b>. Dessinateur, puis monteur de page, il devient grand reporter puis rédacteur en chef du quotidien, qu&rsquo;il quitte en 2007, dans le sillage de Serge July. Depuis 2009, il a rejoint le <b>Canard Enchaîné</b>.</p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong>&laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo; </strong>? C&rsquo;est celle d&rsquo;<strong>Emile</strong>. Un gamin ballotté entre une mère effacée et un père tyrannique et mythomane. <strong>Emile</strong>, c&rsquo;est le fils unique des époux <strong>Choulans</strong>. <strong>Emile</strong> est surnommé <strong>&laquo;&nbsp;Picasso&nbsp;&raquo;</strong> puisqu&rsquo;il dessine tout le temps, <strong>Emile</strong> est asthmatique et ne comprend pas grand-chose à la vie que mènent ses parents, si différente de celle des autres.</p>
<p><span id="more-3195"></span></p>
<p><strong>André</strong> ne travaille pas, dit qu&rsquo;il a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d&rsquo;une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle.</p>
<p>Jusqu&rsquo;au jour où <strong>André Choulans</strong> estime que le général l&rsquo;a trahi. Nous sommes, en avril 1961, en pleine guerre d&rsquo;Algérie et l&rsquo;indépendance vient d&rsquo;être décidée.  La tentative de Salan et des trois autres généraux a échoué. Impossible à accepter pour <strong>André</strong> qui décide de tuer de Gaulle. Son fils de 13 ans va devoir l&rsquo;aider. S&rsquo;ensuit un roman sur l&rsquo;enfance volée, l&rsquo;enfance meurtrie tandis que le jeune et fragile <strong>Emile</strong> doit multiplier les entraînements, apprendre à être homme et ne surtout pas contester les décisions de son père violent.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON-II.jpg" rel="lightbox[3195]"><img class="alignleft size-full wp-image-3200 colorbox-3195" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON-II.jpg" alt="CHALANDON II" width="220" height="346" /></a></p>
<p>Un huis-clos familial étouffant. <strong>Emile</strong> n&rsquo;échappera qu&rsquo;avec le temps aux mensonges et à la violence  de son père, à la faiblesse aveugle de sa mère.</p>
<p><strong>André Choulans</strong> manipule sa femme et son fils. Des années durant. Il invente le personnage de Ted, son ami américain, parrain d&rsquo;<strong>Emile</strong> et agent de la CIA.</p>
<p>L&rsquo;adolescent s&rsquo;enfoncera dans les histoires de son père, s&rsquo;enfermera dans une relation dangereuse avec <strong>Luca Biglioni</strong>, son camarade de classe.</p>
<p>Avec &laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo;, <strong>Sorj Chalandon</strong> explore à nouveau l&rsquo;enfance, dix ans après son premier roman <strong>&laquo;&nbsp;Le petit Bonzi&nbsp;&raquo;</strong>, qui traitait déjà de la même thématique.</p>
<p>Loin des décors irlandais ou libanais de ses précédents romans, <strong>Sorj Chalandon</strong> livre ici un roman de l&rsquo;intime, sensible.</p>
<p>A partir de l&rsquo;enterrement, sinistre, de son père, <strong>Emile</strong> démêle la pelote de ses souvenirs, de son enfance dévastée, des années d&rsquo;adolescence et même de sa vie de jeune adulte martyrisée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> Sorj Chalandon, sur France Inter</strong></p>
<iframe src="http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=1144271" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 34 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Lui l&rsquo;évangéliste, le croisé charismatique, se disait bien au-dessus de Jésus. Dieu lui parlait. Mon père et Dieu, sans personne pour traduire. Il n&rsquo;avait que faire d&rsquo;une bouchée de pain sans levain, de prières en commun ou de genoux à terre. D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;était lui qui me confessait. Il refusait que j&rsquo;avoue mes fautes à un curé. Il s&rsquo;en chargeait lui-même, en secret, dans le salon, avant que ma mère ne rentre du travail. Il mettait une robe pastorale noire à rabat blanc, et une étole violette, brodée d&rsquo;une terre porteuse de croix.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 137 :</strong><em>&laquo;&nbsp;En 1960, alors que Strasbourg jouait en ville, mon père avait voulu me faire la surprise, me conduire au match, m&rsquo;asseoir contre lui sur le banc de touche, me raconter comment il avait failli devenir un grand joueur de foot. Et me présenter à Emile Veinante, son ami. Mais mes notes du trimestre avaient été mauvaises. Alors il a eu honte de moi. Il m&rsquo;a enfermé. On ne présentait pas un âne bâté à un dieu du stade. Le soir du match, il est resté devant sa télé. Et moi dans son armoire. Pour me punir, il ne m&rsquo;avait jamais plus parlé de football.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 186-187 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il &lsquo;l&rsquo;avait fait, mon Dieu. Pour tuer de Gaulle, pour moi, pour Ted, pour le chef, pour sa fille, il avait tout quitté. J&rsquo;étais dans mon lit. Couché sur le dos, les yeux grands ouverts. Je voyais son regard dans la nuit, la pluie dans ses cheveux, sa valise noire et blanche. Il pourrait être chez lui en une heure. Remettre l&rsquo;argent là où il l&rsquo;avait trouvé, et les cartes d&rsquo;identité. Mais pour les pneus crevés et les fils arrachés, je n&rsquo;avais pas d&rsquo;idée. Il faudrait qu&rsquo;il se débrouille. Je ne savais plus que faire de lui. J&rsquo;ai frissonné. J&rsquo;étais triste. J&rsquo;avais tout programme pour qu&rsquo;il renonce, et il ne l&rsquo;avait pas fait. Je ne comprenais pas. Aucun enfant ne quitte sa famille en pleine nuit pour tuer de Gaulle et se marier. C&rsquo;était idiot, impossible. Plus de cinquante ans après, je n&rsquo;arrive toujours pas à croire que Luca Biglioni ait pu faire ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pas de guerre dans ce roman, pas d&rsquo;idéal trahi, mais un huis-clos familial glaçant. Entre humiliations, coups et petites mesquineries. On pourra se demander quelle part de sa vie l&rsquo;auteur a distillé entre les pages de ce roman poignant. Terriblement touchant. Sorj Chalandon est un auteur sensible. Définitivement. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo;, Sorj Chalandon, Grasset, 19€.</strong></em></p>
<p style="text-align: center">
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		<item>
		<title>Antigone pour voler deux heures à la guerre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/11/05/antigone-pour-voler-deux-heures-a-la-guerre/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 Nov 2013 08:32:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Il fait partie de mon Top 5 des livres de cette rentrée. Et pour cause.  &#171;&#160;Le quatrième mur&#160;&#187; de Sorj Chalandon est un roman puissant, violent et désespéré&#8230; qui n&#8217;a finalement pas été retenu dans la short-list du prix Goncourt. Ce n&#8217;est pas bien grave&#8230; L&#8217;ancien reporter de guerre plonge cette fois ses [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;color: #0000ff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Le-quatrieme-mur_4962.jpeg" rel="lightbox[2151]"><img class="alignleft  wp-image-2157 colorbox-2151" style="margin: 10px" alt="cvt_Le-quatrieme-mur_4962" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Le-quatrieme-mur_4962.jpeg" width="104" height="154" /></a> Il fait partie de mon Top 5 des livres de cette rentrée. Et pour cause. <strong> &laquo;&nbsp;Le quatrième mur&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Sorj Chalandon</strong> est un roman puissant, violent et désespéré&#8230; qui n&rsquo;a finalement pas été retenu dans la short-list du prix Goncourt. Ce n&rsquo;est pas bien grave&#8230;</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;ancien reporter de guerre plonge cette fois ses lecteurs dans la guerre du Liban. Qu&rsquo;il a vécue dans sa chair. Ce roman, c&rsquo;est un moyen pour le journaliste-écrivain de pouvoir tourner la page. Enfin. Le héros de ce roman,<strong> Georges</strong>, est le <em>&laquo;&nbsp;double&nbsp;&raquo;</em> de l&rsquo;auteur qui a pris son deuxième prénom pour le donner à son héros.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Sorj Chalandon</strong>, dont ma consoeur Mariella Esvant, dressait un émouvant portrait<strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2013/09/16/Sorj-Chalandon-un-ecrivain-entre-guerre-et-paix-1614366"> ici</a>,</strong> nous emmène dans une histoire d&rsquo;emblée vouée à l&rsquo;échec. Et pour cause.<strong> Il s&rsquo;agit, le temps d&rsquo;une représentation théâtrale d&rsquo;Antigone, de Jean Anouilh, à Beyrouth, de faire cesser la guerre.</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Georges</strong> a fait une promesse à<strong> Samuel Akounis,</strong> juif grec, ce metteur en scène a fui  la dictature des colonels avant de se réfugier en France. Là, il rencontre Georges, l&rsquo;étudiant idéaliste. Les deux hommes se lient. Tous les deux portent dans leurs corps les stigmates de leurs engagements.</p>
<p style="text-align: left">Les années passent. Les combats Alors que <strong>Samuel</strong> se meurt sur son lit d&rsquo;hôpital, il demande à <strong>Georges</strong>, jeune père de famille, surveillant de collège, petit théâtreux de patronage, de mener son projet à bien : monter la pièce <strong>&laquo;&nbsp;Antigone&nbsp;&raquo; de Jean Anouilh</strong> à <strong>Beyrouth</strong> avec, pour incarner chacun des personnages, un membre des différentes communautés en guerre les unes contre les autres. Un pari fou.</p>
<p style="text-align: left">Impossible ? Au nom de l&rsquo;amitié et des liens de fraternité qui les unissent, <strong>Georges</strong> va accepter et se rendre à <strong>Beyrouth</strong>, au début de l&rsquo;année 1982. Pour rencontrer les comédiens déjà choisis par <strong>Samuel</strong>, pour faire taire les dernières interrogations, pour repérer les lieux&#8230; et, au final, se laisser happer par une guerre qui n&rsquo;est pas la sienne. Aux côtés de <strong>Marwan</strong>, son chauffeur, son guide et bientôt son ami, il touche de près la réalité de la guerre. Fratricide.</p>
<p><strong>Découvrez ici une vidéo dans laquelle Sorj Chalandon raconte la genèse de son roman</strong></p>
<p style="text-align: left"><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x15eb0a" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 13 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je suis tombé comme on meurt, sur le ventre, front écrasé, nuque plaquée au sol par une gifle de feu. Dedans et dehors, les pieds sur le talus, les mains sur le ciment. Mon corps était sidéré. Une lumière poudrée déchirait le béton. Je me suis relevé. La fumée lourde, la poussière grise. Je suffoquais. J&rsquo;avais du sable en gorge, la lèvre ouverte, mes cheveux fumaient. J&rsquo;étais aveugle. Des paillettes argent lacéraient mes paupières. L&rsquo;obus avait frappé, il n&rsquo;avait pas encore parlé. Le foudre après l&rsquo;éclair, un acier déchiré. Odeur de poudre, d&rsquo;huile chaude, de métal brûlé. Je me suis jeté dans la fosse au moment du fracas. Mon ventre entier est remonté dans ma gorge. J&rsquo;ai vomi. Un flot de bile et des morceaux de moi. J&rsquo;ai hurlé ma peur. Poings fermés, oreilles sanglantes, recouvert par la terre salée et l&rsquo;ombre grasse.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 95</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Antigone était palestinienne et sunnite. Hémon, son fiancé, un Druze du Chouf. Créon, roi de Thèbes et père d&rsquo;Hémon, un maronite de Gemmayzé. Les trois chiites avaient d&rsquo;abord refusé de jouer les “Gardes”, personnages qu&rsquo;ils trouvaient insignifiants. Pour équilibrer, l&rsquo;un d&rsquo;eux est aussi devenu le page de Créon, l&rsquo;autre avait accepté d&rsquo;être “Le Messager”. Au metteur en scène de se débrouiller. Une vieille chiite avait aussi été choisie pour la reine Eurydice, femme de Créon. “La Nourrice” était une Chaldéenne et Ismène, soeur d&rsquo;Antigone, catholique arménienne. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Le casting avait duré deux ans. Tous ces jeunes avaient fait un peu de théâtre, sauf Eurydice, qui n&rsquo;aurait qu&rsquo;à tricoter pour les pauvres de Thèbes. Sam s&rsquo;était d&rsquo;abord présenté comme Grec. Lui serait “Le Choeur”, voix essentielle dans le théâtre antique. Puis il s&rsquo;est avoué juif. Alors il a fallu remplacer les chiites par trois autres. Et aussi la catholique, qui n&rsquo;avait pas supporté cette révélation.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 269 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Je n&rsquo;étais pas médecin, pas journaliste. Je mettais la vie en scène, mais je ne pouvais rien faire contre cette mort-là. J&rsquo;ai sorti le carnet de Sam. Je ne sais pas pourquoi. Pour réapprendre un geste. Pour mettre de la distance entre le sang et moi. J&rsquo;ai écrit : “Fin”. C&rsquo;est tout. J&rsquo;ai entouré le mot de cercles nerveux, jusqu&rsquo;à ce que le papier cède. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis je n&rsquo;ai plus regardé. J&rsquo;ai marché au milieu de la route. Marché en aveugle vers l&rsquo;air libre, suivi par les pleurs, les cris, le linge séchant pour rien au soleil de septembre.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong> Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un coup de poing, un uppercut. Ce roman vous prend aux tripes. Parce qu&rsquo;il décrit la guerre comme personne, parce qu&rsquo;il parle d&rsquo;utopie collective&#8230; et de contingences qui font obstacle. Un roman fort, violent, tragique comme une pièce grecque. Le quatrième mur finit par s&rsquo;écrouler. A lire absolument. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le quatrième mur&nbsp;&raquo;, de Sorj Chalandon, Grasset, 19€.</strong></em></p>
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		<title>Dans la peau du traître Tyrone Meehan</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/12/22/dans-la-peau-du-traitre-tyrone-meehan/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/12/22/dans-la-peau-du-traitre-tyrone-meehan/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 08:57:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[cause républicaine irlandaise]]></category>
		<category><![CDATA[douleur]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[IRA]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Sorj Chalandon]]></category>
		<category><![CDATA[trahison]]></category>
		<category><![CDATA[Tyrone Meehan]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;C&#8217;est un livre qui parle des gueux, de simples gens, de pauvres gens, de douleurs, de misère&#8230; &#160;&#187; En octobre dernier c&#8217;est par ces mots notamment que l&#8217;auteur et journaliste Sorj Chalandon décrivait son dernier livre &#171;&#160;Retour à Killybegs&#160;&#187; à notre consoeur de La Nouvelle République, Mariella Esvant. Un roman qui se veut le dernier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignleft size-full wp-image-644 colorbox-638" style="margin: 10px;" title="2011_chalandon_moyen" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/2011_chalandon_moyen.jpg" alt="" width="71" height="89" />&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un livre qui parle des gueux, de simples gens, de pauvres gens, de douleurs, de misère&#8230;</em> &nbsp;&raquo; En octobre dernier c&rsquo;est par ces mots notamment que l&rsquo;auteur et journaliste <a title="Sa page sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sorj_Chalandon">Sorj Chalandon </a>décrivait son dernier livre &laquo;&nbsp;<strong>Retour à Killybegs</strong>&nbsp;&raquo; à notre consoeur de La Nouvelle République, <a title="les articles de Mariella Esvant" href="http://www.lanouvellerepublique.fr/ACTUALITE/People/Sorj-Chalandon-revient-dans-la-peau-d-un-traitre">Mariella Esvant</a>. Un roman qui se veut le dernier de l&rsquo;auteur à propos de l&rsquo;Irlande du Nord. Plus question d&rsquo;écrire sur le sujet.</p>
<p><span id="more-638"></span></p>
<p>  &laquo;&nbsp;<em>J&rsquo;ai fermé la tombe de mon ami Denis&nbsp;&raquo;,</em> explique l&rsquo;auteur dans la vidéo présente ici.</p>
<p><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/2011_chalandon_moyen.jpg" rel="lightbox[638]"><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/xky1r2" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe></a></em></p>
<p>  <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/26077_1484990.jpg" rel="lightbox[638]" title="26077_1484990"><img class="alignleft size-full wp-image-647 colorbox-638" style="margin: 10px;" title="26077_1484990" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/26077_1484990.jpg" alt="" width="110" height="163" /></a><strong>&laquo;&nbsp;Retour à Killybegs</strong>&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pas la suite de &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;, publié en 2008 et désormais disponible en livre de poche mais &nbsp;&raquo; <em>un écho</em>&laquo;&nbsp;. Cette fois, c&rsquo;est le traitre qui parle, celui qui, vingt ans durant, a travaillé en sous-marin pour la police britannique et les services secrets.</p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;, Sorj Chalandon se glissait dans la peau d&rsquo;Antoine, le luthier parisien qui découvrait l&rsquo;Irlande du Nord et la lutte. Antoine, c&rsquo;était Chalandon. Le journaliste, – il a travaillé pendant plus de trente ans à <em>Libération</em> –,  et l&rsquo;homme qui, des années durant, a couvert l&rsquo;actualité irlandaise. &nbsp;&raquo; <em>C&rsquo;était un livre réel</em>&laquo;&nbsp;, explique le journaliste au Canard Enchaîné qui a finalement appris que son ami <a title="Un article concernant sa mort" href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2006/04/05/meurtre-d-un-ancien-membre-du-sinn-fein-qui-espionna-pour-londres_758119_3214.html">Denis Donaldson</a> avait trahi sa patrie, ses frères d&rsquo;armes et ses idéaux. C&rsquo;était en 2005.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_661" style="width: 139px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/denis.jpg" rel="lightbox[638]" title="denis"><img class="size-full wp-image-661 colorbox-638" style="margin: 10px;" title="denis" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/denis.jpg" alt="" width="129" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Denis Donaldson, l&#39;ancien ami de Sorj Chalandon qui a inspiré le roman</p></div>
<p>A la sortie de &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;, il se rend cependant compte qu&rsquo;il n&rsquo;est pas allé au bout de la démarche. Qu&rsquo;il manque quelque chose. &laquo;&nbsp;<em>Il me manquait la vie et la parole du traître</em>&laquo;&nbsp;, explique-t-il encore dans la vidéo. Alors, il se plonge dans l&rsquo;écriture de &laquo;&nbsp;<strong>Retour à Killybegs</strong>&laquo;&nbsp;. Pas une suite, ni un tome 2. Avec la volonté cependant de proposer au public &laquo;&nbsp;<em>de suivre</em>&nbsp;&raquo; l&rsquo;auteur dans la trahison &nbsp;&raquo; <em>et d&rsquo;en prendre sa part</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Le livre a reçu à l&rsquo;automne le <strong>Grand prix du Roman de l&rsquo;Académie française</strong>.</p>
<p>Là, nous suivons donc le personnage de Tyrone Meehan. De sa naissance à sa mort. De son mariage à la naissance de son fils. De son ascension à sa chute. A la différence du véritable &laquo;&nbsp;héros&nbsp;&raquo;, Denis Donaldson, assassiné quatre mois seulement après avoir avoué sa trahison à 55 ans, Tyrone Meehan vivra plus vieux. Mais tout aussi seul. Sorj Chalandon le dit tout net : &laquo;&nbsp;<em>Tout le socle est vérité même s&rsquo;il y a des parties romancées</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Là, dans le nord du sud de l&rsquo;Irlande, à Killybegs, vit la famille Meehan. Avec Patraig, le père révolté qui a appartenu à l&rsquo;Armée républicaine irlandaise, sa femme et ses trop nombreux enfants qu&rsquo;il faut nourrir. Patraig meurt  des &laquo;&nbsp;<em>cailloux plein les poches</em>&nbsp;&raquo; (page 22). A Tyrone et ses frères de reprendre le flambeau. Jusqu&rsquo;au bout. Rapidement, il faudra quitter Killybegs, s&rsquo;installer chez un oncle puis rejoindre Belfast. Les germes de la lutte s&rsquo;installent. Tyrone en sera. Tout comme son frère Séanna. Pour un temps seulement.</p>
<p><strong>Page 59</strong> : &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;IRA. Ce n&rsquo;était plus trois lettres noires, bavées sur notre mur à la peinture haineuse. Ce n&rsquo;était plus une condamnation entendue à la radio. [&#8230;] C&rsquo;était la chair de mon père, sa vie entière, sa mémoire et sa légende. C&rsquo;était sa douleur, sa défaite, l&rsquo;armée vaincue de notre pays. Jamais je n&rsquo;avais entendu ces trois lettres prononcées par d&rsquo;autres lèvres que les siennes. [&#8230;] L&rsquo;IRA. Soudain, je l&rsquo;ai vue partout. [&#8230;] Je l&rsquo;ai sentie en moi. En moi, Tyrone Meehan, seize ans, fils de Patraig et de la terre d&rsquo;Irlande. Chassé de mon village par la misère, banni de mon quartier par l&rsquo;ennemi. L&rsquo;IRA, moi</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Premières missions, premières arrestations aussi. Premiers séjours en prison. Chalandon plonge son lecteur dans le quotidien d&rsquo;un activiste de la nébuleuse IRA tandis que de l&rsquo;autre côté de la Manche, la Deuxième Guerre mondiale fait rage. Et puis un jour, c&rsquo;est le drame. En août 1969, Tyrone Meehan tue accidentellement son ami, son modèle, Danny Finley. Il ne dira rien mais ses ennemis de toujours ont là de quoi le faire chanter, le soumettre à la trahison. Tyrone passe pour un héros. C&rsquo;est un salaud. Magnifique.</p>
<p><strong>Page 139</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Lorsque je me suis avancé au micro, j&rsquo;ai été applaudi. Longuement, comme on remercie. J&rsquo;ai tué Danny. Je tremblais. Je n&rsquo;ai plus cessé de trembler depuis ce jour.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>Sheila sa femme, ses amis, ses compagnons&#8230; tous s&rsquo;accrochent à la version. Tyrone Meehan aurait pu vieillir avec.</p>
<p>Au fil du roman, l&rsquo;auteur alterne entre les épisodes héroïques de Tyrone Meehan et son exil obligé, dans la maison de son père, sa trahison avouée et sa fierté écrabouillée. Un vis-à-vis chronologique qui vous oblige à suivre l&rsquo;homme jusqu&rsquo;au plus profond de son âme et à retracer l&rsquo;histoire irlandaise contemporaine.</p>
<p>En 1979, Tyrone Meehan, alors à l&rsquo;état-major de l&rsquo;IRA, est emprisonné pour quinze mois. Depuis trois ans déjà, ces hommes ne sont plus considérés comme des prisonniers politiques. De quoi mettre le feu à la prison de Long Kesh.</p>
<p><strong>Page 154</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Lorsque je suis entré au bloc H4 du camp, le jeudi 1er novembre 1979, cela faisait trois ans que trois cents camarades étaient nus dans leurs couvertures et vivaient dans leur merde</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>C&rsquo;est à sa sortie qu&rsquo;il est approché par les services de police britanniques. Et contraint à travailler pour eux, qui savent la vérité sur la mort de Danny.</p>
<p><strong>Page 218</strong> : &laquo;&nbsp;[&#8230;] <em>Je ne forçais pas. Je ne provoquais rien. je laissais venir. Je me disais qu&rsquo;accepter la trahison leur suffirait peut-être. J&rsquo;étais un agent à leurs yeux. Mais je n&rsquo;avais pas trahi. Pas encore. Je n&rsquo;avais rien dit, rien fait, dénoncé personne. Juste cette conversation parisienne qu&rsquo;ils prenaient pour un pacte. J&rsquo;ai eu une pensée folle. J&rsquo;ai espéré que tout s&rsquo;arrêterait là. Qu&rsquo;ils ne me demanderaient rien, jamais.</em> &nbsp;&raquo;</p>
<p>Peine perdue, évidemment. Tyrone Meehan finira même par se prendre au jeu. Se rassurer comme il peut.</p>
<p><strong>Page 273</strong> : &laquo;&nbsp;[&#8230;] <em>J&rsquo;avais laissé le salaud du côté de Falls Road. A Paris, je ne trahissais pas, j&rsquo;instruisais. Je faisais un travail utile, militant, fondamental, probablement historique</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et puis l&rsquo;Histoire est en marche. Le dessous des cartes change. Tyrone Meehan est lâché. Arrêté, interrogé. Obligé à l&rsquo;exil. Avant d&rsquo;être abattu quelques temps plus tard dans la maison de son père, à Killybegs.</p>
<p>Un livre fort, puissant. Formidablement écrit. Et qui m&rsquo;a donné envie de plonger dans &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;. Vite !</p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Retour à Killybegs&nbsp;&raquo;, de Sorj Chalandon, Grasset, 20€.</strong></em></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Mon traître&nbsp;&raquo;, Le livre de poche, 6€.</strong></em></p>
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