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	<title>Quatrième de couv &#187; paix</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Une robe blanche bien trop lourde&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Aug 2018 06:39:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Un moment attendu. Chaque année. A la rentrée littéraire de septembre ( qui commence dès la mi-août), des coups se jouent. En vue des prix distribués pour la plupart en novembre. Alors, forcément, les titres qui ont l&#8217;honneur des piles de librairies à cette date, voient la cote de leurs auteurs augmenter. A [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>Un moment attendu. Chaque année. A la rentrée littéraire de septembre ( qui commence dès la mi-août), des coups se jouent. En vue des prix distribués pour la plupart en novembre. Alors, forcément, les titres qui ont l&rsquo;honneur des piles de librairies à cette date, voient la cote de leurs auteurs augmenter. A moins que l&rsquo;abondance de romans ne leur nuise&#8230;</p>
<p><strong>Pour cette rentrée littéraire 2018, on compte 567 romans dont 381 de littérature française. Parmi eux également, 94 premiers romans. </strong></p>
<p>Cette année encore, au fil des semaines, je vous ferai découvrir les romans que j&rsquo;ai particulièrement aimés. Français comme étrangers. Nés de romanciers aguerris ou de nouveaux venus.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROBE-OK.jpg" rel="lightbox[4363]"><img class="alignleft size-full wp-image-4366 colorbox-4363" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROBE-OK.jpg" alt="ROBE OK" width="195" height="301" /></a></p>
<p>Commençons par <strong>&laquo;&nbsp;La robe blanche&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Nathalie Léger</strong>, dont j&rsquo;avais découvert l&rsquo;oeuvre via <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/07/09/au-coeur-de-la-vie-de-barbara-loden/">&laquo;&nbsp;Supplément à la vie de Barbara Loden&nbsp;&raquo;</a></strong>.</p>
<p>Autre ambiance cette fois. Dans<strong> &laquo;&nbsp;La robe blanche&nbsp;&raquo;</strong>, la narratrice va, au fil des pages, faire s&rsquo;entrecroiser deux histoires. La première, qui sert de trame, est celle de <strong>Pippa Bacca</strong>. Née en 1974 du côté de Milan, <strong>Giuseppina Pasqualino di Marineo</strong>, deviendra artiste conceptuelle sous le nom de <strong>Pippa Bacca</strong>.</p>
<p>En 2008, avec l&rsquo;artiste <strong>Silvia Moro</strong>, elle décide de faire une performance itinérante. L&rsquo;idée ? De Milan à Jérusalem, vêtues d&rsquo;une robe de mariée, permettre le <em>&laquo;&nbsp;mariage entre les différents peuples et nations&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Une aventure artistique insensée qui doit leur faire traverser les pays de l&rsquo;ex-Yougoslavie, la Turquie, le Liban, la Syrie puis enfin la Palestine et Israël. Les deux jeunes femmes avaient décidé de porter leur robe tout au long du périple avant de les exposer. D&rsquo;étape en étape, elles lavaient notamment les pieds des sages-femmes&#8230;</p>
<p>A Istanbul, les deux jeunes femmes se séparent. Doivent se retrouver au Liban. <strong>Pippa Bacca</strong>, prise en stop, sera cependant violée et étranglée. Retrouvée morte. Une fin tragique pour leur projet &laquo;&nbsp;Brides on tour&nbsp;&raquo;.</p>
<p><span id="more-4363"></span></p>
<p>La narratrice (Nathalie Léger a été intriguée et bouleversée par cette aventure artistique tragique) se plonge dans cette histoire, s&rsquo;interroge, se met en quête de réponses, part même pour Milan&#8230;</p>
<p>La mort prématurée de<strong> Pippa Bacca</strong> illustre-t-elle les limites de l&rsquo;art face à la cruauté et le barbarie humaines ?</p>
<p>Face à ses interrogations, la narratrice doit cependant trouver d&rsquo;autres réponses encore. Pour sa mère, cette fois. Divorcée dans les années 70, délaissée pour une autre, sa mère sera considérée comme seule responsable de la désunion par la justice. Elle veut que sa fille raconte son abandon, sa tristesse, l&rsquo;injustice dont elle estime avoir été la victime. Mais sa mère n&rsquo;est-pas responsable de son propre malheur ?</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/La-Mariee-Documentaire.jpg" rel="lightbox[4363]"><img class="alignleft size-full wp-image-4368 colorbox-4363" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/La-Mariee-Documentaire.jpg" alt="La-Mariee-Documentaire" width="1024" height="576" /></a>Le réalisateur français Joël Curtz a réalisé un court-métrage sur Pippa Bacca, intitulé &laquo;&nbsp;La Mariée&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Une robe blanche suffit-elle à racheter les souffrances du monde ? S&rsquo;interroge <strong>Nathalie Léger </strong>qui signe là un livre qui interroge notre responsabilité personnelle, le sens de l&rsquo;art et le poids de nos actes.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 43-44 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Il y a des dons qui sont faits d&rsquo;une main faible, un peu molle, comme pour affaiblir le geste trop puissant du cadeau. D&rsquo;autres qui sont faits avec brutalité, avec arrogance, c&rsquo;est à cause de la gêne, ce n&rsquo;est pas facile de donner, la gratitude de celui qui reçoit est encombrante. Et d&rsquo;autres sont faits sans qu&rsquo;on s&rsquo;en aperçoive, quelque chose est donné en passant, et on ne le sait pas, on met longtemps à le savoir. Cette femme apparaissant sur les routes, entre les voitures, au détour d&rsquo;une rue dans sa robe sale, c&rsquo;était peut-être ça, l&rsquo;offrande gracieuse d&rsquo;on ne sait quoi, une apparition dégagée de toute causalité, un geste fait pour rien. Sur les images qui restent de ce voyage, on la voit souvent nimbée de lumière  : c&rsquo;est le blanc de l&rsquo;énorme robe en contre-jour, c&rsquo;est toute l&rsquo;intention de son voyage, une nuée idéaliste, le désir de réparer, le désir de répandre le bien, non pas le bien lui-même, mais son idée – et il n&rsquo;est pas certain que cela soit suffisant, et il est même certain que cela soit tout à fait insuffisant, mais il se peut inversement que le bien ne puisse être rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une idée, et il se peut que cette idée compte, il se peut qu&rsquo;il ne soit pas toujours nécessaire que les faits viennent confirmer une idée pour qu&rsquo;elle soit juste, et il se peut aussi le contraire.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 73 : </strong><em>&laquo;&nbsp;<strong> </strong>C&rsquo;était un geste, un vrai, un grand, longuement préparé, soigneusement pensé, animé par une sourde révolte devant l&rsquo;intolérable, guidé par un candide besoin de rédemption. Mais comment s&rsquo;empêcher de penser que dans les plis de sa lourde robe il y a comme une forme inanimée, celle d&rsquo;un désir soigneusement enseveli, quelque chose de déjà mort ? Car la blancheur redoutable de ces noces avec elle-même ressemble à celle des suaires, de l&rsquo;effacement, du vide&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 120-121 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Il faut continuer à écrire, le plus difficile reste à faire, je t&rsquo;avais prévenue l&rsquo;ordinaire de la douleur, le dépôt scrupuleux de la plainte, rien de grandiose, rien de tragique, pas d&rsquo;héroïne, pas de triomphe, dit ma mère, vas-y, il ne s&rsquo;agit que de réparer, et sa voix m&rsquo;encourage avec lassitude tandis qu&rsquo;elle pose délicatement le dossier sur mon ventre, je le sens à travers la couverture sous laquelle je suis enfouie depuis des jours, puis elle s&rsquo;éloigne. Alors je crie que je ne veux pas, que j&rsquo;ai déjà écrit, que je n&rsquo;ai pas cessé dans mes livres de parler d&rsquo;elle, que ça suffit, je crie qu&rsquo;il faut qu&rsquo;elle arrête de mettre sa vie dans ce dossier et ce dossier dans la mienne, je crie que ce n&rsquo;est pas à moi de rendre justice pour elle, que sa cause est minable, que je veux retourner à mon sujet [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;La robe blanche&nbsp;&raquo;, Nathalie Léger, P.O.L., 16 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Antigone pour voler deux heures à la guerre&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/11/05/antigone-pour-voler-deux-heures-a-la-guerre/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 Nov 2013 08:32:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Il fait partie de mon Top 5 des livres de cette rentrée. Et pour cause.  &#171;&#160;Le quatrième mur&#160;&#187; de Sorj Chalandon est un roman puissant, violent et désespéré&#8230; qui n&#8217;a finalement pas été retenu dans la short-list du prix Goncourt. Ce n&#8217;est pas bien grave&#8230; L&#8217;ancien reporter de guerre plonge cette fois ses [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;color: #0000ff"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Le-quatrieme-mur_4962.jpeg" rel="lightbox[2151]"><img class="alignleft  wp-image-2157 colorbox-2151" style="margin: 10px" alt="cvt_Le-quatrieme-mur_4962" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Le-quatrieme-mur_4962.jpeg" width="104" height="154" /></a> Il fait partie de mon Top 5 des livres de cette rentrée. Et pour cause. <strong> &laquo;&nbsp;Le quatrième mur&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Sorj Chalandon</strong> est un roman puissant, violent et désespéré&#8230; qui n&rsquo;a finalement pas été retenu dans la short-list du prix Goncourt. Ce n&rsquo;est pas bien grave&#8230;</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;ancien reporter de guerre plonge cette fois ses lecteurs dans la guerre du Liban. Qu&rsquo;il a vécue dans sa chair. Ce roman, c&rsquo;est un moyen pour le journaliste-écrivain de pouvoir tourner la page. Enfin. Le héros de ce roman,<strong> Georges</strong>, est le <em>&laquo;&nbsp;double&nbsp;&raquo;</em> de l&rsquo;auteur qui a pris son deuxième prénom pour le donner à son héros.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Sorj Chalandon</strong>, dont ma consoeur Mariella Esvant, dressait un émouvant portrait<strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2013/09/16/Sorj-Chalandon-un-ecrivain-entre-guerre-et-paix-1614366"> ici</a>,</strong> nous emmène dans une histoire d&rsquo;emblée vouée à l&rsquo;échec. Et pour cause.<strong> Il s&rsquo;agit, le temps d&rsquo;une représentation théâtrale d&rsquo;Antigone, de Jean Anouilh, à Beyrouth, de faire cesser la guerre.</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Georges</strong> a fait une promesse à<strong> Samuel Akounis,</strong> juif grec, ce metteur en scène a fui  la dictature des colonels avant de se réfugier en France. Là, il rencontre Georges, l&rsquo;étudiant idéaliste. Les deux hommes se lient. Tous les deux portent dans leurs corps les stigmates de leurs engagements.</p>
<p style="text-align: left">Les années passent. Les combats Alors que <strong>Samuel</strong> se meurt sur son lit d&rsquo;hôpital, il demande à <strong>Georges</strong>, jeune père de famille, surveillant de collège, petit théâtreux de patronage, de mener son projet à bien : monter la pièce <strong>&laquo;&nbsp;Antigone&nbsp;&raquo; de Jean Anouilh</strong> à <strong>Beyrouth</strong> avec, pour incarner chacun des personnages, un membre des différentes communautés en guerre les unes contre les autres. Un pari fou.</p>
<p style="text-align: left">Impossible ? Au nom de l&rsquo;amitié et des liens de fraternité qui les unissent, <strong>Georges</strong> va accepter et se rendre à <strong>Beyrouth</strong>, au début de l&rsquo;année 1982. Pour rencontrer les comédiens déjà choisis par <strong>Samuel</strong>, pour faire taire les dernières interrogations, pour repérer les lieux&#8230; et, au final, se laisser happer par une guerre qui n&rsquo;est pas la sienne. Aux côtés de <strong>Marwan</strong>, son chauffeur, son guide et bientôt son ami, il touche de près la réalité de la guerre. Fratricide.</p>
<p><strong>Découvrez ici une vidéo dans laquelle Sorj Chalandon raconte la genèse de son roman</strong></p>
<p style="text-align: left"><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x15eb0a" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 13 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je suis tombé comme on meurt, sur le ventre, front écrasé, nuque plaquée au sol par une gifle de feu. Dedans et dehors, les pieds sur le talus, les mains sur le ciment. Mon corps était sidéré. Une lumière poudrée déchirait le béton. Je me suis relevé. La fumée lourde, la poussière grise. Je suffoquais. J&rsquo;avais du sable en gorge, la lèvre ouverte, mes cheveux fumaient. J&rsquo;étais aveugle. Des paillettes argent lacéraient mes paupières. L&rsquo;obus avait frappé, il n&rsquo;avait pas encore parlé. Le foudre après l&rsquo;éclair, un acier déchiré. Odeur de poudre, d&rsquo;huile chaude, de métal brûlé. Je me suis jeté dans la fosse au moment du fracas. Mon ventre entier est remonté dans ma gorge. J&rsquo;ai vomi. Un flot de bile et des morceaux de moi. J&rsquo;ai hurlé ma peur. Poings fermés, oreilles sanglantes, recouvert par la terre salée et l&rsquo;ombre grasse.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 95</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Antigone était palestinienne et sunnite. Hémon, son fiancé, un Druze du Chouf. Créon, roi de Thèbes et père d&rsquo;Hémon, un maronite de Gemmayzé. Les trois chiites avaient d&rsquo;abord refusé de jouer les “Gardes”, personnages qu&rsquo;ils trouvaient insignifiants. Pour équilibrer, l&rsquo;un d&rsquo;eux est aussi devenu le page de Créon, l&rsquo;autre avait accepté d&rsquo;être “Le Messager”. Au metteur en scène de se débrouiller. Une vieille chiite avait aussi été choisie pour la reine Eurydice, femme de Créon. “La Nourrice” était une Chaldéenne et Ismène, soeur d&rsquo;Antigone, catholique arménienne. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Le casting avait duré deux ans. Tous ces jeunes avaient fait un peu de théâtre, sauf Eurydice, qui n&rsquo;aurait qu&rsquo;à tricoter pour les pauvres de Thèbes. Sam s&rsquo;était d&rsquo;abord présenté comme Grec. Lui serait “Le Choeur”, voix essentielle dans le théâtre antique. Puis il s&rsquo;est avoué juif. Alors il a fallu remplacer les chiites par trois autres. Et aussi la catholique, qui n&rsquo;avait pas supporté cette révélation.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 269 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Je n&rsquo;étais pas médecin, pas journaliste. Je mettais la vie en scène, mais je ne pouvais rien faire contre cette mort-là. J&rsquo;ai sorti le carnet de Sam. Je ne sais pas pourquoi. Pour réapprendre un geste. Pour mettre de la distance entre le sang et moi. J&rsquo;ai écrit : “Fin”. C&rsquo;est tout. J&rsquo;ai entouré le mot de cercles nerveux, jusqu&rsquo;à ce que le papier cède. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis je n&rsquo;ai plus regardé. J&rsquo;ai marché au milieu de la route. Marché en aveugle vers l&rsquo;air libre, suivi par les pleurs, les cris, le linge séchant pour rien au soleil de septembre.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong> Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un coup de poing, un uppercut. Ce roman vous prend aux tripes. Parce qu&rsquo;il décrit la guerre comme personne, parce qu&rsquo;il parle d&rsquo;utopie collective&#8230; et de contingences qui font obstacle. Un roman fort, violent, tragique comme une pièce grecque. Le quatrième mur finit par s&rsquo;écrouler. A lire absolument. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le quatrième mur&nbsp;&raquo;, de Sorj Chalandon, Grasset, 19€.</strong></em></p>
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