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	<title>Quatrième de couv &#187; antisémitisme</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Au pays d&#8217;un père menteur&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2015 07:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire C&#8217;est la rentrée ! Cette année encore, celle des livres et de leurs auteurs précède de quelques semaines celle des écoliers. L&#8217;occasion de retrouver, avec plaisir et impatience, les nouvelles oeuvres d&#8217;auteurs déjà confirmés, de découvrir celles de nouveaux écrivains en devenir. Bref, un moment particulier. Quoi de neuf, alors ? 589 nouveaux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #ff9900"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
</blockquote>
<p>C&rsquo;est la rentrée ! Cette année encore, celle des livres et de leurs auteurs précède de quelques semaines celle des écoliers. L&rsquo;occasion de retrouver, avec plaisir et impatience, les nouvelles oeuvres d&rsquo;auteurs déjà confirmés, de découvrir celles de nouveaux écrivains en devenir. Bref, un moment particulier.</p>
<p>Quoi de neuf, alors ? <strong>589 nouveaux romans sont annoncés entre le 19 août et la fin du mois d&rsquo;octobre.</strong> Soir une légère baisse par rapport à l&rsquo;an dernier. Parmi cette nouvelle moisson,<strong> on compte 393 romans français parmi lesquels 68 premiers romans. </strong> Des heures de lecture et de jolies découvertes en perspective.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON1.jpg" rel="lightbox[3195]"><img class="alignleft wp-image-3220 size-thumbnail colorbox-3195" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON1-150x150.jpg" alt="CHALANDON" width="150" height="150" /></a>Parmi les pépites de cette rentrée, <strong>&laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo;</strong> de<strong> Sorj Chalandon.</strong> Un auteur particulièrement apprécié par Quatrième de couv, en témoignent les deux posts écrits pour ces deux précédents romans <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/12/22/dans-la-peau-du-traitre-tyrone-meehan/">&laquo;&nbsp;Retour à Killybegs&nbsp;&raquo; </a></strong>et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/11/05/antigone-pour-voler-deux-heures-a-la-guerre/">&laquo;&nbsp;Le quatrième mur&nbsp;&raquo;</a></strong>.</p>
<p><strong>Sorj Chalandon</strong> est né le 16 mai 1952. En 1973, il entre à <b>Libération</b>. Dessinateur, puis monteur de page, il devient grand reporter puis rédacteur en chef du quotidien, qu&rsquo;il quitte en 2007, dans le sillage de Serge July. Depuis 2009, il a rejoint le <b>Canard Enchaîné</b>.</p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong>&laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo; </strong>? C&rsquo;est celle d&rsquo;<strong>Emile</strong>. Un gamin ballotté entre une mère effacée et un père tyrannique et mythomane. <strong>Emile</strong>, c&rsquo;est le fils unique des époux <strong>Choulans</strong>. <strong>Emile</strong> est surnommé <strong>&laquo;&nbsp;Picasso&nbsp;&raquo;</strong> puisqu&rsquo;il dessine tout le temps, <strong>Emile</strong> est asthmatique et ne comprend pas grand-chose à la vie que mènent ses parents, si différente de celle des autres.</p>
<p><span id="more-3195"></span></p>
<p><strong>André</strong> ne travaille pas, dit qu&rsquo;il a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d&rsquo;une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle.</p>
<p>Jusqu&rsquo;au jour où <strong>André Choulans</strong> estime que le général l&rsquo;a trahi. Nous sommes, en avril 1961, en pleine guerre d&rsquo;Algérie et l&rsquo;indépendance vient d&rsquo;être décidée.  La tentative de Salan et des trois autres généraux a échoué. Impossible à accepter pour <strong>André</strong> qui décide de tuer de Gaulle. Son fils de 13 ans va devoir l&rsquo;aider. S&rsquo;ensuit un roman sur l&rsquo;enfance volée, l&rsquo;enfance meurtrie tandis que le jeune et fragile <strong>Emile</strong> doit multiplier les entraînements, apprendre à être homme et ne surtout pas contester les décisions de son père violent.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON-II.jpg" rel="lightbox[3195]"><img class="alignleft size-full wp-image-3200 colorbox-3195" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CHALANDON-II.jpg" alt="CHALANDON II" width="220" height="346" /></a></p>
<p>Un huis-clos familial étouffant. <strong>Emile</strong> n&rsquo;échappera qu&rsquo;avec le temps aux mensonges et à la violence  de son père, à la faiblesse aveugle de sa mère.</p>
<p><strong>André Choulans</strong> manipule sa femme et son fils. Des années durant. Il invente le personnage de Ted, son ami américain, parrain d&rsquo;<strong>Emile</strong> et agent de la CIA.</p>
<p>L&rsquo;adolescent s&rsquo;enfoncera dans les histoires de son père, s&rsquo;enfermera dans une relation dangereuse avec <strong>Luca Biglioni</strong>, son camarade de classe.</p>
<p>Avec &laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo;, <strong>Sorj Chalandon</strong> explore à nouveau l&rsquo;enfance, dix ans après son premier roman <strong>&laquo;&nbsp;Le petit Bonzi&nbsp;&raquo;</strong>, qui traitait déjà de la même thématique.</p>
<p>Loin des décors irlandais ou libanais de ses précédents romans, <strong>Sorj Chalandon</strong> livre ici un roman de l&rsquo;intime, sensible.</p>
<p>A partir de l&rsquo;enterrement, sinistre, de son père, <strong>Emile</strong> démêle la pelote de ses souvenirs, de son enfance dévastée, des années d&rsquo;adolescence et même de sa vie de jeune adulte martyrisée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> Sorj Chalandon, sur France Inter</strong></p>
<iframe src="http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=1144271" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 34 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Lui l&rsquo;évangéliste, le croisé charismatique, se disait bien au-dessus de Jésus. Dieu lui parlait. Mon père et Dieu, sans personne pour traduire. Il n&rsquo;avait que faire d&rsquo;une bouchée de pain sans levain, de prières en commun ou de genoux à terre. D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;était lui qui me confessait. Il refusait que j&rsquo;avoue mes fautes à un curé. Il s&rsquo;en chargeait lui-même, en secret, dans le salon, avant que ma mère ne rentre du travail. Il mettait une robe pastorale noire à rabat blanc, et une étole violette, brodée d&rsquo;une terre porteuse de croix.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 137 :</strong><em>&laquo;&nbsp;En 1960, alors que Strasbourg jouait en ville, mon père avait voulu me faire la surprise, me conduire au match, m&rsquo;asseoir contre lui sur le banc de touche, me raconter comment il avait failli devenir un grand joueur de foot. Et me présenter à Emile Veinante, son ami. Mais mes notes du trimestre avaient été mauvaises. Alors il a eu honte de moi. Il m&rsquo;a enfermé. On ne présentait pas un âne bâté à un dieu du stade. Le soir du match, il est resté devant sa télé. Et moi dans son armoire. Pour me punir, il ne m&rsquo;avait jamais plus parlé de football.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 186-187 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il &lsquo;l&rsquo;avait fait, mon Dieu. Pour tuer de Gaulle, pour moi, pour Ted, pour le chef, pour sa fille, il avait tout quitté. J&rsquo;étais dans mon lit. Couché sur le dos, les yeux grands ouverts. Je voyais son regard dans la nuit, la pluie dans ses cheveux, sa valise noire et blanche. Il pourrait être chez lui en une heure. Remettre l&rsquo;argent là où il l&rsquo;avait trouvé, et les cartes d&rsquo;identité. Mais pour les pneus crevés et les fils arrachés, je n&rsquo;avais pas d&rsquo;idée. Il faudrait qu&rsquo;il se débrouille. Je ne savais plus que faire de lui. J&rsquo;ai frissonné. J&rsquo;étais triste. J&rsquo;avais tout programme pour qu&rsquo;il renonce, et il ne l&rsquo;avait pas fait. Je ne comprenais pas. Aucun enfant ne quitte sa famille en pleine nuit pour tuer de Gaulle et se marier. C&rsquo;était idiot, impossible. Plus de cinquante ans après, je n&rsquo;arrive toujours pas à croire que Luca Biglioni ait pu faire ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pas de guerre dans ce roman, pas d&rsquo;idéal trahi, mais un huis-clos familial glaçant. Entre humiliations, coups et petites mesquineries. On pourra se demander quelle part de sa vie l&rsquo;auteur a distillé entre les pages de ce roman poignant. Terriblement touchant. Sorj Chalandon est un auteur sensible. Définitivement. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Profession du père&nbsp;&raquo;, Sorj Chalandon, Grasset, 19€.</strong></em></p>
<p style="text-align: center">
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;horreur des souvenirs&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/05/16/lhorreur-des-souvenirs/</link>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2015 16:16:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 70e anniversaire de la libération des camps d&#8217;Auschwitz marque cette année 2015. L&#8217;occasion pour certains d&#8217;entre nous de plonger dans des livres d&#8217;Histoire. Pour d&#8217;autres, dans des témoignages. Celui de Marceline Loridan-Ivens s&#8217;impose. Une évidence tant les mots de cette octogénaire frappe notre coeur. Et notre conscience. Avec &#171;&#160;Et tu n&#8217;es pas revenu&#160;&#187;, coécrit [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/et-tu-nes-pas-revenu-loridan-ivens-couv.jpg" rel="lightbox[3063]"><img class="alignleft size-full wp-image-3066 colorbox-3063" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/et-tu-nes-pas-revenu-loridan-ivens-couv.jpg" alt="et-tu-nes-pas-revenu-loridan-ivens-couv" width="200" height="317" /></a>Le 70e anniversaire de la libération des camps d&rsquo;Auschwitz marque cette année 2015. L&rsquo;occasion pour certains d&rsquo;entre nous de plonger dans des livres d&rsquo;Histoire. Pour d&rsquo;autres, dans des témoignages.</p>
<p>Celui de <strong>Marceline Loridan-Ivens</strong> s&rsquo;impose. Une évidence tant les mots de cette octogénaire frappe notre coeur. Et notre conscience. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Et tu n&rsquo;es pas revenu&nbsp;&raquo;</strong>, coécrit avec <strong>Judith Perrignon</strong>, la cinéaste et documentariste revient sur son histoire.</p>
<p>Celle de sa dénonciation. Celle de sa déportation avec son père. Celle de son retour et du silence assourdissant qui l&rsquo;entoure. Celle de sa colère et du regard désabusé qu&rsquo;elle porte aujourd&rsquo;hui sur la vie.</p>
<p>Au fil des 107 pages, un formidable témoignage d&rsquo;amour à son père<strong> Shloïme Rosenberg</strong> ( un juif polonais émigré en France) qui ne reviendra pas de l&rsquo;enfer.</p>
<p>Des mots, des faits, qui rappellent l&rsquo;horreur de la guerre. A 15 ans, la jeune <strong>Marceline</strong> est arrêtée, déportée. Elle fait partie des quelque 200 survivants ( sur les 2.500 a en être revenu. Au total, entre 1940 et 1945, 1,1 million de personnes a péri à Ausshwitz-Birkenau) à pouvoir encore raconter l&rsquo;indicible, ce qu&rsquo;elle a vécu dans sa chair. Là-bas, en Pologne, elle deviendra une esclave au service de la mort, en charge du tri des vêtements de ceux qu&rsquo;on envoie mourir dans les chambres à gaz.</p>
<p>Elle évoque celles qui, au coeur de l&rsquo;horreur, deviendront ses amies, celles qui ne pas revenues. Elle raconte aussi la difficulté à vivre ensuite, après sa libération, le 10 mai 1945. Et porte un regard désabusé sur la mémoire collective, sélective.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>En janvier, Marceline Loridan-Ivens était l&rsquo;invitée de Patrick Cohen au 7-9, de France-Inter. Ses mots claquent.</strong></p>
<iframe frameborder="0" width="500" height="283" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x2fpqyc" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 55 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Maman disait tenir de quelqu&rsquo;un qui t&rsquo;avait vu à Auschwitz, que tu avais quitté le camp avec la marche de la mort au mois de janvier 1945, qu&rsquo;on t&rsquo;avait vu à Dachau ensuite, que tu aurais dû y rester, mais que tu t&rsquo;étais remis en marche pour soutenir un homme que ne pouvait plus avancer sans toi et que les Allemands auraient abattu. D&rsquo;après Maman, tu n&rsquo;avais pas été désigné pour marcher encore, tu t&rsquo;étais sacrifié. Je n&rsquo;y croyais pas à son histoire. Au camp, on ne choisissait rien, pas même sa façon de mourir. Mais Dachau c&rsquo;est possible, j&rsquo;ai lu que bien des détenus de Gross-Rosen ont été transférés là-bas. Qu&rsquo;importe que ce ne soit pas écrit. On ne peut plus faire d&rsquo;inventaire dans le fracas de l&rsquo;après-guerre. L&rsquo;administration française a peut-être délivré ces certificats en vrac, inscrivant en face des noms, des lieux et des dates probables, pas forcément vérifiés. Je ne crois à rien de l&rsquo;histoire officiellement écrite par la France.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 69-70 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Jacqueline m&rsquo;offre des fleurs le 10 main comme si c&rsquo;était mon anniversaire. Chaque année, ça me touche beaucoup, nous sommes proches, différentes et attentives l&rsquo;une à l&rsquo;autre, il ne reste que nous deux. Le 10 mai, c&rsquo;est la date de ma libération par les Russes à Theresienstadt. Je suis née ce jour-là. Je sais que Jacqueline le fait pour moi mais aussi pour son père. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mon retour est synonyme de ton absence. A tel point, que j&rsquo;ai voulu l&rsquo;effacer, disparaître moi aussi. J&rsquo;ai sauté dans la Seine deux ans plus tard, l&rsquo;année où Henri se mariait. C&rsquo;était un peu après le quai Saint-Michel, j&rsquo;avais enjambé le parapet, j&rsquo;allais m&rsquo;élancer quand un homme m&rsquo;a retenue. Puis j&rsquo;ai eu la tuberculose, on m&rsquo;a placée dans un sanataroum chic en Suisse, à Montana. Maman venait me voir parfois. Je ne supportais pas son impatience, cette façon qu&rsquo;elle avait de me réclamer d&rsquo;aller bien et d&rsquo;oublier. J&rsquo;étais si lourde. J&rsquo;ai tenté de mourir une deuxième fois.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 83 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Et si je suis restée sèche, menue, c&rsquo;est parce que j&rsquo;ai souvent pensé devant ma glace, dix, vingt ou trente ans plus tard, Faut que je reste mince et svelte pour ne pas passer au gaz la prochaine fois. Je n&rsquo;ai jamais eu d&rsquo;enfants. Je n&rsquo;en ai jamais voulu. Tu me l&rsquo;aurais sans doute reproché. Le corps des femmes, le mien, celui de ma mère, celui de toutes les autres dp,t me ventre gonfle puis se vide, a été pour moi définitivement défiguré par les camps. J&rsquo;ai en horreur la chair et son élasticité. J&rsquo;ai vu là-bas s&rsquo;affaisser les peaux, les seins, les ventres, j&rsquo;ai vu se plier, se friper les femmes, le délabrement des corps en accéléré, jusqu&rsquo;au décharnement, au dégoût et jusqu&rsquo;au crématoire.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Voilà un témoignage bouleversant pour honorer la mémoire de tous ces déportés. A lire absolument histoire, au moins, de faire reculer la bêtise.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Et tu n&rsquo;es pas revenu&nbsp;&raquo;, Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon, Grasset, 12,90€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Arden&#160;&#187; ou la guerre sur un air d&#8217;opérette</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/21/arden-ou-la-guerre-sur-un-air-doperette/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/21/arden-ou-la-guerre-sur-un-air-doperette/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2014 10:04:12 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Alexandre de Rocoule]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Frédéric Verger]]></category>
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		<category><![CDATA[Seconde Guerre mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2014]]></category>

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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2014 Le rendez-vous littéraire du printemps en Loir-et-Cher est de retour ! Le prix Emmanuel-Roblès sera remis le 13 juin prochain, à Blois. Cette année encore, avec plusieurs de mes collègues des rédactions du Loir-et-Cher, nous allons nous plonger dans la sélection pour élire le premier roman qui, le plus, mérite nos [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #008000">Sélection prix Roblès 2014</span></strong></p>
<p>Le rendez-vous littéraire du printemps en Loir-et-Cher est de retour ! <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Communautes-NR/n/Contenus/Articles/2014/03/15/Robles-2014-a-vos-livres-1831385">Le prix Emmanuel-Roblès sera remis le 13 juin prochain</a>, à Blois.</strong> Cette année encore, avec plusieurs de mes collègues des rédactions du Loir-et-Cher, nous allons nous plonger dans la sélection pour élire le premier roman qui, le plus, mérite nos encouragements.</p>
<p><strong>Quid de la sélection 2014 ?</strong></p>
<p>&gt; <em><strong>&laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;</strong></em>, Nicolas Clément, éditions Buchet Chastel</p>
<p>&gt;<em><strong> &laquo;&nbsp;Le miel&nbsp;&raquo;</strong></em>, Slobodan Despot, Gallimard</p>
<p>&gt; <em><strong>&laquo;&nbsp;Là où la terre est rouge&nbsp;&raquo;</strong></em>, Thomas Dietrich, Albin Michel</p>
<p>&gt; <em><strong>&laquo;&nbsp;En finir avec Eddy Bellegueule&nbsp;&raquo;</strong></em>, Edouard Louis, Seuil</p>
<p>&gt; <em><strong>&laquo;&nbsp;La fabrique du monde&nbsp;&raquo;</strong></em>, Sophie Van Der Linden, Buchet Chastel</p>
<p>&gt;<em><strong> &laquo;&nbsp;Arden&nbsp;&raquo;</strong></em>, Frédéric Verger, Gallimard</p>
<p>Le premier roman d&rsquo;<strong>Edouard Louis</strong> existe déjà sur ce blog, vous le trouverez <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/02/10/apres-ca-eddy-sest-evade/">ici. </a></strong>Passons donc à un autre roman retenu, <strong>&laquo;&nbsp;Arden&nbsp;&raquo;</strong>, de <strong>Frédéric Verger</strong>. Ce roman, le premier écrit par cet agrégé de lettres, professeur dans un lycée de région parisienne, a remporté le <strong>Goncourt du 1er roman 2014</strong>. Une consolation pour avoir été écarté, in fine au douzième tour, du prix Goncourt ? Allez savoir. L&rsquo;auteur a, depuis, également remporté, le prix Thyde Monnier et le prix Mémoire Albert-Cohen.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/arden-de-frederic-verger-68105_w1000.jpg" rel="lightbox[2438]"><img class="alignleft  wp-image-2442 colorbox-2438" style="margin: 10px" alt="-arden-de-frederic-verger-68105_w1000" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/arden-de-frederic-verger-68105_w1000.jpg" width="413" height="614" /></a></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est touffue. Et s&rsquo;étend sur 477 pages denses. Nous sommes en Marsovie, un royaume imaginaire. Nous sommes pendant la Deuxième Guerre mondiale. Déjà en 1944. <strong>A Arden, aux portes de la forêt, Alexandre de Rocoule tient un hôtel de luxe. A la ville, son ami Salomon Lengyel, un tailleur veuf de confession juive, survit dans sa petite boutique. Ensemble, les deux hommes écrivent des opérettes depuis 1917 sans jamais pourtant se mettre d&rsquo;accord sur les scènes finales. Leurs oeuvres demeurent inachevées&#8230;<br />
</strong></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de ces deux hommes, mais aussi de la femme du premier, de la fille du second dont Alexandre de Roucoule tombe amoureux, de musiciens perdus, d&rsquo;officiers allemands, etc.</p>
<p>Deux univers se télescopent. Celui, léger, des opérettes et des musiques légères. Et l&rsquo;autre, qui a fait monter l&rsquo;antisémitisme et se rapprocher la guerre. Entre eux, une étrange histoire de feuilleton radiophonique pour mieux cacher, espèrent-ils, la belle Esther, son père et des musiciens en fuite.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2438"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33 :</strong><em> &laquo;&nbsp;</em>A La princesse aux trois manies<em>, il manquait un ou deux airs marquants, l&rsquo;intrigue secondaire de </em>La fausse noyée<em> n&rsquo;était encore qu&rsquo;imparfaitement tricotée, la fin de</em> Loth s&rsquo;amuse<em> demeurait incertaine. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et au lieu d&rsquo;en prendre une à bras-le-corps pour l&rsquo;achever une fois pour toutes, ils ne pouvaient s&rsquo;empêcher de rêver – mon oncle allongé sur le tapis de son bureau, Salomon sur une minuscule sofa vert – au canevas d&rsquo;un nouvel ouvrage avant de se relever soudain pour en dresser le plan général, arpentant la pièce à grandes enjambées sans se voir ni se heurter, à la manière des chauve-souris. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais cette oeuvre nouvelle finissait tôt ou tard comme les autres, semblable à ces villégiatures dont on a élevé rapidement les murs mais qu&rsquo;on ne peut finir. On les voit du chemin, qui commencent à se délabrer, mausolées d&rsquo;espérance devant lesquels les propriétaires préfèrent ne plus repasser alors qu&rsquo;ils avaient choisi de les édifier à l&rsquo;endroit le plus charmant de leur promenade favorite. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>A combien de silhouettes cocasses ou pathétiques, encore mouvantes dans ces ruines d&rsquo;ouvrages jamais terminés, n&rsquo;osaient-ils plus repenser ! Parfois, au détour d&rsquo;une rêverie, il leur semblait tout à coup entendre une voix plaintive qu&rsquo;ils s&rsquo;efforçaient de chasser, craignant de se rappeler l&rsquo;enthousiasme qui les avait saisis jadis, et s&rsquo;était enfui Dieu sait où.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 144-145</strong> :<em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Cette intervention accabla la population. S&rsquo;évanouissait le rêve que nourrissaient les Marsoviens depuis quelques mois : celui d&rsquo;une entente secrète entre le roi et les Russes, un petit tour de passe-passe Hohenzollern. Mais maintenant il apparaissait clairement que la principauté serait défendue par les Allemands et les que les horreurs de la guerre viendraient se vautrer dans les draps blancs de Marsovie. Alors, en plus de la peur, parfois même davantage qu&rsquo;elle, beaucoup de Marsoviens éprouvaient un sentiment de rage et d&rsquo;humiliation comparable à celui d&rsquo;un homme qu&rsquo;on force à endosser un costume grotesque et trop large pour lui, et des larmes de fureur leur montaient aux yeux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 373 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Comme ils ne savaient pas trop s&rsquo;ils pleuraient de joie ou de terreur, ils s&rsquo;entre-regardaient pour en avoir le coeur net. En voyant leurs têtes ils riaient de plus belle. Côte à côte au milieu de la table, seuls les deux frères Abramowicz conservaient le plus grand calme : Elie, les yeux levés, avait toujours sur les lèvres son petit sourire mystérieux ; Louchka, la tempe posée sur le poing, paraissait juger avec une lucidité professionnelle son interprétation. Salomon ne pouvait s&rsquo;empêcher de trouver l&rsquo;ensemble plutôt entraînant mais cette impression ne le rassurait pas : tantôt il se disait que ce charme n&rsquo;existait que pour lui et mon oncle, le parfum éventé d&rsquo;un pot-pourri de leurs vies. Tantôt l&rsquo;aspect comique, et même bouffon, de la pièce, ses accents klezmers, lui semblaient la fanfare-prélude d&rsquo;une marche au sacrifice. Au fur et à mesure que le père se recroquevillait dans son fauteuil, le sourire s&rsquo;épanouissait sur le visage de la fille.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Ce roman, je l&rsquo;avais reçu lors de la rentrée littéraire de septembre dernier. Je l&rsquo;avais commencé avant d&rsquo;abandonner. Retenu pour le prix Roblès, j&rsquo;ai repris mon courage à deux mains et je suis allée jusqu&rsquo;à la dernière page. Sans plaisir cependant. Les descriptions sont si longues et si nombreuses que l&rsquo;intrigue en pâtit. Et j&rsquo;avoue ne pas être entrée dans l&rsquo;histoire. Dommage car Frédéric Verger a véritablement une belle plume. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Arden&nbsp;&raquo;, de Frédéric Verger, Gallimard, 21,50€.</strong></em></p>
</blockquote>
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