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	<title>Quatrième de couv &#187; reconnaissance</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Petits arrangements avec l&#8217;amour et la vérité&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Mar 2017 08:10:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Ce roman, le troisième de Lauren Groff, fut le livre préféré de Barack Obama en 2015. Oui, je sais, ça ne suffit pas à en faire un bon roman. Heureusement ! Mais il y a tout le reste. L&#8217;histoire, la construction de celle-ci au fil des pages et des fantaisies du narrateur. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FURIES.jpg" rel="lightbox[3875]"><img class="alignleft size-full wp-image-3877 colorbox-3875" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FURIES.jpg" alt="FURIES" width="400" height="607" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce roman, le troisième de <strong>Lauren Groff</strong>, fut le livre préféré de <strong>Barack Obama</strong> en 2015. Oui, je sais, ça ne suffit pas à en faire un bon roman. Heureusement !</p>
<p>Mais il y a tout le reste. L&rsquo;histoire, la construction de celle-ci au fil des pages et des fantaisies du narrateur.</p>
<p>Nous voilà en Californie. <strong>Lancelot,</strong> que tous surnomment <strong>Lotto</strong> est un garçon bien loti. Sa mère, <strong>Antoinette</strong>, ancienne sirène star d&rsquo;un spectacle ( toujours appelée &laquo;&nbsp;manman&nbsp;&raquo;, et son père, <strong>Gawain</strong>, qui a fait fortune dans l&rsquo;eau minérale, chérissent leur fils. Jusqu&rsquo;au drame.</p>
<p>La mort brutale du père. <strong>Lotto</strong> devient un adolescent fuyant, compliqué&#8230; alors que sa mère qui attend une fille, <strong>Rachel</strong>, sombre dans la bigoterie et la mauvaise nourriture. <strong>Sallie</strong>, la soeur de<strong> Gawain</strong>, va tout prendre en main.</p>
<p>La nuit qu&rsquo;il passe avec une fille ( qui tombera enceinte) signe la fin de l&rsquo;insouciance. Sa mère l&rsquo;envoie en pension. Une mise à l&rsquo;écart sine die.</p>
<p><strong>Lotto</strong> apprend seul à grandir. Devient un étudiant avide de sexe, d&rsquo;alcool et de drogue. Jusqu&rsquo;à sa rencontre avec <strong>Mathilde</strong>. Il a 22 ans. Quinze jours plus tard, ils se marient. <strong>Lotto</strong> est déshérité. Et pour cause.</p>
<p>Elle, la mystérieuse orpheline,  est froide, quand <strong>Lotto</strong> est solaire. Certains de leurs amis parient sur la durée de leur histoire. Sans savoir quels arrangements les soudent&#8230;</p>
<p><span id="more-3875"></span></p>
<p>Tout en suivant au plus près le délitement de ce couple qui semblait pourtant si parfait, une deuxième histoire se laisse découvrir.  Il y a eu mensonge. Chacun va y aller de sa petite vérité. Et la mort de <strong>Lancelot</strong> va lancer les hostilités.</p>
<p>C&rsquo;est <strong>Mathilde</strong> ( née Aurélie dans la région de Nantes avant d&rsquo;être envoyée malgré elle chez un oncle qui vit aux Etats-Unis) qui tire les ficelles. Qui gagne l&rsquo;argent du ménage quand <strong>Lotto</strong>, comédien, va d&rsquo;échec en échec. C&rsquo;est encore elle qui poussera son mari à poursuivre dans l&rsquo;écriture. Devenu dramaturge après qu&rsquo;elle y a mis sa patte, il devient très célèbre. C&rsquo;est encore elle qui, à intervalles réguliers, tient <strong>Antoinette</strong> à distance de son fils.</p>
<p>Les rebondissements se multiplient sous l&rsquo;oeil goguenard de Shakespeare dont<strong> Lotto</strong> est un inconditionnel. Un régal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 91 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Il devenait de plus en plus ordinaire, songea-t-elle. Banal.  S&rsquo;il n&rsquo;y  prenait garde, une gentille fille lui mettrait le grappin dessus, Sallie le sentait, et Lotto se laisserait glisser vers le mariage, vers un travail sans intérêt mais bien payé, une famille, des cartes de voeux, une maisons sur la plage, l&rsquo;embonpoint lié à l&rsquo;âge, les petits-enfants, trop d&rsquo;argent, l&rsquo;ennui, la mort. Dans sa vieillesse il serait fidèle et conservateur, aveugle devant ses privilèges. Quand Sallie cessa de pleurer, elle s&rsquo;aperçut qu&rsquo;elle était seule, un courant d&rsquo;air froid filtrait par la fenêtre jusque dans son cou, deux rangées de portes de part et d&rsquo;autres qui allaient, diminuant, jusqu&rsquo;au néant à l&rsquo;autre bout</em>. [&#8230; what fun it is to ride and sing a sleighing song tonight, oh !]<em> Mais dieu soit loué ! Mathilde était apparue ; et même si au début, elle avait semblé le portrait craché de la gentille fille redouté par Sallie, en réalité, elle ne l&rsquo;était pas. Salleie percevait sa dureté de granit. Mathilde saurait sauver Lotto de sa propre paresse, avait-elle pensé ; hélas, des années plus tard, Lotto demeurait un homme ordinaire. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 258-259 :</strong></p>
<p style="text-align: left">–<em> Oui, ma chère. C&rsquo;est très raisonnable de votre part d&rsquo;accepter cet arrangement. C&rsquo;est un bon paquet d&rsquo;argent, assurément.</em></p>
<p style="text-align: left">–<em> Non. Je voulais dire, ça va être merveilleux d&rsquo;imaginer tout ce que je pourrai mettre en oeuvre pour que votre fils demeure loin de vous. Ce sera notre petit jeu. Vous verrez. A toutes les vacances, tous les anniversaires, toutes les fois où vous serez malade, une nécessité urgente contraindra votre fils à rester auprès de moi. Oui, il sera auprès de moi, et pas de vous. C&rsquo;est moi qu&rsquo;il choisira, pas vous! Manman – Lotto vous appelle manman, alors je ferai de même –, tant que vous ne m&rsquo;aurez pas présenté d&rsquo;excuses, que nous n&rsquo;aurez pas décidé d&rsquo;être gentille, vous ne le reverrez pas.” Elle raccrocha avec douceur, puis débrancha le téléphone et retourna prendra un bain car son tee-shirt était transparent de sueur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 271-272 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A un moment, malgré son intelligence et son art d&rsquo;administrer les choses, elle était devenue une épouse, et les épouses, nous le savons tous, sont invisibles. Les elfes de minuit du mariage. La maison à la campagne, l&rsquo;appartement en ville, les impôts, la chienne, tout cela relevait de sa responsabilité : il n&rsquo;avait aucune idée de la manière dont elle organisait son temps. A tout ça auraient pu s&rsquo;ajouter des enfants ; dans ce cas, elle était heureuse de ne pas en avoir eu. Et il y avait ceci encore : pour nombre de ses pièces, au moins la moitié, elle s&rsquo;était faufilée en silence la nuit dans son bureau pour retravailler ce qu&rsquo;il avait écrit. [ Elle ne réécrivait pas;  elle coupait, affinait, mettait en valeur. ] Elle s&rsquo;occupait en outre de toute la gestion, de tous les aspects non créatifs de son travail ; elle imaginait avec horreur tout l&rsquo;argent qu&rsquo;il aurait laissé s&rsquo;évaporer par négligence ou gentillesse.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left">
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Les Furies&nbsp;&raquo;, Lauren Groff, traduit de l&rsquo;anglais par Carine Chicherreau, Editions de l&rsquo;Olivier, 23,50€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;amour maternel au crash-test</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/09/lamour-maternel-au-crash-test/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2015 07:23:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Son livre fait désormais partie de la première sélection du prix Goncourt. Et n&#8217;en finit pas de faire parler de lui pour ses qualités littéraires. Pas de doute, Christine Angot est l&#8217;un des auteurs les plus en vue de cette rentrée  !  Avec &#171;&#160;Un amour impossible&#160;&#187;, elle évoque la rencontre de ses parents, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
</blockquote>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ANGOT.jpg" rel="lightbox[3261]"><img class="alignleft size-full wp-image-3262 colorbox-3261" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ANGOT.jpg" alt="ANGOT" width="103" height="160" /></a>Son livre fait désormais partie de la première sélection du prix Goncourt. Et n&rsquo;en finit pas de faire parler de lui pour ses qualités littéraires.</p>
<p>Pas de doute, <strong>Christine Angot</strong> est l&rsquo;un des auteurs les plus en vue de cette rentrée  !  Avec <strong>&laquo;&nbsp;Un amour impossible&nbsp;&raquo;</strong>, elle évoque la rencontre de ses parents, son enfance auprès d&rsquo;une mère célibataire, son père incestueux et explique pourquoi l&rsquo;amour aura été si compliqué, voire impossible, à faire vivre au sein de ce triangle. Un roman bouleversant. Puissant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3279" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/christine_angot2.jpg" rel="lightbox[3261]"><img class="wp-image-3279 size-medium colorbox-3261" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/christine_angot2-300x150.jpg" alt="christine_angot2" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Jean-Luc Bertini (Flammarion)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Christine Angot</strong>, née Christine Schwartz, est un auteur français. Sa biographie est<strong> <a href="http://www.christineangot.com/biographie">ici.</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3261"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de la petite <strong>Christine</strong>. Née en 1959 à Châteauroux, d&rsquo;une mère juive travaillait à la Sécurité sociale et d&rsquo;un père traducteur à la base américaine. Deux milieux sociaux diamétralement opposés. <strong>Rachel et Pierre</strong> vont pourtant s&rsquo;aimer. Pas question cependant pour ce bourgeois d&rsquo;épouser<strong> Rachel</strong>, d&rsquo;une extraction bien inférieure. Des années plus tard, il épousera une Allemande.</p>
<p>Pas de mariage donc, mais une enfant. A qui il finira ( <strong>Rachel</strong> ne lâchera rien) par donner son nom alors qu&rsquo;elle est adolescente. <strong>Christine Angot</strong> est née. Et il commencera à la détruire par l&rsquo;inceste. <strong>Rachel</strong>, elle, l&rsquo;apprendra que plus tard, par un ami. Elle n&rsquo;a rien vu. Rien compris.</p>
<p>L&rsquo;amour inconditionnel de l&rsquo;enfant a laissé la place au ressentiment de l&rsquo;adulte. Pour l&rsquo;auteure, c&rsquo;est sûr, son père a usé de cet affreux moyen pour faire preuve de domination sociale.</p>
<p>Pas de mariage donc, mais des lettres qui soufflent le chaud et le froid au fil des années. <strong>Rachel</strong> s&rsquo;y accroche. <strong>Christine</strong> en souffre.</p>
<p>Après avoir abordé le sujet de l&rsquo;inceste et de son père (mort en 1999) dans deux autres romans, <strong>Christine Angot</strong> évoque pour la première fois la figure de sa mère. A la fois forte et si vulnérable. Au fil de ce roman, elle décortique l&rsquo;amour maternel, le pousse dans ses retranchements, teste sa résistance&#8230;</p>
<div id="d_bio">
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 62 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Presque toutes les femmes s&rsquo;arrêtaient de travailler au mariage, ou à la naissance de leur premier enfant. Le soir, elles étaient à la sortie des classes. Ma mère était une des rares qui n&rsquo;y étaient pas, elle sortait du bureau trop tard. Je rentrais à la maison toute seule, par une petite ruelle à droite en sortant de l&rsquo;école. Puis je prenais la descente des Cordeliers, une rue pavée qui descendait, tournait et croisait la rue de l&rsquo;Indre. Au croisement, je m&rsquo;arrêtais. Je m&rsquo;installais à l&rsquo;angle. Je jouais avec des limaces, je décollais les escargots, qui faisaient ventouse sur le pavé, accroupie, attentive, absorbée par ce que je faisais, sous une petite pluie fine. Et je repartais. Je contemplais à mes pieds du haut de ma taille les chaussures vernies noires qu&rsquo;elle m&rsquo;avait achetées. Je descendais la rue de l&rsquo;Indre jusqu&rsquo;au 36, je passais sous le porche, et j&rsquo;entrais dans le chemin.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 176 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Dans les années qui ont suivi, j&rsquo;ai commencé à lui attribuer mes échecs. Je l&rsquo;accusais de ne pas s&rsquo;être remise en question, de n&rsquo;être restée en analyse que trois ans, d&rsquo;avoir trouvé en mon père un coupable facile, de ne pas avoir réfléchi à sa propre responsabilité dans ce qui m&rsquo;était arrivé. Je lui conseillais de ne pas s&rsquo;étonner, par conséquent, de la difficulté dans laquelle sombrait notre relation. Je lui disais que j&rsquo;étais la victime  de leur égoïsme à tous les deux. Qu&rsquo;ils étaient pareils sur ce plan-là. Uniquement préoccupés de leur regard l&rsquo;un sur l&rsquo;autre. Que la fameuse photo prise dans la campagne, dans la même position, en appui sur le même poteau, en témoignait. Qu&rsquo;ils s&rsquo;étaient pris chacun comme le miroir de l&rsquo;autre. Que j&rsquo;avais été sacrifiée à ça.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 203 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est une vaste entreprise de rejet. Social, pensé, voulu. Organisé. Et admis. Par tout le monde. Toute cette histoire, c&rsquo;est ça. Et jusqu&rsquo;à la fin. Y compris avec ce qu&rsquo;il m&rsquo;a fait à moi. C&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;il t&rsquo;a fait à toi aussi, avant tout. C&rsquo;est la continuation de ce rejet. Pour humilier quelqu&rsquo;un, le mieux c&rsquo;est de lui faire honte, tu le sais. Et qu&rsquo;est-ce qui pouvait te rendre plus honteuse que ça, que de devenir, en plus de tout le reste, alors même que tu pensais être sortie du tunnel, la mère d&rsquo;une fille à qui son père fait ça ? Tu as été rejetée en raison de ton identité maman. Pas en raison de l&rsquo;être humain que tu étais. Pas de qui tu étais toi. Pas de la personne que tu étais. Et ce rejet allait jusqu&rsquo;à faire ça à ta fille. C&rsquo;a été jusque-là. C&rsquo;a été loin. Tout ça s&rsquo;inscrivait dans une même logique. Et il a fallu que la logique soit poussée jusqu&rsquo;au bout. Puisque que tu as essayé de la contrer. Tu ne devais pas sortir de ton tunnel. Tu pouvais juste rêver d&rsquo;en sortir. Quelqu&rsquo;un comme toi devait rester dans la voie sans issue. A l&rsquo;intérieur du tunnel, là où on voit rien justement.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left">Je ne connaissais pas les écrits de Christine Angot, coupée dans mon éventuel élan par la personnalité cassante et froide de l&rsquo;auteure qui avait fait de l&rsquo;auto-fiction sa marque de fabrique. L&rsquo;histoire d&rsquo;un &laquo;&nbsp;Amour impossible&nbsp;&raquo; m&rsquo;a fait changé d&rsquo;avis. Une histoire forte. Une écriture qui va droit au but. Un roman important.</p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Un amour impossible&nbsp;&raquo;, Christine Angot, Flammarion, 18€</strong></em></p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Bourlinguer avec Jean Rolin du côté d&#8217;Ormuz&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/11/bourlinguer-avec-jean-rolin-du-cote-dormuz/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/11/bourlinguer-avec-jean-rolin-du-cote-dormuz/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2013 06:35:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire Poursuivons notre lecture de quelques-uns des bons romans de cette rentrée littéraire ! Celui-ci, je l&#8217;ai lu au coeur de l&#8217;été, avant sa sortie sur les tables des libraires. Un p&#8217;tit privilège, je sais. &#160; L&#8217;auteur ? Il s&#8217;agit de Jean Rolin, dont vous trouverez d&#8217;ailleurs sur ce blog la chronique du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;color: #0000ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p>Poursuivons notre lecture de quelques-uns des bons romans de cette rentrée littéraire ! Celui-ci, je l&rsquo;ai lu au coeur de l&rsquo;été, avant sa sortie sur les tables des libraires. Un p&rsquo;tit privilège, je sais.</p>
<div id="attachment_2009" style="width: 130px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/aut-rolin-jean.jpg" rel="lightbox[1971]"><img class="size-full wp-image-2009  colorbox-1971" style="margin: 10px" alt="aut-rolin-jean" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/aut-rolin-jean.jpg" width="120" height="171" /></a><p class="wp-caption-text">Photo P.O.L.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;auteur ? Il s&rsquo;agit de <strong>Jean Rolin</strong>, dont vous trouverez d&rsquo;ailleurs sur ce blog la chronique du précédent roman<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/01/02/dans-les-bas-fonds-de-l-a-sur-les-traces-de-britney-spears/"> &laquo;&nbsp;Le ravissement de Britney Spears&nbsp;&raquo;</a></strong>, paru également chez P.O.L.</p>
<p><strong>Jean Rolin</strong>, né en 1949 à Boulogne-Billancourt, est journaliste et écrivain. Il a reçu le prix Albert Londres pour le journalisme en 1988 et son roman <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;Organisation&nbsp;&raquo;</strong> a reçu le <strong>prix Médicis</strong> en 1996.</p>
<p><strong>Jean Rolin</strong>, éclectique dans ses thèmes d&rsquo;écriture, est un écrivain qui voyage, qui promène son esprit et sa plume  à travers les continents.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1971"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Avant toute chose, il convient de prendre un atlas. Pour voir, pour comprendre.</p>
<div style="width: 503px" class="wp-caption alignnone"><img class="dnd-dropped colorbox-1971" alt="" src="http://www.franceinter.fr/sites/default/files/imagecache/scald_image_max_size/2013/08/21/702954/images/detroit-ormuz-iran-petrole.jpg" width="493" height="277" /><p class="wp-caption-text">Carte FNCV 2013</p></div>
<p>C’est par le <strong>détroit d’Ormuz</strong> que transite de 20 à 30 % du pétrole et du gaz irriguant l’économie mondiale ; ce qui en fait, naturellement, un enjeu stratégique de premier ordre, particulièrement, depuis quelques années, dans le climat de tension croissante engendré par le programme nucléaire de l’Iran.</p>
<p>À intervalles réguliers, des escadres de navires américains s’y font voir, surveillées de près par des navires iraniens d’une puissance infiniment moindre que les précédents, mais rompus aux tactiques les plus retorses de la guerre navale dite « asymétrique ». De telle sorte que le moindre incident pourrait entraîner une escalade incontrôlable, et que tous les pays de la région sont engagés dans une course aux armements très propice aux marchands de ces derniers.</p>
<p>Un détroit stratégique, certes mais aussi un lieu de toute beauté, tant du côté iranien que du côté omanais. Malgré la chaleur accablante une grande partie de l&rsquo;année.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ORMUZ-LIVRE.jpg" rel="lightbox[1971]"><img class="alignleft size-full wp-image-2018 colorbox-1971" style="margin: 10px" alt="ORMUZ LIVRE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ORMUZ-LIVRE.jpg" width="109" height="160" /></a>C’est dans ce cadre, et dans ce contexte, que <strong>Wax (&laquo;&nbsp;cire&nbsp;&raquo; en anglais)</strong>, un personnage aux contours indécis, plus tout jeune, et sans doute un peu mythomane, <strong>a formé le projet de traverser à la nage le détroit d’Ormuz</strong>, bien que, même dans sa partie la plus resserrée, jamais moins d’une quarantaine de kilomètres n’en sépare les deux rives.</p>
<p>Afin de préparer cette performance par des repérages, des prises de contacts, des analyses plus ou moins fantaisistes de la situation politico-militaire&#8230; –, et d’en tenir la chronique, <strong>Wax</strong> s’est assuré le concours de celui qui dit « je » dans ce récit, <strong>un narrateur qui, jusqu&rsquo;à la fin, reste anonyme.</strong> Récit dont la trame est formée tant par les tergiversations de <strong>Wax</strong> que par les pérégrinations de ce narrateur, maritimes ou terrestres, d’abord sur les eaux du Golfe puis sur les deux rives, l’arabe et la perse, de celui-ci. Et si faibles que paraissent ses chances de succès, <strong>Wax</strong>, pour finir, se lancera tout de même dans cette audacieuse tentative de franchir le détroit d’Ormuz à la nage.</p>
<p><strong>Une histoire pas banale. Et c&rsquo;est avec un art consommé de la description géographique et ethnographique que Jean Rolin, qui est passé à plusieurs reprises par ce détroit, nous emmène avec lui jusqu&rsquo;à Ormuz.<br />
</strong></p>
<p>Au fil des 218 pages, le lecteur suit donc <strong>Wax</strong>, fragile, ambigu et mythomane dans la préparation de sa traversée, mais aussi celui qui en assure la logistique et prépare déjà la légende bien qu&rsquo;hypothétique du nageur, le narrateur et double de Jean Rolin.</p>
<p><strong>Un roman d&rsquo;un abord peut-être un peu austère qui s&rsquo;avère très bien écrit, docte, drôle et captivant.</strong></p>
<p><strong>Ecoutez ici Jean Ormuz</strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 140 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Dans l&rsquo;attente de nouvelles instruction qui vraisemblablement n&rsquo;arriveraient jamais, et après l&rsquo;échec prévisible de ma mission auprès de l&rsquo;émir de Sharjah, qui pouvais-je faire, à Khasab, sinon tuer le temps ? Par exemple, et afin de complaire encore à ce caprice de Wax, en poursuivant l&rsquo;inventaire de toutes les choses, des plus infimes aux plus majestueuses, susceptibles d&rsquo;être décrites, chacune dans sa catégorie, comme la plus proche du détroit d&rsquo;Ormuz. Tâche d&rsquo;autant plus immense, à Khasab, que la ville elle-même – à égalité avec Bandar Abbas – présente cette particularité, et donc aussi la plupart des choses qu&rsquo;elle contient. Ainsi du distributeur automatique de billets installé dans le tout nouveau supermarché Lulu, celui qui vient d&rsquo;ouvrir, près du port, sur un terrain remblayé, tant il est vrai que les Emirats n&rsquo;ont pas le monopole de cette technique. Distributeur de billets dont je peux garantir qu&rsquo;il est non seulement le plus proche du détroit mais également le seul, dans toute la ville, à être approvisionné régulièrement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong> Pages 158-159</strong> : <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Au cours de la matinée, l&rsquo;épicier, qui s&rsquo;était inquiété de sa disparition, et qu&rsquo;il avait auparavant informé de sa destination, était venu le chercher, à bord de la barque à moteur dont il disposait pour son commerce, et c&rsquo;est alors, semble-t-il, qu&rsquo;avait germé dans l&rsquo;esprit de Wax, convaincu désormais de la démesure de son projet, l&rsquo;idée de le simplifier, ou de le ramener à des dimensions plus modestes, en se faisant transporter de cette façon sur la plus grande partie de la traversée. Evidement, il pouvait sembler plus raisonnable, et plus digne, de renoncer purement et simplement, mais Wax m&rsquo;assura qu&rsquo;il trouvait moins déshonorant, à tout prendre, de tricher que de déclarer forfait, outre qu&rsquo;il prétendait avoir déjà dépensé beaucoup d&rsquo;argent pour ce projet : “Ne serait-ce, ajouta-t-il de manière assez déplaisante, que les émoluments que je vous verse, et le frais de vos déplacements.”&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 193</strong> :<em> &laquo;&nbsp;En y débarquant, l&rsquo;effort pourtant mesuré que je dus faire, pour me redresser et enjamber le pavois, me causa une fatigue telle que je tombai à genoux sur la plage, dans une position que je dus conserver quelque temps, et qui me fit craindre que parmi les très rares personnes susceptibles de m&rsquo;avoir vu, il ne s&rsquo;en trouvât au moins une pour imputer à cet agenouillement des motifs qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas, et me soupçonner par exemple d&rsquo;être un missionnaire pentecôtiste désireux de ramener l&rsquo;île de Larak dans le sein de la vraie religion. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;ai recommencé à plusieurs reprises les premières pages de ce livre. Eh oui, ça arrive ! Je n&rsquo;arrivais pas à entrer dans l&rsquo;histoire et la description des navires de guerre ne m&rsquo;y aidait pas beaucoup. Pas question pourtant de passer à côté du nouveau roman de Jean Rolin. J&rsquo;ai donc repris le livre et y ai plongé. Jusqu&rsquo;au bout. Avec plaisir. Jean Rolin le bourlingueur sait nous mener par le bout du nez jusqu&rsquo;à des rivages lointains et mal connus. Loin de l&rsquo;univers californien de son précédent roman, nous voilà loin, amusés par ces personnages pas banals, aventuriers de l&rsquo;inutile. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Ormuz&nbsp;&raquo;, de Jean Rolin, P.O.L., 16€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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