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	<title>Quatrième de couv &#187; photographie</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Dépasser le silence, enfin</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2016 07:53:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre découverte des petites pépites et autres trouvailles de cette rentrée littéraire. Un premier roman, ça vous dit ? Entrons dans &#171;&#160;De ce pas&#160;&#187;, écrit par Caroline Broué. Productrice depuis 2010 de l’émission &#171;&#160;La Grande Table&#160;&#187; sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DE-CE-PAS-OK.jpg" rel="lightbox[3499]"><img class="alignleft wp-image-3502 size-medium colorbox-3499" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DE-CE-PAS-OK-229x300.jpg" alt="DE CE PAS OK" width="229" height="300" /></a> Poursuivons notre découverte des petites pépites et autres trouvailles de cette rentrée littéraire. Un premier roman, ça vous dit ? Entrons dans <strong>&laquo;&nbsp;De ce pas&nbsp;&raquo;</strong>, écrit par <strong>Caroline Broué</strong>.</p>
<p>Productrice depuis 2010 de l’émission &laquo;&nbsp;La Grande Table&nbsp;&raquo; sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées, <strong>Caroline Broué</strong> est diplômée de Sciences politiques et de Lettres modernes.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce premier roman ? C&rsquo;est celle de <strong>Tin</strong>-<strong>Marjorie</strong>. Tin est bébé quand elle rejoint la France en 1975 avec sa mère. Elles ont fui le Cambodge, désormais aux mains des Khmers Rouges. Le père de la fillette, lui, est resté. Probablement mort.</p>
<p><strong>Tin</strong> deviendra danseuse comme sa mère. Puis danseuse étoile à l&rsquo;Opéra de Paris. Jusqu&rsquo;au jour où son corps lui dit stop. A quarante ans, <strong>Tin</strong> devenue <strong>Marjorie</strong>, doit réinventer sa vie. Et mettre des mots sur ce qui lui manque.</p>
<p>Son compagnon, <strong>Paul,</strong> est photographe. Sa manière à lui de parler. A la différence de <strong>Marjorie</strong>, lui a grandi dans les mots. Les paroles que l&rsquo;on prononce. Souvent trop violentes. Sa soeur a-t-elle été, comme elle le clamait il y a des années victime de leur propre père ? Alors il s&rsquo;est éloigné de sa famille protestante, installée en Ardèche. A rompu les liens. Mais comment faire pour avancer ?</p>
<p><strong>Marjorie</strong> et <strong>Paul</strong> doivent, pour se pas se perdre et ne pas mettre en danger leur couple, réinventer une grammaire à eux pour continuer à faire vivre leur passé. La quarantaine venue, il est temps d&rsquo;être en accord avec soi-même. Pas simple.</p>
<p><strong>Caroline Broué</strong> signe là un premier roman maitrisé et très bien écrit. Un vrai plaisir de lecture !</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque ici la genèse et l&rsquo;histoire de son premier roman</strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 83 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Paul avait beau être photographe, quand ils étaient ensemble, la main du peintre rejoignait le bras du danseur. Ce qui réunissait Paul et Tin, fondamentalement, c&rsquo;était le silence. Le silence de l&rsquo;art. Ils se trouvaient précisément à la jonction de deux axes complémentaires : celui du peintre dansant sur sa toile et celui du danseur composant les couleurs de sa chorégraphie. Leurs vies s&rsquo;entremêlaient, et ce mariage impromptu transcendait leurs différences. Ils n&rsquo;avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. L&rsquo;entente entre eux était tacite. Ils s&rsquo;accordaient d&rsquo;un regard furtif. D&rsquo;un geste de la main. Loin de tout bavardage, de tout mot superflu, leur mode d&rsquo;être et de relation relevait de l&rsquo;implicite, de l&rsquo;entendu avant même d&rsquo;être dit. Ils s&rsquo;étaient trouvés dans le silence. Ils se retrouvaient sur l&rsquo;essentiel.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 122-123 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Paul et Marjorie n&rsquo;arrivent plus à se parler. Les mots restent bloqués dans leur gorge. Marjorie est aussi impuissante que Paul est désarmé. Ils sont deux êtres seuls, isolés, retranchés dans leur tour. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis, un soir, sans crier gare, Paul se met à hoqueter. “J&rsquo;étouffe. Je me noie. Marjorie, je me noie. Ils ne me quittent pas, ils m&rsquo;assaillent. Ils m&rsquo;emmènent vers le tourbillon. Je ne parviens plus à fuir. Ils envahissent tout, me demandent des comptes, obstruent ma vue, mon ouïe, ma bouche, accablent mes sens. Je ne peux leur échapper. Ils m&rsquo;enserrent de leur point de vue, de leur monde étriqué, enfermé sur eux-mêmes, sur leur égocentrisme. Ils m&rsquo;empêchent. J&rsquo;ai peur de reproduire la même chose avec toi. Je ne peux plus avancer. J&rsquo;ai marché en crabe toute ma vie, j&rsquo;ai contourné les obstacles pour m&rsquo;en sortir, pour échapper à leur emprise, mais la marée est plus forte, et la vague est sur le point d&rsquo;engloutir mes efforts. J&rsquo;ai fait de mon mieux pour accomplir ma mission. Mais, quand j&rsquo;ai fui, j&rsquo;ai failli à ma charge. Je les ai laissés se débrouiller seuls. Je n&rsquo;ai pas été à la hauteur des attentes de ma famille. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 146 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le père de Paul est mort. Les funérailles ont lieu à Aubenas. Paul s&rsquo;y rend seul, selon sa volonté. Il n&rsquo;a aucune envie de mêler Marjorie et Elena à tout ça. Ce n&rsquo;est pas le moment pour elles de faire connaissance avec sa famille. Il n&rsquo;est pas retourné là-bas depuis son départ fracassant, il sait que les souvenirs vont s&rsquo;entrechoquer et que toute sa douleur va remonter. Il sait aussi que Suzie ne peut se tenir en compagnie de sa mère. Il se souvient de toutes ces scènes auxquelles il a assisté avant de décider de ne plus se rendre à aucun endroit où elles seraient toutes les deux. Des drames, des cris, des pleurs. Non, merci.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;De ce pas&nbsp;&raquo;, Caroline Broué, Sabine Wespieser éditeur, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Eva, passion dévorante</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/06/eva-passion-devorante/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2015 06:58:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un livre d&#8217;amour et de rédemption. Voilà ce que contient le nouvel ouvrage de Simon Liberati, &#171;&#160;Eva&#160;&#187;. Eva, c&#8217;est Eva Ionesco. Cette enfant, cette jeune fille qui de 4 à 13 ans a servi de modèle à sa photographe de mère, Irina Ionesco. Une femme qui deviendra célèbre en exposant les très nombreux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
</blockquote>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/evaM247070.jpg" rel="lightbox[3315]"><img class="alignleft size-full wp-image-3317 colorbox-3315" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/evaM247070.jpg" alt="eva,M247070" width="224" height="340" /></a>Un livre d&rsquo;amour et de rédemption. Voilà ce que contient le nouvel ouvrage de<strong> Simon Liberati</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Eva&nbsp;&raquo;</strong>. <strong>Eva</strong>, c&rsquo;est <strong>Eva Ionesco</strong>. Cette enfant, cette jeune fille qui de 4 à 13 ans a servi de modèle à sa photographe de mère,<strong> Irina Ionesco</strong>. Une femme qui deviendra célèbre en exposant les très nombreux clichés érotiques (voire davantage) sur lesquels évoluaient sa progéniture.</p>
<p>Pour <strong>Simon Liberati</strong>, l&rsquo;enfant-objet d&rsquo;autrefois est devenu une muse. La plus inspirante qui soit. Pourtant rien ne sera simple entre eux, au départ.</p>
<p>Il l&rsquo;a croisée une première fois en 1979. La jeune fille, vêtue d&rsquo;une robe lamée, l&rsquo;insulte. Il se servira de ces souvenirs pour imaginer, des années plus tard, le personnage d&rsquo;un roman. Ils se rencontrent à nouveau en 2013 et, cette fois, ne se quitteront plus. Réunis au départ pour un projet de scénario (<strong>&laquo;&nbsp;Une jeunesse dorée&nbsp;&raquo;</strong>, qui sera tourné en 2016 avec <strong>Valeria Bruni Tedeschi</strong> et <strong>Mathieu Almaric</strong>) – <strong>Eva Ionesco</strong> a déjà raconté sa vie sulfureuse à travers le film<strong> &laquo;&nbsp;My Little Princess&nbsp;&raquo;</strong>, qu&rsquo;elle a réalisé en 2011<strong>, interprété par Isabelle Huppert</strong>  – l&rsquo;écrivain et l&rsquo;ancienne jeune fille sulfureuse vont lier leurs destins.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Eva&nbsp;&raquo;</strong> peut naître.</p>
<p><span id="more-3315"></span></p>
<p>Un roman ( mais est-ce vraiment un roman en définitive ?) qui aurait pu ne jamais être publié. En effet, <strong>Irina Ionesco</strong> a, en juillet, demandé que soient retirés du livre des passages constituant, selon elle, des atteintes à sa vie privée. Le 3 août, le tribunal la déboutait finalement, arguant notamment que <i>« l&rsquo;ampleur de son préjudice peut également être appréciée au regard de son attachement à la vie privée d&rsquo;autrui, en l&rsquo;occurrence sa fille âgée de 4 à 13 ans, dont les photos dénudées ont été commercialisées de nombreuses années »</i>.</p>
<p>Que raconte <strong>&laquo;&nbsp;Eva&nbsp;&raquo;</strong> ? <strong>Simon Liberati</strong> n&rsquo;a pas écrit une biographie. Non, il navigue entre passé et présent. Il y a ce que l&rsquo;ont sait déjà d&rsquo;<strong>Eva</strong>. Et puis tout le reste. L&rsquo;écrivain a plongé dans les souvenirs de sa compagne, dans les écrits de celle-ci, les cartes postales jamais envoyées. Il a également rencontré ceux qui côtoyaient <strong>Eva Ionesco</strong> dans ces années sulfureuses. Et il ne cache rien des manies d&rsquo;<strong>Eva</strong>, de ses obsessions, de ses caprices, de son image qu&rsquo;elle chérit&#8230; et de sa mère qui ne lui a jamais témoigné d&rsquo;affection.</p>
<p>Une boule à facettes. Comme à la grande époque du Palace et des Bains-Douches. Lui, qui avait pourtant juré fidélité à la littérature, se donne tout entier à celle qui partage désormais sa vie.</p>
<p>Ajoutez à cela les mots de <strong>Liberati</strong>, sa langue riche et poétique et vous plongez tout entier dans cette histoire d&rsquo;amour unique. Une très jolie découverte.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 29 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je retrouvai peu à peu, dans sa façon de parler et certaines intonations parigotes, une musique entendue autrefois dans la bande qu&rsquo;elle fréquentait. J&rsquo;avais oublié cette langue, enfouie dans ma mémoire sous des couches et des couches d&rsquo;autres langages, d&rsquo;autres tics, d&rsquo;autres façons de parler. Après plus de trente ans, j&rsquo;avais l&rsquo;impression de reconnaître la voix d&rsquo;une vieille amie revenue de l&rsquo;arrière-monde. Une vieille amie ou une parente&#8230; Il me vint à l&rsquo;esprit que ma soeur imaginaire, la petite Marina, un personnage que j&rsquo;avais créé en pensant en partie à Eva, revenait me hanter. Dans quel but ? Je suis superstitieux, même si je m&rsquo;en cache, la drogue a appuyé ce trait de caractère, et cette présence étrange postée près de moi qui fumait une cigarette sur le balcon en contemplant la nuit me faisait l&rsquo;effet d&rsquo;une féérie dont je ne pouvais présager si elle était bonne ou mauvaise. Plusieurs personnes, trompées par les étrangetés d&rsquo;Eva et préjugeant des séquelles d&rsquo;une enfance agitée, m&rsquo;avaient affirmé qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas toute sa tête. Je dois avouer que j&rsquo;ai passé les premières heures en sa compagnie à guett</em>er des symptômes. Avec des résultats incertains. Peut-être était-ce plutôt moi que j&rsquo;aurais dû sonder.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 46 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai su très vite qu&rsquo;Eva allait me rendre heureux, c&rsquo;est-à-dire m&rsquo;affoler, bouleverser ma vie si complètement qu&rsquo;il faudrait tout refaire autrement et dans le désarroi, seul symptôme incontestable de la vérité. Je l&rsquo;ai su en trouvant une ancienne photographie d&rsquo;elle sur Internet, un cliché dont elle m&rsquo;a donné plus tard un tirage. Ce portrait fut pris au Privilège quelques années après que j&rsquo;ai croisé Eva. Elle est plus âgée qu&rsquo;à l&rsquo;époque où elle m&rsquo;a insulté et infiniment plus belle et touchante. Elle a seize ans, un âge où elle vivait seule à l&rsquo;hôtel La Louisiane, dépensant en un an l&rsquo;argent que lui avaient rapporté des rôles d&rsquo;enfant plus ou moins déshabillée au cinéma.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 94-95 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Il y a une part de foi dans l&rsquo;amour qui se prononce de manière délibérée en soi comme un voeu. Il reste secret mais aussitôt énoncé il prend une valeur d&rsquo;absolu. Il ne s&rsquo;agit pas de dire “je t&rsquo;aime ” mais d&rsquo;accepter au fond de soi d&rsquo;aimer l&rsquo;autre, c&rsquo;est-à-dire de ne plus différencier le sort de l&rsquo;autre au sens propre. Passé un certain âge, ce saut devient plus difficile, sauf quand le passé est engagé tout entier, dans toute son épaisseur, couche après couche, lecture après lecture, rencontre après rencontre dans le choix présent, le justifiant sans doute possible. C&rsquo;est le garçon que j&rsquo;avais été avant de devenir celui que j&rsquo;étais devenu qui s&rsquo;engageait de la manière la plus chevaleresque auprès de celle, l&rsquo;éternelle, dont j&rsquo;avais vue le premier avatar là-bas dans l&rsquo;hôtellerie du couvent, ou peut-être avant, dans ma lointaine enfance. J&rsquo;en étais certain, ma foi était pure. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cette fois en l&rsquo;amour n&rsquo;était pas morte pendant toutes les années intermédiaires mais elle s&rsquo;était déplacée dans le domaine de l&rsquo;art. Je croyais en la littérature, je lui avais juré fidélité et l&rsquo;élue de ce voeu, cette part communiste de moi qui tendait au sublime en général souffrait de se voir préférer une seule femme, fut-elle aussi poétique et romantique qu&rsquo;Eva. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La seule issue que j&rsquo;ai trouvée à ce dilemme était de prendre l&rsquo;objet de mon amour, Eva, et d&rsquo;en faire un livre, </em>Eva<em>.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Eva&nbsp;&raquo;, Simon Liberati, Stock, 19,50€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
</blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Prix Roblès 2013 : &#171;&#160;Un homme effacé&#160;&#187; d&#8217;Alexandre Postel</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/25/prix-robles-2013-un-homme-efface-dalexandre-postel/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 10:29:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Postel]]></category>
		<category><![CDATA[Axel North]]></category>
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		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2013]]></category>
		<category><![CDATA[Un homme effacé]]></category>

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		<description><![CDATA[Roblès 2013 Poursuivons notre lecture des six premiers romans sélectionnés pour le prix Roblès 2013. Après &#171;&#160;Viviane Elisabeth Fauville&#160;&#187; et &#171;&#160;L&#8217;angle mort&#160;&#187; dont vous pouvez lire mes posts ici et là, j&#8217;ai opté pour &#171;&#160;Un homme effacé&#160;&#187; d&#8217;Alexandre Postel. Bonne pioche ! Et véritable bonne surprise de la sélection. &#160; Le premier roman de cet [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center"><span style="color: #ff0000">Roblès 2013</span></h3>
<p>Poursuivons notre lecture des six premiers romans sélectionnés pour le <strong><a title="Retrouvez dans la NR l'article évoquant les modalités du prix Roblès" href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2013/03/09/Six-romans-a-retourner-sous-toutes-leurs-coutures-1363696">prix Roblès 2013</a></strong>.</p>
<p>Après<strong> &laquo;&nbsp;Viviane Elisabeth Fauville&nbsp;&raquo;</strong> et<strong> &laquo;&nbsp;L&rsquo;angle mort&nbsp;&raquo;</strong> dont vous pouvez lire mes posts<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/07/viviane-elisabeth-fauville-ou-une-certaine-idee-de-la-folie/"> ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/19/prix-robles-2013-langle-mort-de-veronique-merlier/">là</a></strong>, j&rsquo;ai opté pour<strong> &laquo;&nbsp;Un homme effacé&nbsp;&raquo;</strong> d&rsquo;<strong>Alexandre Postel</strong>. Bonne pioche ! Et véritable bonne surprise de la sélection.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOMME-EFFACE.jpg" rel="lightbox[1641]"><img class="alignleft  wp-image-1648 colorbox-1641" style="margin: 10px" alt="HOMME EFFACE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOMME-EFFACE.jpg" width="120" height="177" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le premier roman de cet enseignant en littérature parisien, né en 1982, est plus que prometteur. Il a remporté le prix <strong>Landerneau Découvertes</strong> et, il y a quelques semaines le <strong>Goncourt du premier roman</strong>, et ce, avec une large majorité.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est simple et tragique. C&rsquo;est celle de <strong>Damien North</strong>, professeur de philosophie à l&rsquo;université. Veuf depuis 12 ans – son épouse, artiste peintre s&rsquo;est suicidée – <strong>North, petit-fils d&rsquo;une figure politique historique </strong>mène une vie simple, triste et sans fantaisie.</p>
<p>Un jour, des policiers frappent à sa porte. <strong>Ils trouvent  sur son ordinateur des images pédopornographiques. Damien North sait qu&rsquo;il est innocent mais la machine s&rsquo;emballe.</strong> Un  véritable engrenage. Jusqu&rsquo;au procès au cours duquel son avocat lui demande de plaider coupable, la prison où il fréquente un véritable pédophile.<strong> Damien North ne s&rsquo;est pas défendu. Forcément coupable, donc.</strong></p>
<p>Une lettre l&rsquo;innocente mais comment un soi-disant monstre peut-il se transformer en victime ? Et s&rsquo;il était vraiment coupable ? <strong>Autour de lui, ses collègues, son frère, ses voisins et plus largement la société se laissent prendre au piège.</strong> Dans un sens, puis dans l&rsquo;autre. Au fil des images désormais retouchées à jamais de la vie d&rsquo;un homme. <strong>Damien North</strong> s&rsquo;éloigne, se coupe de toute vie sociale. Assez de signes pour prouver sa culpabilité, non ?</p>
<p><span id="more-1641"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A travers ce roman brillant, composé en deux parties ( &laquo;&nbsp;les jours atroces&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;les jours féroces&nbsp;&raquo;)</strong>, le jeune auteur démontre toute l&rsquo;importance des images dans notre société. Des conventions sociales aussi. Il se penche aussi sur le regard qu&rsquo;on porte sur un homme (a priori) blanchi. Mais à quel prix ? Avec quelles traces indélébiles ?</p>
<p><strong>Dans la vidéo ici, Alexandre Postel explique sa démarche</strong></p>
<a href="http://vimeo.com/60635177">http://vimeo.com/60635177</a>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 47 </strong> :<em> &laquo;&nbsp;Depuis la mort de Sylvia, il était entré, comme on le dit des arbres, en dormance. La caresse, l&rsquo;étreinte d&rsquo;un autre corps, dont le besoin s&rsquo;était parfois fait sentir au commencement de ce long sommeil, se présentaient maintenant à sa mémoire dans le silence enlisé des images qui surnagent d&rsquo;un rêve. A peine se définissait-il encore, lorsqu&rsquo;il songeait à ces choses-là, comme un être sexué. Il se flattait d&rsquo;être parvenu, à force de tristesse, d&rsquo;ascèse et d&rsquo;oubli, à une sorte de neutralité impalpable et supérieure.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 93 :</strong><em>&laquo;&nbsp;-&#8230; une grande solitude émotionnelle et sociale&#8230; un homme peu expansif, difficile à approcher, qui consacre le plus clair de son temps à son travail&#8230; une certaine rigidité inscrite dans sa structure mentale&#8230; </em></p>
<p><em>Et voilà que le gouffre s&rsquo;approfondissait, s&rsquo;élargissait, sous les coups de pioche du docteur. Pourquoi le dépeindre sous un jour si sombre ? Leurs entretiens ne s&rsquo;étaient pas mal déroulés pourtant. Lafaye ne lui avait pas paru particulièrement hostile. Au contraire : d&rsquo;une neutralité presque déroutante. Alors quoi ? Fallait-il en conclure que le psychiatre disait la vérité ? Etait-ce cela, Damien North ? Un homme peu expansif, difficile à approcher, une structure mentale rigide ? Rien que cela ? Il en avait le coeur serré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pages 198-199 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Sur internet, les réseaux sociaux pullulaient de groupes à sa gloire ; plusieurs sites à vocation citoyenne voyaient dans sa mésaventure le parfait exemple des excès où conduit une politique sensationnaliste et répressive. Parfois aussi, à la manière de ses vanités – crâne, compas, sablier, citron – dont les maîtres d&rsquo;antan ornaient quelque recoin de leurs toiles, le hasard des algorithmes plaçait parmi les résultats un des articles parus au moment du procès, lorsqu&rsquo;on le traînait dans la boue. Biasini l&rsquo;avait prévenu : internet n&rsquo;oubliait rien. </em></p>
<p><em>Ces gratifications dérisoires, ces attentions minuscules heurtaient North plus qu&rsquo;elles ne le touchaient, car il ne pouvait s&rsquo;empêcher d&rsquo;attendre de la part des autres une réparation qu&rsquo;ils étaient incapables de lui donner. Et plus le temps passait, plus sa frustation s&rsquo;intensifiait. La colère qui s&rsquo;était déclarée dans la voiture de Biasini s&rsquo;étendait, faute de pouvoir s&rsquo;exprimer, à la terre entière. North s&rsquo;endormait dessus chaque soir. Elle lui dévorait le coeur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #0000ff">Le premier roman d&rsquo;Alexandre Postel remportera-t-il le prix Roblès 2013 ? A ce stade de mes lectures, j&rsquo;avoue que <strong>&laquo;&nbsp;Un homme effacé&nbsp;&raquo;</strong> se présente plutôt bien dans mon classement. A cela, plusieurs raisons. Le sujet d&rsquo;abord. Evoquer l&rsquo;internet par le biais d&rsquo;un fait-divers en dit long sur notre société, notre environnement. Son personnage ensuite. Damien North agace avant de créer une empathie à son encontre. Il parle de nous. De nos contradictions, de nos silences coupables, de nos renoncements. Son style enfin. Ce premier roman est plein de suspense et dispose de plusieurs niveaux de lecture. Un régal ! </span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Un homme effacé&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Alexandre Postel, Gallimard, 17,90€.</strong> </em></p>
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