<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Quatrième de couv &#187; Oscar</title>
	<atom:link href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/tag/oscar/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv</link>
	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
	<lastBuildDate>Sat, 13 Jan 2024 19:30:44 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=4.0.1</generator>
	<item>
		<title>Oscar ou l&#8217;arme de la culture</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/19/oscar-ou-la-culture-comme-ultime-rempart/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/19/oscar-ou-la-culture-comme-ultime-rempart/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2016 08:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA["Oscar de Profundis"]]></category>
		<category><![CDATA[anticipation]]></category>
		<category><![CDATA[Carl]]></category>
		<category><![CDATA[Cate]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Mavrikakis]]></category>
		<category><![CDATA[Clarisse]]></category>
		<category><![CDATA[Etat mondial]]></category>
		<category><![CDATA[fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Oliver]]></category>
		<category><![CDATA[Oscar]]></category>
		<category><![CDATA[peste]]></category>
		<category><![CDATA[réclusion]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[star]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=3712</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire La rentrée littéraire permet de faire de chouettes découvertes&#8230; mais aussi de retrouver des auteurs qu&#8217;on apprécie, qu&#8217;on suit. Catherine Mavrikakis en fait partie. Troisième fois que j&#8217;évoque l&#8217;oeuvre de cette auteure qui vit à Montréal et qui signe avec &#171;&#160;Oscar de Profundis&#160;&#187; son quatrième roman publié chez Sabine Wespieser éditeur. Mes posts [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OSCAR-OK.jpg" rel="lightbox[3712]"><img class="alignleft size-full wp-image-3715 colorbox-3712" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OSCAR-OK.jpg" alt="OSCAR OK" width="195" height="255" /></a></p>
<p>La rentrée littéraire permet de faire de chouettes découvertes&#8230; mais aussi de retrouver des auteurs qu&rsquo;on apprécie, qu&rsquo;on suit. <strong>Catherine Mavrikakis</strong> en fait partie.</p>
<p>Troisième fois que j&rsquo;évoque l&rsquo;oeuvre de cette auteure qui vit à Montréal et qui signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Oscar de Profundis&nbsp;&raquo;</strong> son quatrième roman publié chez Sabine Wespieser éditeur.</p>
<p>Mes posts concernant les deux précédents :<strong> &laquo;&nbsp;Les derniers jours de Smokey Nelson&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;La ballade d&rsquo;Ali Baba&nbsp;&raquo;</strong> sont disponibles <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/03/les-derniers-jours-de-smokey-nelson-ou-le-cauchemar-americain/">ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/05/31/sur-les-traces-dun-pere-peu-conventionnel/">là</a></strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Catherine Mavrikakis</strong>, née en 1961 à Chicago, d’une mère française et d’un père grec qui a grandi en Algérie. Elle a partagé son enfance entre Ville d’Anjou, Montréal-Nord, Villers-Bocage en Normandie et Bay City, au Michigan.</p>
<p>En 1979, elle choisit vraiment Montréal, où elle fait des études de littérature et une dépression, qui la conduira à de longues années de psychanalyse. Il lui en restera toujours quelque chose…<br />
Elle enseigne à l’Université de Montréal.<br />
Et voilà qu&rsquo;elle nous revient avec un roman surprenant. Un roman d&rsquo;anticipation. Une histoire dans laquelle plus grand-chose de notre quotidien ne subsiste.</p>
<p><span id="more-3712"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est surprenante. Et très éloignée de l&rsquo;univers littéraire de l&rsquo;auteure. Nous sommes en novembre, dans les années 2060. La fin du monde est proche. A Montréal, <strong>Oscar de Profundis</strong>,  rock star interplanétaire, est revenu pour deux concerts exceptionnels sur les traces de son passé. Sur les souvenirs de ses douleurs passées ( l&rsquo;enlèvement et la mort de son jeune frère notamment, la mort de sa mère).</p>
<p>Dans un monde qui parle désormais le sino-américain, lui a tout fait pour préserver la langue française. Il révère les écrivains français (d&rsquo;où la référence au titre) et francophones, a imaginé des musées à leur mémoire et conserve tout ce qu&rsquo;il peut.</p>
<p>Enfermé dans une maison du XIXe siècle alors que dehors la peste se répand dans les hordes de pauvres qui errent à travers la ville abandonnée par les nantis et que l&rsquo;état d&rsquo;urgence a été décrété, il va pourtant faire l&rsquo;objet d&rsquo;un kidnapping par <strong>Cate</strong> (ancien médecin devenue chef de bande), son épervier et les gueux qui la suivent. Mais le destin va s&rsquo;en mêler&#8230;</p>
<p>Et si les mots, la littérature étaient les derniers remparts contre la barbarie, l&rsquo;oppression et le désespoir ?</p>
<p>Un roman étonnant mais dans lequel on plonge rapidement, attiré par la densité et l&rsquo;étrangeté des personnages, par l&rsquo;atmosphère de fin du monde aussi.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 16 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;On venait entre amis voir à quoi pouvaient encore ressembler les anciens grands boulevards et la désuète agitation des artères passantes. On en profitait pour jeter un coup d&rsquo;oeil sur ces meutes de créatures citadines que le monde entier n&rsquo;arrivait plus à cacher et dont on ne cessait de parler sur Internet. Le manque d&rsquo;hygiène et le mode de vie qui était le leur avaient, depuis cinq ans, créé sur la planète un ensemble de conditions propres à leur éradication. C&rsquo;est ce qu&rsquo;affirmaient les scientifiques. Déjà, les bandes de miséreux s&rsquo;étaient éteintes à Londres, Chicago, Rio de Janeiro, Los Angeles, Helsinki et Moscou. Les riches s&rsquo;étaient hâtés de se réinstaller en ville . Les autorités préféraient ne pas trop analyser ce phénomène, mais il était certain que la maladie avalait la valetaille urbaine. La populace finirait bien par s&rsquo;étouffer dans les miasmes de sa propre déchéance. Elle s&rsquo;effacerait de la surface de la Terre. Il n&rsquo;y avait qu&rsquo;à rester patient et surtout faire en sorte que la contamination se limite aux meurt-de-faim.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 88 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Pendant des semaines, il avait dressé des listes et des listes sur lesquelles il avait frénétiquement écrit et biffé des patronymes. Qui devait-il préserver du néant ? Sur quels critères sauverait-il les cadavres et les tombeaux? Y avait-il des artistes qu&rsquo;il préférait ne pas déplacer ? Et lesquels ? Oscar se posait toutes ces questions dans la ferveur et l&rsquo;anxiété&#8230; Les cimetières avaient annoncé petit à petit leur liquidation. L&rsquo;Etat mondial était ravi de se débarrasser de ces vieilleries encombrantes, tout en gagnant de l&rsquo;argent. Quelques excentriques richissimes tenaient à récupérer les choses du passé. On les laissait faire pour le moment. Viendrait une loi, un jour, où ce genre de conservation serait interdit. Mais on n&rsquo;en était pas là.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 156 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Il avait réussi à créer une communauté d&rsquo;admirateurs excentriques, irrespectueux, rebelles et même éduqués, qui se mêlaient à la horde incommensurable d&rsquo;idiots qui le vénéraient, à travers leur vide existentiel et la vacuité de leurs actions. Et il vivait ainsi dans un univers fictif où il s&rsquo;adonnait à </em>quelque rêve ancien.<em> Il voyait son maître dans le personnage de Jean des Esseintes, du roman </em>A rebours.<em> Il s&rsquo;attachait à des oeuvres qui n&rsquo;avaient jamais fricoté avec le réel , qui s&rsquo;étaient toujours dédiées à décrire l&rsquo;improbable et où la langue tarabiscotée tenait à distance la banalité du présent. Seul l&rsquo;aboli ou encore l&rsquo;impossible l&rsquo;intéressait, puisque la vie qui grouillait devant lui le dégoutait prodigieusement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Oscar de Profundis&nbsp;&raquo;, Catherine  Mavrikakis, Sabine Wespieser editeur, 21€</strong></em></p>
</blockquote>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/19/oscar-ou-la-culture-comme-ultime-rempart/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/19/oscar-ou-la-culture-comme-ultime-rempart/" data-text="Oscar ou l&rsquo;arme de la culture - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/19/oscar-ou-la-culture-comme-ultime-rempart/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Avec le temps, tout s&#8217;en va&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2015 12:36:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA["Ca aussi]]></category>
		<category><![CDATA[amants]]></category>
		<category><![CDATA[Blanca]]></category>
		<category><![CDATA[ça passera"]]></category>
		<category><![CDATA[Cadaqués]]></category>
		<category><![CDATA[Damian]]></category>
		<category><![CDATA[deuil]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar]]></category>
		<category><![CDATA[Elisa]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[ex-mari]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
		<category><![CDATA[Guillem]]></category>
		<category><![CDATA[maison]]></category>
		<category><![CDATA[Milena Busquets]]></category>
		<category><![CDATA[Nico]]></category>
		<category><![CDATA[Oscar]]></category>
		<category><![CDATA[relation mère-fille]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Santi]]></category>
		<category><![CDATA[Sofia]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<category><![CDATA[tristesse]]></category>
		<category><![CDATA[vacances]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=3083</guid>
		<description><![CDATA[Les vacances s&#8217;annoncent à grands pas. Chacun trouvera sa formule, sa destination et son moyen d&#8217;évasion. Il y en a un qui fonctionne à coup sûr : le livre. Avez-vous déjà pensé à ceux que vous emporterez sur la plage, dans le hamac, ou près de la rivière ? Si ce n&#8217;est pas encore le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BUSQUETS.jpg" rel="lightbox[3083]"><img class="alignleft size-full wp-image-3084 colorbox-3083" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BUSQUETS.jpg" alt="BUSQUETS" width="195" height="289" /></a></p>
<p>Les vacances s&rsquo;annoncent à grands pas. Chacun trouvera sa formule, sa destination et son moyen d&rsquo;évasion. Il y en a un qui fonctionne à coup sûr : le livre. Avez-vous déjà pensé à ceux que vous emporterez sur la plage, dans le hamac, ou près de la rivière ?</p>
<p>Si ce n&rsquo;est pas encore le cas, voici au moins un roman qui tombé à point nommé. Avec &laquo;&nbsp;<strong>Ca aussi, ça passera&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Milena Busquets</strong>, auteure espagnole, signe un roman  ( le deuxième, traduit et publié dans une trentaine de pays, excusez du peu ! ) sensible et juste sur le deuil et la perte d&rsquo;un être cher. A noter que ce choix marche aussi si vous ne partez pas en vacances cet été !</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Blanca</strong>. Une quadragénaire, mère de deux enfants, totalement anéantie par la mort de sa mère, plusieurs mois auparavant. Au fil des pages, elle lui adresse comme une longue lettre d&rsquo;amour, silencieuse. Mais intense.</p>
<p>Elle quitte <strong>Barcelone</strong> pour rejoindre la maison de famille à <strong>Cadaquès</strong>. Ce sont les vacances. <strong>Blanca</strong> est partie avec ses deux fils, ses deux meilleures amies, ses deux ex-maris, son amant et la baby-sitter. Au fil des jours, des bains de mer et des rendez-vous clandestins, <strong>Blanca, femme libre et libérée, </strong>évoque cette mère brillante, exigeante. Et veut se noyer dans le sexe pour, croit-elle, ne pas sombrer.</p>
<p>Elle n&rsquo;a pas toujours entretenu les meilleures relations avec sa mère désormais, enterrée dans le cimetière de Calcadès. Chapitre après chapitre, <strong>Blanca</strong> essaye de renouer les fils entre eux. Et mène aussi un inventaire. Celui des sentiments ambivalents. Le titre du roman tire d&rsquo;ailleurs son nom d&rsquo;une histoire racontée par la mère de la narratrice. Dans un pays lointain, le dirigeant avait demandé à ses fidèles de lui trouver une phrase pouvant servir en toute circonstance : &laquo;&nbsp;ça aussi, ça passera&nbsp;&raquo; était né.</p>
<p>Au final, une écriture fine et sensible. Drôle également. Qui parle du manque, de la perte. Pour ne pas tomber dans l&rsquo;oubli. Une histoire qui semble inspirée par la propre vie de l&rsquo;auteure.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 47 -48 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Nous entreprenons le voyage à Cadaquès, qui ressemble toujours à une expédition. Assis à l&rsquo;arrière, il y a les trois enfants, Edgar, Nico et Daniel, le fils de Sofia, à côté d&rsquo;Ursula, la baby-sitter. Je conduis et Sofia joue le copilote. Je continue à trouver bizarre et un peu absurde que ce soit moi qui dirige tout ça, moi qui décide de l&rsquo;heure du départ, tienne le volant, donne les instructions à Ursula, choisisse les affaires que vont emporter les enfants. D&rsquo;un moment à l&rsquo;autre, je vais être démasquée et envoyée avec eux sur la banquette arrière, me dis-je en les observant dans le rétroviseur que rient et se disputent tout à la fois. En tant qu&rsquo;adulte, je suis une imposture, tous mes efforts pour quitter la cour de récréation sont des échecs retentissants, j&rsquo;éprouve exactement ce que j&rsquo;éprouvais à six ans, je remarque les mêmes choses, le petit chien monté sur ressorts dont la tête apparaît et disparaît à la fenêtre d&rsquo;un rez-de-chaussée, le grand-père qui donne la main à son petit-fils, les beaux mecs avec le radar branché, l&rsquo;éclat du rayon de soleil sur mes bracelets cliquetants, les personnes âgées et seules, les couples qui s&rsquo;embrassent avec passion, les mendiants, les vieilles suicidaires et provocatrices qui traversent la rue à la vitesse d&rsquo;une tortue, les arbres. Nous voyons tous des choses différentes, nous voyons tous les mêmes choses, et ce que nous voyons nous définit absolument. Nous aimons instinctivement ceux qui voient comme nous, et nous les reconnaissons tout de suite.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 150 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aime toujours les êtres que j&rsquo;ai aimés un jour, je ne peux éviter de voir, par-delà toutes les désertions et la plupart des déloyautés, les miennes et celles d&rsquo;autrui, la personne originelle et transparente, celle d&rsquo;avant que tout se transforme en cendres. Avec une certaine héroïcité stupide, je ne renie aucune de mes amours, ni aucune de mes blessures. Ce serait comme me renier moi-même. Je sais qu&rsquo;il n&rsquo;en est pas de même pour tout le monde, la chape de la honte est épaisse et résistante, et beaucoup de gens arborent leurs haines et leurs ressentiments comme des décorations, des épées brandies, avec le même orgueil et la même ténacité que leurs inclinaisons. Il y a si longtemps que Guillem et moi nous nous sommes séparés ! Je l&rsquo;aime, mais je l&rsquo;ai libéré de mon amour. On peut se libérer tout seul, bien sûr, mais c&rsquo;est toujours plus facile si l&rsquo;autre a la générosité de vous donner un bon coup de pied, renoncer à l&rsquo;amour de quelqu&rsquo;un est difficile ; le pauvre Oscar, en revanche, traîne toujours mes chaînes – et moi les siennes – comme le fantôme de Canterville, bruyamment, péniblement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 163 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Nous sommes, je crois, la dernière génération  qui a dû se battre de toutes ses forces pour attirer l&rsquo;attention de ses parents, les intéresser. Souvent, nous y sommes parvenus lorsqu&rsquo;il était déjà trop tard. Ils ne considéraient pas que les enfants étaient des petites merveilles, mais plutôt de petits emmerdeurs; des bestioles pénibles à moitié finies. Et nous sommes devenus une génération perdue de séducteurs innés. Nous avons dû inventer des méthodes beaucoup plus sophistiquées que tirer sur la manche ou nous mettre à chialer pour que l&rsquo;on fasse attention à nous. On exigeait que nous soyons au même niveau que les adultes ou, du moins, que nous ne gênions pas et laissions parler les grands.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un roman léger, du moins en apparence. Car le deuxième roman de Milena Busquets est, au final, une petite merveille de justesse et d&rsquo;intelligence. Le temps de quelques jours de vacances, nous partageons le quotidien et les réflexions de Blanca. Elle, si libre et légère, nous plonge dans les affres de ses questionnements, de ses peurs. Pour moi, une très jolie découverte.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Ca aussi, ça passera&nbsp;&raquo;, Milena Busquets, Gallimard, 17€.</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/" data-text="Avec le temps, tout s&rsquo;en va&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/06/16/avec-le-temps-tout-sen-va/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
