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	<title>Quatrième de couv &#187; classes moyennes</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Au mitan de sa vie, le poids des choix</title>
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		<pubDate>Mon, 09 May 2022 06:59:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Nicolas Mathieu est de retour ! Autant vous dire que Connemara était attendu. Par tous ceux qui avaient aimé Leurs enfants après eux (dont j&#8217;avais parlé ici ), par les libraires aussi, sûrs de voir entrer des lecteurs en attente&#8230; et par moi. L&#8217;auteur quadragénaire sait mieux que d&#8217;autres dépeindre les classes moyennes, qu&#8217;elles vivent dans l&#8217;Est de la France ou [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/metadatametadatageneralwebwebtitle_8.jpg" rel="lightbox[5967]"><img class="alignleft size-full wp-image-5969 colorbox-5967" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/metadatametadatageneralwebwebtitle_8.jpg" alt="metadatametadatageneralwebwebtitle_8" width="618" height="1024" /></a></span></strong></p>
<p><strong>Nicolas Mathieu</strong> est de retour ! Autant vous dire que <em><strong>Connemara</strong></em> était attendu. Par tous ceux qui avaient aimé <strong><em>Leurs enfants après eux </em></strong>(dont j&rsquo;avais parlé<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/14/dans-la-france-de-lentre-deux/">ici</a> </strong>), par les libraires aussi, sûrs de voir entrer des lecteurs en attente&#8230; et par moi. L&rsquo;auteur quadragénaire sait mieux que d&rsquo;autres dépeindre les classes moyennes, qu&rsquo;elles vivent dans l&rsquo;Est de la France ou ailleurs.</p>
<p>Il nous parle de déterminisme social, de malaise existentiel à travers les portraits croisés d&rsquo;<strong>Hélène</strong> et de <strong>Christophe</strong>. La première, fille unique, a tout fait pour s&rsquo;extraire de la situation sociale de ces parents.</p>
<p>Partie à Paris où elle devient consultante, elle regagne sa région natale avec compagnon et enfants après un burn-out violent. Là, entre maison d&rsquo;architecte, réflexes bourgeois, vie intime en berne et compétition au travail, elle cherche sa place. Croit la trouver dans les bras de <strong>Christophe,</strong> qui lui, n&rsquo;a pas quitté Cournécourt, cette petite ville fictive située à côté d&rsquo;Epinal. Ils se connaissent depuis le lycée. Lui n&rsquo;est pas parti. Et n&rsquo;a pas cherché à le faire. Papa d&rsquo;un petit garçon, il est séparé de la mère de celui-ci. Et se partage entre son travail de commercial, son père de moins en moins autonome, ses copains de toujours, et sa carrière de joueur de hockey sur glace. L&rsquo;ancienne gloire locale a tenté un come-back.<strong> Hélène</strong> et <strong>Christophe</strong> se retrouvent, deviennent amants. L&rsquo;occasion pour l&rsquo;une et l&rsquo;autre de changer de vie ?</p>
<p>L&rsquo;occasion pour <strong>Nicolas Mathieu</strong> d&rsquo;observer, de disséquer comme l&rsquo;enragé des détails qu&rsquo;il est toujours. De l&rsquo;enfance à l&rsquo;âge adulte, les séquences s&rsquo;intercalent, se succèdent. Pour mieux saisir l&rsquo;évolution et/ou les blocages.</p>
<p>Doit-on partir pour réussir ou le faire croire ? Peut-on naître, vivre et mourir au même endroit sans le vivre comme un échec social ? Autant de questions posées par cet épais roman. <strong>Hélène</strong> a choisi d&rsquo;être transfuge de classe, de s&rsquo;imposer. <strong>Christophe</strong> s&rsquo;en est bien gardé. Ont-ils, au final, réussi leur vie ?</p>
<p>Au fil des pages, le lecteur explore l&rsquo;intime et le politique de notre époque contemporaine. Une chronique sociale cinglante sur ceux qui, au mitan de leur vie, pensent savoir, qui sont sûrs d&rsquo;eux et sur ceux qui se débrouillent pour ne pas sombrer. Une manière aussi de &laquo;&nbsp;dénoncer&nbsp;&raquo; la novlangue qui s&rsquo;infiltre partout. Celle des décideurs. De ceux qui savent. Ou croient savoir.</p>
<p><a href="https://youtu.be/1n3PJKmc1SU">https://youtu.be/1n3PJKmc1SU</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 126 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Hélène débarquait donc en pleine guerre picrocholine et trouvait dans chaque organisme où elle intervenait des équipes irréconciliables et une poignée de cadres au bord de la crise de nerfs. L&rsquo;étendue des dégâts ne la surprenait guère. Cent fois déjà, elle avait pu constater les effets dévastateurs de ces refontes imposées en vertu de croyances nées la veille dans l&rsquo;esprit d&rsquo;économistes satellitaires ou dans les tréfonds de business schools au prestige indiscuté. ces catéchismes managériaux variaient d&rsquo;une année à l&rsquo;autre, suivant le gout du moment et la couleur du ciel, mais les effets sur le terrain demeuraient invariables.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 150-151 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] En somme, il faut se tenir. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais à quoi ça tient ? Certainement pas au vocabulaire. Le père de Charlotte dit merde à tout-va et signale des connards à chaque carrefour. Ni aux vêtements. Nicole bronze topless sur la plage, et toute la garde(robe du père est élimée, pleine de taches, parfois trouée et ça lui est complètement indifférent. Ça ne rélève pas non plus de plus la politesse, ni d&rsquo;une sorte de respect conventionnel que les enfants devraient aux adultes. C&rsquo;est autre chose, de plus subliminal. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Par exemple, une fois, Hélène s&rsquo;est laissée tomber un peu trop lourdement dans le canapé du salon, et elle a senti passer la réprobation pareille à un courant d&rsquo;air. Depuis, elle vit dans l&rsquo;inquiétude et s&rsquo;efforce de faire comme Charlotte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 381-382 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Enfin la voix de Sardou, et ces paroles qui faisaient semblant de parler d&rsquo;ailleurs, mais ici, chacun savait à quoi s&rsquo;en tenir. Parce que la terre, les lacs, les rivières, ça n&rsquo;était que des images, du folklore. Cette chanson n&rsquo;avait rien à voir avec l&rsquo;Irlande. Elle parlait d&rsquo;autre chose, d&rsquo;une épopée moyenne, la leur, et qui ne s&rsquo;était pas produite dans la lande ou ce genre de conneries, mais là, dans les campagnes et les pavillons, à petits pas, dans la peine des jours invariables, à l&rsquo;usine puis au bureau, désormais dans les entrepôts et les chaînes logistiques, les hôpitaux et à torcher le cul des vieux, cette vie avec ses équilibres désespérants, des lundis à n&rsquo;en plus finir et quelque fois la plage, baisser la tête et une augmentation quand ça voulait, quarante ans de boulot et plus, pour finir à biner son minuscule bout de jardin, regarder un cerisier en fleur au printemps, se savoir chez soi, et puis la grande qui passsait le dimanche en Megane, le siège bébé à l&rsquo;arrière, un enfant qui rassure tout le monde : finalement, ça valait le coup. Tout ça, on le savait d&rsquo;instinct, aux premières notes, parce qu&rsquo;on l&rsquo;avait entendue mille fois cette chanson, au transistor dans sa voiture, à la télé, grandiloquente et manifeste, qui vous prenait aux tripes et rendait fier.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong><em>Connemara, Nicolas Mathieu, Actes sud, 22€.</em></strong></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>A ceux qui surnagent&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/09/02/a-ceux-qui-surnagent/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Sep 2014 11:34:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; A l&#8217;heure de la rentrée, on évoque souvent celle de la société, du climat social. On prend la température. En général, elle n&#8217;est jamais favorable. Annonce des lendemains qui déchantent, des grèves et des contestations tous azimuts. Avec son nouveau roman, Olivier Adam poursuit son travail de décryptage des classes moyennes et basses, de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PEINE-PERDUE.jpg" rel="lightbox[2629]"><img class="alignleft  wp-image-2631 colorbox-2629" style="margin: 10px" alt="PEINE PERDUE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PEINE-PERDUE.jpg" width="404" height="614" /></a>A l&rsquo;heure de la rentrée, on évoque souvent celle de la société, du climat social. On prend la température. En général, elle n&rsquo;est jamais favorable. Annonce des lendemains qui déchantent, des grèves et des contestations tous azimuts. Avec son nouveau roman, <strong>Olivier Adam</strong> poursuit son travail de décryptage des classes moyennes et basses, de cet entre-deux qui ne s&rsquo;en sort plus. De ces hommes et ces femmes dont la paupérisation est enclenchée. La France de la débrouille.</p>
<p>Un thème récurrent pour l&rsquo;auteur dont j&rsquo;avais découvert l&rsquo;univers avec son précédent roman, <strong>&laquo;&nbsp;Les lisières&nbsp;&raquo;</strong>, terrible radioscopie d&rsquo;une France en panne. Vous retrouvez mon post <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/">ici</a>.</strong></p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Peine perdue&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Olivier Adam</strong> nous raconte une histoire à travers celles de 22 personnages. Au départ, il y a <strong>Antoine</strong>. Un trentenaire un peu perdu, un peu violent, toujours triste d&rsquo;avoir perdu sa mère, séparé de la mère de son fils <strong>Nino</strong>.  Dilettante, c&rsquo;est cependant le leader de l&rsquo;équipe de foot de cette cité balnéaire du sud de la France. Une équipe de CFA qui doit disputer les quarts de finale de la Coupe de France contre Nantes&#8230; Mais sans <strong>Antoine</strong>. Lors du précédent match, il a donné un coup de boule à l&rsquo;un de ses adversaires. Le lendemain, il est frappé de coups de batte de baseball, par deux hommes. Il est laissé pour mort devant l&rsquo;hôpital. Finira par sortir du coma alors que tout le littoral panse les plaies d&rsquo;une terrible tempête.</p>
<p><span id="more-2629"></span></p>
<p>Qui a fait le coup ? Pourquoi ? Au fil des pages, l&rsquo;histoire se dessine. Plus cruelle et abjecte qu&rsquo;on pouvait le penser. Les personnages liés de près ou de loin à <strong>Antoine</strong> font le point. Sur leur vie. Sur ce qu&rsquo;elle aurait pu être.  Il y a <strong>Marion</strong>, la mère de <strong>Nino</strong>, en ménage avec un nouveau compagnon. <strong>Paul et Hélène,</strong> retraités fatigués qui ont décidé d&rsquo;en finir en profitant de la tempête ; <strong>Léa</strong>, jeune femme perdue, en déshérence qui ne se remet pas de la mort de son petit ami drogué ; <strong>Serge</strong> ; <strong>Anouck</strong> ;  <strong>Eric</strong> ; <strong>Clémence ; </strong>le sale<strong> Perez </strong>; <strong>Louise</strong>, la soeur d&rsquo;<strong>Antoine</strong>&#8230; mais aussi<strong> Grindel</strong>, l&rsquo;inspecteur de police un peu débordé par les événements, l&rsquo;équipe de foot en partance pour le stade de la Beaujoire et <strong>Jeff</strong>, le meilleur ami d&rsquo;Antoine qui ne dit pas toute la vérité. Loin de là.</p>
<p>Un tableau assez sombre et déprimant d&rsquo;une population qui tente de garder la tête hors de l&rsquo;eau.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 55-56 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Et quand Nino se met à lui raconter ses histoires de gosse, un de ses rêves, ou ce qu&rsquo;il a fait avec un de ses copains ou ce qu&rsquo;il a mangé à la cantine, il ne parvient jamais à fixer son esprit, à s&rsquo;y intéresser vraiment. C&rsquo;est plus fort que lui. Il n&rsquo;y peut rien. Parfois il se dit que ça sera différent quand il s&rsquo;agira de son gosse à lui. Même s&rsquo;il n&rsquo;est pas certain d&rsquo;en avoir un un jour. En tout cas avec Marion. Bien sûr elle le rend dingue, mais il n&rsquo;est pas certain que ce soit réciproque. Ou si ça l&rsquo;est l&rsquo;intensité n&rsquo;est pas la même. Elle lui répond toujours qu&rsquo;il ne devrait pas se poser ce genre de question, qu&rsquo;elle est bien avec lui, qu&rsquo;il est solide et responsable, qu&rsquo;elle se sent protégée, que c&rsquo;est ça dont elle a besoin. Si quelqu&rsquo;un sait ce que ça a à voir avec l&rsquo;amour qu&rsquo;il vienne l&rsquo;éclairer parce que pour lui on en est à des millions de kilomètres. Souvent il se dit qu&rsquo;à ses côtés elle se repose, elle récupère. Et qu&rsquo;un jour elle repartira au feu. Il ne peut pas s&rsquo;empêcher de penser que pour elle il est juste une parenthèse. Et qu&rsquo;il faudra bien qu&rsquo;il s&rsquo;en contente.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 78-79 : </strong><em>&laquo;&nbsp;A l&rsquo;école, ils étaient tous à la ramasse mais personne n&rsquo;avait l&rsquo;air d&rsquo;y voir un problème. Ni eux ni les parents. Qui y étaient à peine allés et pensaient qu&rsquo;on avait besoin de ça pour s&rsquo;en sortir, considéraient tout ce qui suivait le lycée d&rsquo;un mauvais oeil. Un truc pour les autres. Quels autres ? Même les profs semblaient trouver ça inévitable. Les notes pourries. Les orientations à la con. Si elle réfléchit bien elle ne connaît personne de ce temps-là qui ait même songé un jour à être un bon élève, à faire des études, à quitter le coin pour Paris ou ailleurs. Un bon salaire, un job haut de gamme, une autre vie. A part Antoine à cause du foot. Tout le monde y croyait. Tout le monde pensait qu&rsquo;il deviendrait le prochain Zidane. Mais il faut croire que tout le monde se faisait des idées. Parce que aucun club ne l&rsquo;a jamais approché. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 261 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Quant à son frère il ne fallait pas compter sur lui pour prendre la relève et accomplir le vieux rêve paternel. Le sport ce n&rsquo;est pas son genre. Il a pris ça en grippe très tôt. Une sorte de rejet. Mais ça se comprend au fond, quand tu grandis dans une famille où il n&rsquo;y a que ça qui compte. Soit tu y adhères, soit tu le vomis. Lui il était plutôt dans les bouquins. Il est prof aujourd&rsquo;hui. Et ni Florian ni les parents ne l&rsquo;ont vu depuis des années. Il ne sait même pas comment ça a démarré. Personne ne se souvient des motifs de la brouille. De l&rsquo;engueulade définitive. Sûrement une conversation politique qui a mal tourné. Parce que faut l&rsquo;avouer, le père, il est comme tous les vieux d&rsquo;ici. Toujours à râler sur les Arabes. Et l&rsquo;Etat. Et les impôts. Et les politiques en général. Le vrai facho de comptoir basique comme on en ramasse à la pelle.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Ils auront beau essayer, tenter des changements, il est des destins qui ne se transforment pas sous l&rsquo;impulsion d&rsquo;une baguette de fée. C&rsquo;est peine perdue ! Olivier Adam a le talent pour faire parler ces oubliés, ces laissés-pour-compte. Le procédé des chapitres par personnages a fini par me lasser (un peu). La fin du roman offre un rebondissement qui, malheureusement, ne permet pas d&rsquo;espérer d&rsquo;éclaircies avant un bon moment dans ce ciel chahuté. Même au bord de la Méditerranée.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Peine perdue&nbsp;&raquo;, Olivier Adam, Flammarion, 21,50€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Olivier Adam ou l&#8217;art d&#8217;ausculter à la périphérie</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Nov 2012 06:50:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Olivier Adam aura été le grand perdant des prix littéraires de cette année 2012 ! Annoncé dans la première sélection pour le prix Goncourt puis dans  plusieurs autres &#171;&#160;short-lists&#160;&#187;, il n&#8217;a finalement rien gagné. Qu&#8217;importe. L&#8217;auteur remporte les suffrages du public dans les librairies avec son dixième roman,  &#171;&#160;Les Lisières&#160;&#187;. Un long roman au fil [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong> Olivier Adam</strong> aura été le grand perdant des prix littéraires de cette année 2012 ! Annoncé dans la première sélection pour le prix Goncourt puis dans  plusieurs autres &laquo;&nbsp;short-lists&nbsp;&raquo;, il n&rsquo;a finalement rien gagné. Qu&rsquo;importe. L&rsquo;auteur remporte les suffrages du public dans les librairies avec son dixième roman,  <strong>&laquo;&nbsp;Les Lisières&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Un long roman au fil duquel une question se pose :<strong> Que devient-on pour le monde dont on est issu quand on le quitte ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM2.jpg" rel="lightbox[1340]" title="OLIVIER ADAM"><img class="alignleft  wp-image-1348 colorbox-1340" style="margin: 10px;" title="OLIVIER ADAM" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OLIVIER-ADAM2-300x133.jpg" alt="" width="240" height="106" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Olivier Adam</strong> a 38 ans. Il a grandi en région parisienne et vit actuellement en Bretagne, à Saint-Malo.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Son premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Je vais bien, ne t&rsquo;en fais pas&nbsp;&raquo;</strong> a été adapté pour le cinéma par<strong> Philippe Lioret</strong> (pour qui il a également signé le scénario de <strong>&laquo;&nbsp;Welcome&nbsp;&raquo;</strong>), tout comme <strong>&laquo;&nbsp;Poids léger&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Des vents contraires&nbsp;&raquo;</strong> (adapté par <strong>Jalil Lespert</strong>).  <strong></strong></p>
<p><strong>Olivier Adam</strong> est également l&rsquo;auteur de<strong> &laquo;&nbsp;Passer l&rsquo;hiver&nbsp;&raquo;</strong> (Goncourt de la nouvelle en 2004), <strong>&laquo;&nbsp;A l&rsquo;abri de rien&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Des vents contraires&nbsp;&raquo;</strong> et plus récemment <strong>&laquo;&nbsp;Le Coeur régulier&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p><span id="more-1340"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LISIERES.jpg" rel="lightbox[1340]" title="LISIERES"><img class="alignleft  wp-image-1350 colorbox-1340" style="margin: 10px;" title="LISIERES" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LISIERES-197x300.jpg" alt="" width="118" height="180" /></a> Dans ce nouveau roman, Olivier Adam nous parle d&rsquo;un autre lui. Un écrivain, <strong>Paul Steiner</strong>. Il a quitté sa banlieue, puis Paris avant de s&rsquo;installer à Saint-Malo. Là, il écrit, mais essaye surtout de se battre contre ses démons. Contre la Maladie, un mélange de folie et de dépression.</p>
<p><strong>Sarah</strong>, sa femme, l&rsquo;a quitté. Il a deux enfants, <strong>Manon et Clément</strong>. Entre névroses et alcool, il doit se rendre à V. , la ville où vivent toujours ses parents, en grande banlieue parisienne. La santé de sa mère vacille.</p>
<p>Pendant l&rsquo; hospitalisation de cette dernière, il passe une semaine avec son père. Vingt ans qu&rsquo;il n&rsquo;a pas passé un peu de temps là où il a grandi. De quoi plonger dans les souvenirs. De quoi marcher dans les pas d&rsquo;autrefois. Un peu contraint et forcé. Il retrouve d&rsquo;anciens camarades de lycée. Se plonge dans leurs quotidiens. Lui, a tout fait pour quitter cet univers qu&rsquo;il a toujours considéré comme étriqué.</p>
<p>Alors <strong>Paul Steiner</strong> nous parle. Beaucoup. Il raconte son histoire mais aussi celle des classes moyennes françaises. Celles qui vivent souvent à la périphérie, à la lisière des choses. Que ce soit géographiquement ou socialement. Ses parents se sont battus, en s&rsquo;oubliant eux-mêmes pour l&rsquo;avenir des deux frères. L&rsquo;aîné est vétérinaire, le second, écrivain. Ils ont réussi. Ont quitté cette banlieue et leur vie d&rsquo;avant.</p>
<p>Comme <strong>Annie Ernaux – </strong>auteure chérie par Quatrième de Couv – <strong>Olivier Adam</strong> connait ces <strong>sentiments paradoxaux</strong> entre la <strong>fidelité à son milieu d&rsquo;origine</strong> et le fait de s&rsquo;en être extrait, de l&rsquo;avoir voulu de toutes ses forces, mais de <strong>ne pas se sentir non plus à sa place dans un autre milieu</strong> qui pourtant, vous accueille de bon coeur. Pas simple, donc !</p>
<p><strong>Il s&rsquo;en explique dans l&rsquo;émission La Grande librairie, ici avec François Busnel.</strong></p>
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=Irtv_Vmx0qw">http://www.youtube.com/watch?v=Irtv_Vmx0qw</a>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 35 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Depuis combien de temps n&rsquo;avais-je pas passé plus de trois ou quatre heures là-bas ? Quand nous venions, une fois par an, nous déjeunions puis laissions les enfants pour filer vers Paris rejoindre les amis que nous avions abandonnés en nous installant en Bretagne. Ou bien j&rsquo;avais mille rendez-vous, éditeurs, journalistes, réalisateurs de cinéma. [&#8230;] Sitôt un pied dans la maison j&rsquo;étouffais, je cherchais le moindre prétexte pour sortir. J&rsquo;avais l&rsquo;impression confuse que le passé allait me sauter la gorge, me mettre les menottes et m&rsquo;enfermer là pour toujours.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 325</strong> : <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il martelait que mes livres lui avaient fait du mal, beaucoup de mal. Non pas parce que j&rsquo;en étais l&rsquo;auteur mais du fait même de leur contenu. Mes livres et ceux de mes confrères n&rsquo;aidaient nullement les gens, au contraire, ils enfonçaient les plus fragiles, les plus inaptes, ils les confortaient dans leurs humeurs les plus noires, leur maintenaient la tête sous l&rsquo;eau, dans l&rsquo;étang poisseux de la dépression, la vase verdâtre de la mélancolie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 349</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Mon père ne m&rsquo;avait jamais aimé. Voilà ce qui me sautait soudain au visage, et cette révélation avait la force de l&rsquo;évidence, la texture inquestionnable d&rsquo;une lapalissade. Mon père ne m&rsquo;a jamais aimé. Voilà ce que j&rsquo;aurais dû dire à ce psy d&rsquo;opérette, pensais-je, avant de lui parler des bordures géographiques et sociales, et sans doute étaient-ce les mêmes, où j&rsquo;avais grandi. Mon père ne m&rsquo;a jamais aimé. Et j&rsquo;ai perdu mon frère au moment de naître au monde. Tout est là. Voilà à quoi je pensais en faisant de nouveau le trajet qui devait me mener des finistères où je vivais aux banlieues où j&rsquo;avais grandi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="color: #0000ff; text-decoration: underline;">Mon avis</span></strong></span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Tourments et désenchantements. Deux mots qui résument assez bien ce volumineux roman. Ceux d&rsquo;une génération, d&rsquo;une classe sociale qui croyait pouvoir faire mieux ou qui en a rêvé avant de se fondre dans le moule. Olivier Adam va au bout des choses quitte à faire mal à ceux qu&rsquo;il aime. Qu&rsquo;importe. Lui-même ne s&rsquo;est pas ménagé dans ce roman.  Il plonge le lecteur dans ses souvenirs, dans son présent. Les longueurs, les redites sont nombreuses – pour tout vous dire, je trouve ce roman un peu trop bavard à mon goût ( longueurs et redites) – mais le fond est riche et nous oblige à regarder ce que nous sommes devenus. Malgré nos contradictions. Bien vu !</span></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>Olivier Adam, &laquo;&nbsp;Les Lisières&nbsp;&raquo;, Flammarion, 21 euros.</strong></em></p>
</blockquote>
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