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	<title>Quatrième de couv &#187; quotidien</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Vingt fois sur le métier&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 08:04:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un premier roman. Encore ? Pourquoi s&#8217;en priver ? Surtout que celui que je vais vous présenter est une p&#8217;tite pépite. Son auteure est âgée de 24 ans seulement. Claire Baglin signe avec En salle un court roman singulier qui nous parle du monde du travail. Une thématique peu exploitée par les auteurs. Si le secteur tertiaire est privilégié, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/EN-SALLE.jpg" rel="lightbox[6140]"><img class="alignleft size-full wp-image-6142 colorbox-6140" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/EN-SALLE.jpg" alt="EN SALLE" width="178" height="244" /></a></p>
<p>Un premier roman. Encore ? Pourquoi s&rsquo;en priver ? Surtout que celui que je vais vous présenter est une p&rsquo;tite pépite. Son auteure est âgée de 24 ans seulement. <strong>Claire Baglin</strong> signe avec <em><strong>En salle</strong></em> un court roman singulier qui nous parle du monde du travail.</p>
<p>Une thématique peu exploitée par les auteurs. Si le secteur tertiaire est privilégié, le travail en usine ou dans un fast-food, qui y ressemble par bien des points, n&rsquo;est pas souvent racontée. <strong>Thomas Flahaut</strong>, un auteur que je suis, le fait particulièrement bien. C&rsquo;était le cas <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/09/22/comme-une-errance-radioactive/">ici</a></strong> et encore <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/01/03/dans-le-cambouis-de-la-litterature-dusine/">là</a></strong>. Joseph Ponthus avait également abordé talentueusement le sujet avec <strong>A la ligne.</strong></p>
<p>La narratrice, étudiante, décroche un job d&rsquo;été dans un fast-food. Elle raconte la cadence à tenir, les managers aux aguets, les procédures à suivre à la seconde&#8230; En parallèle, un autre récit s&rsquo;offre au lecteur. Celui du quotidien de cette même narratrice dans sa famille, entre son père <strong>Jérôme</strong>, sa mère <strong>Sylvie</strong> et son petit frère <strong>Nico</strong>. Une famille modeste qui garde un oeil sur les dépenses. Toujours. Une famille pour qui un déjeuner au fast-food reste une exception alors que l&rsquo;aînée de la famille évolue désormais dans l&rsquo;envers du décor.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6140"></span></p>
<p>Les deux récits se répondent. Dans le premier une jeune femme de 20 ans qui découvre l&rsquo;aliénation du labeur ouvrier et la souffrance d&rsquo;un corps, sous le regard inquisiteur des &laquo;&nbsp;mana&nbsp;&raquo;. Pour éviter la salle et la cuisson des frites, pour essayer d&rsquo;être en poste au Drive, les équipiers tentent de trouver la bonne stratégie&#8230;</p>
<p>De l&rsquo;autre, un père qui, chaque jour, raconte sa journée à l&rsquo;usine, pénible. A cause de la chaleur, des odeurs. Fier cependant d&rsquo;y retourner quand sa fille, elle, s&rsquo;en ira poursuivre ses études, une fois la fin de l&rsquo;été arrivée. Un même rythme qui raconte le quotidien des ouvriers et des employés qui répètent des tâches. Sans cesse. Dans un climat de stress.</p>
<p>Une écriture précise. Pointue. Qui claque. En cadence.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 59 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Après trois semaines au drive, je suis désormais en salle, le royaume dont personne ne veut, constitué du lobby intérieur où mangent les clients, de la terrasse, des toilettes et du local poubelle. Je suis en salle parce que je viens d’arriver et que les nouveaux servent à être là où personne ne veut travailler. Je comprends que je vais rester à ce poste. Lorsque je sers un des plateaux posés sur le comptoir, je sais que les équipières de l’autre côté se sont battues pour être derrière le rectangle en béton du comptoir, planquées.</em><br />
<em>J’apprends que la formatrice s’appelle Chouchou et qu’elle est manageuse en salle. Chouchou précise qu’ici tout le monde l’adore et quand elle nous laisse à midi et passe la porte automatique, elle se retourne et s’écrie salut les filles, trop heureuse de partir en pause.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<section class="container page-content">
<blockquote>
<div class="eleven columns" style="text-align: left"><strong> Pages 108-109 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Les signaux sonores, lents, deux en même temps, rapides, au début j’hésite, c’est les friteuses qui sonnent ou les poissons panés plus loin dans la cuisine ? À la fin je sais, le bruit vient de ma poitrine comme quand les basses la font vibrer, comme quand je posais ma main d’enfant sur mon coeur avec l’impression qu’il allait exploser au son des Démons de minuit. De nouvelles alarmes, les commandes internet sur le tableau de bord derrière moi, mes mains sont trop grasses, le bruit me fatigue, je secoue la panière, lâche, reprends, ça sonne, volte-face, la pelle avec le sachet au bout, la panière suspendue au-dessus des cuves, égoutter, secouer doucement, l’huile crépite et vient pincer mes avant-bras, allez c’est bon là, il faut pas y passer des heures non plus, je la vide, je la jette  avec les autres. Les clients qui renvoient leurs frites trop froides, envie de plonger leurs mains dans l’huile bouillante, les miennes rouges, le sel griffe.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="eleven columns" style="text-align: left"></div>
<div class="eleven columns" style="text-align: left"><strong>Pages 124-125 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Une heure avant de partir pour la cérémonie, Jérôme veut se laver les mains. Il demande à Sylvie où est la brosse à ongles, puis il s’applique. Les poils durs frottent les contours des doigts, là où des arcs de cercle noirs se sont formés. Mon père frotte mais ces traces sont imprimées de façon indélébile sur sa peau. Il s’acharne mais seules les peaux mortes se détachent, la crasse, elle, reste et Jérôme répète, mais c’est pas possible, c’est pas possible. Il perd patience, on doit partir. Il ouvre le robinet avec trop de force</em><br />
<em>pour rincer la brosse et sa chemise violette est trempée par endroits, il s’essuie avec un peignoir. Il doit encore cirer ses chaussures et les marques ne partent pas. Jérôme fatigue, tout ce qu’il a dévissé, graissé, tout ce qu’il a réparé la veille et maintenant les stigmates, impossibles à estomper. Il sort de la salle de bains pour trouver Sylvie et lui dit, je peux quand même pas y aller comme ça et Sylvie, penchée au-dessus du lavabo, frotte les mains de Jérôme comme un vêtement taché. Jérôme répète, je vais jamais avoir le temps de cirer mes chaussures et je vais me salir, je suis dégueulasse, je peux pas y aller, il faut que je change de chemise, non je peux pas y aller comme ça, c’est foutu, c’est foutu. Sylvie s’acharne sur ses mains, mais Jérôme regarde déjà ailleurs comme s’il s’abandonnait, là, au creux du lavabo.&nbsp;&raquo;</em></div>
</blockquote>
<div class="one column"><em><strong> En salle, Claire Baglin, Editions de Minuit. </strong></em></div>
</section>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans l&#8217;intimité de la Veuve de Meudon&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/08/19/dans-lintimite-de-la-veuve-de-meudon/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/08/19/dans-lintimite-de-la-veuve-de-meudon/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Aug 2021 07:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  &#160; C&#8217;est la rentrée, celle des livres pas encore celle des classes ! D&#8217;ici le mois d&#8217;octobre, ce sont 521 livres qui vont être publiés parmi lesquels 379 romans français et 75 premiers romans. &#171;&#160;La dame couchée&#160;&#187; en fait partie. J&#8217;ai savouré ce texte écrit par Sandra Vanbremeersch. La quadragénaire,  diplômée en art, vit à Paris, où elle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DAME-COUCHEE.jpg" rel="lightbox[5727]"><img class="alignleft size-full wp-image-5728 colorbox-5727" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DAME-COUCHEE.jpg" alt="DAME COUCHEE" width="409" height="600" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est la rentrée, celle des livres pas encore celle des classes ! D&rsquo;ici le mois d&rsquo;octobre, <strong>ce sont 521 livres</strong> qui vont être publiés parmi lesquels 3<strong>79 romans français et 75 premiers romans.</strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;La dame couchée&nbsp;&raquo;</strong> en fait partie. J&rsquo;ai savouré ce texte écrit par <strong>Sandra Vanbremeersch</strong>. La quadragénaire,  diplômée en art, vit à Paris, où elle développe son univers artistique.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce roman ? Elle est singulière. Pour le moins.</p>
<p>De 2000 à 2019, une jeune femme, l&rsquo;auteure en l&rsquo;occurrence,  a été l’assistante de vie d’une vieille dame tout sauf ordinaire, recluse dans sa propriété pavillonnaire de la ville de Meudon : <strong>Lucette Destouches,</strong> veuve de <strong>Louis Ferdinand Céline.</strong><br />
Voici le récit de ces années passées dans un monde à l’écart du monde, véritable plongée dans l’intimité de cette future centenaire dont la santé va déclinant, rythmée par le ballet des visites régulières des amis et de la faune gravitant autour de <strong>la Veuve</strong>, jusqu’aux animaux de compagnie, autres bestioles et spectres peuplant la mythique maison.</p>
<p><strong>Lucette Destouches</strong>, née <strong>Lucie Almansor</strong>, est morte dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 novembre  2019 à l’âge de 107 ans.  Elle avait rencontré l&rsquo;auteur de <strong><em>Mort à crédit</em></strong> en 1936.</p>
<p>C’est dans une école de danse que la jeune femme de 23 ans est repérée par <strong>Louis-Ferdinand Destouches</strong>, un médecin généraliste de dix-huit ans plus âgé qui, fasciné par les danseuses, a obtenu l’autorisation d’assister à quelques cours.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5727"></span></p>
<p><strong>Après la mort de l’écrivain, le 1<sup>er</sup> juillet 1961,</strong> une nouvelle vie commence pour celle dont le veuvage sera plus long que le mariage. Unique ayant droit d’une œuvre aussi profuse que sulfureuse, <strong>Lucette Destouches</strong> en sera la parfaite gardienne du temple comme <strong><a href="https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2019/11/08/lucette-destouches-veuve-de-celine-est-morte_6018517_3382.html">l&rsquo;écrit le journaliste Thomas Wieder pour Le Monde dans cet article paru le 8 novembre 2019</a>.</strong><br />
Un premier roman écrit au cordeau, qui brosse le portrait tout en nuances de la femme d’un célèbre écrivain et restitue avec élégance et maestria un climat très singulier. Un vrai régal !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 23 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;effacement, je ne pouvais l&rsquo;anticiper. Ça, pour moi, c&rsquo;était dans les livres ou dans les films, mais la &laquo;&nbsp;vraie&nbsp;&raquo; vie soumise et le pouvoir de ceux qui soumettent je ne les connaissais pas. L&rsquo;intello voulait mener son enquête de terrain et l&rsquo;artiste éprouver la pure expérience de rentrer dans l&rsquo;opportunité fantasque qui se présentait là. Un coup de dés. En décidant de servir l&rsquo;extraordinaire ordinaire des &laquo;&nbsp;gens du dessus&nbsp;&raquo;, je ferais comme Alice, j&rsquo;irais visiter mon monde à l&rsquo;envers. J&rsquo;allais devenir boniche de moi-même ! J&rsquo;allais m&rsquo;auto-employer. Luxe, hérésie, fantaisie ou défi, le sort en était jeté.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 76  :</strong> <em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;escalier s&rsquo;agace et grince, il en rajoute, peu coutumier de cette déferlante de petits pas secs. C&rsquo;est qu&rsquo;il est habitué à nos sauts de biche, nos quatre-à-quatre au moindre appel, aux pas nonchalants de l&rsquo;Avocat, à ceux discrets ou enjoués des visiteurs. Et avant, aux papattes des chiens et des chats qui faisaient de cette maison une maison verticale, aux tintements feutrés des coussinets, et avant&#8230; avant il goûtait le pas léger de la danseuse Légèrement chaotique, scandé comme du jazz, dissonant comme une faille dans le rythme. Et puis surtout il connaissait les caresses de la peau, de la peau des pieds nus de Madame D. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
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<div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<blockquote>
<div dir="auto" style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Avec le temps qui passe, la maison peu à peu s&rsquo;est recroquevillée. Tout a fini d&rsquo;être aspiré du jardin vers SA chambre, vers ELLE. En vingt années, j&rsquo;ai vu la Dame engloutir les choses comme les gens, et jusqu&rsquo;à sa demeure. De la végétation du jardin qui se faufile partout gagnant chaque jour en souplesse, aux êtres grouillant comme des vermines, jusqu&rsquo;à l&rsquo;agitation de la maison, la Veuve de Meudon a tout fait converger vers sa personne dans une dévorante nécessité aussi magistrale qu&rsquo;inspirée.&nbsp;&raquo; </em></div>
</blockquote>
<div dir="auto" style="text-align: left"><em><strong>La dame couchée, Sandra Vanbremeersch, Seuil, 17,50€</strong></em></div>
</div>
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</div>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand la révolution se prépare près du toaster&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/06/13/quand-la-revolution-se-prepare-pres-du-toaster/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Jun 2018 07:04:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Voilà une chouette découverte ! Ce roman, je l&#8217;ai choisi pour son titre, ce que raconte sa quatrième de couv (forcément !) et la collection à laquelle il appartient. Cette fois encore, la collection Qui vive de Buchet Chastel est un vivier d&#8217;histoires modernes, alertes et qui nous parlent. La preuve encore avec [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FAST-FOOD.jpg" rel="lightbox[4273]"><img class="alignleft size-full wp-image-4285 colorbox-4273" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FAST-FOOD.jpg" alt="FAST FOOD" width="250" height="320" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà une chouette découverte ! Ce roman, je l&rsquo;ai choisi pour son titre, ce que raconte sa quatrième de couv (forcément !) et la collection à laquelle il appartient. Cette fois encore, <strong>la collection Qui vive de Buchet Chastel</strong> est un vivier d&rsquo;histoires modernes, alertes et qui nous parlent. La preuve encore avec ce<strong> &laquo;&nbsp;Fast-food&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Grégoire Damon</strong>.</p>
<p>L&rsquo;auteur, trentenaire, vit à Lyon. Il a publié un premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;La rue de la soif&nbsp;&raquo;</strong> en 2007 et plusieurs recueils de poésie.  Il a un <strong><a href="http://gregoiredamon.hautetfort.com/archives/category/livre/index-1.html">blog </a> </strong>Et est à l&rsquo;origine d&rsquo;une revue de poésie.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un fast-food et de ceux qui y travaillent. Des hommes et des femmes venus d&rsquo;horizons divers, arrivés là pour payer leurs factures, un boulot étudiant, parce qu&rsquo;il y avait de la lumière&#8230;</p>
<p>Derrière les comptoirs du Meecoy, les équipiers ont construit une micro-société. Il y a des départs, des arrivées, des disparitions et une révolution en marche&#8230; ou pas. Et cette hiérarchie pesante, omniprésente, débilitante qui arrive un beau matin avec un nouveau management à décliner fissa. Face au grand capital, les équipiers de Meecoy vont se mobiliser.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4273"></span></p>
<p>Les rapports de force se déclinent autour du toaster ou de la machine à frites.  Et parmi les équipiers, la solidarité s&rsquo;organise quand les ennuis arrivent par escadrille.</p>
<p><strong>Greg</strong> est là depuis plus de trois ans. L&rsquo;étudiant brillant n&rsquo;est finalement pas allé plus loin que le menu grandes frites. Là, il fomente, observe, alerte et ne perd pas une miette de cette micro-société contemporaine. <strong>Greg</strong> manie les mots, se pique de poésie pour impressionner les filles et notamment <strong>Tig</strong>, qu&rsquo;il voit chaque jeudi pour tenter de refaire le monde.</p>
<p>La direction a de l&rsquo;ambition pour lui. Elle est bien la seule&#8230; Jusqu&rsquo;à l&rsquo;idée du Grand soir !</p>
<p>Autour de <strong>Greg</strong>, il y a <strong>Christ</strong> le bad boy, <strong>Jack</strong> le parano, <strong>Ed</strong> la grande gueule, <strong>Croquette</strong> le clown et <strong>Graf</strong>, le petit con tatoué. Mais aussi <strong>Suma</strong>,<strong> Semen</strong>, <strong>Jérémie</strong>, <strong>Ange</strong>, <strong>Francky,</strong> <strong>Peggy</strong>, <strong>Jipé</strong>,<strong> Nounours</strong>, etc.</p>
<p>C&rsquo;est drôle, cynique, cruel. A consommer sans modération !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 25 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Jusqu&rsquo;ici, tout avait été simple. Il y avait quelques dizaines de règles écrites et non écrites à garder à l&rsquo;esprit, moyennant quoi on pouvait suer sept heures par jour, implorer la pointeuse, et espérer s&rsquo;en sortir vivant. Il y avait deux sortes de gestes : les gestes autorisés ( ceux qui rapportaient du pognon à l&rsquo;entreprise) et les gestes interdits ( tous les autres). </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Chaque geste autorisé était explicité sur des fiches cartonnées fixées un peu partout : l&rsquo;utilisation et l&rsquo;entretien des machines. Les temps et les températures de cuisson des trois toasters et des trois grils. Les procédures de nettoyage. Le nombre de gestes à faire pour garnir tel sandwich. Et dans quel ordre. Le nombre d&rsquo;équipiers à mettre sur chaque machine, selon l&rsquo;affluence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 150-151 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Soudain, ce n&rsquo;était plus un rêve, c&rsquo;était un plan. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il faudrait débarquer un soir de match. Ou à la fin des soldes, à la troisième démarque. Arriver à quinze ou vingt, juste après le rush, au moment où les nerfs se relâchent. En tenue réglementaire, le visage caché sous des masques de cochons hilares. Marcher droit sur les bureaux, le local managers, le local hôtesses, profiter de l&rsquo;effet de surprise, plaquer au sol, tirer à bout portant, en pleine tête. Je savais que je choisirais la sauce tartare, l&rsquo;une de celles qui puent le bus, et surtout celle dont le pistolet a le plus gros débit. J&rsquo;irai directement sur Semen. Et BANG ! à la sauce tartare se belle chevelure noire, et BOUM ! taches irrécupérables, sa chemise désespérément blanc enculé.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 230 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Maintenant, ça fait deux jours que je tape. Je n&rsquo;ai rien inventé : c&rsquo;est parti d&rsquo;une boutade d&rsquo;Ed, d&rsquo;une crise d&rsquo;angoisse de Jack et d&rsquo;un bout de poème inachevé, d&rsquo;une jonglerie de plateaux de Croquette et d&rsquo;un paquet de cigarettes jeté un jour sur ma table. Et maintenant j&rsquo;ai mon poème. C&rsquo;est peut-être du plagiat mais c&rsquo;est le plagiat de cent vies, dont la mienne. Merde à l&rsquo;honnêteté intellectuelle. De toute façon, je ne vivrai pas assez longtemps pour rembourser la dette que j&rsquo;ai contractée auprès de ces gars.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Fast-food&nbsp;&raquo;, Grégoire Damon, Buchet Chastel, 16€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Chronique d&#8217;un morceau de France délaissé&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/03/chronique-dun-morceau-de-france-delaisse/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/03/chronique-dun-morceau-de-france-delaisse/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Oct 2016 07:16:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Tropique de la violence"]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Nouvelle chronique sur la rentrée littéraire qui, je vous le dis tout net, compte 560 romans ou recueils de nouvelles, français et étrangers. Une moisson moins dense que celle de l&#8217;année dernière ( 589) et qui se répartit comme suit : - 363 romans français dont 66 premiers romans &#8211; 197 romans étrangers. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="copy-paste-block">
<p><span style="color: #ff00ff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TROPIQUE.jpg" rel="lightbox[3701]"><img class="alignleft size-full wp-image-3703 colorbox-3701" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TROPIQUE.jpg" alt="TROPIQUE" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Nouvelle chronique sur la rentrée littéraire qui, je vous le dis tout net, <strong>compte 560 romans ou recueils de nouvelles, français et étrangers.</strong> Une moisson moins dense que celle de l&rsquo;année dernière ( 589) et qui se répartit comme suit :</p>
<p>-<strong> 363 romans français dont 66 premiers romans</strong></p>
<p>&#8211; <strong>197 romans étrangers.</strong></p>
<p>Parmi les romans français, celui de <strong>Nathacha Appanah</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Tropique de la violence&nbsp;&raquo;</strong>, paru chez Gallimard.</p>
<p>L&rsquo;auteure, qui signe là son sixième roman, est Mauricienne d&rsquo;origine. Installée en France depuis la fin des années 90, cette quadrégénaire avait avec &laquo;&nbsp;Le dernier frère&nbsp;&raquo; paru en 2007, raflé plusieurs prix littéraires.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/868236-carte-mayotte.jpg" rel="lightbox[3701]"><img class="alignleft wp-image-3705 size-medium colorbox-3701" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/868236-carte-mayotte-300x200.jpg" alt="868236-carte-mayotte" width="300" height="200" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elle revient avec <strong>&laquo;&nbsp;Tropique de la violence&nbsp;&raquo;</strong>, qui nous parle, à travers la voix  et l&rsquo;histoire de cinq personnages, de ce qui fait le quotidien de Mayotte, 101e département français et véritable brasier social comme l&rsquo;ont encore montré, au printemps dernier, la grève générale, et les violences urbaines qui ont agité l&rsquo;île.</p>
<p>Rappelons que l&rsquo;île, depuis le 101e département français en 2011, compte 220.000 habitants et qu&rsquo;elle est soumise à une immigration massive en provenance majoritairement de l&rsquo;archipel des Comores, indépendantes depuis 1976.</p>
<p>Sur place, les syndicats, les habitants réclament &laquo;&nbsp;l&rsquo;égalité réelle&nbsp;&raquo; avec la métropole. Dans la réalité, droit du travail, prestations sociales et infrastructures publiques ne sont pas dispensés de la même manière. Loin de là. Et les écarts s&rsquo;amplifient.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAPHIQUES.jpg" rel="lightbox[3701]"><img class="alignleft size-full wp-image-3706 colorbox-3701" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAPHIQUES.jpg" alt="GRAPHIQUES" width="534" height="501" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong> Nathacha Appanah</strong> a vécu à Mayotte de 2008 à 2010. Elle y est retournée l&rsquo;an dernier, une partie de son roman déjà achevée pour <em>&laquo;&nbsp;valider&nbsp;&raquo;</em> comme elle dit, les odeurs, les sensations déjà couchées sur le papier.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est portée par cinq personnages qui, tour à tour, prennent la parole et racontent leur quotidien et la violence qui l&rsquo;émaille.</p>
<p>On suit d&rsquo;abord <strong>Marie</strong>, infirmière venue travailler à Mayotte. Elle y fait sa vie. Se marie. L&rsquo;enfant ne vient pas. Elle divorce et prendra celui d&rsquo;une Comorienne venue dans un kwassa (embarcation qu&rsquo;utilisent notamment les migrants) avec son bébé dont elle ne veut pas, il a les yeux vairons, les yeux du Diable&#8230;</p>
<p>L&rsquo;enfant, elle le prénomme Moïse et l&rsquo;élève <em>&laquo;&nbsp;comme un Blanc&nbsp;&raquo;</em>. Ce que finira par lui reprocher l&rsquo;adolescent, tombé dans la violence.</p>
<p><strong>Bruce</strong> et <strong>La Teigne</strong> voudront l&rsquo;enlever, pensant qu&rsquo;il vit comme un privilégié. Entre temps pourtant, <strong>Marie</strong> meurt prématurément. <strong>Moïse</strong>, qui n&rsquo;a que 14 ans, perd pied. S&rsquo;enfuit avec son chien. Il a compris qu&rsquo;il a échappé au destin d&rsquo;un clandestin. Mais  l&rsquo;enfer commence. Il finira par tuer <strong>Bruce</strong>, le caïd du bidonville de Gaza.</p>
<p>S&rsquo;y ajoutent <strong>Stéphane</strong>, venu mettre en place une structure à destination des jeunes désoeuvrés, qui viendra en aide à <strong>Moïse</strong> avant que <strong>Bruce</strong> ne fasse courir des fausses rumeurs sur eux deux. Puis <strong>Olivier</strong>, le policier, décontenancé par le profil de <strong>Moïse</strong> et ce qu&rsquo;il a fait de sa vie.</p>
<p><strong>Marie</strong> et <strong>Bruce</strong>, décédés, nous parlent de l&rsquo;au-delà. Histoire de rappeler qu&rsquo;à Mayotte, les vivants partagent l&rsquo;espace et le temps avec leurs fantômes.</p>
<p>Sur fond de misère sociale, de drogue, de populisme dégoulinant et de pratiques ancestrales, le roman fait un focus assez terrifiant sur un bout de France laissé à l&rsquo;abandon.</p>
<p>Edifiant. Terriblement bien écrit. Et passionnant à lire.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Dans un article paru dernièrement dans Le Monde, l&rsquo;auteure explique  :<br />
</strong></p>
<p><em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Mayotte est un concentré de toutes nos problématiques actuelles. C’est un cas d’école du déplacement des populations, des problèmes écologiques, de l’identité. Tout ce qui est au cœur même de notre monde actuel est aujourd’hui concentré sur cette petite terre. &laquo;&nbsp;</em></p>
<div class="copy-paste-block"><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Ce n’est pas une terre oubliée, mais, à l’heure de la crise financière, c’est une île où l’on colmate et où la coopération régionale est inexistante. L’attachement à la France y est immense.&nbsp;&raquo;</em></div>
</div>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 30 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Parfois, je pense à la maison désormais vide de mon enfance et me vient cette idée saugrenue que j&rsquo;y serais bien, la-bas, maintenant. J&rsquo;échapperais à cette chaleur qui me vrille la tête, j&rsquo;échapperais à ce pays que je sens parfois bouillir de rage, j&rsquo;emmènerais Moïse loin d&rsquo;ici. Finalement j&rsquo;ai trouvé le courage de lui parler. De lui raconter son histoire. J&rsquo;ai commencé comme ça </em>C&rsquo;était le 3 mai, il pleuvait, ta mère est arrivée dans un kwassa sur la plage de Bandrakouni.<em> Je pensais que ça lui suffirait mais non, chaque jour il veut que je parle à nouveau, que je raconte encore et encore, plus lentement, que je me rappelle des couleurs, des formes, des mots exacts mais, moi, j&rsquo;ai tellement mal à la tête et je ne veux plus ressasser la même chose et Moïse se met en colère, me traite de menteuse, il veut aller sur la plage de Bandrakouni, mais comment lui dire que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une plage, qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien qui l&rsquo;attend là-bas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 34-35 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Cette ile, Bruce, nous a transformés en chiens. Toi qui avais choisi le prénom d&rsquo;un superhéros, Bruce Wayne, m&rsquo;avais-tu expliqué, en sautillant sur place comme si tu avais des ressorts aux pieds. Bruce Wayne, l&rsquo;homme chauve-souris, parce que tu aimais les chauves-souris, enfin c&rsquo;est ce que tu disais car moi je ne t&rsquo;ai jamais vu aimer autre chose que fumer et dominer les autres. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cette île a fait de moi un assassin. Tu te souviens, tu me disais Pas de pitié Mo, et regarde, Bruce, je n&rsquo;en ai pas eu pour toi, ce matin&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 164 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Ecoute le bruit de mon pays qui gronde, écoute la colère de Gaza, écoute comment elle rampe et qui rappe jusqu&rsquo;à nous, tu entends cette musique nigga, tu sens la braise contre ton visage balafré. Regarde, Mo, regarde de ton oeil de djinn de malheur. Ils viennent me venger. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ils viennent pour toi. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Tropique de la violence&nbsp;&raquo;, Nathacha Appanah, Gallimard.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La &#171;&#160;middle-class&#160;&#187; américaine à la loupe</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2015 08:48:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après le Japon, cap sur l&#8217;Amérique ! Celle de Russell Banks en prime. Celle d&#8217;hommes et de femmes ordinaires qui ne trouvent plus leur place dans la société ou qui se rendent compte que celle-ci ne tient plus qu&#8217;à un fil. Alors ils se lancent dans des plans voués à l&#8217;échec, des histoires ratées. Avec [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Un-membre-permanent-de-la-famille_1819.jpeg" rel="lightbox[2979]"><img class="alignleft size-full wp-image-2980 colorbox-2979" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Un-membre-permanent-de-la-famille_1819.jpeg" alt="CVT_Un-membre-permanent-de-la-famille_1819" width="256" height="450" /></a>Après le Japon, cap sur l&rsquo;Amérique ! Celle de <strong>Russell Banks</strong> en prime. Celle d&rsquo;hommes et de femmes ordinaires qui ne trouvent plus leur place dans la société ou qui se rendent compte que celle-ci ne tient plus qu&rsquo;à un fil. Alors ils se lancent dans des plans voués à l&rsquo;échec, des histoires ratées.</p>
<p>Avec<strong> &laquo;&nbsp;Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;</strong>, l&rsquo;auteur américain dont l&rsquo;oeuvre est traduite dans vingt langues, nous évoque en douze nouvelles la &laquo;&nbsp;middle-class&nbsp;&raquo; d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, de New-York à Miami.</p>
<p>Né en 1940, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks"><strong>Russell Banks</strong></a>, est  l’un des écrivains majeurs de sa génération. <strong>Président du Parlement international des Ecrivains,</strong> il est également membre de la prestigieuse American Academy of Arts and Letters.</p>
<h4 style="text-align: center">Familles éclatées</h4>
<p>Treize ans que cet auteur n&rsquo;avait pas publié de recueil de nouvelles. Pour lui, l&rsquo;exercice est très différent de l&rsquo;écriture d&rsquo;un roman. Il compare ce dernier à<strong> &laquo;&nbsp;un mariage&nbsp;&raquo;</strong>, celle de la nouvelle s&rsquo;apparentant à une<strong> &laquo;&nbsp;liaison&nbsp;&raquo;. &nbsp;&raquo; C&rsquo;est bref, intense, il faut se concentrer&nbsp;&raquo;, expliquait-il cet hiver à l&rsquo;antenne de France Culture.</strong></p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;</strong>, nous voilà happés dans douze histoires. Douze destins. Douze histoires avec cependant la même toile de fond : un contexte compliqué, une famille éclatée, des difficultés matérielles ou morales&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left"> Les histoires sont donc multiples. Ici un ancien Marine arrêté par ses propres fils après avoir braqué une banque, là, la mort d&rsquo;un chien qui achève de distendre les liens entre un père et ses filles après le divorce, ou encore une femme, noire, enfermée malgré elle dans le parking d&rsquo;une concession automobile sur lequel un pitbull monte la garde&#8230;  Sans oublier l&rsquo;histoire de cet artiste reconnu enfin par un prix international ou encore celle d&rsquo;Isabel, qui vient de perdre son mari et qui entend s&rsquo;installer définitivement à Miami, loin des montagnes et du froid.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 37</strong> : &nbsp;&raquo; Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Personne, évidemment, n&rsquo;a reproché à Sarge d&rsquo;avoir rejeté la garde alternée et d&rsquo;avoir du même coup brisé notre famille. En tout cas, pas consciemment. En réalité, à cette époque où la famille commençait à se défaire, aucun d&rsquo;entre nous ne soupçonnait à quel point nous dépendions de Sarge pour continuer à ne pas voir la fragilité,l&rsquo;impermanence même de notre famille. Aucun d&rsquo;entre nous ne savait qu&rsquo;elle nous aidait à différer l&rsquo;éclatement de notre colère, à repousser notre besoin de coupable, à qui reprocher la séparation et le divorce, la destruction de l&rsquo;unité familiale, la perte de notre innocence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 68</strong> : &laquo;&nbsp;Transplantation&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Quand il vous arrive un truc épouvantable et que c&rsquo;est votre faute, bon sang, on n&rsquo;en fait pas son deuil, se dit-il. Ce qui s&rsquo;est passé, c&rsquo;est à vous de vivre avec. Il avait traversé seul ses trois crises cardiaques, une opération à coeur ouvert pour un pontage coronarien et, un an plus tard, la détérioration du coeur même. Et maintenant la transplantation. Tout cela, d&rsquo;une certaine manière, résultait du fait qu&rsquo;il avait détruit la seule chose vraiment bien qui lui soit arrivée, son mariage avec Janice. Ni les crises cardiaques, ni le pontage ni la transplantation n&rsquo;auraient eu lieu, pensait-il, s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu le divorce. C&rsquo;était une superstition, il le savait, mais il ne pouvait s&rsquo;en défaire.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 175 :</strong> &laquo;&nbsp;Les Outer Banks&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;La quincaillerie ne lui avait pas manqué une seule fois, de même que la banque n&rsquo;avait jamais manqué à Alice. Ils avaient attendu la retraite avec impatience, et une fois qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient atteinte, elle leur avait bien plu, tel un lieu de vacances où ils auraient décidé de séjourner toute l&rsquo;année. N&rsquo;ayant pas d&rsquo;enfants ni de petits-enfants ni d&rsquo;autres parents proches, ils étaient aussi libres que des oiseaux. Des “oiseaux des neiges”, comme on les avait appelés e, Floride et là-bas en Arizona. Quand ils étaient partis de chez eux, leur chienne Rosie était déjà vieille – dix ans ou peut-être onze, il n&rsquo;était pas sûr du chiffre. Il l&rsquo;avait trouvée à la fourrière, mais, bon sang, il n&rsquo;avait pas imaginé qu&rsquo;elle allait mourir comme ça&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Des années que je n&rsquo;avais plongé dans un ouvrage de Russell Banks ! J&rsquo;en ai lu un bon paquet et ai retrouvé avec plaisir l&rsquo;écriture et les histoires de cet auteur américain en prise avec les classes moyennes et pauvres de son pays. Un régal que ce recueil de nouvelles ! Russell Banks excelle à nous emmener dès la première page dans une histoire simple et compliquée à la fois. Pleine d&rsquo;empathie pour des hommes et des femmes souvent empêtrés dans leurs soucis, leur solitude, leur ras-le-bol. Un bon moyen, pour ceux qui ne l&rsquo;ont encore jamais lu, de découvrir l&rsquo;univers de l&rsquo;auteur.</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>&laquo;&nbsp;Un membre permanent de la famille&nbsp;&raquo;, Russell Banks, Actes sud, 22€. </em></strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Nouvelles traduites de l&rsquo;américain par Pierre Furlan.</em></strong></p>
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