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	<title>Quatrième de couv &#187; sexualité</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Dire non à une vie &#171;&#160;lamentable&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 24 May 2022 13:03:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Radicale. Quitte à en faire trop. Constance Debré a décidé, il y a plusieurs années déjà, de se délester. De tout. De son mari, de son fils, de son parcours scolaire brillant, de son métier d&#8217;avocate, de sa sexualité d&#8217;hétéro aussi. Elle a décidé de vivre avec peu, voire rien. D&#8217;écrire, d&#8217;aimer et de nager. Tous les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/NOM.jpg" rel="lightbox[6019]"><img class="alignleft size-full wp-image-6003 colorbox-6019" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/NOM.jpg" alt="NOM" width="195" height="304" /></a></p>
<p style="text-align: left">Radicale. Quitte à en faire trop. <strong>Constance Debré</strong> a décidé, il y a plusieurs années déjà, de se délester. De tout. De son mari, de son fils, de son parcours scolaire brillant, de son métier d&rsquo;avocate, de sa sexualité d&rsquo;hétéro aussi. Elle a décidé de vivre avec peu, voire rien. D&rsquo;écrire, d&rsquo;aimer et de nager. Tous les jours.</p>
<p style="text-align: left">Je l&rsquo;avais découverte pendant le premier confinement, dans la lumière printanière d&rsquo;un jardin familier. J&rsquo;avais plongé dans <strong><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/05/18/lamour-et-lecriture-au-plus-pres-des-choses/">Love me tender</a></em></strong> avec délice, sa première autofiction. Enthousiasmée par tant de force dans le propos et d&rsquo;application dans les faits. Alors j&rsquo;avais également lu <strong><em>Play boy</em></strong>. Pour comprendre. Pour tenter de suivre les choix radicaux de cette femme que l&rsquo;on découvre désormais le crâne rasé, la silhouette longiligne et masculine.</p>
<p style="text-align: left">Dans la droite ligne de ses écrits précédents, <strong>Constance Debré</strong> persiste et signe. Cette fois, elle s&rsquo;attaque à son nom. Et dit non. Facile ? Sur le papier, oui. Elle, elle le vit. S&rsquo;accommode d&rsquo;un patronyme qui a donné tant de ministres, d&rsquo;élus et de mandarins. Elle, c&rsquo;est la fille de celui qui n&rsquo;a pas suivi le modèle familial. Qui a cherché à s&rsquo;en éloigner au plus loin. Journaliste, documentariste, il s&rsquo;est perdu dans les drogues. Comme sa femme d&rsquo;ailleurs. Mannequin, elle mourra quand <strong>Constance</strong> est adolescente.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-6019"></span></p>
<p style="text-align: left"><strong>Constance Debré</strong> s&rsquo;est construite. Contre. Autrement. Avant de tout faire exploser, par souci de vérité.  Un ton péremptoire ? Peut-être. Mais c&rsquo;est aussi sa marque de fabrique et une obligation morale désormais. Les phrases sont sèches, à l&rsquo;os. Un régal de lecture. Au-delà de l&rsquo;exercice de style.</p>
<p style="text-align: left">La quatrième de couverture de <strong><em>Nom</em></strong> se veut un plaidoyer. Implacable. <em>« J’ai un programme politique. Je suis pour la suppression de l’héritage, de l’obligation alimentaire entre ascendants et descendants, je suis pour la suppression de l’autorité parentale, je suis pour l’abolition du mariage, je suis pour que les enfants soient éloignés de leurs parents au plus <span class="details">jeune âge, je suis pour l’abolition de la filiation, je suis pour l’abolition du nom de famille, je suis contre la tutelle, la minorité, je suis contre le patrimoine, je suis contre le domicile, la nationalité, je suis pour la suppression de l’état civil, je suis pour la suppression de la famille, je suis pour la suppression de l’enfance aussi si on peut. »</span></em></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 23 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai un corps. Il a fallu des années. Ce n&rsquo;est pas une idée, ce n&rsquo;est pas un discours, c&rsquo;est un fait vérifiable dans la glace. Mon corps est apparu quand je suis devenue écrivain, quand je suis devenue homosexuelle, quand je me suis débarrassée de beaucoup de choses et que j&rsquo;ai perdu le reste. Concrètement, dans mes muscles et mes tendons, dans mon visage et les os de mon crâne. Ce n&rsquo;est pas mon nom, c&rsquo;est mon corps qui m&rsquo;intéresse. Il faut être très concentré, très sérieux quand on vit comme ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 92  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Un port commercial de seconde zone près de Perpignan. Les cargos sous les fenêtres, le bruit des grues, le déchargement des conteneurs la nuit. Dans le salon il y a une affiche I want to believe avec une soucoupe volante. Des gens comme moi le confinement ça les arrange, des gens comme moi ils ne le remarquent même pas ou bien ça les amuse, ça fait des occasions d&rsquo;aventure. Les gens comme moi aiment les catastrophes légères pour l&rsquo;ambiance philosophique que ça donne au monde. J&rsquo;ai dit oui à cette fille que j&rsquo;ai vue deux fois, une après-midi à Saint-Etienne et une nuit à Paris, j&rsquo;ai mis l&rsquo;ordinateur dans un sac un jean et deux tee-shirts et j&rsquo;ai quitté ma chambre du quatorzième. J&rsquo;essaye, j&rsquo;essaye toujours, je suis un chevalier de la foi et chaque fois j&rsquo;y crois.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 107 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;ai un programme politique. Je suis pour la suppression de l&rsquo;héritage, de l&rsquo;obligation alimentaire entre ascendants et descendants, je suis pour la suppression de l&rsquo;autorité parentale, je suis pour l&rsquo;abolition du mariage, je suis pour que les enfants soient éloignés de leurs parents au plus jeune âge, je suis pour l&rsquo;abolition du nom de famille, je suis contre la tutelle, la minorité, je suis contre le patrimoine, je suis contre le domicile, la nationalité, je suis pour la suppression de l&rsquo;état civil, je suis pour la suppression de la famille, je suis pour la suppression de l&rsquo;enfance aussi si on peut.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Nom, Constance Debré, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la France de l&#8217;entre-deux&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/14/dans-la-france-de-lentre-deux/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/12/14/dans-la-france-de-lentre-deux/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Dec 2018 08:23:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si les personnages de Nicolas Mathieu avaient vécu à notre époque, il se peut qu&#8217;on les aurait retrouvés sur les barrages montés par les Gilets jaunes.  Pour dénoncer une société sur laquelle ils n&#8217;ont plus de prise et dans laquelle ils ne croient plus&#8230; Le deuxième roman de Nicolas Mathieu se déroule dans les années [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Leurs-enfants-apres-eux_2834.jpg" rel="lightbox[4489]"><img class="alignleft wp-image-4493 size-medium colorbox-4489" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Leurs-enfants-apres-eux_2834-181x300.jpg" alt="CVT_Leurs-enfants-apres-eux_2834" width="181" height="300" /></a></p>
<p>Si les personnages de <strong>Nicolas Mathieu</strong> avaient vécu à notre époque, il se peut qu&rsquo;on les aurait retrouvés sur les barrages montés par les Gilets jaunes.  Pour dénoncer une société sur laquelle ils n&rsquo;ont plus de prise et dans laquelle ils ne croient plus&#8230;</p>
<p>Le deuxième roman de <strong>Nicolas Mathieu</strong> se déroule dans les années 90. Ses personnages vivent à Heillange, dans le bassin lorrain, sinistré. Les hauts fourneaux ont déjà été fermés. Le chômage et la précarité font partie du paysage&#8230;</p>
<p>Dans ce décor post-industriel, <strong>Anthony</strong> promène son ennui. Sa violence aussi.</p>
<p>A 14 ans, le gamin, fils unique, ne travaille pas à l&rsquo;école, traîne des journées entières avec son cousin. Comme pendant cet été 1992. C&rsquo;est là qu&rsquo;il rencontrera <strong>Steph</strong> qui ne rêve que de s&rsquo;en aller, loin de toute cette grisaille.</p>
<p>Un soir,<strong> Anthony</strong> vole la moto de son père pour rejoindre une fête. Le deux-routes sera volé par <strong>Hacine</strong>, un autre adolescent, qui traficote, qui s&rsquo;ennuie tout autant.</p>
<p>Un événement qui va sérieusement ébranlé l&rsquo;équilibre familial autour d&rsquo;<strong>Anthony</strong>. Séparation de ses parents, alcoolisme morbide de son père&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4489"></span></p>
<p>En quatre chapitres (1992, 1994, 1996, 1998) qui portent tous le nom d&rsquo;une chanson emblématique de l&rsquo;année, l&rsquo;écrivain quadragénaire nous parle d&rsquo;une France de l&rsquo;entre-deux, de <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/11/29/olivier-adam-ou-lart-dausculter-a-la-peripherie/">celle des lisières, chères à l&rsquo;écrivain Olivier Adam.</a></strong></p>
<p>Des années durant, ces deux ados font voir leurs destins se croiser. Tous les deux rêvent d&rsquo;un ailleurs. Qu&rsquo;ils croiront trouver seulement. Devenus adultes, ils ne peuvent que constater qu&rsquo;ils n&rsquo;auront pas fait mieux que leurs pères. Triste réalité.</p>
<p>Un roman d&rsquo;une grande acuité qui nous parle de résignation sociale et qui a valu à Nicolas Mathieu d&rsquo;obtenir <strong>le prix Goncourt</strong> cette année.</p>
<p><strong>Dans cette vidéo, Nicolas Mathieu parle de son roman, de cette région qu&rsquo;il connaît bien pour y avoir grandi :</strong></p>
<p><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/084862-000-A/litterature-leurs-enfants-apres-eux/">https://www.arte.tv/fr/videos/084862-000-A/litterature-leurs-enfants-apres-eux/</a></p>
<p>Son premier roman <strong>&laquo;&nbsp;Aux animaux la guerre&nbsp;&raquo;</strong>, qui avait également été publié chez Actes Sud, a été adapté à la télévision, et diffusé en novembre sur France 3. Un polar social au coeur des Vosges. Remarquable.</p>
<div id="attachment_4501" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/03da1254-7c5e6bda2223431fb4a7fcdf28b8b9832696dadc8be80fb71058e757a798a45d.jpg" rel="lightbox[4489]"><img class="wp-image-4501 size-full colorbox-4489" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/03da1254-7c5e6bda2223431fb4a7fcdf28b8b9832696dadc8be80fb71058e757a798a45d.jpg" alt="03da1254-7c5e6bda2223431fb4a7fcdf28b8b9832696dadc8be80fb71058e757a798a45d" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Roschdy Zem et Olivia Bonamy incarnent les deux personnages principaux de l&rsquo;adaptation.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 135 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle sembla aller chercher quelque chose dans le paysage. A force de parcourir le  coin à pied, à vélo, en scoot, en bus, en bagnole, elle connaissait la vallée par coeur. Tous les mômes étaient comme elle. Ici, la vie était affaire de trajets. On allait au bahut, chez ses potes, en ville, à la plage, fumer un pet&rsquo; derrière la piscine, retrouver quelqu&rsquo;un dans le petit parc. On rentrait, on repartait, pareil pour les adultes, le boulot, les courses, la nounou, la révision chez Midas, le ciné. Chaque désir induisait une distance, chaque plaisir nécessitait du carburant. A force, on en venait à penser comme une carte routière. Les souvenirs étaient forcément géographiques.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 321-322 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ces vannes sur les cassos étaient monnaie courante, et de plus en plus répandues. Elles servaient autant à se marrer qu&rsquo;à conjurer le mal, cette marée insidieuse qui semblait gagner de proche en proche, depuis le bas. Ces gens-là, qu&rsquo;on croisait en ville, n&rsquo;étaient plus seulement du folklore, quelques paumés, des grosses têtes en goguette. Il se construisait pour eux des logements, des Aldi, des centres de soins, une économie minimale vouée à la gestion du dénuement, à l&rsquo;extinction d&rsquo;une espèce. Fantomatiques, on les voyait errer de la CAF à la ZUP, du bistrot au canal, des sacs en plastique au bout des bras, munis d&rsquo;enfants et de poussettes, les jambes comme des poteaux, des bides anormaux, une trogne pas croyable. De temps en temps, une fille naissait la-dedans, qui était particulièrement belle. On imaginait alors des choses, des promiscuités, des violences. Elle était chanceuse pourtant. Ce physique lui servirait peut-être de laisser-passer pour un monde meilleur. Ces familles donnaient naissance à des teigneux formidables, qui ne se résoudraient pas à leur sort et rendraient les coups. Ils feraient de brèves carrières déviantes et finiraient morts, ou en prison. [&#8230;] &nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 388 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pendant huit semaines, il s&rsquo;était donc levé tous les jours à l&rsquo;aube, pour faire cent bornes en bagnole, bosser quatre heures, rentrer et tout ça pour gagner à peine 4000 balles par mois. C&rsquo;était crevant et ça vous tapait sur le ciboulot. Mais au moins, quand il rentrait, sa mère ne l&rsquo;emmerdait pas. Il avait pour lui de se tuer à la tâche, ce qui dans sa famille passait pour la norme. Il n&rsquo;était pas loin de se faire à l&rsquo;idée, d&rsquo;ailleurs. Au moins, il avait la morale de son côté. Il pouvait à son tour se plaindre des impôts, des immigrés, des politiciens. Il ne devait rien à personne, il était utile, il gueulait, exploité, confusément conscient d&rsquo;être le plus grand nombre, la masse qui pouvait tout, et profondément convaincu qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien à faire.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Leurs enfants après eux&nbsp;&raquo;, Nicolas Mathieu, Actes Sud, 21,80€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Un silence qui tue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/09/21/un-silence-qui-tue/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/09/21/un-silence-qui-tue/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 21 Sep 2018 05:55:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; &#160; Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin. Inès Bayard a 26 ans seulement et signe avec &#171;&#160;Le malheur du bas&#160;&#187; un premier opus suffocant. Dérangeant. L&#8217;histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. Marie et Laurent forment [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MALHEUR-DU-BAS.jpg" rel="lightbox[4389]"><img class="alignleft wp-image-4391 size-medium colorbox-4389" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MALHEUR-DU-BAS-204x300.jpg" alt="MALHEUR DU BAS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin.</p>
<p><strong> Inès Bayard</strong> a 26 ans seulement et signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Le malheur du bas&nbsp;&raquo;</strong> un premier opus suffocant. Dérangeant.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. <strong>Marie</strong> et <strong>Laurent</strong> forment un couple jeune, moderne, riche. Elle est cadre dans une banque, il est un avocat pénaliste dont le succès ne fait que grandir. Ils vivent à Paris. Débordés mais heureux.</p>
<p>Et puis, un soir, dans un parking, <strong>Marie</strong> est violée par son supérieur, dans la voiture de ce dernier. Elle n&rsquo;en parlera pas. Et quand elle tombe enceinte, elle est persuadée qu&rsquo;il ne peut s&rsquo;agir que du fruit de cette relation non consentie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4389"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors que l&rsquo;époque est à #balancetonporc et #metoo, Marie, elle, garde le silence. Mais son corps parle, crie. C&rsquo;est lui que la jeune auteure décrit de page en page. Tandis que le couple de <strong>Marie</strong> et <strong>Laurent</strong> prend l&rsquo;eau, le petit <strong>Thomas</strong> subit la violence, verbalisée ou non, de sa propre mère. Une négligence qui préoccupe Laurent sans que jamais il ne puisse comprendre&#8230; et pour cause. Le roman s&rsquo;ouvre sur un chapitre court. Terrible. Il relate, par le menu, les atroces souffrances dans lesquelles Laurent est décédé, dans sa cuisine. Attaché à sa chaise. Son petit garçon, lui, s&rsquo;est empoisonné en goûtant à sa compote&#8230; Au fil des mois, Marie va se perdre. Et perdre pied.</p>
<p>Au final, un roman dans lequel j&rsquo;ai eu un peu de mal à entrer ( à cause du style, je pense, plutôt moyen, il faut être honnête), mais que j&rsquo;ai finalement apprécié. Pour la manière dont <strong>Inès Bayard</strong> aborde le corps et la résistance qu&rsquo;il peut (ou pas) déployer face aux agressions extérieures. Pour la façon aussi dont elle évoque la sexualité au sein du couple. Difficile cependant pour moi de comprendre le silence assourdissant de <strong>Marie</strong>&#8230; A l&rsquo;exception d&rsquo;une lettre découverte heureusement par sa soeur. Mais trop tard.</p>
<p>Prometteur.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 57 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Laurent revient, balançant le bac à poissons à moitié rempli entre ses mains. Il est content. Marie le trouve de plus en plus laid. Avec sa canne à pêche, son air béat de bonheur permanent, sa petite vie toute parfaite, elle a envie de lui cracher dessus, de lui enfoncer quelque chose au fond de la gorge. Dans ce tableau sans défauts visibles, il faut s&rsquo;arrêter sur les détails. Personne n&rsquo;a l&rsquo;idée de le faire. Ils préfèrent la douce et rassurante surface des sentiments, lisse et souple, ne surtout pas discerner les taches noires, les dysfonctionnements, les tourments.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 143-144 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Son désir pour lui la dégoûte. Elle lutte pour maintenir la sécheresse entre ses cuisses. Elle se démène de toutes ses forces pour conserver le tragique de ces secondes où elle a envie de tuer son fils, pour refréner ses pulsions sexuelles malsaines qui envahissent vicieusement le bas de son ventre. Elle se tourne et l&rsquo;embrasse. Laurent est surpris. Du meurtre à l&rsquo;amour, du sperme au sang, du désir à la mort, c&rsquo;est bien la chair qui l&rsquo;emporte. Epuisée, pénétrée, le corps souffrant, courbaturé par les mouvements physiques du corps de Laurent sur le sien, Marie halète comme une gentille petite chienne. A quoi bon la paix quand celle-ci n&rsquo;alimente que la haine.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 241 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Marie se dit qu&rsquo;elle a pris la bonne décision en choisissant le silence après son viol. Sa soeur ne lui a même pas demandé l&rsquo;identité de son violeur. Pas une seule seconde, la question de l&rsquo;agression sexuelle n&rsquo;a été directement évoquée avec Roxane. Sa mère n&rsquo;aurait elle non plus posé aucune question. En découvrant sa propre fille nageant dans sa crasse, elle n&rsquo;a même pas été capable de lui demander une explication. Les faits étaient suffisants. Les conséquences visibles et irréparables. Tout le monde se meut dans le silence par précaution. Le viol disparaît dans l&rsquo;actualité. La violence sourde, altérée, remise en cause d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, s&rsquo;efface tout simplement à la surface du calvaire et de la mélancolie. Et chacun repart.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le malheur du bas&nbsp;&raquo;, Inès Bayard, Albin Michel, 18,50 €</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Quand les filles partent en vrille&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/22/quand-les-filles-partent-en-vrille/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/22/quand-les-filles-partent-en-vrille/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2016 08:38:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA["The girls"]]></category>
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		<category><![CDATA[Californie]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Elle n&#8217;a que 27 ans et vient de publier un premier roman extrêmement prometteur. Emma Cline est l&#8217;une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Avec &#171;&#160;The girls&#160;&#187;, la jeune femme, qui vit à Brooklyn à New-York, signe un roman qui nous plonge, de manière à peine déguisée, dans le quotidien de Charles [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GIRLS-OK.jpg" rel="lightbox[3792]"><img class="alignleft size-full wp-image-3796 colorbox-3792" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GIRLS-OK.jpg" alt="GIRLS OK" width="210" height="342" /></a></p>
<p>Elle n&rsquo;a que 27 ans et vient de publier un premier roman extrêmement prometteur. <strong>Emma Cline</strong> est l&rsquo;une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;The girls&nbsp;&raquo;</strong>, la jeune femme, qui vit à Brooklyn à New-York, signe un roman qui nous plonge, de manière à peine déguisée, dans le quotidien de <strong>Charles Manson</strong>, peut-être le plus connu des criminels américains.</p>
<p>L&rsquo;homme a une trentaine d&rsquo;années, à la fin des années 60, quand il créé <strong>&laquo;&nbsp;La famille&nbsp;&raquo;</strong>, une communauté, largement constituée de jeunes femmes. Vols et trafic de drogues assurent le quotidien.</p>
<p>Puis, à l&rsquo;été 1969, <strong>Charles Manson</strong> commanditera plusieurs meurtres dont celui, resté dans les annales, de la jeune femme enceinte de <strong>Roman Polanski</strong>, <strong>Sharon Tate</strong> qui, avec quatre de ses amis, mourra sous les coups d&rsquo;une certaine <strong>Susan Atkins</strong> notamment, décrite comme la plus cruelle des filles de <strong>&laquo;&nbsp;La famille&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Charles Manson</strong>, condamné dans un premier temps à la peine de mort, a vu sa peine commuée en prison à vie. Il est aujourd&rsquo;hui âgé de 73 ans.</p>
<p><span id="more-3792"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/EMMA-CLINE.jpg" rel="lightbox[3792]"><img class="alignleft size-full wp-image-3794 colorbox-3792" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/EMMA-CLINE.jpg" alt="EMMA CLINE" width="113" height="70" /></a>En s&rsquo;inspirant de cette histoire, <strong>Emma Cline</strong> raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;<strong>Evie Boyd</strong>, personnage totalement fictif, une ado de 14 ans qui s&rsquo;ennuie entre ses parents séparés et sa copine un peu tarte. Avec laquelle elle finit par se fâcher d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>Elle fait alors la connaissance d&rsquo;un groupe de filles plus âgées qu&rsquo;elle parmi lesquelles se trouve <strong>Suzanne</strong> (dont le personnage a été inspiré par la fameuse Susan Atkins). <strong>Evie</strong> va alors les suivre dans le ranch délabré où elles vivent autour de <strong>Russell,</strong> le chef charismatique, le leader un peu fou. Le quotidien est misérable, la communauté vit d&rsquo;expédients sur fond de drogues et de sexe. Et la violence est tapie dans l&rsquo;ombre.</p>
<p>La jeune fille y perdra ses rêves de fille d&rsquo;Américains moyens, ses illusions et sa virginité.</p>
<p>Un portrait implacable d&rsquo;une communauté à travers le regard encore pur, du moins au départ, d&rsquo;une gamine un peu paumée qui voit en Suzanne, une soeur, une amie, un modèle.</p>
<p>Une écriture fine, mais aussi âpre et dure pour un premier roman réussi dans lequel le lecteur suit <strong>Evie</strong> en 1969 puis bien plus tard, quand elle replonge dans ses souvenirs de cet été 1969 si particulier.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 94 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Donna disait que Russell ne ressemblait à aucun autre être humain. Qu&rsquo;il pouvait recevoir des messages des animaux. Soigner quelqu&rsquo;un avec ses mains, et arracher la pourriture qui était en vous aussi nettement qu&rsquo;une tumeur. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>“Il voit chaque partie de toi”, ajouta Roos. Et à l&rsquo;entendre, c&rsquo;était une bonne chose. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;idée que l&rsquo;on puisse me juger supplantait toutes les inquiétudes ou les questions que j&rsquo;aurais pu avoir au sujet de Russell. A cette époque, j&rsquo;étais d&rsquo;abord une chose que l&rsquo;on jugeait, ce qui, dans toute interaction, déplaçait le pouvoir sur l&rsquo;autre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 155 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;étonne d&rsquo;avoir si peu culpabilisé. Au contraire, il y avait quelque chose de vertueux dans la façon dont j&rsquo;accumulais l&rsquo;argent de ma mère. L&rsquo;insolence qui régnait au ranch déteignait sur moi, j&rsquo;avais la conviction que je pouvais prendre ce que je voulais. L&rsquo;existence de ces billets cachés me permit de sourire à ma mère le lendemain matin, de me comporter comme si nous ne nous étions pas dit les choses que nous nous étions dites la veille au soir. De rester patiente quand elle relevait ma frange sans prévenir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 292 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Et j&rsquo;étais là, parmi eux. Russell avait changé, les choses avaient tourné à l&rsquo;aigre, mais j&rsquo;étais avec Suzanne. Sa présence empêchait toutes les inquiétudes éparses de s&rsquo;échapper. J&rsquo;étais comme l&rsquo;enfant qui croit que la présence de sa mère à son chevet repoussera les monstres. L&rsquo;enfant incapable de deviner que sa mère a peut-être peur elle aussi. La mère qui comprend qu&rsquo;elle n&rsquo;est d&rsquo;aucune protection, si ce n&rsquo;est en offrant son corps fragile en échange.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Peut-être qu&rsquo;une partie de moi-même savait où cela aboutirait, un scintillement enfoui dans l&rsquo;obscurité ; peut-être percevais-je la trajectoire possible, et la suivais malgré tout. Plus tard cet été-là, et à diverses périodes de ma vie, je passerais au crible les grains de cette nuit, à l&rsquo;aveuglette.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;The girls&nbsp;&raquo;, Emma Cline, Quai Voltaire, aux éditions de la Table ronde, 21€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Moi, Annie D., au commencement de ma vie de femme&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/07/28/moi-annie-d-au-commencement-de-ma-vie-de-femme/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 07:06:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Sa vie, elle la raconte. La décortique. Et nous, lecteurs ( je devrais dire lectrices), en prenons des bouts. Tout nous parle dans la vie d&#8217;Annie Ernaux. Et pour cause. Elle parle de nous. Depuis des décennies, cette septuagénaire aux cheveux auburn sait trouver les mots pour parler de l&#8217;enfant qui meurt, de l&#8217;amour qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERNAUX.jpg" rel="lightbox[3601]"><img class="alignleft size-full wp-image-3602 colorbox-3601" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERNAUX.jpg" alt="ERNAUX" width="195" height="290" /></a> Sa vie, elle la raconte. La décortique. Et nous, lecteurs ( je devrais dire lectrices), en prenons des bouts. Tout nous parle dans la vie d&rsquo;<strong>Annie Ernaux</strong>. Et pour cause. Elle parle de nous.</p>
<p>Depuis des décennies, cette septuagénaire aux cheveux auburn sait trouver les mots pour parler de l&rsquo;enfant qui meurt, de l&rsquo;amour qui s&rsquo;éteint, de l&rsquo;avortement, de la maladie d&rsquo;un parent, de la jalousie qui s&rsquo;installe ou du temps qui passe et fait son oeuvre&#8230; Elle nous tend un miroir. Se sert de ce matériau autobiographique pour raconter nos vies.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;</strong>, elle pose la dernière pièce du puzzle de sa vie. La pièce manquante. La faille qui explique. Qui justifie. La <strong>&nbsp;&raquo; fille de 58 &laquo;&nbsp;</strong> se raconte. Enfin.</p>
<p><strong>Annie Ernaux</strong> l&rsquo;a souvent dit, écrit : ce sont les deux années passées entre ses dix-huit et ses vingt ans qui l&rsquo;ont rendue écrivain. Une période explorée, exploitée désormais. Grâce à ses souvenirs, ses impressions. Ses carnets intimes, eux, ont été brûlés par sa mère depuis longtemps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil des pages,<strong> &laquo;&nbsp;la fille de 58&Prime;</strong> se laisse donc approcher. Elle s&rsquo;appelle <strong>Annie Duchesne.</strong>  Nous sommes en 1958. Elle va avoir 18 ans pendant la colonie qu&rsquo;elle a rejoint à Sées, dans l&rsquo;Orne, comme monitrice.</p>
<p>La fille de l&rsquo;épicier d&rsquo;Yvetot, libre enfin, évolue dans un univers éloigné de son lycée tenu par les soeurs. Là, elle découvre autre chose. Elle est gauche, presque niaise.</p>
<p>Choisie puis rejetée par le beau H., le moniteur en chef, elle raconte, explique la meurtrissure de cette première expérience sexuelle ratée. La honte qui en suivra. Le mépris aussi dans lequel le reste de l&rsquo;équipe va la laisser alors qu&rsquo;elle se donne aux autres garçons comme pour laver l&rsquo;affront du rejet initial.</p>
<p>Après la colonie, elle mettra deux ans à errer, à se perdre. Pas guérie. Son corps le lui dira. Cinq ans plus tard, elle rencontrera celui qui deviendra son mari.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;,</strong> <strong>Annie Ernaux</strong> passe du &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;elle&nbsp;&raquo; pour évoquer la fille de 58. Une distanciation qui oblige à essayer de comprendre. Et de ne pas oublier. Cette fois encore, l&rsquo;auteure du &laquo;&nbsp;moi&nbsp;&raquo; frappe au coeur du lecteur. Sa conscience de classe fait mouche. Son approche sociologique aussi d&rsquo;ailleurs. Et son talent d&rsquo;écrivain fait le reste. Absolument indispensable, comme l&rsquo;ensemble de son oeuvre, d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 50 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me passe et repasse la scène dont l&rsquo;horreur ne s&rsquo;est pas atténuée, celle d&rsquo;avoir été aussi misérable, une chienne qui vient mendier des caresses et reçoit un coup de pied. Mais ce visionnement réitéré ne vient pas à bout de l&rsquo;opacité d&rsquo;un présent disparu depuis un demi-siècle, laisse intacte et incompréhensible cette aversion d&rsquo;une autre fille à mon égard. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ne reste que cette certitude : Annie D, la petite fille gâtée de ses parents, l&rsquo;élève brillante est, à ce moment précis, un objet de mépris et de dérision dans le regard de Monique C. et de Claude L., de tous ceux qu&rsquo;elle aurait voulu ses pairs. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 63-64 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La fille de 58 ne s&rsquo;offusque pas, il me semble même qu&rsquo;elle s&rsquo;en amuse, comme d&rsquo;une agressivité moqueuse usuelle à son égard. Peut-être y voit-elle une preuve supplémentaire de la fausseté de leur jugement. Il y a erreur. Elle n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;ils disent qu&rsquo;elle est. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cette certitude, à quoi l&rsquo;attribuer aujourd&rsquo;hui ? A sa virginité, qu&rsquo;elle conserve avec détermination, à son brillant parcours scolaire, sa lecture de Sartre ? Plus que tout  : à son amour fou pour H, l&rsquo;Archange comme elle continue de l&rsquo;appeler jusque devant Claudine D – qui, le doigt sur la tempe, la traite de </em>complètement siphonnée<em> – à cette espèce d&rsquo;incorporation de lui en elle qui la tient au-dessus de la honte. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ce n&rsquo;est pas elle, la honte, j&rsquo;en suis sûre, qui a fixé le souvenir des mots au dentifrice rouge, c&rsquo;est la fausseté de l&rsquo;insulte, de leur jugement à eux, de l&rsquo;inadéquation entre putain et elle. Je ne vois rien dans cette période qui puisse s&rsquo;appeler honte. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 149 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il me semble aussi que j&rsquo;avais voulu revenir à S et revoir la colonie parce que j&rsquo;espérais ainsi puiser la force d&rsquo;écrire le roman que je voulais entreprendre. Une sorte de préalable nécessaire, bénéfique à l&rsquo;écriture, de geste propitiatoire – le premier d&rsquo;une série qui me fera plus tard retourner dans divers endroits – ou de prière, comme si le lieu pouvait être un obscur intercesseur entre la réalité passée et l&rsquo;écriture. Le détour par S s&rsquo;apparentait, au fond, au baiser que, à la suite des pèlerins et au grand dégoût de M. qui s&rsquo;en était gardée, j&rsquo;ai déposée sur le pied de la Vierge noire de Montserrat en formulant le voeu d&rsquo;écrire un roman.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;, Annie Ernaux, Gallimard, 15€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Notre corps ausculté par Daniel Pennac</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/04/09/notre-corps-ausculte-par-daniel-pennac/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 14:08:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Drôle d&#8217;idée que d&#8217;autopsier son propre corps ! C&#8217;est à cet exercice pas banal que se livre Daniel Pennac dans son nouveau roman &#171;&#160;Journal d&#8217;un corps&#171;&#160;. &#160; Plutôt que d&#8217;un journal intime qui ferait la recension de ses états d&#8217;âme, de ses chagrins et de ses rêves, l&#8217;auteur a choisi de nous parler du corps [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Drôle d&rsquo;idée que d&rsquo;autopsier son propre corps ! C&rsquo;est à cet exercice pas banal que se livre <strong>Daniel Pennac</strong> dans son nouveau roman &laquo;&nbsp;<strong>Journal d&rsquo;un corps</strong>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JOURNAL-CORPS.jpg" rel="lightbox[971]" title="JOURNAL CORPS"><img class="alignleft  wp-image-975 colorbox-971" style="margin: 10px;" title="JOURNAL CORPS" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JOURNAL-CORPS-204x300.jpg" alt="" width="122" height="180" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Plutôt que d&rsquo;un journal intime qui ferait la recension de ses états d&rsquo;âme,</strong> de ses chagrins et de ses rêves, l&rsquo;auteur a choisi de nous parler du corps de son narrateur et cela, de l&rsquo;âge de 12 ans jusqu&rsquo;à celui de sa mort à 87 ans. </p>
<p><strong>Et quoi de plus universel qu&rsquo;un corps ?</strong> Le vôtre, le mien, celui de nos parents ou de nos enfants, ceux de nos voisins ou des habitants de l&rsquo;autre côté de la planète ont tous en commun de fonctionner selon les mêmes principes, avec les mêmes organes. Tous se transforment au fil des années qui passent, vieillissent&#8230; et meurent.</p>
<p> <span id="more-971"></span></p>
<div id="attachment_977" style="width: 73px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PENNAC.jpg" rel="lightbox[971]" title="PENNAC"><img class=" wp-image-977  colorbox-971" style="margin: 10px;" title="PENNAC" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PENNAC.jpg" alt="" width="63" height="95" /></a><p class="wp-caption-text">(photo Elena Torre)</p></div>
<p>Alors <strong><a title="Découvrez l'auteur et sa bibliographie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Pennac">Daniel Pennac</a></strong>, auteur prolixe et  inspiré, nous entraîne dans un voyage exotique&#8230; et pourtant que nous connaissons tous. Au fil des 382 pages, c&rsquo;est sans fausse pudeur aucune mais avec beaucoup d&rsquo;empathie que le narrateur va nous raconter son corps, nous le montrer aussi tout en essayant de comprendre les maux qui le traversent. Le talentueux diariste nous raconte sa vie donc, mais toujours d&rsquo;un point de vue &laquo;&nbsp;corporel&nbsp;&raquo;.</p>
<p>De l&rsquo;enfance pas très gaie entre un père revenu de la Première Guerre mondiale à l&rsquo;état de fantôme et une mère mal-aimante, le narrateur va tirer quand même le meilleur, aux côtés de sa nounou Violette. Et apprendre à regarder son corps. On le suit. L&rsquo;adolescence et ses affres, la Résistance, les premières filles, la vie d&rsquo;homme et la fondation d&rsquo;une famille. Les maux récurrents, les drames de la vie, puis le temps de la vieillesse, des souvenirs et du corps qui lâche&#8230;  Le tout disséqué en périodes, de 1936 à 2010.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong></strong> </p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong> Page 31</strong> :  13 ans, 1 mois, 8 jours                               Mercredi 18 novembre 1936</p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d&rsquo;autre chose. Tous les corps sont abandonnés dans les armoires à glace. Ceux qui écrivent leur journal tout court, Luc ou Françoise, par exemple, parlent de tout et de rien, des émotions, des sentiments, des histoires d&rsquo;amitié, d&rsquo;amour, de trahison, des justifications à n&rsquo;en plus finir, ce qu&rsquo;ils pensent des autres, ce qu&rsquo;ils croient que les autres pensent d&rsquo;eux, les voyages qu&rsquo;ils ont fait, les livres qu&rsquo;ils ont lus, mais ils ne parlent jamais de leur corps. [&#8230;] Moi, dans cinquante ans, je veux que ce que j&rsquo;écris aujourd&rsquo;hui dise la même chose. Exactement la même chose ! ( Dans cinquante ans, j&rsquo;aurai soixante-trois ans.)&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"> <strong>Page 98</strong> : 19 ans, 2 mois, 17 jours                                Dimanche 27 décembre 1942</p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;Mon incapacité à danser. Françoise, Marianne et d&rsquo;autres ont essayé de m&rsquo;y entraîner, et hier soir encore, chez Hervé, une splendide Violaine, soeur de notre hôte. Laissez-vous guider. Rien à faire. Très vite, je perds le rythme et mon corps n&rsquo;est plus qu&rsquo;un poids dans les bras de ma partenaire. Quelques sautillements grotesques pour rattraper la cadence achèvent de me décourager. La danse est un des rares domaines où mon corps et mon esprit demeurent inaccordables. Plus exactement la moitié inférieure de mon corps : mes mains peuvent battre la mesure tant qu&rsquo;on voudra, mes pieds refusent de suivre. Un chef d&rsquo;orchestre paraplégique, voilà ce que je suis.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 246 : </strong>56 ans, anniversaire                                       Mercredi 10 octobre 1979</p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;A vingt ans, m&rsquo;étirer, c&rsquo;était m&rsquo;envoler. Ce matin, j&rsquo;ai cru me crucifier en m&rsquo;étirant. Nécessité de me dérouiller. La prédiction de ce prof de gym ( Desmile ? Dimesle?) qui, en seconde, nous affirmait que nous serions rouillés avant l&rsquo;âge si nous ne faisions pas d&rsquo;exercices quotidiens&#8230; Peut-être. En attendant, quand je vois dans quel état sont mes amis sportifs qui m&rsquo;étourdissaient de leurs performances (Etienne aujourd&rsquo;hui perclus de rhumatismes, ses doigts et ses clavicules plusieurs fois cassés, ses épaules de rugbyman ravagées par la capsulite), j&rsquo;estime que j&rsquo;ai bien fait de résister à la religion du record et au diktat de l&rsquo;entraînement permanent, cet onanisme. J&rsquo;ai toujours détesté le sport comme religion du corps.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 363</strong> : 86 ans, 2 mois, 28 jours                                   Jeudi 7 janvier 2010</p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mon corps et moi vivons la fin de notre bail en colocataires indifférents. Plus personne ne fait le ménage et c&rsquo;est très bien comme ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Une éternité que je n&rsquo;avais pas lu un roman de Daniel Pennac ! Avec &laquo;&nbsp;<strong>Journal d&rsquo;un corps</strong>&laquo;&nbsp;, il signe-là un livre majeur. Drôle et captivant. On suit avec jubilation le parcours de vie du narrateur. Dans les bons et les mauvais voire les très mauvais moments. Et pour cause. </span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">On ne parle que très rarement du corps dans la littérature et encore moins dans la vie si ce n&rsquo;est pour évoquer les petits bobos qui le traverse de temps en temps. Là, Daniel Pennac nous livre une description sans concession, cash. </span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Un journal impudique et sans tabou qui tente de nous éclairer sur le lien entre nous et notre corps. Jubilatoire. Et ne vous privez pas de l&rsquo;index qui permet de &laquo;&nbsp;piocher&nbsp;&raquo; dans le livre en fonction de vos maux (mots ?) : acouphènes, dent, pets, priapisme des hommes politiques, etc.</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;<strong><em>Journal d&rsquo;un corps&nbsp;&raquo;, de Daniel Pennac, Gallimard, 22€.</em></strong></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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