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	<title>Quatrième de couv &#187; stigmatisation</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Jusque dans les étoiles, suivre Gio</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Nov 2023 15:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Je découvre encore les romans sortis lors de la rentrée littéraire d&#8217;août et septembre. Un régal de plonger dans toutes ces nouvelles histoires, déclinées dans différents villes et pays, à différentes époques&#8230; L&#8217;occasion aussi de retrouver quelques-uns de mes auteur(e)s chéri(e)s dans de nouvelles aventures. Alors imaginez ma joie quand j&#8217;ai reçu les épreuves non-corrigées du Chien des étoiles, second [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="page">
<p><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/le-chien-des-etoilesOK.jpg" rel="lightbox[6406]"><img class="alignleft wp-image-6409 size-medium colorbox-6406" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/le-chien-des-etoilesOK-225x300.jpg" alt="le-chien-des-etoilesOK" width="225" height="300" /></a></em></p>
<div id="page">
<p>&nbsp;</p>
<div id="page">
<p>Je découvre encore les romans sortis lors de la rentrée littéraire d&rsquo;août et septembre. Un régal de plonger dans toutes ces nouvelles histoires, déclinées dans différents villes et pays, à différentes époques&#8230; L&rsquo;occasion aussi de retrouver quelques-uns de mes auteur(e)s chéri(e)s dans de nouvelles aventures.</p>
<div id="page">
<p>Alors imaginez ma joie quand j&rsquo;ai reçu les épreuves non-corrigées du <strong><em>Chien des étoiles, </em></strong>second roman de <a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/prix-robles-4-6-dimitri-rouchon-borie-ou-le-demon-et-les-mots-de-l-horreur"><strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong></a> !</p>
<p>Agé de 46 ans, ce dernier était jusqu&rsquo;à l&rsquo;été dernier, journaliste au <em>Télégramme</em>, à Saint-Brieuc, où il était en charge des faits divers et de la justice. Il travaille désormais à Rennes.</p>
<p>En 2021, je l&rsquo;ai interviewé, puis rencontré lors de la remise du prix Roblès, à Blois, qu&rsquo;il venait de remporter (entre autres prix, pas moins de 13 au total !) pour <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/14/au-pied-de-la-colline-lenfance-nue/">Le Démon de la colline aux loups</a></strong>. <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> est également l&rsquo;auteur de <em>Ritournelle</em> et de <em>Fariboles,</em> toujours au<em> Tripode. </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce nouveau roman ? <strong>Gio</strong> a vingt ans, peut-être un peu plus. Sa vie n’est plus la même depuis qu’un lâche lui a planté un tournevis dans le crâne. Désormais, <strong>Gio</strong> voit ce que peu de gens devinent. La beauté de la nuit. L’appel des chouettes. La grandeur de ses amis <strong>Papillon,</strong> muet mais qui s&rsquo;est inventé un langage et la belle <strong>Dolores</strong>, 16 ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6406"></span></p>
<p>Voilà un étonnant road movie gitan, cruel, beau et doux à la fois. Une épopée singulière. Et divinement bien écrite. <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> confirme ici son talent à raconter autrement les histoires. Avec beaucoup d&rsquo;humanité. Que ce soit dans un train de marchandises, sous une tente ou dans une maison à l&rsquo;écart d&rsquo;un village.</p>
<p><strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> explique avoir écrit ce texte en deux mois. Une histoire qui l&rsquo;a laissé sans défense aucune, <em>&laquo;&nbsp;bouleversé par une émotion aigüe, et que je parvenais pas à mettre à distance&nbsp;&raquo;. </em>Il poursuit en disant que ce nouveau roman est un livre sur le lien et la séparation, sur l&rsquo;atrocité de la perte et comment on récrée malgré tout un monde après ça.</p>
<p>C&rsquo;est cruel et lumineux. Un régal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 35 : </strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] &#8211; Voilà venu le temps qu&rsquo;on parlemente et qu&rsquo;on fixe la dette. Vous avez ici le crédit d&rsquo;une vie. Et si vous étiez pas des cousins, peut-être, mais je dis bien peut-être, qu&rsquo;on vous aurait déjà brûlé vifs dans les grottes qui servent de maisons à vos manières préhistoriques. Regardez bien mon fils qui est revenu vivant de la mort où vous l&rsquo;avez jeté. Regardez. La pluie qui nous tombe sur la gueule, c&rsquo;est sa tristesse à lui, c&rsquo;est la malédiction que vous lui avez glissée dans le crâne. Regarde Michal comme elle est grasse la pluie. Et toi, Tino, sniffe, nom de Dieu, sniffe si ça sent pas les enfers.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 147 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pour les autres Gio est devenu le Fou Hurlant, une légende des transcontinentaux. On dit que des trimards cherchent son train juste pour le rencontrer et dire qu&rsquo;ils ont voyagé avec le fantôme des rails. Et comme les surveillants le laissent tranquille, et les douanes aussi, et la police, ceux qui ont le courage de venir s&rsquo;approcher de son tombeau ferroviaire sont finalement un peu plus tranquilles qu&rsquo;ailleurs. D&rsquo;autres ont préféré sauter au milieu de nulle part pour échapper à l&rsquo;atmosphère atroce qu&rsquo;il distille.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 193 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Camarade a cette façon d&rsquo;apaiser la tension du dessin. La fresque avait raconté la guerre du clan Belco, le train, elle avait montré ensuite la capitale et le quartier Est, les chevaux de Micek, la bagarre des deux géants et les putes de Grand-Mère. Papillon n&rsquo;avait rien oublié de tout ça, et, à sa mort, il avait presque achevé son travail. Il lui restait juste à dessiner Dolores, Gio et lui-même tout en haut, au milieu. Au-dessus il avait fait des nuages et il avait dit à Gio que c&rsquo;était le ciel du paradis qu&rsquo;il devrait faire là.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
</div>
<p><em><strong> Le chien des étoiles, Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode, 19 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
</div>
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		<title>Les années sida sous perfusion</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/01/25/les-annees-sida-sous-perfusion/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2017 11:57:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Témoins de Jéhovah]]></category>

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		<description><![CDATA[Une énorme claque. Voilà ce que j&#8217;ai ressenti en plongeant ( 590 pages tout de même !) dans &#171;&#160;N&#8217;essuie jamais de larmes sans gants&#160;&#187;, sur les conseils de ma libraire bretonne préférée (&#171;&#160;Les mots voyageurs&#160;&#187;, à Quimperlé dans le Finistère). Le titre, étrange, invite à ouvrir ce gros livre. Il s&#8217;agit du conseil d&#8217;une infirmière [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/n-essuie-jamais-de-larmes-sans-gantsM382140.jpg" rel="lightbox[3846]"><img class="alignleft size-full wp-image-3848 colorbox-3846" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/n-essuie-jamais-de-larmes-sans-gantsM382140.jpg" alt="n-essuie-jamais-de-larmes-sans-gants,M382140" width="214" height="340" /></a></strong></p>
<p>Une énorme claque. Voilà ce que j&rsquo;ai ressenti en plongeant ( 590 pages tout de même !) dans <strong>&laquo;&nbsp;N&rsquo;essuie jamais de larmes sans gants&nbsp;&raquo;</strong>, sur les conseils de ma libraire bretonne préférée (&laquo;&nbsp;Les mots voyageurs&nbsp;&raquo;, à Quimperlé dans le Finistère).</p>
<p>Le titre, étrange, invite à ouvrir ce gros livre. Il s&rsquo;agit du conseil d&rsquo;une infirmière à une aide-soignante alors qu&rsquo;à côté d&rsquo;elles, un jeune homme meurt du sida sur son lit d&rsquo;hôpital.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle nous emmène dans la Suède des années 80 et 90, au coeur de la communauté homosexuelle installée à Stockholm. Parmi des hommes qui s&rsquo;aiment et se désirent que le sida va précipiter vers le déshonneur (à l&rsquo;époque, le manque d&rsquo;information provoque de vrais catastrophes)&#8230; et la mort.</p>
<p>Au fil des pages, particulièrement bien documentées sur le sujet, on suit, année après année, les vies de <strong>Rasmus</strong>, <strong>Benjamin</strong>, <strong>Reine</strong>, <strong>Bengt</strong>, <strong>Lars-Ake</strong>, <strong>Seppo</strong> et <strong>Paul. </strong></p>
<p>Ils ont quitté leur famille, leur ville ou village d&rsquo;origine pour rejoindre la capitale et enfin vivre comme ils l&rsquo;ont toujours voulu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3846"></span></p>
<p><strong>Rasmus</strong> a quitté le cocon familial, convaincu de sa différence depuis sa plus tendre enfance. Comme l&rsquo;élan blanc qu&rsquo;il verra un jour alors qu&rsquo;il se promène en forêt avec son père. Si ce dernier voie en l&rsquo;animal <strong>&laquo;&nbsp;une aberration de la nature&nbsp;&raquo;</strong>, Rasmus alors enfant lui répond : <strong>&laquo;&nbsp;Pourtant il existe&nbsp;&raquo;</strong>. Et tente de survivre dans un environnement qui ne veut pas de lui. Comme les homos.</p>
<p><strong>Benjamin</strong> découvre sur le tard son attirance pour les hommes. Pilier des Témoins de Jéhovah comme son père, il va essayer de concilier sa foi et son histoire d&rsquo;amour avec <strong>Rasmus</strong>. Jusqu&rsquo;à ce que cela ne soit plus possible. Et pour cause. Le &laquo;&nbsp;cancer gay&nbsp;&raquo; comme on l&rsquo;appelle alors par méconnaissance et peur fait ses premiers ravages dans la communauté américaine tout d&rsquo;abord, puis européenne.</p>
<p>La Suède, malgré la désinformation savamment orchestrée, n&rsquo;est pas épargnée. De fêtes déjantées en isolement à l&rsquo;hôpital, d&rsquo;annonces aux parents en choix du suicide, ce sont les années sida qui se déclinent sous les mots de<strong> Jonas Gardell</strong>, traduits du suédois par Jean-Baptiste Coursaud et Lena Grumbach.</p>
<p>Observateur attentif de la société dans laquelle il évolue, <strong>Jonas Gardell</strong> a fait ses débuts en littérature en 1985 avec un roman sur l&rsquo;amour homosexuel. Depuis, il n&rsquo;a pas arrêté de publier. IL est aussi réputé en Suède pour ses one-man show et ses interventions provocantes dans la boîte à images.</p>
<p><strong>Son roman mêle drôlerie et souffrance. Montre comment ces hommes ont dû se débrouiller pour comprendre et se battre contre une maladie qui les mettait toujours plus à l&rsquo;écart d&rsquo;une société déjà peu tolérante. Un roman puissant, ancré dans la réalité d&rsquo;une période qui laisse un mauvais goût dans la bouche : celui de l&rsquo;intolérance grasse.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 59 :</strong><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est si difficile à comprendre, c&rsquo;était une époque si différente. Et il est si loin, l&rsquo;automne 1982 qui décrivent ces événements ; il semble remonter à des temps immémoriaux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>A peine trois ans plus tôt, l&rsquo;homosexualité était encore officiellement classée parmi les maladies mentales et cataloguée comme par la société. Les psychiatres les éminents du pays, Johan Cullberg en tête, qualifiaient l&rsquo;homosexualité de tare. L&rsquo;homme homosexuel était une pauvre petite chose infantile et tourmentée, un sujet dont le développement s&rsquo;est arrêté au stade anal, une créature pathétique, rivée à sa mère, dépendante d&rsquo;autrui.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 240 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Le petit Reine, timide, romantique, gauche, toujours brûlant d&rsquo;un amour malheureux, que Rasmus et Benjamin ne connaissaient que depuis quelques mois brefs et intenses. Il était renforcé sur la banquette, osant à peine respirer, sans défense.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les mots le pénétraient comme un poison. Punition de Dieu. Lèpre. Aucun remède. Bien fait pour eux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il le savait. Il savait que l&rsquo;ennemi s&rsquo;était déjà emparé de lui, qu&rsquo;il se multipliait déjà en lui, sans trêve ni repos, le détruisant méthodiquement, patiemment, sournoisement. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les prières ne lui seraient d&rsquo;aucun secours. Aucun médicament ne pourrait l&rsquo;aider. Son médecin ne pouvait rien pour lui. Il avait déjà été infecté. Et le journal avait raison : c&rsquo;était bien fait pour sa gueule.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 488 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ce qui est raconté dans cette histoire s&rsquo;est réellement passé. Et ça s&rsquo;est passé ici, dans cette ville. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;était comme une guerre menée en temps de paix. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Tout autour, la vie continuait comme s&rsquo;il ne se passait absolument rien. Les saisons se succédaient, des foyers de troubles s&rsquo;allumaient et s&rsquo;éteignaient à différents endroits du monde, comme des feux follets qui flamboient puis disparaissent. L&rsquo;attention des individus était attirée par ceci, par cela, et cette maladie épouvantable n&rsquo;était qu&rsquo;un des nombreux tourments qui frappaient les autres. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Si on n&rsquo;était pas concerné, on ne se rendait pas du tout compte de la mort, cette mort qui était arrivée en ville et qui pendant un certain nombre d&rsquo;années a été une invitée quotidienne pour des hommes tels que Paul, Benjamin, Seppo et Lars-Ake.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left">
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;N&rsquo;essuie jamais de larmes sans gants&nbsp;&raquo;, Jonas Gardell (traduction de Jean-Baptiste Coursaud et Lena Grumbach), Gaïa Editions, 24€.</em></strong></p>
<p style="text-align: left">
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