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	<title>Quatrième de couv &#187; rédemption</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Au pied de la colline, l&#8217;enfance nue&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 13:06:06 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sélection Roblès 2021 Le démon de la colline aux loups. Un titre qui laisse penser à un conte. On en est loin. Très loin. Voilà un premier roman percutant, dérangeant. L&#8217;histoire vous colle aux doigts, vous laisse des images. Pas jolies. L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Duke. Il est en prison. Pour très longtemps. Là, derrière les [&#8230;]]]></description>
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<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282.jpg" rel="lightbox[5630]"><img class="alignleft size-full wp-image-5632 colorbox-5630" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282.jpg" alt="CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282" width="250" height="325" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #0000ff">Sélection Roblès 2021</span></strong></p>
<p><strong><em>Le démon de la colline aux loups</em>.</strong> Un titre qui laisse penser à un conte. On en est loin. Très loin. Voilà un premier roman percutant, dérangeant. L&rsquo;histoire vous colle aux doigts, vous laisse des images. Pas jolies. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Duke</strong>.</p>
<p>Il est en prison. Pour très longtemps. Là, derrière les murs, il écrit. Tout. Sur la vieille machine à écrire prêtée par le directeur. Pour ne pas oublier, pour essayer de comprendre. &laquo;&nbsp;Pour &laquo;&nbsp;assurer sa rédemption &nbsp;&raquo; aussi. Pour savoir si tout cela a été causé par le Démon de la Colline aux loups. Cet endroit, il y a vécu. Survécu plutôt. C&rsquo;est là qu&rsquo;il grandit au sein d&rsquo;une famille défaillante, totalement dysfonctionnelle. C&rsquo;est là qu&rsquo;il sera violé à plusieurs reprises par son père. Oui, son père.</p>
<p>L&rsquo;enfant, qui n&rsquo;entendra son prénom pour la première fois qu&rsquo;à l&rsquo;école, où il atterrit sans comprendre, sans savoir. Les services sociaux sont intervenus. La gendarmerie, la justice suivront. <strong>Duke</strong> sera éloigné de cette famille maltraitante, mal-aimante.</p>
<p>Placé dans une famille, puis dans une autre, éloigné de sa fratrie (ils sont six enfants en tout, les deux aînés, <strong>Michael et Jonas</strong>, se sont enfuis depuis longtemps) et de sa soeur adorée. Mais <strong>Duke</strong> craint tellement de réveiller le Démon de la colline aux loups qu&rsquo;il s&rsquo;enfuit de chez Pete et Maria qu&rsquo;il aime pourtant. Il a 16 ans. Une enfance fracassée et une adolescence qu&rsquo;il va carboniser. Dans un squat, il connaîtra la violence, la débrouille, la prostitution&#8230; Mais aussi l&rsquo;amour. Celui de Billy. Une jeune héroïnomane dont il s&rsquo;éprend. Elle finira par se jeter dans le vide sous ses yeux&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La violence reviendra. Terrible. Mortifère. <strong>Duke</strong>, qui est retourné à la colline aux loups, sera arrêté. Jugé. Condamné à perpétuité malgré son discernement altéré. Puis placé en détention. Là, seul après le suicide de son codétenu, il écrit. Fait une introspection et tente de comprendre, accompagné par un prêtre qui ne fera que frôler l&rsquo;horreur des souvenirs, des images, des mots de <strong>Duke</strong>.</p>
<p>Les phrases sont longues, sans virgule. Comme s&rsquo;il fallait impérativement prendre son souffle avant de se lancer dans ce texte étourdissant, un flot d&rsquo;images et de sensations qui mêle les époques, les périodes.</p>
<p>A la lecture de ce premier roman, qui concourt pour le<strong> 31e prix Roblès</strong>, on plonge dans l&rsquo;horreur. Mais aussi dans la littérature. L&rsquo;auteur, <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong>, âgé de 44 ans, côtoie l&rsquo;horreur de près dans son métier. Journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers, ( il travaille pour Le Télégramme, à Saint-Brieuc), il est l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de chroniques judiciaires qui a d&rsquo;ailleurs servi de trame au roman Ritournelle, publié par Le Tripode, en mai.</p>
<p>Ce premier roman<b> </b>a déjà remporté le prix Première de la RTBF et avait été retenu parmi les quatre finalistes du prix <strong>Goncourt</strong> du premier roman. Qu&rsquo;il n&rsquo;a finalement pas eu.</p>
<p>En mai, j&rsquo;ai interviewé <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> pour <strong>La Nouvelle République </strong>dans le cadre du prix Roblès. L&rsquo;article paru sur le site internet est <strong><a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/prix-robles-4-6-dimitri-rouchon-borie-ou-le-demon-et-les-mots-de-l-horreur">ici.</a></strong></p>
<h3 style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></h3>
<blockquote><p><strong>Page 15 :</strong><em><strong> </strong>&laquo;&nbsp;[&#8230;]Par moments des ombres grandissaient dans la pièce et elles faisaient des bruits sourds et des fois ça hurlait des choses en rapport avec la pisse ou presque toujours en lien avec les conséquences de nos entrailles. Il m’a fallu du temps pour dessiner ces ombres et préciser leurs traits et encore plus de temps pour comprendre que c’étaient des personnes et pas n’importe lesquelles mes parents. J’ai rencontré après des gens qui avaient eu d’emblée un père et une mère avec de l’affection et des histoires comme ça je l’ai lu dans des magazines alors j’ai pu essayer de comparer. Mais moi je vous dis ceci au départ je ne me souviens pas d’avoir vu des personnes. Et je ne sais pas comment ces formes qui s’invitaient dans notre nid nous filaient à bouffer j’ai bien dû croûter sinon je serais mort mais je sais que là non plus je n’aurais pas su identifier ou nommer un repas tout était confondu dans tout. Il y a un moment dans l’enfance où chacun de nous ouvre mieux les yeux et petit à petit mon regard a séparé chaque être du nid pour lui donner un corps à lui.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Je suis resté chez Pete et Maria des années et tout allait bien car leur façon de fabriquer des habitudes me protégeait du Démon. J’ai compris cette chose-là c’est qu’ils s’occupaient de moi et tant qu’ils le faisaient je pouvais compter sur eux c’était comme museler un fauve en lui faisant des caresses. Je sentais bien que j’avais à l’intérieur une trace qui ne partait pas c’était la déchirure de l’enfance c’est pas parce qu’on a mis un pont au-dessus du ravin qu’on a bouché le vide. J’avais le manque des frères et sœurs et je n’osais pas demander parfois on voyait des juges ou des éducateurs et pas un ne me parlait de Clara ou de la Boule est-ce qu’ils pensaient à moi? Petit à petit j’avais commencé à m’intéresser à la solitude qui était une sorte de permanence au-dedans et à la fin on revient toujours à ce qui est constant mais je ne savais pas encore si c’était une porte fermée ou une porte à ouvrir je le tournais comme ça dans ma tête. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 152 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Je ne peux pas expliquer pourquoi j’avais cette intuition que je devais rester lucide c’est comme une sorte de survie et être étourdi c’était tomber à la merci de la menace et ceux qui savent pas ce que c’est d’avoir souffert de ses parents ivres morts n’ont pas l’idée. Moi je pensais que toutes ces choses ça me perdrait plus vite et que le Démon n’avait pas besoin de ça un point c’est tout. Mais la contrepartie c’est que dans ce milieu où j’étais arrivé c’était compliqué de ne pas prendre de dope car ça me gardait une clairvoyance quand tous les autres étaient défoncés et ivres et qu’ils faisaient n’importe quoi en braillant avec des postillons et de la sueur et le visage jaune. Quand ils étaient comme ça fous et dénaturés je me mettais en discrétion pour qu’ils ne m’invectivent pas et qu’ils m’oublient. Parfois je prenais soin de Billy elle devenait presque comme du verre elle restait là à me regarder avec un sourire qui n’en finissait pas et elle tenait mon visage comme le faisait ma sœur c’est comme ça qu’on s’est embrassés la première fois elle a dit t’es mignon on voit bien que tu es pas là juste pour me baiser je haïssais ce mot.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Le démon de la colline aux loups, Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode, 17€</strong></em></p>
</div>
<p><span id="more-5630"></span></p>
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		<title>Quête de rédemption au coeur du Texas</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 14:04:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Le Nature Writing, vous connaissez ? Cette fois, le livre que je vous présente, s&#8217;inscrit complètement dans ce genre littéraire qui, rappelons-le, baptisé tel quel aux États-Unis, mêle observation de la nature et considérations autobiographiques, et ce, dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à Henry David Thoreau. Les éditions Gallmeister, fondées en 2005, ont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Le <strong>Nature Writing</strong>, vous connaissez ? Cette fois, le livre que je vous présente, s&rsquo;inscrit complètement dans ce genre littéraire qui, rappelons-le, baptisé tel quel aux États-Unis, mêle observation de la nature et considérations autobiographiques, et ce, dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à <a title="Découvrez cet homme ici" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_David_Thoreau"><strong>Henry David Thoreau</strong></a>.</p>
<p><span id="more-718"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILLAGE.jpg" rel="lightbox[718]" title="SILLAGE"><img class="alignleft  wp-image-724 colorbox-718" style="margin: 10px;" title="SILLAGE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SILLAGE.jpg" alt="" width="89" height="131" /></a>Les éditions <a title="Le site de la maison d'édition" href="http://www.gallmeister.fr/nature_writing"><strong>Gallmeister</strong></a>, fondées en 2005, ont fait reconnaître ce genre en France, s’en faisant une spécialité éditoriale. Mais on trouve ce genre littéraire dans d&rsquo;autres maisons d&rsquo;édition désormais.</p>
<p>En plongeant dans &laquo;&nbsp;<strong>Le sillage de l&rsquo;oubli</strong>&laquo;&nbsp;, premier roman de <strong>Bruce Machart</strong>, j&rsquo;ai redécouvert ce style que je vous avais déjà fait partager en vous présentant &laquo;&nbsp;<a title="Retrouvez le post sur le blog Quatrième de couv" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/02/caribou-island-lile-de-toutes-les-solitudes/"><strong>Désolations</strong>&nbsp;&raquo; de <strong>David Vann</strong></a> qui s&rsquo;était fait connaître du grand public avec son roman &laquo;&nbsp;<strong>Sukkwan island</strong>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_726" style="width: 164px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/bruce-machart.png" rel="lightbox[718]" title="bruce machart"><img class=" wp-image-726 colorbox-718" style="margin: 10px;" title="bruce machart" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/bruce-machart.png" alt="" width="154" height="154" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;auteur Bruce Machart</p></div>
<p title="Découvrez le site consacré à l'auteur, en anglais"><strong><a title="Découvrez le site consacré à l'auteur, en anglais" href="http://www.brucemachart.com/wake/index.php">Bruce Machart</a></strong> signe avec &laquo;&nbsp;<strong>Le sillage de l&rsquo;oubli</strong>&nbsp;&raquo; son premier roman. Texan, Bruce Machart est fils de fermier, installé d&rsquo;ailleurs dans une région rurale proche de celle où se déroule le livre, dans le comté du Lavaca. Aujourd&rsquo;hui, ce jeune auteur vit dans le Massachusetts.</p>
<p> Depuis ce roman, publié en 2011 aux Etats-Unis, l&rsquo;auteur a écrit un recueil de nouvelles,</p>
<p>&laquo;&nbsp;<strong>Men in the Making</strong>&laquo;&nbsp;. Et engrange les critiques dithyrambiques des deux côtés de l&rsquo;Atlantique.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une famille. Et d&rsquo;une tragédie. Nous sommes en 1895, au Texas, donc. Là, une femme, <strong>Klara</strong>, meurt en mettant au monde son quatrième fils, <strong>Karel</strong>. Pour <strong>Vaclav Skala</strong>, l&rsquo;un de ces fermiers tchèques venus conquérir un jour le Nouveau monde, c&rsquo;est un monde qui s&rsquo;écroule. Il perd la seule femme qui a jamais aimée et se retrouve avec un fils&#8230; qu&rsquo;il ne prendra jamais dans ses bras. Ses quatre fils, il les élèvera de manière austère et brutale. Sous le harnais d&rsquo;une charrue, au point d&rsquo;en avoir tous le cou tordu. Seuls comptent ses chevaux de course et les paris qu&rsquo;il lance contre ses voisins pour gagner toujours plus de terres. A chaque fois, c&rsquo;est Karel qui est en selle. Pour le meilleur et pour le pire.</p>
<p>Le pire justement arrivera avec le pari lancé par <strong>Villasenor</strong>, immigré espagnol que l&rsquo;on prend pour un Mexicain. Lui veur marier ses filles. Les fils de Skala les prendront à l&rsquo;issue d&rsquo;une course épique, tandis que Karel, 15 ans, est bouleversé par l&rsquo;une d&rsquo;elles, <strong>Graciela, </strong>sa concurrente. Pour toujours.</p>
<p>Les fils Skala trouvent là, enfin, l&rsquo;occasion de quitter leur père brutal. Karel va rester. Jusqu&rsquo;au bout. Avant de devoir grandir et vieillir loin de ses frères. La famille s&rsquo;est déchirée. Mais la rédemption est en marche. Au fil des pages, <strong>Bruce Machart</strong>, déjà <strong>comparé à William Faulkner</strong>, – excusez du peu ! –, décrit le portrait de cette famille en alternant les périodes, sur une trentaine d&rsquo;années. Là, au plus près de Karel, on découvre la famille Skala et le mal qui la ronge. On profite des descriptions splendides des paysages et de cette campagne âpre dans laquelle on fait pousser le coton. Rudesse des mots et des hommes. Rudesse de la vie. Rien n&rsquo;est épargné au lecteur. Sur fond de bière amère et de whiskey de maïs. De contrebande et d&rsquo;appât du gain.</p>
<p><strong>Page 130</strong> : C&rsquo;est le prêtre qui assiste, en cachette, à la fameuse course, que l&rsquo;auteur fait penser : &laquo;&nbsp;<em>Il a vu le père et le fils répandre tous deux leur sang, l&rsquo;éxubérance insensée de la foule qui les entoure – il a conscience d&rsquo;assister là à quelque chose d&rsquo;infiniment plus condamnable qu&rsquo;une course organisée pour acquérir des terres ou se trouver des maris. Ce n&rsquo;est rien moins que la soif du sang qui anime ces frères, la rage vengeresse du père, le tout porté par le mal absolu en une sorte de redite pervertie de la Genèse, mise en scène pour la plus grande joie de ces dépravés. Jusqu&rsquo;où ? Jusqu&rsquo;où, se demande le prêtre, peut-on se fourvoyer le long de son funeste chemin ?</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong> Page 220</strong> : c&rsquo;est de Karel dont il s&rsquo;agit. &laquo;&nbsp;<em>Lorsqu&rsquo;il se releva, ses hanches craquèrent si fort qu&rsquo;il entendit le bruit malgré le vent, et son dos fut parcouru de spasmes violents, comme si on lui avait versé de l&rsquo;eau brûlante des reins jusqu&rsquo;aux vertèbres raides et tordues de sa nuque. Sûr que ces frères ne connaissaient pas de douleurs pareilles, alors qu&rsquo;ils avaient été attachés au même harnais et qu&rsquo;ils avaient tiré la même charrue. A en croire la belle allure de Thom, ils avaient l&rsquo;air de plutôt bien vieillir, tout comme le père de leurs femmes qui était maintenant, avec son air compassé et tellement civil, encore plus exaspérant que quand il était apparu la première fois dans son cabriolet</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Page 302.</strong> <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est à ce moment que Karel comprit une chose à laquelle il n&rsquo;avait jamais refléchi auparavant. Ses frères avaient trouvé un moyen d&rsquo;échapper à leur père, mais voilà à quoi cela les avait menés : des fermes achetées avec l&rsquo;argent d&rsquo;un autre ; la main d&rsquo;une femme accordée telle une prime pour s&rsquo;être écartés du reste de leur propre famille ; des vies qui dépendaient d&rsquo;un individu somme toute aussi autoritaire et aussi dur que leur propre père. Karel se rendit compte que cela avait dû être pour eux, matin après matin, comme quand on se réveille après de superbes rêves d&rsquo;indépendance pour s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;on en est encore à se battre avec des épées en bois dans les hautes herbes au bord de la rivière.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Au final, ce premier roman à l&rsquo;écriture dense et aux descriptions fines et poétiques plonge le lecteur dans l&rsquo;Amérique du XXe siècle avec une acuité saisissante. On suit Karel de sa naissance à sa vie d&rsquo;homme et de père de famille. On le suit pour mieux comprendre son père, ses frères. Un premier roman prometteur et un livre de Nature writing de premier ordre. A découvrir, donc. </span></p>
<p><em><strong><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;Le sillage de l&rsquo;oubli&nbsp;&raquo;, de Bruce Machart, Gallmeister, 23, 60€, 335 pages. </span></strong></em></p>
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