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	<title>Quatrième de couv &#187; Venus d&rsquo;ailleurs</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>A Southie, la quête de sens de Mary Pat</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jul 2023 12:26:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Dennis Lehane m&#8217;accompagne depuis plusieurs décennies. J&#8217;ai dévoré nombre de ses romans noirs pendant des années. Avant de m&#8217;éloigner durablement. Une critique radiophonique de son dernier roman en date, Le silence, m&#8217;a donné envie de replonger. Et je ne le regrette pas. L&#8217;auteur quinquagénaire, américain d&#8217;origine irlandaise, nous emmène cette fois à South Boston que l&#8217;on surnomme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 30px"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILENCE.jpg" rel="lightbox[6388]"><img class="alignleft size-full wp-image-6390 colorbox-6388" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILENCE.jpg" alt="SILENCE" width="340" height="510" /></a></p>
<p> <strong>Dennis Lehane</strong> m&rsquo;accompagne depuis plusieurs décennies. J&rsquo;ai dévoré nombre de ses romans noirs pendant des années. Avant de m&rsquo;éloigner durablement. Une critique radiophonique de son dernier roman en date, <strong><em>Le silence</em></strong>, m&rsquo;a donné envie de replonger. Et je ne le regrette pas.</p>
<p>L&rsquo;auteur quinquagénaire, américain d&rsquo;origine irlandaise, nous emmène cette fois à South Boston que l&rsquo;on surnomme Southie,  quartier irlandais de Boston (ville récurrente dans son oeuvre). Nous sommes en 1974.  Pendant l&rsquo;été. <strong>Mary Pat Fennessey</strong> mène une existence routinière.</p>
<p>Un soir, <strong>Jules</strong>, sa fille de dix-sept ans, ne rentre pas à la maison et sa trace disparaît dans la chaleur moite de la ville. La même nuit, un jeune Noir se fait mortellement percuter par un train dans des circonstances suspectes. Ces deux événements sans lien apparent plongent les habitants de Southie dans le trouble.</p>
<h3 style="text-align: center">Une femme qui se bat</h3>
<p>D’autant que la récente politique de déségrégation mise en œuvre par la ville provoque des tensions raciales et qu’une grande manifestation se prépare contre la mise en place, dès la rentrée, du <em>&laquo;&nbsp;busing&nbsp;&raquo;, </em>soit la mixité raciale appliquée de force. <strong>Dennis Lehane</strong>, qui affirme avoir vécu ces heurts et manifestations quand il avait neuf ans, entraîne ses lecteurs</p>
<p>Dans la recherche effrénée de sa fille, <strong>Mary Pat</strong>, qui croyait appartenir à une communauté unie, voit les portes se fermer devant elle. Face à ce mur de silence, cette femme en colère devra lutter seule pour faire éclater la vérité, aussi dévastatrice soit-elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Le Silence</strong></em> met à nu le cœur sombre d’un pays en plein désarroi à travers le portrait d’une mère au cœur brisé. Une mère prête à tout pour comprendre. Pour, du moins, essayer. Elle ne lâchera rien. Remontée, révoltée. Rageuse. Déterminée. Tout en posant des questions sur la révolution sociale et raciale qui secoue sa communauté et ses idées.</p>
<p>L&rsquo;auteur, entre autres romans des best-sellers <strong><i>Gone, Baby, Gone</i></strong> ou encore <strong><i>Ténèbres, </i><i>Mystic River</i> </strong>et <strong><i>Shutter Island</i></strong> (qui a inspiré le film de même titre, réalisé par Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, en 2009) signe là un roman percutant et le portrait implacable d&rsquo;un pays qui peine à se séparer de ses démons.</p>
<p>Dennis Lehane, qui affirme avoir vécu ces heurts et manifestations quand il avait neuf ans, a su trouver des mots simples pour dire toute la complexité de l’Amérique, Boston particulièrement, des années 70. Avec son écriture fluide, phrases courtes et percutantes, il déconstruit la fabrique de la haine et désigne les profiteurs. Un immense roman.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6388"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 45 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] A cet instant, Mary Pat éprouve un sentiment de proximité avec les Noirs qui la surprend. Est-ce qu&rsquo;ils ne sont pas tous victimes de la même chose ? Est-ce qu&rsquo;on n&rsquo;est pas en train de leur dire à tous comment ça doit marcher ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En fait, non, parce que des tas de gens de couleur ont voulu ce qui arrive. Ils sont allés devant les tribunaux pour ça. Et si vous venez d&rsquo;un quartier merdique comme Five Corners ou des cités coupe-gorge de Blue Hill Avenue ou Geneva Avenue, bien sûr, vous avez envie d&rsquo;aller dans un endroit plus agréable. Mais Southie n&rsquo;est pas un endroit plus agréable, c&rsquo;est juste un endroit plus blanc. Southie High est un lycée aussi pourri que Roxbury High.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 73 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mary Pat regarde fixement sa soeur par-dessus la table. Est-ce là ce que les gens pensent vraiment au sujet de son fils ? Que c&rsquo;est le Vietnam qui l&rsquo;a amené à la drogue ? Mary Pat a essayé de voir les choses de cette façon pendant un certain temps mais ensuite elle s&rsquo;est rendue à la triste vérité : Noel n&rsquo;a pas découvert l&rsquo;héroïne au Vietnam (le Thaï stick, oui, l&rsquo;héroïne, non) ; c&rsquo;est l&rsquo;héroïne qui a découvert Noel, dans les cités de South Boston.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 311 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Mary Pat n&rsquo;est pas experte et sa vision est limitée, mais elle sait reconnaître un fusil quand elle en voit un. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pourquoi un dealer de Southie est-il en train de donner des fusils à trois types noirs de Roxbury à la veille de la mise en application forcée de son histoire de </em>busing<em> ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mary Pat appuie la tête en arrière contre son siège. </em></p>
<p style="text-align: left">Putain, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils peuvent bien mijoter ? &laquo;&nbsp;</p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong><em>Le silence</em>, Dennis Lehane, traduit de l&rsquo;américain par François Happe, éditions Gallmeister, 25,40 euros</strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Une vérité avant de s&#8217;en aller&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/01/27/une-verite-avant-de-sen-aller/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2023/01/27/une-verite-avant-de-sen-aller/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2023 07:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; L&#8217;écrivain américain Russell Banks est décédé le 7 janvier à l&#8217;âge de 82 ans. L&#8217;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&#8217;a cessé de dépeindre l&#8217;Amérique des marges et de la middle-class désabusée. Russell Banks était lui-même issu d&#8217;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père. S&#8217;inspirant davantage de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" rel="lightbox[6229]"><img class="alignleft size-full wp-image-6232 colorbox-6229" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" alt="OH CANADA" width="617" height="1021" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;écrivain américain <strong>Russell Banks</strong> est décédé le 7 janvier à l&rsquo;âge de 82 ans.</p>
<p>L&rsquo;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&rsquo;a cessé de dépeindre l&rsquo;Amérique des marges et de la middle-class désabusée.</p>
<p><strong>Russell Banks</strong> était lui-même issu d&rsquo;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père.</p>
<p>S&rsquo;inspirant davantage de la langue parlée que de la langue écrite, il s&rsquo;est approché au plus près des marginaux. Et raconter les dysfonctionnements de la société américaine.</p>
<p>En quelque 50 ans, <strong>Russell Banks</strong> a écrit une vingtaine de livres. Certains d&rsquo;entre eux m&rsquo;ont accompagnée (<em>Affliction, De beaux lendemains, Histoire de réussir,  Sous le règne de Bone, Trailerpark, American darling, La réserve, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/">Un membre permanent de la famille</a></em>&#8230;)</p>
<p>Son dernier roman, <strong><em>Oh, Canada</em></strong> a été publié à la rentrée littéraire de septembre 2022. Un livre testamentaire à y regarder de plus près.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Au seuil de la mort, <strong>Leonard Fife</strong>, célèbre documentariste, accepte une interview filmée que veut réaliser l’un de ses disciples, <strong>Malcolm</strong>. <strong>Fife</strong> a exigé le noir complet sur le plateau ainsi que la présence constante de sa femme, <strong>Emma</strong>, pour écouter ce qu’il a à dire, loin des attentes de <strong>Malcolm</strong>.</p>
<p>Après une vie de mensonges, <strong>Fife</strong> entend lever le voile sur ses secrets mais, sous l’effet de l’aggravation rapide de son état, sa confession ne ressemble pas à ce que lui-même avait prévu.</p>
<p>Puissant, écorché, bouleversant, ce roman testamentaire sur les formes mouvantes de la mémoire pose la question de ce qui subsiste – de soi, des autres – lorsqu’on a passé sa vie à se dérober.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman de plus de 300 pages qui retrace des décennies d&rsquo;un parcours personnel, plongé notamment dans le contexte de la guerre du Vietnam.</p>
<p><span id="more-6229"></span></p>
<p style="text-align: left">Un roman dense et puissant. Un regard sans complaisance sur la vie d&rsquo;un homme qui oscille entre souvenirs et vérité arrangée. Jusqu&rsquo;où peut-on dire la vérité ? Et à qui ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 21 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pendant quelques secondes, tout le monde se tait, dans l&rsquo;attente de la première question de Malcolm. Mais brusquement Fife déclare qu&rsquo;il va répondre à une question que personne ne sait poser aujourd&rsquo;hui. Ou que personne n&rsquo;est assez grossier pour poser. On la lui a souvent posée autrefois, au fil des ans, aussi bien en privé qu&rsquo;en public, et on suppose qu&rsquo;il y a répondu complètement et sincèrement maintes fois, et que, par conséquent, y revenir serait soit stupide, soit insultant. Et la lui poser en cette occasion particulière paraîtrait également stupide ou insultant, voire les deux, alors qu&rsquo;en fait elle n&rsquo;est ni l&rsquo;une, ni l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La question, dit-il, est tout simplement : pourquoi, au printemps 1968, as-tu décidé de quitter les Etats-Unis et d&rsquo;émigrer au Canada ? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il dit : Ca vous paraîtra de la fiction, comme si j&rsquo;inventais presque tout, mais ça ne me dérange pas. Je me fous de ce que vous ferez avec mon histoire une fois que j&rsquo;aurai fini de la raconter. Je serai mort. Vous pouvez la couper et la raccorder comme ça vous chante, lui donner la forme qui vous plaira et plaira à ceux qui vous payent pour faire ce film. Mais quoi que vous fassiez de mon histoire une fois que je l&rsquo;aurai racontée, vous m&rsquo;aurez vu et entendu dire à ma femme avec quel genre d&rsquo;homme elle s&rsquo;est mariée, avec qui elle a vécu et travaillé toutes ces années. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 275 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle baisse la voix d&rsquo;un cran, car elle suppose qu&rsquo;à cause de son audition affaiblie Fife ne pourra pas tout à fait l&rsquo;entendre. En grande majorité, c&rsquo;est quand même de la confabulation, dit-elle à Diana et à Malcolm. Son psychiatre lui a conseillé de ne pas confondre Fife avec ce qu&rsquo;on appelle la réalité. Acceptez ce qu&rsquo;il appelle réalité parce que c&rsquo;est ce qui est réel pour lui, et il pourrait être terrifié et furieux si elle remettait ça en question. Par exemple, cette petite fille qu&rsquo;il aurait abandonnée à Boston ? C&rsquo;était son bébé à elle, dit-elle. Le bébé d&rsquo;Emma, pas de Fife. Et ça s&rsquo;est passé à Montréal. La fausse couche tardive, c&rsquo;était aussi celle d&rsquo;Emma. Pas celle d&rsquo;on ne sait quelle autre épouse. En plus, il y avait deux gosses, pas un. C&rsquo;est Emma qui les a abandonnés. Et elle n&rsquo;en a jamais fait un secret. Tous ceux qui connaissent Emma et Fife sont au courant de cette histoire depuis des années.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Oh, Canada, Russell Banks, Actes sud, 23€ (traduction de Pierre Furlan)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la tête d&#8217;Harvey&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/07/22/dans-la-tete-dharvey/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/07/22/dans-la-tete-dharvey/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Jul 2021 13:20:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[agressions sexuelles]]></category>
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		<description><![CDATA[En mars 2020, l&#8217;ex-producteur de cinéma Harvey Weinstein était condamné à vingt ans de réclusion pour l&#8217;agression sexuelle au premier degré (sous la contrainte) de l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi, pour un cunnilingus forcé en 2006. Pour le viol au troisième degré (sans contrainte) commis sur l’apprentie actrice Jessica Mann en 2013, il a été condamné à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HARVEY.jpg" rel="lightbox[5738]"><img class="alignleft size-full wp-image-5741 colorbox-5738" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HARVEY.jpg" alt="HARVEY" width="276" height="456" /></a></p>
<p>En mars 2020, l&rsquo;ex-producteur de cinéma <strong>Harvey Weinstein</strong> était condamné à vingt ans de réclusion pour l&rsquo;agression sexuelle au premier degré (sous la contrainte) de l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi, pour un cunnilingus forcé en 2006. Pour le viol au troisième degré (sans contrainte) commis sur l’apprentie actrice Jessica Mann en 2013, il a été condamné à trois ans supplémentaires. Soit 23 ans au total pour ce premier procès. Il a fait appel.</p>
<p>L&rsquo;homme de 69 ans, qui doit rejoindre une prison de Los Angeles, y sera jugé pour de nouvelles procédures de viols et agressions sexuelles sur 5 autres femmes.</p>
<p>Emblématique de l&rsquo;impact du <strong>mouvement #Metoo</strong>, <strong>Harvey Weinstein</strong> avait, fin février été disculpé des deux charges les plus graves, un viol au premier degré de Jessica Mann, et de la circonstance aggravante de comportement « prédateur », qui était passible de la perpétuité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un sujet, contemporain, qui a inspiré <strong>Emma Cline</strong>. Un sujet casse-gueule ? Pas de quoi inquiéter plus que ça la jeune femme, déjà auteure de <strong>The girls</strong>, dont j&rsquo;avais parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/22/quand-les-filles-partent-en-vrille/">ici. </a></strong></p>
<p>Alors, forte de son expérience, la jeune femme a décidé d&rsquo;écrire sur cet homme, l&rsquo;imaginant la veille du verdict, dans une somptueuse villa prêtée par des amis. Là, il croit reconnaître l&rsquo;auteur <strong>Don DeLillo</strong> comme était son voisin temporaire, et imagine déjà un projet commun, sûr d&rsquo;être disculpé.</p>
<p>Pendant 24h, <strong>Emma Cline</strong> se glisse dans le corps malade et l&rsquo;esprit déviant de cet homme autrefois tout puissant. A partir de l&rsquo;histoire, elle en invente une autre. Avec des détails, des faits fictionnels qui donnent plus de poids encore à son personnage.</p>
<p>De ce qu’il a fait, de la sanction qu’il encourt, des souffrances infligées, de l’indignation suscitée : rien n’atteint son cerveau ou sa conscience. Seul le gêne ce bracelet électronique qui lui scie la cheville, l’entravant dans ses déplacements.</p>
<div id="attachment_5745" style="width: 970px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/960x614_harvey-weinstein-arrivee-tribunal-manhattan-24-fevrier-2020.jpg" rel="lightbox[5738]"><img class="wp-image-5745 size-full colorbox-5738" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/960x614_harvey-weinstein-arrivee-tribunal-manhattan-24-fevrier-2020.jpg" alt="960x614_harvey-weinstein-arrivee-tribunal-manhattan-24-fevrier-2020" width="960" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Seth Wenig/AP/SIPA</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sa fille <strong>Kristin</strong> vient dîner ce soir avec <strong>Ruby</strong>, sa petite-fille. Tout le monde semble penser qu’il joue sa vie, demain. Il ne voit pourtant pas de raison de s’inquiéter, surtout quand il lit les commentaires de soutien sur internet – il y en a –, surtout après la perfusion qui le fait dériver dans l’espace.</p>
<p>Il a tout le temps devant lui. Croit-il.</p>
<p>Un livre court, dense, fort.</p>
<div class="Book-summary" style="text-align: center"> <strong>Extraits </strong></div>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18-19 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Découvrir les photos avait été une épreuve, plus dure qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait imaginé. On renonçait à un tas de choses, on devait s&rsquo;habituer à la honte, mais pas facile d&rsquo;abandonner totalement la vanité. Harvey clopinant avec son déambulateur, ce costume dont les avocats avaient voulu qu&rsquo;il soit mal ajusté, un peu pas de gamme, pour qu&rsquo;il ait l&rsquo;air, devinait-il, d&rsquo;un cadre moyen. D&rsquo;après eux, plus il faisait pathétique, bien qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas employé ce mot, mieux c&rsquo;était. Ils voulaient que tout le monde ait pitié de lui. Une curieuse posture à adopter, en public du moins. C&rsquo;était une chose qu&rsquo;il faisait sans problème en privé – ma mère est décédée aujourd&rsquo;hui, disait-il en regardant l&rsquo;expression de la fille changer. Je me sens très seul, reste assise près de moi une minute, allonge-toi là, à côté de moi. E tapotant le lit d&rsquo;hôtel encore et encore. Il agrippait un poignet, en faisant une moue triste – viens, disait-il, viens. Sois une gentille fille, ne sois pas revêche. Je t&rsquo;ai fait un massage. Tu peux m&rsquo;en faire un toi aussi. Echange de bons procédés.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 71 :</strong><em> &laquo;&nbsp;L&rsquo;image floue des deux jurées lui apparut : celle qui portait au revers une broche en forme d&rsquo;araignée l&rsquo;autre un chemisier en soie boutonné jusqu&rsquo;en haut et des tresses africaines attachées en chignon serré, qui ne le quittait pas des yeux. Dans toute autre circonstance, il aurait fait attention à elles pendant une demi-seconde. Et encore. Ça l&rsquo;agaçait de devoir penser à elles. Laquelle des deux avait ri quand ils avaient montré des photos de son corps nu ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 95 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Peut-être que la décision ne serait pas aussi nette qu&rsquo;il l&rsquo;avait supposé, pas aussi rapide et totale. Il se souvenait à peine de toutes les choses qui s&rsquo;étaient produites, et par conséquent il avait écouté avec un certain intérêt les témoignages, au début, curieux d&rsquo;entendre ce qu&rsquo;il avait censé avoir fait. Mais c&rsquo;était vite devenu ennuyeux. Il supposait que tout le monde avait eu la même réaction, que tout le monde s&rsquo;ennuyait de la même manière. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Harvey, d&rsquo;Emma Cline, Quai Voltaire, La Table Ronde, 14€. Traduit par Jean Esch. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>T.Singer ou la vie surplace&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/04/29/t-singer-ou-la-vie-surplace/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/04/29/t-singer-ou-la-vie-surplace/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 08:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[accident]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[bibliothécaire]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Un roman venu du Nord, ça vous dit ? Je ne connaissais pas cet auteur norvégien avant de tomber sur &#171;&#160;T.Singer&#160;&#187;, le troisième roman traduit en français du Norvégien Dag Solstad. Ce dernier est considéré comme un romancier très cérébral dont l&#8217;oeuvre a évolué au fil des décennies. Ses héros des années 1990, par exemple, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/T.SINGER.jpg" rel="lightbox[5610]"><img class="alignleft size-full wp-image-5612 colorbox-5610" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/T.SINGER.jpg" alt="T.SINGER" width="250" height="392" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman venu du Nord, ça vous dit ? Je ne connaissais pas cet auteur norvégien avant de tomber sur <strong>&laquo;&nbsp;T.Singer&nbsp;&raquo;</strong>, le troisième roman traduit en français du Norvégien <strong>Dag Solstad</strong>.</p>
<p>Ce dernier est considéré comme un romancier très cérébral dont l&rsquo;oeuvre a évolué au fil des décennies.</p>
<p>Ses héros des années 1990, par exemple, partagent le sentiment que la culture et la société déclinent, et que la marchandisation et l&rsquo;uniformisation prennent le pouvoir, et qu&rsquo;ils se retrouvent en dehors de leur temps. Au lieu d&rsquo;essayer de combattre le déclin, ils se retirent en eux-mêmes et finissent par être des spectateurs de la réalité qui les entoure. En parallèle à cette thématique du retrait, le style narratif devient plus philosophique et se rapproche de l&rsquo;essai.</p>
<p>C&rsquo;est le cas dans <strong>&laquo;&nbsp;T.Singer&nbsp;&raquo;</strong>, publié en 1999.</p>
<p>Auteur d’une trentaine de livres, <strong>Dag Solstad</strong> est le seul auteur norvégien à avoir obtenu trois fois le <strong>prix de la Critique littéraire norvégienne</strong>. Il est également récipiendaire du <strong>prix de Littérature du Conseil nordique</strong> en 1989 pour <i>Roman 1987 </i>et en 2017, pour l’ensemble de son œuvre, du prix nordique de l’Académie suédoise, considéré comme le « petit Nobel ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5610"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ?</p>
<p>A 34 ans, <strong>Singer,</strong> dont on ne saura jamais quel prénom se cache derrière la lettre T, est un auteur sans succès ni inspiration qui obtient son diplôme de bibliothécaire. Il décide de quitter <strong>Oslo</strong> pour s&rsquo;installer en province, à <strong>Notodden</strong>, dans une ville où personne ne le connaît. Là, il tombe amoureux d&rsquo;une céramiste qu&rsquo;il épousera d&rsquo;ailleurs. Ensemble, ils élèveront la fille de <strong>Merete</strong>. Et c&rsquo;est tout ? Non.</p>
<p>Le mariage se délite. Le jour de l&rsquo;accident de voiture dans lequel <strong>Merete</strong> meurt, un nouveau chapitre s&rsquo;ouvre pour <strong>Singer</strong>. Mais lequel ? Veuf à 39 ans, il décide de retourner à Oslo avec <strong>Isabella</strong> qui n&rsquo;a encore que 6 ans. Il l&rsquo;élèvera, embourbé dans la culpabilité. Mais sans jamais cependant nouer une relation profonde avec la petite fille. Sans jamais dire non plus que le couple qu&rsquo;il formait avec sa mère était au bord de la séparation.</p>
<p>Le narrateur, au ton narquois, et aux digressions nombreuses, tente de nous expliquer au plus près la vie pleine d&rsquo;un homme creux. L&rsquo;employé modèle fut un mari parfait, un veuf exemplaire et un beau-père qui s&rsquo;est donné de la peine. Et après ? Qu&rsquo;est-ce qui le remplit ? Qu&rsquo;est-ce qui l&rsquo;habite ? <strong>T.Singer</strong> est détaché de tout. Et de tous. A l&rsquo;exception d&rsquo;un ami de longue date qu&rsquo;il finira pourtant par faire fuir.</p>
<p>Au fil des pages, une langue riche, pleine, sans chapitre ni respiration. Et pas moins de 300 pages pour évoquer un vide et comment un homme est capable, consciemment, de passer à côté de sa vie, tout en ratiocinant. Un tour de force.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; [&#8230;] Il était, surtout au moment où commence ce récit, en proie à de sérieuses cogitations sur la signification qu&rsquo;avait tout cela pour sa vie. Au moment où commence ce récit, Singer est sur le point d&rsquo;aller s&rsquo;installer dans la petite ville de Notodden pour de bon. Il est âgé de trente-quatre ans et sur le point d&rsquo;intégrer un poste à la bibliothèque de Notodden. Sa jeunesse est terminée, il y a survécu. En tout état de cause, ces images infestées par la honte menacent à présent de déchirer en mille morceaux la mythologie de sa vie. Si elles ont une part de vérité, ce qu&rsquo;elles ont dans la mesure où il est patent qu&rsquo;elles surgissent dans sa conscience avec un tel effet taraudant, alors elles doivent avoir une certaine signification dans sa vie &#8211; force lui est de reconnaître, aujourd&rsquo;hui, à trente-quatre ans, en tant que bibliothécaire diplômé étonnamment tard.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 144 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Sous l&rsquo;influence d&rsquo;un coup de foudre amoureux, Singer a indéniablement changé. On reconnaît à peine en lui l&rsquo;homme qui a été présenté en amont de ce récit. Si on l&rsquo;observe maintenant, il est une personne créée par Merete Saethre, entretenue, soignée par elle. Oui, nous pouvons même affirmer sans commettre d&rsquo;erreur que le Singer qui nous voyons maintenant a été créé à l&rsquo;image de Merete Saethre, mais non sans un certain ravissement émanant de l&rsquo;homme amoureux qu&rsquo;il est. Il est en d&rsquo;autres termes un homme qui aspire à atteindre une figure embellie de lui-même, créée pour lui par la femme qu&rsquo;il aime, une silhouette idéalisée qu&rsquo;il veut remplir tout entier.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 255-356 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle évoluait à travers les pièces de l&rsquo;appartement avec la plus grande évidence, elle grandissait, s&rsquo;allongeait et s&rsquo;étirait vers la vie, vers son avenir de jeune femme, elle grandissait, se redressait  et s&rsquo;étirait vers ça, vers son avenir de jeune femme. Singer le voyait bien. Elle évoluait ici, entourée d&rsquo;un homme étranger, lequel était tout aussi présent ici, qui subvenait en outre à ses besoins. A croire qu&rsquo;elle ne remarquait même pas sa présence. Elle n&rsquo;avait pour ainsi dire rien contre lui, mais il ne signifiait rien pour elle, Singer était forcé de l&rsquo;admettre, maintenant qu&rsquo;Isabella s&rsquo;étirait vers sa féminité. Et il le vivait avec une douleur encore plus grande que lorsqu&rsquo;elle était enfant car, désormais, la situation désignait en permanence nul autre que lui-même : Singer, le bibliothécaire âgé de quarante-six ans, vivant une existence confinée.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;T.Singer&nbsp;&raquo;, de Dag Solstag, Editions Noir sur blanc. Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, 19€. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Terrorisme, totalitarisme et vodka&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/03/02/terrorisme-totalitarisme-et-vodka/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2021 07:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[guerres]]></category>
		<category><![CDATA[Pavel Volodine]]></category>
		<category><![CDATA[Poutine]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[prise d'otages]]></category>
		<category><![CDATA[roman russe]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vadim]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[ Rentrée littéraire 2021 &#160; Un roman russe doublé d&#8217;un premier roman ? Forcément, je n&#8217;ai pas résisté. Et j&#8217;ai dévoré les épreuves d&#8217; &#171;&#160;Une suite d&#8217;événements &#171;&#160;, de Mikhaïl Chevelev, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment. Grâce à son double littéraire, l&#8217;auteur nous parle de la Russie d&#8217;aujourd&#8217;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4> <strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2021</span></strong></h4>
<div id="productDescription" class="col-xs-12 no-padding">
<div class="productDescription col-xs-12">
<div class="productDescription-content col-xs-12">
<p class="description"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE.jpg" rel="lightbox[5572]"><img class="alignleft wp-image-5575 size-medium colorbox-5572" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE-206x300.jpg" alt="RUSSE" width="206" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman russe doublé d&rsquo;un premier roman ? Forcément, je n&rsquo;ai pas résisté. Et j&rsquo;ai dévoré les épreuves d&rsquo; <strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements &laquo;&nbsp;,</strong> de <strong>Mikhaïl Chevelev</strong>, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment.</p>
<p>Grâce à son double littéraire, l&rsquo;auteur nous parle de la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le journaliste d&rsquo;opposition n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de devenir écrivain quand la publication pour laquelle il travaillait a dû fermer ses portes.</p>
<p>Ce dernier nous plonge ici, via la fiction dans la Russie de <strong>Poutine</strong>, pour mieux en dénoncer le totalitarisme. Pour mieux déplorer la responsabilité des élites intellectuelles dans l&rsquo;extension des pouvoirs qu&rsquo;il s&rsquo;est arrogés, lui qui en 1995 n&rsquo;était encore que l&rsquo;adjoint docile au maire de Saint-Pétersbourg.</p>
<p>Dans ce premier roman librement inspiré de son expérience de journaliste d&rsquo;opposition, <strong>Mikhaïl Chevelev</strong> s&rsquo;imagine un double littéraire, <strong>Pavel Volodine</strong>, journaliste moscovite, spécialiste des conflits interethniques dans la Fédération de Russie, appelé comme médiateur sur la scène d&rsquo;une prise d&rsquo;otages par une lointaine connaissance, très remontée contre les exactions du pouvoir en <strong>Tchétchénie et en Ukraine</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le terroriste menace d&rsquo;exécuter les 112 innocents qu&rsquo;il retient dans l&rsquo;église d&rsquo;un village de la banlieue moscovite si le président de la Fédération de Russie ne s&rsquo;excuse pas à la télévision pour les guerres qu&rsquo;il a déclenchées. <strong>Pavel</strong> reconnaît alors <strong>Vadim</strong>, qu&rsquo;il avait fait libérer lors d&rsquo;une mission bien des années auparavant. Engagé malgré lui dans une périlleuse course contre la montre et un improbable dialogue, il tente de comprendre ce qui a pu le conduire à faire le choix du terrorisme.</p>
<p>Dans un pays corrompu, incompétent, vérolé et confit dans l&rsquo;alcool, le parcours de deux hommes. Ce journaliste donc <strong>Pavel Volodine</strong>, et <strong>Vadim</strong>.</p>
<p>De page en page, un drame psychologique se dessine. Entre dérision, suspense maîtrisé et sens de la tragédie, c&rsquo;est une page d&rsquo;histoire contemporaine qui s&rsquo;offre à nous. Un premier roman puissant, percutant. Et lucide.</p>
<p>Au fait, comment dit-on bonheur en russe ?</p>
<p>En postface,<strong> Ludmila Oulitskaïa,</strong> autrice de romans, de nouvelles et de scénario, – elle est considérée comme l&rsquo;écrivaine russe vivante la plus lue à l&rsquo;étranger. Son engagement politique contre le Kremlin et l&rsquo;homophobie lui a valu d&rsquo;être attaquée par des jeunes militants pro-Poutine en 2016 notamment – écrit  : [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Le héros du roman est prisonnier de l&rsquo;une des idées les plus séduisantes qui existent, l&rsquo;idée de justice. Mais il ne trouve pas justice. La réponse est absente. Une seule chose demeure invariable : le mal engendre le mal. D&rsquo;un moindre mal naît un mal plus grand, et cette escalade n&rsquo;a pas de fin&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p class="description" style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Evgueni installe rapidement sa caméra et improvise une mise en scène; Letchi sur fond de prisonniers reconnaissants prononce un discours inspiré de ma composition sur la fin de la guerre et ajoute de son propre chef une rafale de mitraillette tirée en l&rsquo;air en guise d&rsquo;adieu. Bougre de con, s&rsquo;exclame Evgueni, qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;as pris de tirer juste devant l&rsquo;objectif, la bande-son est fichue. Je m&rsquo;attends à être fusillé sur place avec mon collègue et les pauvres troufions pour laver l&rsquo;injure, mais pas du tout : Letchi, confus, baisse es yeux et refait docilement la prise. Le pouvoir de la télé, c&rsquo;est tout de même quelque chose, la presse, je le constate une fois de plus, ce n&rsquo;est rien à côté.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong> <em>[&#8230;] &nbsp;&raquo; Puis une autre vie a commencé. La deuxième guerre de Tchétchénie, les immeubles qui explosent, le départ de Eltsine, l&rsquo;arrivée de Poutine qui entreprend de protéger la Russie selon son bon plaisir&#8230; J&rsquo;ai appelé Evgueni pour lui proposer de repartir. Il a réagi avec enthousiasme. Je n&rsquo;y ai pas prêté attention, me disant qu&rsquo;il avait un empêchement. Puis il a quitté Vues d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et on a cessé de le voir rue Petrovka. A l&rsquo;époque, j&rsquo;avais assez de mes propres problèmes. Ensuite, Evgueni s&rsquo;est mis à travailler pour la première chaîne. Je n&rsquo;ai pas vu ses reportages, mais on m&rsquo;a dit qu&rsquo;il passait son temps à filmer des popes et des généraux, du style de la Sainte Russie se relève fièrement et sa noble armée reçoit la bénédiction de la Sainte Eglise&#8230; Evgueni ? Allons donc! Si tu ne nous crois pas, va donc vérifier toi-même.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 142 :</strong> <em>[&#8230;]  &nbsp;&raquo; Pendant longtemps, Vadim ne s&rsquo;explique pas lui-même pourquoi il a accepté cette proposition. N&rsquo;a-t-il pas assez vu la guerre dans sa vie ? Pour sûr que si, jusqu&rsquo;à en avoir une indigestion&#8230; Parce qu&rsquo;il n&rsquo;a nulle part où aller ? Mais non, il sait qu&rsquo;il arrivera à se débrouiller&#8230; De crainte de se voir expulsé en Russie en cas de refus ? Il a cessé d&rsquo;avoir peur. Pas parce qu&rsquo;il en a perdu l&rsquo;habitude mais parce qu&rsquo;il n&rsquo;en est plus capable, come si quelque chose en lui s&rsquo;était engourdi&#8230; &nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p class="description"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements&nbsp;&raquo;, Mikhail Chevelev, Gallimard, 18€.  Traduction de Christine Zeytounian-Beloüs</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<item>
		<title>Maya Angelou ou le feu combatif qui embrase&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/02/16/maya-angelou-ou-le-feu-combatif-qui-embrase/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 07:28:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Je ne la connaissais absolument pas. Et ça aurait été vraiment dommage de passer à côté d&#8217;elle ! Les éditeurs ont souvent du talent pour vous faire découvrir des pépites. La preuve avec &#171;&#160;Rassemblez-vous en mon nom&#160;&#187;, écrit par Maya Angelou.  A considérer comme le deuxième tome d&#8217;une autobiographie qui en compte sept. Maya Angelou, née Marguerite Johnson en 1928 aux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782882506443-d3d13.jpg" rel="lightbox[5550]"><img class="alignleft size-full wp-image-5552 colorbox-5550" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782882506443-d3d13.jpg" alt="9782882506443-d3d13" width="250" height="391" /></a></p>
<p>Je ne la connaissais absolument pas. Et ça aurait été vraiment dommage de passer à côté d&rsquo;elle ! Les éditeurs ont souvent du talent pour vous faire découvrir des pépites. La preuve avec &laquo;&nbsp;<strong>Rassemblez-vous en mon nom&nbsp;&raquo;,</strong> écrit par <strong>Maya Angelou</strong>.  A considérer comme le deuxième tome d&rsquo;une autobiographie qui en compte sept.</p>
<p><strong>Maya Angelou</strong>, née <strong>Marguerite Johnson</strong> en 1928 aux Etats-Unis, fut poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice.</p>
<p>Elle a vécu en Egypte, au Ghana. Reviendra aux Etats-Unis en 1965 pour travailler avec <strong>Malcom X</strong>, rencontré en Afrique. Il est assassiné. Elle devient alors la coordinatrice new-yorkaise de l&rsquo;organisation de <strong>Martin Luther King</strong>.</p>
<p>En 2013, en tant que militante des droits civiques américains, elle a reçu le National Book Award pour <em>« service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine »</em>. Elle a côtoyé <strong>Nelson Mandela</strong>, <strong>Martin Luther King</strong>, <strong>Malcom X</strong> et<strong> James Baldwin</strong> qui l&rsquo;a incité à écrire. Nous sommes en 1968.</p>
<p>Elle est décédée le 28 mai 2014 à l’âge de 86 ans des suites d&rsquo;une longue maladie.</p>
<p>Figure emblématique de la vie artistique et politique aux Etats-Unis, <strong>Maya Angelou</strong> est l&rsquo;autrice de 7 autobiographies, de 3 essais et de plusieurs recueils de poésie. Elle a joué au théâtre, au cinéma et a participé à de nombreuses émissions télévisées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5550"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le premier tome de son autobiographie <strong>&laquo;&nbsp;Je sais pourquoi chante l&rsquo;oiseau en cage&nbsp;&raquo;</strong>, publié en 1969, lui a valu un succès et une renommée internationale.</p>
<p>Si ce premier opus raconte sa vie jusqu&rsquo;à ses 17 ans, c&rsquo;est à partir de cette date qu&rsquo;on la retrouve dans <strong>&laquo;&nbsp;Rassemblez-vous en mon nom&nbsp;&raquo;</strong>. Elle a 17 ans et un bébé de 2 mois, <strong>Guy</strong>.</p>
<p>Née dans le Missouri,<strong> Marguerite Johnson</strong> est encore bébé quand elle suit ses parents en Californie. Envoyée chez sa grand-mère dans l&rsquo;Arkansas, elle vit ses premières années dans un Etat où sévit encore la ségrégation.</p>
<p>A 7 ans, avec son frère<strong> Bailey</strong>, elle retourne vivre chez sa mère, <strong>Vivian Baxter</strong>, séparée. Elle y sera violée par le nouveau compagnon de celle-ci. Il sera tué quelques jours plus tard par un autre membre de la famille.</p>
<p>Le procès traumatise l&rsquo;adolescente qui en perd la parole. Retour chez sa grand-mère où une femme d&rsquo;affaire afro-américaine lui fait découvrir la littérature, lui apprend à prendre confiance. Son retour en Californie marque son entrée dans une école privée. Elle est la première noire à y étudier.</p>
<p>Avant ses 20 ans, <strong>Maya Angelou</strong> aura été cuisinière, danseuse de claquettes, chanteuse, tenancière de bordel, responsable d&rsquo;un restaurant. Elle tombe amoureuse. Est quittée. Rencontre un homme qui la met dans un bordel&#8230;</p>
<p>Au fil des pages, elle raconte son quotidien. Ses doutes, ses luttes avec clairvoyance, verbe et une volonté farouche. Inébranlable. Parce qu&rsquo;elle lit. Parce qu&rsquo;elle croit en son destin. Parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas peur. Elle s&rsquo;installe ici, part là-bas. Revient chez sa mère, en repart. Toujours en quête.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 98-99 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Une main sur la hanche et la tête penchée, je dissertais, quand Momma s&rsquo;absentait, sur les merveilles de l&rsquo;Ouest et le bonheur d&rsquo;être libre. N&rsquo;importe lequel de mes auditeurs aurait pu me demander pourquoi, si les choses étaient si formidables à San Francisco, j&rsquo;avais refait surface dans un patelin poussiéreux de l&rsquo;Arkansas ? Personne ne posa la question parce qu&rsquo;ils avaient tous besoin de croire qu&rsquo;un pays existait quelque part, même au-delà de l&rsquo;étoile Polaire, où les Nègres étaient traités comme des gens, et où les Blancs n&rsquo;étaient pas les ogres tout-puissants dont ils avaient l&rsquo;expérience.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 131 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A présent, j&rsquo;étais prête. Les choses s&rsquo;étaient finalement arrangées en ma faveur. Durant les deux années à venir, j&rsquo;occuperais la position sûre et digne d&rsquo;un bon soldat de l&rsquo;armée des Etats-Unis d&rsquo;Amérique. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma réserve naturelle, ajoutée à ma prétention à la sophistication, m&rsquo;empêcha de courir sur-le-champ signer le serment. Je fus capable de me retenir deux jour avant de succomber. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Debout devant le drapeau, une main sur la Bible et l&rsquo;autre plaquée sur ma poitrine, je jurai de défendre mon pays contre ses ennemis, etc. Les graves évocations, les nobles intentions m&rsquo;émurent tant qu&rsquo;à la moindre provocation j&rsquo;aurais fondu en larmes patriotiques.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 227 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pépé Ford exprima sa désapprobation :</em></p>
<p style="text-align: left"><em>- Ton frère me parait cinglé. Il dit qu&rsquo;il va lâcher son boulot. C&rsquo;est pas le moment de quitter le rail. Il a ses repas gratuits. Des pourboires. Il peut gagner de quoi mettre du beurre dans ses épinards, pas vrai ? Les nègres n&rsquo;ont que deux solutions aujourd&rsquo;hui, m&rsquo;est avis. Ou continuer à coucher avec la vieille Madame Southern Pacific ou bien coucher dans la rue. (Il ricana.) Et il est cinglé mais pas assez pour la rue. Merde. Il me rappelle ces petits juifs. Il est intelligent comme eux. Mais les petits juifs, eux, y trouvent de quoi ouvrir un petit commerce. C&rsquo;est comme ça qu&rsquo;ils débutent. N&rsquo;importe quel business qu&rsquo;il essaie de monter en marge de la loi, faudra qu&rsquo;y soit plus malin que de la merde de moustique. Pour ne pas aller en taule. Vaut mieux qu&rsquo;il reste sur le rail.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Rassemblez-vous en mon nom&nbsp;&raquo;, Maya Angelou, Notabilia, 18€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand les copines et leurs rêves se débinent&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/05/05/quand-les-copines-et-leurs-reves-se-debinent/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 May 2020 08:18:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Pas vraiment ma cam&#8230; je le savais en ouvrant &#160;&#187; Nos espérances &#171;&#160;, nouveau roman d&#8217;Anna Hope, dont je n&#8217;avais rien lu jusque-là. Je vais mettre cela sous le compte du coronavirus, ça lui apprendra L&#8217;histoire ? Elle est contemporaine. Traverse les années 90 jusqu&#8217;aux années 2010 et nous parle des parcours de trois amies, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ESPERANCES-OK.jpg" rel="lightbox[5122]"><img class="alignleft size-full wp-image-5124 colorbox-5122" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ESPERANCES-OK.jpg" alt="ESPERANCES OK" width="195" height="285" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">Pas vraiment ma cam&#8230; je le savais en ouvrant </span></span></span><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>&nbsp;&raquo; Nos espérances &laquo;&nbsp;</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">, nouveau roman d&rsquo;</span></span></span><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Anna Hope</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">, dont je n&rsquo;avais rien lu jusque-là. Je vais mettre cela sous le compte du coronavirus, ça lui apprendra <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5122" /></span></span></span></p>
<p><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">L&rsquo;histoire ? Elle est contemporaine. Traverse les années 90 jusqu&rsquo;aux années 2010 et nous parle des parcours de trois amies, anglaises. Trois trajectoires, trois histoires qui s&rsquo;entremêlent. Entre petites trahisons, rancunes sévères et retrouvailles joyeuses.</span></span></span></p>
<p><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Hannah, Cate </b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">et</span></span></span><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> </span></span></span></strong><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Lissa</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 1990 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l’art, l’activisme, l’amour et leur avenir, qu’elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire.</span></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5122"></span></p>
<p><span style="color: #333333"> <span style="font-size: small"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><br />
Les années passent, et à trente-cinq ans, entre des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites et chacune convoite ce que les deux autres semblent posséder. Qu’est-il arrivé aux femmes qu’elles étaient supposées devenir?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">Voilà ce que nous dit la quatrième de couverture&#8230;<br />
Au final, j&rsquo;ai bien eu du mal à me plonger dans les vies, les rêves avortés et les atermoiements de chacune de ces trois jeunes femmes. Il y a </span></span></span><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Lissa</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"> la comédienne qui finira par séduire le mari de son amie </span></span></span><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Hannah</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">, prête à tout pour devenir maman. Et puis </span></span></span><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Cate</b></span></span></span></strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">, qui s&rsquo;interroge sur son rôle de maman débordée, sur sa sexualité aussi&#8230; </span></span></span></p>
<p><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small">Voilà. J&rsquo;ai résumé.  Un peu court, je sais. Lapidaire, assurément. Mais franchement, ça ne m&rsquo;a pas inspiré davantage. </span></span></span></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #333333"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif"><span style="font-size: small"><b>Extraits</b></span></span></span></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 32 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Elle jette un coup d&rsquo;oeil réflexe à son portable. Toujours pas de nouvelles de la deuxième audition. Tchekhov. Ce qui en soi ne veut rien dire : on peut être heureusement surpris avoir avoir attendu des semaines entières, mais elle sent que l&rsquo;espoir entame sa lente décrue. Demain, si elle n&rsquo;a toujours pas eu de nouvelles, elle sera fébrile, d&rsquo;ici le week-end, dévastée et émotive, d&rsquo;ici le début de la semaine prochaine, sur la défensive&nbsp;&raquo;, rafistolée. Avec le temps, elle est devenue plus susceptible, pas moins.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 93 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Cate scrute le visage de son amie en quête de signes de stress mais n&rsquo;en voit aucun, elle a plutôt l&rsquo;impression que son regard ripe, comme si Hannah était recouverte d&rsquo;un enduit lisse et impénétrable, un visage de pierre sans aucune prise à laquelle se raccrocher, alors que Cate se sent poreuse. Plus que ça. C&rsquo;est comme s&rsquo;il y avait de grands trous béants en elle, à l&rsquo;intérieur desquels n&rsquo;importe qui pouvait jeter un oeil, fourrer le doigt et prononcer un jugement sur le bordel qui règne à l&rsquo;intérieur. Elle transpire, et Tom, qu&rsquo;elle sort de sa poussette, transpire aussi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 214 :</strong><em> &nbsp;&raquo; [&#8230;]Durant les jours qui suivent elle se sent glisser, comme si le bonheur était une danse dont elle aurait oublié les pas. Elle compte ses respirations. Elle compte ses atouts, essaie de rationaliser : pourquoi ce que font ses amies lui importe ? Pourquoi son bonheur devrait-il être indexé au leur ? Et pourtant c&rsquo;est le cas. Bizarrement, c&rsquo;est le cas : elle ne peut pas s&rsquo;empêcher de procéder à l&rsquo;inventaire de sa vie, l&rsquo;absence, à trente-trois ans, du moindre marqueur qui constitue une véritable vie d&rsquo;adulte. Elle commence à détester son boulot, prendre le métro tous les jours jusqu&rsquo;à Canary Wharf, participer, la corde au cou, à des réunions avec des banquiers qui pensent qu&rsquo;en vous consacrant une minute de leur temps ils changent le monde. Ce boulot avec lequel elle ne gagnera jamais assez pour s&rsquo;acheter une maison, s&rsquo;acheter de beaux habits.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Nos espérances&nbsp;&raquo;, Anna Hope, Gallimard, traduit de l&rsquo;anglais par Elodie Leplat, 22€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pearl ou la vie immobile&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/31/pearl-ou-la-vie-immobile/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/31/pearl-ou-la-vie-immobile/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 31 Dec 2018 09:17:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Encore un bon conseil de ma libraire bretonne  ! Une bonne pioche que je veux partager avec vous. Je vous préviens, ce n&#8217;est pas le roman le plus drôle de l&#8217;année, ni le plus léger. Loin de là ! Jennifer Clement (auteure de &#171;&#160;Prières pour celles qui furent volées&#160;&#187; notamment), que je ne connaissais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BALLES-PERDUES.jpg" rel="lightbox[4461]"><img class="alignleft size-full wp-image-4463 colorbox-4461" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BALLES-PERDUES.jpg" alt="BALLES PERDUES" width="300" height="456" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Encore un bon conseil de ma<a href="https://www.facebook.com/pages/category/Bookstore/LIBRAIRIE-LES-MOTS-VOYAGEURS-113472432004467/"> libraire bretonne </a> ! Une bonne pioche que je veux partager avec vous. Je vous préviens, ce n&rsquo;est pas le roman le plus drôle de l&rsquo;année, ni le plus léger. Loin de là !</p>
<p><strong>Jennifer Clement </strong>(auteure de <strong>&laquo;&nbsp;Prières pour celles qui furent volées&nbsp;&raquo;</strong> notamment), que je ne connaissais pas jusque-là, est poète, biographe et romancière. Elle a grandi dans le Connecticut. La quinquagénaire vit désormais à Mexico.</p>
<p>L&rsquo;histoire ?</p>
<p><strong>Margot</strong> a 17 ans et un nourrisson sous les bras quand elle quitte sa famille et la vie cossue aux bonnes manières dans laquelle elle a toujours vécu. Elle s&rsquo;installera dans sa voiture, une Mercury dont elle fera un nid douillet pour elle et sa fille. Une solution qui se voulait temporaire. Elle durera quatorze ans&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4461"></span></p>
<p><strong>Pearl</strong>, à la peau si blanche, va donc grandir sur un parking&#8230; à proximité de caravanes habitées par d&rsquo;autres éclopés de la vie. C&rsquo;est elle qui nous raconte son histoire. Sans mièvrerie. Officiellement, elle n&rsquo;existe pas. Pas de papiers, personne pour s&rsquo;occuper d&rsquo;elle quand le pire arrive.</p>
<p>Elle va à l&rsquo;école, sa mère, elle, travaille comme femme de ménage. Elles dînent dans des assiettes en porcelaine de Limoges – vestiges d&rsquo;une vie révolue – chantent des chansons d&rsquo;amour, mais dorment dans une voiture qui ne bouge plus depuis des années&#8230;</p>
<p>Une vie difficile mais remplie de poésie&#8230; et de bonnes manières, même à proximité d&rsquo;alligators. <strong>Pearl</strong> et son amie <strong>Avril May, </strong>elles, multiplient les bêtises. Pour tuer le temps.</p>
<p>Tout bascule cependant quand <strong>Eli</strong> entre en scène. Le Texan, amateur d&rsquo;armes à feu et impliqué dans un trafic avec le <strong>pasteur Rex</strong>, va se rapprocher de <strong>Margot</strong>, proie si fragile. Petit à petit, il prendra de la place dans la Mercury.</p>
<p><strong>Pearl, </strong>devenue adolescente,<strong> </strong>s&rsquo;éloigne. Elle sent le danger. Et se réfugie souvent dans la caravane d&rsquo;un couple de Mexicains pas vraiment honnêtes non plus. Jusqu&rsquo;au drame.</p>
<p>Au fil des pages, c&rsquo;est, au coeur de la Floride, l&rsquo;Amérique des petites gens qui se dessine. Ceux qu&rsquo;on ne voit plus. C&rsquo;est l&rsquo;économie de la débrouille aussi, le quotidien teinté de violence (celle des armes, omniprésentes et de la société de consommation), et la religion pour continuer de croire à autre chose&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Moi ? J&rsquo;ai été élevée dans une voiture. Et quand on vit dans une voiture, on ne s&rsquo;inquiète pas des orages et des éclairs. On a peur des camions d la fourrière qui pourraient venir vous enlever. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère et moi nous avons emménagé dans une Mercury quand elle avait dix-sept ans et que j&rsquo;étais un nourrisson. Du coup, notre voiture, garée au bord d&rsquo;un parking pour caravanes au milieu de la Floride, est le seul chez-moi que j&rsquo;ai jamais connu. Nous vivions une existence au jour le jour, un peu comme ces jeux où il fallait relier des points et des chiffres pour faire un dessin, on ne pensait pas trop à l&rsquo;avenir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ma mère était si gentille qu&rsquo;elle l&rsquo;était trop. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Selon l&rsquo;avis de certains, quelqu&rsquo;un d&rsquo;aussi gentil aurait mérité qu&rsquo;on l&rsquo;enferme. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle ne me disait jamais non.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle aimait à dire : Je suis comme deux cents grammes de sucre en poudre, si on a besoin de douceur, on peut me demander à toute heure. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle était vraiment deux cents grammes de sucre en poudre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais la douceur est toujours à la recherche du Grand Méchant Loup. Et le Grand Méchant Loup repère toujours Mademoiselle Douceur au milieu de n&rsquo;importe quelle foule. Comme deux aimants qui s&rsquo;attirent. Monsieur Grand Méchant Loup était le réfrigérateur et Mademoiselle Douceur était le petit aimant &laquo;&nbsp;Florida loves Oranges&nbsp;&raquo; collé sur la porte. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère a invité Eli Redmond dans notre voiture.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 153 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je sais que le coeur empathique de ma mère s&rsquo;est embrasé quand il a commencé à tirer. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère savait qu&rsquo;il avait traversé les Etats-Unis en stop, de la Californie jusqu&rsquo;à la Floride, pour savoir si l&rsquo;amour existait en Amérique.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>A l&rsquo;intérieur de son corps, ma mère était capable de voir des trains électriques, des bonbons d&rsquo;Halloween et des pistolets en plastique, et même une carabine à air comprimé pour tuer les oiseaux.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle sentait les coups de soleil sur ses épaules.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère savait que ce jeune homme avait juste besoin d&rsquo;amour. Il avait besoin qu&rsquo;une fille le prenne par la main et l&rsquo;attire dans son lit. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;amour n&rsquo;existait pas en Amérique. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère a marché vers le revolver qui tirait sur elle, comme si elle entrait dans la pluie d&rsquo;un arroseur automatique, par un jour chaud de juillet, en Floride. Mouille-moi, mouille-moi, tue-moi, tue-moi, mouille-moi, tue-moi.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;Balles perdues&nbsp;&raquo;, Jennifer Clement, Flammarion, 20 €. Traduction de Patricia Reznikov. </em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Coup de spleen sur l&#8217; &#171;&#160;American way of life&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/28/coup-de-spleen-sur-l-american-way-of-life/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/28/coup-de-spleen-sur-l-american-way-of-life/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Nov 2018 08:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Jeffrey Eugenides est de retour ! Profitons-en ! L&#8217;auteur américain, lauréat du prix Pulitzer, excusez du peu, écrit un livre&#8230; tous les neuf ans. Après &#171;&#160;Virgin suicides&#160;&#187; ( salué par la critique et adapté au cinéma par Sofia Coppola), &#171;&#160;Middlesex&#160;&#187; et &#171;&#160;Le roman du mariage&#160;&#187;, le sexagénaire est de retour avec un premier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><strong>Jeffrey Eugenides</strong> est de retour ! Profitons-en ! L&rsquo;auteur américain, lauréat du prix Pulitzer, excusez du peu, écrit un livre&#8230; tous les neuf ans. Après <strong>&laquo;&nbsp;Virgin suicides&nbsp;&raquo; </strong>( salué par la critique et adapté au cinéma par Sofia Coppola), <strong>&laquo;&nbsp;Middlesex&nbsp;&raquo;</strong> et <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/07/lintrigue-conjugale-sous-reagan-par-jeffrey-eugenides/"><strong>&laquo;&nbsp;Le roman du mariage&nbsp;&raquo;</strong></a>, le sexagénaire est de retour avec un premier recueil de nouvelles <strong>&laquo;&nbsp;Des raisons de se plaindre&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DES-RAISONS.jpg" rel="lightbox[4446]"><img class="alignleft wp-image-4447 size-medium colorbox-4446" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DES-RAISONS-197x300.jpg" alt="DES RAISONS" width="197" height="300" /></a>Nouveau format donc pour celui qui nous parle de l&rsquo;Amérique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Toujours. Les dix nouvelles réunies dans son recueil ont été écrites et publiées ( dans le New Yorker) au fil des trente dernières années.</p>
<p>Là, souvent réécrites ou lissées, indiquent des journalistes, elles évoquent des illusions perdues, nous font rencontrer des couples dysfonctionnels, et une middle-class américaine perdue&#8230; entre consumérisme et perte des valeurs morales. Bref, gros coup de spleen sur les USA !</p>
<p>J&rsquo;ai préféré les plus récentes des nouvelles compilées là. A chaque nouvelle histoire, le ou les personnages principaux ( en majorité des hommes, donc), se trouvent à un carrefour de leur existence. Ils ont fait des choix, ou subissent ceux faits à leur insu. Font, dès lors, preuve de mauvaise foi, ou déni&#8230; ou de culpabilité.</p>
<p><span id="more-4446"></span></p>
<p>Tous aussi ont des questions prosaïques à régler : l&rsquo;argent est au coeur de toutes ces nouvelles ou presque. Qu&rsquo;ils en rêvent, qu&rsquo;ils en manquent, qu&rsquo;ils le volent ou trouvent des stratagèmes pour le détourner. Mais rien ne se passe jamais comme prévu&#8230;</p>
<div><strong>Si vous n&rsquo;avez jamais vu le film &laquo;&nbsp;Virgin suicides&nbsp;&raquo;, voici la bande-annonce diffusée à l&rsquo;époque</strong></div>
<div id="blogvision"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=3942.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Virgin suicides</a><br />
<a href="http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19466934&amp;cfilm=3942.html"><strong>Virgin suicides</strong> Bande-annonce VO</a></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 109 dans &laquo;&nbsp;Musique ancienne&nbsp;&raquo; : </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Les femmes qui travaillent vraiment ne manquaient pas. Rebecca n&rsquo;était pas l&rsquo;une d&rsquo;elles voilà tout. Aujourd&rsquo;hui, dès qu&rsquo;une femme exerçait une activité, on disait qu&rsquo;elle travaillait. Un homme confectionnant des souris en peluche était considéré, au mieux, comme pourvoyant mal aux besoins de sa famille, au pire, comme un minable. Alors qu&rsquo;une femme titulaire d&rsquo;une maîtrise et d&rsquo;un quasi-doctorat en musicologie, et qui cousait à la main des rongeurs parfumés micro-ondables, était à présent considérée ( surtout par ses amies mariées) comme un entrepreneur&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 205-206 dans &nbsp;&raquo; Des jardins capricieux &nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] L&rsquo;idée de ce quinquagénaire corpulent se jetant du haut d&rsquo;une falaise, Maria la trouve comique. Les yeux de Malcolm sont humides, elle le voit, mais la sincérité de son émotion ne fait que le lui rendre plus lointain encore. C&rsquo;est peut-être vrai qu&rsquo;il a envisagé de se suicider, c&rsquo;est peut-être vrai que ce repas ( comme il le soutient) le ramène maintenant à la vie, mais c&rsquo;est une erreur de penser qu&rsquo;elle, qui le connaît à peine, puisse partager sa peine ou sa joie. Un instant, elle se reproche son manque de compassion pour Malcolm ( avec des trémolos dans la voix, il décrit &laquo;&nbsp;les jours très sombres&nbsp;&raquo; qui ont suivi le départ de sa femme), mais cet instant passe vite. Inutile de se voiler la face : elle ne ressent rien. Elle donne un petit coup de pied à Annie sous la table. Annie esquisse un sourire puis se cache la bouche derrière sa serviette. Maria frotte son pied contre le mollet d&rsquo;Annie. Annie retire sa jambe Maria ne la trouve plus. Elle la cherche du bout de sa chaussure et guette le regard d&rsquo;Annie pour pouvoir lui faire un clin d&rsquo;oeil, mais Annie garde les yeux rivés sur une assiette.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 231 dans &laquo;&nbsp;Fondements nouveaux&nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Comme la plupart des honnêtes gens, Kendall rêvait parfois de commettre des actes illicites. Mais les jours qui suivirent, il se surprit à nourrir ces rêves avec une assiduité suspecte. Comment détournait-on de l&rsquo;argent quand on voulait le faire bien ? Quelles étaient les erreurs les plus fréquentes ? Comment se faisait-on prendre et à quelles sanctions s&rsquo;exposait-on ? &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Des raisons de se plaindre&nbsp;&raquo;, de Jeffrey Eugenides, les Editions de l&rsquo;Olivier, 22,50€. Traduction de Olivier Deparis.</strong></em></p>
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		<title>Au bord des lacs, la rudesse des sentiments</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 07:58:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  &#160; On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&#8217;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs. Là, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="alignleft wp-image-4438 size-medium colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS-204x300.jpg" alt="SOUPLESSE OS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&rsquo;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs.</p>
<p>Là, on suit <strong>D.W. Wilson</strong>, un auteur trentenaire qui, après un premier roman, signe là un recueil de nouvelles passionnant,<strong> &laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p>C&rsquo;est là que nous croisons une dizaine de personnages qui, au fil de ce recueil de douze nouvelles, se croisent. Se quittent. Se battent. S&rsquo;expliquent. Ou, au contraire, ne trouveront jamais les mots&#8230;</p>
<p>Des pères et leurs fils, des amis, des frères&#8230; Un monde où les hommes sont rudes, taiseux, virils&#8230; et pas toujours fins. Vulnérables aussi. Mais également dignes, obstinés.</p>
<p>Les bonnes intentions se transforment parfois en échecs cuisants, les non-dits gâchent des vies&#8230;</p>
<p>Au final, des histoires qui, mises bout à bout, peuvent se lire comme un roman ou, au choix, comme une succession de bouts de vie rondement menée. Bien écrites.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4442" style="width: 588px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="wp-image-4442 size-full colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" alt="QUEBEC" width="578" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Dans un parc, au Québec, que j&rsquo;ai arpenté en septembre 2017.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4436"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 (&laquo;&nbsp;Sédiments&nbsp;&raquo;) :</strong> [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Mais c&rsquo;est l&rsquo;été, que voulez-vous. L&rsquo;été comme moi, je le vis. Ces nuits-là sont courtes et certains soirs, je m&rsquo;endors, je me réveille et je rêve, sous mon porche, en attendant que l&rsquo;aube taquine la cime des montagnes. Bellows est le seul à avoir jamais pris ma défense. Même mon père, paix à son âme, n&rsquo;a jamais eu ce cran-là. Lorsque la nuit bat en retraite et que l&rsquo;aube se pare de cobalt, je regagne ma maison d&rsquo;un pas traînant et je mets de la musique pour chasser la solitude. Je me sers un verre. Il reste certainement des choses que Bellows et moi, on a enfouies en nous, mais ce bateau-là, si je reprends une expression paternelle, est rentré au port. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà comment j&rsquo;imagine nos adieux : la veille de son départ on monte dans la Camaro et on fonce comme des dingues à travers la carrière tous phares éteints, et on braille, on se marre, on s&rsquo;embrasse et on multiplie les dérapages contrôlés et à la fin on a soulevé tellement de gravillons qu&rsquo;on croirait qu&rsquo;une tornade est passée derrière nous.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 110 (&laquo;&nbsp;C&rsquo;te crevure de vache&nbsp;&raquo;) :</strong><em>[&#8230;] Le plan de Biff : localiser le gamin en passant le lac gelé au peigne fin, quitte à retourner toute la Colombie-Britannique, même les étendues glacées du Grand Nord s&rsquo;il le fallait, et lui mettre une petite tape sur le genou. C&rsquo;était le minimum : personne d&rsquo;autre n&rsquo;avait jamais levé le petit doigt pour lui sauver la vie. Car le gamin lui avait sauvé la vie, oui, sur une exploitation agricole dans les Prairies, et il n&rsquo;avait pas plus de treize ans à l&rsquo;époque. Biff avait déjà frôlé la mort, plus d&rsquo;une fois – il avait failli se noyer dans la rivière Kicking Horse et chopé une pneumonie gravissime à onze ans –, mais seul le gamin s&rsquo;était jeté sous les sabots d&rsquo;un taureau déchaîné, pour reprendre le proverbe, à deux trois détails près.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 180 (&laquo;&nbsp;L&rsquo;écho au fond de la vallée&nbsp;&raquo;) :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Winch atteignit un point de non-retour. Une énorme pression le propulsa vers l&rsquo;avant. Son père portait un T-shirt gris au tissu élimé et au col troué, un jean aussi crasseux que celui d&rsquo;un poivrot. Il avait les yeux rougis, fous, exorbités. Winch avança à grandes enjambées, chassa du pied une pile de livres et, prenant son élan, il se rua sur son père, le saisit par le cou et le plaqua contre le mur en Placoplâtre. Il banda ses muscles et son bras nu, perlé de gouttes, se raidit. Son père agrippa l&rsquo;étau de ses doigts, tira dessus. La scène de bagarre entre ses parents à laquelle il avait assisté se rejouait, les pupilles de son père qui s&rsquo;étrécissaient, ses gestes qui devenaient frénétiques. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Winch gifla son père du revers de la main, si fort qu&rsquo;il s&rsquo;ouvrit les jointures des doigts.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;, D.W. Wilson, Editions de l&rsquo;Olivier, 23 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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