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	<title>Quatrième de couv &#187; choix</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Une vérité avant de s&#8217;en aller&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2023 07:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; L&#8217;écrivain américain Russell Banks est décédé le 7 janvier à l&#8217;âge de 82 ans. L&#8217;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&#8217;a cessé de dépeindre l&#8217;Amérique des marges et de la middle-class désabusée. Russell Banks était lui-même issu d&#8217;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père. S&#8217;inspirant davantage de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" rel="lightbox[6229]"><img class="alignleft size-full wp-image-6232 colorbox-6229" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" alt="OH CANADA" width="617" height="1021" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;écrivain américain <strong>Russell Banks</strong> est décédé le 7 janvier à l&rsquo;âge de 82 ans.</p>
<p>L&rsquo;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&rsquo;a cessé de dépeindre l&rsquo;Amérique des marges et de la middle-class désabusée.</p>
<p><strong>Russell Banks</strong> était lui-même issu d&rsquo;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père.</p>
<p>S&rsquo;inspirant davantage de la langue parlée que de la langue écrite, il s&rsquo;est approché au plus près des marginaux. Et raconter les dysfonctionnements de la société américaine.</p>
<p>En quelque 50 ans, <strong>Russell Banks</strong> a écrit une vingtaine de livres. Certains d&rsquo;entre eux m&rsquo;ont accompagnée (<em>Affliction, De beaux lendemains, Histoire de réussir,  Sous le règne de Bone, Trailerpark, American darling, La réserve, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/">Un membre permanent de la famille</a></em>&#8230;)</p>
<p>Son dernier roman, <strong><em>Oh, Canada</em></strong> a été publié à la rentrée littéraire de septembre 2022. Un livre testamentaire à y regarder de plus près.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Au seuil de la mort, <strong>Leonard Fife</strong>, célèbre documentariste, accepte une interview filmée que veut réaliser l’un de ses disciples, <strong>Malcolm</strong>. <strong>Fife</strong> a exigé le noir complet sur le plateau ainsi que la présence constante de sa femme, <strong>Emma</strong>, pour écouter ce qu’il a à dire, loin des attentes de <strong>Malcolm</strong>.</p>
<p>Après une vie de mensonges, <strong>Fife</strong> entend lever le voile sur ses secrets mais, sous l’effet de l’aggravation rapide de son état, sa confession ne ressemble pas à ce que lui-même avait prévu.</p>
<p>Puissant, écorché, bouleversant, ce roman testamentaire sur les formes mouvantes de la mémoire pose la question de ce qui subsiste – de soi, des autres – lorsqu’on a passé sa vie à se dérober.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman de plus de 300 pages qui retrace des décennies d&rsquo;un parcours personnel, plongé notamment dans le contexte de la guerre du Vietnam.</p>
<p><span id="more-6229"></span></p>
<p style="text-align: left">Un roman dense et puissant. Un regard sans complaisance sur la vie d&rsquo;un homme qui oscille entre souvenirs et vérité arrangée. Jusqu&rsquo;où peut-on dire la vérité ? Et à qui ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 21 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pendant quelques secondes, tout le monde se tait, dans l&rsquo;attente de la première question de Malcolm. Mais brusquement Fife déclare qu&rsquo;il va répondre à une question que personne ne sait poser aujourd&rsquo;hui. Ou que personne n&rsquo;est assez grossier pour poser. On la lui a souvent posée autrefois, au fil des ans, aussi bien en privé qu&rsquo;en public, et on suppose qu&rsquo;il y a répondu complètement et sincèrement maintes fois, et que, par conséquent, y revenir serait soit stupide, soit insultant. Et la lui poser en cette occasion particulière paraîtrait également stupide ou insultant, voire les deux, alors qu&rsquo;en fait elle n&rsquo;est ni l&rsquo;une, ni l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La question, dit-il, est tout simplement : pourquoi, au printemps 1968, as-tu décidé de quitter les Etats-Unis et d&rsquo;émigrer au Canada ? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il dit : Ca vous paraîtra de la fiction, comme si j&rsquo;inventais presque tout, mais ça ne me dérange pas. Je me fous de ce que vous ferez avec mon histoire une fois que j&rsquo;aurai fini de la raconter. Je serai mort. Vous pouvez la couper et la raccorder comme ça vous chante, lui donner la forme qui vous plaira et plaira à ceux qui vous payent pour faire ce film. Mais quoi que vous fassiez de mon histoire une fois que je l&rsquo;aurai racontée, vous m&rsquo;aurez vu et entendu dire à ma femme avec quel genre d&rsquo;homme elle s&rsquo;est mariée, avec qui elle a vécu et travaillé toutes ces années. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 275 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle baisse la voix d&rsquo;un cran, car elle suppose qu&rsquo;à cause de son audition affaiblie Fife ne pourra pas tout à fait l&rsquo;entendre. En grande majorité, c&rsquo;est quand même de la confabulation, dit-elle à Diana et à Malcolm. Son psychiatre lui a conseillé de ne pas confondre Fife avec ce qu&rsquo;on appelle la réalité. Acceptez ce qu&rsquo;il appelle réalité parce que c&rsquo;est ce qui est réel pour lui, et il pourrait être terrifié et furieux si elle remettait ça en question. Par exemple, cette petite fille qu&rsquo;il aurait abandonnée à Boston ? C&rsquo;était son bébé à elle, dit-elle. Le bébé d&rsquo;Emma, pas de Fife. Et ça s&rsquo;est passé à Montréal. La fausse couche tardive, c&rsquo;était aussi celle d&rsquo;Emma. Pas celle d&rsquo;on ne sait quelle autre épouse. En plus, il y avait deux gosses, pas un. C&rsquo;est Emma qui les a abandonnés. Et elle n&rsquo;en a jamais fait un secret. Tous ceux qui connaissent Emma et Fife sont au courant de cette histoire depuis des années.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Oh, Canada, Russell Banks, Actes sud, 23€ (traduction de Pierre Furlan)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Changer de braquet et se rencontrer soi-même</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/10/28/changer-de-braquet-et-se-rencontrer-soi-meme/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Oct 2022 06:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Cassius]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été/automne 2022 Quelle claque ! Je n&#8217;avais pas lu Fief qui a valu, à David Lopez d&#8217;obtenir le prix du Livre Inter. C&#8217;était son premier roman. Autant dire que le second, Vivance, était particulièrement attendu. Alors J&#8217;y suis entrée. Vite. Et je ne l&#8217;ai plus lâché. Impossible d&#8217;abandonner le narrateur, dont on ne connait ni le nom, ni [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff"><strong>Rentrée littéraire été/automne 2022</strong></span></p>
<p><b><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIVANCE.jpg" rel="lightbox[6108]"><img class="alignleft size-full wp-image-6110 colorbox-6108" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIVANCE.jpg" alt="VIVANCE" width="409" height="600" /></a></b></p>
<p>Quelle claque ! Je n&rsquo;avais pas lu <em><strong>Fief</strong> </em>qui a valu, à <strong>David Lopez</strong> d&rsquo;obtenir le prix du Livre Inter. C&rsquo;était son premier roman. Autant dire que le second, <strong><em>Vivance</em></strong>, était particulièrement attendu. Alors J&rsquo;y suis entrée. Vite. Et je ne l&rsquo;ai plus lâché.</p>
<p>Impossible d&rsquo;abandonner le narrateur, dont on ne connait ni le nom, ni l&rsquo;âge exact, ni le parcours de vie dans les détails. Il est séparé, ne travaille pas ou plus. Aime les chats et plus particulièrement celui qui partage son maison, <strong>Cassius</strong>. Il a un vélo qui a aussi un p&rsquo;tit nom, <strong>Séville</strong>. Un vélo qu&rsquo;il va enfourcher. Et partir. D&rsquo;abord pour retrouver <strong>Cassius</strong> qui a pris la fuite après les inondations.</p>
<p>Des semaines, des mois ? Sans autre boussole que celle de ces envies et des rencontres qu&rsquo;il fait, il arpente un territoire &#8211; montagneux &#8211; dont on saura jamais le nom. Une échappée solitaire au milieu de gens paumés.</p>
<p>Au fil de son parcours, des rencontres dans la France des marges. Des hommes et des femmes : <strong>Denis</strong>, <strong>Noël</strong>, <strong>Maurice</strong>, <strong>Francine</strong>&#8230; Le narrateur leur parle, il les accompagne, il les fuit. Il les aime. Il s&rsquo;allège aussi. Au propre comme au figuré. Il souffre aussi. Physiquement. Psychiquement. Et finira par rentrer. Plus riche. Plus affûté que jamais.</p>
<p>Plus vivant que jamais ? Le titre de ce roman extrêmement bien écrit, reprend une notion psychologique. La vivance ( le mot vivance vient du néologisme du mot espagnol <em>vivencia)</em> est une notion présente à notre esprit lors de toute séance de sophrologie et lors de chacune de ses étapes. Le principe est celui de la rencontre du corps et de la psyché à l’intérieur de la conscience. Cette rencontre, qui se produit en niveau sophronique, apporte un ou des changements parfois intimes et profonds.)</p>
<p>A 32 ans, <strong>David Lopez</strong>, issu du master de Création littéraire de l&rsquo;université Paris 8, signe là un deuxième roman percutant. Rempli de petits riens et d&rsquo;un grand tout.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6108"></span></p>
<p><strong>David Lopez était l&rsquo;invité de Rebecca Manzoni, en septembre, sur France Inter. L&rsquo;émission est à découvrir ici : </strong></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/totemic/totemic-du-mardi-13-septembre-2022-7226880">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/totemic/totemic-du-mardi-13-septembre-2022-7226880</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 111 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Dehors la chaleur est écrasante, le soleil a atteint son zénith. La maison de Noël, en vieilles pierres, garde la fraîcheur, on y est bien. Il s&rsquo;est isolé dans sa chambre, de la dépendance où je nettoie Séville j&rsquo;entends sa télévision. Sans pouvoir distinguer les pots je crois reconnaître les ambiances sonores des documentaires animaliers de mon enfance, en particulier la voix du narrateur, son rythme, sa lenteur. Sa contemplation. C&rsquo;est à peine si on s&rsquo;est parlé depuis l&rsquo;arbalète. J&rsquo;ai annoncé que cette journée de repos était aussi l&rsquo;occasion de me réorganiser, m&rsquo;occuper de mon corps, de ma monture et de mon paquetage, alors j&rsquo;ai échafaudé un plan en trois axes à base d&rsquo;étirements des jambes, de nettoyage de la chaîne et de rangements des sacoches. Noël n&rsquo;a plus été très loquace après ça. Je crois qu&rsquo;il regrette d&rsquo;être allé si loin dans ses confessions. Depuis que je suis sur ce vélo les autres me parlent tous de leurs désirs inassouvis. Ils sont beaucoup à se construire un horizon, pas si lointain, qu&rsquo;ils parent d&rsquo;une aura d&rsquo;impossibilité, comme pour pouvoir le garder en réserve, sous le coude, un possible, un recours, une promesse. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 188 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Marcher dans ce genre de petite ville inconnue me rappelle mes escapades avec Renata. Comme on prenait les routes départementales on aimait beaucoup s&rsquo;arrêter dans les communes, investir des lieux que seuls fréquentent leurs habitués. On dépareillait dans le décor, la sensation de nouveauté était mutuelle. Avec Renata on s&rsquo;est beaucoup aimés. On s&rsquo;est détestés aussi, mais moins, raison pour laquelle ça a un peu duré. Elle n&rsquo;était pas d&rsquo;une beauté évidente, de celle qu&rsquo;on identifie en photo, ces beautés figées relatives aux traits, à l&rsquo;harmonie supposée conforme.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 200 :</strong><em>&laquo;&nbsp;En vagabondant je me rends disponible à ce que les choses arrivent. Et là où beaucoup s&rsquo;imaginent que ces choses abondent, beaucoup se trompent. Il n&rsquo;arrive généralement rien. Je roule je roule je roule, les lignes blanches défilent, et les filles me klaxonnent sans s&rsquo;arrêter. Je suis trop occupé pour m&rsquo;échapper du réel. Il est trop dans mon corps pour que je puisse faire semblant de l&rsquo;ignorer. Cette fille, à la terrasse, cette fille ensoleillée, c&rsquo;est parce que mes pieds touchent terre que j&rsquo;en suis curieux. Le sol me ramène au monde, le monde à la vie, la vie à mon corps, et mon corps à mon plus simple appareil.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Vivance, David Lopez, Seuil, 19,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dire non à une vie &#171;&#160;lamentable&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/05/24/dire-non-a-une-vie-lamentable/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/05/24/dire-non-a-une-vie-lamentable/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 May 2022 13:03:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
		<category><![CDATA[Constance Debré]]></category>
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		<description><![CDATA[Radicale. Quitte à en faire trop. Constance Debré a décidé, il y a plusieurs années déjà, de se délester. De tout. De son mari, de son fils, de son parcours scolaire brillant, de son métier d&#8217;avocate, de sa sexualité d&#8217;hétéro aussi. Elle a décidé de vivre avec peu, voire rien. D&#8217;écrire, d&#8217;aimer et de nager. Tous les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/NOM.jpg" rel="lightbox[6019]"><img class="alignleft size-full wp-image-6003 colorbox-6019" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/NOM.jpg" alt="NOM" width="195" height="304" /></a></p>
<p style="text-align: left">Radicale. Quitte à en faire trop. <strong>Constance Debré</strong> a décidé, il y a plusieurs années déjà, de se délester. De tout. De son mari, de son fils, de son parcours scolaire brillant, de son métier d&rsquo;avocate, de sa sexualité d&rsquo;hétéro aussi. Elle a décidé de vivre avec peu, voire rien. D&rsquo;écrire, d&rsquo;aimer et de nager. Tous les jours.</p>
<p style="text-align: left">Je l&rsquo;avais découverte pendant le premier confinement, dans la lumière printanière d&rsquo;un jardin familier. J&rsquo;avais plongé dans <strong><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/05/18/lamour-et-lecriture-au-plus-pres-des-choses/">Love me tender</a></em></strong> avec délice, sa première autofiction. Enthousiasmée par tant de force dans le propos et d&rsquo;application dans les faits. Alors j&rsquo;avais également lu <strong><em>Play boy</em></strong>. Pour comprendre. Pour tenter de suivre les choix radicaux de cette femme que l&rsquo;on découvre désormais le crâne rasé, la silhouette longiligne et masculine.</p>
<p style="text-align: left">Dans la droite ligne de ses écrits précédents, <strong>Constance Debré</strong> persiste et signe. Cette fois, elle s&rsquo;attaque à son nom. Et dit non. Facile ? Sur le papier, oui. Elle, elle le vit. S&rsquo;accommode d&rsquo;un patronyme qui a donné tant de ministres, d&rsquo;élus et de mandarins. Elle, c&rsquo;est la fille de celui qui n&rsquo;a pas suivi le modèle familial. Qui a cherché à s&rsquo;en éloigner au plus loin. Journaliste, documentariste, il s&rsquo;est perdu dans les drogues. Comme sa femme d&rsquo;ailleurs. Mannequin, elle mourra quand <strong>Constance</strong> est adolescente.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-6019"></span></p>
<p style="text-align: left"><strong>Constance Debré</strong> s&rsquo;est construite. Contre. Autrement. Avant de tout faire exploser, par souci de vérité.  Un ton péremptoire ? Peut-être. Mais c&rsquo;est aussi sa marque de fabrique et une obligation morale désormais. Les phrases sont sèches, à l&rsquo;os. Un régal de lecture. Au-delà de l&rsquo;exercice de style.</p>
<p style="text-align: left">La quatrième de couverture de <strong><em>Nom</em></strong> se veut un plaidoyer. Implacable. <em>« J’ai un programme politique. Je suis pour la suppression de l’héritage, de l’obligation alimentaire entre ascendants et descendants, je suis pour la suppression de l’autorité parentale, je suis pour l’abolition du mariage, je suis pour que les enfants soient éloignés de leurs parents au plus <span class="details">jeune âge, je suis pour l’abolition de la filiation, je suis pour l’abolition du nom de famille, je suis contre la tutelle, la minorité, je suis contre le patrimoine, je suis contre le domicile, la nationalité, je suis pour la suppression de l’état civil, je suis pour la suppression de la famille, je suis pour la suppression de l’enfance aussi si on peut. »</span></em></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 23 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai un corps. Il a fallu des années. Ce n&rsquo;est pas une idée, ce n&rsquo;est pas un discours, c&rsquo;est un fait vérifiable dans la glace. Mon corps est apparu quand je suis devenue écrivain, quand je suis devenue homosexuelle, quand je me suis débarrassée de beaucoup de choses et que j&rsquo;ai perdu le reste. Concrètement, dans mes muscles et mes tendons, dans mon visage et les os de mon crâne. Ce n&rsquo;est pas mon nom, c&rsquo;est mon corps qui m&rsquo;intéresse. Il faut être très concentré, très sérieux quand on vit comme ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 92  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Un port commercial de seconde zone près de Perpignan. Les cargos sous les fenêtres, le bruit des grues, le déchargement des conteneurs la nuit. Dans le salon il y a une affiche I want to believe avec une soucoupe volante. Des gens comme moi le confinement ça les arrange, des gens comme moi ils ne le remarquent même pas ou bien ça les amuse, ça fait des occasions d&rsquo;aventure. Les gens comme moi aiment les catastrophes légères pour l&rsquo;ambiance philosophique que ça donne au monde. J&rsquo;ai dit oui à cette fille que j&rsquo;ai vue deux fois, une après-midi à Saint-Etienne et une nuit à Paris, j&rsquo;ai mis l&rsquo;ordinateur dans un sac un jean et deux tee-shirts et j&rsquo;ai quitté ma chambre du quatorzième. J&rsquo;essaye, j&rsquo;essaye toujours, je suis un chevalier de la foi et chaque fois j&rsquo;y crois.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 107 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;ai un programme politique. Je suis pour la suppression de l&rsquo;héritage, de l&rsquo;obligation alimentaire entre ascendants et descendants, je suis pour la suppression de l&rsquo;autorité parentale, je suis pour l&rsquo;abolition du mariage, je suis pour que les enfants soient éloignés de leurs parents au plus jeune âge, je suis pour l&rsquo;abolition du nom de famille, je suis contre la tutelle, la minorité, je suis contre le patrimoine, je suis contre le domicile, la nationalité, je suis pour la suppression de l&rsquo;état civil, je suis pour la suppression de la famille, je suis pour la suppression de l&rsquo;enfance aussi si on peut.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Nom, Constance Debré, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au mitan de sa vie, le poids des choix</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/05/09/connemara/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/05/09/connemara/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 09 May 2022 06:59:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Nicolas Mathieu est de retour ! Autant vous dire que Connemara était attendu. Par tous ceux qui avaient aimé Leurs enfants après eux (dont j&#8217;avais parlé ici ), par les libraires aussi, sûrs de voir entrer des lecteurs en attente&#8230; et par moi. L&#8217;auteur quadragénaire sait mieux que d&#8217;autres dépeindre les classes moyennes, qu&#8217;elles vivent dans l&#8217;Est de la France ou [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #ff6600"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/metadatametadatageneralwebwebtitle_8.jpg" rel="lightbox[5967]"><img class="alignleft size-full wp-image-5969 colorbox-5967" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/metadatametadatageneralwebwebtitle_8.jpg" alt="metadatametadatageneralwebwebtitle_8" width="618" height="1024" /></a></span></strong></p>
<p><strong>Nicolas Mathieu</strong> est de retour ! Autant vous dire que <em><strong>Connemara</strong></em> était attendu. Par tous ceux qui avaient aimé <strong><em>Leurs enfants après eux </em></strong>(dont j&rsquo;avais parlé<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/14/dans-la-france-de-lentre-deux/">ici</a> </strong>), par les libraires aussi, sûrs de voir entrer des lecteurs en attente&#8230; et par moi. L&rsquo;auteur quadragénaire sait mieux que d&rsquo;autres dépeindre les classes moyennes, qu&rsquo;elles vivent dans l&rsquo;Est de la France ou ailleurs.</p>
<p>Il nous parle de déterminisme social, de malaise existentiel à travers les portraits croisés d&rsquo;<strong>Hélène</strong> et de <strong>Christophe</strong>. La première, fille unique, a tout fait pour s&rsquo;extraire de la situation sociale de ces parents.</p>
<p>Partie à Paris où elle devient consultante, elle regagne sa région natale avec compagnon et enfants après un burn-out violent. Là, entre maison d&rsquo;architecte, réflexes bourgeois, vie intime en berne et compétition au travail, elle cherche sa place. Croit la trouver dans les bras de <strong>Christophe,</strong> qui lui, n&rsquo;a pas quitté Cournécourt, cette petite ville fictive située à côté d&rsquo;Epinal. Ils se connaissent depuis le lycée. Lui n&rsquo;est pas parti. Et n&rsquo;a pas cherché à le faire. Papa d&rsquo;un petit garçon, il est séparé de la mère de celui-ci. Et se partage entre son travail de commercial, son père de moins en moins autonome, ses copains de toujours, et sa carrière de joueur de hockey sur glace. L&rsquo;ancienne gloire locale a tenté un come-back.<strong> Hélène</strong> et <strong>Christophe</strong> se retrouvent, deviennent amants. L&rsquo;occasion pour l&rsquo;une et l&rsquo;autre de changer de vie ?</p>
<p>L&rsquo;occasion pour <strong>Nicolas Mathieu</strong> d&rsquo;observer, de disséquer comme l&rsquo;enragé des détails qu&rsquo;il est toujours. De l&rsquo;enfance à l&rsquo;âge adulte, les séquences s&rsquo;intercalent, se succèdent. Pour mieux saisir l&rsquo;évolution et/ou les blocages.</p>
<p>Doit-on partir pour réussir ou le faire croire ? Peut-on naître, vivre et mourir au même endroit sans le vivre comme un échec social ? Autant de questions posées par cet épais roman. <strong>Hélène</strong> a choisi d&rsquo;être transfuge de classe, de s&rsquo;imposer. <strong>Christophe</strong> s&rsquo;en est bien gardé. Ont-ils, au final, réussi leur vie ?</p>
<p>Au fil des pages, le lecteur explore l&rsquo;intime et le politique de notre époque contemporaine. Une chronique sociale cinglante sur ceux qui, au mitan de leur vie, pensent savoir, qui sont sûrs d&rsquo;eux et sur ceux qui se débrouillent pour ne pas sombrer. Une manière aussi de &laquo;&nbsp;dénoncer&nbsp;&raquo; la novlangue qui s&rsquo;infiltre partout. Celle des décideurs. De ceux qui savent. Ou croient savoir.</p>
<p><a href="https://youtu.be/1n3PJKmc1SU">https://youtu.be/1n3PJKmc1SU</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 126 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Hélène débarquait donc en pleine guerre picrocholine et trouvait dans chaque organisme où elle intervenait des équipes irréconciliables et une poignée de cadres au bord de la crise de nerfs. L&rsquo;étendue des dégâts ne la surprenait guère. Cent fois déjà, elle avait pu constater les effets dévastateurs de ces refontes imposées en vertu de croyances nées la veille dans l&rsquo;esprit d&rsquo;économistes satellitaires ou dans les tréfonds de business schools au prestige indiscuté. ces catéchismes managériaux variaient d&rsquo;une année à l&rsquo;autre, suivant le gout du moment et la couleur du ciel, mais les effets sur le terrain demeuraient invariables.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 150-151 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] En somme, il faut se tenir. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais à quoi ça tient ? Certainement pas au vocabulaire. Le père de Charlotte dit merde à tout-va et signale des connards à chaque carrefour. Ni aux vêtements. Nicole bronze topless sur la plage, et toute la garde(robe du père est élimée, pleine de taches, parfois trouée et ça lui est complètement indifférent. Ça ne rélève pas non plus de plus la politesse, ni d&rsquo;une sorte de respect conventionnel que les enfants devraient aux adultes. C&rsquo;est autre chose, de plus subliminal. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Par exemple, une fois, Hélène s&rsquo;est laissée tomber un peu trop lourdement dans le canapé du salon, et elle a senti passer la réprobation pareille à un courant d&rsquo;air. Depuis, elle vit dans l&rsquo;inquiétude et s&rsquo;efforce de faire comme Charlotte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 381-382 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Enfin la voix de Sardou, et ces paroles qui faisaient semblant de parler d&rsquo;ailleurs, mais ici, chacun savait à quoi s&rsquo;en tenir. Parce que la terre, les lacs, les rivières, ça n&rsquo;était que des images, du folklore. Cette chanson n&rsquo;avait rien à voir avec l&rsquo;Irlande. Elle parlait d&rsquo;autre chose, d&rsquo;une épopée moyenne, la leur, et qui ne s&rsquo;était pas produite dans la lande ou ce genre de conneries, mais là, dans les campagnes et les pavillons, à petits pas, dans la peine des jours invariables, à l&rsquo;usine puis au bureau, désormais dans les entrepôts et les chaînes logistiques, les hôpitaux et à torcher le cul des vieux, cette vie avec ses équilibres désespérants, des lundis à n&rsquo;en plus finir et quelque fois la plage, baisser la tête et une augmentation quand ça voulait, quarante ans de boulot et plus, pour finir à biner son minuscule bout de jardin, regarder un cerisier en fleur au printemps, se savoir chez soi, et puis la grande qui passsait le dimanche en Megane, le siège bébé à l&rsquo;arrière, un enfant qui rassure tout le monde : finalement, ça valait le coup. Tout ça, on le savait d&rsquo;instinct, aux premières notes, parce qu&rsquo;on l&rsquo;avait entendue mille fois cette chanson, au transistor dans sa voiture, à la télé, grandiloquente et manifeste, qui vous prenait aux tripes et rendait fier.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong><em>Connemara, Nicolas Mathieu, Actes sud, 22€.</em></strong></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Le temps d&#8217;un hiver, prendre de la hauteur</title>
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		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/04/13/le-temps-dun-hiver-prendre-de-la-hauteur/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2022 11:44:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[quête de sens]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman, oui. Encore ! Celui-ci est atypique par le sujet adopté et la mise en scène choisie par la jeune auteure Anouk Lejczyk.  A 31 ans, celle-ci a suivi des études de lettres et les beaux-arts puis a réalisé deux docmentaires : l&#8217;un au Pérou en 2012, le second dans la mangrove [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/31cWo4jBRyL._SX195_.jpg" rel="lightbox[5977]"><img class="alignleft size-full wp-image-5976 colorbox-5977" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/31cWo4jBRyL._SX195_.jpg" alt="31cWo4jBRyL._SX195_" width="195" height="279" /></a></p>
<p>Un premier roman, oui. Encore ! Celui-ci est atypique par le sujet adopté et la mise en scène choisie par la jeune auteure <strong>Anouk Lejczyk</strong>.  A 31 ans, celle-ci a suivi des études de lettres et les beaux-arts puis a réalisé deux docmentaires : l&rsquo;un au Pérou en 2012, le second dans la mangrove sénégalaise, en 2017.</p>
<p>De retour en France,  elle rejoint en 2017 le master de création littéraire de Paris VIII  (comme <strong>Hélène Laurain</strong>,  l&rsquo;auteure de <strong><em>Partout le feu</em></strong> notamment ) pour revenir à son premier amour : l’écriture. Depuis, la trentenaire explore son sujet de prédilection : les mondes forestiers et les façons de les écrire comme de les habiter. Tout en suivant une formation de bûcheronnage, en région parisienne. Mais sans, pour l&rsquo;heure, avoir croisé un chat sauvage, semble-t-il.</p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong><em>Felis Silvestris</em></strong>  ? Celle d&rsquo;une jeune femme qui, sans crier gare, part rejoindre une forêt menacée de destruction. Elle porte une cagoule pour faire comme les autres et se protéger du froid. Suspendue aux branches, du haut de sa cabane, ou les pieds sur terre, elle contribue à la vie collective et commence à se sentir mieux. Mais <strong>Felis Silvestris</strong>, le nom qu&rsquo;elle se choisit, – chat sauvage (celui que l&rsquo;on trouve dans les arbres, dans les forêts) –  ignore que c&rsquo;est sa soeur qui la fait exister. Et qui nous raconte son histoire.</p>
<p>Celle d&rsquo;une jeune femme qui a grandi, évolué avant de se perdre. Et de vouloir rejoindre des zadistes installés dans une forêt, mobilisés contre une multinationale qui exploite du charbon dans une forêt pleine d&rsquo;animaux protégés.</p>
<p><span id="more-5977"></span></p>
<p>Entre les quatre murs d&rsquo;un appartement glacial, chambre d&rsquo;écho de conversations familiales et de souvenirs, la jeune femme tire des fils pour se rapprocher de <strong>Felis</strong> – sa soeur, sa chimère.</p>
<p>Progressivement, la forêt s&rsquo;étend, elle envahit ses pensées et intègre le maillage confus de sa propre existence. Sans doute y a-t-il là une place pour le chat sauvage qui est en elle.</p>
<p>Le temps d&rsquo;un hiver nous voilà entraînés dans une histoire intime et sensible, nous mettant face à des choix de vie. Radicaux.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je ne crois pas t&rsquo;avoir jamais entendu dire lignite. Ni mine à ciel ouvert. Ni mort-terrain. D&rsquo;ailleurs, si c&rsquo;était le cas, je l&rsquo;aurais sans doute compris en un mot : </em>morteterrain<em>. Et tu m&rsquo;aurais expliqué dans ton langage, ce langage bien à toi que je saisissais pourtant, que le mort-terrain, c&rsquo;est cette immense surface de terre que les humains laissent à l&rsquo;abandon après que leurs ogres-machines l&rsquo;ont creusée, fouillée de fond en comble, pillée jusqu&rsquo;au dernier caillou. Oui, aurais-tu ajouté, les humains font ça : ils volent toutes les ressources d&rsquo;une terre et la laissent éventrée, les tripes minérales à l&rsquo;air, dessinant propre cimetière.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 40 :</strong><em> &laquo;&nbsp;On dit que quelque chose en toi a silencieusement dérapé. Sans savoir quoi, ni quand, ni comment, ni pourquoi Enfant, des taupinières se sont peu à peu installées sur tes doigts : pouce puis index, majeur, annulaire, tes deux auriculaires épargnés. Toujours prête à comparer, maman disait qu&rsquo;elle avait bien du psoriasis depuis toute petite et que ça ne l&rsquo;avait pas empêchée de se marier ni d&rsquo;avoir des enfants. Toujours prêt à dévier, papa te conseillait de faire diversion avec d&rsquo;autres éléments plus tape-à-l&rsquo;oeil. Tu te peignais donc les ongles de vernis multicolore, dessinais sur tes bras de faux tatouages, te bariolais de visage de maquillage ; des bagues énormes recouvraient tes mains.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 142-143 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est avec les personnes de son quotidien que maman a le plus de mal à en parler. Je veux dire, de toi, de votre forêt. Elle ne sait pas quoi raconter ni par où commencer. Elle pense que ses collègues de bureau, par exemple; ne comprendraient pas. Pour la plupart, en guise de rupture de cordon, les enfants ont acheté une maison dans le village d&rsquo;à côté. Alors, de là à leur expliquer qu&rsquo;après sept ans d&rsquo;études et quatre de vie professionnelle tu as choisi d&rsquo;aller passer l&rsquo;hiver dans les arbres, il lui faudrait tout reprendre à zéro, de la petite enfance à l&rsquo;adolescence, de la fac à l&rsquo;âge adulte – une vie entière de pauses-café. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;elle ait honte, non, bien au contraire : je veux croire qu&rsquo;elle éprouve une inavouable fierté.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> Felis Silvestris, Anouk Lejczyk, Les éditions du Panseur. </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la cacophonie, garder sa voie&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/03/18/dans-la-cacophonie-garder-sa-voie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Mar 2022 08:48:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Les méduses n'ont pas d'oreilles]]></category>
		<category><![CDATA[Adèle Rosenfeld]]></category>
		<category><![CDATA[bruits]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[handicap]]></category>
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		<category><![CDATA[perte]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[sons]]></category>
		<category><![CDATA[surdité]]></category>
		<category><![CDATA[vie sociale]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Le handicap n&#8217;affleure que trop rarement en littérature. Adèle Rosenfeld a décidé de nous en parler, via un premier roman très réussi Les méduses n&#8217;ont pas d&#8217;oreilles, paru chez Grasset pour cette rentrée littéraire hivernale. On y suit Louise, une jeune femme malentendante depuis toujours, confrontée à une perte progressive de son audition. La question d&#8217;un implant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MEDUSES-OK.jpg" rel="lightbox[5942]"><img class="alignleft size-full wp-image-5944 colorbox-5942" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MEDUSES-OK.jpg" alt="MEDUSES OK" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Le handicap n&rsquo;affleure que trop rarement en littérature. <strong>Adèle Rosenfeld</strong> a décidé de nous en parler, via un premier roman très réussi <em><strong>Les méduses n&rsquo;ont pas d&rsquo;oreilles</strong></em>, paru chez Grasset pour cette rentrée littéraire hivernale.</p>
<p>On y suit <strong>Louise</strong>, une jeune femme malentendante depuis toujours, confrontée à une perte progressive de son audition. La question d&rsquo;un implant se pose. Avec ses conséquences définitives. Un sujet que la jeune autrice connaît bien. Et pour cause. <strong>Adèle Rosenfeld</strong>, 36 ans, est elle-même malentendante. Elle n&rsquo;entend rien de l&rsquo;oreille gauche et son oreille droite est appareillée depuis qu&rsquo;elle a 5 ans. Elle lit sur les lèvres.<br />
<strong>Adèle Rosenfeld</strong> travaille dans l’édition depuis dix ans. Parallèlement à son activité, elle développe des projets d’écriture à dimensions variables. En 2018, elle a intégré le Master de création littéraire de l’université Paris 8 où elle développe un projet de roman autour d’un personnage qui plonge dans le silence.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Depuis son enfance, <strong>Louise</strong> n&rsquo;entend que d&rsquo;une oreille et s&rsquo;est construite dans cet entre-deux. Lors d&rsquo;un examen, l&rsquo;ORL lui propose un implant cochléaire, une intervention lourde de conséquences : la jeune femme, qui travaille au service de l&rsquo;état-civil d&rsquo;une mairie de banlieue, perdra sa faible audition naturelle au profit d&rsquo;une audition synthétique, et avec elle son singulier rapport au monde, fait d&rsquo;images et d&rsquo;ombres poétiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5942"></span></p>
<p>L&rsquo;autrice a, elle-même, subi une perte d&rsquo;audition alors qu&rsquo;elle entrait dans ce Master de création littéraire. Elle explique que face à cette perte d&rsquo;audition <em>&laquo;&nbsp;le monde se déforme, les mots se trouent et, du coup, l&rsquo;imaginaire s&rsquo;engouffre&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p>Au fil des pages et des interrogations de<strong> Louise</strong>, des personnages prennent place. Ils la suivent, la protègent, la font réagir. Comme d&rsquo;ailleurs sa mère, son petit-ami et sa meilleure amie.</p>
<p>Charge à elle de prendre la bonne décision alors qu&rsquo;elle essaie de trouver sa place dans un monde sans cesse plus bruyant. Moins audible. Doit-elle faire le choix de la normalité quitte à perdre une part d&rsquo;elle-même ?</p>
<p>Des mots, des lettres lui échappent. Des situations aussi. La jeune femme, qui veut ne rendre perdre totalement, se lance dans la constitution d&rsquo;un herbier sonore. Drôle. Poétique.</p>
<p><strong>Dans cette vidéo, Adèle Rosenfeld évoque son quotidien et la génèse de son premier roman :</strong></p>
<p><a href="https://www.instagram.com/p/CZCglaGocsG/">https://www.instagram.com/p/CZCglaGocsG/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18 :</strong> &laquo;&nbsp;Orpheline.</p>
<p style="text-align: left"><em>Oui, c&rsquo;était sûrement ça que j&rsquo;avais toujours éprouvé, le sentiment de n&rsquo;appartenir à aucun monde. Pas assez sourde, pas assez entendante pour participer pleinement au monde des entendants. Tout tenait à ce que je me persuadais d&rsquo;être ou de ne pas être. Les dommages collatéraux qui avaient salement ébréché mon ego et la confiance en moi étaient, pour les autres, des troubles orphelins qu&rsquo;ils avaient du mal à comprendre. Est-ce que le manque qui m&rsquo;habitait venait de là  ? De cette absence qu&rsquo;il fallait combler par l&rsquo;excès ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Après des échanges infructueux avec mes quatre collègues aux naissances, j&rsquo;ai fini par leur expliquer ce qui ne tournait pas rond chez moi. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai pris le temps d&rsquo;exposer les faits : complètement sourde de l&rsquo;oreille gauche ; malentendante et appareillée de l&rsquo;oreille droite, obligée de lire sur les lèvres pour compléter une langue à trous. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai vu un éclat s&rsquo;allumer dans leur regard. Je me suis mise à incarner une forte valeur ajoutée poétique quand j&rsquo;ai précisé que j&rsquo;avais besoin de lumière pour entendre. Sauf que quand il a fallu leur faire répéter ce qui avait été dit plus de deux fois, tout ce qu&rsquo;il avait de poétique s&rsquo;est effondré d&rsquo;un coup  : je suis passée  du statut de poète à celui de demeurée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>De mon côté, les collègues me semblaient être une masse sonore couverte par le même trench-coat marron&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 85-86 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Tu étais suffisamment entendante pour le cacher et ça a arrangé tout le monde. Mais maintenant que tu es passée de sourde moyenne à sourde sévère, tu ne peux plus tricher. Exerce-toi à repérer les voix masculines et féminines, celles des enfants, etc., uniquement à l&rsquo;oreille, en fermant les yeux. A force, ton cerveau saura plus facilement identifier dans l&rsquo;arrière-fond sonore les scènes de vie qui t&rsquo;entourent. Consigne aussi les sons pour les mémoriser. Tu auras le sentiment de reprendre la main&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je trouvais la formule particulièrement sarcastique, moi qui m&rsquo;approchais de la langue des signes. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> Les méduses n&rsquo;ont pas d&rsquo;oreilles, Adèle Rosenfeld, Grasset, 19€</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Entre les zones grises, prendre la bonne décision&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/02/07/entre-les-zones-grises-prendre-la-bonne-decision/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 08:03:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Alma Revel]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[attentats]]></category>
		<category><![CDATA[avocat]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
		<category><![CDATA[convictions]]></category>
		<category><![CDATA[doutes]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Forest]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[séparation]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 Karine Tuil s&#8217;empare au plus près de l&#8217;actualité dans son douzième roman, La décision. L&#8217;auteure de Les choses humaines, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&#8217;une société après un viol, elle nous emmène dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" rel="lightbox[5887]"><img class="alignleft size-full wp-image-5889 colorbox-5887" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" alt="CVT_La-decision_5727" width="185" height="272" /></a></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire hiver 2022</span></strong></p>
<p><strong>Karine Tuil</strong> s&rsquo;empare au plus près de l&rsquo;actualité dans son douzième roman, <strong><em>La décision</em></strong>. L&rsquo;auteure de <em><strong>Les choses humaines</strong></em>, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&rsquo;une société après un viol, elle nous emmène dans le bureau de la coordinatrice du pôle d&rsquo;instruction antiterroriste. C&rsquo;est là qu&rsquo;<strong>Alma Revel</strong>, quinquagénaire empêtrée dans une vie conjugale qui ne la satisfait plus, traite des dossiers tout simplement inflammables.</p>
<p>Dans son bureau se succèdent des hommes et quelques femmes qui ont fait des choix. Radicaux. A elle et son équipe de se dépatouiller avec l&rsquo;horreur, d&rsquo;évaluer les responsabilités et les implications, de déjouer les stratégies autour de la <strong>taqiya</strong>, ce concept de la religion musulmane recommandant la prudence au fidèle en l&rsquo;invitant à dissimuler sa croyance en cas de danger. Rien n&rsquo;est épargné Alma, pas même les menaces de mort.</p>
<p>Tout compte pour étayer la prise de décision. Jusqu&rsquo;à l&rsquo;intuition.  Et si elle s&rsquo;avère finalement mauvaise ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5887"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Nous sommes en mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du palais de justice, la juge <strong>Alma Revel</strong> doit se prononcer sur le sort d&rsquo;<strong>Abdeljalil</strong>, un jeune homme suspecté d’avoir rejoint l’État islamique en Syrie. Est-il réellement repenti et risque-t-il de se radicaliser en prison si la justice décide de l&rsquo;y laisser ou cache-t-il son jihadisme ? Tandis que sa haine de la France transpire de tous ses mots ?</p>
<p>Au fil des pages, des extraits des interrogatoires donnent des pistes. Ou pas.</p>
<p>À ce dilemme professionnel s’en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, <strong>Alma</strong> entretient une liaison avec l’avocat <strong>Emmanuel Forest</strong> qui représente le mis en examen. Comment conjuguer le tout ? Auprès de ses collègues ? De sa famille ? De son conscience professionnelle tandis que tout se délite ?</p>
<p>Au fil des page, un roman intense, dense et très bien documenté. Pour l&rsquo;écrire au plus près de la réalité, <strong>Karine Tuil</strong> a rencontré des juges d&rsquo;instruction, des enquêteurs, un président de cour d&rsquo;assises et un avocat de jihadistes.</p>
<p>Dans <em><strong>La décision</strong> </em>aussi, tandis que se mélange le professionnel et le privé pour le pire et le meilleur, la notion d&rsquo;origine transparaît. Aucun des protagonistes n&rsquo;échappe à ses origines en regard de sa foi. Son mari s&rsquo;enfonce dans un judaïsme radical alors que leur fille aînée envisage d&rsquo;épouser un musulman. Dans le bureau du juge <strong>Revel</strong>, d&rsquo;autres sont prêts à tout au nom d&rsquo;Allah&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 74 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant tout le voyage, je conservais mon téléphone dans la main. Je regardais le paysage se déployer à travers la vitre, les champs de tournesol qui se dressaient, tantôt pleins et ouverts, tantôt repliés sur eux-mêmes, brûlés, éteints – juste métaphore d&rsquo;une vie qui alternait les cycles avec une régularité tragique. Je rêvais de fuite et de grands espaces. Je me sentais asphyxiée par un quotidien sur lequel je n&rsquo;avais plus la moindre maîtrise. Mon couple me paraissait factice, je pensais de plus en plus à la séparation, mais divorcer, pour une femme qui n&rsquo;avait pu affronter la férocité de son univers professionnel qu&rsquo;on conservant une stabilité affective, c&rsquo;était une décision qui ébranlait tout un mécanisme de confiance interne. J&rsquo;avais peur de prendre la mauvaise décision.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192 : &laquo;&nbsp;</strong><em>– Tu prends des risques insensés, a-t-elle continué. Nous sommes proches je me permets de te le dire, on a tous compris que tu avais une liaison avec Emmanuel Forest, c&rsquo;est ta vie privée, tu fais ce que tu veux, Alma, mais il passe trop de temps dans ton bureau, ça fait deux fois cette semaine que tu nous l&rsquo;imposes à déjeuner, ce n&rsquo;est pas sain, ce n&rsquo;est pas assez étanche, on ne doit pas avoir de liens trop étroits avec les avocats qui travaillent sur nos dossiers, fais attention, les gens commencent à parler, je ne veux pas que tu aies de problèmes et je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;en avoir non plus. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je l&rsquo;écoutais tout en sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait aucune influence sur moi, que rien ne me ferait plus renoncer à ma relation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 204 :</strong><em> &laquo;&nbsp;La suite, en dépit des craintes, c&rsquo;est une logique de libération. La famille d&rsquo;Abdeljalil a été interrogée, elle est rassurante. La mère affirme qu&rsquo;elle peut accueillir son fils. Elle a une Freebox qui permet l&rsquo;installation du système de surveillance. Il y a donc des garanties éducatives, un socle. Le cadre familial est structurant. Abdeljalil a exprimé ses regrets à plusieurs reprises. L&rsquo;enquête de personnalité révèle des difficultés rencontrées au cours de l&rsquo;adolescence, des idées suicidaires, mais elle le décrit peu influençable et soucieux d&rsquo;engager des démarches de réinsertion. Un psychiatre et un psychologue l&rsquo;ont aussi examiné récemment : il est calme, cohérent, déterminé à mener une vie sans histoires.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La décision, Karine Tuil, Gallimard, 20€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Derrière les couleurs, l&#8217;introspection à rebours</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/02/19/derriere-les-couleurs-lintrospection-a-rebours/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/02/19/derriere-les-couleurs-lintrospection-a-rebours/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Feb 2018 08:13:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["La mise à nu"]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Laudin]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
		<category><![CDATA[divorce]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[introspection]]></category>
		<category><![CDATA[Louis Claret]]></category>
		<category><![CDATA[peinture]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[retrouvailles]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire On poursuit notre virée parmi les livres de la rentrée ? Une balade totalement subjective, je vous l&#8217;accorde, mais c&#8217;est bien tout l&#8217;intérêt ! Jean-Philippe Blondel, je l&#8217;ai lu il y a longtemps, à l&#8217;occasion de la sortie de ses premiers romans comme &#160;&#187; Accès direct à la plage &#171;&#160;. Des années que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MISE-A-NU.jpg" rel="lightbox[4186]"><img class="alignleft size-full wp-image-4187 colorbox-4186" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MISE-A-NU.jpg" alt="MISE A NU" width="195" height="322" /></a>On poursuit notre virée parmi les livres de la rentrée ? Une balade totalement subjective, je vous l&rsquo;accorde, mais c&rsquo;est bien tout l&rsquo;intérêt ! <strong>Jean-Philippe Blondel</strong>, je l&rsquo;ai lu il y a longtemps, à l&rsquo;occasion de la sortie de ses premiers romans comme <strong>&nbsp;&raquo; Accès direct à la plage &laquo;&nbsp;. </strong></p>
<p>Des années que je ne le suivais plus. C&rsquo;est donc avec un vrai plaisir que j&rsquo;ai ouvert<strong> &laquo;&nbsp;La mise à nu&nbsp;&raquo;</strong>, publié chez Buchet Chastel, maison d&rsquo;édition qui arrive systématiquement à m&rsquo;emmener ailleurs. La preuve encore cette fois.</p>
<p>Auteur de romans et de livres jeunesse, <strong>Jean-Philippe Blondel</strong> vit et enseigne à Troyes.</p>
<p>Son quatorzième roman, nous parle de <strong>Louis Claret</strong>, un professeur d&rsquo;anglais âgé de 58 ans qui, séparé et pas si proche de ses deux filles, s&rsquo;est construit une vie simple. Pas folichonne mais qui le rassure. Il se laisse bercer par le quotidien.</p>
<p>Et puis un jour, il reçoit une invitation. Celle d&rsquo;un ancien élève, pour un vernissage. <strong>Alexandre Laudin</strong>, l&rsquo;ancien élève un peu laissé à l&rsquo;écart par la classe, est aujourd&rsquo;hui un peintre en vue. Connu en France comme à l&rsquo;étranger.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4186"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>De la rencontre, de ces retrouvailles un peu empruntées, naîtra une relation qui va obliger les deux hommes à plonger dans leur passé. Une introspection qui passera aussi par un projet pictural.</p>
<p>Au fil des pages, le bilan de vie d&rsquo;un quinquagénaire et de ses choix. Ou ceux qu&rsquo;il n&rsquo;a finalement pas fait. Un roman qui parle de ce qu&rsquo;on laisse finalement derrière soi, au bout du compte. Alexandre, lui, parle de son homosexualité, de sa difficulté à être au monde.</p>
<p>Une écriture sincère et pleine de finesse.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 80-81 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;était très étrange. Je savais que j&rsquo;étais chez Alexandre Laudin. Qu&rsquo;il dessinait mon visage sous tous ses angles à grands coups de fusain. Que j&rsquo;avais cinquante-huit ans. Que j&rsquo;étais divorcé, père de deux filles adultes. Que j&rsquo;enseignais l&rsquo;anglais depuis plus de trente-cinq ans. J&rsquo;étais conscient du mur blanc en face de moi. De l&rsquo;éclat de lumière que renvoyait la porte vitrée. Et pourtant, je n&rsquo;étais plus tout à fait présent. Je voyais Arnaud. J&rsquo;étais sûr que, si je déplaçais ma main de quelques centimètres, je le toucherais. Son bras. Sa peau. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je n&rsquo;ai trouvé que du papier et ce stylo-bille bleu pour tenter de le retenir encore. Mais les mots n&rsquo;ont pas la même force et ne donnent vie qu&rsquo;à une sensation fantôme. Je suis hanté. J&rsquo;ai hâte de revenir chez Laudin, pour vérifier si je peux conjuguer les esprits à nouveau, tandis qu&rsquo;il tente de dérober mes traits.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 94-95 :</strong><em>&nbsp;&raquo; En élargissant mon horizon, ma vie s&rsquo;est rétrécie. Ce n&rsquo;est pas un paradoxe. C&rsquo;est notre lot à tous. Quand les contraintes s&rsquo;estompent, nous ne savons comment occuper notre liberté nouvelle.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Restent les photophores. Des souvenirs qui dessinent un chemin sur Terre. Parfois, l&rsquo;un de ces replis de la mémoire devient plus lumineux que d&rsquo;autres. Presque phosphorescent. Un ver luisant dans un cimetière de souvenirs. Depuis que j&rsquo;ai revu Alexandre Laudin, je m&rsquo;applique à les amadouer. A admirer leurs miroitements. Et à les attraper. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 113  :</strong><em> &nbsp;&raquo; L&rsquo;ironie douce dans un sourire. Le clin d&rsquo;oeil complice. Il murmure que la série de portraits commencée avec celui de ses parents arrive à point nommé. Elle l&rsquo;oblige à dresser un premier bilan. Ce qui compte. Ce dont il peut se délester. Il murmure qu&rsquo;il ne sait pas dans quelle mesure je peux le comprendre, mais qu&rsquo;il sent que, moi aussi, je suis disponible en ce moment. Vacant, en tout cas. Il y a un abandon dans l&rsquo;attitude que j&rsquo;adopte pendant que je pose. Une qualité d&rsquo;absence rare. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La mise à nu&nbsp;&raquo;, Jean-Philippe Blondel, Buchet Chastel, 15€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Le choix de vivre hors jeu</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/04/17/le-choix-de-vivre-hors-jeu/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Apr 2017 13:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Céline Minard]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
		<category><![CDATA[expérience]]></category>
		<category><![CDATA[haute montagne]]></category>
		<category><![CDATA[isolement]]></category>
		<category><![CDATA[refuge]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
		<category><![CDATA[survie]]></category>

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		<description><![CDATA[Céline Minard, vous connaissez ?  Après un fracassant &#171;&#160;Faillir être flingué&#160;&#187;, roman-western particulièrement inspiré ( dont vous trouverez la critique ici ), l&#8217;auteure nous emmène en haute montagne, loin, très loin du reste de ses contemporains. Dans un refuge high-tech situé sur un éperon granitique, une jeune femme s&#8217;installe pour une expérience. Longue. Une tentative. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MINARD.jpg" rel="lightbox[3837]"><img class="alignleft wp-image-3839 size-medium colorbox-3837" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MINARD-300x210.jpg" alt="MINARD" width="300" height="210" /></a><strong>Céline Minard, vous connaissez ?</strong>  Après un fracassant <strong>&laquo;&nbsp;Faillir être flingué&nbsp;&raquo;</strong>, roman-western particulièrement inspiré ( dont vous trouverez la critique <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/08/16/a-louest-toujours-du-nouveau/">ici</a> </strong>), l&rsquo;auteure nous emmène en haute montagne, loin, très loin du reste de ses contemporains.</p>
<p>Dans un refuge high-tech situé sur un éperon granitique, une jeune femme s&rsquo;installe pour une expérience. Longue. Une tentative. Une épreuve qu&rsquo;elle a préparée très minutieusement. Enfin, le croit-elle. Car elle n&rsquo;est pas seule&#8230;</p>
<p>Un roman qui, dans sa première partie, ressemble à un manuel de survie. Tout y est. A l&rsquo;exception de la raison qui la pousse à s&rsquo;être installée si loin de la société et de ses semblables.</p>
<p>Un isolement volontaire, radical. Dans un décor qui ne lui pardonnera rien. Là, au fil des jours, elle lit, joue de la musique, cultive son jardin. Sans jamais oublier de marcher, d&rsquo;escalader. Il s&rsquo;agit d&rsquo;apprendre à vivre&#8230; sans les autres et loin d&rsquo;eux. Mais peut-on vivre réellement hors jeu ? La jeune femme se pose de nombreuses questions philosophiques.</p>
<p>Et quand l&rsquo;autre apparaît, le schéma de la narratrice s&rsquo;effondre&#8230; et le roman perd malheureusement de sa force. Dommage. Reste l&rsquo;écriture de <strong>Céline Minard</strong>, vive, dynamique, enlevée.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 26-27 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La forme de mon habitat résulte d&rsquo;une réflexion sur l&rsquo;adaptation optimale à l&rsquo;environnement dans lequel il devait s&rsquo;inscrire. Un environnement contraignant en lui-même, à quoi s&rsquo;ajoutait la contrainte de l&rsquo;autonomie énergétique : aucune bouteille de gaz et aucune ligne électrique, aucun apport extérieur ne devaient servir pour l&rsquo;éclairer et le chauffer [&#8230;] S&rsquo;il y a une esthétique dans ce volume, c&rsquo;est celle de la survie. S&rsquo;il y a une décision, c&rsquo;est la mienne, celle de vouloir m&rsquo;installer dans des conditions difficiles. En grande autonomie. A l&rsquo;abri. Dans un lieu couvert, chauffé par le soleil, où entre la lumière, qui protège. L&rsquo;environnement dans lequel j&rsquo;ai situé mon abri est celui qui me convient. Que me procure, par l&rsquo;extérieur, en frottant et raclant l&rsquo;enveloppe de mon corps qui résiste et s&rsquo;adapte, la forme nécessaire de ma vie. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 103 :</strong><em>&laquo;&nbsp;En passant sous les pins, j&rsquo;ai noté que ma réserve de bois avait été très entamée par mon bain de lune. Il reste une dizaine de troncs morts à proximité, je vais m&rsquo;en occuper. Cela suffira jusqu&rsquo;à l&rsquo;hiver, je pense. Un bain par semaine, c&rsquo;est un bon rythme. Les habitudes aussi, il faut les construire. Effectuer les gestes de l&rsquo;autarcie, les gestes simples, quotidiens, voilà ce que je m&rsquo;étais proposé de construire pour habitude. J&rsquo;ai investi cet environnement et ces conditions qui me permettent de n&rsquo;être pas dans l&rsquo;obligation de croiser tous les matins un ingrat, un envieux, un imbécile. Qui me laissent le loisir de penser à tout autre chose, dans une action utile et mécanique.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 116- 117 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Je ne peux pas, personne ne le peut, ne pas prêter attention à la présence d&rsquo;un humain. D&rsquo;un coccinelle, d&rsquo;un geai, d&rsquo;un isard, d&rsquo;une souris, oui, mais pas d&rsquo;un humain. C&rsquo;est un fait. Dès que je vois un humain, j&rsquo;ai l&rsquo;idée d&rsquo;une relation entre lui et moi. Je m&rsquo;en rends compte. Je ne peux pas faire comme s&rsquo;il n&rsquo;existait pas. Encore moins dans la position isolée dans laquelle je me trouve. Que j&rsquo;ai choisie. Dans laquelle je m&rsquo;exerce et cherche à savoir si on peut vivre hors jeu, en ayant supposé qu&rsquo;on le peut et que c&rsquo;est une des conditions requises pour obtenir la paix de l&rsquo;âme. C&rsquo;est une hypothèse que j&rsquo;ai faite et que je m&rsquo;efforce de vérifier. Et tout à coup il y a un moine, enfin, une nonne, disons. Qui ne ressent pas la menace.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le grand jeu&nbsp;&raquo;, Céline Minard, Rivages, 18€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Perdre pour mieux gagner&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/06/perdre-pour-mieux-gagner/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2016 16:36:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Ecoutez nos défaites"]]></category>
		<category><![CDATA[Assem Graïeb]]></category>
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		<category><![CDATA[victoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Laurent Gaudé n&#8217;a pas besoin de moi pour vendre des romans, c&#8217;est un fait. Des années pourtant que je suis cet auteur, découvert, comme beaucoup par le prisme de &#171;&#160;Le soleil des Scorta&#160;&#187;, prix Goncourt 2004. J&#8217;avais alors plongé dans ses romans précédents &#171;&#160;La mort du roi Tsongor&#160;&#187; et &#171;&#160;Cris&#160;&#187; avant d&#8217;attendre chaque [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GAUDE-OK.jpg" rel="lightbox[3737]"><img class="alignleft size-full wp-image-3744 colorbox-3737" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GAUDE-OK.jpg" alt="GAUDE OK" width="250" height="476" /></a></p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> n&rsquo;a pas besoin de moi pour vendre des romans, c&rsquo;est un fait.</p>
<p>Des années pourtant que je suis cet auteur, découvert, comme beaucoup par le prisme de <strong>&laquo;&nbsp;Le soleil des Scorta&nbsp;&raquo;</strong>, prix Goncourt 2004.</p>
<p>J&rsquo;avais alors plongé dans ses romans précédents <strong>&laquo;&nbsp;La mort du roi Tsongor&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Cris&nbsp;&raquo;</strong> avant d&rsquo;attendre chaque rentrée littéraire impatiemment.</p>
<p>Vous pouvez retrouvez <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/12/quand-la-terre-devient-bouche-qui-mange/">ici</a> </strong>le post concernant<strong> &laquo;&nbsp;Dansent les ombres&nbsp;&raquo;, </strong>paru l&rsquo;an dernier et qui m&rsquo;avait donné envie d&rsquo;aller découvrir Haïti.</p>
<p>Le voici de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;Ecoutez nos défaites&nbsp;&raquo;</strong>, toujours chez Actes Sud.</p>
<p>Un roman dense qui mêle quatre époques, quatre histoires. Quatre manières d&rsquo;appréhender le destin, qu&rsquo;il soit victorieux ou voué à la défaite.</p>
<p>Les siècles et les guerres se mélangent. Et au fil des pages, la défaite se veut militaire et/ou intime.</p>
<p>Chacun y va de sa stratégie pour gagner la victoire. Mais s&rsquo;agit-il de battre son ennemi ou de lui survivre, s&rsquo;interroge l&rsquo;auteur. Le prix à payer n&rsquo;est-il pas bien trop lourd ?</p>
<p><strong>Et si seul le beau et ce qui fait notre humanité valaient la peine qu&rsquo;on se batte pour eux ? </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3737"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Un agent des services de renseignements français, <strong>Assem Graïeb</strong>, gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d&rsquo;élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin de <strong>Mariam</strong>, une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – <strong>le général Grant</strong> écrasant les Confédérés, <strong>Hannibal</strong> marchant sur Rome, <strong>Hailé Sélassié</strong> se dressant contre l’envahisseur fasciste&#8230;</p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> dit de son roman (sur le site de son éditeur Actes Sud) qu&rsquo;il <strong>&laquo;&nbsp;est un livre sur le temps&nbsp;&raquo;.</strong> <strong>[&#8230;] </strong><span class="coul1"><strong>Mais c’est aussi un livre qui essaie de saisir ce continuum qui nous traverse, nous lie aux époques précédentes, dans une sorte de mystérieuse verticalité. Un peu comme le font ces objets archéologiques qui traversent les siècles, surgissent parfois à nos yeux, au gré d’une fouille, nous regardent avec le silence profond des âges et disparaissent à nouveau, vendus, détruits ou engloutis pour quelques siècles encore.</strong></span></p>
<p>Et l&rsquo;auteur de poursuivre : <strong>&laquo;&nbsp;Et si, dès lors, la défaite n’avait rien à voir avec l’échec ? Et s’il ne s’agissait pas de réussir ou de rater sa vie mais d’apprendre à perdre, d’accepter cette fatalité ? Nous tomberons tous. Le pari n’est pas d’échapper à cette chute mais plutôt de la vivre pleinement, librement.</strong><br />
<strong> Les deux personnages principaux d’<em>Écoutez nos défaites</em>, Assem, l’agent des services français, et Mariam, l’archéologue irakienne, sont dans cette quête. Ils sont aux endroits où le monde se convulse. Et si la défaite ne peut être évitée, du moins son approche est-elle l’occasion pour eux de s’affranchir. Quitter l’obéissance et remettre des mots sur le monde. Assumer la liberté de vivre dans la sensualité et le combat. C’est cet affranchissement commun qui rend leur rencontre possible et va les unir dans cette traversée d’un monde en feu, où ils seront peut-être défaits mais sans jamais cesser d’être souverains.”</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 30-31 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La défaite, elle est là. Est-ce que les autres ne la voient pas ? La défaitr bestiale, gourmande, sans appel. Ils ne pourront pas lui échapper. Est-ce qu&rsquo;il est le seul à la sentir ? Les généraux se passent et se repassent une petite paire de jumelles, comptent et recomptent les troupes italiennes et les régiments d&rsquo;Erythréens. On lui tend parfois la paire pour qu&rsquo;il apprécie à son tour la situation, mais il ne le fait pas. Lui, leur empereur à tous, roi des rois, lui, Hailé Sélassié, il est sûr de la défaite mais à quoi bon le leur dire ? Il garde son calme légendaire, n&rsquo;exprime rien, ni peur, ni hâte. Il est le temps qui ne s&rsquo;émeut pas, l&rsquo;oeil qui voit ce qui sera. Ses hommes le contemplent, petit, dans cet uniforme impeccable qu&rsquo;il est le seul à porter. Les autres, tous les autres, sont hirsutes, avec des couvertures sur les épaules, des bijoux autour du cou, aux oreilles, aux poignets, des couteaux à la ceinture. Il ne dit rien. Il était contre cette bataille. A quoi lui servirait de compter et recompter les effectifs ennemis ? Ils vont mourir aujourd&rsquo;hui. Il le sait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 78 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“Chargez!” C&rsquo;est Grant qui crie cette fois. Et Buell avec lui. Sherman, Wallace et tous les officiers yankees. C&rsquo;est à leur tour d&rsquo;avancer. La guerre n&rsquo;est faite que de cela : de ce va-et-vient : manger du terrain ou le perdre. Tenir ou reculer. Avoir la force de se relever, même après sept heures de combat, même après une nuit aux aguets, et charger sur ceux qui vous ont mis en pièce la veille. Beauregard, qui a pris la place de Johnston, voit les troupes nordistes contre-attaquer. Il comprend que tout est fini. Des hommes mourront encore, mais la bataille de Shiloh est perdue et il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;à reculer&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 238 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Un nouveau coup d&rsquo;Etat vient d&rsquo;éclater. Est-ce que ce sont les mêmes ? Menghistu et Germame sont-ils revenus d&rsquo;entre les morts pour le harceler à nouveau ? Non&#8230; On lui parle d&rsquo;autre chose aujourd&rsquo;hui. Il ne s&rsquo;agirait pas d&rsquo;un homme mais d&rsquo;une sorte de société sécrète : le Derg. Il se sent las. Des années ont passé&#8230; Dans son esprit, les époques se chevauchent. Toutes les attaques à son trône se superposent. Il y a eu tant de complots. Tous les deux ou quatre ans. Et celui-ci maintenant. On tire sur le palais et le peuple ne descend pas dans la rue pour le protéger ? Quelque chose a changé. Est-ce qu&rsquo;il est en train de perdre ? Il sent une fatigue qui vient de loin prendre possession de lui. Elle l&rsquo;empêche de bondir, de crier des ordres, de réagir avec vigueur. Il sent que dorénavant le pays le regarde avec haine, lui et ses vingt-sept Rolls Royce, lui et sa cour d&rsquo;hommes inutiles, lui et ses richesses dans un pays qui meut la bouche ouverte.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Écoutez nos défaites&nbsp;&raquo;, laurent Gaudé, Actes Sud, 288p, 20 €.</strong></em></p>
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