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	<title>Quatrième de couv &#187; cynisme</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Aux marches du palais&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 14:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire hiver 2019 C&#8217;est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l&#8217;hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure. Au fil [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #008080">Rentrée littéraire hiver 2019</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENTREE-BLOG.jpg" rel="lightbox[4532]"><img class="aligncenter wp-image-4535 size-medium colorbox-4532" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENTREE-BLOG-300x169.jpg" alt="RENTREE BLOG" width="300" height="169" /></a></p>
<p>C&rsquo;est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l&rsquo;hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure.</p>
<p>Au fil des mois de janvier et février, <strong>493 nouveaux romans vont sortir.</strong> Parmi eux, <strong>336 romans français.</strong> Parmi eux également, <strong>77 premiers romans</strong> ( soit une hausse de 20% par rapport à la rentrée littéraire de l&rsquo;hiver 2018).</p>
<p>Alors, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que <strong>Michel Houellebecq</strong> dans la vie ( son nouveau roman est édité à 320.000 exemplaires !), je vais essayer de vous donner envie de plonger dans les (autres) romans de ce rendez-vous littéraire. Une sélection, forcément subjective. C&rsquo;est parti !</p>
<p><span id="more-4532"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PREMIERE-DAME.jpg" rel="lightbox[4532]"><img class="alignleft size-full wp-image-4533 colorbox-4532" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PREMIERE-DAME.jpg" alt="PREMIERE DAME" width="120" height="227" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On commence notre collection avec <strong>&laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Caroline Lunoir</strong>. Un roman que l&rsquo;on put, pour les amateurs de cases, ranger dans celle dédiée à la politique !</p>
<p><strong>Caroline Lunoir</strong>, avocate pénaliste installée à Paris, je l&rsquo;ai découverte avec son premier roman <strong>&laquo;&nbsp;La faute de goût&nbsp;&raquo;</strong>, en 2011. Un joli souvenir.  Je vous en parlais <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/03/06/lutte-des-classes-au-bord-de-la-piscine/">ici</a></strong>.</p>
<p>Après <strong>&laquo;&nbsp;Au temps pour nous&nbsp;&raquo;</strong>, la voici de retour avec<strong> &laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;</strong>, donc. L&rsquo;idée ? Suivre <strong>Marie</strong>, épouse d&rsquo;un candidat à l&rsquo;élection présidentielle, jusqu&rsquo;aux marches du palais&#8230; de l&rsquo;Elysée.  Ancienne journaliste, mère des quatre enfants de <strong>Paul</strong>, <strong>Marie</strong> nous livre par le menu et sous la forme d&rsquo;un journal de bord, le long décompte d&rsquo;une victoire annoncée.</p>
<p>Rien ne nous sera épargné ! A elle non plus d&rsquo;ailleurs. Au fil des pages, des mois et des saisons, l&rsquo;image de sa famille, de son mari et aussi la sienne vont s&rsquo;écorner. Quoi ? La famille de <strong>Marie</strong> et <strong>Paul</strong> n&rsquo;est donc pas si parfaite, pas si lisse, pas si respectable. Il y aura les comptes bancaires ouverts à l&rsquo;étranger, la maîtresse de <strong>Paul</strong>, la dépression de <strong>Marie</strong>, etc.</p>
<p>Toute ressemblance avec des candidats à l&rsquo;Elysée ou d&rsquo;anciens présidents de la République n&rsquo;est évidemment absolument pas fortuite ! On devine ici François Hollande et la volcanique Valérie Trierweiler, François et Pénélope Fillon, Nicolas et Cécilia Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn aussi&#8230;</p>
<p>Si le journal de <strong>Marie</strong> commence dans l&rsquo;euphorie de l&rsquo;annonce de la candidature de son mari aux primaires du parti, l&rsquo;horizon va finir par s&rsquo;obscurcir. La chronique attendrie, admirative va virer à la récrimination. Au règlement de comptes. Puis à l&rsquo;abnégation. <strong>Marie</strong> se rend compte qu&rsquo;elle a donné sa vie pour son mari et ses enfants. Amer constat d&rsquo;une femme qui se croyait libre et affranchie.</p>
<p>Personne n&rsquo;a anticipé ni pris la mesure des conséquences sur la vie de la famille, issue de la grande bourgeoisie. Les mauvais coups viendront de partout, même des amis. Alors les communicants gambergent, trouvent des parades, etc.</p>
<p>Entre compromissions et petits arrangements, un portrait peu reluisant d&rsquo;une &laquo;&nbsp;caste&nbsp;&raquo; définitivement coupée de la réalité de ceux qu&rsquo;elle voudrait gouverner. Cynique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 55-56 : </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;J-147 (Dimanche 25 novembre) </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Un choc de bonheur. Une claque d&rsquo;euphorie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il y a cette tension joyeuse qui monte, au milieu des rires, des plaisanteries et d&rsquo;une bonne humeur tenace avec les retours des bureaux de vote. Le téléphone qui sonne en continu. Le portable de Paul qui clignote de messages. Les fouilles des poubelles où le bulletin de Paul serait rare, les journalistes qui arrivent de plus en plus nombreux, jusqu&rsquo;aux non-alignés qui choisissent comme par hasard, sans s&rsquo;être annoncés, sur le coup de dix-huit heures, dix-neuf heures, de &laquo;&nbsp;vivre cette soirée avec nous&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai encore le baiser de Paul sur mes lèvres. D&rsquo;une gourmandise ! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;J-31</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J+59 ( jeudi 21 mars)</em></p>
<p style="text-align: left"><em>[&#8230;] Paul tranche, encourage, plaisante, avec ténacité. Il a dénoué sa cravate et abandonné sa veste sur une chaise. Il se tient debout, en bras de chemise, devant le tableau, un sandwich de rillettes dans une main, un marqueur pour exposer son plan de bataille dans l&rsquo;autre. Ceux qui viennent d&rsquo;intégrer l&rsquo;état-major découvrent son sens du commandement et son énergie. A l&rsquo;écouter, j&rsquo;entends presque se lever la clameur de nos villages, de nos provinces, d&rsquo;un pays tout entier prêt à porter nos convictions et notre souffle. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pourtant, je surprends des regards qui s&rsquo;attardent sur moi et plongent ailleurs quand je relève la tête. Pourtant, derrière l&rsquo;espoir, derrière les mots d&rsquo;ordre et les promesses que l&rsquo;on se fait, derrière la fougue de Paul et l&rsquo;implication nouvelle de Victor qui anime l&rsquo;équipe dédiée aux réseaux sociaux, il y a des noms que l&rsquo;on ne prononce plus et, souvent, la colère qui affleure. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En réalité, je nous sens assiégés.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 182-183 :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Dimanche 5 mai</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les salles sont combles. Je croise des visages amis, des familiers, des connaissances, certains que j&rsquo;exècre, d&rsquo;autres qui ne me disent rien. Ils reviennent au siège du parti comme la marée. Ils font ma vie, lui donnent son sens et l&rsquo;aliènent. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Nous nous reconnaissons, nous, acteurs des coulisses du feuilleton du pouvoir. Tous, un jour, premier rôle, espoir, doublure, figurant, vieille gloire. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai mon sourire de Joconde. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Parce que dans les fidélités comme dans les haines, dans les sacres comme dans les chutes, il est un principe qui surnage et écorne le mépris : le respect de celui qui sait encaisser. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Parce que celui qui, tombé à genoux, ne baisse pas la tête, se relèvera, et attestera, sous le regard de ses pairs, qu&rsquo;un retour est toujours possible. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les salles sont combles mais je suis vide.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;, Caroline Lunoir, Actes Sud, 18€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
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		<title>Cannibalisme d&#8217;entreprise</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/08/17/cannibalisme-dentreprise/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Aug 2018 07:31:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Et de trois pour Julie Douard ! Après un premier roman remarqué &#171;&#160;Après l&#8217;enfance&#160;&#187;, en 2010, donc lu avant la création de ce blog en 2011 et &#171;&#160;Usage communal du corps féminin&#160;&#187; (2014) dont vous pouvez retrouver la chronique ici, Julie Douard, professeure de philosophie à Caen et par ailleurs auteure de plusieurs pièces de théâtre, est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-la-chair-des-vivants.jpg" rel="lightbox[4343]"><img class="alignleft size-full wp-image-4345 colorbox-4343" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-la-chair-des-vivants.jpg" alt="zoom-la-chair-des-vivants" width="380" height="556" /></a></p>
<p style="text-align: left">Et de trois pour <strong>Julie Douard</strong> ! Après un premier roman remarqué <strong>&laquo;&nbsp;Après l&rsquo;enfance&nbsp;&raquo;</strong>, en 2010, donc lu avant la création de ce blog en 2011 et <strong>&laquo;&nbsp;Usage communal du corps féminin&nbsp;&raquo;</strong> (2014) dont vous pouvez retrouver la chronique <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/03/08/usage-communal-du-corps-feminin/">ici</a>, Julie Douard,</strong> professeure de philosophie à Caen et par ailleurs auteure de plusieurs pièces de théâtre, est de retour.</p>
<p style="text-align: left">Cette fois, son terrain de jeu est le siège d&rsquo;une entreprise de papeterie et de matériel de bureau. Une entreprise dans laquelle des gens s&rsquo;ennuient. Se cachent, boivent, cherchent l&rsquo;amour, tentent de se retrouver par l&rsquo;entremise d&rsquo;un coach&#8230; Bref, essayent de s&rsquo;en sortir. Des quadras désemparés qui doivent en outre se coltiner une hiérarchie surmenée et dépassée. Bienvenue dans le monde du travail des années 2000 !</p>
<p style="text-align: left">Au fil des 63 courts chapitres, <strong>Julie Douard</strong> signe un roman à la fois drôle et cruel. Une estampille qui marque l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;auteure. Et un régal pour ses lecteurs et lectrices, je vous le confirme <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-4343" /></p>
<p style="text-align: left">Il y a donc <strong>Michon</strong>, coaché par <strong>Bernard</strong> et <strong>Chantal,</strong> sa femme, en sous-main, pour enfin trouver l&rsquo;amour et donner du sens à sa  vie. Il y a <strong>François</strong>, qui chaque jour, se cache sous son bureau pour, durant quelques minutes, se protéger un peu de la vacuité des choses. Mais aussi <strong>Sophie</strong>, assistante zelée et humiliée chaque jour davantage par son supérieur <strong>Jean-Charles Michel</strong>. Et encore <strong>Henri</strong>, lui, se noie dans le sport depuis qu&rsquo;il héberge le serbe<strong> Goran.</strong> Un coach qu&rsquo;il aimerait aussi mettre dans son lit.</p>
<p style="text-align: left">Au fil des semaines et des mois, ces personnages se croisent, se cotoient, se détestent, s&rsquo;allient&#8230; Et finiront  par devoir tous ensemble participer à un semi-marathon aux couleurs de leur entreprise. Ambiance vaudevillesque pour ce roman à rebondissements.</p>
<p style="text-align: left">C&rsquo;est frais, drôle, burlesque et rondement mené. Idéal pour cet été&#8230; loin du bureau <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-4343" /></p>
<p style="text-align: left"><span id="more-4343"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 12 : <em> </em></strong><em>&laquo;&nbsp;Michon avait bien des défauts main on pouvait reconnaître qu&rsquo;il avait l&rsquo;élégance de ne pas s&rsquo;être donné pour mot d&rsquo;ordre de dévorer le monde et d&rsquo;écraser ses rivaux. Il ne cherchait rien de plus qu&rsquo;à exister dans les yeux de celui ou celle qu&rsquo;il croisait dans les couloirs, ce qui – le concernant – était déjà très ambitieux. Quant à François, il n&rsquo;avait pour lui-même aucun mot d&rsquo;ordre, à part tâcher de survivre car mourir était trop risqué, on pouvait se blesser. Il lui fallait également surmonter la nausée que lui procurait l&rsquo;ennui ressenti au travail. Ne rien faire du tout eût été plus amusant, mais il fallait manger et malheureusement François ne chassait pas, il devait donc payer chacun de ses repas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 128- 129 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Le gros avantage du Serbe était qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas à lui faire la conversation au cours du repas. Il semblait à l&rsquo;aise partout sans être pourtant jamais euphorique ni même juste gai. François saluait son équanimité et ne cherchait pas d&rsquo;autre compagnie pour déjeuner que ce duo étrange qui se servait du sport comme d&rsquo;un radeau mal ficelé, l&rsquo;un pour éviter la rue, l&rsquo;autre pour fuir la solitude. Henri allait devoir plutôt s&rsquo;inscrire au semi-marathon s&rsquo;il ne voulait pas décéder en cours de route car il dévorait tout ce qu&rsquo;il trouvait à défaut de pouvoir croquer Goran. C&rsquo;était tellement flagrant que François se demandait s&rsquo;il n&rsquo;allait pas devenir diabétique avant même de s&rsquo;être avoué son désir et d&rsquo;en avoir informé l&rsquo;heureux objet.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 198 : </strong><em>&nbsp;&raquo; Goran était heureux de voir Sophie enchaîner les tours sans jamais avoir l&rsquo;air de souffrir. Il la pensait sportive et compétitrice, ce qu&rsquo;elle n&rsquo;était pas. En réalité, elle avait trouvé là un moyen de tout oublier, hormis son propre corps, machine bondissante au souffle régulier. Elle ne devançait pas les autres, elle les fuyait. Elle disparaissait de leur vue et s&rsquo;imaginait qu&rsquo;elle s&rsquo;échappait durablement, portée par de longues jambes fines capables de la mener au bout du monde.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La Chair des vivants&nbsp;&raquo;, Julie Douard, P.O.L. , 17 euros.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Derrière la poilade, chronique d&#8217;une société désespérée</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/07/02/derriere-la-poilade-chronique-dune-societe-desesperee/</link>
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		<pubDate>Sun, 02 Jul 2017 15:01:24 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Un style, chez un auteur, ça se travaille, ça se transforme, ça se bouleverse. Visiblement, Philippe Claudel s&#8217;est lancé dans une aventure littéraire dans son nouveau roman &#171;&#160;Inhumaines&#160;&#187;. L&#8217;écrivain et réalisateur lorrain n&#8217;est pas du genre à se laisser enfermer dans une case. Ou dans un genre. Au fil des pages, de courtes histoires dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/INHUMAINES.jpg" rel="lightbox[3947]"><img class="alignleft wp-image-3949 size-medium colorbox-3947" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/INHUMAINES-190x300.jpg" alt="INHUMAINES" width="190" height="300" /></a> Un style, chez un auteur, ça se travaille, ça se transforme, ça se bouleverse. Visiblement, <strong>Philippe Claudel</strong> s&rsquo;est lancé dans une aventure littéraire dans son nouveau roman <strong>&laquo;&nbsp;Inhumaines&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p><strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Claudel">L&rsquo;écrivain et réalisateur lorrain</a></strong> n&rsquo;est pas du genre à se laisser enfermer dans une case. Ou dans un genre.</p>
<p>Au fil des pages, de courtes histoires dans lesquelles les codes, la bienséance et notre société sont littéralement atomisés.</p>
<p><strong>Philippe Claudel</strong>, que nous avions connu notamment avec <strong>&laquo;&nbsp;Les âmes grises&nbsp;&raquo; en 2003</strong>, fait tout exploser pour nous faire réagir. Rire ou nous offusquer. C&rsquo;est selon.</p>
<p>Il nous plonge dans vingt-cinq histoires glaçantes, provocantes, outrancières, absurdes, grotesques&#8230; et pourtant si plausibles.</p>
<p>Passez la couverture qui reprend les codes d&rsquo;un film porno (mais avec des vêtements, hein !) et entrez dans les vies de cet homme qui offre trois amants à sa femme pour Noël, dans celle de son collègue de bureau qui se marie à une ourse, partagez les jeux dangereux et mortels de ces employés pendant un challenge d&rsquo;entreprises (ils jettent des projectiles d&rsquo;un pont de l&rsquo;autoroute), mangez votre mère des semaines durant en steak ou en ragoût après l&rsquo;avoir tuée, etc. Ici, plus rien (ni personne d&rsquo;ailleurs) n&rsquo;a d&rsquo;importance. On pousse le curseur, on exagère, on désespère.</p>
<p>Chez <strong>Philippe Claudel</strong>, la société est particulièrement segmentée, clivante. Il y a des parcs à pauvres, des SDF gelés gisant dans la rue se vendent au plus offrant comme une oeuvre d&rsquo;art et le sexe entre hommes entre femmes et entre les deux sexes est omniprésent. Une monnaie comme une autre, une denrée périssable aussi.</p>
<p><em> &nbsp;&raquo; Nous sommes devenus des monstres. On pourrait s&rsquo;en affliger. Mieux vaut en rire &laquo;&nbsp;</em>, dit la quatrième de couverture de ce &laquo;&nbsp;roman des moeurs contemporaines&nbsp;&raquo;. Alors rions-en même si le malaise nous gagne. Rions, quitte à s&rsquo;étrangler. Quitte à ne plus rien prendre au sérieux.</p>
<p>Des histoires qui choquent ou amusent, un style sec , des phrases courtes qui percutent&#8230; <strong>Philippe Claudel</strong> a changé d&rsquo;univers. Laissez-vous tenter <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-3947" /></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 53 : (&laquo;&nbsp;Tout doit disparaître&nbsp;&raquo;) </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Qui a mis cette annonce. Bourin. Du service merchandising. Oui. Nous étions devant le panneau réservé aux messages personnels. Morel et moi. Il y en avait de toutes sortes. Nos collègues vendaient ou recherchaient des femmes de ménage. Des tondeuses. Des appartements à la montagne. Trois chiots de race épagneule. Un service à fondue. Un jet-ski. Du bois de chauffage coupé en bûches de 50. Deux essaims d&rsquo;abeilles. Trois Polonais en règle. Un terrain à bâtir. Cinquante voitures miniatures de collection. Un pénis artificiel et ses quatre embouts d&rsquo;origine, fonctionnant sur piles ou sur secteur. Un pantalon en cuir lavable taille 42. Des oeufs frais en provenance directe de la ferme. Et puis Dieu. L&rsquo;annonce était ainsi formulée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 115 : (&laquo;&nbsp;Le vivre ensemble&nbsp;&raquo;)</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Hier un automobiliste nous a fait un doigt. Nous le lui avons coupé. Nous ne supportons pas les incivilités. C&rsquo;est agaçant.Dubois a toujours quelques outils dans son coffre. On ne sait jamais. Pince multiprise. Cric. Chaînes à neige mais il ne neige désormais que rarement. Le réchauffement climatique n&rsquo;est finalement pas un canular. C&rsquo;est dommage. On aurait pu enfin rire. Pourquoi nous avoir fait un doigt monsieur. L&rsquo;homme était à terre. Il avait perdu la hargne arrogante qui déformait son visage quand il nous avait dépassés et insultés en klaxonnant parce que nous respections la limitation de vitesse. Nous l&rsquo;avions de nouveau doublé et stoppé grâce à une banale queue de poisson. Les grands classiques. Inusables. Dubois est un as du volant. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 125 :  (&laquo;&nbsp;Le sens de la vie&nbsp;&raquo;)</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Nous invitons parfois à la maison des philosophes que nous trouvons dans la rue, sous des porches, recroquevillés en boule comme de vieux papiers usagés. Fumet de crasse et de jeune fille sale. Dans leurs cheveux se mêlent des souvenirs de gaz d&rsquo;échappement et d&rsquo;antiques miettes de pain. Le plus souvent ils sont édentés et leurs mâchoires roses les font paraître de très vieux enfants. Ma femme ne les aime guère mais tolère les caprices. Expliquez-moi la vie. Expliquez-moi la mort. Le bleu du ciel. Le désir. Les rêves. Dieu. La souplesse des peaux. Et l&rsquo;ennui. Surtout l&rsquo;ennui. Expliquez-nous l&rsquo;ennui. Les philosophes nous regardent. Ils se taisent. Ils ne parlent pas la bouche pleine.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Inhumaines&nbsp;&raquo;, Philippe Claudel, Stock, 16,50€.</strong></em></p>
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		<title>&#171;&#160;Purity&#160;&#187; ou la dictature de la transparence</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/08/12/purity-ou-la-dictature-de-la-transparence/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Aug 2016 07:22:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
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		<description><![CDATA[De quoi tenir toutes les vacances ! Quand l&#8217;été arrive, deux options pour les lecteurs  : choisir plusieurs romans courts, histoire de diversifier les plaisirs et les univers ou, au contraire, miser sur un gros pavé qui le suit sur la plage, dans le train, dans le hamac et même au lit ! &#171;&#160;Purity&#160;&#187; s&#8217;adresse [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/purity.jpg" rel="lightbox[3674]"><img class="alignleft size-full wp-image-3675 colorbox-3674" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/purity.jpg" alt="purity" width="195" height="296" /></a>De quoi tenir toutes les vacances ! Quand l&rsquo;été arrive, deux options pour les lecteurs  : choisir plusieurs romans courts, histoire de diversifier les plaisirs et les univers ou, au contraire, miser sur un gros pavé qui le suit sur la plage, dans le train, dans le hamac et même au lit !</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Purity&nbsp;&raquo;</strong> s&rsquo;adresse aux partisans de la seconde option. Et devraient les enthousiasmer. Voilà un roman plutôt captivant tant dans son contenu que sa construction.</p>
<p>L&rsquo;histoire écrite par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Franzen"><strong>Jonathan Franzen</strong></a>, – auteur de plusieurs romans dont<strong> &laquo;&nbsp;Corrections&nbsp;&raquo;</strong> qui lui a valu le National Book Award 2002, mais aussi de <strong>&laquo;&nbsp;La zone d&rsquo;inconfort&nbsp;&raquo;</strong> ou encore <strong>&laquo;&nbsp;Freedom&nbsp;&raquo;</strong> – a, avec <strong>&laquo;&nbsp;Purity&nbsp;&raquo;</strong>, imaginé une histoire aux rebondissements tentaculaires, qui nous fait voyager dans le temps et l&rsquo;espace, entre Etats-Unis, Amérique latine et vieille Europe.</p>
<p>L&rsquo;histoire ?  C&rsquo;est d&rsquo;abord celle de <strong>Purity</strong>, qui préfère se faire appeler <strong>Pip</strong>. Une jeune femme, cynique et drôle, entrée dans la vie active avec une lourde dette étudiante. Une jeune femme qui doit s&rsquo;occuper de sa mère dépressive et si secrète sur l&rsquo;histoire de sa propre conception. Et pour cause.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3674"></span></p>
<p>Sa mère, de son vrai nom<strong> Anabel</strong> et non <strong>Penelope Tyler</strong> comme elle est connue depuis des décennies, est l&rsquo;héritière d&rsquo;une très riche famille industrielle américaine. Elle a rompu tout lien après un mariage raté avec un journaliste, <strong>Tom Aberant</strong>. Pour trouver son géniteur et lui faire rembourser son prêt étudiant, ,<strong>Pip</strong> va, par l&rsquo;entremise d&rsquo;<strong>Annagret</strong>, une Allemande de l&rsquo;ex-RDA qui va la faire se rapprocher du charismatique et énigmatique <strong>Andreas Wolf</strong>, qui à travers son Sunlight Project installé dans le désert bolivien, veut rendre le monde transparent ( en faisant éclater notamment les secrets d&rsquo;Etats et autres manipulations d&rsquo;entreprises) en s&rsquo;appuyant sur les réseaux sociaux. L&rsquo;homme est, lui, aussi, issu de l&rsquo;ex-RDA où il a vécu auprès de parents à la solde du régime. Jeune adulte, il entre en dissidence et tuera un homme pour l&rsquo;amour d&rsquo;<strong>Annagret</strong>. Un personnage qui nous fait penser à Julian Assange. Au sein de cette organisation, le nom du père de <strong>Pip</strong> pourrait alors apparaître&#8230; Il se trouve d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;<strong>Andreas Wolf</strong> le connait. Et doit régler un vieux différend avec lui.</p>
<h4 style="text-align: center"><span style="color: #008000">Bientôt une série </span></h4>
<h4 style="text-align: center"><span style="color: #008000">avec Daniel Craig</span></h4>
<p>Les histoires se mélangent. Les allers et retours entre l&rsquo;ex-RDA sous la coupe de la Stasi, la Californie et la Bolivie se succèdent tandis que les personnages se dévoilent les uns après les autres. Tous, ou presque, ont quelque chose à cacher alors que le règne de la transparence est enclenché.</p>
<p>Un roman long, certes (743 pages quand même !) mais exaltant. Au fil des chapitres, le puzzle se reconstitue. Terrible.  Et l&rsquo;histoire de <strong>Pip</strong> apparait. Et si la transparence à tout prix était une autre forme de dictature ? Entre secrets et pureté morale, deux visions de notre société contemporaine entrent en collision. Avec des dommages collatéraux. Cette fois encore, <strong>Jonathan Franzen</strong> mêle l&rsquo;intime et le collectif.</p>
<p>Un roman dont on tourne actuellement une série en vingt épisodes avec, excusez du peu, <strong>Daniel Craig</strong> dans le rôle d&rsquo;<strong>Andreas Wolf.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 53-54 : </strong><em>&laquo;&nbsp;A onze ans, Pip était extrêmement crédule. Sa mère avait une longue et fine cicatrice sur le front qui ressortait quand elle rougissait, et elle avait les dents de devant écartées et d&rsquo;une couleur différente des autres. Pip était si certaine qu&rsquo;elle s&rsquo;était fait casser la figure par son père, et si triste pour elle, qu&rsquo;elle ne lui avait même pas demandé de le confirmer. Pendant un certain temps, elle avait eu trop peur de lui pour dormir seule la nuit. L&rsquo;accueillant dans son lit et l&rsquo;étouffant de câlins, sa mère lui assurait qu&rsquo;elle ne risquait rien tant qu&rsquo;elle n&rsquo;en parlait à personne, et la crédulité de Pip était si absolue, sa peur si réelle, qu&rsquo;elle s&rsquo;était tue jusque tard dans ses années d&rsquo;adolescence rebelle.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 398 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Tout bien considéré, elle était fière de n&rsquo;avoir bu que quatre margaritas avec les stagiaires ce soir-là. Entre ses mensonges et les tensions dans la maison, cela semblait n&rsquo;être qu&rsquo;une question de temps avant qu&rsquo;elle ne se retrouve de nouveau sans travail et à la rue, après avoir raté sa rencontre avec le destin. Elle savait ce qu&rsquo;elle devait faire. Elle devait trahir Andreas et tout avouer à Tom et Leïla. En même temps, elle ne pouvait supporter l&rsquo;idée de les décevoir.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>En ne disant rien, elle protégeait un assassin, un fou, un homme en qui elle n&rsquo;avait pas confiance. Néanmoins, elle rechignait à rompre tout lien avec lui. Il l&rsquo;avait torturée psychologiquement et elle prenait un plaisir malsain à lui rendre la pareille – à être celle qui, à Denver, connaissait ses secrets et nourrissait son inquiétude. Sans sa présence quotidienne pour rappeler  à Pip la méfiance qu&rsquo;il lui inspirait, son pouvoir, sa gloire et son intérêt particulier pour elle n&rsquo;en étaient que plus propices au fantasme sexuel. Il avait un score nul dans certains compartiments importants du domaine amoureux, mais il battait tous les records dans d&rsquo;autres.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 598 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y avait que ce point de vue-là qu&rsquo;il se considérait comme un apparatchik. Pour le reste, dans ses interviews, il dédaignait la rhétorique révolutionnaire et grimaçait intérieurement lorsque ses employés parlaient de contribuer à un monde meilleur. De l&rsquo;exemple d&rsquo;Assange, il avait appris quelle folie c&rsquo;était d&rsquo;attribuer des prétentions messianiques à sa mission, et s&rsquo;il trouvait une satisfaction ironique à être réputé pour sa pureté, il ne se faisait aucune illusion sur sa véritable capacité à la préserver. La vie aux côtés d&rsquo;Annagret l&rsquo;en avait guéri.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Purity&nbsp;&raquo;, Jonathan Franzen, Editions de l&rsquo;Olivier, 24,50€</strong></em></p>
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