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	<title>Quatrième de couv &#187; malaise</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Face à face hypnotique sous la neige</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jun 2018 07:13:27 +0000</pubDate>
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<p>Voilà encore un roman devant lequel j&rsquo;aurais pu passer sans le voir. Grave erreur ! Heureusement, mes deux libraires préférées ( à Tours et à Quimperlé, en Bretagne) m&rsquo; ont, chacune à leur tour, vanté les talents de <strong>Christian Guay-Poliquin</strong>, qui signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Le poids de la neige&nbsp;&raquo;</strong>, son deuxième roman, largement primé de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique ( dont le prix France-Québec).</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-le-poids-de-la-neige.jpg" rel="lightbox[4264]"><img class="alignleft size-full wp-image-4267 colorbox-4264" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-le-poids-de-la-neige.jpg" alt="zoom-le-poids-de-la-neige" width="380" height="542" /></a></p>
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<p>Dans son premier roman déjà, une panne d&rsquo;électricité faisait partie du décor, de l&rsquo;histoire. On la retrouve ici, en plein hiver, dans une petite bourgade déjà isolée qui, pendant les longs mois de l&rsquo;hiver canadien, va se retrouver totalement coupée du monde.</p>
<p>De quoi exacerber les tensions, de faire naître aussi des solidarités, parfois de façade seulement.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est simple. Et tragique. Un homme, qui a quitté le village depuis dix ans, visiblement en mauvais termes avec son père, revient. Il sait que ce dernier est en train de mourir. Il reviendra trop tard cependant et est victime d&rsquo;un accident, grave. Les jambes écrasées, il ne peut être évacué ni réellement pris en charge à cause de la neige, de la panne d&rsquo;électricité.</p>
<p>C&rsquo;est <strong>Matthias</strong>, lui aussi échoué là depuis déjà plusieurs semaines, qui va devoir prendre en charge le blessé. Il le soigne, le nourrit et pourra ainsi espérer regagner la ville et sa femme qui l&rsquo;attend ( c&rsquo;est en tout cas ce qu&rsquo;il dit) dès le premier convoi organisé, au printemps. A l&rsquo;écart du village, les deux hommes vont devoir cohabiter.  C&rsquo;est l&rsquo;homme blessé qui raconte.  Il n&rsquo;a pas encore recouvré l&rsquo;usage de la parole ni celui de ses jambes. <strong>Matthias,</strong> sexagénaire ou septuagénaire, veille sur lui. Il y a aussi des visites, celles de <strong>Maria</strong> la vétérinaire, de <strong>José,</strong> de <strong>Joseph</strong>, d&rsquo;autres encore qui voient dans le jeune homme secouru, mécanicien de métier, l&rsquo;occasion de pouvoir enfin fuir&#8230;</p>
<p>D&rsquo;une cohabitation non choisie qui n&rsquo;est pas simple va naître une complicité laborieuse. Mais il y a la neige, le silence, le temps qui passe et cet hiver qui n&rsquo;en finit pas. Il y a les rancoeurs, les petites trahisons, les larcins et ce quotidien colmaté qui les tue à petit feu&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4264"></span></p>
<p>Dans une ambiance devenue menaçante, le fascinant décor devient mortifère au fil des pages. La tension narrative est palpable. Chaque geste est pensé, pesé. Tout compte. Un roman fascinant. Vraiment.</p>
<p><strong>Ici, une vidéo dans laquelle l&rsquo;auteur explique son intention d&rsquo;écriture : </strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 18 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je connais pourtant ce décor par coeur. Je l&rsquo;observe depuis longtemps. Je ne me souviens plus vraiment de l&rsquo;été, à cause de la fièvre et des médicaments, mais j&rsquo;ai vu le lent mouvement du paysage, le ciel gris de l&rsquo;automne, la lumière rougeoyante des arbres. J&rsquo;ai vu les fougères se faire mâcher par le givre, les hautes herbes casser à la moindre brise, les premiers flocons se poser sur le gel gelé. J&rsquo;ai vu les traces laissées par les bêtes qui inspectaient les alentours après la première neige. Depuis, le ciel n&rsquo;en finit plus d&rsquo;ensevelir le décor. L&rsquo;attente domine le paysage. Et tout a été remis au printemps. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 52 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Avant la neige, tu ne voulais rien avaler et voilà que tu manges comme un goinfre. Comme un porc. Souvent, j&rsquo;ai eu peur que la fièvre t&rsquo;emporte. Mais tu t&rsquo;en es sorti à chaque fois. Tu es mon obstacle, mon contretemps. Et mon billet de retour. Tu as beau rester de glace, je sais que tu t&rsquo;accroches désespérément à mes phrases. Tu supportes peut-être bien la douleur, mais tu crains la suite. Alors je te raconte des choses. N&rsquo;importe quoi. Quelques éclats de souvenirs, de fantômes, de mensonges. Chaque fois ton visage s&rsquo;éclaircit. Pas beaucoup, mais un peu. Le soir, je te parle aussi de mes lectures. Longuement parfois, jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;aube chasse la nuit. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Tu devrais peut-être t&rsquo;étendre sur le divan, lui dis-je doucement. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ses yeux s&rsquo;ouvrent alors comme les tisons d&rsquo;une forge sous les coups d&rsquo;un soufflet. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est toi qui me dis quoi faire maintenant ? C&rsquo;est toi qui me maternes ? C&rsquo;est toi qui décides désormais, qui commandes ? Tu boites peut-être, mais tes plaies se sont bien refermées. Tu n&rsquo;as plus besoin de moi, c&rsquo;est ça ? Ma présence t&rsquo;encombre, te dérange, et tu cherches à me le faire comprendre. Tu vas mieux, certes, mais qu&rsquo;est-ce que tu comptes faire maintenant ? Tu as quelque part où aller ? Tu veux rester ici ? La neige s&rsquo;accumule, la nourriture manque et les gens désertent le village. Je ne peux pas croire que je suis encore ici, vocifère-t-il entre ses dents, je ne sais même plus comment tout cela est arrivé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ses pupilles convergent dans ma direction</em>, comme un viseur qui me garde en joue.</p>
<p style="text-align: left">C&rsquo;est de la faute, tout est de la faute !&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p><em> </em></p>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Le poids de la neige&nbsp;&raquo;, Christian Guay-Poliquin, Les éditions de l&rsquo;Observatoire, 19 €.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Une si longue mue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/10/05/une-si-longue-mue/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Oct 2017 06:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire On poursuit notre virée au milieu des livres de la rentrée littéraire.  Petite halte à Tours – ça tombe bien ! – pour découvrir Anne Godard et son nouveau roman &#171;&#160;Une chance folle&#160;&#187;, publié aux Editions de Minuit. Ce professeur d&#8217;université a posé ses valises à Tours il y a quatre ans, après [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #00ffff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Une-chance-folle.jpg" rel="lightbox[4057]"><img class="alignleft size-full wp-image-4058 colorbox-4057" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Une-chance-folle.jpg" alt="Une chance folle" width="178" height="245" /></a></p>
<p>On poursuit notre virée au milieu des livres de la rentrée littéraire.  Petite halte à Tours – ça tombe bien ! – pour découvrir <strong>Anne Godard</strong> et son nouveau roman <strong>&laquo;&nbsp;Une chance folle&nbsp;&raquo;</strong>, publié aux <strong>Editions de Minuit.</strong></p>
<p>Ce professeur d&rsquo;université a posé ses valises à Tours il y a quatre ans, après plusieurs années passées en Sologne. Partagée entre Paris (pour les cours) et les bords de Loire, <strong>Anne Godard</strong> écrit depuis très longtemps, comme elle me l&rsquo;a expliqué lors de l&rsquo;interview publiée dans la série estivale de La Nouvelle République édition Indre-et-Loire <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Loisirs/24H/n/Contenus/Articles/2017/07/25/Anne-Godard-Ecrire-m-est-par-moments-necessaire-a-d-autres-impossible-3176105">Plumes d&rsquo;ici</a></strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4057"></span></p>
<p>&laquo;&nbsp;Ecrire m&rsquo;est par moments nécessaire, par moments impossible, c&rsquo;est une expérience très intense, absorbante et dangereuse d&rsquo;une certaine manière, car ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est d&rsquo;arriver à frôler des états qui sont difficiles, où l&rsquo;on peut se perdre, en étant au plus près des sensations où le physique et le psychique se confondent&nbsp;&raquo;, m&rsquo;expliquait-elle lors de l&rsquo;interview.</p>
<p>Une explication qui prend tout son sens après la lecture de <strong>&laquo;&nbsp;Une chance folle&nbsp;&raquo;.</strong> Lauréat du Grand Prix RTL-LIre pour son premier roman &laquo;&nbsp;Inconsolable&nbsp;&raquo;, <strong>Anne Godard</strong> signe un roman court, ramassé, dense et violent.</p>
<p>Une violence latente. A cause du huis clos qu&rsquo;il installe entre une jeune femme et sa mère dont le père et le frère sont exclus. Tout comme le bébé, une petite fille, qui ne survivra pas.</p>
<p>Un voyage dans le temps. Douloureux. Et pour cause. <strong>Magda</strong> a été gravement brûlée lorsqu&rsquo;elle avait quelques mois. Elle ne s&rsquo;en souvient, mais sa mère a scrupuleusement tout noté dans un carnet. Des pansements aux cures, des opérations de greffe aux rendez-vous chez les spécialistes. Comme pour se justifier. Ou arrêter de culpabiliser. Elle tient le beau rôle. Celui de l&rsquo;abnégation.</p>
<p><strong>Magda</strong> devrait se dire qu&rsquo;elle a de la chance, sa mère ne l&rsquo;a pas lâchée&#8230;</p>
<p>Sauf que<strong> Magda,</strong> bébé ébouillanté, n&rsquo;a pas accès à ses propres souvenirs. Elle se raconte son histoire par l&rsquo;entremise de sa mère. Il est temps qu&rsquo;elle s&rsquo;affranchisse. Qu&rsquo;elle se libère&#8230; Et qu&rsquo;elle change de peau.</p>
<p>Au fil des pages, <strong>Anne Godard</strong> donne à lire une terrible description de la douleur. Qu&rsquo;elle soit physique ou psychique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 10 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je ne peux pas la voir en entier, même dans un miroir, et souvent ce sont les autres qui me la rappellent. Une hésitation, un clignement des yeux, l&rsquo;adaptation du regard à quelque chose d&rsquo;inattendu, la surprise aussitôt surmontée d&rsquo;une couleur un peu différente, d&rsquo;un repli qui n&rsquo;aurait pas dû être, cela suffit. Je sais ce qu&rsquo;ils ont vu, je sais qu&rsquo;ils n&rsquo;osent plus regarder, je sens leur gêne ou leur curiosité, et pendant un instant, je sens que je pourrais les tuer, pendant un instant je les hais, sans limite, par réflexe, comme on retire sa main d&rsquo;une surface qu&rsquo;on ne savait pas brûlante, avant même d&rsquo;y penser, et sitôt qu&rsquo;on y pense, c&rsquo;est fini, je n&rsquo;ai plus peur et je peux cesser de vouloir tuer comme je cesse d&rsquo;essayer de me défendre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 43 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je deviens sage comme une image, sage et soumise comme l&rsquo;image que je vois dans les yeux de ma mère. De toutes mes forces, j&rsquo;essaie de ressembler à cette image dont ma mère veut s&rsquo;occuper. Je me laisse faire et je la laisse me faire ce qu&rsquo;elle veut. Je suis prête à tout et, du moment que je me tais, elle semble contente d&rsquo;avoir mon corps pour se soigner. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 93 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A ces filles qui se disent mes amies, je ne confie rien de ce qui m&rsquo;importe. C&rsquo;est une habitude prise depuis longtemps. Je n&rsquo;ai jamais pu parler de la cicatrice sans susciter tout à la fois des haut-le-coeur, sincères ou joués, et des manifestations de pitié. Je ne serai la pauvre de personne. Elles ne comprendraient pas si je leur disais que le pire de tout ce qui m&rsquo;est jamais arrivé, c&rsquo;est leur pitié qui m&rsquo;abaisse et me ravale à une chose informe et sans volonté, une sorte de larve débusquée qui se tortille en agonisant, nue, hors de son nid, une larve répugnante, mais désarmée, qu&rsquo;on écrase pour l&rsquo;achever.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une chance folle&nbsp;&raquo;, Anne Godard, Les Editions de Minuit, 14€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dépasser le silence, enfin</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/11/depasser-le-silence-enfin/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2016 07:53:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre découverte des petites pépites et autres trouvailles de cette rentrée littéraire. Un premier roman, ça vous dit ? Entrons dans &#171;&#160;De ce pas&#160;&#187;, écrit par Caroline Broué. Productrice depuis 2010 de l’émission &#171;&#160;La Grande Table&#160;&#187; sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DE-CE-PAS-OK.jpg" rel="lightbox[3499]"><img class="alignleft wp-image-3502 size-medium colorbox-3499" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DE-CE-PAS-OK-229x300.jpg" alt="DE CE PAS OK" width="229" height="300" /></a> Poursuivons notre découverte des petites pépites et autres trouvailles de cette rentrée littéraire. Un premier roman, ça vous dit ? Entrons dans <strong>&laquo;&nbsp;De ce pas&nbsp;&raquo;</strong>, écrit par <strong>Caroline Broué</strong>.</p>
<p>Productrice depuis 2010 de l’émission &laquo;&nbsp;La Grande Table&nbsp;&raquo; sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées, <strong>Caroline Broué</strong> est diplômée de Sciences politiques et de Lettres modernes.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce premier roman ? C&rsquo;est celle de <strong>Tin</strong>-<strong>Marjorie</strong>. Tin est bébé quand elle rejoint la France en 1975 avec sa mère. Elles ont fui le Cambodge, désormais aux mains des Khmers Rouges. Le père de la fillette, lui, est resté. Probablement mort.</p>
<p><strong>Tin</strong> deviendra danseuse comme sa mère. Puis danseuse étoile à l&rsquo;Opéra de Paris. Jusqu&rsquo;au jour où son corps lui dit stop. A quarante ans, <strong>Tin</strong> devenue <strong>Marjorie</strong>, doit réinventer sa vie. Et mettre des mots sur ce qui lui manque.</p>
<p>Son compagnon, <strong>Paul,</strong> est photographe. Sa manière à lui de parler. A la différence de <strong>Marjorie</strong>, lui a grandi dans les mots. Les paroles que l&rsquo;on prononce. Souvent trop violentes. Sa soeur a-t-elle été, comme elle le clamait il y a des années victime de leur propre père ? Alors il s&rsquo;est éloigné de sa famille protestante, installée en Ardèche. A rompu les liens. Mais comment faire pour avancer ?</p>
<p><strong>Marjorie</strong> et <strong>Paul</strong> doivent, pour se pas se perdre et ne pas mettre en danger leur couple, réinventer une grammaire à eux pour continuer à faire vivre leur passé. La quarantaine venue, il est temps d&rsquo;être en accord avec soi-même. Pas simple.</p>
<p><strong>Caroline Broué</strong> signe là un premier roman maitrisé et très bien écrit. Un vrai plaisir de lecture !</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque ici la genèse et l&rsquo;histoire de son premier roman</strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 83 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Paul avait beau être photographe, quand ils étaient ensemble, la main du peintre rejoignait le bras du danseur. Ce qui réunissait Paul et Tin, fondamentalement, c&rsquo;était le silence. Le silence de l&rsquo;art. Ils se trouvaient précisément à la jonction de deux axes complémentaires : celui du peintre dansant sur sa toile et celui du danseur composant les couleurs de sa chorégraphie. Leurs vies s&rsquo;entremêlaient, et ce mariage impromptu transcendait leurs différences. Ils n&rsquo;avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. L&rsquo;entente entre eux était tacite. Ils s&rsquo;accordaient d&rsquo;un regard furtif. D&rsquo;un geste de la main. Loin de tout bavardage, de tout mot superflu, leur mode d&rsquo;être et de relation relevait de l&rsquo;implicite, de l&rsquo;entendu avant même d&rsquo;être dit. Ils s&rsquo;étaient trouvés dans le silence. Ils se retrouvaient sur l&rsquo;essentiel.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 122-123 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Paul et Marjorie n&rsquo;arrivent plus à se parler. Les mots restent bloqués dans leur gorge. Marjorie est aussi impuissante que Paul est désarmé. Ils sont deux êtres seuls, isolés, retranchés dans leur tour. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis, un soir, sans crier gare, Paul se met à hoqueter. “J&rsquo;étouffe. Je me noie. Marjorie, je me noie. Ils ne me quittent pas, ils m&rsquo;assaillent. Ils m&rsquo;emmènent vers le tourbillon. Je ne parviens plus à fuir. Ils envahissent tout, me demandent des comptes, obstruent ma vue, mon ouïe, ma bouche, accablent mes sens. Je ne peux leur échapper. Ils m&rsquo;enserrent de leur point de vue, de leur monde étriqué, enfermé sur eux-mêmes, sur leur égocentrisme. Ils m&rsquo;empêchent. J&rsquo;ai peur de reproduire la même chose avec toi. Je ne peux plus avancer. J&rsquo;ai marché en crabe toute ma vie, j&rsquo;ai contourné les obstacles pour m&rsquo;en sortir, pour échapper à leur emprise, mais la marée est plus forte, et la vague est sur le point d&rsquo;engloutir mes efforts. J&rsquo;ai fait de mon mieux pour accomplir ma mission. Mais, quand j&rsquo;ai fui, j&rsquo;ai failli à ma charge. Je les ai laissés se débrouiller seuls. Je n&rsquo;ai pas été à la hauteur des attentes de ma famille. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 146 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le père de Paul est mort. Les funérailles ont lieu à Aubenas. Paul s&rsquo;y rend seul, selon sa volonté. Il n&rsquo;a aucune envie de mêler Marjorie et Elena à tout ça. Ce n&rsquo;est pas le moment pour elles de faire connaissance avec sa famille. Il n&rsquo;est pas retourné là-bas depuis son départ fracassant, il sait que les souvenirs vont s&rsquo;entrechoquer et que toute sa douleur va remonter. Il sait aussi que Suzie ne peut se tenir en compagnie de sa mère. Il se souvient de toutes ces scènes auxquelles il a assisté avant de décider de ne plus se rendre à aucun endroit où elles seraient toutes les deux. Des drames, des cris, des pleurs. Non, merci.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;De ce pas&nbsp;&raquo;, Caroline Broué, Sabine Wespieser éditeur, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Jean Rolin et sa drôle de guerre</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/28/jean-rolin-et-sa-drole-de-guerre/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Jan 2015 18:24:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Un roman qui résonne étrangement. En ce début d&#8217;année 2015, Jean Rolin nous parle de guerre civile&#8230; en France. Le pays est aux prises avec des milices de tous genres. Nationalistes, islamistes. Michel Houellebecq, de son côté, signe avec &#171;&#160;Soumission&#160;&#187;, un roman d&#8217;anticipation, – nous sommes en 2022, le président français est musulman et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROLIN.jpg" rel="lightbox[2880]"><img class="alignleft size-full wp-image-2882 colorbox-2880" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROLIN.jpg" alt="ROLIN" width="195" height="290" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman qui résonne étrangement. En ce début d&rsquo;année 2015, <strong>Jean Rolin</strong> nous parle de guerre civile&#8230; en France. Le pays est aux prises avec des milices de tous genres. Nationalistes, islamistes.</p>
<p><strong>Michel Houellebecq</strong>, de son côté, signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Soumission&nbsp;&raquo;</strong>, un roman d&rsquo;anticipation, – nous sommes en 2022, le président français est musulman et le premier ministre de synthèse un certain François Bayrou – qui n&rsquo;a pas manqué de susciter des réactions.</p>
<p>Deux auteurs et un sujet  : l&rsquo;avenir de la France dans un futur proche imaginé&#8230; et imaginaire.</p>
<p>Après ses deux précédents romans dont vous trouverez mes amis ici <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/11/bourlinguer-avec-jean-rolin-du-cote-dormuz/">&laquo;&nbsp;Ormuz&nbsp;&raquo;</a></strong> et ici <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/01/02/dans-les-bas-fonds-de-l-a-sur-les-traces-de-britney-spears/">&laquo;&nbsp;Le ravissement de Britney Spears&nbsp;&raquo;</a></strong>, <strong>Jean Rolin est un auteur dont j&rsquo;apprécie particulièrement l&rsquo;écriture et le sens de la fiction.<br />
</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2880"></span></p>
<p>C&rsquo;est encore le cas avec <strong>&laquo;&nbsp;Les événements&nbsp;&raquo;</strong>. La France est ravagée, en pleine guerre civile. <strong>Les hommes de la Force d&rsquo;interposition des Nations unies en France (FINUF) sont là, tentent de maintenir le calme. Le territoire est aux prises des Unitaires, des islamistes modérés du Hezb, des djihadistes d&rsquo;AQBRI ( Al Qaïda dans les Bouches-du-Rhône islamique, si si).</strong></p>
<p>Entre miliciens d&rsquo;extrême gauche et ceux d&rsquo;extrême droite, c&rsquo;est la guerre. Au sein propre ( si tant est que cela puisse l&rsquo;être) du terme.</p>
<p>Un homme traverse cette France belliqueuse. De lui, on ne sait pas grand-chose. Il transporte des médicaments à l&rsquo;intention de son ancien amant, chef d&rsquo;une milice nationaliste, un certain<strong> Brennecke.</strong> Il se fait passer pour un journaliste américain. Il traverse le pays de Paris aux Bouches-du-Rhône, pour une mission d&rsquo;abord, mais aussi en quête d&rsquo;un fils potentiel qu&rsquo;il aurait pu concevoir avec <strong>Victoria</strong>. Une virée qu&rsquo;un narrateur raconte également. Comme une réponse aux impressions de notre personnage principal qui raconte ce qu&rsquo;il voit. Ce qu&rsquo;il vit et ressent à travers la Beauce, la Sologne et la Lozère.</p>
<p>Partout, la désolation, à la campagne comme à la périphérie des villes. Les conflits d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se répondent, de monument aux morts en rue à la plaque évocatrice.</p>
<p>Au fil des pages, la guerre, si proche, cesse complètement d&rsquo;être exotique à travers les mots de <strong>Jean Rolin</strong>, écrivain voyageur et journaliste, marqué notamment par son expérience de la guerre en ex-Yougoslavie.</p>
<p><strong>Ici, Jean Rolin revient sur la genèse de son roman</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/h5GFp5tKJ-g?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Les accréditations dont je disposais, et qui étaient rédigées à dessein dans un style à la fois vague et pompeux, me permirent d&rsquo;occuper, pour la nuit, une chambre de l&rsquo;hôtel Première Classe qu&rsquo;un officier en déplacement avait laissée vacante. Située au troisième et dernier étage de l&rsquo;établissement, la chambre, dans laquelle régnait un froid glacial – apparemment, le groupe qui alimentait le bâtiment en électricité n&rsquo;était pas assez puissant pour remettre en service le chauffage, à moins que le matériel dont disposait l&rsquo;hôtel fût inadapté à ce moyen –, la chambre donnait sur le champ de maïs, ménageant sur l&rsquo;amas de curés morts une vue qui, bien que surplombante, ne me permit pas de déterminer leur nombre plus exactement que je n&rsquo;avais pu le faire depuis le niveau du sol. La difficulté venait de ce que leurs corps étaient ainsi disposés qu&rsquo;ils se recouvraient en partie les uns les autres.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 43 :</strong><em>&laquo;&nbsp;En dépit de la coloration nationaliste – voire fascisante, du point de vue de ses détracteurs – du mouvement de Brennecke, le fait qu&rsquo;il ait établi à Salbris son quartier général n&rsquo;a pas eu d&rsquo;incidence sur la composition ethnique de ce prolétariat forestier. Il semble même que certains des bûcherons, aguerris par la fréquentation des sous-bois et le maniement de la tronçonneuse, aient rejoint sa milice de plus ou moins bon gré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 185 :</strong><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est à la terrasse d&rsquo;un café du port, dans les odeurs d&rsquo;hydrocarbures émanant des installations de Lavera, que le même jour, celui de ma visite au front, j&rsquo;ai appris de la bouche d&rsquo;une journaliste la destitution de Brennecke et son remplacement par un triumvirat. De qui se composait ce triumvirat, la journaliste ne le savait pas, et de même ignorait-elle ce qu&rsquo;il était advenu de Brennecke : l&rsquo;hypothèse la plus vraisemblable voulait qu&rsquo;il fût vivant, et détenu dans les locaux de la FINUF à Saint-Amand. “Ainsi ”, me disais-je, avec une pointe de mauvaise foi, compte tenu des rapports que j&rsquo;avais entretenus avec lui et des services que je lui avais rendus,“ainsi devait péricliter la carrière d&rsquo;un aventurier sans scrupules”.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Drôle d&rsquo;ambiance que celle de ce roman ! On traverse le pays avec un personnage aux contours flous. On le suit dans une France en plein conflit gelé. Aucune solution ne se dessine. Une manière aussi d&rsquo;évoquer des conflits en cours, tout à côté de chez nous. Une manière aussi pour Jean Rolin de décrire l&rsquo;environnement de ses personnages. Les détails sont précis, réels. Les zones périurbaines sont laides et sans vie. Autre marotte de l&rsquo;auteur, la description de la faune et de la flore. De quoi faire naître un peu d&rsquo;espoir ?</span> <span style="color: #0000ff">Avec Jean Rolin, on n&rsquo;est jamais sûr de rien ! A découvrir.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les événements&nbsp;&raquo;, de Jean Rolin, P.O.L., 15€.</strong> </em></p>
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		<item>
		<title>N&#8217;être qu&#8217;une geisha&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/11/18/netre-quune-geisha/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/11/18/netre-quune-geisha/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2014 17:55:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[accident]]></category>
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		<description><![CDATA[Un premier roman a ceci d&#8217;excitant qu&#8217;on suppose avant de l&#8217;ouvrir que son auteur a tout donné pour le voir enfin exister. C&#8217;est donc souvent avec gourmandise et toujours avec curiosité que je file vers la pile de ces primo-romans. &#171;&#160;Dans le jardin de l&#8217;ogre&#160;&#187; de Leïla Slimani faisait partie, à la rentrée littéraire de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jardin.jpg" rel="lightbox[2763]"><img class="alignleft size-full wp-image-2765 colorbox-2763" style="margin: 10px" alt="jardin" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jardin.jpg" width="195" height="287" /></a>Un premier roman a ceci d&rsquo;excitant qu&rsquo;on suppose avant de l&rsquo;ouvrir que son auteur a tout donné pour le voir enfin exister. C&rsquo;est donc souvent avec gourmandise et toujours avec curiosité que je file vers la pile de ces primo-romans.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Dans le jardin de l&rsquo;ogre&nbsp;&raquo;</strong> de<strong> Leïla Slimani</strong> faisait partie, à la rentrée littéraire de septembre de ces premiers romans qui ont su s&rsquo;attirer une bonne presse. Encore une bonne raison d&rsquo;y plonger, me direz-vous.</p>
<p>Et puis il y avait son sujet : celui d&rsquo;une trentenaire à la vie plus que satisfaisante (un mari, un enfant, un travail, de l&rsquo;argent et une confortable) qui se perd cependant dans des aventures sexuelles,  une double vie dont elle ne retire cependant aucun plaisir.</p>
<p>Un rôle généralement occupé par un homme dans la littérature. Le voir à travers les yeux d&rsquo;une femme pouvait être attrayant.</p>
<p><span id="more-2763"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Adèle, </strong>issue d&rsquo;un milieu populaire et qui évolue, grâce à son mariage, dans la bourgeoisie parisienne. Elle n&rsquo;aime pas son poste de journaliste (obtenu par piston) et l&rsquo;idée même d&rsquo;avoir à travailler ; elle ne partage que peu de choses avec<strong> Richard, </strong>son mari médecin même si elle dit l&rsquo;aimer et a encore bien du mal à se comporter comme une maman avec son fils, <strong>Lucien</strong>.</p>
<p>Pour mettre de la distance entre elle et son quotidien qui semble la scléroser, elle partage des lits qui ne sont pas les siens, couche avec des hommes qu&rsquo;elle ne reverra pas, s&rsquo;avilit parfois. Pour le plaisir ? Même pas. Pour ne pas mourir peut-être.</p>
<p><strong>Deux vies étanches l&rsquo;une à l&rsquo;autre qui finiront pourtant par se télescoper alors que son mari est victime d&rsquo;un accident de deux-roues. Le simulacre d&rsquo;équilibre qui existait jusque-là entre les vies d&rsquo;Adèle s&rsquo;effondre.</strong></p>
<p>De Paris, la famille s&rsquo;installe à la campagne. Adèle doit guérir. Pas sûr qu&rsquo;elle en ait vraiment envie&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17-18 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Adèle n&rsquo;aime pas son métier. Elle hait l&rsquo;idée de devoir travailler pour vivre. Elle n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;autre ambition que d&rsquo;être regardée. Elle a bien essayé d&rsquo;être actrice. En arrivant à Paris, elle s&rsquo;est inscrite à des cours où elle s&rsquo;est révélée une élève médiocre. Les professeurs disaient qu&rsquo;elle avait de beaux yeux et un certain mystère. “Mais être comédien, c&rsquo;est savoir lâcher prise, mademoiselle.” Elle a attendu longtemps chez elle que le destin se réalise. Rien ne s&rsquo;est passé comme elle l&rsquo;avait prévu. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle aurait adoré être l&rsquo;épouse d&rsquo;un homme riche et absent. Au grand dam des hordes enragées de femmes actives qui l&rsquo;entourent, Adèle aurait voulu traîner dans une grande maison, sans autre souci que d&rsquo;être belle au retour de son mari. Elle trouverait merveilleux d&rsquo;être payée pour son talent à distraire les hommes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 96 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle a acheté le téléphone à clapets, qu&rsquo;elle ne sort jamais de son sac et dont Richard ignore l&rsquo;existence. Elle s&rsquo;est procuré un second ordinateur, qu&rsquo;elle cache sous le lit, de son côté, près de la fenêtre. Elle ne garde aucune trace, aucune facture, aucune preuve. Elle se méfie des hommes mariés, des sentimentaux, des hystériques, des vieux célibataires, des jeunes romantiques, des amants sur le Net, des amis d&rsquo;amis.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Auprès d&rsquo;Adèle, il a le sentiment d&rsquo;avoir vécu avec une malade sans symptômes, d&rsquo;avoir côtoyé un cancer dormant, qui ronge et ne dit pas son nom. Quand ils ont emménagé dans la maison, il a attendu qu&rsquo;elle tombe. Qu&rsquo;elle s&rsquo;agite. Comme n&rsquo;importe quelle toxicomane privée de sa drogue, il était convaincu qu&rsquo;elle perdrait la raison et il s&rsquo;y était préparé. Il s&rsquo;était dit qu&rsquo;il saurait quoi faire si elle devenait violente, si elle le rouait de coups, si elle se mettait à hurler dans la nuit. Si elle se scarifiait, qu&rsquo;elle s&rsquo;enfonçait un couteau sous les ongles. Il réagirait en scientifique, lui prescrirait des médicaments. Il la sauverait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Je devais attendre trop de ce roman&#8230; Alors, forcément, j&rsquo;ai été un peu déçue. Au fil des pages, j&rsquo;ai trouvé que cette histoire avait, ici et là, des côtés finalement trop caricaturaux et que la trame n&rsquo;offrait pas assez de nuances pour que j&rsquo;arrive à entrer en empathie avec l&rsquo;héroïne. Reste le style, vif, sans ambages, ni faux-fuyant qui vous pousse à avaler les chapitres pour savoir ce qui va lui arriver à Adèle. Et à ceux qui l&rsquo;aiment. A découvrir.</span></p>
<p style="text-align: left"><strong>&laquo;&nbsp;Dans le jardin de l&rsquo;ogre&nbsp;&raquo;, Leïla Slimani, Gallimard, 17,50€.</strong></p>
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