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	<title>Quatrième de couv &#187; Simon</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>À la dérive&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 10:04:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’été touche à sa fin à Long Island, et Alex n’est plus la bienvenue. Un faux pas lors d’un dîner et Simon lui paye un billet retour pour New York. Sans ressources, avec pour toute possession un téléphone qui a pris l’eau et ce don qu’elle a d’orienter à sa guise les désirs des autres, Alex décide de s’attarder dans les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-6372 colorbox-6368" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/I23405.jpg" alt="I23405" width="280" height="456" /></p>
<p>L’été touche à sa fin à Long Island, et <strong>Alex</strong> n’est plus la bienvenue. Un faux pas lors d’un dîner et <strong>Simon</strong> lui paye un billet retour pour New York. Sans ressources, avec pour toute possession un téléphone qui a pris l’eau et ce don qu’elle a d’orienter à sa guise les désirs des autres, <strong>Alex</strong> décide de s’attarder dans les parages et se met à dériver tel un fantôme entre les avenues bordées de haies, les allées de garage protégées par des grilles et les dunes écrasées de soleil. Elle passe la semaine à errer, d’une rencontre à l’autre, refusant d’en rester là : <strong>Simon</strong> sera sûrement content de la voir arriver à sa fête du Labor Day.</p>
<p>Voici le postulat de départ de ce nouveau roman de l&rsquo;écrivaine américaine <strong>Emma Cline</strong>. Une jeune auteure trentenaire, elle est née en Californie, dont je suis le travail depuis plusieurs années déjà comme je vous le raconte <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/22/quand-les-filles-partent-en-vrille/">ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/07/22/dans-la-tete-dharvey/">là</a></strong>.</p>
<p><em>« Alex vida son verre de vin, puis son verre d’eau. L’océan semblait calme, d’un noir plus sombre que le ciel. Ses paumes devinrent moites sous l’effet d’une vague d’angoisse. Soudain, il paraissait illusoire que quoi que ce soit puisse rester caché, qu’elle puisse passer avec succès d’un <span class="details">monde à l’autre. »</span></em></p>
<h3 class="heading__StyledHeading-sc-5jxglz-0 jztCkt">Une figure de parasite</h3>
<p>Alex a 22 ans. Et plus beaucoup d&rsquo;illusions. Elle s&rsquo;est retrouvée dans de sales draps à New-York et se trouve déjà fanée. Simon pouvait-il lui apporter ce qu&rsquo;elle attendait ? Sûrement.</p>
<p>Mais cela peut-il durer au-delà de l&rsquo;été qu&rsquo;elle passe au bord de la mer ? Elle va tout foutre en l&rsquo;air, dans une piscine. Sans se résoudre cependant à dire adieu à cette vie-là&#8230; Tout va rentrer dans l&rsquo;ordre, croit-elle. Question de temps. Et de pilules qu&rsquo;elle avale (et vole) sans vergogne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6368"></span></p>
<p>Sept jours durant, elle erre. Elle fomente. Elle ment. Beaucoup. Elle vole. Elle réfléchit. Elle arnaque. Sans se remettre en question cependant.</p>
<p class="heading__StyledHeading-sc-5jxglz-0 jztCkt"> Alex avait décidé de se laisser flotter. Elle continue à le faire. Certaine d&rsquo;y arriver&#8230; Se laisse dériver sans perdre de vue la prochaine fête organisée par Simon où elle se dit sûre de le reconquérir. Malgré les coups de fil incessants et les menaces de celui qu&rsquo;elle a volé&#8230;</p>
<p class="article_link">Sept jours plus tard, elle se présente à la fête. Défaite.</p>
<p class="article_link" style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="article_link" style="text-align: left"><strong>Page 22 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; La fin de l&rsquo;été, elle la passerait ici, avec Simon, et en septembre&#8230; Simon avait son appartement en ville. Il était question qu&rsquo;Alex y emménage. Chaque fois que Simon évoquait un probable avenir, Alex baissait les yeux. Faute de quoi, son désespoir apparaîtrait de manière trop évidente. Simon croyait encore qu&rsquo;Alex avait son appartement, et c&rsquo;était important. Il fallait maintenir l&rsquo;illusion de l&rsquo;indépendance économique, lui laisser croire que c&rsquo;était lui qui dirigeait tout. La retenue s&rsquo;imposait, à ce stade.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><strong>Page 160 : </strong><em><strong>&laquo;&nbsp;</strong>[&#8230;] Les nounous portaient des chemises aux couleurs aveuglantes qui venaient d&rsquo;un restaurant de Saint-Martin ou de Moustique, elles transportaient des sacs en plastique de chez Citarella contenant des sachets de mini carottes détrempées qu&rsquo;elles infligeraient aux enfants. </em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><em>Ceux-ci évoluaient dans un royaume à part, ils sautillaient au bord de l&rsquo;eau, ne revenant vers les nounous que pour subir une nouvelle application de crème solaire. Les enfants ressemblaient trop à Alex. Tolérés, mais pas indispensables, pas assez puissants.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><strong>Page 244 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle était partie de chez Simon le mardi. On était samedi. Le temps avait pris un aspect un peu trouble, un peu irréel. </em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><em>C&rsquo;était insoutenable, quelque part. Insupportable. Pourtant, elle avait tenu, non ? Puisqu&rsquo;elle était là. Une sensation familière, une sensation diffuse qui revenait trop facilement. Ces moments où elle savait, avec certitude, qu&rsquo;elle n&rsquo;existait pas. Cela l&rsquo;avait terrorisée, au début. Certains jours en ville qui s&rsquo;écoulaient sans laisser sur elle le moindre impact. De lourds orages d&rsquo;été dehors. Alex se grattait les jambes jusqu&rsquo;au sang et mangeait des sachets de carottes à en vomir &#8211; ça ne l&rsquo;empêchait pas de continuer à les manger. La nausée finissait par se tasser sur elle-même. Certaines heures de la nuit où la mort semblait une évidence, où elle se présentait comme la seule issue possible. </em></p>
<p class="article_link" style="text-align: left"><em>Cette sensation était moins effrayante à présent. Ici, au bord de cette piscine froide. Peut-être était-elle le fantôme qu&rsquo;elle avait toujours pensé être. C&rsquo;était peut-être un soulagement.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p class="heading__StyledHeading-sc-5jxglz-0 jztCkt"><strong><em>Emma Cline, l’Invitée, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch. La Table Ronde, 23 €.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Femme libre, toujours tu chériras la mer&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Apr 2016 09:07:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Nous ne sommes qu&#8217;au printemps et je vous annonce déjà le roman de l&#8217;année. Je m&#8217;emballe ? Pas si sûr. En refermant &#171;&#160;Le grand marin&#160;&#187;, premier roman de Catherine Poulain,  j&#8217;ai pris une claque. Comme en l&#8217;ouvrant d&#8217;ailleurs. Tout cela à cause de la première phrase. Je vous raconte ? &#171;&#160;Il faudrait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff6600"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="alignleft size-full wp-image-3524 colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN.jpg" alt="GRAND MARIN" width="409" height="599" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous ne sommes qu&rsquo;au printemps et je vous annonce déjà le roman de l&rsquo;année. Je m&rsquo;emballe ? Pas si sûr. En refermant <strong>&laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;,</strong> premier roman de <strong>Catherine Poulain</strong>,  j&rsquo;ai pris une claque. Comme en l&rsquo;ouvrant d&rsquo;ailleurs. Tout cela à cause de la première phrase. Je vous raconte ?</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Il faudrait toujours être en route pour l&rsquo;Alaska. Mais y arriver à quoi bon.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Des mots qui invitent à embarquer. <strong>Catherine Poulai</strong>n l&rsquo;a fait, elle. Dix ans de sa vie sur les bateaux de pêche en Alaska. Seule femme à bord. Pour la beauté du geste, et une putain de liberté chérie depuis ses vingt ans et son départ de Manosque.</p>
<p>D&rsquo;Europe en Asie en passant par l&rsquo;Amérique,<strong> Catherine Poulain</strong>, &laquo;&nbsp;runaway&nbsp;&raquo; jamais lassée, aura été barmaid à Hong-Kong, ouvrière agricole au Canada, employée d&rsquo;une conserverie de poisson en Islande&#8230; et donc pêcheuse en Alaska, là-bas, du côté de Kodiak.</p>
<p>Elle y passera dix ans, de 1993 à 2003. A cette date, les services de l&rsquo;Immigration lui intiment l&rsquo;ordre de quitter le pays. Elle n&rsquo;est pas en règle. Elle regagne la France. Aujourd&rsquo;hui, cette quinquagénaire au visage buriné et aux mains qui intimident, se partage son temps entre deux activités : bergère dans les Alpes-de-Haute-Provence et employée dans les vignobles du Bordelais.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3523"></span></p>
<div id="attachment_3539" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG-0783-moonset-harbor-alaska.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="wp-image-3539 size-medium colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG-0783-moonset-harbor-alaska-300x200.jpg" alt="IMG-0783-moonset-harbor-alaska" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Kodiak, Alaska (Photo Marion Owen)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ses carnets noircis pendant ses heures de quart, elle les a gardés jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une rencontre avec un écrivain également journaliste lui fasse comprendre qu&rsquo;elle tenait là un matériau fantastique pour un roman. Le premier. <strong>Catherine Poulain</strong> a, au fil d&rsquo;entrevues, expliqué avoir toujours voulu écrire.</p>
<p>A 56 ans, elle signe un roman magistral. Parce qu&rsquo;il lui ressemble ? En partie. Nul doute que <strong>Lili,</strong> le brin de femme qui monte à bord du <em>Rebel</em> pour y enchainer les saisons de pêche (morue noire, du flétan et du saumon), s&rsquo;inspire de la propre vie de l&rsquo;auteure.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3535" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN-PHOTO.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="wp-image-3535 size-medium colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN-PHOTO-300x192.jpg" alt="GRAND MARIN PHOTO" width="300" height="192" /></a><p class="wp-caption-text">Catherine Poulain (photo Geoffroy Mathieu)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Lili</strong>, &laquo;&nbsp;la petite Française&nbsp;&raquo; embarque donc. Illégale. Et inexpérimentée. Qu&rsquo;importe. Elle apprendra. Quitte à risquer de perdre la vie, à cause de blessures gravissimes. Elle reste. S&rsquo;accroche dans une obsession du mouvement. Boit des bières avec les autres et ne compte pas ses heures. Oublie sa fatigue et son corps qui crie &laquo;&nbsp;Stop&nbsp;&raquo;. Elle reste pour <strong>Jude</strong>. &laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est lui. Comme elle, il a une trentaine d&rsquo;années. Un taiseux travailleur et alcoolique. <strong>Lili</strong> l&rsquo;apprivoise. Et ils s&rsquo;aimeront.</p>
<p><strong>Mais ces deux-là peuvent-ils se contenter d&rsquo;une vie comme les autres, avec son possible confort et ses règles sociales ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un livre puissant. Romanesque. Et divinement bien écrit. Chapeau bas !</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 33-34 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me lève aux aurores. Je saute au bas de ma couchette. Ça m&rsquo;appelle. Le dehors, l&rsquo;air d&rsquo;algues et de coquillages, les corbeaux sur le pont, les aigles dans le mât; le cri des mouettes sur les eaux lisses du port. Je prépare le café pour les deux hommes. Je sors. Je cours sur les docks. Les rues sont désertes. Je rencontre le jour nouveau. Je retrouve le monde d&rsquo;hier. La nuit l&rsquo;a caché puis rendu. Je rentre au bateau hors d&rsquo;haleine, Jesse et Ian se lèvent à peine. Les gars qui seront de l&rsquo;équipage ne vont pas tarder à arriver. Je bois le café avec eux. Mais qu&rsquo;ils sont lents. Mon pied remue sous la table. Je pourrais pleurer d&rsquo;impatience. Attendre est une douleur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Est-ce que mourir va durer longtemps ? Je renifle et me mouche entre deux doigts. C&rsquo;est triste, je pense en regardant le ciel, la mer, c&rsquo;est tellement dommage de mourir. Mais sans doute que c&rsquo;est normal aussi, s&rsquo;en être allée si loin et seule, si loin vers le si Grand Nord, là où on l&rsquo;appelle “the Last Frontier”, la dernière frontière et l&rsquo;avoir franchie, la frontière, avoir trouvé son bateau et se retrouver transportée de joie sur l&rsquo;océan, à y penser le jour et la nuit, à n&rsquo;en dormir presque plus sur son coin de plancher sale. Connaître des jours, des nuits, des aubes belles à en renier son passé, à y vendre son âme. Oui, avoir osé la franchir, la frontière, ça ne pouvait être que pour y trouver la mort, y pêcher sa fin très rouge et très belle, un poisson ruisselant de mer et de sang, venu se ficher dans ma main comme une flèche flamboyante. Je revois mon départ, la traversée des déserts dans le car au lévrier bleu, le ciel de l&rsquo;anorak et ses nuages de duvet autour de moi&#8230; C&rsquo;était donc pour cela que je partais, cette force qui me donnait  toutes les audaces, gagner ma mort. Je revois Manosque-les-Couteaux où je ne mourrai pas, enfin, traquée dans une chambre obscure. Je ne pleure plus. Je redescends dans le carré. Ma main est devenue inerte. Une fois de plus je me sens fautive en voyant les hommes s&rsquo;affairer sur le pont. Je me recroqueville dans la coursive. Il y  fait sombre et chaud. Je serre ma main contre mon ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 224 :</strong><em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi qui vais pleurer si ça continue – s&rsquo;il me regarde encore avec ces yeux de chien blessé –, c&rsquo;est moi qui pleure. Je le repousse. Je sens ses côtes sous mes mains. Une dernière fois je vois son visage écorché, grand enfant éperdu, avant qu&rsquo;il ressorte. Ce soir ce sera bien ma faute s&rsquo;il boit des gins tonics jusqu&rsquo;à rouler par terre. Je m&rsquo;enfonce dans l&rsquo;antre de ma couchette. Je m&rsquo;enfouis tout entière dans mon duvet. J&rsquo;ai déchargé dix tonnes de poisson, je me suis battue au pic avec la glace de la cale, je me suis rebellée et j&rsquo;ai fait le tour des bars, rencontré un trappeur triste. Mon skipper veut m&rsquo;emmener pêcher à Hawaï et Jude au motel. Manosque-les-Couteaux m&rsquo;attend toujours. C&rsquo;est beaucoup pour une même journée. Les hommes sont repartis au bar. J&rsquo;entends l&rsquo;eau glisser sur le flanc du bateau.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;, De Catherine Poulain, Editions de l&rsquo;Olivier, 19€.</strong></em></p>
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		<title>Un cadavre bien embarrassant</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/12/08/un-cadavre-bien-embarassant/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Dec 2015 13:17:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Christian Oster est de retour ! Avec la précision d&#8217;une horlogerie suisse, l&#8217;auteur revient, tous les deux ans environ, avec un nouveau roman. Après des années passées entre les couvertures blanches et bleues des Editions de Minuit, il s&#8217;est installé depuis &#171;&#160;Rouler&#160;&#187;, paru en 2011, aux Editions de l&#8217;Olivier. L&#8217;auteur, aujourd&#8217;hui sexagénaire, devient écrivain par [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OSTER-OK.jpg" rel="lightbox[3363]"><img class="alignleft wp-image-3365 size-medium colorbox-3363" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OSTER-OK-204x300.jpg" alt="OSTER OK" width="204" height="300" /></a><strong>Christian Oster</strong> est de retour ! Avec la précision d&rsquo;une horlogerie suisse, l&rsquo;auteur revient, tous les deux ans environ, avec un nouveau roman. Après des années passées entre les couvertures blanches et bleues des Editions de Minuit, il s&rsquo;est installé depuis <strong>&laquo;&nbsp;Rouler&nbsp;&raquo;</strong>, paru en 2011, aux Editions de l&rsquo;Olivier.</p>
<p>L&rsquo;auteur, aujourd&rsquo;hui sexagénaire, devient écrivain par le biais des polars. Il écrira aussi beaucoup pour la littérature jeunesse.</p>
<p>Son premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Volley-ball&nbsp;&raquo;</strong>, paraît en 1989. En 2001, il signe<strong> &laquo;&nbsp;Une femme de ménage&nbsp;&raquo;</strong>, qui sera d&rsquo;ailleurs adapté à l&rsquo;écran par <strong>Claude Berri</strong>, avec <strong>Jean-Pierre Bacri</strong> et <strong>Emilie Dequenne. </strong></p>
<p>Suivront <strong>« Dans le train »</strong>,<strong> « Les Rendez-vous »</strong>, <strong>« L’Imprévu »</strong>,<strong>« Sur la dune »</strong>, <strong>« Trois hommes seuls »</strong>, <strong>« Dans la cathédrale »&#8230; </strong>Puis<strong> &laquo;&nbsp;Rouler&nbsp;&raquo; </strong>et<strong> &laquo;&nbsp;En ville&nbsp;&raquo; </strong>dont vous pouvez trouver les posts que je leur ai consacrés<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/22/road-movie-a-la-francaise-avec-oster/"> ici</a> et <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/02/le-desordre-facon-christian-oster/">là</a>. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il nous revient cette fois avec<strong> &laquo;&nbsp;Le coeur du problème&nbsp;&raquo;</strong>. L&rsquo;histoire ? Elle n&rsquo;est pas banale. Loin de nos petites lâchetés, de nos petits manquements qui, habituellement ponctuent, l&rsquo;air de rien, les romans de <strong>Christian Oster. Je vous raconte ? </strong></p>
<p><span id="more-3363"></span></p>
<p>Tout commence quand <strong>Simon</strong>, conférencier spécialisé dans le Moyen-âge, découvre dans la maison qu&rsquo;il partage avec <strong>Diane</strong>, sa compagne, médecin de son état, le corps d&rsquo;un homme tombé par la balustrade de la mezzanine. Qui est-il ? Que faisait-il là ? Et pourquoi <strong>Diane</strong>, sans son bain, ne répond pas à ses questions ?</p>
<p><strong>Diane</strong> s&rsquo;en ira finalement, laissant <strong>Simon</strong> face à ses questions et ses interrogations. Que faire ? Et comment ? On le suit alors pendant plusieurs jours. Il enterre le corps dans son jardin, va déclarer la disparition de sa compagne à la gendarmerie. C&rsquo;est là qu&rsquo;il rencontre<strong> Henri</strong>, un gendarme qui sera à la retraite très prochainement. Un gendarme, amateur de tennis et marié à une Nicole assez fantasque, qui va s&rsquo;intéresser de près à <strong>Simon</strong>. De très près&#8230;</p>
<p>Au fil, un faux polar qui, je dois bien l&rsquo;avouer, ne m&rsquo;a pas vraiment plu. Dommage. Je n&rsquo;ai pas retrouvé la petite musique propre à <strong>Christian Oster. L&rsquo;histoire est assez improbable. Et devient bancale. Un conseil ? Plongez dans ses précédents romans.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 46 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Je n&rsquo;ai pas eu de mal à m&rsquo;endormir,  cette fois. J&rsquo;avais bien travaillé. J&rsquo;étais à bout. Plus la force de rien. C&rsquo;est le lendemain, quand je me suis éveillé, vers dix heures, et que j&rsquo;ai eu pris un premier café, que j&rsquo;ai eu clairement conscience de deux choses : un, j&rsquo;avais fait disparaître un cadavre ; deux, Diane ne m&rsquo;avait pas appelé, qui avait forcément vu que je l&rsquo;avais appelée. A la lumière de ces deux constats, dire que j&rsquo;ai éprouvé une sensation de solitude accrue serait insatisfaisant pour traduire ce qui se passait en moi. Isolement eût sans douté été un mot plus juste. Ou marginalité. Ou encore damnation. Heureusement, on était un dimanche.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 101 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Mon mort à moi n&rsquo;avait pas de parcours. Ou je ne le connaissais pas, ce qui revenait au même. Un chirurgien qui n&rsquo;avait pas laissé de traces, en tout cas. Et qui, même en passant par Diane, ne m&rsquo;avait rien appris. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ni sur moi ni sur rien. Mais qui pesait, de tout son poids de cadavre. Encore. Toujours, probablement. C&rsquo;était à ça que je m&rsquo;habituais. A un type que j&rsquo;avais rencontré mort. Et avec qui je restais. Aucune antériorité dans notre relation. L&rsquo;évolution de nos rapports, c&rsquo;était ce chemin qui allait de la fin vers son effacement. Lent, l&rsquo;effacement. Long.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je me suis dit qu&rsquo;en vendant la maison, je passerais le relais. Comme Diane me l&rsquo;avait passé. Elle ressurgissait à ce propos. Je n&rsquo;avais plus pensé à elle. Maintenant, si. La vie revenait, celle d&rsquo;avant. Je l&rsquo;ai congédiée et je suis allé à mon rendez-vous avec le médecin.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 155 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est lui qui a dit sans me regarder mais en se redressant remarquez, c&rsquo;est peut-être la terre qui est meilleure ici que dans votre potager, et il a vivement frotté ses mains l&rsquo;une contre l&rsquo;autre pour en ôter la terre qu&rsquo;il venait de malaxer. Nicole n&rsquo;est pas redescendue ? ai-je dit. Ne pensez plus à Nicole, a-t-il dit, elle est solide. Ou c&rsquo;est peut-être depuis le départ de votre amie, a-t-il ajouté, je veux dire vous n&rsquo;avez peut-être plus beaucoup touché à votre jardin. Plus beaucoup, non, c&rsquo;est vrai, ai-je dit. Je m&rsquo;étais évidemment figé avant de lui répondre, et c&rsquo;était maintenant que j&rsquo;entendais mon coeur battre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le coeur du problème&nbsp;&raquo;, Christian Oster, Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
</blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Fuir pour ne pas se noyer&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/02/fuir-pour-ne-pas-se-noyer/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/02/fuir-pour-ne-pas-se-noyer/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2015 06:47:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Changer d'air"]]></category>
		<category><![CDATA[Aude]]></category>
		<category><![CDATA[Black Moor]]></category>
		<category><![CDATA[Henri]]></category>
		<category><![CDATA[Paul]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[Rodophe]]></category>
		<category><![CDATA[Simon]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Les premiers romans écrasés par les auteurs attendus de la rentrée littéraire ? Pas du tout. Ils sont là. Offerts à l&#8217;oeil, ils attendent d&#8217;être ouverts, découverts&#8230; et lus, évidemment. Parmi ces premières oeuvres, ces 68 premiers romans,  &#171;&#160;Changer d&#8217;air&#160;&#187; de Marion Guillot, paru aux Editions de Minuit, au début du mois de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #ff6600"><strong> Rentrée littéraire</strong></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHANGER-DAIR-OK.jpg" rel="lightbox[3297]"><img class="alignleft wp-image-3304 size-medium colorbox-3297" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHANGER-DAIR-OK-218x300.jpg" alt="CHANGER D'AIR OK" width="218" height="300" /></a>Les premiers romans écrasés par les auteurs attendus de la rentrée littéraire ? Pas du tout. Ils sont là. Offerts à l&rsquo;oeil, ils attendent d&rsquo;être ouverts, découverts&#8230; et lus, évidemment.</p>
<p style="text-align: left">Parmi ces premières oeuvres, ces 68 premiers romans,  <strong>&laquo;&nbsp;Changer d&rsquo;air&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Marion Guillot, </strong>paru aux Editions de Minuit, au début du mois de septembre.</p>
<p style="text-align: left">Un roman , court, qui nous plonge dans la vie de <strong>Paul,</strong> professeur de Lettres, désormais installé à Lorient, dans le Morbihan. <strong>Paul</strong> ne va pas bien. Le jour de la rentrée, il assiste, sans lui porter le moindre secours, à la chute d&rsquo;une femme dans le port. Il ne rejoindra jamais le lycée. Ni sa vie d&rsquo;avant.</p>
<p style="text-align: left">Il quitte<strong> Aude</strong> sa femme écrivain et ses deux fils. Il rejoint Nantes où vit son meilleur ami, <strong>Rodolphe ( qui , assez vite, vivra une histoire d&rsquo;amour avec Aude)</strong>. Là, il s&rsquo;installe. Essaye de se trouver un nouveau rythme, de nouvelles habitudes&#8230; et de nouveaux amis. Pas simple. Au fil des semaines et des mois, <strong>Paul, lecteur fidèle et attentif de Platon, </strong>disparaît des radars, s&rsquo;attache à un poisson rouge, <strong>Henri</strong> puis à un second, <strong>Black Moor</strong> qu&rsquo;il promène en carriole aménagée. Dépression, ras-le-bol, trop-plein&#8230; <strong>Paul</strong> s&rsquo;invente une nouvelle vie. Sans regretter celle d&rsquo;avant.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-3297"></span></p>
<p style="text-align: left">Pas d&rsquo;action spectaculaire, pas de rebondissement étonnant, la vie de <strong>Paul</strong> s&rsquo;est affranchie des règles qui régissaient sa vie jusque-là. Il décide de changer d&rsquo;air, voudrait tout recommencer.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Marion Guillot</strong> a suivi des études de philosophie. Elle vit en Bretagne et est âgée de 29 ans.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 22 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Le bateau arrivait. Toujours le même, bleu et blanc, avec sa cabine de pilotage à trois hublots et le logo de la compagnie de transports de la communauté de communes. On pouvait le voir contourner la bouée cardinale avant d&rsquo;entrer dans le chenal. J&rsquo;ai presque fini par le rater à rester là debout, seul sur ma terrasse avec mon journal et ma cigarette, seul à éprouver cet instant d&rsquo;absurde puissance, à me repaître de la satisfaction d&rsquo;avoir assisté à la scène sans compassion, fier de n&rsquo;avoir pas porté secours à cette jeune femme qui, de toute évidence, n&rsquo;en avait pas besoin, profondément heureux, pour la première fois, d&rsquo;avoir su m&rsquo;éprouver dans ce qu&rsquo;ailleurs ou de l&rsquo;extérieur j&rsquo;aurais trouvé cruel, terriblement heureux, oui, d&rsquo;avoir eu raison d&rsquo;être impitoyable, de m&rsquo;être enfin senti sans me regretter, d&rsquo;avoir rendu hommage, finalement, à cette étrangère dont je ne saurais rien, qui ne me demanderait rien, de connaître cette joie inoubliable, emprisonnée dans un corps de professeur qui s&rsquo;apprêtait à une nouvelle rentrée et à retrouver ses classes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 102 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai commencé à m&rsquo;installer à mon bureau, à heures fixes. Deux heures le matin, généralement une autre en fin d&rsquo;après-midi. Au minimum. Je prévoyais d&rsquo;augmenter la cadence, mais pas tout de suite, je n&rsquo;étais pas encore prêt. Me fixer des règles trop strictes, des rythmes trop soutenus dès le départ m&rsquo;aurait encouragé. J&rsquo;avais mis en place de menus rituels, qui m&rsquo;aidaient à tenir le cap de cette discipline qu&rsquo;il fallait que je m&rsquo;impose sous peine de passer mes journées à ne rien faire. Le matin, j&rsquo;entrouvrais la fenêtre, me préparais un café, toujours ma même capsule, force 6, vert foncé, que je diluais dans une tasse à bord haut, avec un peu de lait. J&rsquo;allumais une cigarette, constatais, sans inquiétude ni déception particulières, que je me remettais à fumer de plus en plus ; je ne cherchais pas la cause, je préférais presque ça, finalement, au statut, exaspérant chez les autres, de fumeur occasionnel.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 114-115 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;ai proposé un café, on a sauvé la soirée comme ça, en balbutiant pour éviter de se faire mal. On n&rsquo;avait pas envie de s&rsquo;étendre, d&rsquo;entrer dans le vif de ce sujet et de ces inconciliables perspectives, la mienne se resserrant sur quelques souvenirs et des images floues, celle de Rodolphe plus ouverte, plus souple, plus prometteuse sans doute, celle d&rsquo;un couple qui commençait à se former, d&rsquo;une famille même, après et malgré moi, évidemment pas contre moi mais enfin, pensais-je, parmi toutes ses relations, il avait justement fallu qu&rsquo;il aille chercher Aude la mère de mes fils, Aude avec qui j&rsquo;ai vécu et terminé quelque chose, Aude dont j&rsquo;ignorais si l&rsquo;absence me faisait souffrir, Aude que j&rsquo;avais choisi d&rsquo;écarter de ma vie, me libérant d&rsquo;elle ou la libérant de moi, je n&rsquo;ai jamais bien su, mais tout de même, ce n&rsquo;était pas pour qu&rsquo;elle tombe dans les bras d&rsquo;un de mes amis, Aude dont j&rsquo;ignorais ce qu&rsquo;elle pouvait bien trouver à ce conseiller juridique qui aimait les sorties à vélo, plus jeune que moi, un peu plus jeune, oui, mais tellement étriqué, réaliste, tellement trop net, trop drôle, trop tout, tellement loin de ce dont j&rsquo;avais envie pour elle et que j&rsquo;aurais supporté de voir, éventuellement même de l&rsquo;aider à chercher si ce n&rsquo;eût été obscène : ce type qui me ressemble mais qui ne soit pas moi, le type que j&rsquo;aurais pu être mais que je n&rsquo;ai pas su devenir, surtout pas un type comme Rodolphe qui,  il commençait à se faire tard, avait fini par quitter mon tabouret de bar, remettre sa veste, tien , la même que le jour où il avait ramassé Henri, Rodolphe à qui j&rsquo;avais dit, sur le pas de la porte, dans une poignée de main, en le souhaitant sincèrement – même ce soir-là, jusque dans mon amertume, sur ce ton ridicule de série télévisée, j&rsquo;étais encore capable de lui souhaiter quelque chose de beau : </em>merci de me l&rsquo;avoir dit. Sois heureux, sois heureux toi.<em>&laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Changer d&rsquo;air&nbsp;&raquo;, De Marion Guillot, Editions de Minuit, 14€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quignard explore les liens qui lient frères et soeurs</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/01/08/quignard-explore-les-liens-qui-lient-freres-et-soeurs/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 14:03:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Claire]]></category>
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		<category><![CDATA[Madame Ladon]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[sentiments]]></category>
		<category><![CDATA[Simon]]></category>
		<category><![CDATA[soeur]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarités mystérieuses]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>

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		<description><![CDATA[Une femme, un paysage. Et une histoire qui vous oblige à vous plonger tout entier dans la complexité de l&#8217;âme. Pascal Quignard , l&#8217;auteur de &#171;&#160;Tous les matins du monde&#160;&#187; ou de &#171;&#160;Villa Amalia&#171;&#160;, entre autres romans, a signé à la rentrée littéraire de septembre dernier un roman fort. Et troublant. Il s&#8217;agit des &#171;&#160;Solidarités [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme, un paysage. Et une histoire qui vous oblige à vous plonger tout entier dans la complexité de l&rsquo;âme. <a title="Découvrez l'auteur" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Quignard">Pascal Quignard </a>, l&rsquo;auteur de &laquo;&nbsp;<strong>Tous les matins du monde</strong>&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;<strong>Villa Amalia</strong>&laquo;&nbsp;, entre autres romans, a signé à la rentrée littéraire de septembre dernier un roman fort. Et troublant. Il s&rsquo;agit des &laquo;&nbsp;<strong>Solidarités mystérieuses</strong>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><span id="more-703"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_715" style="width: 190px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Quignard1.jpg" rel="lightbox[703]" title="Quignard"><img class=" wp-image-715  colorbox-703" style="margin: 10px;" title="Quignard" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Quignard1-300x206.jpg" alt="" width="180" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Pascal Quignard, l&#39;auteur</p></div>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/solidarités-mystérieuses.jpg" rel="lightbox[703]" title="solidarités mystérieuses"><img class="alignleft  wp-image-705 colorbox-703" style="margin: 10px;" title="solidarités mystérieuses" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/solidarités-mystérieuses.jpg" alt="" width="119" height="176" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de<strong> Claire</strong>, née Marie-Claire. En 2007, cette traductrice parisienne décide de retourner sur les traces de son enfance, en Bretagne. En Ile-et-Vilaine, au bord de la mer, cette célibataire au coeur pris depuis l&rsquo;enfance, elle retrouve ses anciennes copines mais aussi Madame Ladon, son ancienne professeur de piano&#8230; qui veut l&rsquo;adopter.</p>
<p>Au fil des pages, ce sont successivement<strong> Claire</strong>, son frère<strong> Paul</strong>, mais aussi <strong>Jean</strong>, l&rsquo;amoureux (et prêtre) de Paul, <strong>Juliette</strong>, l&rsquo;une des filles que Claire a abandonné il y a très longtemps déjà,<strong> Noëlle</strong>, <strong>Fabienne</strong>, <strong>Catherine</strong> et les autres, ses anciennes amies retrouvées, sans oublier<strong> le père Calève</strong>, son voisin&#8230; qui prennent la parole et racontent l&rsquo;histoire de cette femme qui marche. Inlassablement. Dans la lande, sur le bord de mer. Elle marche des heures durant. Ressasse ses amours fanées, ses retrouvailles magnifiques et douloureuses à la fois avec Simon, son ami, son amour, devenu pharmacien, maire de la commune et&#8230; marié.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/paysage-livre.jpg" rel="lightbox[703]" title="paysage livre"><img class="alignleft  wp-image-707 colorbox-703" style="margin: 10px;" title="paysage livre" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/paysage-livre-273x300.jpg" alt="" width="164" height="180" /></a></p>
<p>Qu&rsquo;il pleuve, qu&rsquo;il neige, qu&rsquo;il vente ou qu&rsquo;il fasse soleil, <strong>Claire</strong> marche. Une façon d&rsquo;oublier. de fuir. Mais comment arriver à oublier la mort de son père et de sa petite soeur, Léna, dans un accident de la route dont elle et son frère <strong>Paul</strong> sortiront indemnes. Comment oublier, deux jours plus tard, le suicide de leur mère qui avait annoncé à leur père sa volonté de le quitter ? Comment grandir avec ce petit frère, <strong>Paul</strong>, qu&rsquo;elle ne retrouve que l&rsquo;été et quelques week-ends quand il sort de son pensionnat pour orphelins tandis qu&rsquo;elle vit chez l&rsquo;étouffante tante Guite ?</p>
<p><strong>Claire</strong> fait avec tout ça. Et appelle régulièrement son frère au secours. Et <strong>Paul</strong> vient. Le courtier en céréales, homosexuel, va d&rsquo;ailleurs s&rsquo;installer avec sa soeur dans cette ancienne ferme dont Madame Ladon a fait don à<strong> Claire</strong>.</p>
<p>Au fil des pages, c&rsquo;est cette<strong> relation soeur-frère</strong>, si unique, si étrange, que décrit <strong>Pascal Quignard</strong>. Une solidarité qui s&rsquo;exerce sans jugement, sans contrepartie. Pas sans questionnement.</p>
<p>Celle aussi, tout aussi mystérieuse qui unit Claire à ce territoire que l&rsquo;auteur nous décrit dans les moindres détails. Et enfin, celle qui lie Claire à Simon. Jusque dans la mort.</p>
<p><strong>Page 108</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Elle a vendu la petite villa très chic qu&rsquo;elle possédait à Versailles. Elle en a retiré plus d&rsquo;argent qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait besoin pour vivre. Il faut dire que son nouveau mode de vie en Bretagne requérait extrêmement peu d&rsquo;argent. Elle passait son temps à faire des marches à pied. Elle était toujours dehors. Pas un livre. Pas un disque. Pas un journal. Pas un magazine. Jamais de viande rouge ni d&rsquo;épicerie de luxe. Presque pas de vêtements. Beaucoup de Camel, de Chesterfield sans filtre, de Peter Stuyvesant, de Rothmans bleues, beaucoup de vin, beaucoup de légumes, beaucoup d&rsquo;huile d&rsquo;olive [&#8230;] Telle était ma soeur. Plus elle vieillisait et moins je la comprenais. Plus elle vivait dehors, en plein air, au-dessus de la mer, et plus elle était facile à vivre.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Page 111</strong> :  &laquo;&nbsp;[&#8230;] <em>Je veux dire par là que ma soeur n&rsquo;a jamais été “amoureuse” de Simon Quelen. On ne peut même pas dire qu&rsquo;elle ait eu des “sentiments” pour Simon Quelen.  Je pense qu&rsquo;elle ne l&rsquo;étreignit pas beaucoup plus que quelques fois durant toute sa vie mais elle l&rsquo;aima plus de soixante ans. Ce fut un lien absolu. Elle l&rsquo;épia chaque jour durant les dernières années de sa vie. Elle le contempla chaque jour jusqu&rsquo;à sa mort terrible. Elle assista à cette mort – et elle en fut même, je crois, terriblement heureuse.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et son frère, Paul, de poursuivre, page 138 : &laquo;&nbsp;<em>Tant qu&rsquo;il vécut, elle souffrit. Je n&rsquo;aurais jamais pu croire qu&rsquo;on puisse souffrir aussi continûment et aussi longtemps. Quand il fut mort, elle fut heureuse. Miraculeusement, si je puis dire, la souffrance s&rsquo;en est allée quand la présence du corps de celui qu&rsquo;elle aimait s&rsquo;en est allée elle aussi. En tout cas, sa souffrance s&rsquo;arrêta quand elle se transforma en deuil. C&rsquo;était presque merveilleux de la voir triste, simplement triste, après tant d&rsquo;années de souffrance. Le corps est incroyablement solide.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Bref, une histoire forte que résume bien Jean, prêtre, compagnon de Paul, <strong>page 185</strong> : &laquo;&nbsp;[&#8230;] <em>J&rsquo;aimais Paul et j&rsquo;admirais le couple que le frère et la soeur formaient. J&rsquo;étais émerveillé devant la solidité du lien qui les unissait. Rien de ce que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre pouvait faire n&rsquo;était capable d&rsquo;altérer l&rsquo;affection qu&rsquo;ils se portaient. Rien de ce qu&rsquo;ils avaient pu connaître au cours de leurs métiers, mariages, démissions, divorces, ni le frère ni la soeur ne voulaient l&rsquo;examiner. Et surtout, en aucun cas ils n&rsquo;auraient voulu le juger. <strong>Ce n&rsquo;était pas de l&rsquo;amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n&rsquo;était pas non plus une espèce de pardon automatique. C&rsquo;était une solidarité mystérieuse</strong>.</em>[&#8230;] <em>De l&rsquo;autre, ils acceptaient tout, même ce qu&rsquo;ils ne comprenaient pas.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Au fil des mois, des saisons et de ses tourments intérieurs, Claire va marcher toujours plus. Même avant que le soleil ne se lève. Jean, toujours, s&rsquo;interroge. Page 194 : <em>&laquo;&nbsp;Marcher fraie quelque chose dans le lieu, fore quelque chose dans le temps. Elle parlait à voix basse dans les ajoncs. La soeur de Paul passait pour un peu folle. A la vérité elle méditait. Je pense que la soeur aînée de l&rsquo;homme que j&rsquo;aimais cherchait à comprendre quelque chose qui était tout à fait inaccessible  à son frère&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span class="colorbox-link" style="color: #0000ff;">Au final, voilà un livre fort, sensible et qui nous en dit long sur la relation qui, parfois, lie un frère et une soeur. Le style est élégant, vif. Les descriptions, nombreuses ( voire trop diront certains!) font du décor l&rsquo;un des personnages principaux et incontournables de ce roman. A lire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Les solidarités mystérieuses&nbsp;&raquo;, de Pascal Quignard, Gallimard, 18,50€.</em></strong></p>
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